L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

logo_musiczine

Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Ora Cogan
L7
Chroniques

Heather Woods Broderick

Invitation

Écrit par

Très longtemps, Heather Woods Broderick est restée dans l’ombre. Elle a pourtant épaulé des songwritrices comme Sharon Von Etten, Laura Gibson ou encore Alela Diane. Elle a également joué en compagnie de Efterklang et Horse Feathers. Cette multi-instrumentiste est aussi la sœur de Peter Broderick, un artiste connu pour ses albums solos ainsi que pour ses collaborations avec Nils Frahm et… Efterklang (lui aussi).

A côté de tous ces projets, Heather Woods Broderick, aujourd’hui installée dans l’Oregon, a eu le temps de développer le sien. « Invitation » constitue son troisième elpee en dix ans, et son deuxième sur le label américain Western Vinyl (Strand of Oaks, Ava Luna, Dirty Projectors, …) Les onze plages de cet opus sont sculptées dans le folk baroque. L’instrumentation est aussi subtile que variée. Et le tout bénéficie d’une production parfaitement léchée. Derrière sa voix maîtrisée, douce et éthérée, l’Américaine ajoute des cordes, des cuivres, du piano ou encore des nappes de synthés. Plusieurs écoutes sont néanmoins nécessaires avant d’appréhender la richesse des différents titres. Globalement, “Invitation” s’écoule paisiblement sans trop faire de remous. C’est peut-être d’ailleurs là que le bât blesse. Car ses compos manquent cruellement de folie. Difficile de sortir du lot l’un ou l’autre morceau. Si l’écoute de ce troisième opus s’avère agréable, il risque fort de ne pas survivre à l’hiver...

The Gotobeds

Debt begins at 30'

Écrit par

The Gotobeds avait déjà frappé fort en 2016 en publiant « Blood//Sugar//Secs//Traffic », un disque dont les guitares enragées se frayaient leur chemin entre post-punk et sonorités noise. Mais en gravant « Debt Begins at 30’ » la formation est passée à la vitesse supérieure. Lors des sessions d’enregistrement, le groupe a eu la riche idée d’inviter des collègues et amis sur chaque morceau dans un esprit plus proche du hip-hop que de l’indie-rock ! Non seulement, il est ainsi parvenu à sortir de la routine, mais il a réussi son challenge.

Si l’expression sonore doit toujours autant à Sonic Youth qu’au post-punk, les concours de Bob Nastanovich (Pavement, Silver Jews), Jason Baldinger (poète de Pittsburgh), plusieurs membres de Protomartyr (« Slang Words ») et de Tracy Wilson (« Positive No ! »), permettent d’élargir son horizon. La formule atteint un sommet absolu sur « Debt Begin at 30’s », un morceau caractérisé par l’intervention d’un saxo enragé et par la présence de Bob Weston (Shellac, Mission of Burma) et Mike Seamans (Mind Cure Records. Et sa version alternative interprétée dans la langue de Cervantès, en compagnie de Victoria Ruiz (Downtown Boys), est tout autant remarquable.

Du bon son rock venu de Pittsburgh. On le sent venir ce retour du rock. Et c’est une bonne nouvelle !

Lambchop

This (is what I wanted to tell you)

Écrit par

Près de 25 ans après s’être lancé en solo, Kurt Wagner, alias Lambchop, continue d’enregistrer des œuvres de grande qualité. Bien que jouissant aujourd’hui d’une solide notoriété, il pourrait graver, à la pelle, des albums réunissant des morceaux de folk/americana. Or, le natif de Nashville a le bon goût de se réinventer, et notamment à chaque nouvel LP.

Sur ce nouvel et quinzième opus intitulé “This (is what I wanted to tell you)”, Kurt Wagner reprend les choses là où il les avait laissées en 2016, lorsqu’il a publié “Lotus”. Il poursuit son exploration en mêlant folk, soul et jazz. Epaulé par Matthew McCanaughan (batteur au sein de Bon Iver) à la composition, il injecte des sonorités électroniques dans son expressions sonore, dont le vocoder est certainement l’outil le plus emblématique, tout en conservant des instruments plus classiques, à l’instar du piano qui occupe d’ailleurs une place centrale. Mais c’est la voix de l’Américain qui domine l’ensemble. Une voix chaude, empreinte de sensualité et de mélancolie. Découpé en 8 plages réconfortantes de sérénité, cet LP s’écoutera volontiers au coin d’un feu de bois, lors des longues et froides nuits d’automne...

