L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chroniques

Keeshea Pratt

Believe

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Issue du Mississippi, Keeshea Pratt est une chanteuse de blues et de soul. Depuis un peu moins d’une année, elle est soutenue par son propre backing group, à Houston. La formation a remporté l'International Blues Challenge de Memphis, en janvier dernier. Le Keeshea Pratt Band implique huits musicos, dont le bassiste Shawn Allen (NDR : c’est également lui qui assure la direction musicale), le guitariste Brian Sowell et le drummer Nick Fishman. Sans oublier la section de trois cuivres qui réunit le saxophoniste Dan Carpenter ainsi que les trompettistes James Williams III et Misaki Nishidate, de nationalité japonaise. Shawn Allen signe l'essentiel du répertoire. Apparemment, plusieurs invités ont participé aux sessions, mais les notes reproduites sur la pochette restent assez énigmatiques sur le sujet. Chris ‘Kid’ Andersen, le célèbre gratteur des Nightcats de Rick Estrin est bien mentionné parmi les guests. Et apparemment, Nick Fishman et sa troupe (Charlie Gurke, Ken Moran, Henry Hung, Tommy Folen, Colin Hogan, Bob Welsh ainsi que Joshua Cook) apportent également leur collaboration…   

Bien posée, la voix de Miss Pratt domine parfaitement son sujet. A l’instar de "Make it good", un r&b lent bien soutenu par les cuivres et l'orgue Hammond. Ou encore du blues indolent, "It's too late". Fishman imprime le tempo du r&b nerveux "Have a good time Y'all", alors que Carpenter s’autorise un billet de sortie au saxophone. Ballade soul, "In the mood" met en exergue les parties de gratte. Exotique, "Shake off these blues" se caractérise par l'envol des trompettes et les brefs soli des différents instruments. Un tour de rôle qu’on retrouve tout au long du funky "Out of mind". Solide, le titre maître est souligné par des interventions à la slide, chargées de feeling. La section rythmique sculpte les riffs du blues/rock "Can't stop now", une plage au cours de laquelle les guitares sont vraiment accrocheuses. Enfin immortalisé ‘live’, "So bad blues" est un blues lent qui s’étire sur plus de 8'…

 

Kid Ramos

Old school

Écrit par

Agé de 59 ans, David ‘Kid’ Ramos est un guitariste qui possède un fameux CV. On ne compte plus le nombre de musiciens talentueux en compagnie desquels il a joué. Ce qui lui a permis de se forger une solide réputation. Ses débuts remontent à 1980. Il y partage alors un duo auprès de l'harmoniciste californien James Harman, une aventure qui va durer huit longues années. Il sévit ensuite, mais brièvement, au sein du big band, Roomful of Blues. De 1993 à 2002, il milite chez le notoire Fabulous Thunderbirds de Kim Wilson. Il entame alors une carrière solo tout en continuant à participer au projet de Mannish Boys, le groupe maison du label Delta Groove. En août 2012, on lui diagnostique un cancer. Après ses traitements, il est considéré comme en rémission complète, dès 2014. Avant de publier ce nouvel opus personnel, il en avait déjà gravé quatre, sur les écuries Black Top et Evidence. Et son dernier, "Greasy kid stuff", remonte à 2001. 17 ans plus tard, il nous propose donc son cinquième, "Old school", enregistré au sein du studio de Big Jon Atkinson, situé non loin de San Francisco. Pour la circonstance, il a reçu le concours d’excellents musiciens, dont Bob Welsh aux claviers, Kedar Roy à la basse et Marty Dodson à la batterie.

