La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Chroniques

Steve Morse Band

Out Standing in Their Field

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Imaginer que la carrière de Steve Morse s’est limitée au remplacement de Ritchie Blackmore au sein de Deep Purple serait un tantinet réducteur. Aujourd’hui âgé de 55 ans, ce prodige originaire de l’Ohio est un des membres fondateurs des fameux Dixie Dregs. Son jeu particulièrement mélodique est d’une grande précision. Ce qui lui a permis de décrocher à plusieurs reprises le titre de ‘Meilleur guitariste de l’année’ chez les lecteurs de Guitar Player, devant Satriani et autre Malmsteen ! Le grand blond à la guitare noire a également intégré les rangs du fantastique combo d’AOR Kansas le temps de quelques albums et de deux tournées. Il a également enregistré quelques perles en compagnie de Jordan Rudess du Dream Theater. Mais le Steve Morse Band est aussi responsable de toute une série d’albums essentiellement destinés aux musicos, tant les aspects techniques y sont prépondérants.

Cet « Out Standing in Their Field » fait donc suite aux deux volumes de « Prime Cuts » édités sur le label prog Magna Carta. Et une nouvelle fois, il nous offre un bel éventail de styles maîtrisés par l’Américain. Du folk à la fusion, en passant par le blues, la country, le jazz et le heavy metal. En fait, Morse touche davantage le cœur des passionnés de technique que celui des profanes.

Le combo évolue sous la forme d’un trio. Dave Larue assure la basse et le très habile Van Romaine, la batterie. Il est cependant amusant de constater que Morse est resté attaché à sa conception de base de la musique. En effet, à l’instar des Dixie Dregs, sa formation d’origine, toute la musique de SMB est entièrement instrumentale. Si certains risquent fort de ne pas apprécier la démarche, les amateurs de jazz rock à la Pat Metheny ou les fans de Jeff Beck risquent d’être aux anges à l’écoute de « Name Dropping », de « Time Junction » ou du déconcertant « Baroque n’Dream », véritable pièce de musique classique que n’aurait pas dédaigné un certain Blackmore ! A cet égard, si vous aimez ce style musical, on ne peut que vous recommander un album solo du Yankee paru en 2000, intitulé « Major Impacts » sur lequel, l’actuel gratteux de Purple, s’amuse à rendre hommage à ses héros (Hendrix, McLaughlin, Waters) en cherchant à communiquer à chaque morceau l’esprit du guitariste tant admiré. Bref, cet « Out Standing in Their Field » est un très bel ouvrage pour celles ou ceux qui voudraient s’initier au style néanmoins très personnel de ce tout grand musicien.

 

Star Fucking Hipsters

Volume II : Never Rest In Peace

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Star Fucking Hipsters est un ‘supergroupe’ au sein duquel militent Sturg ‘Stza’ Crack de Leftover Crack, Frank Piegaro des Degenerics et Nico de Gallo de Casa de Chihuahua ainsi que des membres de Ensign, Big Attack!, Awkwad Through et Aloke. C’est de cette manière qu’Alternative Tentacles présente son poulain. On peut se demander si la notion de ‘supergroupe’ n’est pas un peu exagérée ; car, il faut bien l’avouer, les combos mentionnés ci-dessus ne comptent pas parmi les plus notoires. Quelques visites sur les pages MySpace respectives des formations en question nous apprennent qu’ils viennent tous de la région de New York et qu’ils appartiennent à la scène Punk/Ska/Alternative de la Grosse Pomme. Cela suffit-il à faire un ‘supergroupe’ ? J’en doute. D’autant que, non contents de ne pas être ‘super’ connus, ils ne sont pas non plus ‘super ‘bons. L’originalité des Star Fucking Hipsters procède de la présence de deux vocalistes : Sturg, un gars et Nico, une fille.

