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Chroniques

Arid

Under The Cold Street Lights

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1998, un album sorti de nulle part concocté par un ‘petit groupe’ flamand issu de la région gantoise obtient un succès retentissant en Belgique. Cet album s’intitule « Little Things of Venom » et la formation coupable de ce magnifique ouvrage porte le patronyme d’Arid.

Depuis le siècle passé (ben oui), Jasper Steverlinck et ses complices sont devenus un des groupes-phares de la scène rock/pop ‘made in Belgium’. Chaque nouvelle réalisation est accueillie par un public qui s’élargit au fil des disques et des concerts du band.

Deux elpees confirment le statut de révélation de cette fin de millénaire. « All is quiet now », tout d’abord. Publié en 2002, il s’avère pour les uns, plus calme et moins audacieux, pour les autres plus intimiste et plus profond. « All Things come in Waves » tombe dans les bacs en janvier 2008. Un retour aux sources, couronné de succès et considéré comme l’album le plus abouti du combo gantois. La tournée consécutive à la parution de cet opus permet au combo d’acquérir de l’expérience ; et surtout d’accentuer sa popularité. A ce moment, Arid est quasiment considéré comme la meilleure formation belge de l’époque. Il lui aura fallu six ans pour arriver au sommet de la reconnaissance. Jasper Steverlinck, chanteur/guitariste et âme du groupe, volontiers comparé au regretté Freddy Mercury pour son organe vocal, a entretemps tenté une petite percée personnelle en concoctant un album solo intitulé « Songs of Innocence », un long playing truffé de reprises (Bowie, d’Arby) qui récolte un succès tout à fait inattendu.

2010, « Under the cold Street Lights », quatrième réalisation d’Arid, paraît ce 1er mars, soit deux ans seulement après la sortie de son très abouti troisième opus.

Rien de bien neuf, de bien surprenant à l’horizon musical de la bande à Jasper. Le menu proposé opère un mix entre toutes leurs facettes, de toutes leurs possibilités et envies. La ligne mélodique reste toujours très soignée, oscillant entre ballades lancinantes (« Seven Odd Years », « Mindless »), titres plus dansants, plus pop (« Something brighter », « Custom Gold ») et morceaux plus ‘musclés’ (« The Flood », « Come On »). La voix (et quelle voix !) du leader faisant le reste. Jasper reste très performant et centralise autour de sa personne quasiment tous les intérêts portés à la formation. Le ‘Freddy Mercury gantois’ (ne lui dites pas, il déteste la comparaison) étale à nouveau tout son talent d’interprète, visite tous les registres, tout en restant le songwriter du band (écoutez donc le splendide « All that’s here is all what that’s left »). Gloire à lui !

« Under the cold Street Lights » ne révolutionnera pas le rock belge, ne surprendra pas les spécialistes, ne fera finalement pas autre chose que de confirmer un état des lieux que l’on connaît déjà : Arid reste bien une des formations les plus pop(ulaires) de notre (mini)planète musicale.

A découvrir, à écouter, à déguster, à apprécier selon ses propres envies… Perso j’en reprendrai bien un peu, dix plages seulement, c’est trop peu !

Une question me taraude cependant l’esprit. Comment diable vont-ils s’en sortir sur scène ? Filip Ros, bassiste depuis la création du groupe n’apparaît plus ni sur la photo de la pochette, ni dans les crédits de l’album ? Ne restent donc ‘en course’ que Jasper au chant et à la guitare rythmique, David Du Pré à la guitare solo et Steven Van Haevere aux drums.

 

Gary War

New Raytheonport

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Phil Gone alias Gary War est un individu plutôt mystérieux. Il vit à New York et compte déjà quelques albums à son actif. Mais pour le surplus, il ne filtre guère d’informations officielles à son sujet sur le net. Pas pour rien que le gaillard aime brouiller les pistes…

Album surprenant, « New Raytheonport » reflète l’esprit claustrophobe et schizophrène de l’artiste. Au cours de sa jeunesse, il a certainement dû dévorer tous les classiques de l’histoire du rock. Et pour cause, sur cet opus, les influences oscillent du psychédélisme au shoegazing, en passant par la cold wave et le rock garage. Un sacré bordel donc !!! Un peu comme si Panda Bear avait grandi à l’écoute de Joy Division et The Talking Heads plutôt que de s’immerger dans l’œuvre de Beach Boys. Ou alors à l’instar d’un Liam Finn qui aurait abusé de psychotropes. Phil Gone aime expérimenter. Et refuse de suivre le mainstream. Si ses compos sont souvent torturées, il ne néglige pourtant pas pour autant leur aspect mélodique. Simplement, il faut gratter un peu avant de déceler cette sensibilité.

