L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Chroniques

Todd Snider

Songs for the daily planet

Né à Portland dans l'Oregon, mais établi à Memphis dans le Tennessee, après avoir transité par la Californie et le Texas, Todd Snider est un poète dont la muse profonde et sincère évoque instantanément Willie Nelson et Kris Kristofferson. Il aime la country. Celle de Joe Mac Donald, de Warren Zevon et surtout de Bob Dylan. La musique sudiste aussi. En particulier Creedence Clearwater Revival et Lynyrd Skynyrd. Enfin, il a enregistré ce "Songs for the daily planet" à Nashville. Un décor qui devrait vous permettre de bien cerner la démarche de cet artiste. Ses chansons, il les interprète à la manière de Zimmerman ou de Tom Petty. D'une voix légèrement poussiéreuse, en s'accompagnant d'une sèche acoustique et d'un harmonica. Et pour respecter les règles de l'art, il s'est entouré d'un groupe qui se partage instrumentation traditionnelle (violon, mandoline, etc.) et conventionnellement plus rock (guitare, basse, drums, claviers) que renforce épisodiquement des choristes. Another folk rock singer? Oui, mais qui ne manque pas de talent!

 

Morrissey

The World of Morrissey

N'imaginez surtout pas que Morrissey vient d'enregistrer un nouvel album. Moins d'un an après avoir accouché de "Vauxhall and I", ce serait un véritable exploit pour ce compositeur aussi doué que peu prolifique. En fait, cet opus collige une poignée de singles, leurs flip sides, des chutes de bandes du live "Beethoven was deaf" et trois inédits qui figurent sur le tout récent single autobiographique "Boxers". Une majorité de titres acoustiques, cependant. Qui valent leur pesant d'or, même si le CD est vendu à mid price! Mais toujours cette voix frêle, suavement emphatique de Moz. Quatorze fragments parmi lesquels le contagieux "Whatever happens, I love you", le post James "You're the one for me Fatty" et la nouvelle version de "The last of the famous international playboys" des Smiths méritent une mention toute particulière...

 

So

Miles and Miles / Wait

Premier album pour ce quartet bruxellois. Et pour un coup d'essai, il vient de frapper en plein dans le mille (!). Un elpee aussi contrasté que ses deux singles "Stay" et "Wait". Alternant ballades pop contagieuses, fruitées, semi-acoustiques, avec la sensibilité postcard d'un James; le chant de Mark Egen épousant même des inflexions vocales proches de Tim Booth. Et compositions plongées dans un "Oasis" d'électricité vivifiant, audacieux. Un chouette disque qui recèle, en outre, une savoureuse cover de Daniel Lanois, "O Marie". La meilleure surprise depuis dEUS!

 

The Mother Hips

Back to the Grotto

Ceci n'est pas un nouvel opus de Mother Hips, mais la réédition d'un elpee paru en 1992. Remastérisé et remixé par Rick Rubin. Ce combo nous vient du nord de la Californie. De Chico, très exactement. Une petite ville très étrange, originellement rurale, mais aujourd'hui infestée de mobil homes, de junkies et de maisons closes...  Un environnement qui semble avoir beaucoup influé sur la musique du quartet yankee. "Back to the Grotto" explore une foultitude de styles différents. Oscillant du hard rock au country en passant par le funk, le folk, le jazz, le rockabilly, le garage, le prog rock, sans oublier toutes les couleurs du blues (urbain, delta, grass, etc.). Un paysage rythmique assez déboussolant. Tantôt convulsif, tantôt pondéré, austère ou même furieux. Surtout lorsqu'il permet aux guitares duales de s'affronter dans un combat magistral. Mais ces épisodes sont beaucoup trop rares pour vraiment accrocher. Difficile dans ces conditions de trouver un véritable fil conducteur...

