La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Chroniques

Peel Dream Magazine

Agitprop Alterna

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Après avoir écouté « Pill », premier morceau de cet elpee, l’inconditionnel du shoegaze imagine avoir trouvé un digne héritier à My Bloody Valentine. Même les harmonies vocales éthérées échangées entre Joe Stevens et Jo-Anne Hyun rappellent celles de Bilinda Butcher et de Kevin Shields. Bon, en prenant un peu de recul, on se rend compte qu’il s’agit d’un pastiche de « Loveless ». Mais que c’est bien fait ! Aussi efficace que sonique. Le tout baignant au sein d’un climat mélancolique. Sur le second opus de ce combo new-yorkais (NDR : de Brooklyn, très exactement), on retrouve, bien sûr, d’autres plages du style. A l’instar de « Escalator ism », même qu’on entend le mot ‘shoes’ répété à l’envi. Une constante quand même : les vocaux vaporeux. Si bien que la plupart des compos de cet LP lorgnent vers la dream pop, le recours aux sonorités synthétiques et aux machines, accentuant cette impression. Si « Emotional devotion crator » et « NYC Illuminati » adoptent un tempo krautrock, cette dernière piste naviguant quelque part entre Yo La Tengo et MBV, s’autorisant même de la reverb dans l’esprit de Galaxie 500, « The Bertolt Brecht Society » rend hommage au théoricien et dramaturge allemand, rappelant que le dernier Ep de Peel Dream Magazine (« Up and up ») faisait déjà référence au célèbre Bavarois (1998 -1956). Et pour couronner le tout, engagés, les lyrics fustigent l’industrie musicale contemporaine en se servant paradoxalement de la culture du XXIème siècle. Un pari risqué, mais réussi.

Melenas

Dias Raros

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Melanas est un quatuor féminin issu de la région de Pampelune (NDR : non, ce n’est pas derrière la lune ; expression populaire usitée quand on n’a pas envie de donner de réponse à quelqu’un qui vous demande où on habite). Eponyme, son premier elpee, était paru en 2018. « Dias Raros » constitue donc son second. Son titre adresse probablement un clin d’œil au « Strange days » des Doors. Les textes sont chantés dans la langue de Cervantès. Pas vraiment dérangeant, d’autant plus que les vocaux et les chœurs dépassent rarement le niveau de l’instrumentation. Une instrumentation plutôt classique basse/guitare/batterie/claviers, malgré le recours à un orgue farfisa et des sonorités de gratte qui empruntent parfois au surf. Ce qui communique un feeling vintage à une expression sonore qui puise généreusement dans le rock/garage des sixties. Pensez aux Seeds et à Question Mark & The Mysterians, ainsi qu’aux compiles ‘Pebbles’ et ‘Nuggets’. En général, les compos sont enlevées, toniques, entraînantes et même accrocheuses. Parfois aussi ‘motorik’, comme sur le morceau d’entrée « Primer tiempo » ainsi que « Los Alemanes ». Petite référence bienvenue aux Chills pour la mélodie de « No puedo pensar ». Et puis, pour clore le long playing, une valse psychédélique tramée sur un xylophone, tout simplement intitulée « Vals ». Bref, un opus plutôt agréable à écouter, sans pour autant révolutionner la planère pop/rock…

Modern Studies

The weight of the sun

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« The weight of the sun » constitue le troisième elpee de Modern Studies, si on ne tient pas compte de l’elpee paru en 2018, né de la collaboration entre la formation et Tommy Perman (« Emergent Slow Arcs »). Leader du band, Emily Scott en est la chanteuse. Elle vit à Glasgow. Tout comme deux de ses musiciens, Pete Harvey et Joe Smillie. Rob St John en est le chanteur. Et il est établi dans le Lancashire. Ils sont tous multi-instrumentistes.

La structure de la musique proposée par Modern Studies est fondamentalement folk. Mais un folk enrichi par une multitude d’instruments ainsi que des tas d’arrangements (NDR : le solennel « Jacquelin » évoque même Scott Walker !) et des chœurs (NDR : des arrangements symphoniques et des chœurs produits plus que probablement par des machines ou des synthés). Si bien qu’il finit par flirter avec la pop voire la folktronica. Une pop pastorale, poétique, atmosphérique, romantique, imprimée sur un rythme alangui ou un mid tempo. Les compos sont raffinées par la conjugaison des voix des deux vocalistes, des harmonies qui rappellent tour à tour Mark Lanegan et Isobel Campbell, mais en moins ténébreux, voire Chris Eckman et Carla Torgerson (The Walkabouts). Un morceau plus fouillé quand même, « Back to the city ». Paradoxalement, celui que votre serviteur préfère. Sans quoi si cet opus ne manque certainement pas de charme, il souffre quand même d’une trop grande homogénéité. Question de goût, sans doute !