Tout au long de « New Raytheonport », l’Américain se laisse emporter par le fil de ses idées. Tel un aventurier sonore, il goûte à tous les styles et tous les climats. Des climats tour à tour atmosphériques, ténébreux ou allègres. Un « Clouds Went That Way » lorgne ainsi vers un Animal Collective période « Feels » alors qu’« Obscure Preference » baigne dans la cold wave circa Joy Division. Et l’éventail de références est loin d’être exhaustif.

La voix de l’artiste est difficilement détectable tant elle est trafiquée, se fondant même parfois complètement dans l’expression sonore. Impossible d’isoler les différents instruments. La musique de Gary War forme un tout, une masse intelligemment agencée. Ce n’est qu’après plusieurs écoutes que se dessine la réelle puissance de l’album. N’y cherchez pas la rigueur. Ce n’est pas le souci majeur du Newyorkais. Même qu’il lui arrive, à force d’expérimenter, de se planter. On ne fait pas l’omelette sans casser d’œufs…

Gary War ne deviendra sans doute jamais populaire. Mais son cas mérite d’être examiné. A cause de son immense potentiel créatif. Et puis, si vous appréciez la musique alternative, ne passez pas à côté de son œuvre. Et tout particulièrement de ce « New Raytheonport », un opus dont les compos nécessitent un certain laps de temps avant d’être appréciées à leur juste valeur ; mais qui après avoir pénétré dans votre subconscient ne veulent plus en sortir…

Féloche

La vie cajun

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Je savais qu’en Louisiane on parlait français. Très peu en fait. Mais j’ignorais qu’un Parisien baptisé Féloche (Félix de son vrai prénom) en avait adopté la musique, les instruments et les rythmes. Car nous voici ‘trempés’ dans l’ambiance cajun de cet état du sud des Etats-Unis tout au long de « La vie cajun », première véritable réalisation d’un artiste un peu loufoque…

Loufoque, un peu dingue, Féloche peut se targuer d’avoir connu un parcours plus qu’original : bac ciné, ingénieur du son en Arménie, membre d’un groupe punk ukrainien, retour à Paris où il prend des cours de guitare, s’achète une mandoline et vivote sur des petites scènes de seconde zone.

Ses goûts musicaux l’entraînent ensuite vers des rythmes saccadés et le blues. Il écoute Taj Mahal et John Mayall et se penche de plus en plus vers la musique cajun. En outre, il se découvre une voix qui colle bien à ses nouvelles sensations musicales. Début des années 2000, il remonte sur les scènes parisiennes en proposant un répertoire qui fait la part belle aux instruments traditionnels : violon, accordéon, harmonica et… sa mandoline ! Le succès est au rendez-vous et Féloche sort dans la foulée un Ep cinq titres qui tapent dans l’œil (heu l’oreille) de Solal, producteur de Ya Basta. S’en suit un album qui cette fois comporte 13 extraits du répertoire de Féloche, entièrement concentré sur la musique acoustique et les rythmes du bayou louisianais.

Pour y parvenir, il invite à sa table des amis de longue date, de toutes les époques, de toutes les galères. Figurent donc dans sa bande, un Ukrainien à la basse, un New-Yorkais à l’harmonica, des Parisiens bien sûr ; et on a même droit à la participation de Dr John (le vrai) au piano qui répond à Féloche sur « Dr John Gros John ». Tous se sont envolés pour La Nouvelle-Orléans (où il n’était jamais allé !) afin d’y enregistrer « La vie cajun », un album de toute beauté, à écouter urgemment pour remuer au son des chaloupes bluesy, de l'accordéon cajun, et des accélérations rock'n'roll ponctuées d'électro. Et puis il y a cette voix, un peu nasillarde, qui fait penser parfois à Charlélie Couture, parfois à Higelin. Enfin, pour terminer, une énième curiosité, « Singing in the Rain », revisitée, mais de quelle manière !

