L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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The Cure
Ora Cogan
Chroniques

Jennifer Trynin

Cockamamie

Lorsque Jennifer a quitté son New Jersey natal, c'était pour embrasser une carrière de journaliste. A Boston, très précisément. En fait, Jennifer avait une idée derrière la tête. Se plonger dans l'univers popcore de la capitale du Massachusetts. Et dans la foulée monter son propre groupe. Un projet qui demandera un temps beaucoup plus long que prévu avant de se concrétiser. Aujourd'hui enfin, elle vient de sortir son premier opus. Un disque inévitablement inspiré par les Pixies. Mais qui obéit à une sensibilité féminine. Pas celle des Throwing Muses ou de Belly. Mais plutôt de Blake Babies, donc de Juliana Hatfield et de Veruca Salt. Une Juliana Hatfield à laquelle Jennifer emprunte certaines inflexions vocales, lorsqu'elle n'épouse pas le timbre caustique de Chrissie Hynde. Album aux mélodies contagieuses, chargées d'intensité électrique, capricieuse, crépitante, "Cockamamie" révèle même une chanson susceptible de devenir un hit single, "Knock me down". Agréable, mais pas vraiment révolutionnaire!

 

Ed Kuepper

A king in the kindnessroom

Neuvième album pour cet auteur/compositeur/arrangeur/producteur/chanteur/guitariste aussi innovateur que prolifique. Si "Character Assassination" s'était révélé fondamentalement plus acoustique, "A king in the kindnessroom" consomme manifestement une plus grande intensité électrique. Enfin, suivant le concept prôné par Edmund. C'est à dire la guitare sèche à douze cordes amplifiée puis triturée par une série de pédales. Le résultat en devient même presque psychédélique sur l'intro "Confessions of a window cleaner" ou même surf (Spoutniks? Shadows?) lors du final "The diving board". Le CD recèle même un exercice de style exclusivement instrumental de plus de neuf minutes, mettant en exergue les talents de flûtiste/ saxophoniste de Louise Elliot et du drummer/ percussionniste Mark Dawson. Un peu dans l'esprit de "Lizard" du King Crimson.  Bref, un chouette disque qui épingle une cover alanguie du "Highway to hell" d'ACDC, le single "Pissed off" et trois autres compositions aussi épatantes. Mélodies irrésistibles, mystérieuses, que balaie le timbre vocal blême, nostalgique d'Ed Kuepper…

 

Pere Ubu

Ray gun suitcase

Pour célébrer le 20ème anniversaire de l'existence du groupe, Pere Ubu vient de graver, non pas une compilation, mais un nouvel album. Produit par David Thomas, figure de proue de la formation de Cleveland, il confirme le changement de style opéré depuis "Cloudland" en 89. Ce qui n'empêche pas l'ensemble de continuer à développer un style surprenant et original. D'injecter des tas de sons recherchés, distordus, excentriques dans son expression. De projeter ses visions aiguës et psychotiques sur la condition humaine, visions oxydées par la voix unique de David, dont le timbre campe un hybride entre celui de Vincent Crane (Atomic Rooster) et Kevin Coyne. Mais il accorde depuis un soin tout particulier à la confection de ses mélodies. Enfin, suivant la méthode instituée par Pere Ubu. C'est à dire susceptible de plonger un accordéon dans un bain synthétique et surtout d'y sculpter un blues urbain à l'aide de cordes de guitares saccadées, dynamiques, subversives, pétillantes, crépitantes, afin d'atteindre une densité de son que vous ne connaissiez peut-être qu'à travers le défunt Pixies. Ecoutez plutôt!

 

Tupelo Honey

Out of the nursey, into the night

Superbe pochette pour cet ensemble batave qui aurait sans doute mieux fait de consacrer davantage de soin au contenu plutôt qu'à l'emballage. Et pourtant, les deux premiers titres de cet album laissaient présager une suite autrement convaincante. Deux fragments qui mettent en exergue le talent conjugué des deux guitaristes dans la construction ‘garage’ (NDR: pas du garage, bien sûr), aptitudes qui ne se manifestent plus par la suite que dans le seul "To hasty a décision". Le reste fait illusion dans une sorte de passéisme post Sweet faussement glamour, avant de glisser dangereusement vers une pop moelleuse sub Housemartins, engluée par un lead vocal particulièrement agaçant. On atteint même le comble du ridicule, lorsque la mélodie épouse les accents futiles et indigestes de Mardi Gras. Quoique toute analogie avec le carnaval ne serait que pure coïncidence...

