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Chroniques

Kasabian

Velociraptor

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Après voir publié un premier album éponyme de feu en 2004, qui recelait deux véritables bombes, « Cutt Off » et surtout « Club Foot », le quintet enchaîne les concerts et se forge rapidement un nom au sein du paysage de la britpop. Faut dire qu’à cette époque, on perd un peu de vue des bands comme Blur ou Primal Scream. Et c’est assez rapidement à Kasabian que revient le lourd héritage d’enfiler le costume de leader de la vague british.

Leur second essai, « Empire », reste un peu en-dedans, même s’il révèle quelques bons moments. Ce qui n’empêchera pas leur ascension. Mais c’est grâce à « West Ryder Pauper Lunatic Asylum », que le combo de Leicester va réellement cartonner. Et en 2010, les NME Awards vont lui décerner le prix suprême du meilleur album de 2010. Rien à dire, l’oscar du meilleur elpee et le titre de meilleure formation pop/rock sont largement mérités.

Dur dur donc de faire mieux ou tout au moins aussi bien lorsque la barre est placée si haut !

Mais depuis que Sergio Pizzorno est aux commandes de l’appareil, après le départ de Christopher Karloff en 2006, l’autre copilote du groupe, y’a qu’à demander ! Car deux ans plus tard, « Velociraptor » est le digne héritier du précédent opus. Kasabian a légèrement changé de cap depuis cette séparation. Tout laissait croire que le band filait droit vers les sommets ‘electro, hip-hop’ ou même’ house’, le binôme à sa tête. La modification du line up a également changé la donne quant à l’orientation musicale du combo.

Finies les plages lancinantes, obsédantes et complètement ‘allumées’. Place depuis trois ans à un rock indé beaucoup plus ‘propre’, plus accessible aux médias ‘tout public’. Kasabian ne renie pas pour autant son passé et de temps à autre transparaissent encore quelques traces de hip hop ou house. A l’inverse de leurs deux premières publications, « West Ryder Pauper Lunatic Asylum » et le derrnier « Velociraptor » se rapprochent plus de Pulp ou d’Oasis. En termes mélodiques, bien sûr.

« Let's Roll Just Like We Used To », « Days Are Forgotten » et « Goodbye Kiss » ouvrent le disque. Trois directs au foie qui vous mettent déjà KO. Mais il faut se relever et écouter les huit autres plages de ce quatrième opus. Rien à jeter, tout y est excellent, de la première à la dernière note. De la ballade aux relents arabisants d’« Acid Turkish Bath (Shelter From The Storm) », jusqu’aux rythmes endiablés électro de « Velociraptor ».

« Re-wired », successeur tout désigné de « Fire » mettra assurément le public en transe lors de la tournée qui, heureusement, passera à nos portes. A voir donc absolument le 23 février au Cirque Royal de Bruxelles ou le 28 du même mois au Zénith de Lille.

Pour les avoir vus en concert, il y a deux ans, je peux vous assurer que l’on ne sort pas indemne, après une prestation de la bande à Pizzorno, au sein de laquelle Tom Meighan, figure centrale, est capable de jouer autant avec son micro que son public.

En tout état de cause, « Velociraptor » tentera de rafler un second prix d’affilée et celui-ci ne ferait assurément pas tache aux côtés du premier trophée conquis en 2010. Et qui pourrait l’en empêcher ?

 

Mick Harvey

Sketches from the book of the dead

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En 2009, Mick Harvey quitte les Bad Seeds, mettant ainsi fin à une collaboration avec Nick Cave, de plus de 30 ans (The Boy Next Door, The Birthday Party). Il invoque des raisons familiales, mais surtout souhaite se consacrer exclusivement à ses propres projets. Ses albums en solitaire, d’abord. On se souviendra par exemple de deux elpees consacrés à des adaptations de chansons en anglais de Serge Gainsbourg, commis au cours des 90’s : « Intoxicated Man » et « Pink Elephants ». « Sketches from the book of the dead » n’est d’ailleurs pas son premier album solo, mais son cinquième. Mick compose également des musiques de film. Il est également producteur. Notamment auprès de PJ Harvey, dont il a d’ailleurs mis en forme le dernier opus. Sans oublier qu’il n’hésite pas à apporter un coup de main auprès de nombreux amis (NDR : il a rejoint les Triffids, par exemple, lors de leur dernière tournée). Bref, pour quelqu’un qui souhaitait prendre du recul, et se consacrer davantage à la vie de famille, le carnet de commande est plus que plein !

