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Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Afghan Whigs
Chroniques

Wo Fat

The black code

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Les prémices de Wo Fat remontent à 2003, lorsque le guitariste Kent Stump se joint au bassiste Tim Wilson et au batteur Michael Walter. Le trio a un but commun : créer une musique féroce, puissante et lourde. Et pour y parvenir, il va puiser dans la quintessence de l’œuvre de Black Sabbath et Jimi Hendrix. Le combo est texan. Il est établi du côté de Dallas, à l’instar de ZZ Top. Pas étonnant dès lors que les racines southern rock soient bien présentes, tout comme le feeling bluesy. Il pratique du psyche-doom-adelic, se réservant une liberté totale d’improvisation ; un peu comme un jam band biberonné au stoner rock. Il avait publié son premier elpee en 2006, "The gathering dark". Un disque suivi par "Psychedelonaut" en 2009 et "Noche des Chupacabra" en 2011. Wo Fat est signé chez Small Stone. Et au vu du style proposé, ce n’est guère surprenant. En observant la pochette de ce "Black code", on a l’impression d’entrer dans un univers sidéral, lugubre et peu accueillant.

L’elpee est découpé en cinq longues plages. "Lost highway" nous précipite immédiatement dans un monde terrifiant, implacable. Les riffs sont écrasants. Les trois musicos manifestent une cohésion sans faille pour alimenter cette lame de fond dantesque. Le spectre de Black Sabbath est bien présent, c’est une certitude, même si le combo possède sa propre identité. Pas de hurlement intempestifs, mais une sensibilité autant métallique que dramatique ; et la voix de Kent s’inscrit parfaitement dans ce contexte. Caractérisée par ses changements de rythme, la structure de cette plage est complexe. Sa progression est indolente mais savamment orchestrée, jusqu’au moment où les cordes décident de s’échapper, telles des bêtes sauvages qui défoncent (les pédales ?) tout sur leur passage. Ce mal de vivre s’accentue encore tout au long de "The black code". Un code noir bien de rigueur alimenté par des cordes déchirées, triturées, agonisantes, décrété sur un tempo aux accents blues. Décharnée et glauque, la voix adopte le timbre d’un célèbre concitoyen, Billy Gibbons. Le choc des générations est impitoyable. Stump lutte à l’aide de ses cordes. Pendant près de 10', la pression exercée sur la pédale wah wah est impitoyable. Et "Hurt at bone" ose pousser le bouchon encore plus loin, si c’est encore possible. Pour la circonstance, Stump percute stoner rock et Mississippi blues basique, en se servant d’une slide qui n'est pas parvenue à fuir à temps. Une recette rappelant le Led Zeppelin des grands jours. Faut croire que Kent a du rêver de Jimmy Page, au cours des nuits qui ont précédé les sessions d’enregistrement. Nos trois rockers empruntent leur vaisseau spatial pour se rendre sur le nouvel astre, là où règne déjà le ‘sabbat noir’. Ce périple est reproduit tout au long de la longue introduction instrumentale de "The shard of Leng". A leur arrivée, ils y constatent que les débordements lysergiques sont d'une intensité inouïe. Wo Fat nous abandonne à notre cauchemar après s’être enfoncé dans une forme de sommeil particulièrement agité ("Sleep of the black lotus"). Pas de répit ni de repos sur cet opus, mais un voyage au cours duquel on a l’impression de vivre des moments de peur, d’angoisse, de torpeur et même d’agression. Et pourtant, cet album est superbe…

 

Niagara (Italy)

Otto

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Non, il ne s’agit pas ici du duo pop frenchie des 80’s coupable des acidulés « L’Amour à la Plage » ou « Tchiki Boom », mais d’un autre duo, transalpin cette fois, qui publie son premier album. « Otto », à l’instar du nombre de morceaux proposés sur cet elpee, est le fruit des expérimentations menées par les Turinois David Tomat (Tomat, Gemini Excerpt) et Gabriele Ottino (Milena Lovesick, Gemini Excerpt). Le duo nous y propose un mélange de pop expérimentale, d’electronica et de rock psyché, cocktail qu’il décrit comme de l’‘avant-psych-tronica’… Difficile de dire si cette définition absconse a la moindre signification, mais il recèle une véritable pépite. En l’occurrence « Seal », une plage caractérisées par ses harmonies West coast, des interventions de mandoline et des clappements de mains irrésistibles. Autres compo intéressante, « Watershipdown », une piste qui conduit à l’univers détraqué des Flaming Lips voire d’Animal Collective. Si parfois Niagara s’égare dans de vaines élucubrations (« Galaxie Glacier »), le groupe s’en sort en général avec les honneurs. Pas un ‘Otto’ mais un bon ‘Sette’ ! 

