L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Ora Cogan
Afghan Whigs
Chroniques

The Red Crayola

Soldier talk

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Paru en 1979, ce disque constitue le troisième elpee de The Red Crayola (ou The Red Krayola), l’orthographe du nom du groupe variant suivant les périodes. Ce disque bénéficie aujourd’hui d’une réédition sous la forme du cd. Pour bien comprendre le contexte de cette œuvre, il faut se replonger à l’époque de la guerre froide entretenue entre les States et l’U.R.S.S. Des tensions politiques superbement traduites dans la musique et surtout les lyrics de la formation. Une musique punk. Mais un punk intellectuel, excentrique, esthétique, psychédélique, expérimental au sein duquel se bousculaient folk, jazz, rock, country et blues. Pas étonnant que pour concocter cet opus, Mayo Thompson avait reçu le concours de l’intégralité du line up de Pere Ubu ainsi que du saxophoniste de X-Ray Spex, Lora Logic. Manquait plus que Don Van Vliet alias Captain Beefheart, et bonjours la jam psychologique…



Rabbits & Carrots

Soul Latino

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Toujours à la recherche des héros oubliés du continent américain, les activistes de Vampi Soul ont exhumé des limbes l’unique album de Rabbits & Carrots, une formation soul-funk mexicaine fondée par les frères Agüero. Cet elpee était paru en 1969. Il rassemble les reprises de classiques de Jorge Ben (« Pais Tropical »), James Brown, Kool & the Gang, Sly & the Family Stone, Rufus Thomas et même Nino Rota, le compositeur attitré de Federico Fellini. Des relectures souvent instrumentales mais empreintes de personnalité et de sens du groove. Bien que parfois anecdotique (on se perd quelquefois dans la jam funky stérile), cet opus recèle quelques titres dignes d’intérêt. A l’instar de la version espagnole de « Express Yourself », le funky « Las 4 culturas » inspiré de James Brown et le spoken word de « Spill the Wine ».

Dragons

Here are the roses

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Les bras en croix, il a le teint hagard et les membres engourdis, mais concentre la hargne du survivant. Avec une précision chirurgicale, Dragons a fait renaître le spectre des regrettés Joy Division. Ambiance sombre et énigmatique d’où s’élève une voix d’outre-tombe ; la batterie martèle au métronome sur des harmoniques anxieuses et des guitares crispées. L’attente d’un paroxysme annoncé tire l’album dans une urgence souvent jouissive. Malheureusement, le contenu laisse plus perplexe. « Here are the roses » toussote des mélodies avortées. A découvert, il respire plus souvent la copie pâle, affable et surannée. Car à l’opposé d’Interpol et Editors, Dragons perd en singularité autant qu’il excelle en reconstitution. Les plus sceptiques crieront au blasphème ou à l’imposture. Les autres laisseront une chance à ce son puissant et ces références admirables. Les coutures sont solides, la force ne manque pas, mais jamais les balbutiements du disciple n’égaleront la parole du maître. Et aussi fidèles et dévoués soient les deux protagonistes de Dragons, ils effleurent autant l’anachronisme que le génie imitateur. Un album dispensable pour qui n’a pas encore exploré avec zèle les discographies de Joy Division et New Order ; curieux et intéressant pour les insatiables du mouvement, qui y trouveront une explosion de miettes cold wave au goût amer. Non, Ian Curtis n’est pas ressuscité.

Michel Fugain

Bravo & Merci

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A l’heure où Yoko Ono cherche à se façonner une nouvelle crédibilité à l’aide d’une pléiade de featurings allant de Peaches à Craig Armstrong, d’Antony ‘of Antony And The Johnsons’ aux Flaming Lips, Michel Fugain use de ce fameux procédé consistant à faire appel à tous ses amis pour lui écrire un album : Aznavour, Lama, Le Forestier, Adamo, Sardou, Duteil et même Nougaro revenu d’entre les morts. Quel gratin ! Alors, miracle ? Michel marche-t-il sur les eaux ? Fidèle à son image de doux rêveur, à force de jouer avec ‘le robinet à douleur’ -un coup je l’ouvre un coup je l’ouvre pas- ‘je ne parlerai pas de la mort, de la couleur du sang…’, ‘Je dis tout haut que le monde est si beau, l’amour est un sacré cadeau, quel joli mot la vie…’, c’est un jus tiède qui coule sans discontinuer. Va falloir que quelqu’un se dévoue pour éponger. ‘Attablez vous la Terre est servie’, quel rebelle ce Michel ! Quitte à taper dans le nougat et la guimauve, autant se farcir le dernier Henri Salvador.



Esma Redzepova

Gypsy Carpet

Écrit par

Légende vivante de la musique ‘rom’, Esma Redzepova a été baptisée la ‘reine des tziganes’. Elle chante depuis plus d’un demi-siècle. Accompagnée de son mari Stevo Teodosievski, elle a popularisé la musique yougoslave en tournant dans les pays sous le giron soviétique mais aussi les pays ‘non-alignés’. Après la mort de son mari, elle a abandonné l’idée d’entrer dans un couvent et s’est fixée dans une maison luxueuse (qu’elle va bientôt céder à une fondation), au sein de sa Macédoine natale. Au cours de son existence, elle a adopté pas moins de 46 enfants devenus pour la plupart ses musiciens attitrés. Elle a enregistré ce disque en compagnie de sa grande famille, une œuvre qui explore les différents aspects de la musique des Balkans. Elle y adapte des traditionnels, mais s’y réserve également quelques compos originales. Un mélange soigné et brillamment exécuté (accordéon et percus mènent la barque) rappelant parfois la musique orientale, le kletzmer et la culture méditerranéenne. Toute une structure sonore destinée à mettre en exergue la voix impressionnante de la ‘gypsy queen’ dont le style théâtral et très émotionnel rappelle les chants du sud de l’Italie, surtout dans la manière d’allonger les voyelles. Un personnage digne d’un film valant la peine d’être découvert.

