L’appel à débrancher des Burning Heads

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Chroniques

Mongolito

Acedia

Mongolito est le projet de Marc De Backer, un musicien bruxellois qui jouit d’une certaine notoriété sur la scène alternative (NDR : il a milité auparavant chez Dog Eat Dog et Mucky Pup). Après avoir accordé de multiples concerts, il publie ici son premier opus sur Hau Ruck! Records, un label autrichien. Principalement instrumentale, la musique de Mongolito baigne dans le ‘dark ambient’. Sa texture est formée de loops (boucles) et de drones (bourdons), combinés à une boîte à rythmes, sur laquelle Marc dessine des lignes mélodiques à l’aide de sa guitare Fender Stratocaster. Une expression sonore sise à la croisée des chemins du dark-folk et du krautrock planant, évoquant tour à tour Pink Floyd, The Durutti Column ou Tangerine Dream.

Après "Let's Start With Some Pink Medicine", une intro basée sur un 'drone', imprimée sur un rythme languissant et traversée d’effets bizarroïdes, "All These Stones" plonge l'auditeur dans un univers cinématique à la "Twin Peaks", dominé par un riff obsessionnel de basse trafiquée au flanger, au-dessus duquel flottent des voix fantomatiques et quelques notes de guitares aiguës et plaintives. "From Harlem To Oostend" repose sur une série d'accords mineurs enchaînés à la gratte, dont les effets de vibrato sont très étudiés, tandis que "The Big Coming Down ... End Of Self-Esteem" campe un duo mélodique entre une guitare rythmique et un solo aérien, rappelant quelque part le Pink Floyd de l'époque "Meddle".

"NYC Rising" marque le retour des voix fantomatiques. Une certaine Eva y déclame "Les Fleurs du Mal" en polonais sur un beau glissando répétitif réalisé à l'octave sur la Stratocaster. Dans "Damascus", le tapis de notes aiguës répétitives nous renvoie aux « Frippertronics » de Robert Fripp et au Durutti Column de Vini Reilly ; mais quand la ‘six cordes’ s'enflamme et s’autorise un très joli solo à la pédale wah-wah, les tonalités deviennent carrément 'hendrixiennes'...

Les trois plages suivantes sont exécutées uniquement à la guitare : "Procrastination", une mélopée tout en finesse, "He Ping Ping", une improvisation nerveuse sur un seul accord, à la limite de la dissonance, et "Natureträne", une reprise de Nina Hagen balayée d'arpèges sautillantes, une adaptation dont la mélodie aux accents romantiques lorgne vers And Also The Trees.

L'album se referme comme il s'était ouvert : dans une ambiance sombre et lourde, hantée par les drones et les voix diaboliques. A noter, également, le très beau concept graphique ; et tout particulièrement, en couverture, "Le Silence" de Johann Heinrich Füssli.

Quoiqu’encore un peu inégal, cet opus exerce une fascination certaine. Il reflète le talent d’un véritable virtuose à la guitare. C’est un créateur d’ambiances aussi. Des ambiances qui prennent toute leur dimension en ‘live’, grâce aux projections vidéo. Et puis parce que le personnage est masqué.

 

John McLaughlin

Now here this

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McLaughlin est un vétéran de la scène jazz rock. Il a en effet fêté ses 70 balais, au tout début de cette année. Britannique, il a opéré ses débuts dans les milieux du blues insulaire ; et en particulier au sein du backing group de Duffy Power et chez le Graham Bond Organization. Il sympathise avec le bassiste Jack Bruce et participe à la confection de son "Things we like", en 68. Il publie sa première œuvre "Extrapolation", en 1969, en compagnie du saxophoniste John Surman. Il émigre aux Etats-Unis en 1969, pour rejoindre le Lifetime de Tony Williams. Il y devient assez rapidement un des piliers du jazz rock en herbe, et participe aux sessions d’enregistrement du classique de Miles Davis, "Bitches Brew". Il forme enfin, début des 70’s, le Mahavishnu Orchestra, avec Jerry Goodman et Billy Cobham. Le second chapitre de cette aventure impliquera notamment Jean-Luc Ponty et Narada Michael Walden. En 1975, il se plonge dans l’étude de la musique indienne à travers le groupe Shakti. Par la suite, il continuera à tenter de nouvelles expérimentations ; et en particulier en compagnie des guitaristes Al DiMeola et Paco de Lucia.

