Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Chroniques

Ezio

Ten thousand bars

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Trois ans après la sortie de « The Making Of Mr Spoons », Ezio repart en tournée, une cinquième galette sous le bras. Originaire d'Angleterre -de Cambridge pour être précis- le line up implique deux `lead guitarists' de talents : Ezio Lunedei (il se réserve également le micro) et Mark `Booga' Fowell. Leur credo : un folk sincère aux accents countrysants, sans loops ni samples, partageant ses racines entre Van Morrison et Jeff Buckley.

Les treize titres de ce « Ten Thousand Bars » sont effectivement portés par un songwriting talentueux (la très belle plage titulaire) et un sens aiguisé de la mélodie. Pourtant, la forme à un petit goût de réchauffé? Elle sonne comme du déjà entendu malgré la sincérité et le brio évident du duo. Comme ce « All I Really Want » au parfum dylanesque ou un « Thin Line » qui n aurait pas dépareillé dans le répertoire de Tom Petty. On y décèle pourtant de réelles pépites, comme l émouvant « Mandolin Song », un « All For You » enrichi d'un solo acoustique ou encore le « Ten Thousand Bars » déjà évoqué. Cette impression générale en demi-teinte est peut-être due à une production très -trop ?- léchée. Ezio semble avoir mieux à offrir sur scène, et les titres les plus électriques de l'album -Hotel Motel » ou le chaloupé « WooHooHoo »- possèdent clairement le potentiel nécessaire pour assurer un bon moment de live. Un talent qu'il serait injuste de ne pas suivre...

Voodoo Shock

Marie's sister's Garden

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Aussi lourd qu’une intégrale de Black Sabbath qu’on aurait lestée de plomb, ce troisième album des Allemands de Voodoo Shock ne séduira que les accros de Pentagram, Saint-Vitus ou Reverend Bizarre. Vocaux rocailleux et plaintifs, guitares grasses et torturées, tempos lents et mélodies dépressives…Le groupe navigue bien dans les eaux troubles et souillées du doom métal le plus sombre et le plus mélancolique. Si la musique se veut pénétrante et dérangeante, le chant emprunte la voie tracée par Robert Plant, mais surtout Ozzy Osbourne. Sabbath est indéniablement la source d’inspiration première de ces « joyeux lurons ».

Sur des titres tels que «Feeding Flames with letters » ou « « Miserable mercy », Voodoo Shock s’appréhende comme un long trip dans un tunnel sans issue. Les musicos n’ont peur de rien, et s’ils sont capables de poser calmement leurs accords pour densifier l’atmosphère, ils n’hésitent pas à braver le temps et à mettre les nerfs des auditeurs à l’épreuve en développant des titres frôlant les dix minutes. C’est dur, misérable, viscéral, mais hélas trop souvent lassant. A l’instar du très funèbre « You don’t need to fear death », titre pharaonique et pesant à déconseiller aux consommateurs de Prozac et de Valium. Pour ‘doomers endiablés’ et public averti uniquement !

 



A Cloud Mireya

Singular

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Dès les premières notes de cet album, une crainte nous envahit. La crainte de devoir ranger cette plaque dans le rayon electro-rock qui commence petit à petit à saturer. Cherchant à se faire une place au soleil, tous ces groupes noyautés par ce style sont devenus des victimes de leur ambition croissante. Oui mais, c’est compter sans la lucidité de A Cloud Miryea qui sait pertinemment bien où poser son vaisseau. Les voix de Claudia Deheza et Guillermo S. Herren déjouent les pièges de la routine synthétique en propulsant avec force, calme et circonspection toute leur tendresse. Les mélodies suaves débordent en 12 titres, sans ambition démesurée, sans saturation excessive. Formé depuis 2004, ce duo pose un son simple mais goupillé de main de maître. Choisissant une guitare pour partenaire, l’ascension des 58 minutes de l’elpee s’opère dans une facilité déconcertante. A la manière de Laetitia Sadier (Stereolab, Monade) l’écho du bien-être est largement dominant. La batterie redessine de temps à autre le rythme, partageant la vedette ; avec quelques effets electro de bon aloi. Le tout s’harmonise sans faute, sans se voler la vedette, car si vedette il y a, elle doit définitivement beaucoup aux voix envoûtantes, recouvrant la structure brute. Le mélange de ces éléments est savoureux. Un très bel album qui tient la route et mérite sa place dans notre classement vers le haut.



Jullian Angel

Life was the answer

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Ce “Life was the answer” nous réserve quelques surprises! La guitare sèche et l’irrésistible voix de Jullian Angel constituent les deux éléments dominants de cet opus distribué par le label indépendant Another Record. Les plages baignent au sein d’une atmosphère paisible, planante mais jamais soporifique. En effet, l’artiste a le don de nous transporter dans des univers aériens susceptibles de stimuler le corps et l'esprit sans pour autant verser dans une mystique inaccessible. Et puis les accents rock d'un “Born on the seventh day” ou d'un “Fragments” subliment le timbre de Jullian Angel, évoquant celui de Jeff Buckley. Si les morceaux imprimés sur un rythme plus soutenu s’avèrent les plus brillants, l'exercice difficile de la chanson à la mélodie intimiste sur fond de guitare semble ne pas être vain. Surtout à l’écoute de “Some dead survive”. L’œuvre s'essouffle en fin de parcours mais n'en reste pas moins un moment très agréable à traverser...

