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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Afghan Whigs
L7
Chroniques

Orange Juice

The Heathers on fire

Non, vous ne rêvez pas, mais le célèbre label Postcard a repris du service. En fait, son come-back date déjà de deux bonnes années. Mais sa distribution n'est assurée en Belgique que depuis quelques semaines. Pour ceux qui s'en souviennent encore, cette écurie écossaise nous avait permis de découvrir, au tout début des eighties, des formations comme Joseph K, Aztec Camera, et Orange Juice. Un Orange Juice qui fait aujourd'hui l'objet d'une compile consacrée à ses premiers pas. Soit les quatre premiers singles flanqués de leur flip side. Et quatre autres compositions enregistrées à la BBC. Douze titres en tout qui devraient vous permettre de vous faire une petite idée des vertus pop stimulantes, adolescentes, affichées par ce jus d'orange injustement vidé par le désenchantement post punk...

 

These Animal Men

Taxi for these animal men

Mini CD pour ce quartette de Brighton qui ne cache pas avoir été influencé par Manic Street Preachers. Les Kinks, le Who, UK Subs, les Sex Pistols et les Stones également. Mais surtout les Manics. Pas seulement parce que les quatre membres de TAM affichent un look calqué sur Richey James. Enfin son image, depuis que le leader du groupe gallois a décidé de s'effacer spirituellement/corporellement (biffez la mention inutile). Mais surtout parce que la formation est responsable d'un style mod/punk à la fois provocateur et hymnique. Car pour le reste, on est loin du compte. Nihiliste, clamant les vertus des stupéfiants, de l'ego et de l'onanisme, TAM n'a aucune vision socio politique. Et son credo passe par l'adrénaline la plus pure, la plus destructrice, la plus rebelle et la plus stimulante. En ‘live’ bien sûr. Car le disque ne reflète pas suffisamment l'attitude du groupe. La production est tellement raffinée, léchée, qu'elle atteint même un niveau de perfection digne de Primal Scream sur "Wait for it". Et pour adhérer aux vertus de la mode (!), la formation a même ajouté un titre caché. Trop beau pour être honnête, mais franchement bien fichu!

 

Jet Black Joe

Fuzz

Fondé en 1992, cet ensemble islandais en est déjà à son troisième album. Mais ne nous demandez pas le moindre avis sur ses deux premiers elpees, puisqu'ils n'ont bénéficié que d'une distribution très confidentielle. "Fuzz" trahit une charpente fondamentalement rock.  Urban rock même. A l'instar du premier titre du morceau de plastique, "Motor Maniac".  Criblé, de riffs de guitare saignants, stoogiens, fouetté par les agressions de basse caoutchoutée, viscérale et imprimé sur un tempo sauvage, excitant. Une formule qui rejaillit ponctuellement tout au long de l'œuvre. Même si au fil du sillon, Jet Black Joe parvient à révéler les multiples facettes de son talent. Tantôt glamour sur la cover des Kinks "Wicked Anna Bella", pastoral sur "Higher and higher", spectral sur "Metal Maniac", post punk ou ‘doorsien’ en d'autres circonstances avant d'embrasser, fin de parcours, une pop revisitée par le prog rock des seventies (Jethro Tull ?), le synthétisme glacé de The The ou l'insouciance juvénile, presque caricaturale d'un Bonzo Dog Band. Comme quoi la scène islandaise ne se limite pas à Björk et à ses ex-Sugarcubes !

 

The Orb

Orbus Terrarum

Constitué d'un duo jusqu'il y a peu, The Orb appartient aujourd'hui au seul et unique Alex Paterson. Coïncidence, mais depuis le départ de Trash, l'ambient semble avoir pris définitivement le pas sur la house ; ou si vous préférez, la house s'est totalement fondue dans l'ambient... "Orbus Terrarum" nous entraîne ainsi dans une odyssée cosmique, un voyage intergalactique où les astéroïdes se fracassent dans l'infini céleste sur une voie lactée de muzak interactive, tentaculaire. Fréquences triturées et palpitations electro ethniques conduisent au dérangement systématique des sens et invitent l'auditeur à fuir les dogmes et les angoisses de la vie contemporaine. The Orb serait-il occupé de devenir le Floyd des nineties? Une chose est sûre, les supports visuels utilisés lors des spectacles le laissent croire...