John McLaughlin signe les huit plages. Il est épaulé par Gary Husband (piano, synthés, drums), l’Indien Ranjit Barot (drums) et le Français originaire du Cameroun, Etienne M'Bappe (basse)

"Now here this" constitue le second opus de 4th Dimension. Il fait suite à "To the one", paru en 2010. Les compos sont complexes. Techniquement, John est demeuré un véritable virtuose. La rythmique est solide. Elle constitue l’assise qui permet aux solistes de se libérer.

"Trancefusion" ouvre l’elpee. Soutenu par le clavier de Gary, McLaughlin est parfaitement maître de son sujet. Tous les instrumentistes se fondent dans l’ensemble. Une compo qui se fond dans "Riff Raff". La rythmique est dense et nerveuse. Les interventions de John, à la six cordes, sont propulsées à une vitesse vertigineuse. La suite de l’elpee se révèle plus cool. Ainsi "Echos from then" est propice à la relaxation. Dans le même esprit "Wonderfall" baigne dans un climat paisible, atmosphérique, décontracté. Le clavier injecte énormément de sensibilité à cette plage particulièrement efficace. A contrario de "Call and answer", une piste de jazz rock bien trop nombriliste. "Not here not there" nous plonge dans une forme d’ambient esthétique, une très belle plage balisée par Husband. John brille sur ses cordes tout au long de "Guitar love". "Take it or leave it" clôt l’elpee. Un morceau un peu trop funky à mon goût (NDR : cette basse constamment jouée en ‘slapping’ !)

 

Eddie Martin

Looking forward looking back

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Eddie Martin est considéré comme un des meilleurs ambassadeurs du blues anglais. Il compte déjà plus d’un quart de siècle de carrière. Chateur/compositeur/guitariste, il tourne inlassablement. En solo (acoustique !), sous la forme d’un trio ou encore, comme au cours de l’année 2012, à la tête d'un big band. Il compte une douzaine d'albums à son actif. Il a également publié une centaine de chansons, blues bien évidemment. Eddie a aussi fondé son propre label, Blueblood. Son dernier elpee, "Folk & Blues", il l’avait concocté en solitaire.

Changement radical pour cet opus, puisqu’il s’est enfermé au sein du studio ‘State of Art’, à Bristol, en compagnie de ses deux musiciens attitrés, le claviériste John Paul Gard et le drummer Richard Laws, ainsi qu’une imposante section de cuivres le Little Big Horns. Sans oublier le special guest, Pee Wee Ellis, un redoutable saxophoniste qui a longtemps sévi au sein des backing bands de James Brown et Van Morrison! L'album rend hommage à trois références chères à Mr Martin, T-Bone Walker, Elmore James et Johnny ‘Guitar’ Watson.

