Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Chroniques

Sebastien Tellier

My God is Blue

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En constante remise en question, Sébastien Tellier nous revient sous les traits (NDR : la pochette !) d’un gourou repeint en bleu. A moins que ce ne soit sous la forme d’un prophète de la mystérieuse ‘Alliance Bleue’. Totalement barré ou résolument décalé, le Français avait fort à faire pour offrir un digne successeur au magnifique « Sexuality », sorti en 2007. « My God is Blue » n’atteint pas les mêmes sommets que l’ode à Marc Dorcel mais devrait néanmoins ravir les fans du plus sérieux des candidats successeurs à Gainsbourg (NDR : on ne parle pas du génie de l’homme à la tête de chou, bien sûr). Les synthés vintage nous invitent à osciller entre grandiose et ridicule ; en outre, Tellier n’hésite pas à recourir à des chœurs ‘célestes’ ou même des cloches. Très inégal, « My God is Blue » assume sa grandiloquence avec humour et classe lorsqu’il ne se plante pas. Ainsi, si on s’extasie à l’écoute du disco magnifique « Cochon Ville » ou du délicatement pop « Mayday », il faut se farcir le plus que dispensable « Russian Attractions ».

Si Tellier n’existait pas, il aurait fallu l’inventer. Et il a au moins le mérite d’exister. Je reprendrai bien une dose de Pepito Bleu, et tant pis si je risque une overdose de kitsch progressive !

Sébastien Tellier se produira au festival de Dour, ce 13 juillet. Le barbu assure en live ! Rendez-vous, dès lors, à la messe païenne célébrée par cet attachant génie-arnaqueur ! 

 

Soap&Skin

Narrow

Écrit par

A 18 ans, Anna Plaschg livrait tout son saoul sur « Lovetune For Vacuum », un premier album qui prouvait une nouvelle fois qu’en matière de talent, l’âge importe peu. Trois ans plus tard, la jeune Autrichienne nous revient, un nouvel LP de Soap&Skin sous les bras. Un disque affecté par la mort de son père à qui elle dédie le morceau introductif, « Vater », interprété dans sa langue natale. Une superbe composition tout en crescendo. Des délicates premières notes de piano à l’explosion mélodique du final, la jeune femme laisse libre cours à sa peine et ses tourments, qu’elle verse également sur l’étonnante reprise du classique de Desireless (si, si), « Voyage, Voyage ». Soap&Skin ou comment faire du kitsch une superbe mélopée tout en spleen.

L’Autrichienne retrouve ensuite ses expérimentations à la Xiu Xiu sur des titres tels que « Deathmental » qui doivent certainement prendre toute leur amplitude sur scène, encore plus lorsqu’elle s’accompagne de son Ensemble. « Narrow » est un disque affecté mais sans excès, dont l’hétérogénéité est la principale qualité mais également le principal défaut. Soap&Skin ne se laisse pas appréhender facilement. C’est ce qui fait tout son charme.

 

Slide On Venus

Topless

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Il y a deux ans, Slide on Venus publiait son troisième Ep (« Put Music to »). A l’époque, votre serviteur avait chroniqué ce disque ; et malgré l’enthousiasme manifesté par la presse spécialisée française, je ne l’avais guère apprécié. A vrai dire, face à ce pseudo-phénomène bisontin (autrement dit ‘de Besançon’), j’étais resté de marbre. Indifférent, si vous préférez. Alors devoir analyser le premier opus de ce groupe hexagonal n’était pas davantage de nature à m’emballer… 

Mauvais signe, la pochette ne m’inspire pas du tout. Pressentiment confirmé par la musique proposée par la formation sur cet elpee. Toujours aussi fade. Et pourtant, les médias, outre-Quiévrain, ont remis le couvert, en encensant ce « Topless ».

