La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

logo_musiczine

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

L7
L7
Chroniques

TK Webb

Phantom Parade

Écrit par

New York nous a déjà offert quelques surprises intéressantes sur le plan du blues ; d’ailleurs personne n’a oublié l’ogre Popa Chubby, pape du blues-rock de la Grosse Pomme ! Du côté du Lower East Side, TK Webb évolue dans un style totalement différent. Après l’unanimement acclamé « KCK » paru sur le label indé The Social Registry en 2005, il poursuit son œuvre loin des longues démonstrations instrumentales lors d’un second elpee inclassable, fruit d’un mélange de folk et de blues rugueux. Jouissant d’une excellente section rythmique, les compositions reposent sur des rythmes extrêmement laid-back, soutenus mais très ‘cools’, lents mais au sens ‘lancinant’ du terme. Un style de jeu souvent négligé aujourd’hui…

D’un point de vue vocal, TK Webb nous épargne les grotesques imitations de Howlin’ Wolf auxquelles se livrent beaucoup de bluesmen blancs ; sa voix un peu haut perchée a quelque chose de ‘dylanesque’, à l’instar du morceau « Lesser Dude » qui n’aurait pas dépareillé sur l’album « Highway 61 Revisited » ; mais lorsqu’il s’attaque au blues aride comme sur « Wet Eyed Morn », celle-ci se fait soudain rocailleuse et usée, comme tout droit sortie d’un gosier du Mississippi.

Aucune surproduction mais une orchestration d’une grande finesse (les touches fantomatiques de lap steel sur « Phantom Parade, le piano de « Lesser Dude »…) Au final, un résultat inclassable et coloré, beaucoup de talent et de l’authenticité à revendre. Une musique de cœur et de tripes.

Underworld

Oblivion With Bells

Écrit par

En associant les mots  « Transpoting » et « Born Slippy », n’importe quel moteur de recherche vous proposera la même réponse : Underworld ! Nos cerveaux s’en souviennent aussi avec un brin de nostalgie. Cependant, se rappellent-ils des galettes ayant succédé à ce morceau mi-sauvage, mi-technologique et incisif à souhait ? Le film de Dany Boyle n’était qu’un tremplin. Il a permis au trio londonien de prendre son véritable envol. Et de prolonger son aventure. Un peu comme si cette étape n’était qu’un point de rencontre avant d’aller vivre de nouvelles découvertes. Armés de leurs samplers et machines à faire vibrer les basses, le combo semble constamment déterminé à défricher son terrain sonore, un terrain balisé tout au long des 6 albums de son parcours. Prêt à déboiser à la machette, la jungle musicale recouvrant nos régions civilisées.

Underworld surprend encore ici. Il affûte de manière plus oblique le tranchant de ses armes, dépeçant par la même une ligne electro rigide. Finie l’époque d’une techno jungle coupable d’avoir mis en transe la génération clubbers ? Peut-être ! Le temps de la réelle maturité dont « Oblivion With Bells » aurait fait tinter le battant serait-il arrivé ?  Rien n’est moins sûr. Car en se la jouant electro british pop et en posant un son plus recherché et empreint de davantage d’émotion, la galette recèle de véritables petites merveilles comme « Ring Road » ou « Boy, Boy, Boy ». En outre, parmi les onze morceaux de la galette, on rencontre des plages impressionnantes d’énergie susceptibles d’arracher en notre fors intérieur un cri sauvage et ravageur (« Crocodile », « Beautiful Burnout »…) Le constat pourrait s’arrêter là, si ces lascars d’Underworld ne venaient pas inoculer un esprit minimaliste, poussant parcimonieusement sur les touches de leurs consoles, déclinant un univers beaucoup moins baroque pour le transformer, sur la fin de l’elpee, en temple new génération (« Faxed Invitation », « Good Morning », « Best Mamgu Ever »).

