L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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The Cure
Jon Spencer
Chroniques

Various Artists

Modeselektor : Body Language Volume 8

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L’écurie berlinoise Get Physical nous avait déjà gâtés dernièrement en gravant l’excellente compilation « Get Physical 7th Anniversary ». Et dans la foulée, Gernot Bronsert et Sebastian Szary aka Modeselektor viennent d’embrayer par un autre recueil, toujours pour le même blason, intitulé « Body Language Volume 8 » ! Faut dire que le duo teuton est dans tous les bons plans : tournée en compagnie de Moderat (NDR : outre Modeselektor, le périple implique également Apparat), superbe plaque éponyme parue chez BPitch Contol (la boîte appartenant à Ellen Allien) et création de leur propre label Monkeytown Records.

 
 

Les patrons de Get Physical ont donc accordé leur confiance absolue aux deux briscards de l’électro ‘Made in Germany’. Et quelle bonne idée ! Généralement lors d’une vague house, la plaque est découpée en deux. Sèchement. Comme une poire. C’est le cas pour ce « Volume 8 » qui autorise ainsi des accès plus hard au sein desquels Modeselektor excelle ! Notamment un florilège de titres aux BPM plus lourds et surtout aux styles très variés oscillant de la techno au dubstep en passant par le hip-hop. Un régal ! Outre les quelques titres signés Modeselektor et Moderat (le superbe « A New Error »), on épinglera « Cricket Scores », un titre de techno house particulièrement efficace concédé par l’étoile montante, Boy 8-Bit. Benga nous balance « Emotions », un morceau de dubstep meurtrier rappelant son album mythique « Diary Of An Afro Warrior ». Et le « Gimme Some More » de Busta Rhymes est tout aussi percutant. Robert Hood est le maître incontesté de la house issue de Detroit. Il nous réserve un « Unix » hyper dansant. Parmi les surprises, on relèvera l’intrusion d’Animal Collective. Pour un « My Girls » du plus bel effet ! Enfin, issu du dernier album du talentueux Boys Noize, « Nerve » est un exemple parfait de bootleg ! Cette compile réunit 29 titres ; et pourtant on a l’impression qu’elle est trop courte. N’empêche cette bande son pourrait bien devenir un antidote parfait contre la morosité, cet hiver…

 

 

 

Super Furry Animals

Dark Days / Light Years

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Les membres de Super Furry Animals sont terriblement prolifiques. « Dark Days / Light Years » constitue déjà leur neuvième elpee en 13 années d’existence (NDR : sans tenir compte de leurs projets parallèles…) Malheureusement, cet opus risque fort de ne pas les extraire d’un relatif anonymat au sein duquel le groupe semble désespérément enlisé de ce côté de la Manche. La bande à Gruff Rhys pratique pourtant un pop/rock inspiré et mélodique. Alors une explication à ce manque de succès ? Sans doute la manière de placer la voix au même niveau que l’instrumentation. Et puis un penchant pour la structure bordélique. Ce qui pourrait expliquer en partie leur insuccès.

« Dark Days / Light Years » n’est peut-être pas leur meilleur album. Motif : il manque de fortes mélodies. Mais se situe toujours dans le haut du panier de la pop-rock anglaise. Pourtant, l’entrée en matière est plutôt indigeste. Et pour cause, « Crazy Naked Girls » est trop long et surtout agaçant. Mais la suite est bien plus intéressante, révélant une dizaine de morceaux de toute bonne facture, parmi lesquels j’épinglerai le très réussi « Helium Hearts » ainsi qu’« Inaugural Trains », une compo ‘eurodance’ imprévisible que Nick Mc Carthy des Franz Ferdinand soutient de ses vocaux dans la langue de Goethe. On finira par croire que Cardiff est devenue la capitale de la pop loufoque et bizarroïde. Une chose est sure, ces doux rêveurs ne doutent de rien et cherchent constamment à fuir les étiquettes. Autre certitude : des racines profondément ancrées dans la culture galloise. Très attaché à ses origines, le groupe achève d’ailleurs son album par deux morceaux interprétés dans ce dialecte. Vous pensiez peut-être qu’il n’existait pas de langue moins mélodique que celle de nos cousins germains. Après avoir écouté « Liliwau Llachar » et « Pric », vous reconsidérerez votre jugement, car cet idiome ne s’en tire pas mal non plus. Deux titres paradoxalement de toute bonne facture. Caractérisé par son crescendo électro et sa durée de 10 minutes, « Pric » lorgne manifestement vers Daft Punk. 