RVG

Feral

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Produit par Victor Van Vugt, « Feral » constitue le deuxième elpee de Feral, un quatuor australien (NDR : issu de Melbourne exactement) drivé par Romy Vager, guitariste compositrice et chanteuse à la voix androgyne. Une ambiguïté qui s’explique par sa nature transgenre. D’ailleurs sur plusieurs compos, cette voix rappelle d’ailleurs celle de Jarvis Cocker (Pulp). Ainsi, « Alexandra » illustre ses difficultés à annoncer à sa famille son changement d’identité sexuelle alors que « The baby & the bottle » évoque sa métamorphose et de ce qu’elle révèle, de ses amours et de ses ruptures.

Côté musique, les compos évoquent tour à tour The Sunnyboys (formation aussie qui a sévi de 1980 à 1984) et Echo & The Bunnymen. Encore que parfois l’ombre des Go-Betweens se met à planer (l’ironique « Perfect day »). Et plus vintage encore, les sonorités de gratte surf qui jalonnent « Christian Neurosurgeon » rappellent le « Heart full of soul » des Yardbirds. Des sonorités de gratte surf qui se conjuguent efficacement à celles tintinnabulantes ou carillonnantes, de l’autre gratteur. Le tout dans un style qu’on pourrait qualifier de lo-fi. Une exception qui confirme la règle, le presque cabaret, mais punk dans le ton, « Prima Donna », au cours duquel, la voix emprunte d’ailleurs les inflexions de Jarvis. Un album rafraîchissant que Musiczine vous conseille vivement…

Waxahatchee

Saint Cloud

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Katie Crutchfield est considérée, au sein de la scène indie rock US, comme une songwritrice accomplie. Depuis 2010, cette ex-punk a gravé quelques superbes long playings en compagnie de son groupe, Waxahatchee (NDLR : à vos souhaits !). Tout au long de ses elpees, elle épanchait ses désillusions amoureuses sur des titres dynamisés par un rock énergique.

Pour ce cinquième opus, elle a décidé de faire le point sur sa vie, après avoir vécu un léger burn-out. Et d’en revenir à ses racines. Raison pour laquelle elle a choisi pour titre de cet LP, celui de la ville natale de son père (NDR : c’est en Floride !). En outre, elle y dévoile se problèmes d’addiction à l’alcool.

Et le résultat est épatant. Elle nous réserve, en quelque sorte, son œuvre de la ‘maturité’ ! Et plus que probablement un des albums de l’année 2020. Les plages de ce “Saint Cloud” sont sculptées dans une forme d’americana de haute facture, inspirées des terres brulées de son Alabama. Ligne de guitare cristalline, chœurs, tout y est. A fleur de peau, chargées de feeling, les mélodies sont superbes. La production est impeccable. “Can’t Do Much”, “Lilacs” ou encore “Hell” illustrent parfaitement le climat au sein duquel baigne “Saint Cloud”. Une exception qui confirme la règle, “Fire”. Pas que le morceau soit de mauvaise facture. Au contraire ! Il est même excellent. Cependant, il est imprimé sur un rythme proche du r&b.  

Réunissant 11 pépites, « Saint Cloud » est un disque à découvrir absolument ! Et Katie Crutchfield nous y confirme tous ses talents d’auteure-compositrice-interprète.

The K.

Amputate Corporate Art

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Lorsqu’il s’agit de hausser le ton, les formations belges n’ont clairement pas à rougir face à celles qui militent hors de nos frontières. Et The K., It It Anita, Cocaïne Piss ou encore Brutus en sont certainement de belles illustrations…

Il a fallu attendre cinq longues années avant que le combo liégeois ne décide de donner une suite à son premier opus. Durant cet intermède, Von Landau a notamment prêté main forte à Cocaïne Piss. Et puis le duo s’est mué en trio, puisque le bassiste Gregory Danger a rejoint le line up.