En analysant les différentes réactions des rédactions qui couvrent la sortie d’« Oblivion With Bells », on ne peut que souligner l’avis partagé sur la qualité des compositions et l’âme qu’il véhicule. Il est pour ma part recommandé, à quiconque voudra voyager en toute confiance vers l’univers chargé et explosif qu’il contient. Destiné à faire bouger les corps sur le tempo, il ne se contente pas d’un beat puissant, mais charge d’émotions contemplatives, les 60 minutes qui le composent et que le groupe à conçu pour nous. Louable abnégation …

Elan Mehler Quartet

Scheme For Thought

Écrit par

Signé chez le désormais fameux label de Gilles Peterson, Brownswood Recordings, Elan Mehler Quartet distille un jazz contemplatif laissant une grande place à l’improvisation. Ce qui donne à l’ensemble une spontanéité et un charme engageants. Découvert par Peterson dans un piano-bar en Suisse, Elan Mehler et ses trois musiciens donnent naissance sur ce « Scheme For Thought » à un condensé de chaleur artificielle qui donne tout son sens au terme musique de chambre. A la fois déstructuré (« The Pale 45’s ») et circonspect (« Ruby D », « Auntie-Biotics »), ce premier essai étale, sans le moindre frottement de caisses, des influences allant de Debussy à Bill Evans en passant par Miles Davis. Peut-être faudra-t-il quelques écoutes à l’oreille novice pour apprécier pleinement les ressources de ce joli disque mais nul doute que celle-ci succombera tôt ou tard au charme de ce « Scheme For Thought ». Les amateurs, eux, seront pleinement satisfaits.

Al Basile

The tinge

Écrit par

A l’origine, Al Basile était écrivain et poète. C’est en rencontrant le célèbre guitariste Duke Robillard qu’il se rapproche de l’univers musical. En 1973, il devient ainsi le trompettiste du big band notoire de Rhode Island, le Roomful of Blues. Depuis une dizaine d’années Al a entrepris une carrière sous son propre patronyme, un parcours ponctué par la sortie d’excellents albums. "The tinge" constitue déjà son sixième. Mr Basile ne manque pas d’atouts. Sa voix est remarquable. C’est un excellent musicien et il jouit d’un don de compositeur inégalable. Et pour couronner le tout, dès qu’il entre en studio, il est rejoint par ses amis. Pour la plupart, des musiciens hors pair ! Duke Robillard se charge de la production et joue de la guitare, Marty Ballou se réserve la basse et Mark Teixeira, la batterie. Sans oublier Bruce Katz aux claviers ainsi que Rich Lataille et Doug James aux saxophones. Excusez du peu ! En présence de cette équipe d’élite, il n’est pas difficile d’imaginer le niveau au sein duquel la musique évolue. Et autant l’avouer tout de suite, vous ne serez pas déçus. Car ce nouvel opus est d’excellente facture. Il ne souffre d’aucune faille et dépasse même en qualité, le précédent elpee, "Groovin’ in the mood room" ; un disque paru en 2006. La production met en exergue les capacités vocales puissantes et tellement expressives de Basile. Une œuvre au cours de laquelle il use et abuse enfin de son cornet. Véritable plaisir pour les oreilles et festival musical permanent, elle est truffée de trouvailles et souligne les exploits individuels de l’ensemble. Particulièrement cool, la musique baigne au cœur d’une atmosphère délicieuse et sophistiquée. Essentiellement alimentée par un jazz libérant un maximum de swing, mais empreint de délicatesse. Un style que l’artiste estime relevant du soul jazz et du swing (NDR : pensez à Kansas City) tout en étant inspiré par le blues traditionnel. Voilà pour l’étiquette !

