La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Chelsea Light Moving

Chelsea Light Moving

Chelsea Light Moving c’est le nouveau groupe fondé par Thurston Moore, l’ex-leader de Sonic Youth. Et manifestement, après avoir écouté cet album, on pense immédiatement à… Sonic Youth. Evidemment, c’est quand même lui qui a forgé le son du défunt groupe mythique, alors qu’est-ce qui l’empêcherait de poursuivre son développement. En outre, il faut reconnaître que le dernier elpee solo de Lee Ranaldo ne casse pas des briques. Quant à Kim Gordon, elle est retournée faire du noise avant-gardiste dans une cave, au détriment de nos oreilles…  

Moore avait déjà tenté quelques aventures en solitaire. « Trees outside the academy » et « Demolishes thoughts » ne manquaient pas d’allure. Aussi ce n’est pas trop grave s’il laisse les boutons de distorsion de ses guitares faire des heures supplémentaires. Et si le résultat doit ressembler à du Sonic Youth, pourquoi pas, puisque dans le style, il n’a aucun rival…

Sur cet opus, la gratte de Moore emprunte parfois des riffs particulièrement puissants, des riffs dignes du stoner de Karma to Burn (« Sleeping were I fall », « Alighted »). Plus punk, « Lip » marche un peu à contre-courant. Et il semble que Mike Watt et son Minutemen se sont joints à la partie. Le reste du long playing recèle tous les meilleurs ingrédients made in Sonic Youth. Les sonorités grincent, déchirent, troublent et instinctivement retrouvent leur fil mélodique, même si ce fil est tellement fragile…  

Le disque s’achève par « Communist Eyes » une petite bombe corrosive, caustique, un morceau plutôt court de lo-fi punk qui reflète les pulsions juvéniles du rebelle Thurston Moore.

Chelsea Light Moving lui permet en tout cas de souffler sur les braises de son univers post Sonic Youth…

 

John The Conqueror

John The Conqueror

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Prince africain, John the Conqueror aurait été vendu comme esclave. Il est ainsi entré dans la légende afro-américaine. On l’associe à John the Conqueroo dont les pouvoirs magiques sont associés à la tradition hoodoo ; en fait, il s’agit de racines de plantes (ipomoea jalapa) aux vertus psychédéliques. Ce thème revient régulièrement dans les lyrics des bluesmen. John the Conqueror est également le patronyme choisi par deux cousins originaires de Jackson (NDR : c’est dans le Mississippi), Pierre Moore et Mike Gardner, pour leur formation. A l’origine, le band se limitait à un duo, Pierre aux guitares (NDR : c’est également le producteur et le principal compositeur) et Mike à la batterie. Ce n’est que bien plus tard que la paire va engager un bassiste, issu de Philadelphie, Ryan Lynn. Leur style ? Un cocktail de southern rock qui a bercé leur enfance, du punk qui a marqué leur adolescence, mais aussi de blues et de soul. Ils mettent en boîte deux EPs. De quoi attirer l’attention de Patrick Boiselle, le responsable d'Alive Natural Sound. Ce qui leur permet de graver leur premier long playing officiel.

"I just wanna" s’ouvre comme une work song. Des voix a capella sont soutenue par quelques percussions avant qu'une guitare largement amplifiée n’opère son entrée. Nous sommes alors plongés au sein d’un blues rock d'excellente facture, au cours duquel les percussions de Mike Gardner libèrent toute leur intensité, pendant que les conquérants chantent en chœur. Puissante, "Southern boy" est une plage caractérisée par des sonorités très électriques et des percussions tribales. Entraînants, les vocaux de Pierre dominent cependant le sujet. Imprimé sur un tempo lent, "Lucille" est une ballade découpée par une rythmique quasi reggae. La voix se détache nettement de l’ensemble, malgré le riff implacable. Blues rock classique, "All alone" évoque l'ancienne école anglaise, et tout particulièrement le Free de Paul Rodgers, même si Conqueror prépare le tout à sa propre sauce. Ballade soul, "Time to go" révèle des accents Stax. Un morceau dépouillé à l'extrême. La voix de Pierre est naturelle, limpide et empreinte d’une grande sensibilité. Mais soudainement, le rythme change et adopte le profil d’un rock/soul à la Faces. De bonne structure, "Say what you want" et "Come home with me" constituent des rockin' blues qui font mouche. Particulièrement originale, "Letter of intervention" est une compo sculptée dans le rock ou plus exactement le southern rock austère, presqu’écrasant. Un poids répercuté, en bonne mesure, sur "Passing time".

