Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Chroniques

Collapse Under The Empire

Fragments of a Prayer

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Il y a un peu plus d’un an, la formation allemande Collapse Under The Empire et russe Mooncake partageaient un split album de toute bonne facture. Etabli à Hambourg, le duo nous propose aujourd’hui son nouvel opus. Réunissant Chris Burda et Matthew Jason, C.U.T.E. est né en 2008. Il pratique un post rock particulièrement typique et rencontre un succès, ma foi, très relatif dans son pays. Prolifique, la paire a publié deux Eps (« Paintball » en 2008 et « The Sirens Sound en 2010) et quatre elpees (Systembreakdown en 2009, « Find a place to be safe » en 2010, « Soulders & Giants » en 2011 et le petit nouveau cette année). Sans oublier les singles.

« Fragments of a Prayer » constitue un interlude entre le premier et le second volet d’un double album concept entamé l’an dernier (« Soulders & Giants »). Baignant au sein d’un climat ténébreux, leur post-rock cultive une mélancolie ‘mineure’ propre au genre. Une expression sonore traversée de subtiles touches d’électro, mais dominées par des accès de guitares éthérés, des interventions au piano et des arrangements de cordes élégants, dispensés sous une forme très (trop !) classique. Cinématographique et atmosphérique sont des termes qui reviennent constamment, lorsqu’on évoque leur musique. Une description pas vraiment originale quand on parle de post rock. Mais difficile de la dépeindre autrement, même si C.U.T.E. a le bon goût d’éviter les climax systématiques. Les aficionados devraient adorer ce « Fragments of a Prayer ». Les autres lui reprocheront une absence d’évolution ; car hormis les étonnantes percussions qui enrichissent « In the Cold », ce long playing ne propose absolument rien de neuf…

 

17f

The boy who cried wolf

Écrit par

C’est en 2010 que Frederic Merk, alias 17f, publie son premier opus, intitulé « Tree of Them ». Il nous propose aujourd’hui « The Boy Who Cried Wolf », son second essai. Son précédent elpee baignait dans un univers électro/jazz glacé, un style lorgnant manifestement vers des formations islandaises comme Sigur Rós ou Mùm.

Son deuxième long playing marque un changement radical de style. Et pour cause, l’électronique a cédé le relais à l’acoustique, et en particulier aux grattes sèches, à l’harmonica ainsi qu’au piano. En outre, l’artiste helvète ne se la joue plus en solitaire multi-instrumentiste. Lors des sessions d’enregistrement, il a d’ailleurs invité du beau monde. A l’instar de James Yorkston, Michael Frei (Hemlock Smith) ou encore T.S Brooks (Minmae). Qui participent tantôt aux vocaux, tantôt à l’instrumentation.

L’œuvre s’ouvre par deux titres interprétés à la guitare acoustique. Dans un style débridé. Une voix rauque, rappelant celle d’Howe Gelb, vient s’y poser. Dans l’ensemble, les compos sont minimalistes, mais également variées. Le long playing recèle ainsi deux plages atmosphériques, « Unbedingt » et « The Swing of Things », mais également une piste plus riche en instrumentation, en l’occurrence l’excellent « Happy New Year »

Frederic Merk est un musicien capable de se débrouiller aussi bien dans l’univers électro que celui du folk. Il le démontre parfaitement sur ses deux premiers albums. Vu ses aptitudes à se remettre en question, on attend impatiemment la suite…

 

Transmontane

Staring Back at You

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Les airs de Transmontane sont impitoyablement solitaires. Pas facile d’accès, « Staring Back at You » ne se laisse donc pas apprivoiser en deux temps trois mouvements. Cette musique s’adresse essentiellement à celles et ceux qui avaient succombé aux charmes sournois de Six Organs of Admittance. Et surtout aux déchirantes complaintes de Songs:Ohia, à qui on pense dès les premiers accords dispensés sur « Molecules », le morceau d’ouverture. Uniquement armé de sa guitare électrique (et parfois d’un orgue comme sur « Before Your Eyes »), le Chicagolais Ryan Duncan tisse des compos arides mais atmosphériques, tout au long de son second elpee solo, un disque volontairement monocorde, profondément enraciné dans le Midwest américain. Maintenant, il est clair que les mélodies lo-fi émaciées de cet artiste divisent la critique. Certains le considèrent comme un charlatan, d’autres comme un artiste alternatif. Une chose est sûre, il faudra choisir votre camp !

