L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Biohazard 8/8/26
Ora Cogan
Chroniques

Graham Parker

12 haunted episodes

Flash back! 1976 le boom du pub rock britannique bat son plein. Graham Parker monte un nouveau group e: les Rumours. Un ensemble qui sera longtemps considéré comme le pendant britannique de l’E Street Band de Bruce Springsteen. Ses chansons aux riffs accrocheurs imprégnées de blues blanc et de rhythm’n’blues, réverbèrent pêle-mêle les échos de Dylan, Van Morrison, Bruce Springsteen ou Nils Lofgen. Nous sommes alors à l'aube de la new wave. Graham Parker fait preuve d'une présence scénique étonnante et peut compter sur le concours de deux guitaristes à la fois complémentaires et efficaces, Martin Belmont et Brinsley Schwarz. Une réputation ‘live’ qu'il parviendra à préserver des temps et des modes. Malheureusement, malgré cette formidable carte de visite, les ventes de ses albums demeurent invariablement confidentielles. Et ce n'est pas ce "12 haunted episodes" qui parviendra à renverser le cours des événements. A la rigueur "Disney's America", pop song venimeuse, contagieuse qui mériterait une gravure en single. Pour le reste, cet opus adopte un profil tendrement dramatique, né de blessures du passé encore béantes, un peu comme s'il voulait aborder des problèmes socio-contemporains sous la forme de chansons d'amour...

 

King Crimson

Vroom

Depuis 1967, le Roi Cramoisi s'est toujours efforcé d'explorer de nouvelles textures, de nouvelles perspectives sonores. Or, il vient d'opérer, avec cet opus, un retour à ce qu'il avait exploré au début des eighties. Curieusement à l'époque de la sortie de "Discipline". Cause à effet entre le titre du CD et du label? A vous de juger! Une chose est sûre, la moitié de ce disque est envahi de rythmes ‘discotronics’ aux vertus Talking Heads et d'envolées atmosphériques inspirées par "Lark's tongues in Aspic". Evidemment on retrouve quatre des musiciens qui avaient alors participé à ces expérimentations. Fripp bien sûr. Mais également Tony Levin, Adrian Belew et Bill Bruford. On reconnaît d'ailleurs très bien cette structure instrumentale tout au long de ce "Vroom". Un exercice de style très subtil, cérébralement funk, qui même dans ses parties improvisées demeure d'une précision implacable. Quant à la deuxième partie de l'album, le groupe la consacre essentiellement à l'ambient typiquement crimsonienne. Uniquement pour convertis!

 

Alan Parsons

The Very Best Live

Écrit par

Alan Parsons a fait ses débuts comme assistant aux célèbres studios Abbey Road de Londres. Particulièrement doué comme technicien, il devient rapidement ingénieur du son, et participe à l'enregistrement de l'album des Fab Four qui porte le nom du célèbre studio. Puis collabore avec McCartney, les Hollies, le London Symphony Orchestra et surtout le Pink Floyd, pour lequel il reçoit un ‘Grammy’. Passé producteur, il fignolera les disques d'une multitude d'artistes, parmi lesquels figurent Steve Harley, John Miles et Al Stewart. Il crée enfin l'Alan Parsons Project en compagnie du parolier Eric Woolfson, et commence à accumuler les hits internationaux. Et sans s'en rendre compte précipite le prog rock à sa propre destruction...  Cette compile implique des tubes, et rien que des tubes en version (grand?) public. "Old and wise", "Don't answer me", "Even in the sky", "The Raven", etc. Un morceau de plastique exclusivement réservé aux nostalgiques du pop rock atmosphérique des seventies (NDR : qui a dit aux baba cools?)

 

King Kurt

Poor man´s dream

Ces joyeux drilles papillonnent quelque part entre le psychobilly des Cramps, mais sans son climat sinistre, et le fun de Madness purgé de son ska. Ils ratissent même très large, puisque tout au long de ce disque, ils n'hésitent pas  à s'enivrer de country, de roots, de boogie et même de rhythm’n’blues. Fatalement, quelques coups de guitare se perdent au beau milieu du jeu de quilles, un peu comme lorsque Lucky Luke décide de faire quelques cartons (cartoons?) au milieu du saloon (salon?). C'est sans doute la raison pour laquelle notre héros de bande dessinée a pris l'habitude de fredonner ce célèbre ‘I'm poor man's dream... pardon... lonesome cowboy’...

