Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Chroniques

Old Kerry McKee

Wooden songs

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Alias Joakim Malmborg, Old Kerry McKee est suédois. Issu de Gothenburg, très exactement. Il se réserve l’écriture des compos et des lyrics, chante, joue de la guitare et des percussions. Bref, c’est un véritable homme-orchestre. Difficile d’imaginer que ce Nordique a fait ses armes au sein d’un groupe de death metal où il se chargeait des drums. Sa nouvelle orientation, il l’a adoptée en 2008. Avant de devenir ce folksinger, il a beaucoup écouté Townes VanZandt et Johnny Cash, mais aussi Bob Dylan et Reverend Gary Davis. Son univers musical n'est guère ensoleillé ni paisible ; à contrario, il est plutôt sombre voire ténébreux.

On est d’abord plongé dans les bruits urbains ; mais rapidement, une guitare prend le relais. Magique, rythmique, elle est bientôt rejointe par une voix qui semble venir de l'au-delà, une voix évacuant tous ses sentiments de détresse au même moment. "Flor" cherche à retrouver toute l’authenticité du country blues. A cause du son, qui grésille comme un vieux 78trs.  Kerry chante à nouveau comme un possédé, libérant ses mots comme si sa vie en dépendait. Et il n’est pas loin de nous épouvanter. Maltraitées, ses cordes souffrent. Une plage vraiment impressionnante ! "Death, Oh death" n’est pas plus paisible. Les accords de sa gratte épousent les trémoussements de sa voix qui sanglote. L’instrumentation assurée par le vieux Kerry est à la fois riche et complexe. "Broken leaf" s’ouvre par un riff stonien, puis nous entraîne dans un univers sonore plus accessible. Il souffle dans un harmo à la manière du jeune Dylan ; mais en même temps il parvient à gratter ses cordes et à manœuvrer ses perçussions au pied. "Soiled, tattered & thirsty" et "One day" passent également correctement la rampe, même si ces deux pistes se révèlent un peu plus répétitives. Contagieuse, "One day" est une compo que l’on se surprend de reprendre en chœur avec lui. Kerry injecte toute sa sensibilité dans la voix pour attaquer "The rocking chair". Toujours aussi incertaine, l'aventure s’achève sous la forme d’un titre énigmatique, "Untitled", un morceau qui clôt cet elpee, en reproduisant les mêmes bruitages qu’en début de parcours…    

 

Lucero

Woman & Work

Écrit par

Lucero nous vient de Memphis, dans le Tennessee. Une ville dont le cœur a toujours battu au son de la musique. Le rock'n'roll, blues et soul se sont toujours croisés, les labels Sun et Stax y étaient établis, Elvis Presley et BB King y ont vécu. La musique de Lucero est susceptible d’emprunter différentes facettes, telles que le rock sudiste, le punk (NDR : surtout à leurs débuts) et le country alternatif. C’est d’ailleurs ce que les musicos déclarent. Ce ne sont pas des débutants, puisque la formation est née en 1998. Leur dernier opus, "1372 Overton Park", était paru en 2009 chez Universal Music. Ce "Women and work" constitue leur huitième long playing. Une œuvre qui baigne dans le Memphis country soul teinté de rock et blues. Le chanteur/guitariste Ben Nichols, l’autre gratteur Brian Venable et le claviériste/accordéoniste Rick Steff en sont les figures de proue.

"Downtown" ouvre la plaque. Une piste attrayante, de brève durée, mais dont les interventions vocales me rappellent Rod Stewart, en moins éraillé. Les cuivres amorcent "On my way downtown", un excellent R&B. La voix de Ben Nichols s’inscrit parfaitement dans l’ensemble où chaque instrument tient parfaitement son rôle. Boogie, le titre maître est mis sur orbite par le piano de Steff, une compo qui rocke et rolle dans une chaude ambiance ‘memphisienne’ ! Jolie ballade, "It may be too late" trempe dans le R&B. Une compo indolente caractérisée par les interventions conjointes du piano et de l’orgue et dont la mélodie contagieuse rappelle les vinyles Stax d’une certaine époque. Rockin' R&B, "Jumper" déborde de dynamisme et libère énormément de groove. Du groove funkysant entretenu par les cuivres de Jim Spake et Scott Thompson. Un vrai coup fumant ! La voix de Ben emprunte un ton plus rugueux pour attaquer "Who you waiting on?", une piste qui baigne dans un climat roots. Lucero nous entraîne à Nashville pour aborder "Can't stand to leave you", un morceau de country populaire, parcouru par la pedal steel de Todd Beene. De toute bonne facture, cette plage bénéficie d’arrangements particulièrement subtils. "When I was young" et "Sometimes" adoptent un profil semblable. De solides compos nappées de claviers, déchirées par la slide ; mais au cours desquelles la pedal steel s'affirme. "Like lightning" replonge dans le rock'n'roll. Et cette belle tranche de musique yankee s’achève par "Go easy", un titre empreint de douceur, au cours duquel la voix de Nichols est enrobée d’un puissant chœur gospel…

