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Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

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Chroniques

Mike Watt

Ball Hog or Tugboat

Vétéran de la scène punk yankee, Mike Watt compte aujourd'hui plus de vingt albums à son actif. Au sein du légendaire Minutemen, du trio Firehose, et bien sûr en solitaire. Chanteur, compositeur, mais surtout bassiste, Mike possède également une réputation de globe-trotter des tournées et puis de musicien de studio très efficace. Ce qui explique sans doute pourquoi on retrouve un tel éventail de collaborateurs sur ce "Ball Hog or Tugboat". Depuis Eddie Vedder (Pearl Jam) à Henry Rollins, en passant par Thurston Moore et Lee Ronaldo (Sonic Youth), Krist Novoselic et Dave Grohe (Nirvana), Dave Pirner et Adam Horowitz (Beastie Boys) sans oublier John Mascis (Dinausor Jr). Près d'une cinquantaine d'invités répartis en dix-sept jam sessions aux variations musicales les plus étendues. Punk. Rock. Psychédélisme. Jazz. Trash. Funk. Etc. Une seule cover, "Maggot Brain" de Funkadelic sur laquelle Mascis abandonne les drums au beau milieu du morceau, forçant Steve Shelley des Sonics à prendre inopinément le relais. Un disque anachronique mais pas du tout inintéressant.

 

Beverly Jo Scott

Live-The wailing trail

Après avoir assuré les backing vocaux chez Soulsister, Radios, Scabs et Niagara, cette Américaine, émigrée en Europe depuis presque cinq ans, a décidé de voler de ses propres ailes. Commis en 1993, "Mudcakes" nous avait pourtant laissé sur notre faim. Nonobstant le timbre vocal chaud, écorché, profond de Jo, la solution n'était pas parvenue à s'extraire d'un banal rhythm’n’blues sub Tina Turner. Live, Jo semble acquérir une toute autre dimension. Enregistré au club I.C.P. de Bruxelles, les 2 et 3 juin 1995, à l'issue de sa tournée continentale, et appuyée par un excellent backing group, ce morceau de plastique met davantage en valeur les excellentes dispositions vocales de l'artiste dans un contexte fondamentalement blues. C'est à notre humble avis, le style qui semble lui convenir le mieux, et auquel elle aurait tout intérêt à se consacrer corps et âme...

 

Weapon Of Choice

Bozo the town

Bien qu'issu de Seattle, ce quintet n'a strictement aucun atome crochu avec le grunge, le post grunge ou toute autre forme de métal. Ce qui n'empêche pas le groupe d'adresser ses remerciements à Satchel et à Pearl Jam. Ne nous demandez pas pourquoi, car ce Weapon of Choice touche un peu à tous les genres, manifestant un sens de l'extravagance qui n'est pas sans rappeler feu Frank Zappa. Avec pour prédilection, le funk (Red Hot), le free jazz (Ornette Coleman), et l'ambient (Gong). Difficile, dans ces conditions de succomber à ce "Bozo the town", surtout lorsqu'on ne vous laisse pas le choix des armes. En douze salves, un seul projectile atteint son objectif, "Nutty nut-meg phantasy". Score insuffisant !

 

Mike Scott

Bring ’em all in

Mike Scott a donc décidé de dissoudre ses Waterboys pour embrasser une carrière solo. Il fallait s'y attendre. Dès le moment où le line-up du groupe était réduit à une rencontre de musiciens de studio. Ce qui n'avait pas empêché ce "Dream harder" de nous enthousiasmer. Mais faute de succès, Mike a préféré mettre la clef sous le paillasson. La vie est un éternel recommencement. A l'issue de l'enregistrement de "Pagan Place", il avait déclaré vouloir retourner aux sources. S'investir davantage le cœur, explorer la poésie de l'âme, l'essence de vie. Juste illuminer un peu les choses avec davantage de guitare acoustique et de piano ; quelques chansons sans batterie. C'est exactement ce que le troubadour nous propose sur "Bring them all". Un album plus proche du folk que de la pop ou du rock. Hormis "I know she's in the building" et le remarquable "Building the city of light" dont les cordes de guitares semi-acoustiques rappellent le phrasé du "Something in the air" de Thunderclap Newman, l'intensité électrique est réduite à sa plus simple expression. Et son trop rare concours destiné à mettre en relief le minimalisme des compositions. Certaines chansons auraient même tout aussi bien pu appartenir au répertoire de Dylan, comme "She's so beautifull" ou encore plus flagrant "What do you want me to do" et "Sensitive children", à cause du recours à cet harmonica poussiéreux ; s'il n'y avait la voix touchante, profonde, confidentielle de Mike...

