Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Die Princess Die

Lions eat lions (version deluxe)

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A l’origine, cet album était paru chez GoldStandardLabs (The Locust, Melt Banana, Jr Ewing En 2006. Le label français (NDR : du Nord-Pas-de-Calais très exactement) Uproar For Veneration Records vient de le rééditer. Une belle opportunité pour découvrir Die Princesse Die, un groupe quasiment méconnu dans nos contrées. La nouvelle version a été enrichie du mini-elpee 8 titres « Cut Lips », un disque sorti en 2004 sorti sur Rococo Records ainsi que de deux titres issus d’un split cd partagé en compagnie de Manifolds. Résultat des courses, le nouvel opus réunit la quasi-totalité de la discographie de Die Princess Die. 

Et après avoir écouté l’intégralité de cette édition Deluxe, je dois avouer être tombé sous le charme de leur musique. Il y a même un sacré bout de temps que je n’avais plus eu l’opportunité de savourer un post punk de cette trempe. Même que depuis la séparation de The Blood Brothers en 2007, j’imaginais la flamme de ce style définitivement éteinte. Chez Die Princess Die, on retrouve tous les éléments nécessaires et indispensables pour foutre un véritablement bordel dans n’importe quelle salle de concert lugubre. Les riffs de guitares sont incisifs, effilés, percutants. Les larsens magnifiquement maîtrisés. Puissante, la section rythmique (basse/batterie) vous rentre littéralement dedans. Le chanteur crie ou beugle comme un dératé. Un cocktail aussi explosif que délectable, balayé judicieusement de quelques touches d’électronique. Vingt et un titres qui évoquent tour à tour The Blood Brothers (NDR : of course !), les Liars ou encore These Arms Are Snakes.

Bref, vu le potentiel de cette formation californienne (NDR : de Los Angeles, très exactement), il ne serait pas étonnant que dans un futur plus ou moins proche, elle puisse bénéficier d’une distribution moins confidentielle. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Et après avoir visionné les vidéos ‘live’ postées sur leur MySpace (NDR : que je vous invite d’ailleurs à regarder), on ne peut espérer qu’une tournée européenne transitant près de chez nous… 

Cursive

Mama, I’m Swollen

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On attendait énormément du quatuor suite à la sortie de l’irrésistible « Happy Hollow », publié en 2006. Trois ans plus tard, Cursive revient plus sombre que jamais. « Mama, I’m Swollen » marque l’arrivée de Cornbread Compton, un drummer enrôlé suite au départ anticipé de Clint Schnase, l’un des membres fondateur de la formation. Une perte qui ne passe pas inaperçue tant l’aspect déstructuré qui marquait la majorité des compositions de Cursive, semble ici inexistant. En résulte une œuvre beaucoup trop inoffensive, comparé à ce dont Tim Kasher et ses compagnons nous avait accoutumés. Certains morceaux (« What Have I Done ? », « We’re Going To Hell »…) auraient même pu figurer dans l’une des œuvres de The Good Life, le projet parallèle plus en retenue de Kasher.

« Mama, I’m Swollen » est donc loin de s’aligner sur la discographie exemplaire de Cursive. Les textes de Kasher sont toujours aussi percutants mais l’ingéniosité des mélodies semble avoir pris la poudre d’escampette en même temps que Compton. Malgré quelques sursauts de sagacité (« Mama, I’m Satan », « Caveman », « I Couldn’t Love You »), « Mama, I’m Swollen » constitue l’œuvre la moins passionnante du quatuor à ce jour.

 

(Los) Chicros

Radiotransmission

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Philippe Monthaye et Mathieu Warsky ont fondé Los Chicros (NDR : traduisez Les Radins) en 2001. A Paris. Le choix du patronyme est-il une allusion aux conditions d’enregistrement de leur album ? En partie. En fait, ils ont opéré ce choix, car ils ont surtout recours à des instruments bon marché. Notamment des synthétiseurs (NDR : mythiques ?) Casio. Ce sont les ‘Inrocks’ qui les ont découvert grâce au concours ‘CQFD’. Et « Radiotransmission » constitue déjà leur 3ème album.

