Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Chroniques

The Waterboys

Where the action is

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Fondé en 1983 par Mike Scott, The Waterboys s’est séparé en 1993, avant de se reformer en 2000, intervalle au cours duquel le leader s’est concentré sur sa carrière solo. « Where the action is » constitue le treizième elpee de ce band insulaire, dont le line up a toujours privilégié les musiciens écossais et irlandais. Fer de lance du mouvement ‘Big Music’, Scott répercute, à travers sa muse, une iconographie païenne, primitive, mais paradoxalement spirituelle et religieuse. Et après un quart de siècle, il n’a pas changé de fusil d’épaule. Simplement, à l’instar d’un Richard Ashcroft, il s’intéresse de plus en plus à la soul des sixties, et tout particulièrement à coloration Stax. Publié en 2017, « Out of all this blue » en était déjà un signe avant-coureur. Et dès la plage d’ouverture (NDR : le titre maître !), une adaptation du tube de Robert Parker », « Let’s go baby », paru en 1966, dont Scott a écrit de nouvelles paroles, on relève déjà la présence de chœurs féminins bien soul, même si la piste, tapissée par des interventions à l’orgue Hammond, est aussi fougueuse qu’enlevée. Et « London Mick », hommage à Mick Jones (The Clash) est autant énergique qu’accrocheuse. Un Hammond dont les sonorités vintage colorent la ballade soul veloutée « Out of all this blue », soit une nouvelle version de la plage titulaire du précédent LP. Soul/pop/funk, « Right side of heartbreak (wrong side of love » lorgne carrément vers The Style Council. Plus étonnant, « Take me there I will follow you » intègre des vocaux hip hop, alors que les harmonies vocales évoquent plutôt Chumbawamba. Tout au long du dramatique « In my time on earth », Mike exprime sa nature passionnée et poétique, une ballade mid tempo qui arait pu figurer au répertoire de Richard Ashcroft. Morceau plus complexe, « Ladbroke grove symphony » relate les premiers pas de Scott, jeune rocker romantique londonien, une plage jazz/funk/rock (Steely Dan ?) qui s’achève dans les bruits de la circulation urbaine sur fond de reggae.

Les deux dernières pistes en reviennent à une forme plus conventionnelle. Enfin presque ! Tout d’abord « The she made the lasses O ». Inspiré par la nature le folklore et la littérature, il s’agit d’une interprétation contemporaine du poème de Robert Burn, « Green grow, the rashes, O », un morceau électro/folk au cours duquel le violon de Steve Wickham fait merveille. Enfin, l’opus s’achève par « Piper at the gates of dawn », 9’ au cours desquelles Mike illustre toute la crainte et la gloire de la nature, en récitant un poème de Kenneth Graham, issu de ‘Wind in the willows’, titre choisi par le Pink Floyd de Syd Barrett, pour son premier elpee, paru en 1967 !

Boy Harsher

Careful

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Au cours des dernières années, on a pu observer l’intérêt croissant d’un certain public pour les sonorités héritées des eighties que l’on associe fréquemment à des formations telles que Joy Division, Bauhaus, Siouxsie and the Banshees ou encore The Birthday Party. Une nouvelle vague de groupes dont la musique se caractérise par une ligne de basse imposante, un rythme (plus ou moins) entraînant et des claviers plongés au sein d’un climat relativement glacial voire ténébreux. Ce mouvement a accouché de bands comme Preoccupations, Protomartyr ou encore Whispering Sons, en Belgique, et la liste est loin d’être exhaustive, mais révèle au fil des mois de nouveaux visages. A l’instar de Boy Harsher, un duo originaire du Massachusetts. Formé en 2013, il a d’abord choisi pour patronyme Teen Dreamz, avant d’en changer l’année suivante. Augustus Muller (synthés et rythmes) et Jae Matthews (chant) ont récolté des critiques unanimement positives pour ce deuxième album paru sur leur propre label Nude Club.