 

Hanne Hukkelberg

Featherbrain

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Totalement ignoré par la presse internationale, « Featherbrain », quatrième long-playing de la musicienne norvégienne, appartient certainement aux curiosités cachées de l’année 2012 et peut même être signalé comme l’un des albums pop-rock les plus surprenants de cet exercice.

Perdue dans un tourbillon musical scandinave qui ne cesse de produire de plus en plus d’artistes, Hanne Hukkleberg se distingue pourtant comme l’une des figures de proue de cette nouvelle génération de musiciens issu du Nord, depuis la sortie de son premier Ep en 2003 (« Cast Anchor ») et rapidement confirmé par un étonnant premier album en 2004 (« Little Things »).

En publiant cette cinquième réalisation, la chanteuse-compositrice norvégienne s’élève, cependant, au sommet de son art. Un douze titres sur lequel chaque microsillon s’enchevêtre parfaitement pour filer une toile d’une densité exceptionnelle de texture. Un ensemble riche, luxurieux, construit de mélopées mélancoliques et potentiellement infinies qui dérangent les tympans. 

On pourrait se laisser glisser sur la pente de la facilité, succomber à la tentation des comparaisons convenues et raccrocher les compos de la jeune diplômée du conservatoire d’Oslo aux wagons Stina Nordenstan, Björk, Emiliana Torrini ou encore Soap&Skin. Pourtant, le monde de Hanne est bien incontestablement singulier et nous réjouit de solides compositions aux structures audacieuses. Une instrumentation dérangeante aux sons coupés, déchirés, qui parvient à tisser une atmosphère souvent inquiétante et imprévisible. Tout au long de ce disque, abondent, fourmillent, se télescopent, l'imagination, l’excentricité, la subtilité, l'audace et la délicatesse ; la noirceur et la vitalité, la retenue et l'exubérance.

Typiquement nordique dans ses ambiances, singulièrement expérimental, se jouant des styles et des conventions, chaque titre est unique. Les tonalités sont continuellement modifiées et il serait inutile de chercher deux chansons au même niveau d'intensité. Un quatrième essai sorti de l’imagination créative de l’artisane norvégienne qui se distingue par ses structures  ingénieusement bricolées sur lesquelles elle n’hésite pas à user et d’abuser de sonorités incongrues : bruits de chandeliers, sonnettes de bicyclettes et autres ronronnements de chat...

« My Devils » sombre d’ailleurs rapidement dans des mélodies étranges, des airs entre insouciance et sérénité, nous rappelant sans cesse et sans concession, aux profondeurs de son identité nordique. Un morceau au chant parfumé de la robotique de Karin Andersson Dreijer (The Knife) et de la tessiture décontractée de Phil Elverum (The Microphones). Quant à « The Bigger Me », morceau qui aurait très bien pu être enregistré dans une cuisine, il s’agite d’un dépouillement bricolé et fait écho à des percussions de bocaux, de casseroles et à des sifflements de bouilloire. « Erik », piste de clôture, brille encore d’excentricité et contraste complètement avec le reste de l’album. Un titre qui nous offre un insolite et improbable duo chanté en norvégien par Hanne Hukkelberg et Erik Vister, illustre inconnu de 88 ans, et accompagné de quelques notes intemporelles sorties d’un vieux piano désaccordé. Un duo intergénérationnel surprenant.

Hanne Hukkelberg, une artiste qui n’a pas fini de nous étonner.

 

Cornershop

Urban Turban

Écrit par

Réunion disparate de titres pour la plupart collectés sur leur propre site en offrande à leurs fans, cet opus des Londoniens suit le très jouissif « Judy Sucks A Lemon For Breakfast »,  paru en 2009.

Intervalle où le groupe s’est donc essayé avec plus ou moins de succès à différentes sauces, Talvin Singh son leader-chanteur ne prêtant sa voix qu’à de brèves occasions.

Collaborations multiples et éternelle insouciance face au fric business transforment donc ce recueil en un énième coup de pied (de leur part) aux us et coutumes d’un milieu se prenant trop souvent au sérieux.

Rois incontestés de l’Hindie Pop, Cornershop tâte donc aussi bien des tablas que du Disco Funk Baba Kool & The Gang avec panache et désinvolture.

Les titres soulignent la fantaisie Pythonesque de ce groupe hors norme (« Beacon Radio » par exemple) où les invités apportent cette petite pincée de sel qui fait prendre le curry (« Soko ») ou le rendent indigeste de second degré (Céleste sur l’improbable « Non Stop Radio »).

La démarche est louable, le résultat parfois laisse à désirer, mais l’esprit iconoclaste reste le maître mot de ces Paki du coin qui font la nique aux supermarchés.