Ohtis

Curve of earth

Écrit par

La vie d’Ohtis n’a rien d’un long fleuve tranquille. L’histoire de cette formation a commencé il y a dix ans, lorsque deux amis d’enfance, Sam Swinson (chant/composition) et Adam Pressley (basse/guitare), décident de monter un groupe. Ils composent alors quelques morceaux. Quelques années plus tard, Pressley déménage. Les deux camarades continuent, cependant, d’échanger leur musique à distance. Malheureusement, le projet est interrompu. En cause, les problèmes d’addiction de Sam Swinson. Ce dernier enchaîne d’ailleurs les cures de désintoxication. Rétabli une décennie plus tard, il reprend contact avec son partenaire. Ohtis refait surface, mais en compagnie d’un troisième larron, en l’occurrence Nate Hahn, un multi-instrumentiste qui se consacre notamment à la lap steel, et dont les interventions sont vraiment superbes.

« Curve of earth » constitue donc le tout premier elpee d’Othis. Il est sorti sur le label Full Time Hobby (Tunng, Micah P.Hinson), un opus court mais efficace, au cours duquel Jacco Gardner apparaît comme le récit d’expiation de Sam Swinson. Sous une musique à l’allure joyeuse, l’Américain relate ses problèmes d’assuétudes et aborde l’endoctrinement religieux. Si l’expression sonore privilégie le country/folk, le long playing alterne pistes plus rythmées, comme « Rehab » et « Black Blood », et d’autres plus paisibles, à l’instar de « Junkie Heaven », « Diggin » ou encore « Little Sister ». Excellent, « Runnin » est en outre, paru en single. Bref, un LP agréable à écouter et pour lequel on ne peut qu’espérer une suite rapide…

Death & Vanilla

Are You Dreamer?

Écrit par

De toute évidence, la dream-pop de Beach House a fait des petits à travers le monde… Les Suédois de Death and Vanilla en sont d’ailleurs un parfait rejeton nordique. Ethérées, les effluves psyché se tressent langoureusement pour élaborer ce judicieusement intitulé « Are You Dreamer ? ». De prime abord, les titres semblent se ressembler, mais ils dévoilent leur singularité au fil des écoutes. La voix de Marleen Nilsson est bien entendue noyée sous la ‘reverb’, mais l’utilisation d’un xylophone ou d’un mellotron permet à certains morceaux de se démarquer. En outre, le trio scandinave affiche un véritable savoir-faire pop qui permet à ses mélodies vintage et hypnotiques de se révéler (« Nothing is Real »).

Camilla Sparksss

Brutal

Écrit par

Toujours à la recherche de sensations fortes et inspirées, la moitié féminine du groupe helvétique Peter Kernel, Barbara Lehnhoff, alias Camilla Sparksss, est de retour cinq années après gravé “For You The Wild”. Intitulé “Brutal”, son nouvel elpee lui permet d’épancher ce qu’elle a sur le cœur.

A travers neuf morceaux, la Canado-Suisse nous propose une musique électronique alimentée par différentes influences. A l’aide de collages de sons multiples et variés ainsi que de rythmiques plus ou moins soutenues, elle nous emmène dans un monde riche en émotions. Un univers partagé entre ténèbres, colère et mélancolie. Les deux premières plages, “Forget” et “Are You ok ?”, intègrent des éléments orientaux. Passé une intro tout en douceur, “Womanized” se mue en hymne à la cause féministe. D’ailleurs, chaque morceau révèle ses spécificités. On n’a donc pas le temps de s’ennuyer.