Sur cet opus, la formation a bien assimilé ses classiques en proposant un mélange entre électro kitsch, indus et post punk, tout en adoptant les spécificités du style décrit ci-dessus. L’expression sonore baigne au sein d’une atmosphère bien froide pour ne pas dire gothique et pénètre rarement dans la lumière. Ce qui ne signifie pas que les compos suscitent la morosité. On imagine d’ailleurs parfaitement être entraîné par Boy Harsher jusqu’au bout de la nuit au cœur d’étranges clubs suintant de transpiration. Mais surtout, la paire parvient à transcender ses compos minimalistes grâce à des mélodies accrocheuses et la voix envoûtante de Jae qui débite pourtant des paroles loin d’être réjouissantes.

Les nostalgiques des 80’s apprécieront certainement. Et peut-être même que Boy Harsher parviendra à emmener de nouveaux adeptes dans sa spirale. “Careful” possède en tout cas les atouts pour y parvenir.

Lloyd Cole

Guesswork

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Etonnant, alors que ses ex-Commotions, Blair Cowan et Neil Clark, ont participé aux sessions de son treizième elpee, Lloyd Cole a décidé de tâter de l’électronique. Pas une première, puisqu’il avait déjà mené quelques expérimentations en compagnie de Hans-Joachim Roedelius ou Wolfgang Seidel. Bien sûr, l’opus recèle encore quelques passages joués à la guitare, mais l’ensemble est dominé par les synthés, programmations et autres boîtes à rythmes. Lors des moments les plus atmosphériques, cette électronique emprunte à Tangerine Dream davantage qu’à Kraftwerk. On retrouve quand même ce sens mélodique bien caractéristique, la superbe voix de Lloyd, et quelques accès de guitare épars dispensés par Clarke, dans un style gémissant, sans doute inspiré de Robert Fripp. Et puis les textes introspectifs au cours desquels Cole nous entraîne dans les tréfonds de l’émotion et de l’expérience humaine. L’ensemble tient parfaitement la route, mais rien à faire, ce profil synth pop est un peu trop mollasson et ne convainc pas vraiment votre serviteur… M’enfin, tous les goûts sont dans la nature…

Chris Cohen

Chris Cohen

Écrit par

Après l’illustre Leonard mais aussi les très talentueux Tim ou Gabriela, place à Chris Cohen, fils de Kip Cohen, un ponte de l’industrie musicale à Los Angeles, et de l’actrice Lynn Carlisle… Ex-Deerhoof et The Curtains, mais aussi membre du backing group d’Ariel Pink, ce multi-instrumentiste particulièrement doué a embrassé une carrière solo en 2012 ; et cet essai éponyme constitue son troisième long playing. Autobiographiques, ses lyrics relatent notamment le divorce de ses parents, mais également le coming-out de son père, des textes qui se posent sur des plages soft-pop-psyché-rock léchées, très marquées par les 70’s. Le Californien ose cependant insérer des solos de saxo sur « Edit Out » ou du clavecin sur « Twice in a Lifetime »… A premier abord discrète et sans prétention, la musique de Chris Cohen révèle son incroyable richesse au fil des écoutes. Rien que celle du psyché/pop « Green Eyes » devrait vous convaincre. Mac Demarco n’est pas fan pour rien…

Tacocat

This Mess is a Place

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Si vous êtes fatigués par la résurgence des 80’s (claviers, boîte à rythmes, …), il serait sans doute judicieux de vous plonger dans le catalogue de Sub Pop. De manière générale, le label mythique de Seattle privilégie la formule classique guitare/basse/batterie plutôt que la synthétique. Tacocat colle parfaitement à l’étiquette du label. En effet, depuis 2007, la troupe principalement féminine (trois filles pour un garçon), originaire de cette plus grande ville de l'État de Washington et du Nord-Ouest des États-Unis, propose un pop/punk décomplexé. Après avoir gravé deux elpess chez Hardly Art, le groupe vient de publier son premier, sur Sub Pop.