Eddie s'engage sur l'axe Dallas – Los Angeles. "Frog in the long grass" est imprimé sur un bon rythme que soulignent les cuivres. La tonalité des cordes est métallique. Abordée dans l’esprit de ‘Guitar’, cette piste constitue une superbe entrée en matière. Il met le cap vers Chicago. Le riff de slide –notoire– à la Elmore James ouvre "Sorry for the rain". Eddie inflige une solide correction à son instrument. Il maltraite ses cordes pour restituer un son pourri fleurant bon les fifties. Un son qui colle parfaitement au style de l’artiste. Ses interventions sont impitoyables, découpées sur le fil du rasoir et incisives, tout au long de "Wannabe me". Une belle rampe lancement pour propulser le saxophone ténor de Pee Wee Ellis. Martin a une bonne voix. Elle s’intègre parfaitement à "Let it slide", une compo au tempo speedé. Il torture sa gratte. Elle gémit. Son doigt d’acier est brûlant. Un peu de swing et de jump envahit "Tough times". Eddie s'inspire largement de T-Bone Walker. Une facette jazz qui permet de mettre en exergue le talent du claviériste John Paul, ainsi que du chevronné Pee Wee au sax. "Supermodel" baigne dans un climat sonore réminiscent du R&B de la fin des années 40. Mr Gard sort de l'ombre et souffle dans son harmo, dans un style emprunté à Jimmy Smith! Le titre maître nous plonge dans une ambiance fin de soirée. Un blues lent qui invite les couples à s'enlacer sur la piste de danse. La voix de Martin est veloutée. Ses accords de gratte lorgnent vers BB King, pendant que les Little Big Horns restent à l'affût. "Jumpy legs" marque le retour de la slide. Et tout comme sur "Headspace", elle égrène des notes délicates et parcimonieuses. Martin a fait le plein de swing. Il impose un rythme échevelé à "Zombie attack". Sa dextérité sur les cordes est dingue. Notre leader au crâne rasé siège derrière le piano pour introduire et chanter le ludique "She's a He". Pas de temps mort. Il embraie par "I want that girl", sur un tempo R&B que Ray Charles aurait certainement apprécié. Eddie et Ellis signent l'instrumental "Funky One Too", au cours duquel il permet au souffleur noir de s’éclater. C’est au sein d’un climat Chicago Southside que Martin nous quitte. Il chante le lent et torride "Second chance romance" et sa slide s’y révèle royale…

 

Los Lobos

Kiko Live (Cd + Dvd)

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Dans l’univers roots/rock de Los Angeles, Los Lobos est une véritable institution. Il faut dire que cette bande de chicanos est née en 1973 et que leur plus grand succès international, "La Bamba", date déjà d'un quart de siècle. Oui, oui, c’était en 1987 ! Leur dernier elpee est paru en 2010. Quant à l’opus qui leur a valu la reconnaissance, il s’agit de "Kiko", publié en 1992.

Pour célébrer le 15ème anniversaire de la sortie de ce "Kiko", Los Lobos souhaitait enregistrer les 16 plages de cet opus, dans l’ordre du tracklisting, au House Of Blues de San Diego. En live. Le concert se déroulera en février 2006. Un challenge pas vraiment facile, une bonne partie des titres n'avait jamais été jouée en public et pas mal d'autres ne figuraient plus au répertoire actuel ! Six ans plus tard, le résultat de cette expérience vient de paraître, sous la forme d’un Cd et d’un Dvd. Et comme très souvent, le disque vidéo est bien plus complet!

Nous retrouvons sur les planches David Hidalgo, Cesar Rosas, Louie Perez, Steve Berlin et Conrad Lozano, soutenus par le batteur Cougar Estrada. Le démarrage est plutôt froid, réservé. Hidalgo chante "Dream in blue". Les trois guitaristes sont disposés en front de scène. La température grimpe de plusieurs degrés dès "Wake up Dolores", un blues à la Lobos. David est toujours aux vocaux et double à la guitare solo. Steve Berlin se démène aux claviers et au saxophone. A l’origine, "Angels with dirty faces" était une démo de brève durée. Elle est devenue une épopée d'envergure, marquée par la guitare acide et aventureuse d'Hidalgo! Tout en swing, "That train don't stop here" est une piste bien rythmée. Rosas la chante de son timbre plus écorché. Cesar, le gaucher, et David, le droitier, engagent une lutte à coups de soli. Les chapelets de notes échangées sont le reflet de leurs émotions reflétées à cet instant! La plage vire à la jam. Bien nerveuse, elle s’achève par un envol de Berlin au sax baryton. La pièce maîtresse, c'est "Kiko and the Lavander moon", un morceau caractérisé par les interventions à l'accordéon de David. Changement de registre chez "Saint behind the glass". Nous pénétrons dans l’univers de la musique latino. Louie se réserve les vocaux sur ce titre sculpté dans l’instrumentation acoustique : guitares, ukulélé, et même une harpe. Un solide riff conjuguant guitare et saxophone cimente "Revas's house". Hidalgo se sert d’un bottleneck tout au long d’"Arizona skies", un instrumental qui réverbère des accents de l’Ouest américain. "Short side of nothing" est rock percutant. Tramé sur un riff hypnotique, "Wicked rain" surprend par l’envolée de cordes déjantées prodiguée par Rosas. La face la plus blues du set est concentrée sur "Just a man" et "Peace" ; Hidalgo s’y révèle comme le leader de la meute. "Kiko" s’achève par "Rio de Tenampa". Enrichie par les cuivres, bois et percussions de Los Cenzontles, cette compo nous replonge dans le quartier Est de L.A., dont est issu Los Lobos…

