L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Chroniques

Nathan Salsburg

Affirmed

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Natif de Diamond City (NDR : c’est en Pennsylvanie) Nathan Salsburg est un guitariste aux doigts d’or ! « Affirmed » constitue son premier album, un disque au cours duquel il démontre toute sa maîtrise du ‘finger-picking’. Ses morceaux sont essentiellement instrumentaux. Et il les sculpte dans l’Americana et le Southern folk, cette musique américaine traditionnelle des grands espaces arides et proches de l’univers de la cinéaste Kelly Reichardt, des expérimentations d’Alan Lomax (Nathan travaille d’ailleurs comme curateur et archiviste pour sa fondation) ou du grand maître John Fahey. Il faut attendre le 7ème titre, une reprise de « The False True Love », un morceau issu du répertoire traditionnel, pour découvrir la voix de Nathan. Bien qu’austères, ses compos libèrent suffisamment d’émotion pour ne pas se confiner dans le pur exercice de style. Raison pour laquelle on tombe facilement sous le charme de cet opus…

 

Davie Lawson

Rags

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Davie Lawson ne jouit pas encore d’une réputation internationale, loin de là. Après avoir publié deux elpees confidentiels, il avait d’ailleurs décidé d’abandonner la musique pour embrasser une carrière de prof… Mais le virus l’a rattrapé. Il a alors recommencé à jouer de la guitare et surtout à composer. Et c’est en compagnie de quelques musicos locaux que le Gallois est parti à Glasgow, pour enregistrer « Rags », une nouvelle collection de titres sculptés dans un folk teinté de blues et de rock, réminiscent des 70’s. Une expression sonore qui doit autant à Bob Dylan (« Rags ») que Neil Young (« Annie #2 »). Encore que vu la richesse de l’instrumentation (piano, harmonica, mandoline, violon, guitare électrique, accordéon, …) et l’esprit créatif de l’artiste, nous ne sommes pas très loin des dernières œuvres de Bright Eyes…

 

Debbie Davies

After the fall

Écrit par

Debbie Davies est une véritable blueswoman. Elle chante, mais c’est surtout une guitariste talentueuse qui a été formée, dans le passé par le génial Albert Collins. D’ailleurs, elle a milité au sein de ses Icebreakers de 1988 à 91! Depuis, elle tourne inlassablement sous son nom et s'est régulièrement produite dans nos contrées. En 2010, elle a remporté le Prix de ‘Meilleure artiste féminine de blues contemporain’. Très tôt, la jeune Debbie avait pris goût au blues à l'écoute des groupes issus du british blues boom. Elle est ainsi devenue la guitariste du groupe féminin, Maggie Mayall and the Cadillacs.

Maggie était bien entendu l'épouse du légendaire John Mayall! Sa carrière discographique, elle l'entame en 1993, par "Picture this", sorti chez Blind Pig. Depuis elle a publié plus de dix albums. Tous dignes d'intérêt! Le précédent, "Holdin' Court", paru en 2009, était uniquement instrumental. En décembre 2010, la disparition de son amie Robin Rogers, une chanteuse de blues âgée de 55 ans qui avait enfin acquis une certaine célébrité, l’a particulièrement affectée. Récemment, elle s’est fracturé le bras. Ce qui l’a forcée à s’éloigner un moment de la scène ; mais en même temps lui a permis de se concentrer sur la composition. Elle nous propose ainsi sur ce nouvel elpee, six plages issues de sa plume, les cinq autres relevant de son fidèle batteur/compositeur Don Castagno.

Lors des sessions, elle a reçu le concours du claviériste Bruce Katz, mais également de son backing band habituel. Sauf pour une plage, au cours de laquelle elle est soutenue par d’autres musicos ; en l’occurrence l'équipe de la Côte Est du jeune chanteur guitariste, Dave Gross (NDR : ce dernier assure également la production). Il s’agit du titre d'ouverture, "Don't blame on me". Inspirée par son maître, Albert Collins, sa sortie aux cordes est caustique sur le subtilement funky "The fall". Excellent ! Superbe ballade mélancolique, "True blue fool" est traversé par un solo empreint de légèreté et de sensibilité. Une sonorité très Fender émane de sa gratte pour introduire en picking "Done sold everything". Bien maîtrisée, l’évasion monte en puissance et atteint son point culminant, lorsqu’elle est rejointe par le talentueux Dave Gross. Les compos sont de bonne facture. L'accent est toujours posé sur une ligne mélodique irradiant de douceur et de sérénité. Au sein d’une semblable atmosphère, l'orgue Hammond de Mr Katz prend toute son importance. Les ballades trempées dans le blues défilent : "Little broken wing", "All of my forgiveness". Honneur au piano sur "Goin' to a gaggle", une plage qui nous entraîne dans les rues festives de la Nouvelle Orléans. Blues classique, "I'll feel much better when you cry" est imprimé sur un mid tempo. Debbie met toute son expérience au service de cette compo, en y dispensant des notes bouleversantes. "R.R Boogie" (NDR : R.R pour sa copine Robin Rogers) est un instrumental qui déménage. L’elpee s’achève par "Google me baby", une piste légère, cool et jazzyfiante. Un parcours sans faute!

