Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Igor Prado Band

Upside down

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« Upside down » constitue le tout dernier opus de la bande aux frères Prado ; c'est-à-dire Igor à la guitare, Yuri à la batterie et Rodrigo Mantovani à la basse. Un disque pour lequel les frangins ont reçu le concours de toute une volée d’invités. Au menu : compositions personnelles et reprises. Un répertoire partagé entre plages instrumentales et morceaux chantés.

L'ouverture n’est pas vraiment une surprise, puisqu’elle permet la présentation des musiciens. Le trio familial est ici soutenu par leur ami Ari Borger. Tout au long de cet instrumental sculpté dans le west coast swing, ce pianiste démontre tout son talent de guitariste. Rodrigo est passé à la basse acoustique. Ses accords sont lourds. Ron Dziubla (NDR : un musicien de Lynwood Slim) souffle dans son sax ténor pour créer cette ambiance intimiste ou si vous préférez de fin de soirée. JJ Jackson est un chanteur de couleur noire. Sa voix est chaude. Igor s’évertue à reproduire les astuces de T-Bone Walker. De son véritable nom Léo Robinson, J.J, compte aujourd’hui 65 balais. Né dans l’Arkansas, ce vocaliste a vécu à Seattle. A l’âge de 15 ans, il militait au sein des Rocking Teens, en compagnie d’un certain James (Jimi) Hendrix. Il s’est établi au Brésil en 1980. Les musiciens tissent une trame délicieusement funky pour attaquer "Hoo ray for hoo raw". Les sonorités entretenues par Igor évoluent dans un univers sis quelque part entre Albert Collins et Jimmie Vaughan. Greg Wilson se charge des parties vocales. C’est le chanteur des Blues Etilicos. Il est né à Tupelo, dans le Mississippi, il y a 45 ans. Dziubla se réserve le honky saxophone. Les frères Prado ont régulièrement épaulé R.J Mischo sur les planches. On n’est donc guère surpris qu’il apporte sa participation pour trois plages. Tout d'abord le "Dancing senhorita" de TV Slim. Un rock'n'roll exécuté à la manière de Chuck Berry. André Youssef martèle son piano comme un possédé, alors que RJ chante passionnément devant les cordes déchaînées d'Igor. RJ interprète également le "Whiskey, cachaça & wimmen" de John Lee Hooker. La rythmique chère à Howlin' Wolf lui sied à merveille. Igor adopte sereinement les accords de John Lee en leur communiquant une tonalité saisissante! Et enfin le "Lonesome cabin" de Sonny Boy Williamson II. Un blues serein au cours duquel RJ semble hanté par le spectre de Rice Miller. Classique, "Bumble bee" nous replonge dans le quartier sud du Chicago des années 50. L'ambiance est très proche de Muddy Waters tout au long de ce blues lent, une plage envoûtante que chante Steve Guyger, le bluesman de Philadelphie, d’une voix chaude, ponctuée de courtes phrases à l'harmonica. "Tiger instrumental" porte bien son nom. Rejoint par Borger, le trio continue de passionner. Igor se révèle un guitariste créatif et inventif. Il maîtrise tous les styles qu'il aborde en y ajoutant des touches personnelles. Il se montre ici proche mais différent de Junior Watson. Le pianiste est également un régal pour les oreilles. Ce musicien parvient à synthétiser le boogie woogie. Et ses interventions sont toujours récréatives. Le résultat plane à très haute altitude. Veloutée, sculptée pour le soul blues, la voix de JJ Jackson est cependant capable de s’adapter au west coast jump. A l’instar de "Mary Jo". Le sax baryton de Ron et les cordes atteignent alors de nouveaux sommets. Les plages instrumentales qui parsèment cette œuvre enthousiasmante sont épatantes. Et je pense tout particulièrement au boogie jump "Hey! Boogie", caractérisé par une chaude bataille entre Prado et Borger. JJ Jackson se réserve une dernière fois les vocaux pour le "Give a little" de Johnny Guitar Watson. Son timbre est profond tout au long de ce blues lent, chaleureux, soutenu par l’orgue Hammond, les cuivres et les cordes divines. Igor chante enfin "I ain't no man". Sa performance est honorable. Il est soutenu par son ami et concitoyen Robson Fernandez. L’opus s’achève par "My blues after hours". Une occasion rêvée pour Igor Prado de confirmer toute son habileté et sa parfaite perception du style de Ronnie Earl, lors de ce long slow blues instrumental. Excellente surprise, l’elpee recèle deux bonus tracks. Tout d’abord le nerveux "Mr King Collins Medley", un vibrant hommage à l'un des gratteurs favoris d'Igor, ‘The King of the Telecaster’ alias Albert Colllins. Flavio Navez s’y réserve l'orgue Hammond. Et enfin le funky et jazzy "Maceo's groove". Ron Dziubla se charge du saxophone alto lors de cet hommage respectueux à Big Maceo. Indispensable !  