 

Savages y Suefo

Worldstyle

Écrit par

Il faut un début à tout… et la chronique de « Worldstyle » de Savages y Suefo constitue ma première incursion au sein de l’univers musical hongrois. Mais si la formation est issue d’Europe de l’Est, son album aurait pu être enregistré n’importe où autour du globe !

« Worldstyle » porte bien son nom tant il mixe les influences. Ce duo de DJ issu de Budapest passe sans vergogne des rythmes sud-américains (« Tequilla Man », « En La Orilla Del Danuvio »), au reggae (« Our World Our Style ») en transitant par les mélodies moyen-orientales (« Kali’s Kiss ») et l’inévitable Klezmer. En bref, il mélange tout ce qui lui passe par la tête. De nombreux guests ont participé aux sessions d’enregistrement. Afin d’explorer encore davantage de styles. Au risque de friser l’indigestion. Dont un MC uruguayen répondant au pseudonyme de Gaucho. Les deux acolytes affichent également ce petit côté électro-swing cher à Caravan Palace (« Baby Gone », «  Black Cat Jive »). Ce type de cocktail devrait cependant faire des ravages en ‘live’, et notamment lors du Sziget Festival cet été.

 

Carina Round

Tigermending

Écrit par

Carina Round a enregistré son nouvel opus dans Midland natal. Il s’intitule « Tigermending ». Et il s’agit seulement de son quatrième, en 12 ans de carrière solo. Le précédent, « Slow Motion Addict », remonte d’ailleurs à 2007. Faut dire que l’Anglaise est en effet très occupée. Elle participe aux tournées de Puscifer (un projet monté par Maynard James Keenan de Tool), des Twilight Singers, comme choriste ou milite sein des Early Winters, son projet de country alternative. Finalement, elle est particulièrement active. Une situation qu’explique plus que probablement son riche carnet d’adresses. Ainsi, pour concocter cet elpee, elle a reçu le concours de Dave Stewart (Eurythmics), Brian Eno (« The Secret of Drowning ») ainsi que Billy Corgan (« Tigermending »).

A première écoute, manifestement, il y a du Tool dans la musique de Carina Round. Pas vraiment étonnant ! Ses compos se révèlent ainsi très souvent ouvertement rock (« Girl and the Ghost », « You and Me ») ; mais cette tête brulée insulaire n’hésite pas tenter des expérimentations instrumentales, procurées par des accords de basse distordue, de pizzicato et de riffs de guitare désaccordés (« Weird Dream »). Quand au single qui ouvre l’elpee, « Pick Up the Phone », il lorgne plutôt vers l’univers de The Kills voire de PJ Harvey. On passera sous silence les trois dernières plages, pas vraiment indispensables, pour nous arrêter aux huit autres, à la fois captivantes et surprenantes. Elles nous démontrent que nous sommes en présence d’une artiste talentueuse qui ne manque pas d’audace…

 

Planks

Funeral Mouth

Écrit par

En optant pour un titre d’album aussi joyeux, Planks nous donne instantanément la couleur de sa musique. Elle sera sombre. « Funeral Mouth » baigne dans le sludgecore, un style ténébreux, atmosphérique, puissant, reflet d’un profond désespoir. Cette formation allemande combine les salves vocales gutturales aux longues déchirures post-métalliques entretenues par les riffs de gratte et la double grosse caisse. Tout en préservant cependant le sens mélodique. Les fans de Titan et de Neurosis devraient apprécier cet elpee. D’autant plus que le band a le mérite de respecter les codes du genre avec brio, mais aussi une belle palette d’émotions. Mais des émotions paralysantes, glaciales, susceptibles de nous projeter dans un climat de fin du monde, celui qui sort d’ailleurs de leur « Funeral Mouth »…

 

Nite Jewel

One Second Of Love

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Nite Jewel est né à l’initiative de Ramona Gonzalez, résidente permanente de Los Angeles, et dont l’aventure démarre en 2009, lorsque le label Italians Do It Better, maison hébergeant les hautement recommandables Chromatics et Glass Candy, jette son dévolu sur le travail de la brunette. C’est ensuite auprès de Secretly Canadian que celle-ci déploie ses ailes, en publiant d’abord « Good Evening », également en 2009, puis le petit dernier, « One Second Of Love », son second LP. Un disque bien à l’heure, puisqu’en étalant ses connaissances Pop par-dessus ses influences R’n’B, la demoiselle s’intercale sans difficulté entre des Jessie Ware, Solange et autres AlunaGeorge. 