Thierry Crommen

Versions originales

Écrit par

Thierry est un musicien belge. Il jouit d’une solide réputation. Agé de 48 ans, c’est un spécialiste de l'harmonica. Non seulement il possède une technique irréprochable, mais il est également très créatif. Son talent et son discernement devraient, sans aucun doute, lui permettre un jour de devenir le digne successeur de Toots Thielemans. Il joue de cette musique à bouche depuis plus de trente ans. Se maîtres répondent aux noms de Toots, bien sûr, mais également de Stevie Wonder et du Français Jean-Jacques Milteau. Il possède l'âme et le cœur du musicien mais sa tête est aussi bien faite, puisque ce psychologue est diplômé de l'université de Liège. De 1988 à 96, il a apporté sa collaboration au chanteur français Michel Fugain. Il a aussi travaillé auprès de nombreux artistes belges, parmi lesquels figurent Fred and the Healers, Clouseau, Froidebise, Pierre Rapsat et Johan Verminnen. Il y a quelques années, il a monté un trio particulièrement apprécié dans l’univers du jazz, en compagnie du guitariste Chris De Pauw et du pianiste Erno. En 2005, le contrebassiste Achim Tang est venu enrichir le line up, qui est ainsi passé à un quartet. Instrumental, cet elpee brille par sa diversité. Les compos sont toujours mélodieuses et les instruments acoustiques sont au service de l'ensemble. Les quatre acteurs manifestent une cohésion irréprochable.

Le chanteur Sanseverino vocalise et joue de la guitare manouche sur "Démolissons les mots", une plage qu’il a écrite avec Thierry. Chris De Pauw signe "Volte-face", une belle occasion pour lui de siéger derrière le piano lors d’un montage instrumental assez complexe, théâtre de changements de rythmes et d'atmosphères multiples. Au passage, Tang se divertit à la basse sur le thème hispanisant créé par le piano. D'une manière uniforme, les mélodies sont riches et accrochent instantanément l'oreille. Le tendre et doux "La marche" en est la plus belle démonstration. "Gigue de Krommenc'h" est issu de la plume de Froidebise. Un morceau allègre qui nous entraîne dans une farandole guillerette bretonne. L’éclectisme de cet opus oscille également entre la légèreté manouche ("Boplubie") au climat oriental. Sur "Zayak", tout d’abord. Un titre hypnotique issu du répertoire de Karim Baggili, un chanteur jordano-yougoslave venu colorer l’expression sonore des cordes de son oud, un luth moyenâgeux! Pour "Hora Lautareasca", ensuite. Sur des accents slaves, Karim invite l'harmoniciste américain Bill Barrett à échanger des phrases à l’instrument chromatique et diatonique. Enfin, pour ne pas oublier son long parcours opéré auprès de Michel Fugain, il accorde une version colorée et très personnelle de "Je n'aurai pas le temps". Une fresque instrumentale de grande qualité!

La Troba Kung Fu

Clavell Morenet

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La Troba Kung Fu a été fondée par l’ancien chanteur de Dusminguet. Un des groupes phare de la scène ‘mestizo’ espagnole. Tout comme Ojos de Brujo. Ce disque voyage au cœur du bassin méditerranéen et un peu au-delà : rumba catalane, musique des Balkans, éléments afro-cubains, percussions orientales, reggae ; le tout joué avec un esprit plutôt rock’n’roll, même si l’auditeur ne rencontrera pas ici de guitares distos, mais plutôt des grattes sèches et des accordéons. Un disque très accrocheur, recelant même un futur tube de l’été, si les radios s’y intéressaient : le sautillant « Calor Calor », dans un style évoquant les Gipsy Kings jammant avec la Mano Negra. Un disque d’été qui arrive au bon moment. Reste à voir si l’hiver va durer jusqu’au mois d’août, cette année.



Shy Child

Noise Won’t Stop

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Dans le passé, ce duo américain a répondu successivement aux patronymes El Guapo et Supersystem. Il vient cependant d’être catapulté comme fer de lance de ce que la presse anglaise a baptisé ‘new rave’. Une nouvelle étiquette un peu vaine pour cataloguer les rockers ne dédaignant pas les pistes de danse ; mais surtout n’hésitant pas abuser des sonorités de synthés qui rappellent parfois les productions dance/électro des années 90, Chemical Brothers en tête. Au delà de cette énième hype, Pete Cafarella et Nate Smith proposent, tout au long de ce troisième album, un mélange musical original : des rythmiques ragga et r’n’b, l’énergie du punk rock, des gros synthés agressifs et acides, une voix haut perchée évocatrice du post punk anglais et même un poème en italien dédié à Fabrizio De Andre’, le Leonard Cohen transalpin (à la fin de « What’s It Feel Like »). Malgré quelques redites, il faut reconnaître que ce disque recèle quelques tueries susceptibles d’ébranler les dancefloors les plus rétifs de notre Occident fatigué. « Drop The Phone », « Generation Y », « Kick Drum » (avec Spank Rock), « Astronaut », « Good and Evil » ou encore « Noise Won’t Stop » constituent une série de titres où l’efficacité n’est pas un vain mot. Dommage que la voix de Pete Cafarella ne soit pas toujours à la hauteur, car elle rend difficile l’écoute de l’album sur la longueur. Hormis cette réserve, on a droit à une synthèse quasi parfaite entre passé et futur, comme si Ian Curtis ne s’était pas suicidé et avait été produit par Timbaland.