A trois sur scène, Félix, Christophe Malherbe et Léa Bulle doivent accomplir une fameuse performance pour restituer toutes les richesses des treize partitions de l’album. A voir dès qu’ils passent près de chez vous, sans hésiter !

 

Foreigner

Can’t Slow Down

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Dire que les fans l’attendaient depuis longtemps est un doux euphémisme. Quinze longues années après la sortie de « Mr. Moonlight », le nouvel album de Foreigner débarque enfin. L’inquiétude et l’anxiété des aficionados du rock racé de la formation anglo-américaine manifesté à l’égard du contenu de cette nouvelle galette est probablement à son comble. En effet, il ne reste plus grand-chose, aujourd’hui, du line-up qui, de la fin des seventies à la moitié des eighties, a enregistré les plus grands hits du groupe. Et, la peur d’avoir la mauvaise surprise de découvrir un Foreigner dont la musique n’aurait pas grand-chose à voir avec celle de la mouture première est bien présente.

Du line up original, il ne reste plus que Mick Jones. En bon capitaine, il a refusé de quitter le navire. Au lieu de laisser couler son embarcation, il a préféré recruter un nouvel équipage.

Suivant la trace de ses collègues de Journey, pour remettre son embarcation à flots, le Capitaine Jones a recruté un nouveau vocaliste et signé un contrat de distribution exclusif pour les Etats-Unis avec la chaîne de supermarchés ‘Walmart’. Cependant, a contrario du groupe de Neal Schon, Foreigner n’a pas recruté un ‘frontman’ amateur sur base de vidéos diffusées sur Youtube. Il a confié ce job à un vétéran de la scène hard rock américaine : Kelly Hansen, un ex-Hurricane. A cet égard, il faut avouer que Jones a eu du flair. En choisissant un chanteur dont le timbre vocal est très proche de celui de Lou Gramm, il évite de déstabiliser ses fans. Il suffit d’écouter « Can’t Slow Down », le titre d’ouverture de l’album pour que toutes les frayeurs soient balayées. Foreigner sonne toujours comme Foreigner et Kelly Hansen, magnifique, n’a aucun mal à remplacer son illustre prédécesseur.

A l’instar de la voix d’Hansen, les nouveaux titres composés par Jones et de ses nouveaux compagnons rassurent le fan de la première heure. L’elpee alterne, comme dans le passé, titres rock racés et ballades langoureuses ; et nous avons même droit à une pléthore de hits potentiels ; notamment « When it comes to love » et « I’ll be home tonight ».

Foreigner est l’un de ces groupes que l’on aime comme il est et que l’on n’a pas vraiment envie de voir évoluer. De ce côté-là, c’est gagné. Magnifique retour pour ce combo qui a marqué l’histoire du rock mélodique.

Signalons pour terminer qu’il existe une version deluxe (3 CDs) de « Can’t Slow Down ». Outre le nouvel album (treize titres produits par Marti Frederiksen (Aerosmith) et Mark Ronson (Amy Winehouse), le package comprend un Cd live intitulé « Foreigner Live » enregistré à Las Vegas en 2005 (jamais sorti –officiellement– à ce jour) et un Dvd réunissant entre-autres, des interviews, des reportages sur la tournée européenne du band et des titres immortalisés live.

Slaraffenland

We’re On Your Side

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Slaraffenland est une formation danoise. A ce jour, elle compte trois albums à son actif. Le second, « Private Cinema » avait reçu d’excellentes critiques, dans la presse spécialisée, même britannique. Leur troisième essai, le combo l’a enregistré en rentrant de leur tournée américaine, périple qu’il avait accompli en compagnie d’Akron/Family. Et il s’intitule « We’re On Your Side ».

