Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Chroniques

Solex

Amsterdam Showdown King Street Throwdown !

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Selon leur roman photos (disponible sur le Myspace de Solex), c’est au cours de l’année 2006 qu’Elisabeth Esselink, aka Solex, se rend dans sa boutique de vinyles favorite à la recherche de quelques morceaux à sampler. Fortuitement, la Dj amstellodamoise tombe sur un vieux 33 tours de Boss Hog. Le blues-rock du groupe new-yorkais, dont Jon Spencer (celui du Jon Spencer Blues Explosion) et sa femme Martina Cristina sont les deux figures emblématiques, frappe directement l’esprit de la Batave. Sans hésitation, elle décroche son téléphone afin d’exposer ses plans à Jon Spencer. Apparemment excité par l’idée, le vieux rocker répond par l’affirmative et propose que sa compagne l’accompagne dans l’aventure. Vous avez donc l’explication de cette association contre nature entre une simple Dj et un mythe du punk/blues yankee.

Une question me taraudait quand même l’esprit, une interrogation mêlée de crainte, mais également excitation : ‘quel serait le résultat de cette rencontre improbable ?’ Pas facile à imaginer ! Or à l’issue d’une première écoute, mes appréhensions ont été balayées. Car le résultat de cette expérience tient bien la route. Il est même parfois épatant. Solex imprime très souvent le rythme aux compos. Un tempo tour à tour funkysant (« Bon Bon ») ou soul (« Aapie »), mais qui progressivement vous imprègne pour en devenir hypnotique. Mr. Spencer apporte bien sûr toute son expérience à cette collaboration ; et nous réserve une petite perle intitulée « R Is For Ring-A-Ding », au cours de laquelle blues et funk se conjuguent sur une ligne de parole. Notre Néerlandaise a certainement dû en être soufflée. Et cerise sur le gâteau, Cristina Martinez vient régulièrement poser son timbre sensuel, sur les compos. Des moments particulièrement savoureux ! Alternant les climats, cet elpee privilégie les plages énergiques. Pas le temps donc de s’endormir, sur cette plaque.

Bref, Solex a réussi un pari particulièrement périlleux. Et Jon spencer, n’est bien sûr pas étranger à cette performance. Vivement une prochaine collaboration. Qui soit aussi surprenante. C’est tout ce qu’on souhaite !

The Sojourners

The Sojourners

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The Sojourners, c’est avant tout une communauté chrétienne soucieuse de l’équité sociale. Leur crédo se focalise ainsi sur la foi, la justice et la paix. C'est aussi le nom choisi par un trio de chanteurs noirs qui se sont retrouvés, il y a quelques années à Vancouver, pour y enregistrer, sous la houlette du producteur Jim Byrnes.

Marcus Mosely est originaire de Ralls, un petit village texan. Il a chanté dans l'église locale avant que son talent de vocaliste ne soit reconnu dans le monde entier. Ron Small est né à Chicago, mais il a élu domicile au Canada, il y a plus de 50 ans. Il chante le gospel et s'est forgé une réputation dans les clubs jazz de Toronto. Will Sanders lui, nous vient d'Alexandria, en Louisiane. Toute son existence, il a trempé dans le gospel. Dans le style, c'est un véritable passionné. Après avoir accompli leurs sessions auprès de Byrnes, le trio entre en studio. Nous sommes alors en 2007. Et il y concocte "Hold on", un premier elpee. Un disque qui bénéficie du concours de Steve Dawson à la mise en forme.

Et c’est toujours à ce personnage que le groupe fait appel, pour produire cet opus éponyme. Un Dawson qui se charge, en outre, des parties de guitare. Une équipe de collaborateurs talentueux s’est également impliqué pour soutenir notre trio de vocalistes. Dont Mike Kalanj à l'orgue Hammond B3 ainsi que Geoff Hicks et Keith Lowe pour la section rythmique. Et tout ce beau monde participe à la confection d’un univers sonore au sein duquel se mêlent allègrement gospel, doowop, R&B, soul et blues.