Finalement, le qualificatif utilisé par le groupe résume parfaitement leur musique : ‘power-pop high energy’. Autrement dit, un punk-rock aux mélodies prévisibles. Car finalement, hormis la voix qui devient rapidement insupportable, le reste n’est pas de mauvaise facture. Simplement, l’expression sonore manque cruellement d’originalité. Alors si Slide on Venus est la nouvelle révélation du rock français, c’est que nos voisins ont perdu tout sens critique…

 

Quantum Fantay

Bridges of the old fishingmine

Écrit par

Cet album ‘live’ a été enregistré dans le cadre des Fonnefeesten de Lokeren, en 2011. Et le tout a été minutieusement retravaillé en studio par la suite. Ainsi les parties de flûte, assurées par Charles Sla, ont été rajoutées. Ce dernier avait déjà quitté la formation avant le concert, et c’est donc par le biais de la technologie moderne qu’elles figurent sur ce cd. Samples et anciennes prises ont ainsi été intégrées, sans que personne, d’autre que ceux qui avaient assisté au set, ne puisse déceler la combine.

Sans quoi, on retrouve, sur cet elpee tout ce qui fait la caractéristique de la musique de Quantum Fantay. C’est-à-dire cette expression sonore instrumentale, fruit d’ mélange de space et de prog rock, judicieusement parfumé de psychédélisme, d’électro, de reggae et de dub, qui doit autant à Ozric Tentacles que Steve Hillage.

Le groupe belge fête ses 10 années d’existence, en 2012, mais on se demande quand même comment il va se débrouiller pour pallier l’absence de leur flûtiste…

 

Masha Qrella

Analogies

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Masha Qrella est une interprète germano-russe dont « Analogies » constitue le quatrième labeur. Un LP de pop mollassonne et gentillette. Les morceaux de la demoiselle dépassent rarement les quatre minutes mais semblent tirer indéfiniment en longueur. Des compositions à peine dignes de servir de bruit de fond (les insupportables « Crooked Dreams », « Fishing Buddies », « Call My Name »).

La Berlinoise parvient parfois à créer de jolies mélodies (« Last Dance », la pop jazzy de « Take Your Time »), très vite embuées par des vocalises niaises qui tente de nous faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Un disque sans risques ni intérêt.

 

The Motives

The Motives featuring Matt Taylor

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The Motives est une nouvelle formation anglaise qui puise son inspiration à la fois dans le New York des années 40, le Chicago des fifties et le Londres des 60’s. Matt Taylor en est le leader. Il se réserve le chant, l’écriture et la production. Il avait déjà publié quatre albums en solo. Il a aussi régulièrement bossé pour le regretté Long John Baldry ainsi que milité chez le Snowy White Blues Project. Au sein de son backing band, Andy Graham est préposé à la basse. Il a longuement côtoyé Ian Siegal, l’un des meilleurs bluesmen britanniques de ce début de siècle. Roy Martin siège derrière ses fûts. Il a longtemps mis ses baguettes au service de Patricia Kaas. Particulièrement doué, le claviériste Jonny Dyke ne compte plus les collaborations. Il a également participé aux tournées de Kaas.