Kid est avant tout guitariste, c'est donc sans surprise que l'on retrouve plusieurs plages instrumentales. Et tout d’abord "Kid's Jump", une plage qui rend hommage à BB King, dans un style jump si prisé par Ramos. Puis "Mashed potatoes and chili", un morceau qui lorgne davantage vers Freddie King. Et enfin, "Wes side", un blues lent teinté de jazz, abordé dans l’esprit de Wes Montgomery! Ramos a invité Johnny Tucker (NDR : établi aujourd’hui à Los Angeles, ce vieux bluesman de couleur noire à joué, dans le passé, en compagnie de Philip Walker) et Lowell Fulsom, deux vieilles gloires du L.A. blues pour chanter quatre titres, dont deux excellents blues lents. En l’occurrence le très dépouillé "You never call my name", interprété en duo voix/guitare, et "I can't wait baby", un titre au cours duquel la gratte est saturée de feeling. Agé de 17 printemps, son jeune fiston, Johnny Ramos, opère ses débuts en se consacrant au micro tout au long du "All your love" de Magic Sam, et "Anna", une gentille ballade qui aurait pu garnir un juke-box, au cours des années 50. Kid Ramos se réserve les vocaux sur deux pistes qui baignent dans une forme de pop latino ; mais on ne peut pas dire que sa voix sorte de l’ordinaire. Big Jon Atkinson a prêté son studio, mais il chante également une des compos issues de sa plume, le blues bien senti "Weight on my shoulders". Rôle qu’assume également Kim Wilson (NDR : c’est l'ancien boss de Kid, chez les Fabulous Thunderbirds) à travers une reprise classieuse du "High Society" de T-Bone Walker…

 

Ghalia Vauthier & Mama's Boys

Let the demons out

Écrit par

Ghalia and the Mama's Boys est un groupe californien. Etabli à la Nouvelle-Orléans depuis plusieurs années, il pratique du power blues. Mais sa chanteuse est bruxelloise. Elle est également compositrice. Gahlia Vauthier passe beaucoup de temps aux USA où elle s'est déjà produite sur les scènes de la Louisiane, du Mississippi, du Missouri et du Tennessee. Entre rock’n’roll et blues, elle milite également au sein des Naphtalines et de Voodoo Combo. En 2016, elle rencontre Johnny Mastro et ses Mama's Boys et c'est le déclic!

Les sessions se sont déroulées au studio Music Shed de la grande cité louisianaise. Ghalia signe la majorité des plages. Elle est épaulée par le chanteur/harmoniciste Johnny Mastro, le guitariste Smokehouse Brown, le bassiste Dean Zucchero et le drummer Rob Lee. Et ce sont ces Mama’s Boys qui font la différence. Plus rockabilly que blues ou boogie, la voix de Ghalia ne colle pas nécessairement à l’expression sonore…

Ce qui n’empêche pas l’opus de receler quelques excellentes plages. A l’instar d’"All the good things" et "Hiccup boogie", deux boogies classieux au cours desquels le gratteur, Smokehouse Brown, se distingue et semble même hanté, en fin de parcours, par ce diable d’Henri Vestine (Canned Heat). Caractérisé par la conjugaison des voix de Ghalia et de Mastro, le shuffle "Waiting" se signale par la conjugaison des voix entre Ghalia et Masto. Slide et harmonica combinent élégamment tout au long de "Hey little baby". Johnny allume "4am Fried chicken" de sa musique à bouche. Seule piste lente, "Addiction" baigne au sein d’un climat ténébreux, mais surtout met en exergue Brown, qui traite sa sèche au bottleneck…

 

Dany Franchi

Problem child

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Né à Gênes, il y a 28 ans à peine, ce chanteur/guitariste est considéré comme un des grands espoirs du blues contemporain. Il a ainsi tapé dans l’oreille du redoutable gratteur texan, Anson Funderburgh. C’est d’ailleurs lui qui produit son troisième elpee, en compagnie de Kirk Fletcher et Sean Carnes. Son premier opus, « I believe, remonte à 2014. Depuis, il s’est produit sur les scènes internationales. Les sessions se sont déroulées au studio Wire Recording, à Austin. Le long playing recèle dix compos personnelles et trois canons du blues. Pour la circonstance, il a reçu le concours du bassiste Nate Rowe, du drummer Wes Starr (Jimmie Vaughan, Anson Funderburgh), du claviériste Jim Pugh (Robert Cray Band) ainsi que de quelques invités prestigieux… 