 

Phish

A live one

Pourquoi un label major dépense-t-il autant d'argent pour la promotion d'un groupe aussi médiocre? Une question soulevée par le très respecté Melody Maker. La réponse est simple. Phish récolte un énorme succès au pays de l'Oncle Sam. Et ce double album ‘live’ en est un parfait témoignage. Les musiciens sont d'excellents instrumentistes, et leur pseudo jazz-rock progressif séduit un public moins jeune, à la recherche de nouveaux Weather Prophett, Chick Corea, If et consorts. Certaines compositions dépassent même la demi-heure! Pour nostalgiques exclusivement...

 

Kingmaker

In the best possible taste

Hormis les deux versions du titre maître ainsi que le bouleversant, remarquable "You and I will never see things eye to eye", le nouvel opus de Kingmaker nous a laissé sur notre faim. Pourtant, si toutes les compositions avaient été de la même veine que ces trois fragments, nous aurions sans aucun doute hérité d'un des albums de l'année. Ce qui n'est malheureusement pas le cas. Et la participation de Stephen Street à la production de cinq titres n'y change rien. Les chansons manquent cruellement de punch et se laissent souvent noyer sous un flux excessif de mélancolie. L'intensité électrique abrasive que dispensait le trio de Hull sur son premier album " Eat yourself whole" semble vidée de sa substance, et le recours trop systématique de la reverb pour la voix de Loz nous paraît peu judicieux. Parfois les chansons empruntent certains accents à Fisher Z ("Story of my life") voire à Dire Straits ("A feel like you") mais sans jamais parvenir à les transcender. Si Kingmaker estime avoir injecté son ‘best possible taste’ pour concocter ce morceau de plastique, il était alors en panne d'inspiration. Il nous doit en tous cas, une fameuse revanche!...

 

Pink Floyd

Pulse

Il y a une bonne semaine que nous avons reçu ce double CD ; et, à notre grande surprise, le clignotant rouge qui orne le boîtier n'a toujours pas cessé de fonctionner. Une excellente batterie doit probablement alimenter le mécanisme!... Et à cet égard, "Pulse" mérite bien son nom! Des pulsations sensées dynamiser le contenu de ces deux disques enregistrés ‘live’ au cours de la dernière tournée européenne accomplie par le Floyd en 1994. Au programme l'intégralité de "Dark side of the moon", quatorze classiques dont "Hey you", "Which you were here", "Shine on you crazy diamond", "Astronomy domine", "Another brick in the wall", etc., et cinq extraits du dernier elpee, "Division Bell". Une bande sonore remasterisée dans une optique tridimensionnelle. Le tout, bien sûr, flanqué d'une luxueuse brochure de photographies consacrées au spectacle. Maintenant, ne cherchez surtout pas la moindre trace d'originalité dans l'expression. La technologie a pris le pas sur l'imagination depuis quelques années. Faut dire qu'à leur âge, faut pas trop pulser...

 

Knapsack

Silver sweepstakes

C'est en 1983 qu'Andy Prieboy prenait la relève de Stan Ridgway au sein du légendaire Wall Of Voodoo. Une aventure qui n'allait cependant pas lui laisser des souvenirs impérissables, puisque malgré sa vocation de compositeur prolifique et son timbre vocal vibrant, incrusté quelque part entre celui de Stan et de Peter Garrett (Midnight Oil), il ne parviendra jamais, ni  à faire oublier son illustre prédécesseur, ni à sauver le navire du naufrage. Andy a donc dû reprendre une carrière solo qu'il avait pourtant entamée en 1980, en commettant le déchirant " Upon my wicked son ".

" Sins of our fathers " constitue officiellement son deuxième album en solitaire. Un disque habillé d'une curieuse pochette. Quoique de circonstance ! Inspirée d'une fresque consacrée à la bataille de Waterloo. Dont les soldats ne brandissent plus des armes, mais des guitares. Sur cette œuvre, Prieboy se penche sur la face la plus cachée de la personnalité humaine. Dévoilant nos obsessions et dénonçant nos vues à court terme. Une analyse tumultueuse, sombre et fascinante, hantée par un piano suavement désaccordé. Treize titres au cours desquels il affronte poésie, tragédie, mélodie, sarcasme et même dérision  dans un langage sonore qui oscille du carnaval à l'opérette en passant par le music hall, l'histoire du rock'n'roll et le vaudeville. On a même droit à un pastiche impitoyable du célèbre " Bicycle " de Queen, rebaptisé pour la circonstance, " Psycho ex ". Avec chœurs, pompe et tout le saint tremblement… Un disque de bonne facture, intéressant, mais qui risque fort malheureusement de végéter dans le plus profond anonymat…