 

Slipstream

Slipstream

Fatigué de ses expérimentations studio, menées pour Jason Pierce au sein de Spiritualized Electric Mainline, Mark Refoy a décidé de monter son propre groupe. Il s'est adjoint un second guitariste. Un certain Ian Anderson qui n'a strictement rien à voir avec le célèbre flûtiste de Blackpool. Un bassiste répondant au nom de Barry Lennon, qui n'a pas davantage de lien familial avec le mythique et défunt Fab Four ; et puis bien sûr un drummer. Cet album auto-titré constitue le premier opus de Slipstream. Psychédélique dans le sens le plus raffiné du terme il offre une palette de coloris sonores particulièrement ample. Depuis les scintillements semi-acoustiques de "Harmony" au garage de "One step ahead" en passant par les réverbérations cosmiques de "Pulsebeat", hawkwindiennes de "Sundown", les spasmes joydivisionesques de "Sweet Mercy" et de "Feel good again", l'intimisme de "Riverside" et la cover glamourisée du "Computer Love" de Kraftwerk. Mark Refoy incarnait donc la face la plus moelleuse de Spiritualized. Et Slipstream en est la plus belle démonstration...

 

Mudhoney

My brother the cow

Mudhoney vient de se proclamer le dernier groupe grunge encore en activité. Nous ignorons quelle signification le quartette de Seattle veut donner au terme grunge. Différente de Nirvana, Pearl Jam et consorts, nous le supposons. Déjà que le précédent opus "Five dollar Bob's mock cooter stew" exhalait de fortes effluves sixties. Mais ce "My brother the cow" transpire le punk garage à plein nez. Stoogien même. Une musique torturée, noueuse, métallique, agitée par des lyrics particulièrement vitriolés. Attaque personnelle contre la veuve de Kurt Cobain dans "Into your shtick", condamnation des crimes commis par les fondamentalistes religieux yankees sur "Fearless Doctor Killers". Mépris vis à vis des pollueurs du punk et autres diatribes sauvages, révolutionnaires et dédaigneuses. Et ce fiel est répercuté par des chansons aussi brèves qu'instantanées. Une seule exception, un morceau de 33 minutes en bonus track, qui en fait se résume aux trois quarts de l'album passé à l'envers...

 

Slowdive

Pygmalion

Depuis que Brian Eno a collaboré avec Slowdive pour l'album "Souvlaki", la musique de ce quintet de Reading a pris une étrange coloration. Ses expérimentations soniques, à l'origine inspirées par My Bloody Valentine, Loop et Spacemen 3, sont ici encore poussées plus loin dans l'ambient extatique. Dérive dans le vide où flotte mystérieusement une électricité cristalline, translucide et des vocaux murmurés, presque somnolents. Une seule composition échappe à cette torpeur, à cette léthargie, "Rutti". Dix minutes au cours desquelles Slowdive parvient à se diffuser dans la pureté du son, un peu à la manière d'un Pale Saints ou même de Durutti Column. Une petite déception!

 

Peter Murphy

Cascade

Peter Murphy en est aujourd'hui à son cinquième album solo. Figure emblématique, parolier et chanteur du mythique et défunt Bauhaus, il cherche désespérément depuis plus de dix ans, la voie de la réhabilitation. Et pourtant, ses œuvres en solitaire ne manquent ni d'aplomb, ni de charme. Il possède toujours cette voix distinctive, légèrement gémissante, sépulcrale qu'il met au service d'une poésie pourpre à l'imagerie oblique. Et sa musique possède toujours le même phrasé, le même voile de mystère qui enveloppait les opus du célèbre groupe batcave. Ce même mysticisme gothique viscéralement attaché au post punk du début des eighties. Mais son succès reste toujours otage de son illustre passé. Pour enregistrer "Cascade", Peter a fait appel au guitariste Michael Brook, proche de Brian Eno et de John Hassell, à Paul Shatham pour coécrire la musique et puis à Pascal Gabriel (Inspiral Carpet, EMF) pour le produire. Un éventail (!) d'invités de marque qui lui permet de retrouver fraîcheur vitalité, et incisivité glaciale, au sein d'un essai empreint d'accents mélodiques particulièrement prononcés. Un morceau de plastique dont la pochette est, en outre, illustrée par une peinture de l'artiste turc Shamil Agun. Exotisme oblige!