 

The Crooked Fiddle Band

Overgown tales

Écrit par

Brian Eno a déclaré à leur sujet : ‘C’est une surprise totale. Leur musique est originale et insensée et elle possède la force des racines les plus profondes et solides. J’avoue ne jamais entendu quelque chose de pareil auparavant ». Et manifestement, The Crooked Fidlleband est l’une des meilleures surprises de cette année 2012. 

Ce quatuor nous vient tout droit du pays des kangourous. Pourtant, si l’on devait suivre notre instinct, on leur attribuerait la nationalité est-européenne. A cause de leur style dynamique aux accents slaves. Un violon aussi insaisissable que déroutant serpente entre d’autres instruments, aussi improbables que le bouzouki, le charango ou encore le tapan. Outre l’audace de défier la logique entre la musique, la culture et la géographie, The Crooked Fiddle Band brouille le temps et les époques. « Over Hill and Under Hill » nous replonge même au cœur du Moyen-âge. Mais le talent du groupe, c’est d’être parvenu à rendre contemporaine, toutes ces sonorités ancestrales. De leur insuffler une énergie punk et d’y injecter des influences psychédéliques (« What the Thunder Said »). Impossible de coller une étiquette à cette musique ou même de la comparer à celle d’une autre formation ou d’un autre artiste. Et pour que votre info soit complète, sachez que c’est Mr Albini en personne qui a mis le tout en boîte.

The Crooked Fiddle Band est un groupe à suivre. Une des découvertes incontournables de l’année. C’est frais, énergique et saisissant. Que du bonheur !

 

Black Bomb A

Enemies of the State

Écrit par

Véritables piliers de la scène hardcore française, les membres de Black Bomb A reviennent plus énervés que jamais et nous pondent « Enemies of the State », leur 5ème album studio ! Fondée en 1994 dans les Yvelines, la formation française mêle métal, punk et hardcore, tout en inoculant à ce cocktail, une conscience politique jamais démentie (leur ‘A’ fait d’ailleurs référence à l’‘Anarchie’). Quant à leur patronyme, il est inspiré du nom d’une variété de haschisch indienne coupée à l’opium : la ‘Black Bombay’. Poun est toujours aux vocaux ; mais son soprano suraigu est maintenant contrebalancé par les cris gutturaux du nouveau venu, l’ex-Drive By Audio, Shaun Davidson. A charge de la double grosse caisse, des accès de basse particulièrement lourds et des riffs de guitares toujours aussi féroces, de parachever le travail. Entre brûlots punks (« We Don’t Care », « Telling Lies », « Come On Down »), salves old-school (« Enemy of the State ») et attaques métalliques (« Destruction » et « Pedal to the Metal »), l’univers de Black Bomb A rappelle parfois celui de Lofofora (« No Way »). En publiant ce nouvel essai, Black Bomb A démontre que le temps n’a pas altéré sa crédibilité. Maintenant, c’est sûr qu’il faut aimer le genre !

 

Big Pete

Choice Cuts

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Pieter ‘Big Pete’ VanderPluijm est néerlandais. Chanteur/harmoniciste, il milite aujourd’hui au sein du MOCT. Il s'est révélé, il y a quelques années, en animant le Tribute to Lester Butler Band, un groupe créé afin de faire revivre la musique du légendaire artiste californien, qui s’était surtout illustré au cours de sa carrière chez les Red Devils et Thirteen. C’est sans doute ce qui explique pourquoi Big Pete a été le premier artiste européen à être signé par le label blues de Los Angeles, Delta Groove. Et le boss Randy Chortkoff a mis toute la machine de guerre du label au service du souffleur batave. Car si à la base, il est soutenu par le guitariste Alex Schultz (NDR : ex-comparse de Lester Butler au sein de Thirteen), le bassiste Willie J. Campbell et le drummer Jimi Bott, de nombreux invités sont venus lui rendre visite, dans le studio de North Hollywood!