Ce nouvel opus de SPA est agréable à écouter ; cependant, si vous connaissez mal Super Furry Animals, je vous conseillerai plutôt de vous procurer un « Best Of ». De manière à mieux cerner leur style, à travers des compos accessibles. Véritables stars dans leur Pays de Galles natal, les musiciens fous de Super Furry Animals demeureront probablement toujours aussi incompris. Et ce n’est pas la sortie de ce « Dark Days / Dark Years » qui changera leur statut. C’est bien dommage ; mais les secrets cachés ne sont-ils pas souvent les plus excitants ?

 

Chris Smither

Time stands still

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Le nom ne doit sans doute pas vous dire grand-chose. Et pourtant, cet auteur/compositeur vient de commettre son onzième opus. Près de quarante années que ce troubadour roule sa bosse sur les chemins du blues. Son tout premier elpee, "I'm a stranger too", date d’ailleurs de 1970. Pour son nouvel opus, il a reçu le concours de son ami guitariste David Goodrich et du batteur Zak Trojano.

Les trois premières plages du cd sont manifestement les meilleures. Et tout d’abord celle qui ouvre le disque "Don't call me stranger". Un morceau qui baigne au sein d’une ambiance relaxante. La voix paresseuse de Chris ainsi que la conjugaison des cordes acoustiques et électriques font immanquablement penser à JJ Cale au sommet de son art. Excellent ! Goodrich se révèle un gratteur très inspiré. La plage éponyme est une bien jolie composition dont les accents folk sont entretenus par deux guitares acoustiques aux tonalités différentes. Intimiste, la voix de Smither semble susurrer à notre oreille. Imprimé sur un tempo soutenu, "Surprise, surprise" est plus nerveux. La voix demeure sereine. Jamais d’ailleurs elle n’éclate. Par contre, les cordes acoustiques sont particulièrement volubiles. "I don't know" véhicule des accents subtilement latins voire même centrafricains dans les sonorités des cordes électriques, émargeant finalement à une sorte de world pétillante. Chris se libère quelque peu sur "I told you so", une plage pleine de verve dirigée par les cordes amplifiées de Dave. Le reste de l’elpee est beaucoup plus folk, intimiste. On a l’impression que l’artiste est juste à côté de nous. Ses cordes sont légères. Et souvent très élégantes. A l’instar d’"Old man down". Ou lors de ses reprises. Des covers que semble vivre Mr Smither. Celle du "It takes a lot to laugh, it takes a train to cry" de Bob Dylan en est une belle illustration ; comme le "Madame Geneva's" de Mark Knopfler, une jolie complainte celtique que Chris nous restitue à la manière sombre de Leonard Cohen. On épinglera encore une adaptation du folk blues traditionnel, le "Miner's blues" de Frank Hutchinson. Bref, cet album devrait ravir les amateurs de blues primitif…

 

The Sensational Skydrunk Heartbeat Orchestra

Grown

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Cet album est probablement excellent. Malheureusement, il n’a pas trouvé en votre serviteur le public qu’il mérite. Mes connaissances en matière de ska sont plutôt limitées. Madness m’avait beaucoup fait rire dans les années quatre-vingt. Plus récemment, Ska-P m’avait plutôt scotché grâce à son Ska/Punk latino décoiffant, comme la musique que j’affectionne. En recevant « Grown », j’avais secrètement espéré que l’expression sonore de ce premier album du groupe bavarois The Sensational Skydrunk Heartbeat Orchestra, taperait un peu dans la même catégorie ou du moins qu’elle m’amuserait autant que celle de Madness. Malheureusement (NDR : c’est à titre personnel, mais probablement pas pour le reste du monde), le groupe allemand vise plus le public des radios à grande écoute que celui des rockers en mal d’humour, en pratiquant un ska fortement teinté de pop. Cependant, ma propre déception n’est pas suffisante pour rédiger une chronique négative de ce disque, tant il est de grande qualité.

