La première ébauche de Beguiling Junior

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Twin Temple, amants maudits ?

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Enregistré sous Ex:Re

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Chroniques

Santana

Shape Shifter

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Plus de 40 ans que Carlos Santana se produit aux quatre coins des Continents. Indubitablement, c’est un guitariste légendaire de la ‘rock generation’. Santana, c’est également le groupe qu’il a fondé. Une formation devenue extrêmement populaire le lendemain de sa prestation accordée au festival de Woodstock, en 1969 ; une prestation immortalisée par le film qui a été consacré à cet événement. Carlos n’est pas très doué au chant. D’ailleurs au cours de sa carrière, il a sollicité le concours d’une belle panoplie de vocalistes, issus d’univers différents.

Ce nouvel opus marque son retour à une formule presqu’exclusivement instrumentale, privilégiant son jeu sur les cordes! Cet elpee, il l’a publié sur son propre label, Starfaith. Une première ! Une œuvre certainement moins percutante que “Guitar heaven : the Greatest guitar classics of all time”, son précédent cd paru en 2010 ! Chez Santana, l’expression sonore est souvent née de la mise en exergue du jeu pyrotechnique de son leader conjugué aux percussions bien mises à l’avant. Sans oublier la présence de claviers vintage. Un univers propice à des références latines alimentant un rock largement teinté de jazz, qui ne néglige pas pour autant le sens mélodique. Et c’est bien ce que nous retrouvons sur ce disque.

L’elpee s’ouvre sous les meilleurs auspices par le titre éponyme, théâtre d’échanges entre les cordes et l’orgue Hammond de Chester Thompson. Une ouverture majestueuse et chargée de promesses. “Dom” s’ébroue sur quelques accords de claviers synthétiques, à l’instar d’une bande sonore cinématographique. Les percus trament le rythme de “Nomad”, une compo sur laquelle les cordes de Carlos vagabondent au cœur du désert, suivant des chemins qu’il avait déjà emprunté sur l’excellent opus “Caravanserai”. “Metatron” trace une ligne musicale contagieuse, une piste au cours de laquelle, Carlos aligne des notes dignes du Santana au sommet de son art. La quintessence de l’œuvre est alors derrière nous. L’artiste affiche cependant toujours une classe incontestable, sur les titres suivants, mais il y manque la flamme. A l’instar de “Macumba in Budapest”, caractérisé par son esthétisme latino ou de “Mr Szabo”, une plage festive alimentée par cordes acoustiques et percussions. Une seule plage chantée : “Eres La Luz”. Un morceau classique dont climat allègre et latin est entretenu par les inévitables percussions. Enfin, interventions de guitare, de piano et d’orgue rivalisent de technique sur “Canela”. D’honnête facture, cet album n’est pas “Supernatural”. Et ce dernier remonte quand même à 1999.  

 

Moncrief Raleigh

Watered Lawn

Écrit par

Cet elpee est paru fin de l’année dernière. Mais on ne peut pas dire que ce laps de temps a permis au Californien de dépasser les frontières américaines. Vous connaissiez Moncrief Raleigh ? En cherchant sur la toile, on se rend cependant compte que l’artiste est loin d’être un illustre inconnu. Et pour cause, il a bossé en compagnie de Marnie Stern, Dirty Projectors ou encore du batteur Zach Hill.

La musique de Moncrief Raleigh évolue dans un univers proche de Prefused 73 voire de Bibio. Pas étonnant, puisqu’il a été signé sur le label indépendant Anticon (Why ?, Alias, Dosh, …) Les ambiances psyché qui baignent les premiers morceaux rappellent clairement Panda Bear voire parfois Animal Collective. Raleigh pousse même quelquefois la chansonnette et nous réserve ainsi des mélodies fort sympathiques, à la limite contagieuses. A l’instar de « I Just Saw» et « In the Grass ». La suite de l’album s’enfonce plus profondément au sein des méandres de l’electronica, explorées à coups de rythmes dubstep. Cette deuxième partie exige d’ailleurs une écoute plus attentive. Il faut même avouer que l’on peut facilement s’y perdre et lâcher prise.

Le premier album solo de Moncrief Raleigh n’est pas facile d’accès. Sa musique est expérimentale, mais pas dénuée d’intérêt. Et explique, sans doute pourquoi, l’artiste est régulièrement invité à apporter sa collaboration…

 

Mike Patton

The Solitude of Prime Numbers (music from the film and inspired by the book)

Écrit par

Plus à un projet près –Mr. Bungle, Fantomas, Faith No More, Tomahawk– Mike Patton a décidé de se lancer dans la bande sonore cinématographique. Signant la B.O. du film italien ‘La Solitude des Nombres Premiers’, un long métrage réalisé par Saverio Costanzo qui s’inspire du premier roman (à très grand succès) de Paolo Giordano, un roman racontant l’histoire d’Alice et Mattia se considérant à l’instar des nombres premiers, proches mais à jamais séparés… Tout un programme ! Qui a apparemment inspiré Patton…

L’Américain a composé une chanson pour chacun des 16 premiers nombres premiers. Une musique où piano, cordes, beats discrets ainsi que chuchotements bizarres et minimalistes sont abordés dans l’esprit de Bernard Hermann... Album d’ambiance, cette bande-son est difficile à séparer du support visuel qu’elle est sensée illustrer et constitue une longue plage dont les différents morceaux sont inséparables. Le film conte une multitude de rencontres ratées et sa bande-son illustre cette situation avec brio, car si chaque morceau aurait pu devenir une chanson réussie, à chaque fois, elle avorte trop rapidement… Beau, ennuyeux, bizarre et intriguant à la fois !