Un disque plutôt bizarre. Pas sûr, d’ailleurs que ce projet parodique soit du goût de tout le monde. En 19 morceaux, cet elpee propose un large éventail de la musique américaine observé sous l’angle du pastiche. Le tout entrecoupé par des interludes radiophoniques (Radio Jesus, Radio Depressed,…) 19 titres donc, mais seulement une petite dizaine de chansons de plus d’une minute. A défaut de véritables morceaux, on ne peut cependant s’empêcher de sourire à l’écoute de cet album. Car les chansons sont drôles, même si elles sont de qualité très inégale.

« Radiotransmission » tire un peu dans toutes les directions. En ouverture, « Why ? » cherche le suc de la pop anglaise des sixties. Mais sans succès. Par contre, la cover du « Straight A’s » des Dead Kennedys, caricature de la musique américaine indie dépressive des 90’s (Grandaddy ?), fait mouche. Los Chicros se la joue country sur « Where I’m From », tâte du hip-hop tout au long de « Big Daddy Pimp Jr. », se convertit au Christian rock sur « Winos For Jesus » et ose même un rock à coloration Bloodhound Gang sur « I ain’t doing Cocaïne No More ». On a même parfois l’impression d’entendre des morceaux inédits piratés chez Belle and Sebastian, Ice-T, The Band, Pink Floyd voire même Simon and Garfunkel. Malheureusement, ces pseudo-imitations passent mal la rampe. De quoi refroidir l’engouement pour le projet. Pourtant, le groupe se révèle beaucoup plus intéressant lorsqu’il abandonne son esprit potache pour composer de véritables chansons pop. Et je pense tout particulièrement à « Without You » (NDR : interprétée en compagnie de Brisa Roché) ou encore de « What’s New On TV ? ».

Drôle à premier abord, le concept proposé par Los Chicros souffre, en outre, d’une carence en sens mélodique. Et si « Radiotransmission » mérite une attention particulière, c’est surtout pour son petit jeu gratuit. Au cours duquel, on vous demande de retrouver les titres originaux des parodies. L’exercice de style est plutôt sympathique ! Pas si radins qu’on imagine finalement, Los Chicros...

 

The Cave Singers

Welcome Joy

Écrit par

Bien qu’inspirés par The Replacements, les Pixies ou encore Fleetwood Mac, et provenant paradoxalement de la scène post-punk du nord-ouest des States, les trois ‘chanteurs des cavernes’ apportent une couleur 100% folk électro-acoustique aux dix titres de cette œuvre à faire rougir de plaisir tous les truckers ricains tatoués, élevés au maïs transgénique et à la meilleure country… Les overdrives criards des nombreux projets annexes (Murder City Devils, Hint Hint, Cobra High…) laissent place ici à des guitares électriques très épurées, sans le moindre effet de pédales, semblant directement sortir d’un vieil ampli à lampes. Un flux sonore qui se fond discrètement mais efficacement dans un flot de guitares sèches élégantes…

Ce retour aux sources et à la simplicité rappelle tour à tour le heavy folk dispensé sur le troisième elpee du Led Zeppelin (« Bron yr aur stomp » en particulier…) ou alors le Dylan originel, c’est-à-dire celui qui est le plus proche (NDR : ou l’inverse) du désormais incontournable et mythique Will Oldham ; une impression corroborée par certains arrangements minimalistes du trio basse/batterie/guitare. A moins que ce ne soit dû au timbre vocal éraillé mais envoûtant de Pete Quirk.

Le deuxième album de The Cave Singers, trio originaire de Seattle, est un véritable cadeau. Une œuvre qui pourrait devenir intemporelle, malgré cette étiquette ‘folk made in U.S.A’ que les médias spécialisés lui ont collé sur le dos, une étiquette très susceptible de limiter la marge de manœuvre artistique. Pourtant, on n’a jamais le sentiment que la formation s’impose des limites. Ce qui explique pourquoi, cet opus baigne dans la musique avec un grand ‘M’, faisant fi des modes et des courants, respectant des valeurs et des traditions musicales souvent oubliées ou snobées et replaçant la musique –et pas la coupe de cheveux, ni le modèle de guitare– au cœur du sujet, en la considérant comme nous devrions l’envisager plus souvent : juste comme de la musique, tout simplement. Sans autre prétention que d’être sincère et captivante.