Seul le Dvd épingle les trois titres interprétés en rappel. Des morceaux très chicanos dont la version traditionnelle et acoustique de "La Bamba".

 

Little Bob

Break down the walls

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Roberto Piazza alias Little Bob est un Français d'origine italienne. Il est né et vit toujours au Havre. Agé aujourd’hui de 67 balais, il est une légende vivante au sein du rock hexagonal. Sa notoriété, il l’a construite lors de son aventure chez Little Bob Story ; un aventure qui avait commencé en 1974. Il a même récolté un beau succès en Angleterre, à une époque où le punk commençait à se propager au sein de l’Albion. Bob manifestait très souvent une attitude hystérique sur scène, lors de sets très énergiques. LBS a enregistré une bonne vingtaine d’albums. Le premier, paru en 1976, s’intitule "High time". Le dernier, publié en 2009, "Time to blast". Dans sa manière de chanter, Bob a toujours revendiqué l'héritage de Little Richard, Howlin' Wolf et surtout Eric Burdon.

En enregistrant sous le patronyme de Blues Bastards, il fallait donc bien s’attendre à découvrir la facette blues de l’artiste et de ses acolytes. Les sessions se sont déroulées dans le port du Havre. "Break down the walls" s’emballe à fond la caisse. Du rockin' blues explosif digne de Dr Feelgood. La voix rocailleuse du vieux Bob fait merveille face aux interventions agressives à l’harmo de Mickey Blow, tout au long de ce Mississippi blues très speedé. Piazza ralentit quelque peu le tempo pour revisiter le "Run you off the hill" d’Aynsley Dunbar Retaliation, un des groupes les plus sous-estimés du british blues boom issu des sixties. Chanteur historique de cette formation, Victor Brox séjourne souvent en France, de nos jours. Les Bastards reprennent "Evil is goin' on", un canon du blues écrit par Willie Dixon et popularisé par Howlin' Wolf, l'idole de Bob. Le souffle de Mickey Blow est intarissable. Bob peut tout se permettre. Il adapte à sa sauce le "Circumstances" de Don Van Vliet, alias Captain Beefheart. Sa version est speedée et déjantée. Un boogie offensif, propulsé par un souffleur insatiable. Bob reprend même le "I wanna be free" de Joe Tex. De quoi me flanquer un fameux coup de blues. Et un sentiment de nostalgie m’envahit quand je repense aux concerts de Spooky Tooth, lorsque la voix agonisante de Mike Harrisson transperçait littéralement mon âme. Trop! Les Bastards accordent une nouvelle vie au "Nobody but you" des Lafayettes. L’attaque est vigoureuse. Tous les acteurs se bousculent, y compris les invités, parmi lesquels figurent Gillet Mallet à la gratte rock et Nicolas Noël au piano. L’elpee recèle quelques ballades. "The rain song", tout d’abord. Une compo écrite par un jeune ami gallois, Don Ray. "Mean Game", un morceau issu de la plume de Bob, au cours duquel l’harmonica est à nouveau déchirant. Ou encore "The Brokenhearted boy", un fond de tiroir abandonné par Little Bob Story. Mickey Blow marque une dernière fois encore de son empreinte le "Who's been talking" d'Howlin' Wolf. Quand on pense que ce gars au regard fou a partagé la scène avec Johnny Thunders ! Cet album qui nous restitue les parfums d’une si glorieuse époque, s’achève par la cover du "Heartbreak hotel" de Presley. Du King, si vous préférez !

