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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Chroniques

Tool

Vicarious (Dvd)

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Vaguement annoncé durant le dernier trimestre de l’année écoulée, Tool sort enfin son DVD « Vicarious », qui, écrivons le d’emblée, nous semble un peu light. Véritable entité aux antipodes des clichés les plus éculés du métal, Tool c’est avant tout quatre musiciens qui ont insufflé un souffle nouveau au rock lourd, à tel point qu’il est devenu une des références majeures en cette matière. « Vicarious », premier single extrait de l’album « 10 000 Days », constitue l’unique titre gravé sur ce DVD, dans une version « Extended Cut ». Et le résultat est hallucinant. Chaque clip du combo est comparable à une œuvre d’art. Mais chez « Vicarious », la recherche artistique est poussée à son paroxysme, pour le plus grand plaisir de nos mirettes ! Improbable, incompréhensible, du pur Tool en fait…

Les autres séquences n’intéresseront que les aficionados purs et durs. Beaucoup de bonus visuels, un ‘making of’ du clip, des séquences qui décortiquent l’univers arty du combo, le tout emballé dans un packaging sublime, basé sur le même concept (3D) que l’extraordinaire emballage de « 10 000 Days ». Fort heureusement, le prix de vente de l’objet avoisine les 10 €… Si la beauté de l’objet justifie bien son prix, on attend néanmoins un véritable DVD de Tool, axé sur la dernière tournée par exemple…

Super 300 Blues Band

West Coast Boogie

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Drivé par le chanteur/harmoniciste Brad Radis, Super 300 est un quartet californien au sein duquel militent également le guitariste Jerry ‘Short Dog’ Feldman, le bassiste Allan Hearn et le batteur Jerry Snodgrass. Brad et Jerry jouent ensemble depuis plus de trente ans. Ils ont accompagné Shakey Jake Harris, le pianiste JD Nicholson et Jimmy Witherspoon.

Pour nous mettre en appétit, le quartet s'engage dans son "Super 300 shuffle". L'occasion pour Jerry Feldman de mouliner passionnément et agressivement. Il a beaucoup écouté Kenny Burrell et cela s'entend. Brad donne la réplique à l’harmonica. On distingue nettement son souffle puissant. Musclée, la section rythmique est bien mise en avant pour aborder le "That will never do" de Little Milton. Si le chant de Brad n'est guère exceptionnel, la gratte de Short Dog révèle un musicien accompli, réservé et respectueux. Super 300 puisse aussi son inspiration dans le Chicago blues qui swingue. Ce qui permet à Brad de rendre hommage à ses maîtres. En l’occurrence Sonny Boy Williamson, Junior Wells et surtout Little Walter. Le Super 300 Blues Band reprend le "Crazy mixed up world" de Willie Dixon, "Stop right now" de Sonny Boy ainsi que "Ain't that lovin' you baby" de Jimmy Reed. Mais les deux meilleures covers sont manifestement le "Sugar sweet" de Melvin London (c’est lui qui avait composé "Mannish boy" en compagnie de Muddy Waters et de Bo Diddley) et le "You belong to me" de Magic Sam. Très Southside, la première est imprimée sur un tempo galopant, alors que la seconde a été puisée dans le Westside. Feldman avoue sans ambiguïté son admiration pour les King de la guitare. Et il le démontre en interprétant "Crosscut saw", un des titres-clé du répertoire d'Albert King ; et puis le célèbre "Hideaway" de Freddie King. C’est au "Love her with feeling" du regretté Lowell Fulsom qu’ils empruntent le blues lent. Il existe des centaines de petites formations blues de l'autre côté de l'Atlantique. De toute évidence, pour survivre, le Super 300 BB devrait se forger un répertoire personnel. Ce qu'il réalise sur de trop rares plages. Cependant, l’espoir subsiste, puisque le combo se réserve quand même l’une ou l’autre compo personnelle. Et curieusement, c'est alors qu'il est au sommet de son art. A l’instar des instrumentaux "Ready or not" et "Short Train" sur lesquels Feldman manifeste une sensibilité jazzyfiante avec une certaine classe. Et puis "West coast boogie, un morceau pompé sur un classique ; mais une plage qui déménage et dont les vibrations sont vraiment irrésistibles…