Tandis que les uns font le buzz, Nite Jewel reste à la traîne. Et Gonzalez ne peut s’en prendre qu’à elle-même. Les 10 morceaux de ce « One Second Of Love » se suivent et se ressemblent comme des militants anti-mariages pour tous. Et, comme ces derniers, la Californienne n’a pas peur de passer pour une casse-couilles. A titre d’exemple, cet « Unearthly Delights » totalement insipide et « Autograph », influencé par le R’n’B des nineties, et pas le meilleur… Seul répit de cette galette sans saveur, le morceau « Memory, Man », qui épargne à nos pitites oreilles l’abus de reverb’ de la demoiselle.

 

Jil Is Lucky

In the tiger's bed

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Groupe formé autour de Jil Bensénior, Jil is Lucky nous propose son second elpee. Il fait suite à un premier opus éponyme paru en 2009, dont le single « The Wanderer », avait rencontré un certain succès chez nous. Il avait notamment servi de bande sonore à une pub pour Kenzo. Entre ces deux albums, Jil et ses acolytes ont pas mal bourlingué. Ce qui leur a permis de se poser pour accoucher de ce deuxième essai, intitulé « In the Tiger’s bed ». Le titre du disque ainsi que l’artwork seraient directement inspirés d’un voyage accompli par le Français, en Inde. Au cours de ce trip, il se serait trouvé quasiment nez à nez avec un tigre (et oui, celui de l’album). Par la suite, cet épisode va lui rappeler un autre voyage spirituel, réalisé antérieurement sous psychotropes. Et c’est la conjugaison de ces deux épisodes qui va lui donner l’illumination pour composer les morceaux de ce long playing, le tigre incarnant ‘une métaphore de son surmoi’. C’est pour la petite histoire. Maintenant, il ne reste plus qu’à savoir, si cette source d’inspiration a produit ses effets ; et c’est bien là que réside l’essentiel.

Première observation, les grattes acoustiques ont été majoritairement remplacées par des synthés. On a même parfois droit à du vocodeur. Parmi les références majeures citées par le Français, on a du mal à repérer celles relatives à Otis Redding et Léonard Cohen ; par contre, celles qui renvoient aux Beach Boys sont clairement identifiables (notamment les chœurs sur « Insomnia »). Par contre, il est certain que le fameux félidé s’est adapté aux conditions de vie contemporaines, se nourrissant même de MGMT et de ses dérivés. Seconde constatation, les compos affichent un sens mélodique aiguisé. Taillées dans la pop, les chansons sont contagieuses et font mouche à chaque fois. D’ailleurs les dix plages de la plaque pourraient toutes être traduites en single.

Si « In the Tiger’s Bed » n’est pas fondamentalement original, son écoute s’avère très agréable. Il aura donc fallu que Jil vive ces belles mais dangereuses aventureuses, pour être touché par la grâce. Néanmoins, la prochaine fois, il a tout intérêt à éviter d’affronter en direct de tels fauves, car à force de défier la chance, elle finit par vous abandonner. 

Jil is Lucky se produira au Botanique en compagnie de Julien Pras le 19 mars.

 

Broken Water

Tempest

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Après Deep Time, c’est au tour de Broken Water d’opérer une entrée fracassante, sur la scène musicale. Ces deux groupes ont un point commun : leur label, Hardly Art. C’est cette écurie qui nous a permis de découvrir, entre autres, Le Loup, Magic Trick ou Hunx and His Punx. Une maison qui a donc du goût. Pas étonnant lorsque l’on sait qu’elle a été créée, il y a trois ans, par les patrons de Sub Pop.

Le trio est originaire d’Olympia (Washington). Son histoire débute lorsque Kanako Pooknyw (guitare, chant) se lance dans des expérimentations au domicile de Jon Hanna (drums). Très vite, les deux musiciens sont rejoints par un troisième laron, Abigail Ingram (basse, chant). Broken Water est né. Après avoir publié plusieurs Eps, le band sort son premier album : « Tempest ». Le trio ne cache pas ses influences et mieux encore, il les digère incroyablement bien. Les Américains auraient pu naître de la rencontre entre Sonic Youth et My Bloody Valentine. Ou si vous préférez entre la noise et shoegaze. Les crissements de guitare sont légion, tandis qu’à tour de rôle Abigail Ingram (sa manière de chanter me rappelle Kim Gordon) et Pooknyw viennent poser leur voix. Particularité, le mixing est minimaliste. Un choix qui colle parfaitement au style du groupe.

Finalement Broken Water aurait pu militer chez Sub Pop à l’époque de leurs années dorées. Pour un premier album, le groupe a fait fort !

 

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