 

Stupeflip

Terrora!! (EP)

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Depuis la sortie du single « Je Fume Pu d’Shit », publié en 2002, Stupeflip sème la terreur dans l’Hexagone. Réunissant King Ju, Cadillac et MC Salo, le trio pratique un mélange irrévérencieux de rock, de hip-hop et de punk, le tout saupoudré d’une touche de variété… Pas d’overdose donc pour Stupeflip qui nous propose un nouvel Ep intitulé « Terrora !! », un peu plus d’un an après la sortie de « The Hypnoflip Invasion », un disque accompagné d’un Dvd live de 18 morceaux. Toujours aussi barré (je vous propose de prendre connaissance des origines du ‘Stup’ sur la page Wiki du groupe), le groupe ne renie pas ses racines loufoques et sarcastiques sur les sautillants « Terrora ! » et « Le Sonhifoudécou », des pistes gavées de samples et de claviers improbables. Le ‘Crou’ se place également dans les chaussures du Klub des Loosers sur le plus sérieux et touchant « Nan… ? Si ? ». Un véritable esprit punk dans un corps hip-hop. Une nouvelle salve de très bonne facture de ces très attachants sales gosses du paysage musical français.

En concert ce 9 novembre à l'Eden de Charleroi (date unique en Belgique!)

 

Tame Impala

Lonerism

Drivée par Kevin Parker, Tame Impala est une formation qui a le vent en poupe. En 2010, la formation aussie (NDR : elle est issue de Perth) avait publié un superbe album intitulé « Innerspeaker », une œuvre sur laquelle figurait le splendide single « Solitude is bliss ».

Ce premier elpee brassait une multitude d’influences pour les transformer en psyché/rock à la fois brillant et revivaliste.

Plus homogène, leur second essai est plus structuré, maîtrisé même, et accorde davantage d’importance à la sensibilité mélodique pop, sans pour autant se départir de ses pulsions expérimentales néo-psychédéliques. Des pulsions que le combo australien a sans doute chopé en écoutant ses classiques de l’histoire du rock. Depuis le Floyd de Syd Barrett à Radioahead, en passant par The Cream, Hawkwind, Rare Earth, Supertramp, Burning Brides, The Warlocks et Black Angels. Sans oublier le shoegaze (NDR: notamment Ride et Pale Saints) ainsi que le stoner (NDR: pensez à Kyuss).

Conséquence, la formation adopte plus souvent un format chanson, à l’instar de « Be above it », « Endors toi », « Mind mischief », « Keep on lying » et plus particulièrement encore sur les singles « Feels like we only go backwords » et « Elephant ». Et ces compos se révèlent à la fois classieuses et ingénieuses. Visionnaires également. Tirant parti de rythmes hypnotiques ou explosifs, de claviers intergalactiques ou vintage, de synthés aventureux, de percussions languissantes et de cordes de guitare réverbérées ou en boucle.

Et c’est David Fridmann (Mercury Rev, The Flaming Lips, MGMT) qui s’est chargé de mixer cet album à la fois captivant, coloré et surtout parfaitement réussi.

 

Sade

Bring me home – Live 2011 (cd + dvd)

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En 2010, Sade Adu publiait un nouvel opus studio intitulé « Soldier of love », après une absence de 10 bonnes années. Dans la foulée, elle a publié une compile (« The ultimate collection ») l’année suivante et un live en mai 2012 : « Bring me home ». Réunissant un cd et un dvd. Le disque audio épingle les plus grands succès de l’artiste et une sélection des compos les plus récentes.