« Volume II : Never Rest In Peace », comme son nom l’indique, est le second opus de ce collectif. Il débute par un titre d’à peine une quinzaine de secondes qui, pour peu, ferait passer les Hipsters pour un combo de black métal extrême. Vient ensuite un « 3.000 miles away », versant dans le punk pop sans grande saveur dont la seule originalité est d’être chanté en duo par Nico et Sturg. Les deux morceaux suivants : « Look who’s talking now » et « Design » semblent avoir été interprétés par un groupe de trash métal minimaliste du début des eighties. « The Civilization Show » émarge au ska/punk, tandis que « Dreams are Dead » ressemble à s’y méprendre à une compo de Jane’s Addiction. Quant aux autres plages, elles oscillent entre punk et métal de piètre facture.

En résumé, « Volume II : Never Rest In Peace » est un disque plutôt décousu qui part dans tous les sens. Le son est plutôt moyen et aucun titre ne sort vraiment du lot. Donc, pas l’achat prioritaire du mois.

 

Slaid Cleaves

Everything You Love Will Be Taken Away

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Première impression négative. Slaid Cleaves mérite en effet de remporter –et haut la main– la palme de la plus immonde jaquette de l’année. Un horrible dessin représentant un cow-boy probablement malade à la vue de la couleur bleuâtre de sa peau. Ce premier contact ne m’a franchement pas poussé à me farcir « Everything You Love Will Be Taken Away », lors de sa réception. Ma plus grande hantise ? Que la musique de ce parfait inconnu soit du même niveau que son emballage…

Né en 1964, à Washington, D.C., Richard Slaid Cleaves est un songwriter américain qui a passé toute sa jeunesse dans le Maine, avant de s’établir au Texas, à Austin, devenue depuis la capitale mondiale de la musique ‘indie’. Il débute cependant sa carrière en 1985. A Cork, en Irlande. Comme chanteur de rue. Mais ce n’est qu’en 1990 qu’il publie son premier album. Un disque autoproduit intitulé « The Promise ». Une œuvre introuvable de nos jours. « Everything You Love Will Be Taken Away » constitue son 10ème elpee (NDR : si on tient compte des rééditions de ses premières cassettes en cd). Pratiquement inconnu en Europe, Richard possède une solide base de fans aux Etats-Unis, dont le célèbre écrivain Stephen King. Ce dernier l’a d’ailleurs encensé en ces termes : ‘I’m glad I found Slaid Cleaves, because my life would have been poorer without him’. Pas moins !

Slaid Cleaves reconnaît pour influence majeure Bruce Springsteen. Après avoir écouté « Everything You Love Will Be Taken Away », difficile de contester cette information. Le chanteur incarne parfaitement le profil du musicien yankee. Héritier naturel du ‘Boss’, mais aussi de Johnny Cash, Hank Williams ou encore Tom Petty, Slaid Cleaves creuse le même terreau country-folk que ses illustres prédécesseurs. Cet album est à conseiller aux fans de pur americana… Il n’est pas du niveau des productions de The Hold Steady ; mais le travail est de bonne facture et les mélodies particulièrement touchantes.

L’ambiance entretenue tout au long de l’œuvre n’est pas à la joie. Elle est même plutôt mélancolique. Un titre comme « Cry » aurait ainsi pu également figurer au répertoire d’Eels. Pas comme single, car si « Twistin » constitue le meilleur morceau de l’opus, difficile de le traduire en hit quelconque. Et pour cause, le texte est plutôt sombre. Il conte l’histoire de l’exécution d’un condamné à mort, décrite par son bourreau : ‘Men held up their babies to see / Reporters jotted down a tale / Hawkers brought out lemonade / And the ladies headed for the hangin’ day sale’ Bonjour l’ambiance ! A en faire pâlir d’envie Steve Earle. Faut dire que les lyrics constituent le point fort de Slaid Cleaves. Cependant, il est nécessaire de bien comprendre la langue de Shakespeare pour en comprendre toutes les subtilités. D’ailleurs, pas sûr qu’il parvienne à convaincre de nouveaux adeptes de ce côté de l’Atlantique.

Slaid Cleaves serait-il le champion 2009 toutes catégories confondues de l’americana classique ? A ce jour, c’est une certitude.

 

BoXoN

Baptême du feu

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BoXon… (ce n’est pas un ordre !)

- Et papa, t’as le nouveau Superbus ?

- Hein ? Quoi ? Qui ça ?

- Ben Superbus, un p’tit groupe de rock français. C’est leur nouveau Cd ?

- Non !

