L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Chroniques

Ov Hell

The Underworld Regime

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Nous ne prenons pas énormément de risques en affirmant que Tom Cato Visnes n’est pas dans les petits papiers de Benoît XVI. En effet, ce musicien norvégien, notoire dans les sphères black métalliques sous le patronyme de King Ov Hell, est loin d’être un disciple de l’Opus Dei. Et pas seulement parce qu’il a longtemps milité, comme bassiste, au sein du combo ultra-sataniste Gorgoroth. Après y avoir connu quelques déboires, le roi des enfers autoproclamé revient en 2010 à la tête d’un tout nouveau projet.

« Ov Hell » est le nom du pacte infernal qui lie le quatre-cordiste au sombre Shagrath, hurleur chez Dimmu Borgir et à quelques uns des plus dignes représentants de la crème du métal noir norvégien : Ice Dale (Enslaved, I, Audrey Horne) et Teloch (Nidingr, 1349) aux guitares,  Frost (Satyricon, 1349) à la batterie. Vu le cv des membres du line up, vous vous doutez bien qu’Ov Hell ne fait pas dans la dentelle et que le christianisme en prend pour son grade. 

Que les allergiques à la mélodie se rassurent, Shagrath n’a pas emmené dans ses bagages l’attirail symphonique du très populaire Dimmu Borgir ; car c’est bien du black métal sombre et primaire que le quintet norvégien balance à la face de Benoît et de ses sbires. Fort heureusement tout de même, le ‘sympathique’ King (NDR : suffit de voir sa bonne bouille illustrée sur la pochette du Cd pour s’en convaincre) ne confond pas primaire et minimaliste ; et le son de « The Underworld Regime » est tout bonnement excellent ! Bien qu’il ne soit pas dans son élément orchestral de prédilection, Shagrath est tout à fait impérial tout au long de ce black métal traditionnel ‘à la norvégienne’, une expression sonore qui n’est pas sans rappeler Immortal, Satyricon ou… Gorgoroth, bien sûr.

Andre Matos

Mentalize

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Tous les amateurs de power métal mélodique connaissent André Matos ‘do Brasil’. Successivement vocaliste de Viper (1985-1991), Angra (1991-2000) et Shaman (2000-2006), le Brésilien, originaire de Sao Paulo, s’est lancé dans une carrière solo en 2007. Pour concocter son second album « Mentalize », il s’est entouré de quelques uns de ses anciens camarades de jeu : Hugo Mariutti (ex-Shaman) et Andre Hernandez (ex-Angra) aux guitares, Luis Mariutti (ex-Angra et Shaman) à la basse, Fabio Ribeiro (ex-Shaman) aux claviers et d’un illustre inconnu répondant au nom d’Eloy Casagrande à la batterie. Ce dernier, petit prodige de la baguette, n’est âgé que de 18 ans !

Comme il fallait s’y attendre, celles et ceux qui connaissent et apprécient la carrière de Matos ne seront pas dépaysés. « Mentalize » réunit (NDR et ce n’est pas une surprise !) d’excellents titres power/speed métal mélodiques teintés d’influences progressives. Le tout est interprété par des musiciens expérimentés, au top de leur art, et enrichi par timbre particulier et aisément identifiable de Matos. La production est excellentissime. Et pour cause, le légendaire Sascha Paeth (Edguy, Kamelot, Epica) est venu assister Matos pour assurer cette mise en forme.

Ne vous attendez cependant pas à rencontrer des surprises sur cet opus. Simplement, « Mentalize » est un album auquel on ne peut rien reprocher d’autre que sa perfection.