The Sensational Skydrunk Heartbeat Orchestra n’a pas lésiné sur les moyens pour conquérir un public. Excellente production, chanteur à la voix magnifique et utilisation d’instruments aussi variés que les cuivres, les percussions, les guitares électriques, l’accordéon et la beatbox pour varier les ambiances au maximum. Ici, le ska est décliné à toutes les sauces. On glisse du ska/reggae au ska/pop, en passant par ska/polka, le ska/funk, le ska/hip-hop et même le ska tout court. Quelques riffs de guitare électrique opèrent même une apparition furtive afin que les rockers puissent justifier la possession d’un tel elpee dans leur discothèque. Tous les titres réunis sur « Grown » ont un potentiel commercial évident. Il suffirait d’un petit coup de pouce du destin pour que ce combo devienne énorme. On en reparlera. Probablement pas moi, mais on en reparlera, c’est sûr !

 

Rumble Club

The Bad In Me

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Le ‘Rumble Club’ est un club plutôt fermé, puis qu’il ne comprend que quatre membres : le chanteur/guitariste Jack Corey, le guitariste rythmique Jay Clarck, le contrebassiste Kyle Curtis et le drummer Matt Hornsby. Originaires du Kentucky, ces quatre ‘joyeux drilles’ se sont donné pour mission de nous prouver que le rock’n’roll était encore une affaire de mauvais garçons. Et, « The Bad In Me », leur toute nouvelle galette argentée, est pour eux le meilleur moyen de nous passer le message. C’est donc à grands coups de décibels dans les oreilles qu’ils nous matraquent leur psychobilly original et inspiré. Jack Corey possède une voix caverneuse, qui tient à la fois de Johnny Cash et de Nick Cave, et qu’il utilise pour nous débiter de sombres histoires de hors-la-loi du Far West (« Sam Joe Harvey », « Lonesome Gunman Traveller »), de virées diaboliques en voiture (« Lindsay’s gonna drive », « Brakes are burning », « Gasser ») ou encore de science-fiction inspirée par le cinéma et les vieux magazines de ‘Pulp fiction’ des années cinquante (« Vampire Girls From Outer Space », « The Bad In Me »).

Comme c’est toujours le cas en matière de psychobilly, le disque est fortement inspiré du rock’n’roll des fifties et du punk des seventies. Rumble Club y insuffle aussi une bonne dose de rock gothique et, chose plus surprenante, de musique western inspirée par les films de Sergio Leone. Ce mélange engendre un style à la fois sombre et kitch qui donne un ton surprenant et appréciable à la musique de ces desperados du rock’n’roll. « The Bad In Me » est un disque à écouter absolument si vous aimez Les Meteors, Nick Cave, Elvis Presley, les Stray Cats, les films de Quentin Tarentino et les Western Spaghettis.

 

Pissed Jeans

King of Jeans

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Encore une formation signée chez Sub Pop, qui décidément n’en finit plus de dénicher de nouveaux talents. « King of Jeans » constitue cependant le second opus pour ce label, de ces natifs d’Allentown (NDR : c’est en Pennsylvanie) et le troisième à leur compteur. Il fait suite au très remarqué « Hope for Men », édité voici deux ans. Un disque qui s’inscrit parfaitement dans la lignée du précédent opus. Et pour cause, leur punk-hardcore n’a rien perdu de son intensité. De quoi continuer à mériter sa place auprès des Black Flag ou encore Jesus Lizard.

Enregistré sous la houlette du talentueux Alex Newport (At The Drive-In, The Locust, Sepultura,…), cet elpee est découpé en douze morceaux. Des morceaux que Pissed Jeans vomit littéralement. Le climat est malsain. L’agressivité permanente. La pression extrême. Les pulsions animales. L’odeur fétide. Même sur le languissant « Spent », fragment qui s’étale sur 7 minutes. Principal responsable : le vocaliste. Car chaque fois que Matt Korvette, ouvre la bouche c’est pour gerber la haine retenue en lui. A chacun de ses cris, on a l’impression qu’il va déchirer ses cordes vocales. Il ne chante réellement pas. Il hurle ou parle. Aux grattes, Bradley Fry et Randy Huth nous balancent à la figure une bonne dose de distorsion bien lourde pendant que Sean McGuiness frappe tel un dératé sur ses fûts. « King of Jeans » n’est donc pas conseillé aux enfants de chœur. Il ne vous restera plus qu’à ramasser les souillures…