Oscillant du post-rock au rock expérimental, en passant par la noise pop et le jazz moderne, leurs influences sont multiples. Certains n’hésitent pas à les comparer aux collectifs Broken Social Scene et Arcade Fire. Pourquoi pas ? Mais leur feeling est avant tout scandinave. Et ça s’entend. Notamment à cause de ce profil folk, souvent adopté par les songwriters suédois. Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que le quintet invite régulièrement des collaborateurs issus de leur pays, dont les compatriotes d’Efterklang, pour opérer des expérimentations en ‘live’, sous le patronyme de Slaraffenklang. Des expérimentations jazz/pop plus proche de l’univers sonore des Norvégiens de Jaga Jazzist.

Chez Slaraffenland l’air est encore frais. Les forêts recouvrent la majorité du territoire. Les gens sont paisibles. La machine économique est mise en mode ‘pause’, le temps d’une petite heure. Guitares, chœurs et percussions sont en parfaite harmonie. Les cuivres donnent le ton. Le rythme s’écoule tranquillement…

« Long Gone » ouvre l’elpee. Une invitation à nous évader au cœur du pays du lait et du miel. Le combo hausse le tempo pour « The Right Place » et « Meet and Greet » ; mais en même temps privilégie un sens mélodique contagieux, un peu comme si les cinq farfadets nous conviaient à s’asseoir autour d’un feu de camp, pour y partager le chant. Plus atmosphérique, « Falling Out » s’éloigne quelque peu du format pop. Après une intro a cappella, « Away » « We’re On Your Side » clôt l’œuvre, en nous ramenant à la dure réalité…

Slaraffenland se produira au Dunk festival, début mars, en compagnie notamment de Thee Silver Mt. Zion, Hrsta, Frank Shinobi et beaucoup d’autres. A bon entendeur…

 

Pink Martini

Splendor in the Grass

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Pink Martini n’est pas une formation très prolifique. Et pour cause, elle vient d’enregistrer son quatrième album en seize longues années. Mais tout vient à point à qui sait attendre. Et le résultat n’en est que meilleur !

L’histoire du combo remonte à une quinzaine d’années. Les deux figures de proue du projet, Thomas Lauderdale et China Forbes se rencontrent à Harvard. Tous deux sont passionnés par la littérature et le cinéma. L'étudiant en histoire et l'étudiante en arts visuels décident, dès 1994, de monter un groupe. Très inspiré et influencé par des musiques exotiques et les ambiances cinématographiques, le duo est alors rejoint par plusieurs musiciens issus d’orchestres classiques et symphoniques. Si bien que le line up compte alors plus d'une dizaine de membres.

Le premier album du groupe « Sympathique » sort en 1997. Il recèle un énorme tube : "Je ne veux pas travailler". Vendu à plus de 650 000 exemplaires dans le monde, il est disque d'or en France. Il faudra attendre sept ans et une multitude de concerts accordés aux quatre coins du globe, pour voir Pink Martini publier sort son second elpee : « Hang On Little Potato ». Un peu moins consistant, sa ligne directrice s’avère néanmoins plus originale. Leurs chansons sont dès lors utilisées dans divers médias, que ce soit au cinéma ou dans des œuvres télévisuelles. En 2007, Pink Martini revient à un style plus éclectique, plus proche de ses débuts, pour concocter son troisième opus, « Hey Eugene! ». 

Enfin, le quatrième long playing studio est paru fin 2009. Intitulé « Splendor In The Grass », il résume bien l’histoire du groupe et son esprit d’ouverture. Enregistré dans la ville de Portland (Oregon), il réunit 9 chansons originales et 4 reprises, panachant chansons en anglais, en napolitain, en italien, en français et en espagnol. « Over the Valley » est un petit chef-d'œuvre. Des coups de cœur ? « Tuca Tuca », « Betty Boppy Betty » et « Où est ma tête ». A cause de cette touche humoristique qui s’ajoute au charme incomparable de cet opus.

« Splendor in the Grass » démontre que Pink Martini a atteint sa pleine maturité artistique ; mais aussi illustre toute l’étendue de son talent et de sa créativité. Inclassable, ce genre musical s’adresse néanmoins à des mélomanes avertis.