Dès l'ouverture, les trois voix entrent en parfaite communion. Gospels, mais fortement teintées de R&B, elles sont balisées par l'orgue Hammond chaleureux, pendant que Dawson apporte une touche contemporaine à ce "Nobody can turn me around". Les cordes cristallines soulignent parfaitement les chœurs, tout au long de "Brother Moses smote the water". Pas étonnant que nos Sojourners citent comme influences, le Golden Gate Quartet, Edwin Hawkins, les Five Blind Boys from Alabama et les Staple Singers. La guitare électrique de Steve occupe une place importante au sein de cette fresque sonore guidée par la passion. Bien en avant, la slide affronte les trois voix sur un "Great day" bien participatif. Le timbre pur de Will Sanders illumine "Another soldier gone" et "When I die", deux douces ballades aux accents country. Cette couleur country est davantage prononcée sur "It's hard to stumble", une plage enrichie par la présence d'une guitare National aux accents métalliques et d'une pedal steel. "Strange man" est imprimé sur un rythme plus rapide, un blues pur et dur, guidé par la voix de Marcus Mosely et vivifié par l'orgue Hammond de Kalanj, en effervescence. Ron Small possède lui aussi un organe remarquable. Son intervention a capella, sur l’intro de "Lead me guide me", est vraiment bouleversante. Dawson communique des accents rock à la cover très réussie du "The neighborhood" de Los Lobos. Caractérisée par de solides échanges entre la slide et le piano électrique, cette chanson constitue un vibrant plaidoyer en faveur des droits civiques et de la justice sociale. Autre reprise : le "Death don't have no mercy" du Reverend Gary Davis. Une version particulièrement réussie, épatante, dominée par le banjo et la lap steel guitare hawaïenne (NDR : à vous flanquer des frissons partout) de Steve Dawson. Dans le style, c’est un excellent album !

 

The Rodeo

Music Maelström

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Afin d’illustrer son aventure musicale, Dorothée Hannequin a choisi un pseudonyme particulièrement judicieux : The Rodeo. Et pour cause, elle évite d’abord ainsi la comparaison facile avec la célèbre copine de Corbier et Jacky. Et puis et surtout, il s’agit d’une anagramme parfait de son prénom. Enfin, il colle parfaitement à sa musique, lorgnant continuellement vers l’Ouest américain ! Sa carrière musicale a d’ailleurs été lancée lors d’une soirée ‘open mic’ à l’Hôtel Utah (d’où le titre de son premier Ep), à San Francisco, au cours de laquelle elle s’était mise en évidence.

« Music Maelström » constitue le premier elpee de cette jeune française qui a beaucoup voyagé aux States. Elle en est d’ailleurs revenue la tête remplie d’images de western. Un disque produit par le Texan Stuart Sikes, personnage déjà responsable de méfaits de qualité commis en compagnie de The Walkmen ou Cat Power. Un opus découpé en morceaux pop/folk fragiles, émouvants, empreints d’une grande sincérité. Pas question d’exercices de style, dont s’étaient rendues coupables les sœurs de First Aid Kit, récemment. Elle pose sa voix profonde, légère, sur une instrumentation intimiste : accords de guitare le plus souvent acoustiques, percus discrètes, un zeste de flûte, d’ukulélé ou de xylophone ainsi que quelques maracas… Belle preuve de confiance en soi, elle a réservé les meilleures compos de « Music Maelström », en fin de parcours. Une manière audacieuse, mais intelligente, d’éviter l’essoufflement sur la longueur. Et je pense tout particulièrement au superbe « High Resolution World », une plage intense et déstructurée, au très mélodieux « Hand Shadow » ainsi qu’au bouleversant « I’m Gonna Leave You ». Cette Française qui rêvait de devenir Américaine a donc réussi sa tentative de réappropriation de la culture musicale yankee, tout en s’érigeant un univers personnel ; et ce malgré quelques passages à vide, à l’instar des trop scolaires « In The Radio » et « Little Soldier ».

En Europe, la Suède n’est donc officiellement plus la seule nation qui rêve du pays de l’oncle Sam. Les frenchies s’émancipent et concrétisent leurs ambitions avec talent. De très bonne qualité, ce cocktail de country, de folk et de pop devrait même se savourer dans le premier ‘saloon-PMU’ du coin !