 

Three Mile Pilot

The chief assassin to the sinister

Franchement, ce trio yankee (San Diego) n'aurait pas fait tâche d'huile dans l'écurie ‘Ralph Records’, qui a bousculé la scène indépendante des States du début des eighties. Pensez à Chrome, Residents et Tuxedo Moon. N'y cherchez cependant pas de référence. Ce trio est tout simplement original. Pour ne pas dire complexe. Richement texturé, son post rock est cimenté par l'utilisation peu orthodoxe de la basse. Seuls Mike Watt, pour ses expériences en solo, ou les Slits, mais sans la perspective féminine, sont parvenus à atteindre une telle puissance hypnotique, presque orchestrale. Une œuvre très intéressante, futuriste, aux climats sombres, énigmatiques, exacerbés par le vocal languissant, angoissé de Pall. Renversant!

 

Jethro Tull

Roots to branches

Écrit par

Depuis la fin des seventies, on ne peut pas dire que le Tull se soit montré particulièrement brillant. Honnête dans sa phase acoustique, mal à l'aise dans sa volonté de maintenir un certain cap prog rock, il est même devenu franchement médiocre lorsqu'il s’est prostitué au heavy metal. Nous pensions même que cette incartade allait définitivement achever le groupe de Blackpool. Enfin, nous le craignions. Car, Ian Anderson possède suffisamment de talent et d'obstination pour revenir dans le parcours. Et il vient aujourd'hui de le prouver sur "Roots to branches". Une œuvre qui aurait pu, vingt ans plus tôt, figurer parmi les meilleurs elpees de la décennie. Aux côtés d'"Aqualung", de "Thick as a brick" ou de "Stand up". A la lecture de ces quelques mots, toute la génération de soixante-huitards risque fort de s'enflammer; et elle a tout à fait raison. Sans vouloir manifester la moindre allusion péjorative, croyez-le sincèrement. Complètement à contre-courant de la scène musicale contemporaine, ce disque ambitieux met inévitablement en valeur le talent des différents instrumentistes. De Martin Barre, incroyablement sobre pour la circonstance (NDR: il bonifie avec le temps, comme le vin!), du claviériste Andrew Giddings, et puis surtout de Ian Anderson. Aussi bien au chant, aux flûtes, qu'à la guitare acoustique. Un elpee qui a bénéficié du concours d'une pléiade de musiciens classiques ; sans doute la même équipe qui avait participé à l'accouchement de "Divinities". Onze fragments qui oscillent du jazz/blues au rock, en passant par l'exotisme, la folk celtique, la musique slave, filmique, symphonique et bien sûr progressive...

 

Tom Ovans

Tales from the underground

Dans le style, nous pensions que Dylan avait déjà tout donné. Fondamentalement country/folk bien sûr. Avec des incursions dans le rhythm’n’blues, le tex mex, le blues et le jazz. Une vue filmique sur des lyrics à la palette riche, sombre, engagée qui aborde, avec poésie, les tragédies humaines et les problèmes sociaux du monde contemporain. Des chansons à la beauté austère, désolée, intense qu'il interprète d'une voix nasillarde, en s'accompagnant d'une guitare et d'un harmonica. Un minimum d'overdubs. Un chapeau de paille... "Tales from the underground" n'est pourtant pas un album du Zim, mais bien de Tom Ovans. Son premier. D'excellente facture, il faut le reconnaître. Mais dans le domaine, Bob a déjà donné...

 

Throwing Muses

University

Après la remarquable parenthèse en solitaire émise au début de l'an dernier sur l'album "Hips ans Makers", Kristin Hersh nous revient en compagnie de son groupe. Pour enregistrer un huitième opus intitulé "University". Pas très bien reçu en Grande-Bretagne, il faut le souligner. On se demande bien pourquoi. Plus conventionnel? Probablement. Moins spontané? Peut-être. A cause de la production plus polie, plus lisse. Mais conduite avec le même esprit que "The Real Ramona" ou "Hunkpapa". C'est à dire au service d'une pop savoureuse, colérique, pétillante, ruisselant d'accords de guitare réverbérés, caverneux, luxuriants, distordus, infiltrée par la voix souple et sinueuse de Kristin. Pensez au single "Bright Yellow Gun". Et puis au cours de la seconde partie de l'œuvre, le style devient plus sombre, plus languissant, plus insidieux. Comme lors du bouleversant "Fever few". Excellent!