Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chroniques

Weyes Blood

Titanic Rising

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Depuis que Nathalie Mering, alias Weyes Blood, s’est lancée en solo, son style évolue constamment. Ainsi, si son deuxième album (“The Innocence”, paru en 2014) lui a permis de prendre place sur la scène musicale américaine, publié en 2016, l’excellent “Front Row Seat to Earth” et ses multiples tournées ont favorisé sa conquête du Vieux Continent. Elle a ensuite enchaîné les collaborations auprès de figures marquantes de l’indie rock telles que Ariel Pink ou encore Perfume Genius. Cette notoriété croissante a débouché sur un changement de label. Elle est donc ainsi passée de la ‘petite’ écurie Mexican Summer (Allah-Las, Ariel Pink, Cate Le Bon, ...), au légendaire Sub Pop.

Pour mettre en forme “Titanic Rising”, son quatrième opus, elle a reçu le concours du très sollicité Jonathan Rado (moitié de Foxygen et notamment producteur pour Whitney, Alex Cameron et Adam Green). Il en résulte un elpee de pop/psyché richement orchestré. Pour caricaturer, Weyes Blood pourrait être le pendant féminin d’un Father John Misty (avec qui elle a également coopéré). La seule mais grande différence procède du message moins sarcastique des textes. Sinon, comme chez l’ex-Fleet Foxes, Weyes Blood adore les envolées lyriques à grand renfort de cuivres, de chœurs et de cordes.

Caractérisé par ses variations de rythmes et d’ambiances ainsi que ses mélodies émouvantes et soignées, ce long playing est accrocheur de bout en bout. Que ce soit les mélancoliques “Mirror Forever” et “Picture Me Better”, le plus énergique “Everyday” ou les lyriques “Andromeda” et “A Lot’s Gonna Change”.

En gravant « Titanic rising », la talentueuse songwritrice californienne vient à nouveau de frapper un grand coup. Les dix plages sont autant de pépites qui méritent cependant une oreille attentive afin qu’elles puissent se dévoiler pleinement…

Juan Wauters

Introducing Juan Pablo

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Uruguayen, Juan Wauters s’est établi à New-York au début des années 2000. Très rapidement il fonde The Beets avant de se lancer dans une carrière solo. Mais ce n’est qu’à partir de 2014 qu’il commence réellement à faire parler de lui lors de la sortie de son second album, « Who Me ? », un opus sur lequel figurait déjà des titres interprétés en anglais et en français. Son 3ème long playing, ironiquement baptisé « Introducing Juan Pablo », paraît aujourd’hui après la parenthèse « La Onda de Juan Pablo », un LP enregistré sur la route en compagnie de musiciens locaux lors de périples accomplis en Amérique latine pendant plus de 2 ans. Ses compos aux teintes latinos ne dépassent jamais les 3 minutes et rappellent le dernier –par ailleurs délicieux– elpee d’Helado Negro, un autre New-yorkais d’adoption, lorsqu’elles ne lorgnent pas vers Devandra Banhart. Son envie viscérale de composer est reflétée à travers les 17 titres de cet essai, des pistes qui partent dans tous les sens, dans l’esprit de son parrain spirituel, Jonathan Richman. Au gré de ses envies, Juan Wauters réinterprète brièvement le « Bolero » de Ravel, exécute un magnifique duo avec la Suissesse Maxine Yolanda (une des 2 versions de « Letter ») et réalise une exquise reprise du « El Hombre de la Calle » de Jaime Roos. Et si au cœur de ce climat sonore ensoleillé, son pop/folk à la sincérité désarmante se charge d’humilité, l’artiste a le don de transformer quelques notes éthérées en véritables tranches de vie musicales… Une belle découverte !

Big Business

The Beast You Are

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Il y a bien 15 longues années que Big Business, un duo réunissant le bassiste et chanteur Jared Warren et le batteur Coady Willis (tous deux intermittents au sein de Melvins), nous balance subtilement son cocktail de métal, stoner et punk, rappelant, entre autres, les belles heures de Kyuss. Grâce au drumming vif et puissant ainsi qu’à la densité des riffs de basse, le tandem parvient à libérer une énergie écrasante comme peu de groupes sont capables de dispenser, démontrant ainsi qu’il n’est pas nécessaire de superposer les guitares et d’additionner les effets pour faire trembler les murs. Ce qui impressionne surtout chez ces Californiens d’adoption, c’est leur capacité à intégrer un aspect harmonieux, presque pop, dans leurs compos, et notamment grâce à la voix mélodieuse…  

A ne pas manquer si vous vous rendez au Desertfest, ce 18 octobre, à Anvers.

