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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Nemo

Dum-Dàda

Difficile de faire preuve d'originalité dans son commentaire lorsqu'un groupe, même talentueux, ne parvient pas à se renouveler. Depuis 1992, ce trio issu de Houthalen affronte un même popcore contagieux, convulsif, énergique, inspiré à la fois par les Pixies, Lou Reed et les Feelies. Un style tellement homogène que nous pourrions aisément panacher l'ordre de sortie de toute la discographie de la formation sans que vous ne vous en rendiez compte. Sachez donc simplement que ce "Dum-Dàda" vient de sortir. Un opus de bonne facture, mais qui ne fera certainement pas avancer le schmilblick!...

 

That Dog

Crushed out!

En sollicitant Rob Cavallo (Green Day) et Paul De Gree pour coproduire son deuxième album, That Dog cherchait tout simplement à reproduire sur disque l'adrénaline pure dispensée au cours de ses concerts. Ce qui explique sans doute pourquoi ce "Crushed out!" soit aussi contaminé par le virus du popcore, à l'instar des Breeders, de Belly, de Juliana Hatfield et surtout de Veruca Salt. Privé des harmonies vocales aigres-douces, sophistiquées, conjuguées par les timbres des sœurs Haden, et puis surtout des accès de violon aventureux, allègre, l'expression glisserait même dangereusement vers le post grunge. Groove mordant, cordes de guitares crépitantes, distordues, basse grondante. Drums féroces. Des symptômes heureusement balayés par une recherche constante de l'équilibre naturel entre la simplicité et la complexité, entre l'instrumentation acoustique et l'intensité électrique. Certaines compositions retombent même dans le folk punk pratiqué sur le premier elpee. Ultimement punk sur "Lip gloss". Un style sensiblement plus proche de Kristin Hersh en solo ("Hips and makers") que des spasmes capricieux consentis par ses Throwing Muses. Et notamment lorsque Tanya, la troisième sœur Haden, vient donner son petit coup de violoncelle... Rafraîchissant!

 

Jasper and The Prodigal Suns

Everything is everything

Imaginez un peu un flirt, échangé entre le jazz circa Ornette Coleman et la musique traditionnelle issue des Caraïbes, consommé sur un lit de funk rap hip hop à coloration spirituelle. Ajoutez-y la production de Dave Cochran, personnage qui a composé et produit pour Paula Abdoul, Lionel Ritchie et Public Enemy ; et vous obtiendrez l'expression dispensée par ce Jasper and The Prodigal Suns tout au long de cet "Everything is everything"...

 

Nemo

Popmusics

Du très bon et du moins bon sur le nouveau mini elpee de Nemo. Mais une chose est sûre, ce n'est pas avec ce "Popmusics" que le trio limbourgeois (Houthalen) parviendra à se débarrasser de l'étiquette pixiesque qui lui colle aux basques depuis ses débuts. Or, à l'exception du bonus track, dont le garage électrique atteint une magnitude crazyhorsienne sur l'échelle de Neil Young, seuls les fragments popcore parviennent à nous émoustiller. Et les délires jazz-punk, l'intimisme pasteurisé ou l'interlude instrumental constituent autant d'expérimentations avortées...

 

The The

Hanky Panky

Matt Johnson a donc décidé de consacrer une série d'albums aux reprises. D'artistes mythiques, bien sûr. Et pour entamer cette collection, il a choisi Hank Williams, décédé tragiquement en 1953, à l'âge de 29 ans. Considéré comme le chanteur/compositeur qui soit parvenu le plus efficacement à exprimer les sentiments de douleur, de solitude, et de désir d'aimer, il a influencé de nombreux bluesmen et même des musiciens contemporains comme Bruce Springsteen et ceux de U2. Un exercice de style particulièrement difficile pour The The, qui s'en sort plus ou moins bien, Matt ne parvenant cependant à transcender son interprétation que sur le spectral "I'm a long gone daddy", et bien sûr le single "I saw the light"...

 

Jawbreaker

Dear you

Bien que fondé à l'aube des nineties, ce trio yankee a dû attendre 1994 pour enfin se révéler au grand public. En assurant la première partie de la tournée "In Utero" consacrée à Nirvana. Produit par Rob Cavallo (Muffs, That Dog, Green Day) "Dear You" constitue déjà le quatrième opus de Jawbreaker. Un album à l'intensité variable, alimentée tantôt par le popcore (Hüsker Dü, Green Day), le grebo (Ned's Atomic Dustbin), le grunge (Nirvana, of course!), le punk (Clash) et le post punk (Psychedelic Furs), la voix de Blake Schwarzenback (ne pas confondre avec Schwarzenegger) essaimant ses lyrics confessionnels d'un timbre rocailleux, écorché, fiévreux, fort proche d'un Richard Butler...

 

Optimum Wound Profile

Asphyxia

Troisième opus d'OWP. Et apparemment, il est toujours atteint par le même syndrome paranoïaque qui ronge Jim Foetus Thirwell et Napalm Death. Tout au long de ses compositions, il explore un monde malade, corrompu, mais qui fondamentalement n'est que son propre reflet. Nihiliste, Optimum Wound Profile pratique un métal cataclysmique, pénible mais obsessionnellement consciencieux. Un style qui ne propose aucune autre alternative que l'"Asphyxia". Claustrophobes s'abstenir!

 

Thee Hypnotics

The very crystal speed machine

Considéré depuis ses débuts comme l'héritier illégitime du mythique Stooges, ce groupe insulaire est réputé pour son atmosphère garage malsaine, brumeuse, gorgée de sonorités violentes, furieuses, sensuelles et sauvages qui s'embrasent instantanément au contact des guitares. Une atmosphère susceptible de se transformer en psyché blues nonchalant et insidieux. Sur ce quatrième album, la flamme incandescente de l'inspiration semble avoir quelque peu pâli. Pas sur toutes les compositions, heureusement. Parce que certaines d'entre elles, et les meilleures, secrètent toujours cette intensité sulfureuse, mais pour la circonstance résolument ‘kravitzienne’. Et parce que la voix âpre, écorchée, ample de Jim Jones peut y épancher tout son registre dramatique. Mais trop de titres semblent avoir été contaminés par le heavy metal filandreux des seventies. Normal, lorsqu'on sait que la production a été confiée à Chris Robinson, chanteur de Black Crowes. Un choix peu judicieux, lorsqu'on connaît le potentiel énergétique de Thee Hypnotics...