Jimi Tenor & Kabu Kabu

Joystone

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Sur ce dixième album, le maître de l’électro-soul s’est laissé séduire par la chaleur des beats afro. Accompagné par le trio nigérian Kabu Kabu –dont le percussionniste de Fela Kuti–, la formation jazz finlandaise s’enrobe de magie. Sensualité et efficacité se sont acoquinées pour acheminer l’expérience musicale parfois ardue de Jimi Tenor vers l’évidence et le compromis afro. Les opposants à l’easy-listening pourront ainsi y regretter les explosions à l’accoutumée bien plus désorganisées et tordues. Celles qui ont fait le génie d’un « Intervision » (1997) ou la grandiloquence de « Out of nowhere » (2000). Celles qui, d’ailleurs, lui ont peut-être valu le remerciement des labels Warp et Kitty-Yo.

Plus prévisible, « Joystone » n’est pas pour autant un album conventionnel. Le mode free-jazz nourrit son légendaire bouillonnement perpétuel ; seule véritable métamorphose, le clin d’oeil de Jimi Tenor ne puise cette fois pas dans l’expérience de sons incongrus mais dans la soul eighties, effleurée de kitsch. Les cuivres sont brûlants, les claviers fébriles, les mélodies lascives sont murmurées du bout des lèvres. Appel à la séduction. Joystone agit comme une douce étreinte que rien ne semble pouvoir troubler.

General Mindy

Delusions of Grandeur

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« Delusions of Grandeur » constitue le premier album d'un groupe anversois composé de Johan Verckist (voix et guitare), Philipp Weies (guitare), Hans De Prins  (synthé), Luk Michiels (basse) et Steven Cassiers (drums et percussion). Formé en 2004, le groupe n'est plus inconnu en Flandre où il a déjà remporté quelques prix, notamment lors du concours organisé par le Poppunt Magazine, pour sa chanson « Travel in Style ». En 2006, General Mindy atteint la demi-finale de l'Humo's Rock Rally et, l'année suivante, nos amis anversois attireront même l'attention du label anglais Jesus Factory qui sélectionnera leur chanson « Frequently Obscene » pour alimenter leur compilation annuelle de nouveaux jeunes talents.

Le groupe fraîchement émoulu n'a donc pas à rougir du parcours déjà entamé même si, jusqu'à ce jour, il est passé relativement inaperçu dans le sud du pays. Il ne devrait pas non plus rougir de son premier album, un condensé de tout le potentiel emmagasiné par ces cinq artistes. Dès les premiers instants d'écoute, on sent les influences de Johan et ses amis qui sont aussi nombreuses que variées. Cette impression ne me quittera pas tout au long des treize plages de l'album. Le groupe les assume en affichant une palette de morceaux très diversifiée. La voix de Johan Verckist dans « Max Harris », la première chanson de l'elpee, recèle des intonations qui évoquent furieusement Murray Lightborn, le chanteur charismatique du groupe The Dears. La musique des artistes anversois, une pop pêchue, entraînante et équilibrée, sait se montrer musclée. Les jeux de guitare échangés entre Johan Verckist et Philipp Weies sont d'ailleurs très bons. Le groupe manifeste une réelle cohésion et chacun a le loisir d'exprimer ses talents. Cela fait plaisir à entendre ! La mélodie est également susceptible de se fondre dans la douceur. Bref, nos amis ne se refusent rien, pas même des accents folks dans le morceau « Prozac Candy » des plus réussis. Oserais-je dire que le petit air que nous fredonne Hans De Prins, à l’aide de son synthé, dans « Features » m'a rappelé les sempiternelles mélopées de notre André Brasseur national ?