My Robot Friend

Soft-Core

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Mon ami le robot répond au doux nom de Howard ‘Robot’ Rigberg. Il est du genre conciliant. Pas compliqué pour un sou. Il suffit de lui glisser un synthé sous les doigts et, instantanément, de sympathiques mélodies s’échappent de ses baffles intégrés. Avant de s’attaquer à la création de « Soft-Core », ce cher tas de ferraille nous avait déjà gratifiés de deux œuvres biscornues mais plutôt bien conçues. Même Anthony Hegarty (Anthony & The Johnson) avait succombé aux bidouillages de ce dernier, prêtant sa voix à l’un des morceaux de « Dial 0 ».

Pour cette séance de « Soft-Core », Mr Robot a rassemblé d’autres amoureux du ‘triturage’ électronique comme Zombie Nation, Outputmessage, Alison Moyet et Dean Wareham, ex-guitariste de Galaxie 500 et Luna. My Robot Friend clôture d’ailleurs sa galette par le « 23 minutes to Brussels » de ces derniers. Un choix étrange, ce même titre ouvrant les festivités du précédent « Dial 0 ». La machine new-yorkaise lorgne souvent du côté de chez Hot Chip (« The Short Game », « Boyfriend! » et surtout « Robot High School », « Mean ») et parfois The Postal Service (« By Your Side »). Loin d’être à l’abri de quelques défaillances, l’électro lo-fi de My Robot Friend vacille constamment du bas de gamme à l’hautement utilitaire. Le système a donc encore besoin de se stabiliser un peu avant de pouvoir envisager une domination mondiale. Oui, « Soft-Core » est un disque de geek pour les geeks. Domo Arrigato, Mister Roboto.

 

Majestic Scene

Swinging in a Perfect Poise

Écrit par

L’histoire de cette formation commence en 1989. Rob Van Rijswijk et Joop Van Der Kuip se rencontrent sur les bancs du Cobbenhagen College, à Tillburg. Ils remarquent qu’ils partagent une passion commune pour les icônes des seventies. Et en particulier pour Neil Young, Robert Plant ou encore Syd Barrett. Qui vont très rapidement devenir une source d’inspiration majeure. La machine Majestic Scene est en route. Une ambition ? Adapter les compos de leurs modèles. Il faudra quand même attendre 1997 avant de voir paraître leur premier Ep. Un disque publié sur un label indie. Intitulé « Bite The Lemon Instead Of The Orange », il est instantanément encensé par la critique. Dans la foulée, le band immortalise un ‘live’, opère une collaboration en compagnie de Motorspycho, avant de graver un autre album. Après 21 ans de carrière, il faut reconnaître que Majestic Scene n’est pas très prolifique. Il faut dire que depuis la sortie de leur premier Ep, de l’eau à coulé sous les ponts. En effet, Rob Van Rijswijk a quitté le bateau pour embrasser des projets parallèles. Et deux nouveaux musiciens ont fait leur apparition : le guitariste Antoine Kroes et la claviériste/guitariste Eileen Beneken. Cinq années après la sortie de son dernier long playing, c’est donc une nouvelle mouture du Majestic Scene qui a concocté ce « Swinging In a Perfect Poise ».

Et l’attente en valait la peine. Surtout pour les trois premiers morceaux de l’album. Des compos absolument splendides ! La voix nasillarde et austère de Joop Van Der Kuip se pose parfaitement sur la texture ténébreuse et vibrante des guitares, tout au long de « Black Water ». « Perfect Mother » est parcouru d’harmonies vocales bouleversantes. « Misery » est décliné en deux versions. Une plus électrifiée et rythmée. L’autre davantage sombre et indolente. L’ombre de Neil Young n’est pas loin. L’influence du Canadien, mais également de Dylan, sont d’ailleurs très présentes tout au long de l’elpee. A cause de cette conjugaison si spécifique de cordes de guitare électriques et acoustiques, du recours à la lapsteel, et puis de cette sensibilité country/folk rock typiquement yankee. Mais au fil du sillon, l’intensité commence à baisser. Il est vrai que maintenir un niveau aussi élevé tout au long de l’opus n’était pas une mince affaire. Et puis peut-être que l’inspiration commençait à faire défaut. Néanmoins, il faut reconnaître qu’après un peu plus de 20 années d’existence, Majestic Scene possède encore de beaux restes. Et les superbes premières plages du début de l’elpee, en sont la plus belle illustration.

 

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