Mais venons-en au dvd. Enrichi d’un bêtisier et d’un documentaire. Pas le plus intéressant. Le plat de résistance procède du film réalisé par la célèbre réalisatrice anglaise, Sophie Muller. Plus de deux heures de spectacle au cours duquel Sade nous ensorcèle de sa voix suave, sensuelle, chaleureuse ou langoureuse. Surtout en seconde partie de show. En fait, il s’agit probablement de deux sets différents dont la quintessence a été extraite. Pour preuve, en début de parcours, elle est vêtue d’un pantalon et en seconde d’une robe (blanche d’abord, rouge ensuite). Elle est soutenue par huit musiciens, dont un remarquable saxophoniste/guitariste, Stuart Matthewman. Et je dois avouer que la mise en scène est époustouflante. Tant les projections qui se fondent dans le line up que les apparitions et disparitions des musicos disséminés aux quatre coins de l’estrade. Manifestement, ‘ça a de’ la gueule…

 

Ariel Pink

Mature Themes

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“Mature themes” devait paraître avant “Before today”, publié en 2010. Mais pour des questions de budget, sa sortie avait été postposée. Ce qui explique sans doute pourquoi, il peut surprendre.

Mais venons-en à ce nouvel elpee. Imaginez un peu le chaînon manquant entre Todd Rundgren époque « A Wizard, a true star » (1973) et Syd Barrett. Puis, épicez le résultat obtenu, suivant les plages, d’influences multiples. Vous aurez ainsi une idée générale de la musique pratiquée par Ariel Pink flanqué de ses haunted Graffiti, tout au long de cette œuvre.

Mieux vaut ne pas trop s’attarder sur les lyrics. Traitant le plus souvent de jeux informatiques issus des 80’s, ils constituent le maillon faible des chansons de Pink. Par contre musicalement, si vous aimez le psychédélisme, il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs. Depuis les harmonies vocales byrdsiennes balayant « Only in my dreams » au funk indolent « Baby », cover du « Dreamin’ Wild » de Donnie & Joe Emerson, pour lequel, le producteur/DJ Dâm Funk vient poser la voix, en passant par le disco synthétique « Pink Slime » (Of Montreal ?) et le krautrock « Nostradamus & me » (Klaus Schulze ?), une piste atmosphérique de sept minutes et demie nappée de claviers space-rock, écumée par une ligne de basse en boucle, mais paradoxalement relevée par des vocaux. Une ligne de basse la plupart du temps mélodieuse, à l’instar de « Driftwood ». Mais aussi d’« Early birds of Babylon », plus new wave, réminiscente du jeu de Barry Adamson quand il sévissait chez Magazine, un superbe morceau hanté par des harmonies vocales mystérieuses, presque spectrales. Des harmonies qui s’élèvent en crescendo sur l’hypnotique et délirant « Schnitzel boogie », un titre qui lorgne manifestement vers Gorky’s Zygotic Mynci. Et si le plus synthétique « Symphony of the Nymph » évoque plutôt Snakefinger, « Farewell American Primitive » nous renvoie dans l’univers expérimental du guitariste John Fahey. Mais tout au long de ce disque, malgré leur nature aventureuse, les plages respectent une constante : un sens mélodique soigné et souvent contagieux. Un superbe album !

 

The Murder of Crows

Imperfecta (Ep)

Écrit par

The Murder of Crows est le dernier projet soutenu par Alan Sparhawk, le compositeur/chanteur/guitariste de Low, mais aussi le boss du label Chairkick. Il vient y apporter régulièrement son concours à la guitare. La plupart du temps, en concédant des accords minimalistes. De manière à bien mettre en exergue le talent de la violoniste Gaelynn Lea. Atteinte de la maladie des os de verre, se déplaçant en voiturette, elle en joue comme un violoncelle. Et rien qu’en écoutant les gémissements de ses cordes, on en attrape des frissons dans le dos. Hormis le plus désinvolte « Bird song », sur lequel Alan vient poser sa voix et le moins douloureux « Let it go », au cours duquel Mimi Parker apporte ses backing vocaux, cet Ep baigne dans une forme d’ambient, à mi-chemin entre Low et Dirty Three. Une œuvre essentiellement instrumentale, même si Gaelynn se réserve le lead vocal sur ces deux pistes. Et son timbre particulièrement aigu communique un feeling unique en son genre à ces compos. Des morceaux mélancoliques, d’une grande beauté mais qui semblent constamment déchirés entre ténèbres et lumière. A l’instar de la superbe reprise de Neil Young, « Down by the river », rebaptisée pour la circonstance, « Down by the lake » ou du bouleversant « Midday waltz ».

 

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