Chaque compo de « Delusions of Grandeur » mérite un commentaire. Tantôt pour l'image qu'ils évoquent, le dialogue des instruments ou encore le clin d'œil adressé à tel ou tel artiste du goût des Anversois. General Mindy démarre du bon pied, c'est certain. Cependant, tout l'album n'est pas du même niveau. Le contraire aurait été étonnant pour un premier opus. La musique est parfois perfectible, un peu brouillonne. Et puis les petits effets électroniques parsèment parfois inutilement la mélodie, la parasitant du même coup. Rien de bien méchant en somme. Si General Mindy poursuit sur sa lancée, son avenir est assuré !

Radio Massacre International

Rain falls in grey

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Radio Massacre International compte 25 albums à son actif en 15 années d’existence. Un trio qui privilégiait, à l’origine, les expérimentations électroniques. Depuis, la formation a intégré davantage d’instrumentation basique, dans sa solution sonore semi cosmique, semi psychédélique. De la guitare, de la basse et des drums. Ne parlons pas de claviers, car RMI utilise tout ce qui lui tombe sous la main : mellotron, moog, Fender Rhodes, Hammond, synthés, et la liste est loin d’être exhaustive. Pour enregistrer « Rain falls in grey », le combo a reçu le concours de Martin Archer (saxophones, clarinette, flûte) et de Cyndee Lee Rule (violon). Un disque qui rend hommage à Syd Barrett, décédé, peu de temps avant leur entrée en studio. Un musicien auquel les musiciens vouent un véritable culte. Le titre de l’opus est d’ailleurs extrait d’une de ses chansons, « Baby Lemonade ». Musicalement, leur musique oscille à la croisée des chemins du Floyd (of course), de Hawkwind, de Tangerine Dream, d’Ash Ra Temple et de Gong. C’est d’ailleurs Daevid Allen qui s’est chargé de dessiner la superbe pochette de leur elpee. RMI est également capable de se produire dans des marathons ‘live’ de plus de deux heures et demie. Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que sur les sept fragments de ce disque, quatre sont particulièrement longs. Bienvenue chez les (néo)babacools!

 

Mono Kiri

Surviving on dreams and casual sex

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Premières mesures, premier beat de « Surviving on dreams and casual sex » et, déjà, le ton est donné. C’est de ‘cubase’ et de programmation dont il va être question, Mesdames et Messieurs, tout au long d’un album aux forts relents new-wave. Mais alors que l’informatique peut se révéler un adjuvant, il faut bien avouer que dans ce cas-ci le constat est plutôt négatif. Habillant des compositions déjà relativement faibles, la production de l’ensemble sonne en effet bien trop plastique pour avoir une chance de relever le niveau global d’une oeuvre à l’atmosphère quelque peu surannée. Mais quelle mouche a donc piqué Caroline Werbrouck (tête pensante du projet) pour avoir ainsi été poussée à utiliser des sons de batterie et de claviers aussi synthétiques ? Tout faire seul, c’est bien, mais encore faut-il posséder le goût nécessaire à une telle entreprise. Et ne pas se ruer sur le premier son disponible dans la base de données d’un logiciel de musique… En outre, comme la charmante demoiselle ne possède pas une voix exceptionnelle, difficile d’accorder davantage qu’un trois ou quatre sur dix à une plaque dont le souvenir ne restera pas dans les annales. On sent tout au long des treize plages l’envie de bien faire et de coller à la hype, mais cette bonne volonté ne suffit malheureusement pas…