 

Kyuss

... and the circus leaves town

Cousin spirituel de Pearl Jam et de Soundgarden, Kyuss compte aujourd'hui quatre albums à son actif. Un groupe californien (Palm Desert) évidemment contaminé par le virus du grunge. Péniblement pachydermiques lorsqu'elles abusent de clichés seattlenesques, les mélodies peuvent se révéler envoûtantes dès qu'elles adoptent un ton plus languissant, plus atmosphérique. Comme sur le fiévreux "Phototropic", le presque curiste "Catamaran" voire l'aride, le stimulant (Therapy?) "One Inch Man", "... and the circus leaves town" cherche cependant, un peu trop systématiquement le Nirvana (!), ponctuant son exercice d'un ‘deepurplelien’ "Space ship landing" de plus de douze minutes avant de libérer un inévitable titre caché, dispensé après vingt bonnes minutes de compte à rebours silencieux.

 

Perverted

Poetic terrorism in an era of grief

Pourquoi cet ensemble limbourgeois n'est-il plus perverti par le désir ? Probablement depuis le départ de Bo Lemaître, bassiste et chanteur du groupe, remplacé par deux autres musiciens. Ce qui porte le line-up à quatre. Pour concocter "Poetic terrorism in an era of grief", Perverted, orphelin de son Desire, a de nouveau fait appel à l'ingénieur du son Kramer (Butthole Surfers, Galaxie 500). Et le combo s'est de nouveau rendu aux States, dans le New Jersey, pour le ciseler. Un disque plus difficile à aborder que son précédent et remarquable "Kuuvun Huuto".

L'entrée en matière est cependant indigeste. Punk, post Fugazi, elle fait même tâche d'huile dans l'ensemble. Car la suite de l'opus laisse progressivement transparaître ses richesses. Plusieurs écoutes sont néanmoins nécessaires avant de commencer à apprécier ce disque. Au fil du temps, l'expression devient fascinante, presque envoûtante, glissant du psychédélisme au funk blanc en passant par le reggae, la cold et la new wave. Genis U assure pratiquement toutes les parties vocales. Il galvanise chaque chanson de son timbre mi Rotten, mi Murphy, laissant cependant le soin à la vocaliste finnoise, Anne Kahelin, de tempérer ces accès de fièvre. La texture mélodique et contre mélodique permet au groupe d'alterner climats plus paisibles et flambées d'agressivité, que répercute une guitare beaucoup plus présente. Pour être complet, sachez que l'opus contient des samples de l'émission TV Flying Circus des Monthy Python et de "Plague Mass" de Diamnda Galàs. Et ne croyez surtout pas que nous essayons de vous pervertir!

 

Tad

Infrared Riding Hood

Tout comme Melvins, Mudhoney, Soundgarden et Nirvana, Tad appartient au patrimoine grunge des States. Simplement, Tad s'est toujours plus impliqué politiquement que musicalement. Avec pour résultat une expression sonore qui n'a pratiquement pas évolué au cours des six dernières années. Réduit aujourd'hui à un trio, le combo a fait appel à Jack Endino pour produire son cinquième opus. Figure emblématique, Endino avait d'ailleurs mis en forme leur premier elpee, "God's ball". Mais également "Bleach" de Nirvana et quelques autres œuvres du patrimoine de Mudhoney et Soundgarden. Malgré le concours de l'illustre maître ciseleur, "Infrared riding hood" ne parvient pas à s'extraire de ce climat oppressif, pesant, maladif, qui lui colle aux basques depuis 1989, suppurant un groove paresseux, torturé, tortueux que gangrène les refoulements gutturaux de Tad Coyle. Un éléphant a beau rêver de voler comme un oiseau, il ne parviendra jamais qu'à se vautrer dans la gadoue.

 

Keaton

Intravenous

Premier album pour cet ensemble liégeois, qui jusqu'à présent ne s'était illustré qu'à travers la confection de deux démos. Pour enregistrer "Intravenous", Keaton a pu bénéficier du concours de la section rythmique de Channel Zero. En l'occurrence Tino Dematino et Phil Baheux. Une collaboration assez active, par ailleurs. Ce qui explique sans doute pourquoi l'expression est dominée par une forme de hardcore sombre, presque claustrophobe inspiré par Helmet, Alice In Chains voire les Young Gods, le vocaliste poussant même épisodiquement son timbre vocal comme Franz Treichler. Dominée mais heureusement pas étouffée.  Notamment lorsque la mélodie se couvre d'accents semi-acoustiques, comme frappés du sceau Gira (Swans). Et en particulier sur l'excellent "Dysfunctional generator garden". Bien, mais peut beaucoup mieux. Suffirait sans doute d'alléger, d'épurer son style...