Si, comme votre serviteur, vous ressentez l’envie épisodique de sillonner les routes de campagne en voiture sans but précis, simplement pour admirer les couleurs de l’automne ou vous vider la tête entre deux disputes conjugales, pensez à avoir l’excellente idée d’insérer « Welcome Joy » dans votre lecteur cd ; compagnon discret et bigrement agréable pour ce genre de virée champêtre en solitaire. Cependant, veillez aussi à jeter régulièrement un œil sur votre jauge d’essence, car cette petite perle folk est susceptible de vous emmener très loin sans même que vous vous en aperceviez.

Y’a pas à dire, parfois ils sont quand même forts ces cow-boys. Chapeau bas! That’s all folks… Heee Haaaaaaaa!

 

Alys

Is this Love ? (single)

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Une nouvelle voix dans le paysage pop…

Bien qu’interprétant ses titres en anglais, Alys est une formation française. L’âme du groupe réunit Alice Rabes et son complice Gaëtan Zuliani. Mais le duo est accompagné, lors des sessions d’enregistrement et des concerts, de Ryan Damiral à la guitare, Anne Millioud au violon, Philippe Poinet aux percussions et Annick Agoutborde à la basse.

Le band ne cache pas ses influences. Sur les trois titres qui composent cet Ep, elles oscillent de Katie Melua (« Ferytaile ») à Mika (« Is this Love ?) » en passant par Tori Amos (« Sam Brook »).

Rien de réellement nouveau ou d’original à l’horizon. Cependant, la qualité des compositions et la voix (NDR : proche de celle de Kate Bush) d’Alice font merveille. Une pop franco/anglaise très fraîche, dansante et de très bonne musicalité. C’est sans problème qu’elle a dégoté les 15 000 euros nécessaires auprès d’internautes intéressés pour produire son album. A suivre évidemment…

 

Various Artists

Warp20 (Chosen) & Warp20 (Recreated)

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Le label britannique Warp Records fête ses 20 années d’existence ! Fondée en 1989 à Sheffield par Steve Beckett, Rob Gordon et Rob Mitchell, l’écurie a décroché son premier succès grâce au single « LFO », compo signée par la formation du même nom. Un disque qui s’écoulera à plus de 120.000 exemplaires. A partir de cet instant, Warp va devenir une véritable plaque tournante de l’électro et révéler des artistes devenus depuis notoires comme Aphex Twin, Autechre, Battles, Squarepusher ou encore Prefuse 73. Au fil du temps, le label va même parvenir à diversifier son écurie et signant des formations alternatives ; et notamment !!! (chk chk chk), Maxïmo Park ou encore leur dernière révélation, le surprenant Bibio. Certes, au fil du temps, l’image première de Warp a changé et ne se limite plus à l’acid house. Ce qui n’empêche pas le label britannique de continuer à flirter sur la vague du succès. Et la présence de quelques milliers de personnes lors des fameuses soirées ‘Warp 20 Years’, en est la plus belle démonstration. Pour célébrer cet anniversaire, Warp propose une double compilation partagée en deux disques (NDR : 2 x 2 = 4 !)

 
 

« Warp20 (Chosen) » se divise également en deux volets. La première partie réunit 10 titres sélectionnés par 50.000 internautes fans du label ! Une belle occasion de redécouvrir des morceaux cultes tels que « Windowlicker » d’Aphex Twin, « Roygbiv » de Boards Of Canada ou encore « Atlas » de Battles. Un choix pas réellement surprenant en fin de compte. Par contre, la seconde épingle 14 titres plébiscités par Steve Beckett, l’un des co-fondateurs du label. Un choix très personnel mais néanmoins fort intéressant ; car il faut reconnaître qu’on ne connaît pas grand-chose de ce personnage, responsable artistique depuis deux décennies. Il nous propose notamment « Colorado » de Grizzly Bear (avec Autechre, groupe favori de Beckett), « Race : Out » de Battles ou encore le « GNG BNG » de Flying Lotus.

 
 

« Warp20 (Recreated) » est incontestablement la plus intéressante des deux compiles. Nouveau concept chez Warp, puisque plusieurs artistes du label ont été invités à remixer d’autres résidents du label ! Et c’est manifestement du très bon boulot. A l’instar du superbe « Milkman/To Cure A Weakling Child » d’Aphex Twin revu et corrigé par Born Ruffians. Du « When » de Vincent Gallo, remodelé par Maxïmo Park et enfin du « A Little Bit More » de Jamie Lidell magistralement refaçonné par Tim Exile.

