Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Biohazard 8/8/26
Editors
Chroniques

Nitzer Ebb

Big Hit

Longtemps considéré comme un des derniers bastions de la musique electro body industrielle, Nitzer Ebb vient d'opérer un virage à nonante degrés. Pas que la formation se soit totalement détournée de son passé synthétique, mais aujourd'hui elle ne néglige plus l'instrumentation rock conventionnelle. Douglas Mc Carthy assure ainsi les parties de guitare alors que Bon Harris s'est tourné vers la basse. Et puis le duo de base a engagé un véritable batteur en la personne de Jason Payne. Produit par Flood, "Big Hit" offre inévitablement une palette de sonorités beaucoup plus large et surtout plus mélodique. A des lieues de celles affichées par le single "Kick it", d'ailleurs. Mais hybride, évoquant tour à tour Fad Gadget ("Border Talk", "Our own world"), Killing Joke ("Hammer say") ou Depeche Mode circa "Time & Construction" ("In decline"). Une excellente surprise, même si tout n'est pas encore parfait!

 

Nyack

11 Track Player

Elargi depuis peu à un quintet, Nyack affiche un line-up plutôt original, puisqu'il implique deux musiciens yankees et trois insulaires. Bien que né à New York et drivé par le très Ricain Craig Stevens, le groupe a décidé de s'établir à Londres. Ce qui peut sembler tout à fait normal en vertu du style pratiqué par l'ensemble. Noisy-pop! Dans la lignée des House of Love, Ride, Sweverdriver, Pale Saints et du Boo Radleys originel. Les quelques traces d'américanisme relevant de Posies, d'Ivy et des Ecossais Teenage Fan Club (!). Notamment au niveau des harmonies vocales sucrées, presque byrdsiennes. Un disque qui débute cependant sur un mode mineur, mais qui au fil du sillon amplifie son intensité pour atteindre le sommet de son art sur des compositions telles que "Summer sleeper" et "I remember red". Amertume, doute existentiel, angoisse et autres émotions négatives filtrent ainsi à travers des mélodies aux oscillations électriques à la fois grinçantes, torturées et savoureuses. Un chouette album!

Tarnation

Gentle creatures

S'il n'y avait ce petit côté surf inoculé aux cordes de guitare ainsi qu'au drumming, ce "Gentle creatures" aurait eu un goût Cowboy Junkies très prononcé. A cause de cette atmosphère aussi brumeuse, languissante, qui nous plonge dans un océan de mélancolie. De cette instrumentation qui frissonne d'électricité ondoyante. Des émotions tantôt fluides, tantôt feutrées. Heureusement, la voix diaphane de Paula fouette de son timbre exquis, gémissant, les mélodies avec une splendeur léthargique digne de Maria McKee, voire d'Heather Nova. Un premier elpee pour cet ensemble californien (San Francisco) qui correspond parfaitement à la ligne de conduite arty prônée par le label londonien 4AD. Pas pour rien que le design de la pochette est tout à fait remarquable...

 

The Nectarine N° 9

Saint Jack

Une excellente nouvelle, le label Postcard ne se contente plus de puiser dans son back catalogue. Il semble même décidé à miser sur des formations en devenir... Quoique d'excellente facture, le dernier opus de Paul Quinn & The Independants exsudait encore de fortes effluves passéistes. "Saint Jack", deuxième véritable elpee de cet ensemble écossais, est tout à fait dans le coup. Il faut d'ailleurs attendre "Clipped wings & flower strings", avant-dernier morceau du disque, pour retrouver quelque traces d'Aztec Camera voire d'Orange Juice. Pour le reste "Saint Jack" serpente spirituellement, voluptueusement, dans le panthéon du rock'n’roll. Entre Marc Bolan, Adam & the Ants, le Floyd, le Velvet Underground, Television, Can, Brian Eno et quelques autres... Le timbre vocal félin, coincé quelque part entre celui de Tom Verlaine et de Peter Perrett (Only Ones) se chargeant de sculpter la beauté floue et veloutée de chaque mélodie. Le disque épingle, en outre, un poème de Jock Scott, "Couldn't phone potatoes", conte malveillant tordu, mais terriblement réaliste que ne désavouerait pas un Charles Bukowski ou encore Tom Waits...

