Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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The Cure
Chroniques

Gamma Ray

To the Metal

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Dixième album studio des Teutons de Gamma Ray, « To the Metal » se révèle comme une authentique relique pour tout amateur de heavy germanique qui se respecte. Pas besoin de traduire le titre, on sait dans quel univers cet elpee va nous entraîner.

L’œuvre s’ouvre pourtant dans un registre moins speed que d’ordinaire. Caractérisé par ses nombreux changements de tempo, « Empathy » prend toute sa dimension dès le premier refrain. Puissant et épique, il rentre dans la caboche pour ne plus en sortir. Un zeste d’orientalisme sur un solo classieux pimente le titre qui possède toutes les qualités pour devenir un classique du combo de l’ex Helloween Kai Hansen. Il n’existe plus aucune tension entre les membres de la plus célèbre citrouille de l’histoire du rock. Pour preuve, c’est un Michael Kiske en pleine forme qui vient pousser la chansonnette sur un « All You Need To Know » furieusement power metal, rappelant l’époque « Walls of Jericho ». Les ‘vieux’ fans sont projetés 25 ans dans le passé. Une deuxième plage assurément vintage à souhait. Le titre maître navigue sérieusement sur le terrain de Judas Priest, dont Hansen n’a d’ailleurs jamais caché la forte influence sur ses compos, que ce soit chez Helloween ou Gamma Ray. Tempo lent, guitares d’acier et énorme groove provoqué par la basse de Dirk Schlächter. Un hymne auquel se greffe des « Hail to the Metal » et autre « Heavy metal » scandés par des chœurs à faire pâlir de jalousie les membres de Hammerfall. Des chœurs tout aussi puissants sur « Rise », un titre qui semblerait banal s’il n’était pas rehaussé de quelques relents folk communiquant à l’ensemble un air plutôt sympa. Old school dans l’esprit, « Mother Angel » fait quelque peu tomber la pression. La similitude avec Iron Maiden est bien trop évidente ; et ce ne sont pas les jolies nappes de clavier sensées soutenir un solo en demi-teinte qui parviennent à sauver la mise. Dominé une fois de plus par la basse slappée de Schläter, « Shine Forever » s’inscrit dans la pure tradition allemande. Du bon gros speed metal doté d’un chant agressif et d’une double grosse caisse martelée par un Dan Zimmermann métronomique. L’enchaînement est aisé. « Deadlands » défile à grande vitesse et ne fait pas particulièrement dans la dentelle, malgré un refrain hyper mélodique taillé pour le live. « No Need To Cry » conclut de façon plutôt ambitieuse cette plaque typiquement germanique dans son ensemble. Piano, cordes, guitare acoustique, tout a été mis en œuvre pour réussir la ballade qui tue. Le break légèrement ‘queenesque’ et le chant posé de Hansen contribuent à en faire une réussite, et à donner l’envie au mélomane de revenir sur la première plage pour entamer une écoute plus approfondie.

 

Fucked Up

Couple Tracks

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Depuis la publication de leur elpee, « The Chemistry Of Common Life », en 2008, Fucked Up est probablement l’une des premières formations hardcore punk à jouir d’un buzz équivalent à celui d’un combo plus ‘mainstream’. Une attention que les Canadiens doivent non seulement à la richesse et l’hétérogénéité de leurs mélodies acérées ; mais également à la présence de leur leader, l’énorme et charismatique Damian ‘Pink Eyes’ Abraham. Le sextet, véritable machine de guerre scénique, propose une séance de rattrapage pour celles et ceux qui n’ont succombé que dernièrement aux rugissements de Pink Eyes. Entre 2002 et 2009, Fucked Up s’est empressé de commercialiser, en quantité plus ou moins limitée, un bon paquet de singles en vinyle. Les Canadiens en ont réuni une partie sur leur second ouvrage, « Epics In Minutes », et en proposent aujourd’hui la suite sur « Couple Tracks », un doublé gagnant pour les fans de la troupe.