 
 

De la seconde plaque de cette compilation, on épinglera l’excellente approche de Bibio opérée sur le « Kaini Industries » de Boards Of Canada ou encore celle de Jamie Lidell pour le « Little Brother » de Grizzly Bear.

 
 

Pour votre info, sachez qu’il existe également une « Warp20 Box », recelant cette double anthologie, mais enrichie de raretés et d’inédits. En outre, son superbe graphisme risque de rendre les fans euphoriques ! Son prix s’élève cependant à 120 euros.

 
 

En quatre rondelles, l’histoire de Warp, du début à nos jours, est écrite. Sa longévité est signe de rigueur, et cette rigueur on la retrouve dans chaque artiste signé sur cette écurie. Sans pression, Warp continue d’avancer et est devenu à l’heure actuelle un modèle indiscutable dans le monde de la musique électro ! Pourvu que ça dure ! Une compilation hautement recommandable !

 

St. Augustine

Changing plans

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Alias St Augustine, François-Régis Croisier nous vient de Clermont-Ferrand. Cet Auvergnat avait commis son premier Ep l’an dernier. Intitulé « In A Field Of Question Marks », il était complètement passé inaperçu. « Changing plans » constitue donc son premier opus, un disque qui reprend les morceaux de son maxi.

Après avoir écouté cet elpee, il ne fait aucun doute que Croisier a révisé ses classiques. Ceux de Bob Dylan, notamment. Pas pour rien que son pseudonyme est inspiré d’une chanson du Zim, « I dreamed I saw St Augustine ». Néanmoins, ses influences ne s’arrêtent pas en si bon chemin, puisqu’il cite également, parmi ses références majeures, Ron Sexsmith et Elliot Smith. Et puis, sa musique me fait souvent penser à Sufjan Stevens, même si son timbre vocal campe plutôt un hybride entre Kristofer Astrom et Josh Ritter. Mais trêve de comparaisons, car St Augustine possède ses propres spécificités…

Quoique St Augustine soit avant tout le projet de Croisier, au fil du temps, le line up s’est élargi. Un ensemble à géométrie variable le soutient ainsi régulièrement. Le plus souvent en ‘live’, mais également lors des sessions d’enregistrement. Et finalement, un noyau dur s’est constitué. En outre, ses camarades du label clermontois Kütufolk (NDR : Delano Orchestra, Leopold, Skin, etc.) ont apporté circonstanciellement leur collaboration. Suivant les désidératas du songwriter. Un concept qui lui a permis de donner davantage d’amplitude aux morceaux, de varier les climats, les saveurs, les couleurs. Ce qui explique sans doute pourquoi cette œuvre ne sombre jamais dans la monotonie (NDR : un malaise qui affecte trop de ‘folkeux’…) 

Un morceau comme « Lite Girl » touche ainsi au sublime. A cause de la rencontre entre cordes acoustiques et électriques, opérée sur un lit de chœurs féminins. Caractérisé par ses trompettes et ses rythmes mariachis, « Icelandic » aurait pu figurer au répertoire de Calexico. Splendide ! Balayé d’un violon cajoleur et soutenu par une rythmique entraînante, « Rainy country » prélude l’arrivée de l’automne. Et lorsqu’il prononce les mots ‘You really could be happy in a rainy country’, on conclut qu’on n’est pas si mal dans notre petit pays. « The Forest » achève l’elpee, une compo dont le crescendo tout en subtilité est véritablement impressionnant.

Pour un premier album, St Augustine vient de réaliser un coup de maître. Bien sûr, il ne révolutionne pas le genre ; mais renoue, en toute humilité, avec un folk hexagonal de qualité. Une denrée devenue tellement rare au cours de ces dernières années. Dans ces conditions on espère déjà la sortie d’un deuxième opus pour l’Auvergnat ; mais aussi que cet artiste puisse servir de guide pour ses condisciples, outre-Quiévrain…

Muse

The Resistance

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Alerte ! Aux abris ! Pourquoi ? Ils ont débarqué. Qui ? Muse ! Vous allez être submergés, noyés, perdus, engloutis ! Gare aux fans de la première heure, préservez vos oreilles et jetez vos préjugés au loin, très loin même. A des lieues de ce que vous connaissez du groupe. Muse vient de sortir son sixième album studio. Et la nouvelle plaque du trio du Devon est surprenante. Une claque ! Osée, très osée…

Le groupe semble s’être définitivement tourné vers un rock puissant, mélodieux alternatif, progressif et même symphonique. Matthew Bellamy, Christopher Wolstenholme et Dominic Howard ne se contentent pas de ‘nourrir’ régulièrement leur capital ‘chansons’ et ‘albums’ sans prendre de risque. Ils nous prennent à contrepied, explorent de nouvelles contrées musicales. Et tant pis pour les déçus. Mais qui sait se frayer un chemin sur leurs traces en sera ô combien récompensé. 