L’album s’ouvre par "Back to the river". Alimentée par les ivoires et les cuivres des Texas Horns, l’intro est nerveuse. Dany chante d’une voix un peu cassée et prend son envol sur ses cordes, à la manière du notoire Jimmie Vaughan, avant qu’Anson Funderburgh ne prenne le relais, en égrenant parcimonieusement ses notes. Entretenu par les ivoires de Pugh, "Give me a sign" emprunte le tempo du boogie rock, mais surtout révèle l'incroyable talent de Franchi sur sa gratte. La classe ! "Big town playboy" est un classique d'Eddie Taylor. La version est traitée en Chicago shuffle, livrant un duel entre les cordes du leader et l'harmonica torride du Texan Greg Izor, convié pour la circonstance. Cuivrée par les Texas Horns, "Real love" est une ballade lente à coloration Stax. Le spectre de Guitar Slim rôde tout au long de "You don't want me", un r&b très louisianais que ponctue un solo remarquable, une nouvelle fois digne de Jimmie Vaughan. Andy T se consacre à la guitare rythmique et Kaz Kazanoff, au saxophone, sur "Don't steal my time", un autre r&b, mais abordé dans l’esprit de Chicago, et chanté d’une voix empreinte d’une grande maturité. Jim Pugh double orgue Hammond et piano sur "My only one", un blues lent et dépouillé au cours duquel le toucher de cordes est presque magique, libérant un feeling permanent. La cover du "Everything gonna be alright" de Willie Dixon est attaquée dans l’esprit du Westside Chicago, si cher Magic Sam. "Problem child" constitue le meilleur album de blues, paru depuis le début 2018 ! 

 

Rex Granite

Spirit/Matter/Truth/Lies

Écrit par

Fondé en 2002, le Rex Granite Band est originaire d'Omaha, dans le Nebraska. Son premier elpee, "Rollin' & Tumblin'", remonte à 2003. Le RGB vient de représenter l'état du Nebraska dans le cadre de l'International Blues Challenge de Memphis, en janvier dernier. Drivé par le préposé à la slide, le combo se singularise par le concours à la guitare et aux vocaux de Miss Sarah Benck. Mais il a cependant fallu attendre plus de 14 années avant que le band ne grave son second opus. Kevin Loomis, aka Rex Granite, signe la quasi-intégralité des compos.

Sémillant, "Stop doing what you want" place le quartet sur orbite. Si la voix de Sarah domine le sujet, les sonorités métalliques de la slide dispensées par le leader crèvent littéralement l'écran. Soutenu par les ivoires de Daniel Crawford, "What you're missing" évolue sur un tempo aussi enlevé. Rythme qui joue les prolongations tout au long de "Cadillac car", caractérisé par des interventions de slide à l’excellente tonalité. Le long playing ne recèle qu’une seule reprise, en l’occurrence le "Please send me someone to love" de Percy Mayfield. La voix de Sarah ne colle pas à cette cover. Par contre, le doigt d’acier de Rex Granite vibre remarquablement le long de son manche et fait la différence. Jolie plage roots, "Sail away" (Pt1) emprunte manifestement un riff aux Stones. La voix s’enflamme face aux cuivres et à l’harmo tout au long du blues/rock nerveux "Steamroller". Excellent ! Le titre maître diffère radicalement de l’ensemble. Plus hard, il se distingue par des riffs élaborés entretenus par les grattes de Rex et Sarah. Imprimé sur le tempo du chemin de fer, "Two trains" nous entraîne aux confins d’un boogie que réverbère la slide aux sonorités dépouillées… 

 

Jan James

Calling all saints

Écrit par

Originaire du Michigan, Jan James est chanteuse de blues/rock. Elle apprend à chanter au sein d’une chorale, à l’église. Son voisin, Craig Calvert, devient son partenaire musical, un guitariste/compositeur qui militait alors dans un groupe punk. Le duo part alors à Chicago, la cité du blues. Il se produit en club, et notamment au Buddy Guy's Legend ainsi qu’au House of Blues. Le tandem publie un premier elpee, "Last Train", chez le label batave, Provogue. Puis tourne en Europe, où il acquiert une popularité certaine. Ce qui va lui permettre de graver de nouveaux albums. Jan et Calvert continuent leur chemin ensemble ; ce dernier est d’ailleurs toujours son guitariste, mais est devenu son producteur.