 

Local Natives

Gorilla Manor

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En concoctant « Gorilla Manor », Local Natives, combo originaire de Los Angeles, vient de rejoindre la grande famille de ces formations indie-rock inspirées qui, à peine débarquées, fracassent tout sur leur chemin. Et s’offrent ainsi une œuvre à la hauteur des incontournables « Yellow House » et « Veckatimest » de Grizzly Bear, des éponymes de Fleet Foxes, Arcade Fire et Vampire Weekend ou du « Family » de Le Loup. Emmené par le terrible « Sun Hands », pépite pop qui débute par de superbes harmonies vocales avant de se transmuter en feu d’artifice distordu, ce premier ouvrage est l’exemple même du disque quasi-parfait. « Gorilla Manor » est une galette, percussive, mélodique, euphorique, dégoulinante de cohésion. Oui, rien que ça !! Les sublimes « Cards & Quarters », « Wide Eyes », « Stranger Things » ou la manière dont ils s’approprient, retournent, pilonnent et reconstruisent le « Warning Sign » des Talking Heads méritent à eux seuls le respect.

Les harmonies à trois voix parcourent le disque de part en part, lui accordant une atmosphère éthérée que la formation retranscrit à la perfection lors de ses prestations ‘live’. « Gorilla Manor », baptisé du nom de la demeure que se partagent les cinq musiciens, est un disque exemplaire, même si l’on peut leur reprocher une trop grande proximité mélodique avec les artistes mentionnés plus haut. Mais nul doute que Local Natives est une formation qui tend à devenir l’une des valeurs sûres de la scène indie-rock. A condition que les cinq gaillards exploitent leur potentiel comme il se doit.

 

The Kissaway Trail

Sleep Mountain

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Les références se bousculent à l’écoute du second effort de ce quintette danois mais deux illustres, et pas des moindres, se détachent du lot : Arcade Fire et Mercury Rev. Une écrasante filiation pour une formation se réclamant d’un même lyrisme, d’une même passion, de mêmes rêveries… Rien de nouveau, cependant, sous le ciel froid scandinave, mais assurément une collection de compositions de très bonne facture tout au long du nouvel opus de The Kissaway Trail…

« Sleep Mountain » succède à un premier album éponyme paru en 2007, en grand renfort de sonorités glanées tant chez les Flaming Lips que chez les New-yorkais de Sonic Youth. Thomas Fagerlund, co-chanteur et guitariste du groupe a déclaré récemment : ‘notre nouvel album a plus de profondeur et de style. Il démontre que nous avons grandi en tant que musiciens et êtres humains’. Pour appuyer les déclarations de notre ami danois, il faut avouer qu’une grande cohérence lie les plages de ce « Sleep Mountain ». Et pourtant, les voix des deux vocalistes, Thomas Fagerlund et Soren B. Corneliussen, sont totalement différentes. Mais c’est la mélancolie qui sert de fil conducteur à « Sleep Mountain ».

Dès « SDP », morceau d’ouverture, l’intensité et l’émotion envahissent le territoire sonore. Un piano doublé d’une guitare aux accords acérés balise une magnifique envolée lyrique s’étalant sur près de 6 minutes. Une plage au cours de laquelle la voix campe un timbre étrangement proche de celui de Wayne Coyne des Flaming Lips. « Sleep Mountain » bénéficie de superbes orchestrations mélodramatiques : cloches religieuses, piano cristallin, chorales épiques, accordéon triste, arpèges délicats… les ingrédients parfaits d’une pop baroque susceptible de permettre au mélomane de voyager mentalement à travers des paysages musicaux somptueux. Et l’œuvre recèle d’autres compos bouleversantes. A l’instar de « Beat your Heartbeat » ainsi que de la reprise du « Philadelphia » de Neil Young, morceau écrit à l’origine pour le célèbre film réalisé par Jonathan Demme. L’elpee a bénéficié du concours de Peter Katis (maître d’œuvre chez Interpol et The National) à la production ; et l’homme n’a pas pour habitude de prendre son job à la légère.