True West

Hollywood Holiday Revisited

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A l’instar de Dream Syndicate, Green On Red, les Long Ryders et Rain Parade, True West était une figure emblématique du mouvement appelé ‘paisley underground’, qui a sévi en Californie au cours des eighties. L’aventure de True West n’a cependant duré que 5 ans (1982-1987) et a d’ailleurs perdu tout son crédit vers 1985, lorsque Russ Tolman, le principal compositeur, a décidé d’embrasser une carrière solo. Cette compilation réunit les deux premiers albums de la formation, c'est-à-dire le mini elpee « Hollywood holiday », l’album « Drifters » (dans son intégralité) et trois démos produites par Tom Verlaine de Television en 1983. Le recueil inclut ainsi l’incontournable reprise du « Lucifer Sam » du Floyd. Parce qu’au cours des trois premières années d’existence, la formation était fort influencée par le psychédélisme. Pas la ‘flower power’, mais un psychédélisme sombre, de mauvaise augure, hypnotique. Celui de Quicksilver Messenger Service, par exemple. Mais aussi de Television. Pensez à « Marquee Moon » ! Chez True West, l’intensité électrique était alimentée par la conjugaison de deux guitares. Celles de Richard McGrath et de Russ Tolman. Des échanges rappelant même le Crazy Horse de Neil Young ou encore les Byrds. Le tout rongé par le vocal dramatique de Gavin Blair. La compile est enrichie d’un booklet réunissant des photos d’archives, mais surtout de notes explicatives.

Think of One

Camping Shâabi

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Les Anversois de « Think of One » sont réputés pour leur capacité à se frotter aux musiques du monde entier afin d’en élaborer une version éminemment personnelle. Grand connaisseurs de culture marocaine, ils ont édité, il y a quelques années, la série « Marrakech Emballage Ensemble » ; trois elpees pour lesquels ils ont reçu la collaboration de musiciens issus de ce pays sis au nord-ouest de l’Afrique. Ils ont interprété et réarrangé quelques titres de ces albums, mais également composé de nouvelles chansons pour ce « Camping Shâabi », un disque très audacieux (et parfois un peu déconcertant) enregistré en compagnie de plusieurs musiciens et chanteurs locaux, mais aussi quelques Belges comme Véronique Vincent, vocaliste des légendaires (et excellents) Tueurs de la Lune de Miel.

Le shâabi est une musique traditionnelle berbère jouée lors des fêtes, et en particulier des mariages. Les Think of One mélangent les rythmes complexes du shâabi au rock lourd (« Hamdushi Five »), au hip hop (« Gnawa Power », « Trap het Af »), à l’électro, au jazz et au  reggae (« Mon verre » et « Mon verre revient »). Un cocktail pas toujours très heureux mais imparable lorsque paradoxalement le format ‘chanson’ est adopté. Les paroles décalées de David Bovée s’accordent alors à merveille aux chœurs d’Amina Tcherkich et Lalabrouk. Les histoires contées dans « Où tu vas », « J’étais jetée » ou « Mon Verre » acquièrent alors un fameux pouvoir d’évocation. On épinglera également le magnifique « Sharia Orabi », le meilleur titre du lot, qui transporte Nino Rota dans cette région du Maghreb.

Guns of Brixton

in.dub.out

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Comme le nom du groupe l’indique, ces Caennais doivent faire partie des ces punk rockers appréciant les rythmiques chaloupées du reggae. Ou plutôt du dub… Aux roucoulades romantiques du ‘rocksteady’ (pour lesquelles on avouera un faible), les Français préfèrent les vibrations profondes du dub, tel qu’il était pratiqué à l’acmé du roots reggae : minimal et noyé sous les ‘reverbs’ à ressort. Pour concocter leur deuxième disque, les Guns of Brixton ont mélangé mélodies et guitares inquiètes du post rock (en y ajoutant un soupçon de hardcore et de rock gothique) aux gimmicks rythmiques et soniques du reggae. Hormis le lumineux « Sachem in Russia », l’atmosphère est pesante. Le ton est donné par « Devant leurs yeux », un instrumental épinglant le témoignage d’une rescapée de l’holocauste. Le reste est à l’avenant ; et on déplorera un certain manque d’humour, comme sur le titre « 911 » ou l’incongru « 8 minutes en Corse ». Ce recours systématique aux extraits de discours tirés de films ou de journaux télévisés finit, à la longue, par devenir lassant… Reste un savoir-faire prometteur dans la confection d’objets sonores intéressants, comme lors de l’introduction apocalyptique du bien nommé « Train fantôme ». On conseillera donc cette œuvre aux fanatiques de post rock ; les mordus de reggae risquant de ne pas y trouver leur compte.

 

 