 

KOVLO

Hey Mom, where's Timbuktu

Écrit par

KOVLO est un groupe de post-rock issu de Lugano. « Hey Mom, where's Timbuktu » constitue son troisième album. Il fait suite à « A new position for the second degree burn » (2005) et « I’m so happy on this boat » (2007) qui était produit par Rob Ellis.

La musique de ce quatuor n'a rien de bien original. On navigue dans les eaux de Mogwai, Explosions In The Sky, This Will Destroy You ou Sigur Rós pour les parties plus atmosphériques. Ouvert par des dialogues de Dennis Hopper extraits d'Apocalypse Now, le propos n'est pourtant pas très apocalyptique. Souvent moins sombre que les groupes précités, les compositions suivent les canevas d'un style qui ne se renouvelle plus depuis de nombreuses années. On retrouve donc cette succession de moments calmes et de parties plus tendues, même si celles-ci ne sont jamais d'une grande violence. Seul morceau court du disque, « Qujing » –du post-punk métallique assez efficace– constitue l’exception qui confirme la règle. L'atmosphère des autres plages pousse plus à la contemplation. Quelques notes de piano apportent un peu de lumière et de douceur. Un monde qui a en tout cas séduit le réalisateur Niccolò Castelli puisque KOVLO vient de réaliser la bande son de son nouveau film « Tutti Giù – Everybody sometimes falls ». « Hey Mom, where's Timbuktu », dont les illustrations du livret sont signées Aris Bassetti, membre des excellents Peter Kernel, plaira certainement aux amateurs de post-rock classique car il ne souffre d'aucune faute de goût. Les autres n'y entendront vraisemblablement qu'ennui et convention.

 

John F. Klaver

Wheels in motion

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John F. Klaver appartient à la nouvelle génération des bluesmen hollandais. Ses maîtres répondent aux noms de Jimi Hendrix, Robben Ford et Gary Moore. Il les a donc beaucoup écoutés. Les a étudiés. Puis a énormément bossé avant de se mettre à composer. Finalement, il a monté son John F Klaver Trio, en 2007, devenu au fil du temps le John F. Klaver Band.

Son premier elpee, "Jetpepper", remonte à 2008. Il précède "Back for more", publié en 2011. Un long playing unanimement apprécié par la critique musicale, et considéré, au cours de cette année, comme le meilleur album de blues des Pays-Bas.

Pour enregistrer ce nouvel opus, John a reçu le concours de Bob Fridzema à l’orgue Hammond, d’Iris Sigtermans à la basse et d’Eric Dillisse aux drums. Il signe 9 des 12 titres.

Le titre maître ouvre la plaque. Notre quartet est immédiatement mis sur orbite. Une plage qui baigne dans un climat funk, réminiscent de l’Allman Brothers Band originel, c’est-à-dire lorsque les frères Duane et Gregg se partageaient les commandes. Shuffle brûlant, "Dust" est adossé à la section rythmique. Solide, puissante et rugueuse, la voix de John F est parfaitement soulignée par l'harmonica de Big Pete, un seigneur de la musique à bouche. Quant au gratteur, il se réserve une sortie explosive, très texane. Le tempo imprimé tout au long de "Devil woman" libère des accents jazz. Ou plus exactement swing. Fridzema tapisse le tout à l'orgue Hammond, pendant que Klaver brille de mille feux aux cordes. "Wrong over right" est balisé par un riff hypnotique. Un blues rock au cours duquel la guitare largement amplifiée se libère, grâce au jeu de pédales. "Piece of mind" lorgne à nouveau vers Gregg Allman. Un blues lent que Klaver chante impeccablement, pendant que l’orgue Hammond enduit soigneusement la toile de fond. Rob Mustert, spécialiste batave de l'orgue Hammond, apporte son concours à "Gimme summon", une plage instrumentale. John F et l’organiste s’y rencontrent au cœur du swing. Les cordes sont particulièrement inspirées voire même originales sur "Dynamite". "Moment for two" est un slow blues empreint d’une grande sensibilité, un moment propice à l'étreinte, interprété avec panache. Tout au long de cet opus, les exercices de virtuosité sont légion. A l’instar de "I told ya", caractérisé par ses échanges entre guitare et orgue ou la finale, à nouveau hantée par l’Allman Brothers. Cet elpee devrait assurer la consécration de ce musicien de talent.