 

Odonis Odonis

Hollandaze

Écrit par

Odonis Odonis vient d’enregistrer son premier elpee sur le label anglais Fat Cat (Maps & Atlases, Forest Fire, The Twilight Sad, …) Avant d’incarner un groupe, Odonis Odonis c’est avant tout le projet de Dean Tzenos. Originaire de Toronto, il reconnaît comme influences majeures The Cure, Jesus and Mary Chain ou encore les Pixies. Des influences qui transparaissent furtivement suivant les morceaux de cet « Hollandaze ».

A première écoute, la musique d’Odonis Odonis n’est pas facile d’accès. Elle peut même paraître brouillonne. A cause de son style qui oscille entre shoegaze, noisy et psyché. Et pourtant, au fil des écoutes, la brume finit par se lever. On y distingue alors plus nettement cette sensibilité subtile qui émane des riffs de guitares, des hurlements circonstanciels ou des rythmiques. Un titre comme « Blood Feast » évoque même No Age.

Sombre et extatique « Hollandaze » se révèle, au final, une excellente surprise…

 

Mothlite

Dark Age

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Mothlite est le projet solo de Daniel O'Sullivan, un compositeur anglais qui milite chez Ulver. Ce multi-instrumentiste apporte également sa collaboration, entre autres, à Guapo, Miracle et Grumbling Fur. Signé sur Kscope, cet opus succède à "The Flax Of Reverie", publié en 2008 chez Southern Records.

"Dark Age" porte bien son titre, car il reflète une période difficile traversée par le musicien mancunien. ‘Cet album m'a permis de réaliser une catharsis pendant une phase d'hystérie et de troubles émotionnels’, précise-t-il sur le site de Kscope. On décèle, en effet, beaucoup d'obscurité au sein de cette œuvre musicale, qui rappelle les années '80 dans le côté pop progressif (Talk Talk, Tears For Fears, Howard Jones, The Fixx, Gary Numan) et les atmosphères sombres et torturées à la Cocteau Twins ou Japan. On identifie aussi quelques touches de musique industrielle (Nine Inch Nails), surtout sur "Dreamsinter Nightspore".

Dans l'ensemble, il s'agit d'un elpee assez expérimental, une ‘jungle esthétique’ parfois trop foisonnante, mais qui se révèle pleine de richesse après quelques écoutes. C'est de la pop intelligente et éclatante, depuis les grondements de "The Blood" jusqu'aux méandres épiques de "The Underneath" en passant par le grandiose "Something In The Sky". Big Pink et Ulver ne sont jamais loin, même si les mélodies sont ici moins accrocheuses. Caractérisée par son riff électro et sa structure plus traditionnelle, la plage titulaire est la plus facile d'accès. Intéressant...

Regardez la vidéo de "Something In The Sky" http://www.youtube.com/watch?v=Kdc2xFpjedg

 

Janis Joplin

The Pearl Sessions

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Janis Joplin était une chanteuse exceptionnelle, disparue bien trop tôt. Elle était née à Port Arthur, au Texas, en 1943. Elle n’a pas 20 ans, lorsqu’elle part en autostop pour San Francisco. Elle y intègre la communauté issue de la génération Flower Power, véhicule de la contre-culture, qui allait la marquer à jamais. Elle était fortement influencée par les chanteuses de blues, Bessie Smith et Big Mama Thornton. Elle est devenue, très jeune, accro aux drogues et à l’alcool. C’est cette addiction à l’héroïne qui allait l’emporter en octobre 1970. Elle n’était alors âgée que de 27 ans. Dès 1966, elle intègre le Big Brother and the Holding Company, un des groupes-phare issus du quartier de Haight-Ashbury, à San Francisco. Au cours de cette période, la formation va publier un opus indispensable, “Cheap thrills”. En 1968, exactement. Un disque sur lequel figurent “Piece of my heart” et “Summertime”. En 1969, elle forme son propre band, le Kozmik Blues Band. Elle le veut plus blues, funk et soul. Une aventure immortalisée par l’elpee “I got dem old Kozmik blues again Mama!”. L’année suivante, elle monte le Full Tilt Boogie Band. Durant l’automne 1970, elle enregistre l’album “Pearl” ; mais le lendemain de la mise en boîte de “Me and Bobby McGee”, soit le 4 octobre, on la découvre sans vie, dans sa chambre d’hôtel.

