Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Jon Spencer
Chroniques

Elva Snow

Elva Snow

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L’idylle de Spencer Cobrin, ancien musicien de Morrissey et du songwriter Scott Matthew n’aura pas fait long feu. Formé en 1999, le duo publie un Ep et un seul recueil avant de rendre les armes en 2005. Depuis, Matthew a fait son bonhomme de chemin, entre composition de musiques de films et autres projets musicaux. Cinq ans après avoir mis un terme à l’aventure, Matthew et Cobrin ressassent le passé. Elva Snow renaît de ses cendres. Une résurrection que l’on doit au succès grandissant de Scott Matthew, responsable de deux excellents disques solo (« Scott Matthew » en 2008, « There Is An Ocean That Divides… » en 2009). L’éponyme retrouve le chemin des bacs pour le plus grand plaisir des fans du barbu.

« Elva Snow » dévoile le côté brut de l’animal. Ceux qui recherchent l’intensité et/ou la théâtralité des travaux personnels de Scott Matthew seront probablement déçus tant cette œuvre diffère de ces derniers. Les premiers écrits du duo sont résolument pop-rock, à commencer par l’irrésistible morceau d’ouverture, « Pavement Kisses ». Bien qu’elle soit moins mise en valeur que de coutume, la voix de Matthew demeure divinement envoûtante et ‘bowie-esque’. En bonus, deux nouvelles compositions, le léger « Last Drink » et le plus introspectif « Hollywood Ending » viennent agrémenter cette réédition. « Elva Snow » est la preuve par 10 que Scott Matthew n’est pas complètement dépressif. Un vrai régal !

 

Doug Deming

Falling through the cracks

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Doug Deming est un guitariste particulièrement talentueux. Il a même la grande classe. Il réside à Detroit, et a fondé son groupe en 1991. A l’époque il répondait au patronyme de The Blue Suit Band. Il puise ses principales influences chez ses anciens maîtres : T-Bone Walker et Charlie Christian ; et parmi les plus contemporains, Jimmie Vaughan et Ronnie Earl. Au fil du temps, la formation a changé de patronyme et s’est rebaptisée The Jewel Tones. Ce backing band a accompagné de nombreux grands noms du blues en tournée ; et notamment Louisiana  Red, A.C Reed, Lazy Lester, Johnny ‘Yard Dog’ Jones, Alberta Adams ou encore Johnny Dyer. Cet ensemble a publié son premier long playing en 2002. Produit par Rick Holmstrom, "Double down" était paru sur le même label, Mighty Tiger. Harmoniciste notoire, Greg Fingers Taylor avait d’ailleurs participé aux sessions d’enregistrement d’"Hi-Fi baby", le second elpee gravé l’année suivante. Mais également Doug Deming. Une œuvre qui avait été mise en forme par Kim Wilson.

Pour concocter "Falling through the cracks", Doug est épaulé par sa section rythmique, c’est à dire Bob Conner à la basse et Julian Van Slyke à la batterie. En outre, il a bénéficié du concours de quelques invités de marque, dont Kim Wilson, le redoutable harmoniciste Dennis Gruenling et le claviériste Bill Heid, un concitoyen qui s'est souvent illustré auprès de Johnny Bassett, un illustre bluesman issu de la Cité de l'automobile.