« Couple Tracks » est partagé en deux disques, résumant une partie de la carrière du combo, en quelques singles et faces B. Une parfaite illustration de l’ascension et de l’évolution de Fucked Up. Point de départ : « No Pasaran ». Un premier single noyé dans ses arrangements. En guise de chute, des versions inédites de « Crooked Heart » et « No Epiphany », deux plages affichant des subtilités rarement rencontrées sur le terrain musical occupé par la formation originaire de Toronto.

La seconde galette est, quant à elle, entièrement consacrée aux flips sides et autres inédits dont des « Anorak City », « Magic Kingdom », « I Don’t Wanna Be Friends With You » et « I Hate Summer » terriblement accrocheurs. Condensé survitaminé, « Couple Tracks » devrait sans doute faire baver de plaisir les fans de Fucked Up, mais aussi fuir à toutes jambes les allergiques au genre. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi.

 

Didier François

Sjansons Patinées

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Le label belge Homerecords promeut généralement de bons groupes qui innovent dans un style se nourrissant de classique et de jazz (Dazibao, BASta!). Si Didier François, plutôt bien visible sur la scène belge, sort également des sentiers battus, le choix de ses collaborateurs pour ce disque ne donne pas un résultat franchement heureux.

L’aspect instrumental est assez inventif. Des plages plutôt douces alimentées par des accès de violons, violoncelles et contrebasse, ainsi que d’une nyckelharpa (une sorte de vielle suédoise qui est la spécialité de Didier François). Les mélodies calmes, indolentes, instaurent des tensions agréables. La composition est rondement menée, très riche. Mais le chant n’est pas à la hauteur ; que ce soit dans la nature forcée de certaines voix ou dans la piètre qualité des textes.

Ne pratiquant pas le néerlandais, je me contenterai de critiquer les textes en français, notamment ceux signés par Wannes Van de Velde : une poésie à l’eau de rose, évoquant les récitals français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, notoires pour leurs lyrics poétiquement suaves. Les poncifs romantiques se succèdent : le vin, l’amour, la lune blanche, les yeux reflétant la lueur nocturne. C’est du déjà-vu et d’un romantisme périmé, collant comme un pot de miel.

Certains morceaux méritent malgré tout qu’on s’y attarde. Et tout d’abord, « Een Schip », une compo qui débute par un violon affamé. « Naar de Provence », ensuite. Une voix d’homme chante nonchalamment, à la manière d’Arno. Elle est soutenue par des violons qui font monter la tension. « Gnossienne », enfin. Un titre signé Eric Satie. Exclusivement instrumental, il baigne au sein d’une atmosphère inquiétante et nostalgique. Assurément un des meilleurs moments de l’album.

Les amateurs de comédies musicales apprécieront peut-être les autres titres. Pour ma part, je regrette la présence de ces voix sans lesquelles le disque aurait bien davantage de qualités. « Sa démarche chaloupée et provocante » (c’est le titre du dixième morceau) est notamment très réussie. Des vocalises féminines suivent le violon dans ses hauteurs pour une très belle complainte, suivie d’une lente incantation qui semble improvisée –sans paroles– évoquant le chuintement d’une eau bouillante.

Le bonus track, « The Travellers », est un morceau majestueux, uniquement instrumental. Serein, il s’étale sur de longues minutes, et laisse en fin de parcours une belle impression. Difficile pourtant de résumer ce disque, très inégal, mariant les influences pour le meilleur comme pour le pire.