- C’est le dernier BB Brunes alors ?

- Non, j’écoute BoXon.

- Qui ? BoXoN ? Ben m… alors. C’est vraiment du copié-collé. J’y ai cru un moment !

- Désolé ma chérie. Alors t’en dis quoi ?

- Ben, disons que pour une copie, elle est de bonne qualité.

- Copie, tu exagères. Mais oui, tu as raison, musicalement, il n’y a rien à dire. Le son est correct, c’est bien joué. Pas du tout désagréable.

- Ouais, sauf que Superbus, ils arrachent quand-même plus que ça.

- Si tu le dis… Mais enfin pour une bande de gamins, c’est quand-même pas nul non plus.

- Gamins ? Ils ont quel âge ?

- A vue de nez, 18 ou 19 ans, pas beaucoup plus.

- Comment tu sais ça toi ?

- Ben la bio. Ils sont nés courant des années 90 et ils ont fondé leur groupe BoXoN en 2006. Ils ne sont donc pas très vieux, c’est bien ce que je disais.

- C’est la mode des gamins hein. Après les Allemands de Tokyo Hotel, place aux Français de BoXoN maintenant.

- Oui, mais sache qu’ils composent leurs musiques et écrivent leurs textes eux-mêmes, à part une reprise de Jacques Dutronc : « Et moi, et moi, et moi ». Pas mal hein ?

- Ils sont combien dans le groupe ?

- Quatre. Les frères Marceau, Thimotée et Valentin (l’auteur-compositeur) aux guitares, Jérôme Serey à la basse et Marlon Rouet à la batterie. Et pour ta gouverne, je dois aussi préciser que c’est Steve Forward qui a réalisé leur album.

- Kikséksa ?

- Un ingénieur qui a travaillé avec les plus grands. Je te cite en vrac et dans le désordre : Johnny, Florent Pagny, Axel Bauer, Laurent Voulzy, Maxime et plein d’autres encore.

- Ok, c’est du lourd alors.

- Oui, et si lui s’y met c’est qu’il y croit. Je dois bien t’avouer que moi aussi ça me plaît. Et je suis certain qu’on n’a pas fini d’en entendre parler. Tu verras.

- Tu me le passes ? Je vais l’écouter dans ma chambre.

Royal City

1999-2004

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Royal City a été fondé en 1999. A Guelph, dans l’Ontario (Canada). Le groupe est alors drivé par le très talentueux Aaron Riches, un musicien qui s’est déjà forgé une notoriété sur la scène locale. Le groupe signe rapidement sur le mythique label Three Gut Records. Aaron et sa bande déménagent peu de temps plus tard à Toronto, où la scène musicale est en pleine ébullition. Mais le groupe se sépare en 2004 ; le leader ayant décidé de reprendre ses études à l’Université de Nottingham. En l’occurrence l’orthodoxie radicale. En cinq ans d’existence, Royal City a quand même eu le temps de concocter trois elpees. Trois disques de toute bonne facture. Qui n’ont cependant guère récolté de succès. Ce qui n’a pas empêché le combo, à une certaine époque, de jouer en tête d’affiche pour un supporting act… répondant au patronyme d’Arcade Fire. Ils n’a malheureusement pas connu une trajectoire similaire ; et, à l’écoute de sa musique, ce n’est pas une surprise ; car si les arrangements sont particulièrement soignés, son approche du folk est plutôt aride, pas toujours facile d’accès, et souffre d’une carence en harmonie.

« 1999-2004 » réunit flip sides et raretés puisés au cours de la brève carrière de Royal City. Le recueil recèle quelques titres plus pop ; mais aussi des reprises. A l’instar de « Is This It ? » des Strokes ou « Here Comes Success » d’Iggy Pop (NDR : choix ironique si on tient compte du peu de succès qu’ils ont récolté). Ces adaptations constituent, à mon humble avis, la crème du répertoire de Royal City. Néanmoins, parmi leur propre compos, j’épinglerai quand même les très convaincants « Can’t You Hear Me Calling » caractérisé par son harmonica geignard, et une nouvelle version de « Bad Luck », une chanson qui figurait sur « Alone At The Microphone » (2004). Sans oublier « In The Autumn », la très belle plage finale de cet opus, au cours duquel le groupe chante à l’unisson et avec ferveur le refrain ‘C.I.T.Y. Royal City’. Un adieu avant la lettre… Et puis, on retrouve Owen Pallet (Final Fantasy, Arcade Fire) et Edwyn Collins sur l’une ou l’autre compo.