 

Weezer

Weezer

Weezer est un quatuor californien (Los Angeles) qui avoue une grande admiration pour les Cars. Il n'a d'ailleurs pas hésité à solliciter Rick Ocasek pour produire son premier album. Pourtant, hormis l'aspect très soigné des arrangements, cet opus ne concède, à première vue, que très peu d'affinités avec le groupe de Boston. A première vue. Car en approfondissant, on se rend compte que les mélodies sont aussi cycliques, récurrentes et s'enroulent comme des serpents autour des axes rythmiques. Et puis elles exhalent instinctivement un parfum très proche d'un autre groupe bostonien: les Pixies. Enfoui sous une foule de spécificités. Tant insulaires (Blur, Shed Seven, Orange Juice, Smiths) que yankees (Dig, Carnival Art, Pavement). Un disque aussi difficile à décortiquer que facile à apprécier. A cause des mélodies contagieuses, de la conjugaison des harmonies vocales bien balancées, et puis des émotions positives qu'il colporte ; comme par exemple sur "No one else" et le single "Under- the Sweather song". Superbe!

 

Ziggy Marley

Free like we want 2 be

Ziggy Marley est donc le fils de Bob. Et les Melody Makers un échantillon très représentatif de sa famille. Le clan Marley a d'ailleurs décidé de réhabiliter le vétuste mais illustre studio jamaïcain ‘Tuff gong’, en l'équipant d'installations plus performantes. Malheureusement, il faut reconnaître que l'héritage du patriarche est bien lourd à porter par Ziggy et les siens. Si ses lyrics affichent encore une conscience sociale et politique attachée à la défense des droits de l'homme, son reggae semble déshydraté par la technologie moderne, étouffé par les excès de dub ou édulcoré par une pop aussi paresseuse que stérile. Seuls "In the flow" furtivement injecté de cuivres, le plus classique "Keep on" et le vivifiant, nonobstant son parfum Kid Creole & the Coconuts, "Power to move ya" s'alimentent encore aux ‘roots’. Mais trois titres sur un album, c'est un peu maigre!

 

Simple Minds

Good News From the Next World

Une hirondelle ne fait pas nécessairement le printemps. Nous avions franchement flashé sur le somptueux single "She's a river", chanson qui aurait pu figurer sur "New Gold Dream" en 1982. Nous espérions donc fort logiquement découvrir un album de la même tempe. Nous avons du malheureusement déchanter. Attention, l'album n'est pas aussi faible que "Real Life", mais il consomme de manière abusive les clichés hymniques. On a même parfois l'impression de retrouver le moule de "Don't you" à plusieurs reprises. Normal nous direz vous puisque c'est Keith Forsey qui a produit le disque. Aux States. Avec pour résultat une finition yankee beaucoup trop prononcée. Pas que des bonnes nouvelles donc, du monde des Minds, réduit aujourd'hui au duo Kerr/Burchill, mais un exercice de style qui ne devrait pas trop déplaire à ses inconditionnels. Et en particulier ceux qui sont hostiles au changement. Ou à l'innovation, si vous préférez. Là dessus on va aller se remettre une bonne vieille plaque de vinyle sur la platine, victime de chômage technique depuis l'apogée du CD. "Life in a day", par exemple. Et dans la foulée "Real to Real Cacophony". Question d'exorciser ses regrets.

Whale

We Care

Probablement un des groupes qui colle le plus à l'air du temps! Difficile d'ailleurs de faire plus contemporain que le premier album de Whale. "We Care" embrasse une pop blanche infectée de rap, de funk, de metal et de hip hop avec un esprit pervers. Vous avez probablement déjà pu le constater en visionnant l'un ou l'autre clip vidéo du groupe. Un érotisme ou si vous préférez une sensualité, qui imprègne chacune des compositions. Le timbre vocal lascif, puéril de Cia y est sans doute pour quelque chose. Mais également cette basse dub insidieusement viscérale. Et puis ces claviers fluides régulièrement court-circuités par les brefs mais efficaces jaillissements d’électricité. Bref un opus excitant dans tous les sens du terme pour ce trio suédois qui a reçu le concours de Tricky sur "Tryzasnice". Au chant, mais également aux lyrics. Et pas la peine de rire comme une baleine (!) si on vous annonce que Whale nage dans les mêmes eaux où pêch(ai)ent AR Kane, Sugarcubes, Red Hot et Beastie Boys. Pas de déchets sur les treize chansons. Un must! Dans ce cas, inutile de s'étendre sur le sujet, cétacé (!)...