Lungbutter

Honey

Écrit par

Ecouter ”Honey“ n’est pas de tout repos. Lungbutter se plaît à casser les codes à travers un album bourré d’énergie. Si à première écoute, on a l’impression d’être en présence de débutants incapables de torcher la moindre mélodie, au fil du temps, on se rend compte que le trio féminin réunissant Ky Brooks (voix), Kaity Zozula (guitare) et Joni Sadler (drums) jouit d’une certaine expérience sur la scène canadienne ; et qu’en outre, les Montréalaises ont notamment pu compter sur le concours de Radwan Ghazi Moumneh (moitié de Jerusalem in my Heart) pour produire cet opus, dans des conditions proches du ‘live’. 

En résulte onze pistes sculptées dans un noise-rock déstructuré. Les mots posés (ce n’est jamais réellement du chant) par Ky Brooks et la couche de guitare triturée rappelle les titres les plus expérimentaux de Sonic Youth. Hormis la fougue et l’intensité des pistes, il est difficile de leur tracer un quelconque fil rouge. Ainsi, après un bon quart d’heure, il faut bien avouer que l’on perd pied. Lungbutter a certainement davantage à offrir sur les planches…

Pixies

Beneath the Eyrie

Écrit par

« Beneath the Eyrie » constitue le troisième elpee des Pixies, depuis sa reformation, en 2009. Pour rappel, le groupe n’a rien publié entre 1991 (« Trompe le monde ») et 2014 (« Indie Cindy »), alors que la bassiste originelle, Kim Deal, a quitté le navire, l’année précédente. Depuis, elle a été remplacée par Paz Lenchatin, après un bref intérim assuré par Kim Shatuck.    

« Beneath the Eyrie » a été enregistré aux Dreamland, une église en bois reconvertie en studio, sise près de Woodstock. Un édifice au sein duquel des artistes ou groupes tels que Cell, Joe Jackson, The B52’s, The Breeders, Dinosaur Jr, Nick cave, Suzanne Vega, The National, Parquet Courts, Kurt Vile et bien d’autres, avaient déjà opéré leurs sessions. Des sessions qui se sont déroulées sous la houlette du Britannique Tom Dalgety.

Première constatation, la ligne de basse de Paz s’intègre de mieux en mieux au son des Pixies ; et puis, la native de Mar del Plata a également participé à la composition. Côté textes, Frank Black nous parle de son divorce, de sorcellerie, de mort et de réincarnation, mais aborde également quelques thèmes loufoques. Mais en général, les lyrics sont plutôt sombres. Pourtant, le plus intéressant procède de la présence de titres bien percutants, au cours desquels les guitares crépitent, stridulent ou crissent comme aux débuts de l’aventure du band bostonien. A l’instar de l’offensif « Graveyard hill », une plage hymnique soulignée par la ligne de basse ténébreuse. De la ballade mid tempo « Ready for love » ou encore du morceau qui ouvre le long playing, « In the arms of Mrs. Mark of Cain », une piste également hymnique mais gothique, à la mélodie accrocheuse, caractérisée par de jolies combinaisons de grattes et dont l’intensité monte en crescendo…

Quelques plages adoptent un profil inattendu. A l’instar de « St Nazaire », un psychobilly qui aurait pu figurer au répertoire des Cramps. Ou encore de « This is my fate », une chanson mystérieuse, abordée dans l’esprit du cabaret germanique (Kurt Weil ? Berthold Brecht ?) de Nick Cave. Power pop, « Catfish Kate » nous réserve des sonorités de guitare cornemuse (Big Country ?) alors que malgré ses cordes acérées, « Long rider » lorgne carrément vers Weezer, et tout particulièrement lors du refrain. Plus étonnant encore « Silver bullet » véhicule quelques accents prog (Jethro Tull ?), notamment lors des changements de tempo, le clavier rogné accentuant cette impression. 

On épinglera encore les chouettes harmonies vocales échangées entre Paz et Frank qui parsèment cet LP ; mais regrettera la présence de deux compos dispensables, soit les deux derniers titres de cet LP. N’empêche, Pixies est sur la bonne voie d’un retour en grâce auprès des aficionados de la première heure...

Page 80 sur 1252