David Leon Band

David Leon Band

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Le David Leon Band est une de ces multiples formations anonymes mais talentueuses issue d’outre-Atlantique. Un quatuor établi très exactement à Azusa, en Californie. L’album démarre en force par "A woman", un shuffle à la Louisianaise. David possède le timbre vocal languissant des chanteurs de swamp blues. Ceux nés du côté de Baton Rouge. Il est même ici fort proche de celui de Lazy Lester. Et ses interventions sensuelles à l’harmonica flirtent avec les aigus. Bien posée, cette voix nous transporte dans le quartier sud de Chicago. Il peut aussi la forcer sans la déchirer, et même être réincarnée par Howlin’ Wolf tout au long de "Howlin’ for my baby". Nous restons dans la cité des vents. Cet organe devient chevrotant pour aborder "Everything's gonna be alright", un classique au cours duquel Billy Bates se révèle un partenaire de choix sur les cordes. Discrètement d’abord. Autoritairement ensuite, s’autorisant même un envol significatif. Dans le pur style West Coast, ses cordes attaquent "Love ya". Billy est désormais chauffé à blanc et se prend même pour le grand Hollywood Fats. Quel panache ! "Too much" opère un retour à la case départ tout au long de ce shuffle puissant. Wayne Hutsell et Lee Campbell constituent la section rythmique. Elle édifie une trame d'acier pour soutenir notre David dont la performance vocale est vraiment remarquable. Nous sommes transportés sur les routes poussiéreuses du Sud, quelque part entre la Louisiane et le Texas. Le rythme a pris possession des lieux. Il fortifie au contact de "Pretty baby". Bates agrémente de courtes phrases, sa ligne rythmique forte pour annoncer un envol attendu et qui, en effet, ne se fait guère attendre. David n'en demandait pas plus pour rugir comme un lion dans son harmo. Billy saisit son bottleneck et se met à caresser les cordes en slide sur le notoire "I gotta move". Au passage, il nous dévoile toutes les ficelles du livre de recettes d'Elmore James. Le rythme persiste lors du tonique "Rock therapy", une plage signée de leur plume. Le DLB opère un dernier retour à Chicago, dans le Westside, pour retrouver l'ombre du regretté Magic Sam. Et leur version d’"Easy baby" tient la route. Une route que la formation nous invite à prendre à bord de leur "Buick 59", une bien belle machine reproduite sur la pochette. Et au sommet de son art, Billy Bates ne veut plus quitter le devant de la scène. Quoique un peu trop court, cet opus est de bonne facture. Sans être des virtuoses, mais sans pour autant manifester une prétention déplacée, les musiciens ne trahissent guère de faiblesse…

Strings of Consciousness

Our moon is full

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Par une nuit de pleine lune, plusieurs duels semblent se livrer sur les toits d’une ville fantôme. Clarinette, guitare, contrebasse, saxophone, sons électroniques ou industriels… Quand l’un s’apprête à faire mouche, il en est toujours un autre pour prendre part au combat. Et le suspense de s’intensifier, encore et encore. Le ton monte ; le quasi-silence laisse la place à une lente montée en force. Quand la batterie, soudain, les prend par revers. Acculée, la guitare électrique montre les crocs. Les titres ont beau se succéder, on sent que ce n’est pas fini. Des voix graves à la Waits ou Cohen jouent tantôt le rôle d’arbitre, tantôt foncent dans la mêlée. Qu’elles soient plaintives, criardes, sombres, apaisantes ou même absentes, elles alimentent le jeu de manière soutenue. « Our moon is full », premier album du collectif Strings of Consciousness a de quoi capter l’attention. Non seulement par sa musique, mais aussi par l’étrange composition de ses membres, basés aux quatre coins du monde (USA, Grande-Bretagne, France). Si cet album a été enregistré en plusieurs étapes –grâce à Internet– il ne perd rien en qualité. Au contraire. Retravaillé sans cesse, « Our moon is full » est une vraie réussite de Strings of Consciousness.

Erik Levander

Kondens

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Erik Levander termine actuellement ses études d’architecture à Copenhague. Le Suédois est visiblement passionné par cet Art qu’il conçoit déjà. Mais pour la circonstance, sous la forme de construction sonore. Le romantisme ténébreux et mystique semble être sa muse. Et son second opus en est la plus belle illustration. A l’instar d’Efterklang, groupe très proche de l’artiste, Erik milite au sein de l’écurie Rumraket. Un choix guidé par une envie de créer sa musique dans des conditions optimales. Tout comme ses condisciples danois, Erik se complait dans la mélancolie et l’abstraction. Il injecte ainsi à l’aide de son ordinateur, une sensibilité unique, palpitante, née de minuscules beats cérébraux. Une œuvre qui brille de mille feux, éclairant une voie obscure destinée à nous conduire vers un univers typiquement scandinave, paradoxalement glacé et passionnel, envoûtant et hypnotique, mais surtout empreint de douceur et d’apaisement.

Enregistré entre 2004 et 2007, « Kondens » ne se contente cependant pas de s’alimenter à l’électronique. C’est ce qui fait sa richesse. Guitares, piano, et clarinette viennent ainsi donner de l’amplitude à l’expression sonore, compensant ainsi une certaine langueur voire de la récurrence. Et la combinaison de tous ces éléments conduit souvent à des moments de magie, voire de beauté saisissante. Difficile d’ailleurs de comprendre ce Levander lorsqu’il affirme être influencé par des formations comme My Bloody Valentine ou encore Sonic Youth. Une chose est sûre, cet artiste hors norme vient, en commettant de « Kondens », de faire un grand pas dans le monde du lyrisme électronique…