Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Biohazard 8/8/26
Ora Cogan
Chroniques

Siouxsie & The Banshees

Rapture

Siouxsie et ses Banshees peuvent aujourd'hui se targuer d'être un des rares ensembles rescapés de la génération 78/79 à avoir écrit les plus belles pages du post punk. Une telle longévité s'explique par une évolution constante de son expression dans un style cold jamais abjuré. Un style qui a toujours collé à l'image ambiguë et fascinante de Siouxsie Sioux. Cinq titres de "Rapture" ont bénéficié de la production de John Cale. "Tearing apart", "The lonely one", "Falling down", "Forever" et le single "O Baby". Une bénédiction pour la formation insulaire qui a toujours voué un culte à l'ex-mythe du Velvet Underground. Un album à l'instrumentation luxuriante (violoncelles, mandolines, carillons, etc..) et à l'agressivité insidieuse qu'ensorcèle la voix capricieuse et luxuriante de Siouxsie Sioux. Un périple fascinant, extatique, exotique dans le royaume du rêve obscur situé aux frontières de la séduction dangereuse et du mystère de la solitude. Un chouette album!...

 

White Zombie

Astro Creep: 2000

Un peu de septième art, tout d'abord. White Zombie est le titre d'un film d'épouvante légendaire tourné en 1932, en compagnie de la célèbre et diaboliquement divine Bela Lugosi. White Zombie est également le patronyme choisi par un groupe apparemment new-yorkais, qui reflète à travers sa musique ses obsessions maladives, dépravées, sur la sexualité, la mort et autres combats ultimes menés par la nature sombrement humaine. Le tout saupoudré d'une bonne dose d'humour. Humour que semble ne pas partager les fondamentalistes du pays de l'oncle Sam. Puisqu'ils estiment que l'ensemble est en partie responsable de la dégénérescence de la jeunesse américaine. Un débat qui mériterait d'être soulevé si le support sonore s'était avéré suffisamment solide. Ce qui ne semble pas le cas. "Astro Creep: 2000" se limitant à régurgiter une énergie sub Killing Joke surchargée de samples et d'effets spéciaux. Bon appétit!

 

Meat Puppets

No joke

Valeur sûre de la scène yankee, Meat Puppets a toujours joué un rôle essentiel dans l'évolution de la musique pop/rock. Et des formations comme Nirvana, Soul Asylum ou Pearl Jam ont été manifestement marquées par sa vision hardcore du country & western, vision semblable à celle qu'Afghan Whigs réservait à la soul. Le trio de Phoenix ne s'est cependant jamais retourné pour voir le succès déclenché par ce mouvement. En plein ‘boom’ grunge, il cherchait déjà à explorer de nouveaux territoires sonores. Depuis deux ou trois albums, il inocule davantage de couleur et de profondeur dans sa construction mélodique. Davantage d'amplitude dans l'étude du style et au niveau des harmonies vocales semi-léthargiques, échangées entre les frères Kirkwood. Qui manifestement et fondamentalement demeurent "Meat Puppets", même si cet elpee aborde le cabaret, la pop indie, le popcore ou la ballade. Et en particulier cette sauvagerie spectrale et menaçante, fruit de la rencontre entre l'électricité croustillante et la fluidité acoustique. Excellent!

 

Skiploader

Anxious, restless

Il est parfois nécessaire de multiplier les auditions d'un album avant de bien en pénétrer la substance. Cet "Anxious, restless" bat certainement tout les records, puisqu'il fait l'objet de notre application depuis plus de deux mois. Un mini elpee. D'excellente facture. Mais dont la richesse mélodique permet difficilement de fixer des points de repère référentiels. Avec une prudence de Sioux, nous nous sommes quand même prononcés. Imaginez un hypothétique cocktail fabriqué à base d'alcool de Dig, de Foo Fighters, d'Hüsker Dü et de Minutemen. Exhalant une saveur austère mais terriblement grisante. Tantôt popcore, tantôt punkcore ou même progcore, elle manifeste une rage adolescente, venimeuse, soulignée par les lyrics angoissants, cruellement contemporains, de Tom Ackerman, figure de proue du quartet de Portland. Skiploader, un nom à retenir!