Plage rythmée, “Never tell a lie” ouvre la plaque. La voix de Taylor passe bien la rampe. L’orgue Hammond de Dyke tapisse distinctement la solution sonore. Il constitue même un support déterminant pour épauler les sorties du leader sur les cordes. Le jeu de Matt est très fluide. Sa technique est impeccable et il n’hésite pas à nous balancer un chapelet de notes, les triturant même, suivant son inspiration, par des pédales de distorsion (wah wah ?) Une recette qu’il reproduit sur “Cookie jar”. L’entente entre les deux solistes est un élément moteur de l’ensemble et la solide section rythmique en constitue le ciment indispensable. Plus classique, “Leap of faith” est imprimé sur un mid tempo. Une piste qui néanmoins porte bien la marque des Motives, tout en s’inspirant quelque peu du géant texan, Freddie King. Matt élabore un solo de haute volée. “Find another love” ne manque pas d’allure. Subtilement imprimé, le tempo déborde de swing. La structure du morceau est balisée par les interventions chaleureuses à l’orgue Hammond. Une construction qui n’est pas sans me rappeler le style anglais qui allait émerger au terme du british blues boom des sixties. Bref, le niveau musical est plutôt remarquable. Swing et percus hantent l’étrange “The rules don’t apply”. “Looking for the way home” est une compo particulièrement réussie. Le Bo Diddley beat est parfaitement dispensé. Un léger funk syncopé envahit l’atmosphère. Matt joue de la slide comme Lowell George à ses débuts, chez Little Feat, tandis que Dyke s’acharne sur les 88 touches de son piano. Matt chante passionnément “Gone before, une plage indolente et empreinte d’une extrême douceur, au cours de laquelle il communique toute sa sensibilité à travers sa sortie sur les cordes. Taylor reprend “Gangsters”, une chanson signée Rafael Ravenscroft (NDR : souvenez-vous du saxophoniste qui s’était illustré sur le “Baker street” de Gerry Rafferty) qu’il interprétait lorsqu’il accompagnait autrefois le souffleur notoire. “If you were gone” évoque The Cream circa “Crossroads”. “After all this borrowed time” lorgne paradoxalement vers Procol Harum. Même la voix me rappelle Gary Brooker! Une fragrance délicatement 60’s envahit “Nature cruel design”. Les échanges opérés entre Taylor et Dyke sont dignes de ceux rencontrés chez la paire Carlos Santana/Greg Rollie. L’elpee s’achève par un excellent blues rock intitulé “Baby don’t lose my number”, une piste dont le piano boogie woogie nous replonge dans l’ambiance d’un Fats Domino. Bonne nouvelle pour les internautes, un Ep 5 tires datant de 2011 est téléchargeable gratuitement sur leur site

 

R.J. Mischo

Make it good

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R.J est l’un des tous grands harmonicistes contemporains. Il est originaire de Minneapolis où il s’st forgé sa notoriété en se produisant auprès de musiciens noirs locaux comme Mojo Buford, Sonny Rodgers ou Milwaukee Slim. Au tout début des années 90, il monte son premier groupe et publie dans la foulée son premier album, “R.J and Kid Morgan Blues Band featuring Percy Strother”. Soit l’année suivante. En 98, il décide de déménager à San Francisco. La scène blues californienne y est beaucoup plus vivace! Il y embarque son backing band. Depuis peu, il est parti vivre à Fayetteville, dans l’Arkansas.

« Make it good » constitue son dixième opus. Mischo rock et rolle immédiatement lors d’un “Trouble belt” explosif. Les guitares de Johnny Moeller (Fabulous Thunderbirds) et Nick Curran sont à l’affût. Nick Connolly sautille derrière son piano. Ronnie James Webber secoue sa lourde contrebasse pendant que Wess Starr martèle ses fûts. Le leader sort un harmonica diatonique de sa poche et entraîne son ensemble dans un instrumental proche du Memphis sound. Faut dire que Connolly est passé à l’orgue Hammond. Moeller semble possédé. Il joue très nerveusement, comme si sa vie en dépendait. R.J jouit d’une classe naturelle. Il peut tout faire. Et repousse les limites de son talent, sur les compos instrumentales. “Elevator juice” en est certainement la plus belle démonstration. Mais aussi “Papa’s S.T special”, un country blues qui rend hommage à Sonny Terry, une piste caractérisée par ses cris en whooping, dans une ambiance reproduisant la séquence d’un film au cours duquel un train bien sur rails est lancé à vive allure. Ou encore “Arumbala”, une plage découpée en deux parties. Dévastatrice, elle est fouettée par des percussions tribales. “Minnesota woman” ressuscite le blues chicagolais du bon vieux temps. Chevrotante, la voix de Mischo souffle en sanglots comme Sonny Boy Williamson II. Blues lent de toute bonne facture, “Not a good man” traduit toute sa passion, son mal de vivre. Il emprunte des cris d’harmonicas à Little Walter! Et au chant, R.J s’en tire avec panache. Remuant, dansant, “I got you covered” lorgne vers le R&B. Jump à la californienne, “The biscuit is back” est chargé de swing. Moeller se déchaîne. R.J souffle une nouvelle fois comme Sonny Boy (NDR : au cours des années 40, ce dernier animait l’émission “King Biscuit” sur une radio sise du côté de Helena, en Arkansas, non loin des berges du Mississippi). “All over again” puise dans le Chicago profond, concédant un ultime appel à Little Walter. Deux plages ont été immortalisées à Saint Paul, dans le Minnesota. Pour la circonstance, il avait reçu le concours d’amis locaux. La plage éponyme, tout d’abord. Un excellent Chicago shuffle. Aux cordes, son pote Jeremy Johnson est impressionnant. Ses interventions sont chaleureuses, torrides, alors que Richard Medek balise le tempo. “Up to the brim” est un autre instrumental. Mathis et Jeremy se partagent ce titre en duo. Ce dernier dans un style proche du swamp blues rythmé de Slim Harpo. Nous sommes alors à nouveau au cœur des marais de la Louisiane. Du blues 5* que je vous recommande vivement !