A moyen terme, la formation canadienne risque fort de devenir culte. Elle aurait même pu devenir énorme, si elle avait davantage soigné l’aspect mélodique de ses chansons. Par pour rien qu’elle s’était produite dans le salon de Sufjan Stevens, lors de leur premier concert accordé à New-York… C’était en 2003 !

 

Eiffel

A tout moment

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Cinquième album studio d’Eiffel (NDR : sans compter l’album solo de Romain Humeau et l’opus ‘live’, « Les yeux fermés »), « A tout moment » marque un tournant dans la carrière du groupe bordelais qui avait débuté sa carrière en 1998. La formation est pourtant toujours quasiment d’origine, réunissant Romain Humeau, Estelle Humeau Nicolas Courret à la batterie (NDR : de retour) ; mais hélas Damien Lefèvre s’est perdu dans l’aventure… Le trio restant accueille donc une nouvelle guitare, celle de Nicolas Bonnière pour perpétuer la tradition de quatuor.

Basant essentiellement sa popularité sur ses concerts, Romain chanteur et guitariste calque un peu son style et sa musicalité sur son modèle, Noir Désir pour ne pas le citer. Le leader d’Eiffel avait d’ailleurs collaboré de très près au dernier Cd studio de la bande à Cantat (« Des visages et des figures ») en y assurant les arrangements de cordes. Et Bertrand de lui renvoyer l’ascenseur en venant ‘faire les chœurs’ sur quelques titres et notamment sur « A tout moment la rue », leur hit précisément ‘du moment’…

Le reste des compositions est à l’avenant. Rock puissant, mélodieux, textes accrocheurs, cet album a tout pour faire d’Eiffel la révélation de l’année en France. Dans les autres pays francophones, c’est moins sûr. Hormis la Belgique évidemment, terre de connaisseurs…

Quelques morceaux qui vont ‘cartonner’ dans le genre pur et dur : « Minouche », « Le cœur Australie », « Je m’obstine », « Sous ton aile », « Clash » et quelques ballades somptueuses : « Nous sommes du hasard », « Cet instant-là » et « Mort j’appelle » font de cet elpee un achat ‘obligatoire’ pour les amateurs du genre.

Le combo du sud-ouest n’est pas encore au bout de son chemin. Visiblement, au vu des compositions, l’inspiration n’est visiblement pas épuisée. Le filon reste à exploiter et Romain n’est pas encore rassasié. Le plus beau reste à venir…

L’objet en lui-même a été très soigné (je parle du boitier bien sûr !). Il se présente comme un ‘quadriptique’, quatre panneaux donc ! Les deux premiers étant constitués du livret reprenant les textes, les autres, les crédits, quelques photos et la playlist.

A noter que les Bordelais seront en concert deux fois dans notre région au tout début décembre : le 01/12 à la péniche Fulmar à Bruxelles et le 02/12 au Grand Mix de Tourcoing. Ne les manquez pas si l’occasion vous est donnée.

 

Rämouns

Rockaway Beach Boys

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Rämouns est un tribute band allemand aux Ramones. (NDR : ‘Rämouns’ est d’ailleurs la transcription phonétique de ‘Ramones’ en allemand). Selon son site web, le combo cherche à reproduire le plus fidèlement possible la musique des Ramones. Motif ? Donner une petite idée de l’expression sonore pratiquée par le quatuor mythique, à celles et à ceux qui n’ont pas eu la chance d’assister à un de leurs concerts. Cette affirmation serait-elle prétentieuse ? Impossible de juger, faute d’avoir vu l’un ou l’autre sur scène. Toujours est-il, que de loin et sur papier, les Rämouns ressemblent vraiment aux Ramones. Même dégaine, même cheveux longs coupés ‘au bol’, mêmes jeans crasseux et mêmes blousons de cuir noir.