 

The Bluesbones

Voodoo Guitar

Écrit par

Bien que nouveau groupe belge, The Bluesbones est né sur les cendres deux formations défuntes. Le chanteur Nico Decock et le guitariste Andy Aerts sont issus The Blues Conspiracy. Le bassiste Ronald Burssens et le batteur Dominique Christens de Cora Lee and No Trouble. Le line up a, en outre, intégré un tout jeune gratteur de moins de vingt ans, Stef Paglia. Quintet, The Bluesbones pratique un powerblues rock largement amplifié, dans l’esprit des Anglais de Danny Bryant Red Eye Band.

Superbe boogie, "Cruisin" est imprimé sur un tempo très rapide. Nico chante, mais les guitares ne lui laissent guère le temps de s'exprimer. Elles s'abattent comme un torrent de cordes… Long blues lent, le titre maître adopte un profil dramatique. A cause de la progression des six cordes, dont la montée en crescendo est chargée de sensibilité et d’intensité. Autre boogie, "Allergic to work" est une plage dynamique, propice à la transposition en live. Nico se lâche. Sa voix est grave. Il semble possédé… Encore un blues lent : "She's got the devil". Les riffs sont lourds. Dès que Nico s'éloigne du micro, le soliste récupère les événements. Il s'impose même. Ses interventions montent progressivement en puissance. Il dégote même les notes meurtrières, communiquant un climat tragique à l’ensemble. Et finalement, la voix parvient à reprendre le dialogue avec les riffs surpuissants. Une formule dont les Bones semblent s’accommoder. Pas question de délicatesse chez les Bluesbones. Ce n’est pas leur style ! Leur énergie est dévastatrice et leurs compos terriblement efficaces. Sur scène, leur prestation doit remuer les tripes. Rockin' blues, "Mr Highwayman" est issu de la plume de Howlin' Wolf. Une piste évoluant sur un mid tempo, mais particulièrement offensive. Si les musicos étaient américains, ils seraient certainement issus du Sud. "Believe me" donne un coup d'accélérateur. Indolente, très mélodieuse, cette plage lorgne à nouveau vers le southern rock de Danny Bryant. Conjuguées en harmonie, les grattes libèrent des sonorités limpides, dignes de Wishbone Ash. Ce qui n’empêche pas la voix de Mr De Cock de tirer son épingle du jeu. Percutant, "Depression" est balisé par la slide. Cette œuvre s’achève par une version ‘Symphonic’ (?!?!?) de leur "Believe me". Une adaptation empreinte de douceur, parcourue par des accords de piano paisibles. Les ivoires talonnent la voix de Nico qui s'épanouit dans ce climat où les cordes ne lui volent enfin plus la vedette. 

 

Anstam

Stones And Woods

Écrit par

Projet nébuleux et jadis bicéphale, Anstam est aujourd’hui ancré dans l’identité de Lars Stöwe et lui colle à la peau comme le beat au cœur de clubbers.

Etat des lieux d’un mouvement en perpétuelle évolution, « Stones And Woods » pose la question d’un renouveau dans le monde de l’Electronic et apporte son lot de réponses toutes plus pertinentes les unes que les autres.

Reflet d’une ville érigée en La Mecque du genre, cet album propose une descente vertigineuse dans les limbes d’un Berlin sombre et fascinant.

Démarche intellectuelle certes, mais sans une once d’ennui.

Les neuf titres ici présents offrent une vision remarquable et panoramique d’un genre multiple, qui du Dubstep à la Jungle minimale étend ses tentacules sur la mégapole souterraine.

Aucune texture ne sert ici de tape-à-l’œil, aucun son n’est gratuit. Un résultat qui marie la perfection clinique des machines aux émotions les plus humaines.

Un hybride qui loin d’être monstrueux, révèle ses parts de rêves.

 

The Alvaret Ensemble

The Alvaret Ensemble

Écrit par

The Alvaret Ensemble est un collectif réunissant des musiciens issus d’Angleterre et des Pays-Bas. Avant de monter ce projet les musicos avaient roulé leur bosse dans de nombreuses formations méconnues du grand public. Greg Haines (piano), Jan Kleefstra (voix), Romke Kleefstra (guitare) et Sytze Pruiksma (percussions) forment le noyau de cet ensemble. Pour enregistrer cet opus, ils ont invité quelques collaborateurs, dont Peter Broderick que l’on a notamment pu apercevoir aux côtés d’Efterklang.