L'album s'ouvre dans le rythme. La voix de Doug est légère mais affirmée. L'harmonica du jeune et talentueux Dennis Gruenling talonne chacune de ses phrases avant de prendre le premier billet de sortie et de se lancer dans un envol long, mais de tout haut niveau. Excellent ! Doug prend le relais. Son solo bien cadencé surprend par son originalité. Un début très prometteur! Un autre souffleur introduit "Don't worry me (Part 1). Un certain Dave Morris. Cet ex- Big Dave and the Ultrasonics manifeste beaucoup de vitalité dans son jeu. Sa vitesse d'exécution est sans faille. Et il reproduit ce type d’intervention sur "Put it down", une compo directement issue des bayous! La formule trio classique attaque "Falling through the cracks" sur un riff rendu jadis célèbre par Magic Sam, au cœur du Chicago Westside. Et lors de cet exercice de style, Mr Deming nous donne une subtile leçon d'efficacité. A l’instar d’une plage hyper speedée, signée Jimmy Reed, "Momma didn't raise no fool" accueille un troisième souffleur : le grand Kim Wilson ; prouvant ainsi qu’il ne craint pas d'affronter ses jeunes rivaux. Changement de style pour "You changed" (NDR : évidemment !) Du R&B classieux balisé par l’orgue Hammond du maître claviériste de Detroit, Bill Heid. Doug affronte le swing, face à une section de cuivres sur "It was the wine", en s’accompagnant d’une guitare écorchée réminiscente du meilleur de Jimmie Vaughan. Mais ce n’est pas vraiment une surprise. Des cuivres toujours bien présents lors de l’indolent, très fin de soirée "Every night when I get home" ainsi que "No sense" dont le style swing jazz cabaret est entretenu par le piano de Bill Heid. Deming est aussi très susceptible de s’immiscer dans l’univers roots. A l’instar d’"Only time will tell", compo qu’il chante à la perfection. Plus Chicago blues, "I can't believe my eyes" met en exergue Kim Wilson, qui se sent T Birds comme à la grande époque. Doug et Kim reprennent "Don't worry me (Part 2)" en duo. Dennis Gruenlong refait surface lors de l'instrumental offensif "East side hop" ainsi que tout au long de "Whisper", une savoureuse plage saturée de swing. Et cette fête s’achève par "Heiding out!", un autre instrumental hydraté par l’orgue de Heid, dans un registre Memphis R&B ou si vous préférez très Booker T & the MGs. Un album 5 étoiles !

Biffy Clyro

Only Revolutions

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Fort du succès de l’exemplaire « Puzzle », publié en 2007, Biffy Clyro continue son bonhomme de chemin en publiant une nouvelle galette regorgeant de riffs efficaces. Comme d’habitude. Le trio écossais, enfin reconnu à sa valeur, propose un cinquième labeur certes moins classieux et percutant que le précédent mais toujours aussi efficace. « Only Revolutions » est, en quelque sorte, le compromis idéal entre le Biffy Clyro des premières heures et celui qui s’est réinventé trois ans auparavant. Les arpèges rutilants de « That Golden Rule » et les harmonies de « Many Of Horror » évoquent donc « Puzzle », tandis que les offensifs « Cloud Of Stink », « Booooom, Blast & Ruin » et « Shock Shock » dépoussièrent « Blackened Sky » et « The Vertigo Of Bliss ».

Plus que jamais, Biffy Clyro est plébiscité par la presse outre-Manche, comme un NME qui n’hésite pas à les présenter comme le meilleur groupe rock de Grande-Bretagne (NDR : comme beaucoup d’autres, me direz-vous). Josh Homme approuve en déployant son savoir-faire ‘guitaristique’ en climax du morceau « Bubbles », single à paraître en avril. En huit ans, Simon Neil et les frangins Johnston ont grimpé pas mal d’échelons de la scène rock et, même si les plus hautes sphères leur sont encore inaccessibles, ils persévèrent encore et toujours, infatigablement. Ce qui vaut bien tout le respect que le trio mérite.

 

BASta !

Cycles

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Quelle bonne surprise ! Cette galette a été pressée par le label Homerecords pour le projet solo de Joris Vanvinckenroye ! La musique de BASta! évoque à la fois le répertoire classique de Jordi Savall et les sons électro de Air, ainsi que la musique du film « Himalaya, l’enfance d’un chef ».

Joris a étudié le violoncelle au conservatoire royal d’Anvers, puis il s’est fait la main et l’oreille aux côtés d’artistes tels que Sandy Dillon, Björk, Satisho Takeishi, Toon Fret, Jan Marmenout, Robby Lakatos, en compagnie desquels il a participé à divers projets. Fondateur et compositeur du groupe Troissoeur, puis de l’autre formation (toujours active) Aranis, il participe aussi à des projets théâtraux. On l’aura compris, le bonhomme a eu l’occasion de se faire l’archet au gré de moult expériences.

S’il n’a que quatre cordes à sa contrebasse, il a plus d’un tour dans sa poche et surtout, une loop station qui lui permet de superposer les couches et d’avoir, pour ce projet solo, l’étoffe d’un orchestre de contrebasses !