Major Lazer

Guns Don’t Kill People… Lazers Do

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Quand deux blancs becs débarquent au sein des mythiques studios Tuff Gong à Kingston, en ambitionnant d’y réaliser un album electro dancehall aux accents 80’s, le comité d’accueil qui les voit débarquer est goguenard. Comment deux zouaves peuvent espérer concocter quelque chose de cohérent, à leur sortie ? Le studio de la famille Marley est magique certes ; il n’en est quand même pas miraculeux. Oui mais ! Les deux ahuris à casquette défraîchie et au teint palot se prénomment Switch et Diplo ; ce qui vient changer considérablement la donne. Non contents de s’étouffer dans leur ambition, ils ont carrément l’idée de produire un univers plutôt qu’un simple son. Ils ont embarqué dans leur valise l’histoire de Major Lazer, ancien soldat jamaïcain qui s’est fait greffer un canon laser à la place de son bras droit. Membre qu’il a perdu lors de la guerre contre des vampires et qui le motive à poursuivre sa lutte sans relâche. Il y a fort à parier que l’Anglais et l’Américain ne se sont pas contentés de boire de l’eau ou de fumer la shisha en montant ce projet complètement barjot. Une citerne de vodka et une benne de sinsemilla ont probablement dû être livrés à domicile pour parvenir à écrire ce scénario digne d’une série Z. Le culot et l’arrogance propres aux deux producteurs permet pourtant à ce « Guns Don’t Kill People… Lazers Do » de décaper sans équivoque, les papiers peints où viennent se fracasser les beats. Au rythme incalculable de pulsations effrénées, les plages s’enchaînent dans le stupre et la sueur. Se permettant même l’audace, d’embarquer dans leur folie des noms comme YBYZ Kartel, Mr Thing, Mr Vegas ou Santigold, Switch et Diplo suscitent instinctivement la curiosité. Mais jeter une oreille distraite sur l’album est peine perdue. Dès les premiers accords, les strings se tendent, les chaînes en or étincellent et les torses se bombent. La contamination est immédiate, et le popotin se trémousse sans se forcer. Parfois un peu ‘too much’, voire même un tantinet écœurant, « Guns Don’t Kill People… Lazers Do » pourrait pêcher par excès tant le rythme est soutenu. A force de se dandiner, on finit par tomber à genoux, tout en suppliant de réduire le tempo. Complètement absorbé dans leur univers, les deux producteurs n’auront aucune pitié à l’instar de leur héros Le Major, et pousseront, plus loin encore leurs curseurs dans le rouge. S’ils n’ont pas de cœur, Switch et Diplo ont au moins, des cojones grosses comme des buildings.

 

Geneviève Laloy

Hirondelles

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Initialement répertoriée comme ‘chanteuse pour enfants’, Geneviève Laloy décide de ‘vieillir’, de franchir un palier en nous proposant, à tous cette fois, adultes et enfants, douze nouvelles chansons qui en font un très très joli moment de plaisir.

Virevoltant autour de sa belle voix : des ‘hirondelles’. Drôles d’oiseaux en réalité qui se prénomment Philippe (flûte traversière, saxo et deuxième voix sur certains morceaux), Didier (accordéon), Vincent (contrebasse et chœurs), Paul (guitares et chœurs), Kathy (violoncelle), Stéphane (percussions) et Thierry (harmonica).

Dans un style épuré et chaud, l’ensemble nous invite à voyager au sein de différents ‘courants’ : du folk au jazz surtout, le tout traversé de relents de musique médiévale. Quant aux mélodies, elles me font un peu penser à la belle époque de Beau Dommage, groupe mythique des 70’s...

Jamais on ne s’ennuie tant chaque plage est originale, chaque nouvelle chanson est entraînante et se retient facilement, apportant joie et fraîcheur. C’est en écoutant pareil disque que notre âme d’enfant (« Cachez-vous ») encore si présente mais hélas bien enfouie sous des tonnes de ‘tracas de la vie’ revient à la surface. L’objectif n’est pas de nous faire réfléchir, de nous attrister ou de nous mettre en garde contre des problèmes de société. Non, les choses simples sont également très jolies à chanter : la nature (« La campagne »), le plaisir de la vie (« Poisson doré », « La luge »). Bref, inutile de se ‘prendre la tête’ !

Merci donc à Geneviève et à ses ‘hirondelles’ de signer de leur(s) plus belles(s) plume(s) des textes et des musiques qui dégagent un petit coin de ciel bleu dans l’univers de nos vies. La grisaille qui nous entoure est pour certains l’environnement quotidien.  Envolez-vous !

Un petit moment de plaisir à partager…

 

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