“Sketches from the book of the dead” fait suite à "Two Of Diamonds", publié en 2007. Un disque pour lequel, il a quand même reçu la participation de quelques musicos, lors des sessions d’enregistrement. Ils se partagent la double basse, l’accordéon, le violon, parfois la guitare et les backing vocaux. Et puis il y a David McCluney derrière les manettes. Tout le reste, c’est Mick qui s’en est chargé. Pas trop difficile pour lui, puisqu’il est multi-instrumentiste.

L’Australien a intitulé son album, « Sketches from the book of a dead », car ses chansons rendent hommage aux proches disparus ; et en particulier à son ami Rowland S. Howard, qu’il avait côtoyé chez Birhtday Party et Crime and The City Solution. Il est décédé des suites d’un cancer, en décembre 2009 (« October boy »)

Hormis le final plus enlevé « Famous last words », les autres compos sont abordées à la manière d’un Nick Cave, lors de ses ballades meurtrières. Harvey y narre ou chuchote ses histoires dramatiques, de son baryton profond (NDR : pas aussi profond quand même que celui de Cave), en empruntant parfois les inflexions incantatoires de Simon Huw Jones (And Also The Trees) ou même une technique d’overdubbing dont Peter Hammill est friand (« To earth his own »), sur une expression sonore ma fois basique, mais assez en retrait, au sein de laquelle se détachent ses accords de gratte sèche parfois électrifiés, et des interventions de piano vibrantes ou d’orgue spectrales…

 

Damon & Naomi

False beats and true hearts

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Damon Krukowski et Naomi Yang constituait la section rythmique de Dean Wareham au sein de Galaxie 500. En 1991, Dean décide de fonder Luna. Le tandem décide alors de poursuive l’aventure ensemble, choisissant pour patronyme, leurs prénoms. Depuis, le duo est devenu responsable d’une musique pastorale, paisible, délicate, intimiste et mélancolique, fruit de la rencontre entre folk, dream-pop, psyché et indie rock, que l’on a qualifié de softcore, la conjugaison des harmonies vocales échangées entre le couple accentuant cette atmosphère éthérée et introspective.

Si “False beats and true hearts” constitue leur huitième opus, c’est également le quatrième auquel collabore le guitariste du groupe japonais Ghost, Michio Kurihara. Un elpee au cours duquel participent également d’autres invités, parmi lesquels figurent le leader de Ghost, Masaki Batoh, le trompettiste Greg Kelley et le multi-instrumentiste Bhob Rainey.

Sur cet elpee, Naomi Yang ne se contente pas des parties de basse, mais également des interventions au piano. Chaque instrument vient apporter sa petite touche à un ensemble empreint de grâce et d’esthétisme. Un bien bel album qui nécessite cependant des conditions bien spécifiques pour être apprécié à sa juste valeur ; à cause de l’indolence du tempo, que les rock’ rollers risquent fort de taxer de soporifique…

 

The Cure

Bestival Live 2011

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C’était en mai 1980. Cure se produisait à la VUB de Bruxelles. En première partie ? Le TC Matic d’Arno Hintjens et de Jean-Marie Aerts. Je ne me souviens plus du nombre de rappels que la bande à Robert Smith avait accordés. 11 ? 12 ? 13 ? 35 ans plus tard, le combo est toujours aussi généreux. Lors du ‘Bestival’ organisé sur ‘Ile de Wight, en 2011, il a joué pendant 2h20. Et c’est ce set qui nous est proposé sur ce double cd. 32 titres, dont les incontournables « Lovesong », « The walk », « Friday I’m in love », « Inbetween days », « A forest », « Primary », « Lullaby », « The lovecats », « Lose to me » et un « Let’s go to bed » de circonstance, peu avant d’accorder le second rappel, au cours duquel on les sent quand même fatigués.