 

Chris Whitley

Din of Ecstasy

Né à Houston, ce Texan a transité par le Connecticut, le Mexique, l'Oklahoma et le Vermont avant de se fixer à New York. Son adolescence a été marquée par les disques de Little Walker et d'Elmore James. Mais les premiers vinyles qu'il se procure sont de Jimi Hendrix, de Led Zeppelin et de Muddy Waters. Une indication de poids pour ce futur prodige de la guitare demeuré trop longtemps dans l'ombre. Il faudra d'ailleurs un fameux coup de pouce de Daniel Lanois pour que Chris atterrisse chez Columbia et apparaisse enfin à l'avant-plan de la scène musicale. Ne nous demandez pas combien il a pu enregistrer d'albums à ce jour. Nous n'en savons strictement rien. Sachez simplement qu'en 1979, il jammait déjà avec Willy Dixon. Une référence! Whitley à même été décrit comme étant au blues ce que Prince était à la dance. Mais si aujourd'hui il est toujours aussi influencé par Hendrix, nous pouvons également y ajouter des noms tels que Johnny Winter et Robert Johnson. Avec un tel éventail de points de repères, il vous est donc facile d'imaginer l'intensité de son blues rural, nourri au feedback, marécageux, qu'il chante d'une voix chancelante, désolée et tellement vulnérable, qu'elle semble correspondre à un hypothétique croisement entre Chris Isaak et Jimi Hendrix...

 

Mecca Normal

Sitting on snaps

Duo canadien, Mecca Normal sort de l'ordinaire. Quoi de plus normal ! D'abord, à cause de Jean Smith. De ses textes hostiles au capitalisme. Et puis surtout de son registre vocal incroyable, capable de passer du ricanement redoutable (Lydia Lunch?) jusqu'au murmure tendre et réconfortant (Mélanie), en passant par l'inflexion douloureuse (Patti Smith?). Et n'imaginez surtout pas que le reste s'écarte de la norme. De l'insolite. Surtout lorsque David Lester triture sa guitare, un peu à la manière d'un Howe Gelb. Pensez aux élucubrations électriques grinçantes, déstructurées pratiquées en 90 pour "Long Stem Rant". Sur "Crimson Dagnet", David s'offre même quelques riffs d'Heartbreaker du Led Zep. Ce qui n'empêche pas l'ensemble d'obéir à une certaine structure mélodique. Le plus souvent inspirée par la country. Un disque étrange, énigmatique, déconcertant, (mecc)a normal quoi!

 

Sense Field

Papercut (Ep)

En 1994, ce quintet californien (LA) gravait un premier opus extrêmement intéressant. Sculpté dans l'électricité opulente, subtile et hyper mélodique, nous ne lui avions adressé qu'un seul reproche, une instrumentation trop peu mise en évidence. En fait, la présence manifestement envahissante du vocal de Jonathan Bunch y était pour quelque chose Doué pourtant d'un timbre remarquable, à la croisée des chemins de Ray Thomas (Moody Blues) et de George Michaël, il étouffait, faute de production adaptée, l'expression sonore. "Papercut" n'est pas un nouvel opus de Sense Field, mais aligne des extraits des deux premiers Eps, deux démos prévues pour le futur elpee (intitulé "Building"), le single "Papercut" et un mix de "Voice" (NDR: cherchez l'astuce!). Un mini album ponctué d'un titre épatant, "Outlive the man", sulfureusement déchiré entre cordes acoustiques et électriques. Sensefield ne se contente pas de ravaler la façade de la noisy pop (Ride, Boo Radleys, Catherine Wheel), il épouse à son avantage la pop insulaire des Radiohead, Gene et autre Manic Street Preachers. Bien vite l'album!

 

The Wildcards

Phuq

Cet ensemble insulaire adore naviguer en eaux troubles. Le titre de son deuxième opus en est la plus belle démonstration. Mais également les thèmes abordés. Comme l'onanisme, l'alcoolisme, l'outrage, jetant l'anathème sur la société contemporaine. Un groupe qui vient de traverser des moments difficiles, surtout depuis l'éviction du chanteur/guitariste CJ, heureusement remplacé depuis peu par Mark Keds, éminence grise du (défunt?) Senseless Things. Bref, nonobstant des auspices franchement défavorables, ce "Phuq" nous a conquis. Son metal punk a pris des accents plus pop, plus mélodiques, davantage hérités de Manic Street Preachers que des Damned, Motorhead, Slade, New York Dolls et consorts. "In lily's garden" s'abreuve même des harmonies vocales d'Oasis, alors que le grinçant "Naivety play", meilleur titre du CD, cherche le croisement idéal entre les Pistols, Voodoo Queen, Metallica et les Bay City Rollers. Du power pop dans le sens le plus pur du terme!