Ce double album a été immortalisé dans une église berlinoise, en trois nuits. Ode au silence, la musique y est avant tout contemplative. Chaque musicien prend son temps pour venir placer sa ligne musicale. Les morceaux durent au minimum cinq minutes et, en général, le ton est plutôt monocorde. Puis au sein de cette ambiance paisible et lunaire, Jan Kleefstra vient réciter des poèmes récités en frison (langue pratiquée au Nord des Pays-Bas et un peu en Allemagne).

Ce type de création est destiné à un public averti. Soit elle vous paraîtra d’un ennui mortel, soit vous y trouverez une certaine sérénité. Dans le second cas, vous aurez l’impression d’entrer dans un univers où le temps semble s’être arrêté…

 

Various Artists

Alive at the Deep Blues Festival

Écrit par

Alive Natural Sound est un label californien particulièrement dynamique. Au cours des deux dernières années, il a publié toute une série d’albums intéressants, dont ceux de Swamp Dogg, André Williams, Buffalo Killers, Plimsouls, T-Model Ford, Black Keys, Left Lane Cruiser et plus près de nous, John The Conqueror. Le plus souvent ses artistes pratiquent une musique alternative, fruit d’un cocktail de rock, de blues et de psychédélisme. Cette compile a été immortalisée en ‘live’, lors du Deep Blues Fest de Bayport (NDR : c’est dans le Minnesota) qui s’est déroulé au cours de l'été 2012. Un festival ‘underground’ qui réunissait notamment sept groupes ou artistes de l’écurie en question.

Relativement notoires, les Buffalo Killers ouvrent les hostilités. Leur son nous replonge dans les sixties. Les voix des frères Gabbard évoquent Steve Stills et Neil Young. Et "River rock" en est une belle illustration. Long blues, "It's a shame" est hanté par le Cream de Bruce, Clapton et Baker. Les musicos affichent une cohésion parfaite. La compo tient parfaitement la route. Mark ‘Porkshop’ Holder apporte sa teinte bleue, à l’aide de son harmo…

Le rock sans concession de Lee Beans III & The Glory Fires véhicule des accents punk. Dévastatrice, sauvage, métallique, la musique de ce combo issu de l’Alabama semble contaminée par la scène de Detroit issue des 60’s (Stooges, MC5). "There's bomb in Gilead" et surtout "The red, red dirt of home" en sont de belles illustrations…

Autrefois, Brian Olive sévissait comme guitariste chez les Greenhorns et Soledad Brothers. Il a décidé de se lancer dans une carrière individuelle. Son univers musical est passionnant. Il puise ses références dans le passé. Dans le rock, le southern soul de Stax et le blues, essentiellement. Mais il parvient à créer une mixture homogène. Rafraîchissante, habilement interprétée, elle s’appuie sur une section rythmique de choc, un orgue Farfisa aux sonorités délicieusement désuètes et une guitare bien sentie. Boogie, "Travelling" est imprimé sur un tempo haletant. Voix envoûtante et guitare au son ‘fuzz’ irrésistible alimentent le blues lent,  "Bonelle"…

Le rock, le blues et le psychédélisme nourrissent Radio Moscow, une formation issue de l'Iowa. A la tête du combo, le chanteur/guitariste Parker Griggs. Il écrase ses pédales wah wah en pensant sans doute à Jimi Hendrix, n’hésitant pas à en remettre une couche. Son trio dévaste tout sur son passage. Son garage est hypnotique, acide, saturé de fuzz. Et la formation le démontre sur les deux plages qui lui sont réservées, "Hold on me" et "Little eyes".

Left Lane Cruiser nous vient de l’Indiana. Un duo responsable d’un boogie blues punk infernal. Il sort tout ce qu’il a dans le ventre pour attaquer "24 hour blues". Le tandem a invité deux potes pour nous asséner une version ‘décoiffante’ du classique "Ramblin' on my mend". Pas de doute, après avoir entendu ces deux titres, les pionniers du blues ont du se retourner dans leur tombe!

Un seul morceau pour John the Conqueror. Dommage, car le trio, en ‘live’ a vraiment la pêche. Son blues rock inspiré par le british blues du passé est excellent ; d’ailleurs l’impact causé par "Three more" est bien plus percutant que sur disque.

Aled et Brenning Clifford se chargent de la finale. Un duo de frangins gallois. Le premier se charge du chant et de la guitare, le second des percus. La paire est réputée pour ne faire aucune concession. Leur attaque est permanente et excellente. Exquis, "Be your own invention/Stranger dig" est un boogie digne de Rory Gallagher et ZZ Top. Rockin’ blues zeppelinesque, "Hanry's Funeral shoe", constitue leur morceau de référence.

 

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