Pour votre info, sachez quand même que Roger O'Donnell, le claviériste originel est de la partie, tout comme le bassiste Simon Gallup. Faut dire que les deux musicos n’en sont (étaient ?) pas à une fugue près…

 

The Beatles

1

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Tiens une compile consacrée aux Beatles. Vous allez me dire, une de plus. En fait, intitulée « 1 », elle est parue à l’origine, le 13 novembre 2000 au Royaume-Uni et le lendemain aux States. Elle réunit tous singles les plus vendus des Fab Four, de 1960 à 1970. Et le tout a été remasterisé. Jusque là rien d’extraordinaire à vous raconter. Sauf que le booklet a la bonne idée de nous proposer les images des pochettes originales de ces singles. En miniature, mais parfaitement distinctes. De quoi se faire une idée des différentes illustrations, proposées selon les pays de distribution…

 

16 Horsepower

Yours, truly

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Six années déjà que Sixteen Horsepower a mis la clef sous le paillasson. De 1996 à 2005, David Eugene Edwards, Pascal Humbert et Jean-Yves Tola ont quand même publié quelques albums remarquables, sculptés dans une forme de folk sudiste, gothique même, hanté par le blues et le rock. Surtout lors des premiers opus. « Yours, truly » constitue donc une compile qui leur est consacrée. Un double elpee. Le premier disque réunit les incontournables de la formation (NDR : ils ont été sélectionnés par les internautes) ; et le second les raretés, flip sides, démos, sessions radio et l’une ou l’autre version enregistrée en ‘live’ ainsi que des reprises, dont « The Partisan » (NDR : hymne patriotique adapté par Léonard Cohen en 1969), auquel avait alors participé Bertand Cantat, une cover du « Bad Moon rising » de Creedence Clearwater Revival et une autre (« Fire Spirit ») signée feu Jeffrey Lee Pierce. Ne pas oublier que le Gun Club était une influence majeure pour 16 Horsepower. Nick Cave aussi. Mais davantage l’attitude. Si vous ne connaissez pas 16 Horsepower, je vous invite à vous procurer cette anthologie. Y figure la quintessence de l’œuvre du combo. Pour les fans, ce sera presque obligatoire. A cause de la seconde plaque. M’enfin, comme le tout a été remasterisé et que le booklet est superbe…

 

Didier Wampas

Taisez moi

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Il y a près de trente ans que les Wampas résistent à toutes les tempêtes. Mêmes celles qui ont balayé la quasi-totalité des groupes dits ‘alternatifs’. Et notamment ceux qui ont connu leur temps de gloire durant la période 1985-95. De cette mouvance, il ne reste que quelques dinosaures comme François Hadji-Lazaro et ses Garçons Bouchers. Didier Wampas aussi. Et pour son premier opus solo, le Français s’est quand même bien entouré, puisqu’il a reçu le concours du guitariste Ryan Ross (ex-Panic At The Disco) et du réalisateur et multi-instrumentiste Kevin Harp.

Les sessions d’enregistrement de l’opus se sont déroulées entre Los Angeles et Bruxelles. Les thèmes explorés dans les lyrics sont larges, mais privilégient le second degré. Ils oscillent du terre-à-terre (« La propriété c’est du vol ») au surréalisme (« Le Mans ») en passant par les relations humaines, qui lorsqu’elles deviennent tumultueuses peuvent ressembler à des combats de catch (« Par-dessus la troisième corde »).  

Les refrains sont contagieux. Il y a cette petite guitare sèche. Mais la rythmique lorgne davantage vers les 60’s (rockabilly, surf californien) délaissant ainsi le punk traditionnel des Wampas. Néanmoins, non, non, rien n’a changé : Didier Wampas chante toujours faux ! Le titre maître est à peine exagéré : « Taisez-moi » ! Sa voix finit même par carrément nous casser les oreilles. M’enfin, c’est surtout en live qu’on apprécie l’ami Didier. Et en particulier son attitude fanfaronne…

 

The Walkabouts

Travels in the Dustland

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Le nouvel album des Walkabouts est donc paru ce 21 octobre 2011, chez Glitterhouse (NDR : distribution Munich). Carla Torgerson et Chris Eckman nous en parlent abondamment, lors d’une interview qu’ils ont accordée à Musiczine (lire ici ). Découpée en 11 titres, cette œuvre s’étale quand même sur plus d’une heure. Et le résultat est tout bonnement excellent. Une musique très ‘West coast’, même si l’un ou l’autre titre bénéficie d’arrangements de cordes luxuriants, réalisés par l’Appolon Chamber Orchestra. Quant aux lyrics, ils décrivent l’Amérique profonde (‘les Dustlands’) et surtout le comportement de la population rurale qui y vit. Sa manière dont elle pense et réagit face à l’évolution du monde contemporain. Des mœurs, des principes et de la morale qui régissent leur mode de vie ainsi que de sa manière de se protéger face à tout envahisseur potentiel… le tout dans un climat dominé par des sentiments de déception et de culpabilité…

En concert le 21 janvier 2012, au Handelsbeurs de Gand.

 

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