« Cycles » est un album solo atypique. Les rythmes répétitifs sont posés sur des basses qui parfois trompent l’oreille et se prennent pour des sons électroniques. John Cage ne doit pas être bien loin, Joris pince, tape, frotte, secoue sa contrebasse et en sort des sons inattendus. L’instrument grince ou chante, c’est selon.

Dans un genre indéfinissable, mais à qui le terme ‘rock de chambre’ sied plutôt bien, BASta! est un projet expérimental et novateur, bien qu’on puisse évoquer les Velvet Underground et Brian Eno, entre (de trop nombreux) autres. On pourrait citer également le joueur d’oud Anouar Brahem pour l’aspect cyclique, la douceur et la sensualité des mélodies. La musique, harmonieuse, consistante et chargée de suspense, revêt aussi une dimension méditative, quasi-métaphysique. Joris joue seul dans un orchestre imaginaire et dès lors, très personnel. Basta ? Mais non, on en veut encore!

Johnnie Bassett

The gentleman is back

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Johnnie Bassett est un vétéran du blues. Et vit depuis bien longtemps dans sa bonne Motor City de Detroit. Aujourd’hui âgé de 75 balais, il est originaire de Marianna, en Floride. Ce qui explique pourquoi il a eu le bonheur de voir et entendre Tampa Red et Big Boy Crudup. Ce remarquable chanteur et guitariste a le plus souvent cherché son inspiration dans les œuvres de ses contemporains ; et notamment T Bone Walker, Albert et surtout BB King. Lorsqu'il s’établit à Detroit dans les fifties, il rejoint la formation de Joe Weaver & the Blue Notes. En  1992, il a monté son groupe, les Blues Insurgents en compagnie desquels, il a sorti quelques albums de bonne facture. On ne compte plus ses tournées opérées aux States et en Europe. Mais son dernier elpee remonte à plus de dix années. Sur la pochette, l’artiste pose vêtu d’un smoking, chaussé de pompes blanches, approchant fièrement de sa vieille Cadillac blanche ; manifestement, the gentleman is back!

Ce nouvel opus s'ouvre dans une ambiance plutôt relax. L’aspect mélodique y est privilégié. Un peu comme sur les elpees de BB King. Johnny chante "A woman's got ways" d'une voix remarquable, taillée pour chanter le blues. Il concède quelques notes concises de sa gratte, un peu come BB, sur Lucille. Curieux ! Mais quelle leçon d'efficacité ! Imprimé sur un tempo bien enlevé, "Keep your hands off my babe" baigne davantage dans le west coast swing. Assurés par les Motor City Horns, les cuivres sont bien présents ; d’ailleurs la trompette et le saxophone ténor parviennent même à s’extraire triomphalement de la mêlée. Bassett chante "Nice guys finish last" d’un timbre nasillard, un superbe blues qui transpire le vécu. Le piano soutient parfaitement le tempo. La guitare du maître ondule sur la solution sonore avant de s’en extraire avec délectation. Tout est parfaitement en place. Il est vrai que nous sommes en présence de vieux routiniers du style. "Georgia" est une compo popularisée par Ray Charles. Cette nouvelle version est très respectueuse de celle du génie. Le rythme reprend ses droits pour "You real gutchiegummie" et surtout "Feeling lucky", caractérisé par une sortie de cordes particulièrement élégante. Tous les instrumentistes remplissent leur rôle à merveille. Que ce soit Skeeto Valdez aux drums, James Simonson à la basse, Chris Codish aux claviers ou encore Keith Kaminski aux différents saxophones. En outre, la cohésion manifestée par toutes ces différentes composantes est remarquable. Une homogénéité parfaitement illustrée tout au long du superbe "I'm lost". Dans ces conditions, Johnny n’éprouve guère de difficulté à tirer son épingle du jeu. Son jeu subtil et fluide s’adapte parfaitement aussi bien au cœur d'une section de cuivres que sous une forme dépouillée. Soutenu par la steel guitar de James Morris, il chante d’une voix indolente "I can't see what I saw in you", dans un style sis à mi-chemin entre le Memphis blues et le country de Nashville. Une compo déconcertante d’efficacité ! "I love the way you look" vire au jazz et au swing et laisse à nouveau voix au chapitre aux cuivres et à l'orgue Hammond. "My old flame" clôt l’elpee. Un long blues lent bouleversant. Voix, cordes, piano et cuivres s’y conjuguent à la perfection.