 

Smokin' Joe Kubek & Bnois King

Close to the bone

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Dès qu'ils se sont rencontrés, le courant est passé entre ces deux artistes. Le blanc, Joe Kubek, chanteur/guitariste texan, admirateur de Johnny Winter et Stevie Ray Vaughan. Le noir, Bnois King, Louisianais, lui aussi chanteur/guitariste, davantage influencé par les sonorités les plus douces de T-Bone Walker et BB King. Ensemble, ils ont publié une bonne douzaine d'albums chez Rounder, Bullseye, Blind Pig et Alligator. Ils sont aujourd’hui hébergés chez Delta Groove, l’écurie de Randy Chortkoff.

Pour la première fois, la paire a enregistré un elpee unplugged. Lors des sessions d’enregistrement, le tandem a bénéficié du concours d’invités prestigieux. Le duo singe 12 des 14 plages de cet  opus.

Le duo se réserve l’ouverture. Il adapte le "Poor boy blues" de Ramblin' Thomas. Louisianais ce bluesman noir a sévi au cours des années 30 et a été emporté par la tuberculose, en 1945. Bnois chante de sa voix douce et feutrée "Can't let go". Les cordes de Joe sont soutenues par un équipage de gratteurs royal : Paul Size (ex-Red Devils), le Californien Kirk Fletcher et le Texan Shawn Pittman, ce dernier à la National Steel. La voix de King est vraiment expressive tout au long de "My best friend". Elle colle parfaitement à la ligne mélodique. L'émotion monte de deux crans, lorsque Smokin' Joe fait son apparition à la slide… Les amis se bousculent au portillon pour attaquer "Keep her around", un texas shuffle acoustique bien nerveux. Willie J Campbell et Jim Bott (deux Mannish Boys) assurent la section rythmique. Et on identifie trois harmonicistes : Bob Corritone, Big Pete VanderPluijm et Randy Chortkoff, le patron de Delta Groove. Kubek et King opèrent leur retour en duo pour "Get out there and get it" et "Yankin' my chain". Joe s’y révèle vraiment impressionnant sur les cordes. "Drowning in Red Ink" est un blues lent somptueux. Le message dispensé est empreint d’une grande sensibilité. Les interventions aux ivoires de Fred Kaplan sont délicates et se conjuguent en harmonie avec la slide du père Kubek. Du blues élémentaire 5*. Bob Corritone brille de mille feux sur le country blues rapide "No good could come of this". Autre blues lent, "Ordinary blues" bénéficie du concours de Kirk Fletcher aux cordes. King déborde de feeling tout au long de "Jump the moon", une ballade émouvante qu’il illumine d’une touche hispanique dans les cordes. "Mama's bad luck child" est un blues authentique. Il s’agit d’un arrangement de la composition du bluesman Texas Alexander, dont la version originale avait été mise en boîte dès 1928! Lynwood Slim, qui figure également sur la liste des guests, souffle passionnément dans sa musique à bouche. Les deux amis se réservent la finale, en l’occurrence le délicat "Baby you're the one". "Close to the bone" est une parenthèse particulièrement réussie dans la carrière du duo!

 

Karma To Burn

Slight Burn

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La persévérance est une qualité qu’on ne peut ôter à Karma to Burn. Près de 15 ans après avoir publié leur premier elpee, le trio a décidé de le réenregistrer, comme il le souhaitait à l’époque. C’est-à-dire sous une forme instrumentale. Et de le rebaptiser « Slight burn ». Leur label Roadrunner les avait forcés à engager un chanteur (Jay Jarosz). Quoiqu’acclamé par la critique, l’elpee éponyme s’était avéré un échec commercial retentissant. Leurs brûlots stoner revêtent donc une configuration épurée pour atteindre leur puissance dévastatrice. La musique de Karma to Burn est hypnotique. Heavy, ses riffs semblent sortir des même « Deserts Sessions » que celles de Josh Homme. Cerise sur le gâteau, John Garcia, le frontman de Kyuss, vient paradoxalement poser ses cordes vocales sur le magnifique « Two Times »… Un Karma exceptionnel !