 

Idjut Boys

Cellar Door

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Conrad McDonnell et Dan Tyler se rencontrent fin des années 80 et se découvrent une passion commune pour le deejaying. Petit à petit, ils se forgent un nom dans le monde du clubbing londonien. Suite logique, leur premier maxi sort en 93 sur le label qu'ils viennent de créer U-Star. Plus tard, ils fonderont encore trois petites structures Noid, Cottage et Droid. Ils produiront également leur mélange de deep-house, dub et disco pour des maisons prestigieuses comme Nuphonic et Glasgow Underground. Ils sont aussi réputés pour leurs remixes (Dimiti from Paris, Joe Claussell, Chicken Lips, Zero7, Ivan Smagghe, Lindström, ...) Mais leur activité de dj ayant toujours été privilégiée durant ces 20 ans de carrière, leur discographie n'est finalement pas extrêmement fournie. Il y avait donc pas mal de temps que l'idée d'un album mûrissait dans les têtes des Idjut Boys. Ils avaient d'ailleurs déjà tenté l'aventure sous le patronyme de Meanderthals en 2009, un projet chil-out très réussi réalisé en compagnie de Rune Lindbaek pour le compte de Smalltown Supersound. C'est encore cet excellent label norvégien qui abrite "Cellar Door". Loin de leurs productions dancefloor, cet album majoritairement downtempo sonne assez mainstream, ne fut-ce que par la voix de Sally Rodgers (A Man Called Adam) qui évoque pas mal de divas de la dance. Les Idjut Boys ont certainement voulu  toucher un large public amateur de chill-out parsemant leurs compositions atmosphériques de guitares ‘baléariques’ évoquant parfois Fleetwood Mac et de quantité d'effets de pédales légèrement psychédéliques. On retrouve aussi leur amour d'un dub relativement classique (« Le Wazuk ») et de la basse disco (« Going Down »). Mais un morceau sort véritablement du lot : l'electro-dub « One For Kenny », dont la rythmique évoque l'école viennoise des années 90 (Kruder & Dorfmeister, par exemple) pour évoluer vers des contrées nu-jazz lorsque le piano du fantastique Bugge Wesseltoft fait son apparition. Après ses très estimables collaborations en compagnie de Laurent Garnier et Henrik Schwarz, le vétéran norvégien vient encore nous démontrer tout son génie à poser ses notes bleues sur des rythmiques électroniques. Malgré ce bon moment, on a un sentiment de trop peu à la fin de « Cellar Door ». Trop propre, trop commun, ce disque manque de folie et trouvera sans doute sa meilleure place dans les bars lounge.

 

Esquisse

Machines Infernales

Écrit par

Esquisse a la noble ambition d’opérer la rencontre entre célèbre fest-noz breton (type de fête et de musique traditionnelle bretonne récemment entrée dans le patrimoine culturel mondial de l’Unesco) et les expérimentations sonores les plus libres… Initialement festif, le Fest-Noz vire sur « Machines Infernales », presque au jazz ! Il a fallu 2 ans au groupe français pour réaliser ce mélange de folklore celtique et de sonorités contemporaines. Les studios de Saint-Cadou, il y est retourné souvent.

Le disque est publié sur le label Armorica Records, écurie chargée de promouvoir les musiques traditionnelles. Quant à ce « Machines Infernales », il s’adresse essentiellement aux amateurs du genre, parce que trop ou trop peu celtique ou expérimental (biffer la ou les mentions inutiles)…

 

Mount Carmel

Real women

Écrit par

Mount Carmel (Mont Carmel) est une montagne, mais également le nom de plusieurs localités aux States, dont une est située dans l’Ohio. C’est aussi un patronyme choisi par un groupe issu de Colombus, au sein de cet Etat. Le line de base réunit les frères Reed et le très jeune Kevin Skubak aux drums. Chez les frangins, Patrick se réserve la basse et Matthew, le chant ainsi que la guitare. La formation avait publié un premier opus éponyme en 2010. Leur style ? Basique, essentiellement influencé par le blues boom insulaire de la fin des sixties. Le trio cite d’ailleurs comme influences majeures, The Cream, Free et Humble Pie. Mais celle qui me semble la plus marquante est certainement puisée chez le Free, un combo au sein duquel militait un chanteur remarquable, Paul Rodgers, et un gratteur de génie, trop tôt disparu, Paul Kossoff.