Pete ouvre ce "Choice cuts" par "Driftin" de Lester Butler. Ce n’est pas une surprise. La démarche nerveuse et saccadée de ce dernier est fort bien restituée. Le souffle est puissant, dominateur. Jim Bott imprime un tempo frénétique. Pete chante le "Can't you see what you're doin' to me" d'Albert King, un morceau qu’Alex Schultz souligne d’un trait de gratte très King. Le géant et génial Kim Wilson se réserve l’harmo sur la cover d’"Act like you love me" de Jimmy Rogers, une plage qui déménage. Le temps reste orageux pour le "Don't start crying now" de Slim Harpo, un brûlot au cours duquel Schultz se révèle explosif. L’ex-Hollywood Fats Band Al Blake est à l'harmonica et Rob Rio aux ivoires sur le "I got my eyes on you" d'Otis Smothers, un Chicago blues classique. "I was fooled" est une compo issue de la plume de Jody Williams. La version proposée est un des sommets de l’elpee. Rob Rio est hystérique au piano. Le Texan Shawn Pittman dispense ses interventions de gratte ravageuses et puissantes. Transcendé, Pete se met à nouveau dans la peau de Butler. Kid Ramos se défonce aux cordes sur le "Rockin" daddy" de Howlin' Wolf, un West coast jump de toute bonne facture. Johnny Dyer, ancien compagnon de Muddy Waters, vient alors ouvrir une parenthèse. Le vétéran noir chante le "Left me with a broken heart" de Jimmy Rogers. Autre grand gratteur issu de L.A., Rusty Zinn brille sur "Just a fool" un classique signé Little Walter.  Pete a fait le plein d'oxygène pour rester dans le tempo! Excellence et diversité sont les deux maîtres mots de cet opus. John Marx est préposé à la ‘six cordes’ et Big Pete à l'harmo chromatique sur le "Chromatic crums" du regretté William Clarke, une version bourrée de swing. Pour la reprise du "I'm a business man" de Willie Dixon, on retrouve un des rares musiciens blancs à avoir sévi dans le backing band de Muddy Waters, Paul Oscher. Il se réserve le mélodica. La classe! Et Delta Groove annonce la parution un nouveau volume d’ici quelques mois !

 

Squarepusher

Ufabulum

Écrit par

Squarepusher est le pseudo de Thomas Jenkinson, un Anglais âgé de 37 ans qui milite sur le prestigieux label Warp Records. Branché à la fois sur le jazz et d’électro, il a participé activement au développement de cette écurie ; et pour cause, à ce jour il a publié pas moins d’une douzaine de disques, Eps et albums confondus.

Maintenant, il faut avouer que depuis quelque temps, l’artiste rencontre une certaine baisse de régime et de créativité. Ses précédents essais ont d’ailleurs plutôt déçu. « Ufabulum » constitue donc sa nouvelle œuvre. Et à première écoute, les 10 titres semblent nous replonger dans de la vieille électronica analogique comme on l’aime. Et c’est tant mieux ! Alors ce retour aux premières amours de Thomas est-il concluant ? Ben, finalement, ce bond en arrière n’est pas totalement concluant. Bien sûr, l’elpee recèle des titres séduisants, comme «  303 Scopem Hard » ou « Unreal Square » (NDR : mon coup de cœur !) Des pistes qui fleurent bon les synthés des années 90. Evoquant les mixes des consoles 8 bits, ils toucheront les plus geeks d’entre nous. Une époque bénie de la musique électro britannique dont on se souvient avec plaisir.

Malheureusement, la plaque concède des plages dispensables. A l’instar de « 4001 » ou de « Drax 2 ». Des morceaux qui éprouvent toutes les peines à démarrer. En outre, criblés d’effets spéciaux, ils finissent par exaspérer. Quant au titre maître, « Ufabulum », on a l’impression qu’il ne sait pas trop sur quel pied danser. Un comble pour un artiste dont l’expression sonore est censée animer les dancefloors.

Bref, un disque inégal pour Jenkinson qu’on a déjà connu sous un meilleur jour…

 

Holly Golightly

Long Distance

Écrit par

Vous ne connaissez peut-être Holly Golightly qu’à travers son duo opéré en compagnie de Jack White, pour le morceau « It’s True that We Love Another », qui figurait sur l’excellent album « Elephant ». Pourtant, cette Anglaise ne s’est pas limitée à cette participation. En fait, après avoir milité au sein du trio féminin Thee Headcoatees, elle a publié pas moins de 13 albums en solitaire, dont la BO du film ‘Broken Flower’ réalisé par Jim Jarmusch ! Holly Golightly est responsable d’une musique garage, rockabilly et R’n’B comme on la pratiquait, il y a 50 ans. Sa voix est à la fois étrange, swingante et nasillarde. Elle n’a pourtant pas été enregistrée à une autre époque. Très vintage, ce concept !

Ses Brokeoffs se résument au seul Lawyer Dave. Ensemble, ils pillent l’héritage américain avec classe (NDR : mais sans faire preuve de beaucoup d’originalité ; ce qui apparemment n’est pas le but de leur démarche…) Quoique née en 1966, l’artiste est aujourd’hui considérée comme une doyenne de la scène musicale anglaise. Faut dire qu’elle compte quand même plus de 20 années de carrière. En publiant « Long Distance », elle a voulu jeter un coup d’œil dans le rétroviseur, car l’elpee réunit ses 10 titres en solo préférés, proposés dans des versions davantage country et dansantes. Un flashback plus que condensé qui ne signifie pas pour autant la fin d’une aventure. Surtout vu la qualité et la fraîcheur des reprises (« My Love is » ou encore « You Ain’t No Big Thing, Baby » de Sam and Dave). D’ailleurs, un nouvel opus est annoncé pour le mois d’octobre prochain.

 

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