Si faire revivre sur scène la musique des rois du ‘Gabba Gabba Hey’ s’avère tout à fait louable, les Allemands ont cependant bien compris qu’il n’était pas d’un grand intérêt de se contenter d’interpréter fidèlement des titres des Ramones. Le combo a plutôt opté pour des covers des Beach Boys joués à la manière des Ramones. Idée, ma foi, fort amusante. Et autant vous le dire de suite, « Rockaway Beach Boys » ressemble plus à un disque des surfeurs californiens, gonflé à la testostérone, qu’à un album des Ramones. Sauf, bien sûr, si vous estimez que crier ‘one, two, three, four’ au début de chaque titre suffit à faire revivre le mythique combo punk rock newyorkais. Les fans des Ramones seront donc quelque peu déçus. Quoique fort sympathique, « Rockaway Beach Boys » ne marquera cependant pas les générations de rockers comme « Leave Home » ou « Rocket To Russia » étaient parvenus à le faire.

The Radio Kings

The Radio Kings

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Particulièrement notoires à Boston (NDR : c’est dans le Massachussetts), les Radio Kings sont nés au début des années 90. Ils constituaient, en quelque sorte, une réplique locale des Fabulous Thunderbirds texans. A l’époque, ils ont édité de très bons albums : "It ain't easy" en 94, "Live at BB King's" en 95 et "Money road" en 98.

Plus de dix ans après, la formation fait donc son retour. A la tête, on retrouve le tandem Brian Templeton/Michael Dinallo. Le premier est responsable du chant et de l’harmonica. Le second des guitares. Ils signent également la majorité des compos. Première constatation, la solution sonore semble bien plus personnelle. Ce qui peut s’expliquer, les Kings ne se limitant pas au blues. On les considère d’ailleurs davantage comme un roots band bien américain.

La voix de Templeton est chaleureuse et naturellement puissante. Il la met constamment au service de sa musique. Et le démontre déjà sur "Can't keep a good man down", le titre d’ouverture ; une compo très imprégnée par le climat sonore de Memphis. Faut dire que la sonorité métallique de la lap steel guitare de Steve Sadler y est pour quelque chose. Cette superbe voix se détache sur "Donna", une ballade pop contagieuse à la texture finement ciselée ; notamment par les chœurs masculins et les cordes acoustiques. La reprise du "She belongs to me" de Magic Sam est superbe. Originale, elle véhicule des accents soul. La lap steel de Sadler s’autorise une sortie parfaite. Elle est immédiatement suivie par celle du co-leader, Dinallo, aux cordes. Profond, riche et expressif, le timbre de Brian fait merveille sur le tendre et mélancolique "Watch the trains roll by". Dinallo en profite pour dispenser un solo minimaliste, mais d’une extrême subtilité. Impressionnant ! "The moanin' blues" replonge dans le pur blues. Rassuré, Templeton sort enfin son harmonica de sa poche. Soutenu par une texture parfaite, conjuguant cordes électriques et acoustiques, il souffle divinement dans sa musique à bouche. Blues funk limpide, "Everything's gonna be all light" met en exergue l’habileté et le talent de la section rythmique. En l’occurrence Dean Cassell à la basse et Andy Plaisted aux drums. Les Kings impriment un tempo particulièrement saignant à "Pallet on the floor", une cover d’un traditionnel du blues. La voix de Brian est puissante et autoritaire. Mais elle permet la sortie successive des solistes, Templeton, Sadler et Dinallo. "Evil love" est sans doute la plage qui ravira le plus les aficionados du blues. Un power delta blues largement amplifié. Très déterminé, Templeton communique une certaine agressivité à la plage dont la sonorité mêle paradoxalement traditionnel et contemporain. "I'm not trippin'" émarge à la country. Une complainte savoureuse, douce, au cours de laquelle la steel guitare semble agoniser. Autre traditionnel, "You got to die" revient au power blues. Détermination, souplesse et sens mélodique caractérisent cette plage. Le "You're gonna make me cry" de O.V Wright achève l’opus. Un autre sommet ! La version est dépouillée. Un traitement que l’on pourrait résumer en une leçon de chant face aux cordes volontairement réverbérées. Un superbe come-back pour les Radio Kings.

 

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