"Swaggs" nous replonge en 1969. On a l’impression d’être à nouveau porté par cette vague de blues qui avait alors déferlé sur l'Angleterre, lorsqu’elle manifestait de subtils accents hard rock. On pense immédiatement au Free. A cause de ces riffs de gratte, dignes de Kossoff, même si Matt ne possède pas sa sensibilité d’écorché vif, et puis de sa voix, tellement proche de Rodgers. "Real women" est de la même trempe. Omniprésentes, les sonorités de la six cordes sont cependant plus grasses. La voix rauque de Matt est à nouveau hantée par celle de Rodgers sur "Oh Louisa", mais elle hausse quelque peu le ton. La guitare est alors chargée de reverb. Un seul titre véritablement blues, "Be somebody", une compo limpide, dépouillée, réminiscente d’une époque au cours de laquelle des tas de jeunes groupes du style foisonnaient. Et ici, je pense tout particulièrement à Bakerloo, une petite formation anglaise, drivée par le chanteur/guitariste Dave Clempson, qui allait rejoindre un peu plus tard, Humble Pie. Nostalgie quand tu nous tiens… Quand le groupe décide de tester sa puissance de feu, il affronte alors d’autres démons du passé. Dont Mountain, sur "Choose wisely" et "Don't make me evil". Et le résultat est excellent! Blue Cheer, également, un trio yankee qui avait revisité judicieusement le classique d'Eddie Cochran, "Summertime blues". Cette référence est manifeste sur "Hear me now". En fin de parcours, Mount Carmel se révèle même parfois plus Free que nature. Encore que sur "Rooftop" et "Lullaby", les interventions de guitare rappellent plutôt Alvin Lee, quand il militait chez Ten Years After.

 

Andre Matos

The Turn Of The Lights

Écrit par

Depuis son départ d’Angra en 2001, la carrière d’Andre Matos se veut certes plus discrète, mais néanmoins bien remplie. Entre Shaaman, Symfonia (un side project monté en compagnie  des membres de Helloween et Stratovarius) et sa carrière solo, Matos aligne les sorties avec une régularité qui force le respect, depuis plus de vingt-cinq ans. « The Turn Of The Lights » constitue son troisième effort solo, même si le chanteur préfère parler d’un groupe qui porte son nom.

Oscillant toujours entre heavy metal, prog, power metal, hard rock et AOR, Andre navigue en eaux connues, et ne s’écarte pas de l’univers musical qu’on lui connaît. Il faut dire qu’il est unanimement reconnu comme une des plus belles voix du heavy metal, tout là-haut auprès des génies du genre que sont James LaBrie (Dream Theater) et Bruce Dickinson de Maiden. Pas de surprises de ce côté-là, les fans du vocaliste retrouveront le timbre unique du chanteur brésilien. Là où l’album surprend, c’est dans son parti pris de ne pas mélanger les sous-genres, donnant au disque un aspect patchwork à tout le moins déroutant. S’ouvrant sur un hymne AOR faisant figure de single au gros potentiel (« Liberty »), il enchaîne ensuite morceaux power metal aux cavalcades dignes d’un Dragonforce (« Course Of Life », « Light-Years »), titres heavy dans la plus pure tradition Maiden-esque (« The Turn Of The Lights »), ballades mielleuses aux claviers dégoulinants (« Gaza », « Sometimes »), et chansons prog oscillant entre Dream Theater et Muse, influence quasi omniprésente chez les groupes de métal progressif actuels (« On Your Own »). Plus surprenant, la production de l’album est à l’image des chansons : chaque morceau possède une couleur et un son rappelant tour à tour les groupes-phares des styles pratiqués. Ce choix étonnant rend difficile l’immersion dans l’album, et ne joue pas en faveur de la réputation du chanteur, à qui on a toujours reproché de manquer d’originalité. Néanmoins, il garde une voix hors du commun. Son chant reste le dénominateur commun des morceaux de l’opus. Ce qui explique que malgré les déclarations du vocaliste, « The Turn Of The Lights » est un véritable LP solo.

 

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