En concoctant cet elpee, Johnnie Bassett vient de frapper très fort. Et pour cause « The gentleman is back » est un opus remarquable ! Néanmoins, il faut aussi tenir compte du rôle joué par Chris Codish qui non seulement se charge des parties d’orgue, mais également a assuré la production et coécrit la plupart du répertoire.

 

Admiral Freebee

The Honey & The Knife

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En 2003, Admiral Freebee publiait un premier opus. Remarquable, il était éponyme. Progressivement, il s’était peu à peu éloigné des eaux turbulentes de son style originel, pour embrasser un profil davantage ‘mainstream’. Et les deux elpees suivants corroboraient cette situation. Curieusement, cette métamorphose l’a rendu moins populaire. Pas étonnant qu’il ait dès lors voulu en revenir aux sources. « The Honey & The Knife » en est une parfaite illustration. Et selon ses déclarations, il a retrouvé la liberté de ton et d’improvisation. En outre, la production a été confiée à Jo Franken, responsable de la mise en forme du premier long playing.

Cette autonomie, s’exprime parfaitement sur les deux premiers extraits de l’album : « Blues From A Hypochondriac (Always Hoping For The Worst) » et « My Hippie Ain’t Hip ». Deux plages formidables, très électriques, sauvages et totalement débridées. Deux compos qui donnent vraiment l’envie de les (re)découvrir sur scène. Dommage que cet esprit ne hante pas l’intégralité de « The Honey & The Knife ». Mais une chose est sûre, Tom Van Laere était particulièrement inspiré quand il a composé ces deux titres. Passé l’orage, le reste du tracklisting s’avère plus calme, mais néanmoins de bonne facture. La voix du vieux loup de mer est toujours aussi expressive et peut même se révéler bouleversante. Une émotion particulièrement palpable sur « Look At What Love Has Done ». Certains titres sont enrichis tantôt d’un harmonica, d’accords de piano, d’arrangements de cordes ou encore de chœurs féminins, rendant l’ensemble plus éclectique. On a même droit à une chanson dansante : « Always On The Run ». Un morceau fluidifié par des claviers ‘vintage’, alors que Tom emprunte des intonations vocales ‘rollingstoniennes’. Et le tout est contaminé par l’humour du grand gaillard. Faut dire que l’Anversois ne se prend pas la tête ; mais prend le soin de ne pas confondre bonne humeur communicative et facilité.

Retour gagnant pour cet artiste attachant. Enfin, c’est tout ce qu’on lui souhaite. L’amiral semble en pleine forme et pour défendre son « The Honey & The Knife » il a décidé de voguer de salle en salle, à travers la Belgique, pour notre plus grand plaisir ! Il se produira d’ailleurs en concert le 4 avril à l’AB de Bruxelles…

A consommer de préférence

Doré à point

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Extraits d’une conversation imaginaire sur une musique imaginaire :

- Surprenante, votre galette intitulée « Doré à point ». Quel est son contenu ?

- Beaucoup d’ingrédients ! Tout d’abord, du jazz ! Un mélange de violon, piano, saxophone, rehaussé de guitare, d’un peu d’accordéon et de percussions. Quelques gouttes de ska et des miettes de berceuses, du pipeau, trois grelots.

- Oui, ceci m’a rappelé les sablés Eric Satie de ma grand-mère, mais aussi, étrangement, le ska de mes copains Caravan Palace, le jazz manouche, et les ogres de Barback. Il y a des cris d’oiseaux aussi, des cris humains je crois, et je perçois un zeste de musique balkanique. Attendez, je goûte à nouveau, car tout se mélange un peu.

- Oui, je dois vous avouer que… la recette est un peu improvisée ! De très bons champignons poussent dans la région et, on dit qu’ils donnent de l’inspiration ! Huhuhuhu !

- Personnellement, j’estime qu’il y a parfois trop de saveurs pour mon palais. Le troisième morceau auquel j’ai goûté, « Sortilège », était délicieux, très sapide ! Mais ce ‘happy end’ en mode majeur m’a laissé une impression trop suave sur la langue.

- Oui, nous appelons cette mixture de la ‘musique positive orchestrée’ et nous tenons à garder une note joyeuse.