 

The Tea Party

The edge of twilight

Vous ne connaissez pas Tea Party? Dommage! Pourtant, ce trio canadien drivé par un certain Jeff Martin, leader charismatique à défaut de ne pas vouloir être la réincarnation de Jim Morrison, en est aujourd'hui à son troisième album. Et maintenant vous avouez avoir encore la nostalgie du Led Zeppelin et des Doors ? Pensiez pas que le chaînon manquant entre ces deux mythes pouvait exister? Vous êtes sceptiques? C'est encore une erreur! Tendez donc l'oreille à cet opus. Ah oui, ce n'est pas pop. Pas pop du tout! Rock. Dans le sens le plus pur du terme. Underground, bien sûr. Dans l'esprit de la fin des sixties, début des seventies. Et en plus, ce disque a vraiment la pêche. Un zeste de blues, une approche du metal et du folk très progressive, une philosophie marquée par l'exotisme, le mysticisme, le symbolisme. Et puis quatre titres tout bonnement impressionnants. "Fire in the head", "Inanna", "Coming home", et sept minutes trente d'anthologie, "Walk with me". Du grand art! En guise d'épilogue? Un poème récité par le légendaire Roy Harper...

 

Steve Jansen & Richard Barbieri

Stone to flesh

Quatrième projet issu de la collaboration entre l'ex-drummer et l'ex-claviériste du défunt et mythique Japan. Un duo cependant renforcé par le concours de Steven Wilson (Porcupine Tree, No Man) à la guitare et plus épisodiquement par Max Feltham (Talk Talk, Orang). Une équipe complétée par un certain Colin Edwin à la basse ainsi que par le manipulateur de bandes David Torn, mais pour un seul titre, "Swim there". Ce "Stone to flesh" nous entraîne dans un périple à travers l'ambient (Ryuichi Sakamoto), la muzak (Brian Eno) et le krautrock (Neu, Can). Balayées de rythmes fragiles, décolorés, les lignes mélodiques se faufilent à l'intérieur et à l'extérieur de la structure musicale luxuriante, progressive, tissant une véritable toile d'araignée d'émotions sophistiquées. Un seul regret, l'absence d'un vocaliste de la trempe de David Sylvian. Même si Steve se réserve quelques interventions vocales, dans un style fort proche de son frangin, sans toutefois parvenir à reproduire toute la gamme des inflexions...

 

Ned's Atomic Dustbin

0.522 (Ep)

"0.522" n'est pas un nouvel album du quintet de Birmingham, mais un fourre-tout où confluent des versions ‘unplugged’, inédits, raretés et remixes. Des remixes peu inspirés, la plupart du temps gorgés de samplings. Celui de "Kill your television" constituant l'exception qui confirme la règle. Les meilleurs fragments débordent pourtant de dynamisme et de vitalité. Leur ‘groove’ impressionnant, né de la conjugaison de basses funkysantes et des jaillissements de riffs de guitares ‘lacérants’, exsudant les vertus du ‘grebo’ le plus pur. Mais ils ne sont pas légion... M'enfin, pour le prix d'un maxi CD, c'est donné!

 

Teenage FanClub

Grand Prix / Sparky´s dream

Peu de groupes sont capables de capturer avec une telle précision la force émotionnelle de la pop. Boo Radleys? Probablement. Mais celle instituée par les Beatles, alors que les Fannies semblent aujourd'hui davantage maîtriser celle des Byrds. Digérées donc les références à Big Star et à Love pour faire place à des chansons instantanément mémorisables, hydratées de cordes de guitare scintillantes, chatoyantes, bringuebalantes, croquantes et citronnées par des harmonies vocales suaves et pures. Ce qui entraîne inévitablement une accumulation de hits potentiels sur cet opus: "About you", "Mellow doubt", Versimilitude", et quelques autres ; sans oublier "Sparky's dream, dernier Ep en date, enrichi de trois nouveaux fragments, dont une cover de Neil Young, "Burned". Un clin d'œil au talent du célèbre chanteur/compositeur/guitariste canadien, par ailleurs pastiché amicalement sur une autre composition du CD, intitulée Neil Jung. Dans le domaine de la pop, cette œuvre mérite incontestablement un "Grand Prix"...