Et c'est ce dernier qui lance rapidement la machine sur les rails, dès "I'm a gambler", un blues imprimé sur un mid tempo tout au long duquel la voix puissante de Jan se distingue, alors qu’offensive et limpide, la gratte se détache de l’ensemble. "Heart of the blues" bénéficie d’une excellente intro, chargée d’un maximum de feeling, sur les cordes. Sans équivoque, Calvert tire sur toutes les ficelles du guitariste de blues rock! Le long playing recèle quelques blues lents, dont le superbe "Losing man", une plage saturée d’émotion, et abordée dans le respect du Chicago blues side, si cher autrefois à Muddy Waters. Sans oublier la finale "Black Orchid blues" et "Bucky blues, une piste colorée par l’harmonica. Country/blues, "Battle of Jesse" est un morceau acoustique attaqué à la manière de JJ Cale, mais que chante Jan, d’une voix tellement féminine. Excellent come-back !

 

Little Boys Blue

Hard Blue Space

Écrit par

Little Boys Blue a choisi pour port d’attache, Jackson, une ville sise dans le Tennessee, le long de la A40, à mi-chemin entre Memphis et Nashville. La formation compte plus de 20 ans d’existence et constitue un véritable déjà trait d'union entre les deux grandes cités du Tennessee. Memphis pour le blues et le rockabilly ainsi que Nashville pour la country. Publié en 2016, le précédent opus, "Tennissippi", avait littéralement enchanté la critique.

Le quintet implique le chanteur/harmoniciste JD Taylor, le bassiste Dave Mallard, le batteur Mark Brooks ainsi que les guitaristes, Alex Taylor et John Holiday, alias Kid Memphis. Ce dernier vient de débarquer dans le line up. Agé de 46 balais, cet enfant de Memphis est à la fois musicien et acteur. Il avait ainsi interprété le rôle de Carl Perkins dans le film consacré à Johnny Cash, ‘Walk the line’. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Jackson et Memphis. Dix titres originaux ont été mis en boîte à l’aide de quelques amis, dont les gratteurs, Andrew White, Brad Webb et Wes Hensley, ainsi que le claviériste Dave Thomas.

Dès le titre d'ouverture, "Six foot down", on est emporté par les envols majestueux des cordes, mais également les interventions de l’harmo, dispensées face à l'orgue Hammond. Celles d’Alex sont à la fois fragiles, chargées de feeling et brillantes tout au long du Memphis blues, "Loving kind", avant qu’il ne soit rejoint par Kid. "Blues bug" et "If the blues start calling" sont deux excellents blues lents. Le premier est tapissé par un orgue chaleureux. Le second, se singularise par des accès de slide dégoulinantes. Ballade soul bien construite, "Got a mind of your own" met en exergue l’harmonica. Shuffle entraînant, "Going back to Memphis" clôt ce superbe long playing…

Johnny Max Band

Roadhouse soul

Écrit par

Chanteur de blues et de soul, Johnny Max, aka John McAnenay, est avant tout un homme de scène. Un entertainer qui donne tout ce qu’il a dans le ventre, sur les planches. Sa musique mêle blues, funk, r&b et soul. "Roadhouse soul" constitue son septième opus! Il l’a enregistré chez lui à Toronto. Et signe ou cosigne les dix compositions, principalement avec son guitariste, Kevin Vienneau.

L’elpee s’ouvre par le rythmé "Couldn' happen to a nicer guy". Grave et motrice, la voix se détache d’une excellente orchestration tramée par le piano de Rob Gusevs et les cordes de Vienneau. Mais le Johnny Max Band brille surtout lorsqu’il pratique du roadhouse rockin' blues. Tapissé de claviers et imprimé sur un tempo idéal pour la route, ce style a été pérennisé par les Rolling Stones. Et notamment tout au long de "Little yellow dress", une piste qui adresse un clin d'œil à John Lee Hooker. Puis "Roadhouse soul" et "Time well wasted", deux plages très rock'n'roll, au cours desquelles la guitare largement amplifiée prend son envol. Piano et mandoline dominent "I'm broke", un r&b à coloration néo-orléanaise. Le long playing s’achève par "We've been together for such a long time". Imprimé sur le tempo d’une valse, ce titre roots est illuminé par les interventions des ivoires et des cordes réverbérées…

 

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