 

Thomas Dybdahl

Thomas Dybdahl

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Les premiers pas en solitaire de Thomas Dybdahl remontent déjà à huit ans. Huit années au cours desquelles le Norvégien s’est forgé une solide réputation, mais a également trusté une multitude de récompenses, attribuées à l’un des Scandinaves les plus célèbres de la sphère folk/rock. Son timbre androgyne, tour à tour glacial ou bouleversant, est souvent comparé à celui d’Antony Hegarty, de Rufus Wainwright ou encore de Nick Drake. Un organe qui lui permet de communiquer une palette particulièrement large d’émotions. Une voix qui balise une texture sonore très soignée (NDR : ces arrangements !), mais jamais grandiloquente, au cours de laquelle les subtils arpèges de guitares se fondent subtilement dans les nappes de cordes.

Au cours de ces huit années, Thomas Dybdahl a concocté quatre elpees. Son meilleur ? « …That Great October Sound ». Le moins bon ? « Stray Dogs ». Pourquoi ? Des compos parfois un peu trop indolentes. Surtout sur son second opus. Bref, une remarque qui n’affecte pas cette plaque, puisqu’il s’agit d’un ‘Best Of’. Et manifestement, ce recueil réunit les meilleures chansons de Dybdhal. Les douze morceaux sont tous plus beaux les uns que les autres. Depuis « I Need Love Baby, Love, Not Trouble » à « Cecilia », en passant par « One Say You’ll Dance For Me New York City », toutes les facettes du songwriter norvégien sont ici dévoilées. Et en un seul album !

Si vous ne connaissez pas encore l’artiste, ce cd constitue la meilleure manière de l’appréhender. Par contre, si vous êtes fan, pas la peine de vous le procurer, toutes les compos sont déjà parues sur l’un ou l’autre disque...

 

Deathbound

Non Compos Mentis

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Les Finlandais de Deathbound ne sont pas vraiment des perdreaux de l’année puisque Twighlight, la première mouture de ce groupe brutal death/grindcore, a vu le jour en 1995 et que deux de ses trois membres (Petri ‘Pete’ Seikkula à la guitare et Sami Latva à la batterie) sont aussi impliqués au sein du groupe black métal expérimental Havoc Unit (connu jadis des amateurs de black métal sous le nom d’… And Oceans). Quant à Kai ‘Kaitsu’ Jaakkola le vocaliste, il n’est pas non plus inconnu des amateurs de musique extrême puisqu’il place ses borborygmes gutturaux au sein, entre autres, de The Duskfall.

Vous dire que Deathbound est le groupe le plus original du monde serait un mensonge éhonté. Au contraire, vous ne trouverez rien ici que vous n’ayez pas déjà entendu ailleurs. Par contre, si le brutal death est votre style de prédilection et que vous n’avez pas peur de la redite, « Non Compos Mentis » pourrait très bien trouver une place de choix au sein de votre collection de rondelles argentées et sanguinolentes. Car, dans le style, il faut avouer que Deathbound est plutôt efficace. En proposant quatorze titres pour seulement une trentaine de minutes de musique, on se doute bien que le power trio ne s’encombre pas de détails pour aller à l’essentiel de sa démarche. Un death métal ultra-speedé dont les sonorités rappellent autant l’œuvre d’Entombed que des premiers albums d’Hypocrisy, le tout gonflé d’une brutalité que ne renieraient pas Napalm Death ou Nasum. Dans les grandes lignes, c’est ce que vous réserve « Non Compos Mentis », si d’aventure, vous décidez de vous l’enfiler dans vos feuilles de chou blindées.

Mattia Coletti

Pantagruele (Ep)

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Wallace Records est une écurie italienne indépendante dont les artistes militent dans l’alternatif de l’alternatif de la noise, du folk, de l’électro-rock, du post-rock, du free jazz, et j’en passe. Mattia Coletti y est hébergé. Un jeune musicien du cru, âgé de 25 ans, responsable de 3 albums, à ce jour, pour l’écurie transalpine. « Pantagruele » n’est pas un nouvel elpee, mais un Ep 6 titres, dont la durée n’excède pas les 22 minutes. Déjà que je ne suis pas trop branché sur la variété issue de la botte méditerranéenne et encore moins par sa scène métal (NDR : et ici je pense tout particulièrement à l’atroce Linea77), mais ce n’est pas ce type de musique qui va faire avancer le schmilblick.