Various Artists

Ex Drummer - Een film van Koen Mortier

On n’a ni vu le film de Koen Mortier ni lu le roman d’Herman Brusselmans (dont il est adapté), mais on n’achète pas non plus le Humo, et encore moins les disques d’Absynthe Minded. Heureusement le cinéaste flamand aime le vrai rock’n’roll, celui qui n’a pas -au demeurant- de couleur nationale, qui s’occupe avant tout de secouer l’échine, pas de nous emmerder avec des toquades grotesques à la Yves Leterme. Au rayon des groupes belges on retrouve donc sur cette B.O. aussi bien Millionaire (une cover racée du « Mongoloid » de Devo et un inédit) que Blutch (sludge/doom « bourré massacre »), Madensuyu que l’Experimental Tropic Blues Band, Arno (en ostendais) que Ghinzu (« Blow », bientôt sur Stubru ! (rires)). Mention spéciale à Flip Kowlier, le troubadour limbourgeois qui rappe (‘T Hof van Commerce) autant qu’il rocke (ici, à la Tim Vanhamel), même si le yodle qui lui sert d’accent nous laisse plutôt perplexe. Wablief ? Ce n’est pourtant pas une fiction : le rock’n’roll transcende bel et bien les frontières. Cerise sur le gâteau : Lightning Bolt (l’énorme « 2 Morro Morro Land »), Isis et Mogwai en invités vedettes. On n’a pas vu le film mais sa B.O. témoigne déjà d’une épatante prise de risque : à quand Ignatz et K Branding chez Joachim Lafosse ?

 



The View

Hats Off To The Buskers'

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Les amateurs de rock anglais en font des gorges chaudes (d’ailleurs, la fellation au thé chaud, c’est pas mal), alléchés depuis perpète par des singles bien cintrés (« Wasted Little DJs », « Superstar Tradesman » et « Same Jeans »). Sur ces solides assises, The View peut ensuite dérouler comme à la parade l’une ou l’autre ballade enlevée entre ses coups de sang plus rock qui n’attendent que le stade pour le soutenir. Entre clin d’œil et hommage à ses idoles (mais entre Babyshambles et Dirty Pretty Things, qui choisir, semble se demander le groupe), le quatuor écossais trousse tout un chapelet de chansons clé en mains en trois minutes chrono (va donc, va donc chez Speedy). Arctic Monkeys, The Kooks, Kaiser Chiefs : les aficionados ne jurant que par le pop/rock anglais sont aux anges en ce moment. Il leur reste à réserver une petite place à The View dont le premier album fougueux, punky, ou légèrement ska, ne devrait pas les laisser de glace. Par contre, pour le côté original de la chose, on repassera.



Various Artists

Back To The Bus: Funeral for a Friend

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“Back to the Bus” n’est pas la nouvelle livraison du combo post hard core Funeral for a Friend, mais révèle un concept de compilation d’un genre nouveau. L’initiative permet de mieux cerner les goûts musicaux de groupes qui acceptent de jouer le jeu. L’idée est séduisante ! Le concept « Back to the Bus » pourrait se traduire par ‘La playlist des artistes dans le tourbus’. Les p’tits gars de Funeral for a Friend nous étonnent pas leurs choix. On aurait pu s’attendre, à priori, à un album promotionnel pour la scène néo métal ou emo core. Que Neni ! Ce « Back to the Bus » pourrait constituer une programmation idéale pour une émission dominicale de Classic 21.

Queen ouvre le bal par le sautillant « Don’t stop me now », suivi de Dub War et du classique « Enemy Maker ». Le « Midlife Crisis » de Faith No More, tout comme le « Take a picture » de Filter, nous rappellent que ce ne sont ni Korn ni les Deftones qui ont inventé le US néo métal. Deux grands classiques du hard rock suivent. Deux monuments incontestables ! « More than a Feeling » de Boston, et « Ain’t talkin about Love », titre phare du premier opus de Van Halen. Des hits intemporels, du bonheur tout simplement. Le trash métal fait également partie de la culture des musicos de Funeral for a Friend. Pantera, The Haunted et surtout Megadeth pour l’énorme « Holy War » n’ont aucune pitié pour nos tympans. Pour conclure un autre classique des classiques : le titre éponyme de Black Sabbath. Et surprise ultime, le king de la country destroy, Johnny Cash et son incontournable « Folsom Prison Blues ». Bref, rien de neuf à l’horizon, mais une compile sympa à écouter en voiture ou à prêter à une copine qu’on voudrait initier au métal sous ses formes les plus diverses.   



The Bluetones

The early garage years

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Fondée en 1994, cette formation londonienne était appelée à devenir aussi notoire que les Oasis, Blur, Pulp, Supergrass et consorts. La britpop était alors à son apogée. Responsable d’un hit single en 1995 (« Slight Return »), puis d’un excellent album l’année suivante, « Expecting to Fly Slight Return », The Bluetones a pourtant fait illusion jusqu’en 1998, moment choisi pour sortir leur second opus, « Return To The Last Chance Saloon », caractérisé par ses effluves mexicains. Et puis le combo a vécu une longue traversée du désert ponctuée de trois elpees studio, passés complètement inaperçus. Sauf, sans doute, pour les inconditionnels. Faut dire qu’en s’obstinant à pratiquer le même style musical, le quatuor ne pouvait que végéter dans la zone crépusculaire de l’underground. Cooking Vinyl vient de les repêcher. Et de les signer. Le grand retour ? Seul l’avenir nous le dira. En attendant, la formation insulaire nous propose une sorte de best of avant l’heure, réunissant des démos inédites, des raretés et même trois plages enregistrées ‘at home’, à leurs débuts. Dont la version 7 inches du fameux « Slight return ». Et puis des petites pop songs contagieuses comme « Are you blue or are you blind » ou encore « Time and again ». Le son n’est pas toujours de très bonne qualité, mais le résultat donne une bonne impression du style pratiqué par les Bluetones, il y a maintenant plus d’une décennie. Qui a dit c’est daté ?