D’après le MySpace de l’artiste, The Rodeo se produira dans le cadre des Nuits Botanique ce 14 mai. Mais pas de trace de sa présence, pour l’instant, sur le site du Bota…

Laberinto

Mask Of A Thousand Faces

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Au début des années 90, le métal cherchait à se renouveler en mariant les genres. La fusion était partout. On mixait tout et n’importe quoi. Funk, Rap, Jazz, World Music tout passait à la moulinette métallique.

L’Amérique latine, comme le reste du monde, n’était pas épargnée. En 1989, à Caracas au Venezuela, quelques solides gaillards se prennent au jeu. Ils décident d’injecter massivement des percussions traditionnelles afro-américaines, à un cocktail de métal lourd et de hardcore. Ils choisissent pour patronyme Laberinto (Labyrinthe en espagnol) et, dans la foulée, baptisent leur création artistique de ‘Metalatino’. Dès 1992, le groupe s’expatrie et s’installe à Amsterdam, bien décidé à faire découvrir son style multiculturel révolutionnaire aux Européens. De son pied-à-terre batave, Laberinto édite album sur album : “Laberinto" (1995), "Priority" (1996), "Freakeao" (1998), “Laberinto Live" (2000), "Another Style” (2000), “Decada" (2003) et “The World Might Suck – Laberinto Featuring Osdorp Posse” (2008). Les Vénézuéliens se forgent aussi une sérieuse réputation scénique en tournant aux quatre coins du monde.

En  2010, Abel Canizales (Guitare), Marco Toro (Batterie & Percussion), Gregorio (Basse) et Miguel Padron (Percussion) durcissent le ton et recrutent un frontman  hollandais charismatique et burné répondant au nom de Ronny Tuinman. Cette évolution vers un style plus extrême est plutôt judicieuse ; et pour cause, leur nouvel opus, « Mask Of A Thousand Faces », devient l’album ultime du métal ethnique : furieux et exotique à la fois. Une basse qui slappe autant qu’elle groove, d’énormes riffs de guitare, des percussions tribales, des soli à faire pâlir n’importe quel adepte du shredding et une voix hurlée, à la limite du métal et du hardcore. L’appellation ‘Metalatino’ semble soudainement bien réductrice : ‘Samba Post-Thrash’, ‘Funk Metal Extrême’, ‘Metal Urbano-tribal’, ‘Carnavalcore’ tous ces termes correspondraient mieux au Laberinto millésimé 2010. On pense bien sur à Sepultura, à Soulfly pour le côté métal moderne, extrême et tribal, mais aussi aux Parisiens d’Abinaya pour les percussions savamment intégrées. Laberinto y ajoute ses influences typiquement latino, mais aussi du funk, du groove et du feeling, le tout servi par une technique remarquable.

Laberinto vient de livrer sa meilleure réalisation en vingt-et-une année d’existence. Un voyage ultime entre modernité urbaine et tradition tribale. Ne passez pas à côté de cette plaque !

 

Kazumasa Hashimoto

Strangeness

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Kazumasa Hashimoto n’en est pas à son coup d’essai. Déjà responsable d’une discographie comptant 5 éléments (4 LPs et 1 B.O.), le Japonais propose un cinquième recueil studio d’une qualité inattendue. « Strangeness » est le type même de disque dont la sortie (trop) discrète constitue un véritable gâchis pour l’auteur. Il ne faut être pas forcément familier à l’univers d’Hashimoto pour deviner, dès la première écoute, que l’homme a de la suite dans les idées.

« Strangeness » unit très subtilement une pop bucolique à des arrangements post-classiques. Et pour la première fois de sa carrière, le maestro introduit des parties chantées au sein de ses compositions. Gutevolk, artiste relativement inconnue dans nos contrées, accompagne au micro son compatriote. La combinaison des douces vocalises de Hirono Nishiyama (NDR : le vrai nom de Gutevolk) et de la touche éthérée des arrangements d’Hashimoto confère à l’ensemble une fascinante atmosphère séraphique.

Un seul reproche est à adresser à ce « Strangeness ». Le disque se clôture sur le titre-maître, une plage instrumentale de plus de 20 minutes qui, sans être tout à fait lassante, aurait gagné à n’en compter que la moitié. Mais peut-être est-ce là la manifestation d’un esprit nébuleux préférant l’abondance des idées au confinement pur et simple de l’imagination… Vivement conseillé.