Partagé en 6 plages, dont une en fin de parcours ressemble plus à une divagation bruitiste, cet Ep sensé tremper dans folktronica lo-fi est d’un ennui mortel. Au fil de l’écoute on risque même de tomber en état de léthargie. Rarement une petite demi-heure ne m’aura parue aussi longue. Les compos n’ont aucun relief, même lorsque Coletti y pose sa voix. Son cocktail de cordes acoustiques et d’effets électro ne décolle jamais et très souvent s’égare dans des interludes dissonants et totalement inutiles. J’ai pu lire que sa musique recelait des traces psyché héritées de Syd Barrett voire Vincent Gallo. Désolé, mais cette réflexion fait injure à la folie douce sonore manifestée par le regretté leader de Pink Floyd. Alors quelle utilité réserver à cet Ep ? Un fond sonore pour la relaxation ? Peut-être. Ou en mangeant des antipasti. Bref, un zéro pointé musical sur toute la ligne. N’est pas Tex La Homa qui veut.

Mattia a peut-être impressionné la ‘mama’ mais son œuvre aurait assurément dû rester confinée au sein de la ‘famiglia’. Analogies italiennes inutiles formulées sous forme de clichés, me répondrez-vous ? Peut-être. A l’image de sa musique, alors…

 

William Clarke

Live Bootleg Cassette Anthology

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William est considéré come un des plus grands souffleurs du blues. Un des génies de l'harmonica chromatique, et sans doute le meilleur élève de Georges ‘Harmonica’ Smith ; n'en déplaise à Rod Piazza ! Hélas, son cœur l'a lâché le 3 novembre 1996. Il n'avait que 45 ans. Sa veuve, Jeannette Lodovici semble avoir surmonté l’épreuve de sa disparition ; et une chose et sûre, elle dirige d’une main de maître la carrière posthume (si l'on peut dire) de Clarke, en compagnie de leur fille Gina. Elles nous avaient déjà légués plusieurs brillants témoignages discographiques consacrés à l’artiste, dont un superbe "Live in Germany", "Now that you've gone", "One more again" et deux volumes de "The early years". Sans oublier "My last goodbye", une vidéo lui rendant hommage. La source semble inépuisable, puisque vient de paraître "Live bootleg cassette Anthology". Pas vraiment un bootleg, puisqu’il est édité sur le label Watchdog de Miss Jeannette. Des prises ‘live’, immortalisées sur de modestes enregistreurs à cassette. Ce qui n’empêche pas le charme d’exercer son effet.

Sur les onze plages, huit sont issues d’un concert accordé à San Francisco, en 1991. Les trois dernières de sa toute dernière tournée accomplie 1996. Nous sommes à San Francisco. Bill est planté au milieu de la scène. Comme d’habitude, il est entouré de musiciens brillants : Zach Zunis et Rick Holmstrom aux guitares, Will Brinlee à la basse et Lee Cambell aux drums. Après une brève introduction, il attaque "Walked all night long". Et on entre instantanément au sein du fabuleux univers nocturne de Clarke. Le tempo est vif. William crache déjà des phrases assassines sur son harmo. L'ensemble libère un groove pas possible. Parfaitement huilé, le band peut hausser le rythme. L’attaque perpétrée sur le "Lollipop Mama jam" de Roy Brown est incisive et directe. Cette compo ouvrait "Blowin' like hell", le premier elpee, paru en 1991, chez Alligator. Les cordes de Holmstrom explosent dans un style digne du Hollywood Fats Band au sommet de son art. Ce west coast jump évolue en première division. Les poumons de William sont gonflés à bloc. A cette époque, il pétait encore la santé. Une compo qui atteint un véritable sommet, même si le son n'est pas hi-fi. Et puis tant pis ou tant mieux! Les deux gratteurs conjuguent leurs talents à merveille, tantôt en soliste, tantôt à la rythmique ; mais toujours au service du leader. L'introduction de "Telephone is ringing" est percutante et tonique (NDR : ce titre figurait sur "Groove time", et impliquait Kid Ramos à la guitare!) Mr Clarke entame enfin un blues lent, "Must be jelly", un hommage appuyé à son maître Georges Smith, au cours duquel Bill aligne des notes invraisemblables. Bref mais percutant, "Trying to stretch my money" campe un shuffle californien, un morceau caractérisé par le rôle des guitares rythmiques qui poussent sans cesse leur leader vers l'avant. "Lonesome in my bedroom" est un blues lent. Le type de compo au cours de laquelle Clarke injectait toute sa passion, au point où parfois il était au bord des larmes. Ce cri d'amour et de désespoir est vraiment bouleversant. La fin du concert approche ; et le présentateur le remercie. Mais c’est avec un pincement au cœur que nous écoutons religieusement "Bill's last tune… Goodbye".