« Sleep Mountain » est un véritable régal. En 50 minutes, The Kissaway Trail nous y démontre qu’Arcade Fire ne possède pas le monopole du lyrisme ! Bien sûr, la formation canadienne en est toujours le fer de lance ; et les mauvaises langues reprocheront sans doute à  The Kissaway Trail de piller systématiquement leurs maîtres. Pourtant, le combo danois ne se contente pas d’incarner l’Arcade Fire du pauvre. Et j’ai la nette impression que leur talent ne devrait pas tarder à éclater au grand jour. Car de si bonnes influences mélodiques ne sauraient mentir…

 

Sean Kingston

Tomorrow

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C'est au cours de l'été 2007 que Sean Kingston, chanteur ‘Dancehall’, également contaminé par le Hip Hop et le R’n’B, s’illustre pour la première fois. Il n’est âgé que de 17 ans et sort un single. Intitulé « Beautiful Girl », il se classe en tête des charts américains. Dans la foulée, son premier album éponyme décroche un disque d'or aux USA. Ça, ce sont les chiffres.

Fort de ce succès, le chanteur jamaïco-américain publie, à la rentrée 2009, son deuxième opus studio, « Tomorrow ». Annoncé par l'extrait « Fire Burning », il contient des productions de RedOne, J.R. Rotem, Pete Rock, Akon, T-Pain ou encore Lucas Secon. Ça, ce sont les ennuis (mortels) qui commencent pour votre serviteur. Ben oui, vous croyez que la critique est toujours un plaisir ?

Force est de constater que ce genre de musique s’adresse principalement à un public très très jeune, à peine pubère, n’ayant encore aucune culture musicale, se fiant principalement sur ce qu’il voit sur MTV ou MCM ; c'est-à-dire trois fois pas grand-chose…

Une musique simpliste, sans aucun relief, 14 fois (dans le cas présent) le même genre de truc susceptible de faire remuer le popotin de jeunes filles trop jeunes, trop maquillées, trop fières qu’un stupide boutonneux les remarque dans la masse des invités de la boum fêtant les 14 ans d’une de leurs meilleures copines ! Bref, le vide intégral.

Sean ! Tu n’as que 19 ans, il est grand temps de remettre les pieds à l’école ! Ou d’aller faire un tour au conservatoire. Là tu apprendras l’abc du métier, une base qui te servira sûrement, si tu veux faire carrière dans ce milieu.

Ouf, fini ! Désolé, mais c’était plus fort que moi !

Invaders

Floating

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Le rock lo-fi à tendance noisy a décidemment le vent en poupe aux Etats-Unis. Après avoir découvert les dérangés mais passionnants Times New Vikings, puis les quelconques Vivian Girls, place aux Invaders, une formation discrètement importée de Louisville dans le Kentucky. Bonne nouvelle, les compos –d’excellente facture– de ces nouveaux héros de la guitare distordue lorgnent plutôt du côté des Nouveaux Vikings. Info importante, quand même, chez Invaders on retrouve Joe Meredith. Il en est le leader. Un personnage qui a sévi tout un temps chez les très obscurs Merediths…

« Floating » ouvre l’opus. Un superbe morceau. « Sky Canopi », « Couldn’t Come » et « The Flu » sont de petites bombes lo-fi aux mélodies imparables. Sous leur aspect discount, la compo vous accroche dès le premier riff saturé. Dix minutes qui valent leur pesant d’or. D’ailleurs si toutes les plages de l’elpee étaient de la même trempe on aurait pu attribuer à ce disque une mention d’incontournable. Evoluant quelque part entre l’univers (NDR : du pauvre ou du caniveau, à vous de choisir !) de Belle and Sebastian, de Pavement, de Spacemen 3, des Butthole Surfers et celui de Times New Vikings, mais en plus pop, les Invaders livrent d’emblée la quintessence de leur création. Les 8 autres morceaux de ce « Floating » n’ont pas la même saveur, mais ils tiennent cependant honorablement la route. Faut croire que Joe Meredith a préféré conserver ses futures pépites pour un prochain cd. Quoiqu’il en soit, ce « Floating » constitue une chouette découverte.

Bikinians

Rhinocirrhosis (Ep)

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L’avarice est un vilain défaut !!! Mais pourquoi, quand on a tant de talent, ne pas en faire profiter davantage son entourage ?