Dès les premières mesures de "Go back home to the blues", nous pénétrons dans cet univers où se côtoient jazz, blues et swing. Al possède une très bonne voix ; chaude, assez proche de celle de son ami Duke Robillard. Son premier solo au cornet nous situe l'étendue de ses compétences d’instrumentiste. Le schéma est très classique. Il est ainsi suivi par Duke qui libère ses notes en picking, comme un Albert Collins converti au jazz! "Just wait and see", est une ballade bien agréable, irradiée par l'orgue Hammond de Katz. Cuivrée, également. Et en particulier à cause du solo de cornet qu’il module à l’aide d’un obturateur. Slow blues très langoureux, "Airlift my heart" est d’une pure beauté. Basile accorde une merveilleuse partie sur son cornet, dont il étouffe les tonalités à l’aide d’une ventouse (NDR : une idée refilée par Cootie Williams). La présence d’un piano aux accords délicats et raffinés accentue le climat de mélancolie. Saturé de swing, "Not the wrong woman" trempe dans le jazz pur. Marty et Mark soutiennent l'ensemble en libérant beaucoup de groove. Tous les souffleurs (Al, Doug et Rich) se réservent un billet de sortie. "Give me the rainbow" relève également du jazz pur. Al se prend pour un crooner devant le piano acoustique de Katz. L’orgue nous réchauffe le cœur tout au long de "Can I trust you with a kiss?", une ballade, ma foi, fort agréable. "Too slow" reflète ce que Basile fait de mieux. Cette plage indolente, complètement imbibée de jazz et de blues, est ici hantée par l’esprit d’Eddy Cleanhead Vinson. Rich se charge de l'intro à l’aide de son sax alto. Duke se fait plus T-Bone que nature, pendant qu’Al nous enchante de son cornet. Al a de nouveau recours à son obturateur pour "Daddy got a problem" ; une ballade allègre proche du R&B dansant, caractérisée par sa rythmique syncopée. La plaque recèle encore deux ballades sublimes. Mr Basile les aborde à la manière d’Eric Clapton. Tout d’abord "She's in love with losing". Katz joue de l'orgue Wurlitzer en reproduisant les sonorités très 70’s de feu Ray Charles, tout au long de cette plage empreinte de tendresse et d'émotion. Le charme féminin submerge la mélodie de "Losing my cool". Et c’est toujours tendrement qu’Al clôt son opus le plus accompli à ce jour, par "Strawberries and cream". 

Midnight Juggernauts

Dystopia

Écrit par

Attention, gros dossier. Sorti en 2007 sur les terres d’origines de la formation, il aura fallu attendre plusieurs mois avant que le premier essai de Midnight Juggernauts ne débarque enfin dans les bacs de nos contrées. Et l’attente en valait la chandelle. Sans véritablement révolutionner le genre, ces poids lourds australiens reprennent adroitement le flambeau de nouvel espoir de l’electro rock aux accents disco, sans tomber dans la catégorie ‘Nu Rave’. Agrippé à ses synthés et autres vocodeurs, le trio invite dès les premières notes de la plage d’introduction à prendre place dans son vaisseau pour une petite visite hors de ce monde. Une promenade interplanétaire au cours de laquelle on croisera Giorgio Moroder, Daft Punk, Klaxons ou encore Cut Copy.

Malgré quelques incidents de parcours qui auraient aisément pu gâcher l’ensemble du voyage (« Scorpius », « So Many Frequencies »), les Midnight Juggernauts démontrent une aisance déroutante dans la maîtrise de leur véhicule. Ces petites mésaventures sont par ailleurs rapidement effacées de la mémoire des passagers qui ne pourront que s’incliner devant la beauté d’« Aurora », la rencontre du 3e type de « Tombstone » ou encore les formes obsédantes de « Road To Recovery » et « Shadows ». Forts d’une réputation live sans reproche, Midnight Juggernauts tiennent une première œuvre qui, même sans être intemporelle, risque fort bien de laisser des traces inaltérables sur les pistes de danses de l’univers entier.