 

Peter Gabriel

Scratch my back

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Peter Gabriel a marqué la jeunesse de bon nombre de mes contemporains. Votre serviteur y compris. Sous sa houlette, il a écrit les plus belles pages de l’aventure de Genesis. Et de l’histoire du rock aussi. En quittant le navire, dès 1975, pour embrasser une carrière solo, il a aussi laissé le trio Collins/Rutherford/Banks exsangue de créativité, mais pas de rentabilité… L’Archange sort son premier elpee en 1977. Il est éponyme et contient le fabuleux « Solsbury hill ». Les disques se succèdent, et s’ils rencontrent un succès planétaire, ils sont aussi et surtout le reflet de son talent et de son imagination débordante. Outre sa discographie, ses concerts soulèvent toujours l’enthousiasme. Mais Peter ne se contente pas de son parcours artistique ; il s’engage également auprès de diverses associations humanitaires et puis se consacre à la popularisation de la world music, via son label Real World. Depuis 2002, année de sortie de son elpee ténébreux « Up », il avait mis la pédale douce, ne se manifestant qu’à l’occasion de l’une ou l’autre tournée. Le plus souvent pour défendre des valeurs sociales et humaines fondamentales. Comme la paix dans le monde, le respect des droits de l’homme, etc.

Après huit longues années d’attente, on était donc en droit d’attendre une autre merveille de la part du (aujourd’hui) sexagénaire. Première mauvaise nouvelle, ce disque ne recèle aucune nouvelle chanson. Rien que des reprises. Aussi bien d’artistes ou groupes mythiques (Bowie, Paul Simon, Talking Heads, Neil Young, etc.) que contemporains (Arcade Fire, Elbow, Radiohead, Bon Iver, etc.) Deuxième mauvaise nouvelle, toute instrumentation pop ou rock a été purement et simplement balayée. Pas de batterie, de guitare ou de basse. A la place un piano : celui de Tom Cawley. Et puis un orchestre symphonique : le London Scratch Orchestra. Le tout a été mis en forme par Bob Ezrin (producteur, entre autres de « The Wall » du Floyd) et a bénéficié des arrangements de John Metclafe (Durutti Column). Bref, un emballage somptueux, exceptionnel. Reste la voix de Gabriel. Rocailleuse, granuleuse, elle se contente cependant trop souvent de murmurer. Résultat des courses, l’ensemble manque cruellement de relief. Et au bout de quelques titres, soit on arrête les frais, soit on est envahi par une certaine forme de spleen. Et on s’em***** ferme ! Pourquoi avoir calqué ces exercices de style sur un même mode linéaire ? Un peu de folie, de rythme et d’exaltation aurait permis à cette œuvre de décoller… En grattant ( ?!?!) quatre ou cinq couches de vernis, les inconditionnels de l’artiste ont découvert une multitude de richesses cachées. Elles sont vraiment bien cachées alors… Reste à voir sur les planches. Là ou l’Archange peut donner une autre dimension à sa musique. A ces compos ! Visuelle, par exemple. Il est d’ailleurs parti en tournée, en compagnie d’un orchestre de 54 musiciens. Désolé Gab, mais ce n’est pas parce que t’as 60 balais, qu’il faut t’endormir sur tes lauriers… Ah oui, et pour que votre info soit complète, sachez que les artistes repris ici ont été invités à adapter une compo de Peter, versions destinées à figurer sur une compile qui sera intitulée « I’ll scratch yours », et dont la production sera à nouveau confiée à Bob Erzin. Pourvu qu’ils n’aient pas la mauvaise idée de les rendre trop ‘piano’…

First Aid Kit

The Big Black and The Blue

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First Aid Kit est le joli sobriquet médical choisi par les sœurs Klara et Johanne Söderberg, respectivement âgées de 16 et 19 ans. Un duo familial probablement fondé au coin du feu, non loin de Stockholm. Le groupe s’est forgé une petite armada de fans depuis février 2009 et la sortie de leur Ep inaugural, « Drunken Trees », sur le label du duo The Knife (NDR : ce sont des compatriotes !), Rabid. Rapidement signé sur Wichita pour la distribution européenne, First Aid Kit a publié en janvier son premier elpee, « The Big Black and The Blue ».

