Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Chroniques

Rose Chronicles

Shiver

Les nostalgiques de la noisy wave atmosphérique n'ont toujours pas déposé les armes. Rose Chronicle milite en faveur de ce mouvement institué, début des eighties, par des ensembles comme Cocteau Twins et Dead Can Dance. Et stratégiquement, son "Shiver" ne manque pas d'arguments dissuasifs : riffs de guitare grinçants, bringuebalants, section rythmique pulsante, voix limpide, angélique de Kristy Thirsk dont le timbre manœuvre quelque part entre celui d'Anneli Drecker (Bel Canto) et D'Hariett (Sundays). Malheureusement les fortifications risquent fort de ne pas résister longtemps à l'offensive menée par les nineties, et il est à craindre que le combo canadien ne tombe au champ d'honneur avant même de mobiliser un quelconque intérêt...

 

The Afghan Whigs

What jail is like

Attention, ceci n'est pas un nouvel album du quartette de Cincinnati, mais une compilation partagée entre titres studio et morceaux ‘live’. Hormis deux versions du titre maître, composition qui figurait sur "Gentlemen", et "Now you know", version enregistrée en public de ce dernier opus, "What jail is like" s'attaque à quatre covers de rhythm’n’blues. La plus célèbre, "My world is empty without you" des Supremes n'ayant cependant voix au chapitre que pour la moitié de la cover. Ce qui n'empêche pas le CD d'être d'excellente facture. En tous cas, il permettra aux nombreux (et surtout nombreuses) fans (qui a dit groupies?) de patienter jusqu'au prochain elpee. Il règne, d'ailleurs, tout au long de cette œuvre, une tension blanche, latente, sensuelle ; une tension alimentée par un tourbillon d'émotions capricieuses. Emotions suscitées par la voix déchirée, fiévreuse (et le mot est faible!), passionnelle de Greg Dulli, organe vocal qui provoquerait (au féminin!) les fantasmes les plus pervers... Mais là, c'est une autre histoire!

 

Rouge Bizarre

Rhythm´n Rhythm

Un rouge bizarre correspond en général à la coloration d'un pinard qui ne vaut pas tripette. Un gros qui tâche à consommer avec un morceau de camembert... Quoique cet ensemble nous vient des cantons de l'est. D'Eupen très exactement. Une situation géographique davantage sensibilisée au ‘Herve’! Les effluves sont plus corsés... Et puis le produit est belge. Nous ne ferons pourtant pas un fromage de ce mini CD mité tantôt par la soul (James Brown), le rythm'n blues (Sly & The Family Stone), le reggae (Bob Marley), le rap metal (Red Hot?) ou le pachuco rock (Willy Deville)

 

Agnes Stone

Agnes Stone

Un groupe californien (San Francisco) qui bénéficie d'un coup de pouce de Quincy Jones, et de la collaboration de Benmont Tench, claviériste chez les Heartbreakers de Tom Petty, pour enregistrer son premier album présente incontestablement une belle carte de visite. Oui, mais le résultat n'est pas à la hauteur des apparences, le quartet se contentant, tout au long de son premier opus, de secréter une soft pop stérile, sub Prince, à peine plus consistante que celle dispensée par Maria Carey. Quoiqu’au change !...

 

Todd Rundgren

No World Order

Quand on parle de Todd Rundgren, on pense immédiatement au rôle essentiel de producteur qu'il a joué pour des artistes comme les Tubes, New York Dolls, Patti Smith, Psychedelic Furs, XTC et plus récemment Pursuit Of Happiness. Et pourtant, tant au sein de Nazz, en compagnie d'Utopia ou en solitaire, il s'est illustré par toute une série d'albums avant-gardistes. Certains n'ont d'ailleurs pas hésité à proclamer que le Philadelphien était à la techno ce que Zappa était à la musique concrète. Nous n'irons pas jusque là, mais il faut admettre que sur tous ses disques, les références au regretté Zappa sont nombreuses. Début 80, il a ainsi poussé le délire en trafiquant un elpee totalement a cappella par la technologie moderne. Aujourd'hui, il s'exprime en termes d'interactivité. Pas seulement ‘live’, puisque ce "No World Order" constitue le premier opus totalement conçu en CDI. Evidemment pour pouvoir bénéficier d'une telle lecture, il est nécessaire de se procurer l'équipement adéquat. A vos portefeuilles, donc! Pour vous donner une petite idée des performances de cet appareil, l'album est enrichi d'un deuxième disque, présenté sous la forme d'un ‘medley’ du premier; tour à tour remixé par Bob Clearmountain, Don Was, Jerry Harrison et Hal Willner. Pour être plus précis, ce CDI vous permet de moduler à l'infini, suivant vos goûts et vos affinités, une matière première. Chaque instrument bien sûr, mais également la voix, le tempo, et plus surprenant encore, le climat émotionnel. Ce "No World Order" adopte un profil fondamentalement ‘dance’. Ce qui n'empêche pas Todd d'y injecter ses riffs de guitares acérés, luxuriants, et de nous envoûter de ses célèbres inflexions vocales à la fois chaudes et impérieuses. Nous finirons par croire que ce Rundgren est un extra-terrestre !

 

Alice In Chains

Jar Of Flies/Sap

Ce double CD couple sept titres enregistrés en 1993 ("Jar Of Flies") et quatre autres gravés en 1991 ("Sap"). Seul dénominateur commun, le heavy metal atmosphérique qui gangrène la plupart des mélodies. En fait hormis le jazzyfiant "Swing On This", et le sinusoïdal "I Stay Away", parcouru d'un violoncelle délicat, on n'y retrouve aucun titre menaçant, puissant, digne de "Dirt", précédent opus qui s'était vendu en 1992 à plus de trois millions d'exemplaires. Encore un ensemble yankee qui semble mal digérer la période post grunge que seuls, jusqu'à présent, Pearl Jam et Smashing Pumpkins sont parvenus à négocier avec succès...

The Screaming Tribesmen

High Time

L'an dernier, nous vous avions décortiqué son dernier opus, "Formadelhyde", un disque d'excellente facture, mais entaché par les dérapages aussi incontrôlés qu'intempestifs du guitariste soliste. Collection de singles et d'Eps concoctée entre 82 et 89, "High Time" affiche les mêmes qualités et les mêmes défauts. Aux excellentes dispositions power pop oxygénées par l'esprit des Troggs et des Only Ones vient se greffer les mêmes interventions de râpe nombriliste sub Van Halen. Dommage, car toute l'œuvre baigne dans un climat mélodique, pétillant, intense, excitant, contagieux et mériterait un traitement électrique beaucoup plus raffiné.

 

The Almighty

Crank

Ardent disciple du PETA, association mondiale qui dénonce les mauvais traitements infligés aux animaux, Almighty nous vient de Londres et pas de Nazareth. Une doctrine que l'on ne retrouve pourtant pas dans ses lyrics. Quant à l'expression sonore, sa nature folk punk aux vertus New Model Army est successivement convertie au speed metal de Poison Idea et au metal de Metallica. La foi soulève parfois des montagnes, mais dans ce cas ci, le Tout Puissant est devenu trop puissant!