Tout au long de “This Mess is a Place”, Emily Nokes et sa troupe nous réservent des morceaux qui agrègent énergie punk contagieuses et mélodies aussi sucrées que colorées. Le combo yankee structure ses compos suivant la formule refrain/couplet, sans jamais aller plus loin. Une recette qui a cependant fait ses preuves… Si la guitare domine le sujet, les plages sont parfois enrichies de chœurs, à l’instar de “The Joke of LIfe” ou encore de quelques notes de clavier, comme sur “Grains of Salt”. Si le climat général se révèle bon enfant, certaines pistes sont davantage vindicatives, et en particulier « Hologram », titre qui ouvre le long playing… 

Enfin, si le quatrième LP de ce band américain est très susceptible de vous communiquer un bon coup de boost à l’approche de l’automne, pour l’originalité, il faudra repasser. M’enfin, c’est certainement le moindre des soucis de la formation… 

Flèche

Do Not Return Fire

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Les musicos de Flèche l’annoncent d’emblée : ce sont de grands fans des Get Up Kids, d’Alice in Chains et de Minus the Bear ! Ces rockeurs parisiens affichent d’ailleurs fièrement la couleur, en mêlant grunge, emo-rock et indie-pop, dès « Gold and black », la plage d’ouverture de ce « Do Not Return Fire », un nouvel opus enregistré lors de 2 sessions qui se sont déroulées à 6 mois d’intervalle. Motif ? Produire un son plus dur et direct tout en mixant à la fois refrains facilement mémorisables et mélodies mélancoliques. Le mélomane devrait percevoir des influences punk (« Better Or Worse »), des réminiscences émo (« Wait Listen ») ou encore des salves grunge (« New Sun » et « People & Empty Space ») sur cet album fortement marqué par les années 90. Malheureusement quelques morceaux lorgnent un peu trop vers le rock FM (« Long Before ») pour réellement convaincre, malgré quelques passages très réussis et une indéniable maîtrise technique…

Naqvi Qasim

Teenages

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Avant de se lancer en solitaire, l’Américain d’origine pakistanaise, Naqvi Qasim, s’est forgé une petite notoriété sur la scène new-yorkaise ; et tout particulièrement en militant comme drummer au sein de la formation acoustique Dawn of Midi, mais également en plusieurs bandes-son

« Teenages » constitue donc son premier opus solo, un disque au cours duquel il une électro-(trop)minimaliste expérimentale. “Funerals” réunit six pistes, dont la dernière les 19 minutes. Autant vous prévenir, si vous vous entamez l’écoute de cette œuvre conceptuelle, ne vous attendez pas à des rythmes entraînants, des variations bouleversantes ou des mélodies enivrantes. Au fil des morceaux, Naviq Qasim s’amuse à superposer quelques loops et à les moduler selon son humeur. Mais au bout du compte, rein de concret ne se précise et surtout, il est extrêmement difficile d’accrocher à ces expérimentations. Si bien qu’après quelques, l’écoute de “Funerals” devient pénible.

Si ce n’est pour rédiger une chronique avec un minimum de substance, on ne voit personnellement pas l’intérêt de s’infliger cette dose d’ennui concentrée.

Durand Jones

American love call

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Durand Jones and the Indications

A ce jour, Durand Jones et ses Indications ont publié trois elpees, dont un éponyme en 2016 et un excellent live en 2018. Celui qui s’est forgé sa voix sur les bancs de l’église et en écoutant les légendes de la soul-funk –d’Otis Redding à Charles Bradley en passant par James Brown– revient donc un an plus tard pour un nouvel opus qui s’inscrit dans la même veine...

Rien de surprenant cependant tout au long de cet « American love call ». On y retrouve toutes les caractéristiques de ce style musical. Haut-perchée, la voix est capable de monter ou de descendre d’une octave. Les guitares funky sont bien caoutchouteuses. Cuivres et chœurs spécifiques à cette musique alimentent également les différentes compos. A l’instar de ses idoles, Durand Jones nous raconte ses histoires de cœur et ses désillusions politiques.

Durand maîtrise parfaitement son sujet au cœur d’un elpee qui recèle quelques excellents morceaux. Enfin, si le long playing ne recèle aucune plage révolutionnaire, certaines sont très susceptibles de communiquer des frissons aux amateurs du genre. D’ailleurs, si vous êtes tombés sous le charme de ce combo, vous aurez tout le loisir d’aller l’applaudir, ce 14 octobre au Botanique de Bruxelles. Qu’on se le dise !

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