Seconde parution et second Ep pour les Bruxellois de Bikinians, un ensemble promis à une belle carrière. Mais que c’est triste ! Quatre titres seulement ! Quatre excellentes compositions. Quelle musicalité, quelle fraîcheur. On baigne en plein dans la pop hyper sophistiquée, style ‘Supergrass’, ‘Blur’ ou autres formations de ce calibre. Rien à jeter… tout est bon. Qui n’a jamais entendu le titre phare “Rhinocirrhosis” ? Branchez-vous donc sur les bonnes fréquences ! Ce titre a déjà fait, fait toujours et fera encore les beaux jours des ‘bonnes stations’ de radio, style Pure FM ou ‘Studio Brussel’. Mais cet Ep ne recèle pas que ce single. Les trois autres plages sont aussi différentes qu’intéressantes. Dans un autre registre, « 2nd Hand Shop », nous caresse les pavillons d’une brise imperceptiblement acidulée, très légèrement soufflée par les Beach Boys voire les Dandy Warhols. « How » nous balance une série de crochets, de directs au foie. Une partition beaucoup plus rock, excellemment soutenue par une rythmique qui ‘déchire’… Enfin, « Old Lady Face » nous invite doucement à revenir sur terre. Une ballade plus tendre, mais d’une efficacité redoutable.

Allez les p’tits gars, sortez-nous un ‘dix titres’. Tous les atouts sont dans votre jeu…

 

Bettie Serveert

Pharmacy Of Love

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Le patronyme de cette formation batave a été emprunté à Bettie Stove. Cette tenniswoman néerlandaise avait atteint la finale du tournoi de Wimbledon en 1977. Bettie Serveert s’est tout d’abord formé en 1986. Après avoir joué un seul concert, il splitte. Puis, décide de recommencer l’aventure en 1990. Cette aventure qui dure (NDR : ça rime !) depuis vingt bonnes années est synthétisée par la publication de 9 albums et d’une quinzaine d’Eps. Une constance au sein de leur solution sonore : la voix suave et charmante de Carol Van Dyk ainsi que les riffs de guitare acérées et torturés de Peter Visser. Un abus ? La consommation de drummers. Le dernier en date, Gino Geudens constitue déjà le cinquième préposé aux baguettes de leur histoire.

Leur musique s’inspire, depuis leurs débuts, de la musique pop/rock indie des 90’s. Et en particulier de groupes comme Sebadoh, Pavement mais aussi et surtout Liz Phair. Devenue culte aux Pays-Bas, cette formation a eu l’opportunité d’accompagner en tournée des artistes notoires comme Jeff Buckley, Buffalo Tom, Wilco ou encore Dinosaur Jr. Des groupes ou des artistes qui ont marqué les années 90. Malgré la confection d’une solution sonore hyper mélodique, et un accueil favorable auprès de la presse spécialisée, B.S. n’a jamais récolté de succès vraiment populaire. Une forme d’injustice, quand on sait que dans le style, des artistes ou des combos bien moins talentueux, ont réussi à rafler la mise…

En 2000, le band décide de fonder son propre label : Palomine. Il y publie son cinquième elpee : « Private Suit ». Et « Pharmacy Of Love » constitue donc leur dernier essai. Un disque censé en revenir à ses premières amours. Le sens mélodique et l’énergie sont intacts. Les compos contagieuses. Les sonorités de six-cordes métalliques. Les compos un peu datées, mais bien ficelées. L’elpee recèle un hit potentiel : le titre maître. Quant à « Love Lee » et « Souls Travel », ils lorgnent manifestement vers Rilo Kiley ; surtout à cause de la similitude entre les timbres vocaux de Carol Van Dyk et de Jenny Lewis ! Sans quoi, rien de bien neuf à l’horizon.

Pas trop branché sur ce type de musique, je dois avouer être quelque peu ému lorsque je vois le parcours de ces anciens combattants qui refusent de sombrer dans l’anonymat en se battant avec leurs propres armes. Bettie nous sert du Bettie Serveert ; mais après tout c’est ce que Bettie fait de mieux. Et c’est déjà pas mal.

En concert le 1er mai au Handelbeurs de Gand.

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