L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Chroniques

Medecine

Her highness

Bien qu’issu de Los Angeles, Medecine s'est toujours illustré par la confection d'une musique très anglophile. Noisy. A la manière de celle dispensée par My Bloody Valentine, Slowdive ou Chapterhouse. Pour "Her highness", la formation n'a pas changé de fusil d'épaule. Simplement, son expression est devenue plus raffinée, plus sophistiquée. Ce qui peut paraître surprenant, lorsqu'on connaît la qualité technologique des disques précédents. Mais en plus, l'aspect mélodique a été davantage mis en évidence. A cause de l'écriture plus confessionnelle, plus visionnaire. Davantage concentrée sur les vocaux que se partagent Bill Thompson et Brad Laner sur un tapis de guitares ‘fuzzy’, écorchées, illuminé par le feedback grinçant, gémissant... Une pureté d'expression qui frôle la perfection de l'esthétisme glacé...

 

The Meices

Tastes like chicken

Les Meices en sont déjà à leur troisième album. Mais ce "Tastes like chicken" bénéficie, pour la première fois, d'une distribution officielle sur le Vieux Continent. Jusqu'alors, la discographie du groupe n'était disponible qu'en import. Et il faut croire que la demande était conséquente en Grande-Bretagne, puisque sa tournée accomplie outre-Manche, en décembre dernier a été une totale réussite. Aux States, la formation s'est surtout fait connaître en assurant les premières parties de Green Day et d'Offspring. Deux références de choix pour cet ensemble contaminé par le popcore des Buffalo Tom, Pixies, Cold Water Flat et surtout Dinausor Jr. Le chanteur arrosant même la solution hardcore juvénile de vocaux abrasifs, écorchés, comparables à John Mascis. Sur les seize titres de "Tastes like chicken", deux fragments s'extirpent cependant du contexte général. "Alex put something in his pocket" au charme glam punk et le spectral, énigmatique "Pissin' in the sink"...

 

Mellowmen

La voix du mellow

Vous avez pleuré la disparition de Benny B., séchez vos larmes, Mellowman possède toutes les dispositions pour vous consoler. C'est vrai, ils ne sont pas belges, mais parigots. Et puis, leurs textes sont nettement plus crédibles, voire engagés. Mais pour le reste la tentative de fusion de soul, de r&b, de jazz et de hip hop opérée sur "La voix du mellow" conduit au même résultat, varié dans son insipidité...

 

The Melvins

Stoner Witch

Pour enregistrer son 8ème album, ce trio californien avait fait appel, l'an dernier, à G. Gorth Richardson (Red Hot, Rage Against The Machine, L7) à la production. Ce qui ne semble pas avoir changé grand chose, l'essentiel de ce "Stoner Witch" triturant un métal, tour à tour trashé, grungé ou hardcoré. Le climat qui règne tout au long de ce disque est si lourd, qu'on ne peut s'empêcher de penser à Black Sabbath ou à Grand Funk Railroad. Toute cette puissance rageuse provoque d'ailleurs une véritable onde de choc (mesurée au degré 8 sur l'échelle de Melvin). Heureusement deux compositions parviennent à sortir indemnes du cataclysme. D'abord, le syncopé "Goose freight train" dont le climat est sinistrement hitchcockien et puis le douloureux et impressionnant "At the stake", digne du meilleur Pearl Jam. Pour le reste, cet opus n'a pas plus de saveur qu'une piquette.

 