Au beau milieu de la plaque, figurent trois plages extraites d'un concert accordé lors de son dernier périple accordé en 96. Paul Bryant se réserve les cordes, Rick Reed la basse et Brian Fahey les drums ; mais seul Mr Clarke se libère comme soliste. Se succèdent ainsi l’émouvant, mais prémonitoire "My last goodbye", un blues lent qui transpire le vécu. Un morceau au cours duquel on a l’impression que l'harmonica chromatique reste collé à ses lèvres. Puis deux plages plus rythmées. "Home is where the heart is" et un "Loose your life", marqué par ce riff à la Bo Diddley, une compo au cours de laquelle le maître s’autorise une sortie remarquable sur son instrument. Un riff signé Paul ‘Pops’ Bryant, c’est-à-dire plus que probablement le dernier guitariste à avoir accompagné Clarke sur la route ; un chemin parcouru depuis la fin 94 jusqu'au 20 octobre 96, à Abilene Texas. Deux semaines plus tard, William quittait ce monde. Repose en paix l'artiste!

 

Clare & The Reasons

Arrow

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Presque deux années se sont écoulées depuis la sortie du premier album de Clare & The Reasons, « The Movies ». Un premier essai qui avait obtenu d’excellentes critiques. Pour la circonstance, Clare avait reçu le concours de son époux et du compositeur français Olivier Manchon ainsi que de la formation The Reasons. Un opus qui avait surtout marqué les esprits par le timbre vocal doux et suave de la New-Yorkaise, ainsi que par les arrangements particulièrement réussis. Un bémol : l’absence de folie. Ce qui au fil de l’écoute se traduisait en un ennui poli.

« Arrow » constitue donc le second elpee de C.&T.R. Le timbre vocal de Clare Muldar est toujours aussi exquis. Les arrangements sont à nouveau impeccables. Si les cordes acoustiques (NDR : particulièrement envoûtantes tout au long de « You getting me ») et les accords de piano dominent l’instrumentation, la diversité des climats déjoue le piège de la morosité. On a même droit à des cuivres sur la cover du « That’s All » de Genesis. Le spectre de Joanna Newsom plane parfois. A cause du côté baroque des compos. Mais en plus cool et surtout en plus printanier. Clare interprète également une plage dans la langue de Molière (NDR : serait-ce un clin d’œil adressé à son mari ?) Véritable hymne à la capitale de la France, « Perdu à Paris » baigne dans une expression sonore qui aurait pu servir de fil conducteur à une chanson de Jacques Brel. « Melifera » libère une certaine forme d’allégresse ; mais elle aurait pu se muer en grâce si cette compo avait été enrichie de chœurs. Néanmoins, cet elpee s’avère de toute bonne facture. Léger, ensoleillé, il répand des effluves printaniers auxquelles on aspirait depuis de longs mois. 

 

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