Les jeunes sœurs pratiquent une forme de country-folk, ma foi forte conventionnelle. Et « The Big Black and The Blue » en est une parfaite illustration. L’originalité n’est d’ailleurs pas un objectif principal chez First Aid Kit. Les compositions creusent d’ailleurs le même sillon que leurs aînés Alela Diane (NDR : l’influence est flagrante sur « Heavy Storm »), Bosque Brown, Fleet Foxes (NDR : dont elles reprennent régulièrement leurs chansons, en concert) ou encore Mariee Sioux. Les frangines ont déclaré être fans de Gram Parsons et de Conor Oberst. Elles parviennent à capturer le sens mélodique du natif d’Omaha ainsi qu’une certaine forme d’atemporalité de ses compos. Mais pas à y injecter cette étincelle d’émotion, si caractéristique du trentenaire. Néanmoins, vu la qualité du travail d’écriture des deux divas, et la maîtrise de leur sujet, les carences s’estompent assez rapidement. D’autant plus que leurs voix sont superbes. De quoi permettre au mélomane de se lover dans leurs comptines délicates. Et d’y prendre un plaisir certain. Ténébreux, leurs lyrics sont souvent liés à l’univers marin. Un peu comme si elles étaient le fruit des divagations américaines de Laurent Chalumeau. Mais le plus important, c’est qu’elles se marient parfaitement à l’instrumentation. Epurée. Essentiellement acoustique. Et pourtant, c’est lorsque les deux artistes osent élargir leur univers sonore, qu’elles se montrent les plus intéressantes. Notamment tout au long de « A Window Open », une compo parcourue d’un clavier vintage. Ou lorsque le tempo s’élève et s’excite quelque peu. A l’instar de « I Met Up With the King ». De quoi démontrer que la paire possède un potentiel. Mais susceptible d’être développé et surtout à bien explorer.

“The Big Black and The Blue” est une œuvre finalement, dans les grandes lignes, bien meilleure que celle que nous a légués dernièrement Alela Diane. De quoi démontrer que le talent n’attend pas nécessairement le nombre des années. Jamais la Suède ne s’était aussi bien projetée au cœur du Midwest américain ; et pourtant ce n’était pas faute d’essayer… Pensez à Nolaï Dunger et Christopher Astrom, pour vous en convaincre. Souhaitons simplement qu’au fil du temps, First Aid Kit parviendra à guérir bien plus que des petits bobos. Pour atteindre cet objectif, il leur appartiendra de se libérer de leurs influences ‘americana’, parfois trop contraignantes. A applaudir le 9 avril au Botanique !

 

El Gato (France)

Fire walk with us

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Pour cette chronique, j’avais pensé à une intro marrante. Du style ‘Un groupe du Nord de la France qui fait du stoner… euh… du Ch’toner alors ?’ Spirituel, non ? Effectivement ; mais pas vraiment original, puisqu’une petite recherche sur la grande toile m’a fait comprendre que d’autres y avaient pensé avant.

Fort heureusement, les Lillois d’El Gato sont un peu plus originaux pour concocter de la musique que votre serviteur pour faire de l’humour (NDR : qui a dit à deux balles ?) On peut même ajouter que pour la singularité, nos voisins du Nord (de chez eux, mais du sud de chez nous) ne sont pas en reste. Leur recette de Rock Alternatif est aussi unique que savoureuse. Pour résumer en quelques lignes : ils empruntent les riffs plombés du stoner et les mêlent à presque tout ce qui est sorti de la norme, dans le rock, depuis les années 90.

Leur recette ? Prenez un plat, étalez-y une bonne couche de riffs bien gras (comme ceux des Queens Of The Stone Age, par exemple), ajoutez une bonne dose de grunge seattlenesque (NDR : pensez à Nirvana !) et un bouquet garni de rock alternatif (une branche de Pixies, une feuille de Smashing Pumpkins, un brin de dEUS). Et pour donner du goût, deux gousses de Placebo. Enfournez dans votre lecteur Cd pendant 44 minutes et 44 secondes (la durée de l’album). Un véritable régal !

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