Menswear

Nuisance

Après Suede et Verve, puis Oasis, Blur et Pulp, voici la nouvelle génération des hypes. A votre gauche Cast, à votre droite Menswear. Prêts à devoir vivre, par presse interposée, un duel de styles. Menswear n'en est pourtant qu'à son premier album. Un look BCBG. Des chansons trempées dans l'essence du pop. Douze très exactement sur ce "Nuisance". Capables de recycler une foultitude de styles musicaux. Le punk pop de Wire sur "Daydreamer". Des Undertones chez "Sleeping in" ainsi que "Stardust", hit single en puissance. La new wave de Human League, surtout côté vocal, dans "Hollywood girl". A la mod (!) du Who ou à la manière de Blur, pour le vitriolé "Little miss pint-point eyes". Celui de Take That même, mais adapté à la scène indie, avec "Being Brave". Un Oasis de néo romantisme (Visage, Ultravox)  filtré à travers une section de cordes somptueusement puissante sur "The one". C'est d'ailleurs Nick Ingham, proche collaborateur des frères Gallagher, qui s'est occupé des arrangements. Et puis la ballade sentimentale "Piece of me" dont le minimalisme semi-acoustique est incrusté de superbes interventions de violoncelle (Radiohead ?). Pour clôturer le tout, un morceau caché. "Bones and red meat", sorte de valse bowiesque assez surprenante. Bref un chouette elpee qui a gagné notre estime. Espérons simplement que le combo puisse rapidement dépasser son statut de hype...

 

Smile (USA)

Maquee

Smile n'a ni la notoriété d'Helmet et encore moins celle de Nirvana. Pourtant, cette formation étasunienne aurait pu, à l'issue d’un hyménée fugitif, procréer ce fils illégitime. Vous voyez donc facilement le topo! Attaque massive (et pas l'inverse!) de cordes de guitare. Mélodies gémissantes, oppressives. Basse menaçante. Voix plaintive. Metal percutant, éclaboussé de grunge. Clichés habilement essaimés. Mais aujourd'hui, faut-il rire ou bien pleurer de cette progéniture?

 

The Elastic Purejoy

The Elastic Purejoy

Dave Allen s'est surtout illustré au cours des eighties au sein de Gang Of Four et de Shriekback comme bassiste. Depuis, il a tâté au journalisme, fondé son propre label ‘World Domination’, et puis tenté de monter l'un ou l'autre groupe, mais sans grand succès. Sa dernière aventure au sein de Low Pop Suicide est d'ailleurs toujours d'actualité. The Elastic Purejoy n'est donc pas le nouveau combo de Dave, mais un album solo, pour lequel il s'est entouré de quelques potes et de musiciens de studio. Première surprise, il a délaissé sa basse pour se consacrer au chant. Enfin presque, puisque sur trois titres, il n'a pas pu s'empêcher de s'emparer de son instrument de prédilection. Deux fois sous forme acoustique et une fois dans son style traditionnel. Question de renouer avec le funk blanc de son prestigieux passé. Produit par Ian Caple (Tindersticks), ce disque est tout à fait remarquable. Et si les deux covers ("Soul And Fire" de Lou Barlow et "Stiff" de Brian Eno), le floydien "Witness" ainsi que les lancinants, savoureusement électriques, presque ‘crazyhorsiens’ "An Element Of Doubt" et surtout "You Are My PFM", tiennent le haut du pavé, les autres compositions qui flânent dans le jardin secret de Sebadoh, Private Idaho voire de Go Betweens ou se penchent sur la littérature de Samuel Beckett et de Robert Hughes, ne manquent pas d'éloquence...

Meow

Goalie for the other team

Ce qui frappe d'abord chez ce trio new-yorkais, c'est le timbre vocal de David Driver, rappelant un certain Jackie Leven, chanteur de Doll by Doll, formation qui a sévi au début des eighties. Vous ne serez donc pas étonnés d'apprendre que les compositions de ce "Goalie for the other team" adoptent le plus souvent un profil new wave. Pardon pop wave. Un peu comme si Duran Duran ou Wet Wet Wet avaient troqué leurs artifices synthétiques par de véritables instruments. Paradoxalement, le climat qui règne tout au long de cet opus évoque davantage les formations de prog rock dénaturées de la fin des eighties, telles que Kayak ou même Styx. Le tout emballé dans un format plutôt commercial circa INXS. Bref, pas de quoi fouetter un chat. L'album se termine quand même par une note un peu moins conventionnelle, "My marine",  titre complètement fêlé (nous n'avons pas dit félin!), mais beaucoup plus intéressant. Mais à ce stade de l'album, c'est un peu tard pour commencer à capter l'attention...