 

Weedeater

God Luck and Good Speed

Écrit par

Le sludge metal semble avoir le vent en poupe ces derniers temps ! Après la claque engendrée par le nouvel album de Rammesses et le récent engouement inattendu pour l’ensemble de l’œuvre d’Electric Wizzard, dont on s’arrache les albums sur le net, voici de nouveaux drôles d’oiseaux dont on entendra le ramage au-delà des frontières de leur Caroline du Nord. Notons tout d’abord que c’est Steve Albini  (Nirvana, High On Fire…) qui a pris place derrière les consoles pour donner un son à « God Luck and Good Speed ». Imaginez l’importance de cette collaboration pour un groupe de sludge, courant sous médiatisé et dont les géniteurs ont pour noms Eyehategod, Cluthc ou Crowbar. Au niveau des textes, tout ou presque tourne autour de ‘l’herbe qui fait rire’. Musicalement, imprimé sur un mid tempo, le son bien crade dégouline de disto. Plébiscités par Jello Biafra et les membres de Mastodon, les trois lascars de Weedeater ont écumé durant le printemps dernier, les clubs les plus sordides de Californie, en ouvrant pour The Sword, The Hidden Hand et même pour Corrosion of Conformity ! Du bien gras arrosé de bourbon et de chili con carne. La bio précise : à conseiller aux fans de Buzzoven, Orange Goblin, ZZ Top et Electric Wizard. Nous approuvons !

The Coral

Roots and echoes

Écrit par

Détachés de l’effervescente scène pop anglaise, The Coral emprunte des sentiers ombragés, mais classieux. A l’exception du faible « Nightfreak and the Sons of Becker » (2003), la qualité a fait son chemin tout au long de leurs 5 albums ; et au sein de cette riche discographie, « Roots and echoes » ne fait pas pâle figure. L’instrumentation est toujours aussi impeccable, le rythme soutenu, l’intention louable. Coral s’expose, sans masque, sans compromis ; légèrement country, même si on sait combien la formule ne séduit pas le grand public ; souvent suranné, dans ce psychédélisme d’inspiration Echo and the Bunnymen ; fluide et prévisible, selon une formule couplet-refrain qui ne s’en cache pas. Mais si parfois, on est tenté de voir ce potentiel prendre une tournure plus tortueuse ou impromptue, c’est précisément dans cette intégrité et cette fidélité placide que The Coral prend tout son sens. Une libération des contraintes commerciales, permise notamment par la tutelle généreuse de Noël Gallagher. Séduit par les 7 jeunes de Liverpool depuis leurs débuts, il les trouve sans le sou et au bord de la scission (suite aux tergiversions du guitariste), et leur offre les clefs de son studio pendant la tournée d’Oasis. Pas d’empressement donc, ce qui permet une fois de plus aux jeunes d’assumer avec assurance et maturité leur étrange country psyché 60’s. Enregistré en prise directe – dans l’esprit d’une jam-session -, Roots and echoes permet en plus de s’épancher dans une atmosphère vintage qui vient parfaire son caractère authentique. Léger regret cependant au souvenir des quelques étincelles de « Magic and medicine » (2004) immédiatement conquérantes. Ce dernier album, dans son refus du compromis, suscite la curiosité plutôt que l’ivresse. Il est avant tout de ces albums qui suggèrent, dénotent et interpellent.        

Marie Queenie Lyons

Soul Fever

Écrit par

Enregistré en 1970 par Marie Queenie Lyons, « Soul fever » restera à tout jamais son unique album, la jeune femme ayant disparu de la circulation après la sortie du disque. Enregistré pour le label Deluxe (une filiale de King, maison de disque de James Brown), la version vinyle de « Soul Fever » était devenue aussi difficile à trouver qu’une place de parking non payante dans le centre de Bruxelles. De nouveau, il est nécessaire de souligner les formidables initiatives du label Vampisoul qui permettent au plus grand nombre de découvrir quelques pépites oubliées.

La musique proposée ici (uniquement des reprises) est typique de la soul sudiste de l’époque : très mélodique et emmenée par la belle voix très gospel de Mary, capable de passer de la douceur à la sauvagerie en un clin d’œil. « Soul Fever » hésite entre des titres plus groovy comme le superbe « See and Don’t See » et des morceaux plus lents, enrichis de cordes, qui rappellent un peu les slows de Ray Charles. Hormis les chansons plus classiques, des plages comme « Fever » et « Your Thing Ain’t No Good Without My Thing » touchent tout simplement à l’excellence. Soul Power !