Alors, entrons dans le vif du sujet. « Uprising » ouvre les débats. Il nous matraque les tympans à grands coups de batterie et de riffs à la Gary Glitter des années 70. Un hit dans toute sa puissance (NDR : le seul vrai morceau qui sonne ‘Muse’ ?) Quoique moins puissant, le titre maître est un peu de la même veine. Par contre « Undisclosed Desires » prend déjà un peu la tangente et force l’auditeur à l’effort. On n’avale pas aussi facilement cette plage, à contrario de celles de leur précédent Cd. Mais le jeu en vaut la chandelle et l’écoute répétée de ce morceau finit par vous ensorceler. Faut dire que ce rythme imprimé par ce pincé de cordes a de quoi surprendre. Et bien soutenue par une excellente basse et un jeu de batterie toujours aussi efficace, la voix de Matthew fait le reste. « United States of Eurasia » ressuscite Queen. Pas celui des années 80 mais le meilleur, celui des seventies. Une mélodie riche, aux saveurs orientales, rehaussée par un piano dominant, un jeu de guitare à la Brian May et des chœurs ‘tout puissants’ ! Alléluia ! Ecoute ça Freddie ! « Guiding Light » et « Unnatural Selection » jouent sur les contrastes. D’un côté une mélodie très raffinée et discrète. De l’autre, un rock puissant, brut et agressif marqué par des riffs et un rythme presque ‘hard’, surtout en toute fin de morceau. Quoique de bonne facture, « MK Ultra » passe un peu inaperçu. A cause de la richesse et la créativité déployées précédemment. « I belong to you » termine la première partie de l’elpee. Rengaine chantée pour moitié en anglais et pour moitié en français, ce titre à lui seul résume tout ce qui précède et présume de ce qui va suivre. Mélange des genres, condensé des ‘folies géniales’ du groupe, Muse papillonne partout, goûte à toutes les fleurs qu’il rencontre sur son chemin, se rassasie de tous les arômes possibles et imaginables.

Et là maintenant, on s’attaque à un autre morceau, la ‘face cachée de la lune’ en quelque sorte… Comme aux ‘Noces de Cana’, Muse nous réserve le meilleur pour la fin. Qui a dit que rock et classique ne pouvaient cohabiter ? Quel crétin oserait pondre un commentaire quelconque dénigrant les 13 minutes qui clôturent de merveilleuse façon un album aussi riche que surprenant. C’est en écoutant les trois dernières plages que l’on se rend compte de ce qu’est la ‘grande musique’, pas celle de nos parents ou ‘des vieux’ non, la vraie. La Musique avec un M majuscule. Muse nous dévoile ici toute sa culture musicale, nous démontre que leur doctorat obtenu à l’université de Plymouth n’est pas qu’honorifique. Le talent est bel et bien présent ! Matthew Bellamy évite tous les pièges inhérents à ce mélange des genres. Tel un funambule sur son fil, il virevolte sur son piano avec une assurance remarquable. Ses deux complices se mettent au diapason et sortent de leurs tripes un truc inimaginable. On est en pleine symphonie, en plein mini opéra-rock de trois morceaux seulement ; mais trois morceaux résolument modernes et classiques à la fois. Fa-bu-leux ! C’est le délire musical total. Mais attention, c’est contagieux. Ça s’écoute et se réécoute sans fin.

Laissez-vous tenter, osez, entrez dans ce disque, vous n’en sortirez plus. Muse compte 15 ans d’existence. Merci pour ce cadeau ! En concert à Anvers (complet hélas) et à Liévin (Nord de la France) le samedi 31 octobre (complet aussi !). Ça devrait valoir le coup d’œil et surtout le plaisir des oreilles…

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