Produit par TIm Gieter (Brutus, Amenra) et paru sur label JauneOrange (Dan San, Glass Museum, Leaf House, ...) « Amputate Corporate Art » est d’une efficacité redoutable. Il envoie valser, a de la gueule et surtout constitue une fameuse bouffée d’air en cette période difficile. Hormis la ballade “Everything Hurts”, l’elpee nous plonge au sein d’un univers sonore qui mêle noise, punk et garage. Puissants et énergiques, les titres sont parfois hantés par le spectre de Nirvana. Et “Dominant Tracks” en est certainement la plus belle illustration. La voix de Sébastien est vindicative. Les riffs de basse sont percutants, alors que bruitiste, la gratte assène ses coups de griffes, en y laissant des éraflures à vif.

The K. se produira au Botanique le 30 septembre. Une belle opportunité pour retourner en salle afin d’y vivre un concert en ‘live’… 

Las Kellies

Suck this tangerine

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Depuis la sortie de son cinquième elpee, « Friends & Lovers », en 2016, Las Kellies est réduit à un duo. En fait, la nouvelle bassiste s’est une nouvelle fois barrée. Une ex-membre du band, Julia Worley, est quand même venue jouer de la quatre cordes sur le morceau final, « Close talker ». Sans quoi, Cecilia Kelly s’y consacre, mais également, aux grattes alors que Silvina Costa se charge des drums et des percus, les deux filles assurant les vocaux. Et ce sont les harmonies vocales féminines, délicates et sensuelles de la paire, confrontées à l’expression sonore plutôt décapante qui forgent le style de Las Kellies. Enfin, sur cet LP, dont la musique en revient à un cocktail entre funk blanc (pensez à A Certain Ratio, Shrieckback et surtout Gang of Four) et dub (mais dans l’esprit du « Sandistina de Clash »). Encore que sur le morceau d’entrée, « Closer » (?!?!?)  et « Charade », bien ronde, cette fameuse ligne de basse emprunte manifestement au « Papa’s got a brand new pigbag » de Pigbag. En général, syncopées, les cordes de guitare déchirent alors qu’exotiques et agiles, les percus lorgnent plutôt vers Talking Heads voire Tom Tom Club, les harmonies vocales accentuant cette impression. Si un zeste de jazz colore « Matrixland » (la basse, de nouveau), le climatique « White paradise » se révèle davantage expérimental, à la limite du psyché dub. Si le résultat tient parfaitement la route, on regrettera une trop grande homogénéité dans le ton, qui peut finir par lasser. Dommage, car sur les essais précédents, La Kellies s’était frotté avantageusement au shoegaze…

Wolf Parade

Thin mind

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« Thin mind » constitue le cinquième opus de cette formation montréalaise et le premier sans son multi-instrumentiste (basse, guitare, synthé, percus, claviers), Dante DeCaro. Le groupe avait déjà pris une pause en 2011, afin que les membres puissent s’exprimer à travers différents projets (Divine Fits, Operator, Moonface, Handsome Furs, Frog Eyes, Sunset Rubdown), avant de se reformer en 2017, pour y graver « Cry cry cry ». Réduit à un trio, le combo semble avoir opté pour une musique plus accessible, influencée par les eighties et les nineties. Mais le plus paradoxal procède de la voix de Spencer Krug, dont la voix emprunte les inflexions de Dante DeCaro (NDR : l’ex-Hot Hot Heat qui a déserté le band) et le timbre de Brett Anderson (Suede) (NDR : et on suppose que c’est Dan Boeckner qui le soutient discrètement de son baryton). Pas étonnant que plusieurs compos adoptent un profil glam. Que ce soit dans l’esprit de la formation londonienne ou de David Bowie époque Tony Visconti. Si les interventions de guitare sont toujours présentes, se révélant même dans ses moments les plus intéressants, carillonnantes voire tintinnabulantes, les synthés ‘vintage’ s’immiscent naturellement dans l’expression sonore, un peu comme chez The Tubes ou The Cars. Engagés, les textes s’inquiètent de la passivité de la population canadienne face aux idées dictatoriales de l’Amérique de Trump. Enfin, on épinglera encore le superbe artwork de la pochette, dont le images auraient pu émaner de la plume d’un.e cartooniste belge…

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