Cette œuvre débute par un brûlot, “Move over”, une chanson dynamique, nerveuse qui laisse éclater la voix extraterrestre de l’artiste. Superbe blues, “Cry baby” est toujours illuminé par l’organe de Janis. Elle vit passionnément l’instant. La sensibilité qu’elle libère est impressionnante. La star et les musiciens canadiens sont en parfaite harmonie. Claviers, piano et orgue balisent parfaitement cette compo. Lente, vivifiante, chargée de passion et saturée d’émotion, “A woman left lonely” est une autre ballade trempée dans le blues. “Half moon” est calqué sur un chant gospel. “Buried alive in the blues” est une compo signée par Nick Gravenites. La version est demeurée instrumentale, car Janis venait de décéder, juste avant d’opérer la prise vocale. “Me and Bobby McGhee” est un morceau issu de la plume de Kris Kristofferson. Parcourus d’accent country, la version est sublime. Publiée en single, elle allait atteindre le sommet des charts. Lorsqu’elle interprète a capella “Mercedes Benz”, un large frisson nous parcourt l’échine. Et cette passion la dévore une nouvelle fois, lorsqu’elle attaque le “Trust me” de Bobby Womack. Tout comme lors de la finale, “Get it while you can”.

“Pearl” était sans aucun doute l’une des meilleures œuvres de cette époque. Ce double cd constitue un véritable testament, destiné à nous rapprocher de cette artiste si attachante. Et on a presque envie de pleurer, en écoutant la version demo de “Me and Bobby McGhee”, une plage sur laquelle elle s’accompagne à la guitare acoustique. En fin de parcours, les deux plages immortalisées ‘live’ nous rappellent cette fièvre et cette énergie qui la magnifiaient sur les planches… 

 

Hunx

Hairdresser blues

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Seth Bogart (ex-Gravy Train) est de retour. En solitaire. Donc sans ses Punks ou ses Punkettes. Cet Américain (NDR : il est issu d’Oakland) est un personnage excentrique. Et il nous propose un disque à son image : agréable, fantasque et léger. Un univers sonore que reflète parfaitement l’illustration de la pochette. Très 80’s elle aurait d’ailleurs pu servir à un album de Cindy Lauper.

Découpé en 10 plages, « Hairdresser Blues » trempe dans un style ‘garage rock lo-fi’. L’opus s’ouvre par deux pépites pop aux refrains aussi contagieux qu’efficaces : « Your Love is Here to Stay » et « Private Room ». Instrumental, « Always Forever » libère des riffs hypnotiques. Les morceaux s’enchaînent naturellement, même si certaines plages peuvent se révéler plus dispensables. Seth Bogart chante ses déboires amoureux, ses petits soucis du quotidien. « Say Goodbye Before You Leave » rend hommage à son ami Jay Reatard, tandis que « When You’re Gone » est dédié à son paternel. Mais malgré les sujets abordés, l’artiste ne tombe jamais dans la ballade mélodramatique.

Seth Bogart est un excellent songwriter. Et il vient à nouveau de le confirmer en écrivant pour cet « Hairdresser blues », des chansons légères, sans prétention, aux mélodies imparables et tellement agréables à écouter…

 

Here We Go Magic

A Different Ship (a)

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Lors de la sortie de son dernier album, « Pigeons », paru voici deux ans, Here We Go Magic était parvenu à convaincre une grande partie de la critique musicale. Une reconnaissance méritée, qui leur a également valu celle de Thom Yorke. Ce dernier leur ainsi demandé d’assurer la première partie de la tournée de Radiohead. Une belle opportunité qui leur a permis de rencontrer Nigel Godrich. Et dans la foulée, le célèbre producteur leur a proposé de mettre en forme, « A Different Ship ».

La musique de Here We Go Magic n’est pas toujours facile d’accès. Et c’est à nouveau le cas sur ce nouvel elpee. En outre, on assiste à un changement radical d’orientation dans leur style. Dès « Hard to Be Close », on en revient à celui épousé par Luke Temple, en début de carrière, lorsqu’il privilégiait la forme acoustique. Mais si les compos sont davantage posées, elles se révèlent encore plus complexes. Moins psychédéliques pourtant. La structure des morceaux est plus progressive et se trame sur des riffs hypnotiques que transcendent des lignes synthétiques (« Alone But Moving », « Over The Ocean,… ») Here We Go Magic passe la seconde sur quelques morceaux comme sur le plus enjoué « How Do I Know ». Mais hormis ces quelques coups d’accélérateur, l’elpee baigne au sein d’un climat atmosphérique et cool.

Finalement, si vous connaissez parfaitement le parcours du New-yorkais, « A Different Ship » n’est pas une véritable surprise. En fait, il n’est novateur que par le coup d’œil donné dans le rétroviseur…

 

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