 

Cee Cee James

Blood red blues

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Cee Cee est originaire de Portland dans l'Oregon, mais a surtout vécu en Californie. Christina James est une excellente chanteuse. Mais sa voix est hantée par le spectre de Janis Joplin. "Blood red blues" constitue son troisième album. Il fait suite à "Low down the snakes crawl" paru en 2010, suivi quelques mois plus tard d’un ‘live’ intitulé "Seriously raw". Elle vit aujourd’hui en compagnie de Rob ‘Slideboy’ Andrews. C’est son second mari. Il est également son guitariste rythmique et son partenaire de composition.

Au sein de leur backing group, on retrouve la même section rythmique. Soit le drummer Chris Leighton et le bassiste Dan Moehler. Leur soliste a quitté le navire. Le couple a donc invité le guitariste Rocky Athas (NDR : ex-Black Oak Arkansas, il est le gratteur attitré chez les Bluesbreakers de John Mayall, depuis 2008) et ainsi que Miss Susan Julian (NDR : claviériste des BoDeans, elle baigne dans les milieux blues de Chicago et de Milwaukee depuis belle lurette). Les sessions se sont déroulées au sein des studios Bessie Blues de Jim Gaines, dans le Tennessee. Et, belle reconnaissance du talent Cee Cee, c’est Gaines qui a produit cet opus, un personnage dont la carte de visite mentionne notamment la mise en forme d’œuvres de Tommy Castro, Walter Trout, Jimmy Thackery, Luther Allison, Albert Collins, George Thorogood ou encore Stevie Ray Vaughan

Rob Andrews ouvre le chemin à l’aide de sa slide pour mettre son épouse dans les meilleures conditions afin de chanter "Blood red blues", une plage indolente caractérisée par la puissance vocale naturelle de Cee Cee, rappelant l'inoubliable Janis. Le tempo s'accélère et emprunte l'allure du boogie sur "Let's all get loose". Particulièrement à l’aise, Rocky Athas libère fiévreusement, ses cordes largement amplifiées. "Feel my love come down" adopte un mid tempo. Christina y maîtrise sa voix, bridant le moindre accès de colère, devant la slide traditionnelle de Rob. Autre blues lent, "Comfort of a good heart" adopte un profil semblable. Le chant est aussi tempéré ; et si la gratte de Rocky est bien présente, elle manifeste une certaine discrétion afin de laisser tapisser Susan Julian, le décor sonore. Miss James, la féline, sort ses crocs sur "Thick like blood". Sa voix s’élève. Elle pousse de petits cris de joie, relayés par les cordes de Rocky. J'aime quand Cee Cee vide ses tripes et se montre menaçante. En fait, lorsque Jim lui laisse suffisamment d’espace, ne la contient ou ne la canalise pas trop. A l’instar d’"I got a right to sing the blues". Et c’est sûr qu’elle a le droit de chanter le blues. Athas a opté pour la slide pour mieux souligner l’intensité du chant. "Worn out sins" accorde un peu de répit. Une compo agréable bénéficiant d’une orchestration soignée que colorent les interventions de Susan au piano ! Cee Cee va rechercher les ses cordes vocales les plus meurtrières au fon de sa gorge, pour attaquer le superbe "Walk on". Un chœur féminin la soutient lors du refrain qui se révèle contagieux. "Wounds" est une autre piste qui manque de relief. Cee Cee chante sans jamais élever le ton, face au clavier atmosphérique. Je la préfère à nouveau sur l'évocateur "100 ways to male love". Tout en conservant son calme, elle s’autorise quelques coups de gueule. Rocky Athas est de retour lors de la finale. Il imprime un rythme stonien tout au long du saignant "I'm Takin' Mine". Etait-il vraiment nécessaire brider la fauve?    

 

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