Taken By Trees

Open Field

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La Suède est un pays incroyable. Là-bas, les musiciens écoutent leur cœur et, souvent, le rythme s’emballe. Quand le froid scandinave nous dégèle les tympans, on ne peut généralement s’empêcher de s’enthousiasmer. Pourtant, on doit bien consentir que la pop proprette et trop soyeuse de The Concretes nous avait laissé de glace. Alors, en apprenant que Victoria Bergsman, la chanteuse et fondatrice de la défunte formation, se relançait aux commandes d’un nouveau projet, on pensait replonger dans un ennui popisant, dénué de grands moments. Grave erreur car, depuis sa participation au tube « Young Folks » de ses compatriotes Peter, Björn & John et son intronisation subite au panthéon de la pop, la jeune femme a endossé ses plus beaux apparats et nous laisse goûter aux joies des promenades au bois par l’entremise de Taken By Trees. Premier album, coproduit par Björn Yttling (celui qui trône entre Peter et John), « Open Field » est un condensé d’élégance, d’hymnes fragiles entortillés de mélancolie et de nostalgie. Mais étrangement, l’album de Taken By Trees n’est pas triste. Au contraire, c’est un ravissant rayon de soleil perçant les feuilles dorées des grands arbres en cette période automnale. Comment les fondus d’Au Revoir Simone et de Belle & Sebastian pourraient-ils passer à côté des charmes de ces douces mélopées ? En s’exilant au Mexique, peut-être. L’album n’y est pas encore distribué…

Georgie James

Places

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Premier essai de Georgie James, duo composé de John Davis (ex Q and not U) et Laura Burhem, « Places » est une tendre et légère friandise pop à consommer, cependant, avec modération. Interprétés à tour de rôle par Davis puis Burhem, les douze morceaux de ce recueil se succèdent avec une justesse naturelle qui se ressent d’autant plus lors de ces instants magiques où les deux voix s’entremêlent. Mais bien que l’ensemble du recueil soit d’une qualité indéniable, on est loin de pouvoir parler de révolution, « Places » recelant autant de passages tubesques (« Hard Feelings », « Cake Parade », l’énorme « Need You Needs ») que de morceaux dispensables (« Long Week », « Only ‘Cause You’re Young », « You Can Have It »). Ce premier ouvrage, qui plaira aux fans de Mates Of States ou de The New Pornographers, aurait pu être un grand disque il y a quelques années ; mais le duo semble tout simplement dépassé par les événements. A l’heure d’aujourd’hui, « Places » est une plaque assurément intéressante mais pas vraiment essentielle.

Supersuckers

Live at Helldorado (Dvd)

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Fondé en 1988, ce groupe américain s’est autoproclamé ‘le plus grand groupe de rock'n roll du monde’. Ce qui ne l’a pas empêché d’opérer une incursion dans la country en 1997. Et de pratiquer ce style de musique, quand ils en a le loisir. Etonnant quand on sait qu’à l’origine, ce quatuor s’inspirait surtout de Motorhead, Van Halen, AC/DC et des Ramones. Tout en abordant des thèmes aussi machistes que les drogues, l'alcool, les bastons, les longues échappées en bagnole, les décibels et les femmes faciles… Et en véhiculant une imagerie satirico-satanique. Mais en pensant émarger au hard rock, le combo va être étiqueté punk. Et par un curieux retournement de situation, il va incarner le groupe punk qui s’est enfoncé le plus loin dans le territoire de la country. Bref, sans le savoir, les Supersuckers ont quand même réussi un fameux challenge : réconcilier le punk, le hard, le rock’n’roll, la pop et la country...

Ce Dvd est consacré à un set accordé en Espagne (très exactement au Pays Basque) en 2007. Vingt trois morceaux enrichis de quatre bonus tracks immortalisés la même année en Serbie. La voix rocailleuse d’Eddie Spaghetti balise ce rock’n roll dont l’intensité électrique graissée au gasoil est recrachée virilement par les amplis. L’humour et l’attitude sont bien au rendez-vous. Les clichés aussi. Et paradoxalement, c’est cet ensemble de spécificités, à premier abord sans grand intérêt, qui leur a paradoxalement permis de devenir un groupe culte.