 

Patti Smith

Banga

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Huit longues années que Patti Smith n’avait plus enregistré de véritable album. Paru en 2007, « Twelve » était un elpee consacré exclusivement à des reprises, alors que « The Coral See », concocté en compagnie de Kevin Shields, était réservé à ses poèmes récités sur de longues envolées sonores atmosphériques.

Le titre « Banga » a été emprunté au roman de Mikhaïl Boulgakov, ‘Le maître et la marguerite’. C’est le nom du chien de Pilate. L’elpee ne manque d’ailleurs pas d’hommages ni de références. Ainsi « Fuji-San » est une prière adressée aux victimes du tsunami qui a ravagé le Japon. « This is the girl » revient sur le comportement autodestructeur d’Amy Winehouse, cette remarquable vocaliste victime d’un abus de consommation d’alcool et de drogues. « Maria », nous parle de la fragilité psychologique de Maria Schneider, partenaire de Marlon Brando dans le ‘Dernier tango à Paris’, décédée en 2011.

Sous un aspect plus littéraire, « April fool » est une ballade allègre inspirée par Nicolas Gogol, un écrivain russe d'origine ukrainienne, alors que sur « Tarkovsky (The second stop is Jupiter »), elle marche sur les pas du grand réalisateur de cinéma, mort en exil en 1986, tout en récitant ses vers a cappella. Quant au morceau d’ouverture, « Amerigo », il nous invite à revivre le périple qui a permis à Amerigo Vespucci de découvrir le Nouveau Monde. Si le très ‘televisionesque’ « Nine », est le cadeau d’anniversaire adressé à Johnny Depp (NDR : il est né un 9 juin !), ce dernier apporte finalement et paradoxalement son concours au titre maître. « Constanine’s Dream » s’inspire de la fresque ‘Le Rêve de Constantin’ de Piero della Francesca, un grand maître de la Renaissance. En filigrane, cette œuvre est toujours hantée par les fantômes  d’Allen Ginsberg, d’Arthur Rimbaud, ses maîtres, ainsi que de feu son époux, Fred ‘Sonic’ Smith, disparu à l’âge de 44 ans.

Jackson et Jesse, ses deux enfants, ont participé aux sessions d’enregistrement de l’album. Le premier joue de la guitare, le second au piano. Et en studio, elle a pu bénéficier du concours de quelques invités mais surtout de son band habituel. Soit le gratteur Lenny Kaye, le drummer Jay Dee Daugherty et le bassiste/claviériste Tony Shanahan. Sans oublier la présence de Tom Verlaine sur deux plages.

Ce superbe opus s’achève par « After The gold rush », une reprise de Neil Young, au cours de laquelle Patti est soutenue, en fin de parcours, par une chorale d’enfants.

Patti Smith est en tournée cet été en Europe et se produira, en particulier, à l’Openlucht Rivierenhof d’Anvers ce 1er juillet, festival programmé du 20/06 au 7/09, qui accueillera également Portishead, OMD ainsi que Sigur Ròs ( www.openluchttheater.be ) ; et dans le cadre des Ardentes, ce 5 du même mois, à Liège, festival au cours duquel sont également à l’affiche Dyonisos, Morrissey, The Jon Spencer Blues Explosion, Yeasayer et Hubert-Felix Thiefaine et bien d’autres… ( http://www.lesardentes.be/2012/fr/ )

 

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