- C’est regrettable, je trouve. Le sucré, à la longue, est écœurant. De manière générale, c’est plutôt léger et frais mais quelques morceaux sont un peu difficiles à avaler. Et quels contrastes au sein d’une même bouchée ! Parfois, c’en est trop, et ça devient visqueux comme ces champignons dont vous me parliez à l’instant. Mais je dois bien saluer l’inventivité et l’audace dont vous faites preuve, parce qu’aujourd’hui à part les hamburgers, des tranches de mou dans du pain mou, on ne trouve pas grand-chose à se mettre sous la dent. J’ai vraiment apprécié la « Petite valse macabre ». En fait, ce que vous faites, c’est réinventer des recettes traditionnelles, n’est-ce pas ? Une sorte de musique folklorique imaginaire.

- Si vous regardez bien sur la boîte, il est écrit ‘modern folk’.

- Effectivement. (Elle est vraiment vilaine, cette boîte.) Vous permettez que j’en reprenne un peu ? … C’est vraiment déroutant, toutes ces dissonances, je n’ai pas l’habitude. Et pourtant elles me rappellent constamment quelques saveurs déjà testées. Ici je crois reconnaître une note boisée ; mais non, c’est plus épicé, ce n’est pas ça. Dites, je peux emporter un dogy-bag ?

 

Yakity Yak

Born in the country

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De son véritable nom William Smith, Yakity Yak est originaire de Lansing, dans le Michigan. Etabli aujourd’hui à Detroit, ce chanteur/harmoniciste de couleur noire relève du label local, No Cover. Pour enregistrer cet elpee, il a bénéficié de la collaboration du Mike Espy Band, une formation au sein duquel milite inévitablement Mike, le leader et guitariste (NDR : il est également prof de math !), le guitariste rythmique Chris Hillabrad et le drummer John Barrera. Espy est issu de Kalamazoo mais a fait ses gammes à Memphis! Yak et Espy jouent ensemble depuis 1995. Hormis le "Sadie" de Hound Dog Taylor et le "Sundown" de Charlie Musselwhite, tout le répertoire est signé par le tandem. Mike Boulan, boss de No Cover et actuellement président de la Detroit Blues Society, s’est chargé de la production et du mixing. Il faut dire que c’est sa victoire au Detroit Blues Challenge, décrochée en 2006, qui a permis à Yakity Yak d'enregistrer cet album. Depuis, le Mike Espy Band a publié un cd instrumental baptisé "Son to father".

L'ouverture nous plonge dans le Delta du Mississippi. Les rythmes sont primaires, les percussions lourdes. La technique à l’harmonica est rudimentaire. La slide dispense un son immédiat. Légèrement éraillée, la voix de Yak est très présente. Et le tout est imprimé sur un tempo digne de Howlin' Wolf. Une excellente entrée en matière! Simple mais efficace, "Texas blues" est très proche du "Jesus left Chicago" de ZZ Top, un des meilleurs blues concocté par le trio de Houston. La section rythmique ne fait certainement pas dans la dentelle, mais Espy se révèle bon gratteur pour la circonstance. Une formule qui se poursuit tout au long de "Do you still love me?" Les compositions de Yak sont très souvent pompées sur des thèmes traditionnels notoires. A l’instar de l’hypnotique "Back to the Crossroads", au cours duquel la guitare bien amplifiée se montre aventureuse. Un climat qui se prolonge lors de "Lonesome road" ; et en devient presque envoûtant. La reprise du "Sadie" de Hound Dog Taylor a été préparée, sans surprise, à la sauce Yakity. Ballade blues, "Drunken all day " est manifestement une compo  autobiographique. Un morceau fort bien ficelé, au cours duquel les petits accès d'harmo répondent au chant. Le répertoire trahit une certaine uniformité, et ne recèle guère de surprises. "Trouble" constitue le long blues lent de circonstance. Mike souligne parfaitement de ses cordes le timbre tour à tour puissant, dramatique ou intimiste de Yak. Une slide élégante parcourt "Love my woman", un morceau fort entraînant. Notre vieux bluesman a des planches. Et les deux versions ‘live’ de "Drunk all day" et "Born in the country", proposées en duo avec Mike Epsy, en sont la plus belle illustration…

 

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