Knife Knights

1 Time Mirage

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Depuis l’éclosion de Shabazz Palaces, la maison très ‘rock’ Sub Pop concède un peu de terrain au hip-hop. Mais le label de Seattle a décidé de ne s’intéresser qu’au hip-hop alternatif tout en exigeant une indéniable qualité. Le duo Knife Knights, réunissant Ishmael Butler (membre de Shabazz Palaces) et l’ingénieur du son et musicien Erik Blood s’inscrit définitivement dans cette lignée. « 1 Time Mirage » baigne au sein d’un climat dense et étrange propice aux rythmes syncopés, et ne pénètre dans les oreilles que progressivement. Grâce à ses lyrics fascinants et mystérieux, ses beats atmosphériques rappelant le trip-hop, des loops électros expérimentaux (« Can’t Draw the Line »), des vibrations jazzy (« Come On Let’s Go ») sans oublier des segments se référant au hip-hop classique ou à la soul (le plus accessible « Give You Game » qui bénéficie du concours de Marquetta Miller), Knife Knights  flanque un bon coup de pied dans l’Amérique conservatrice de Trump.

Une œuvre peut-être un peu glaciale et cérébrale de prime abord, mais diablement hypnotique et marchant même sur les traces d’artistes comme Thundercat et Flying Lotus…

Last Train

The Big picture

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Outre-Quiévrain, la presse est dithyrambique à l’égard du second elpee de Last Train, un quatuor alsacien, établi aujourd’hui à Lyon. Et ma foi, elle n’a pas tout à fait tort. Car hormis deux ou trois morceaux plus tendres, la formation nous propose un rock pur et dur qui fait la part belle aux guitares. Des références ? Queen of The Stone Age et Royal Blood. Il y en a d’autres, mais en général, elles sont puisées dans le stoner des 70’s. Eraillée, la voix de Jean-Noël Scherrer colle bien aux compos, même si elle emprunte les inflexions de Liam Gallagher sur « All alone ». Hormis l’intermède « A step further down », une piste tramée sur des accords de piano subtils et le single « The idea of someone », une ballade mid tempo, les 8 autres plages sont bien chargées d’électricité. Ce qui n’empêche pas les variations dans le tempo. A l’instar de l’épique « On our knees », déchiré entre passages acérés et parties plus atmosphériques. Ou encore de « Right where we belong ». Caractérisé par de belles envolées de gratte, sa mélodie rappelle quelque part « Lucy in the sky with diamonds ». « Disappointed » se révèle davantage pulsant et fragmenté. Excellent, « Tired since 1994 » est construit un peu comme chez Radiohead circa « The bends ». Après la longue intro lente et acoustique, on assiste à une montée en crescendo, avant que la compo n’atteigne son intensité maximale et ne s’achève de manière plus indolente, un peu comme elle avait commencé. Enfin, l’opus s’achève par le titre maître, un morceau de 10’, pour lequel le groupe a reçu le concours de l’Orchestre Symphonique de Mulhouse. Entre classique et électrique, cette autre piste épique alterne également entre épisodes calmes et tempêtueux...  

En concert le 10 octobre 2019 à l’Aéronef de Lille, à la même affiche que The Mystery Light, le 14 novembre 2019 au Zik Zak à Ittre et le 19 décembre 2019 au Botanique de Bruxelles, mais aussi à travers la France, en Allemagne et aux Pays-Bas…

Foxygen

Seeing Other People

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A côté de sa belle et récente carrière de producteur (Weyes Blood, Whitney, Father John Misty), Jonathan Rado continue sa belle aventure au sein de Foxygen en compagnie de son comparse Sam France. Embrassant une belle amplitude de styles depuis leur coup de poing mélodique et psyché asséné par « We Are the 21st Century Ambassadors of Peace & Magic » (NDR : leur second elpee), les deux jeunes Américains ne se refusent rien…. Après avoir publié un double album conceptuel (le très inégal « …and Star Power ») et un LP à la théâtralité assumée (le très beau « Hang »), le tandem nous propose « Seeing Other People », une collection de morceaux boostés aux sonorités 70’s. Plutôt pop, il recèle des titres glam fluides à souhait (« Work », « News »), un brin jazzy (« Face the Facts »), des ballades soft-rock (« Livin’ A Lie »), un petit brûlot springsteenien (« The Thing Is ») et une version hi-fi d’Ariel Pink (« Mona »). Toujours à la limite du pastiche, Foxygen s’en sort toujours haut la main grâce à d’étonnantes capacités mélodiques et ce brin de folie qui fait tout son charme…

Reigning Sound

Abdication… For Your Love

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Il y a déjà 5 ans que l’on attend une suite à l’excellent album “Shattered”. A défaut de nouvelles compositions, la formation originaire de Memphis réédite un Ep, alors paru en 2011 sur un label inconnu. A l’époque, les huit morceaux produits par Dan Auerbach (The Black Keys) n’avaient été pressés qu’en quelques exemplaires sur vinyle et cd. La formation toujours drivée par Greg Cartwright (également croisé au sein de The Oblivians, Parting Gifts, Compulsive Gamblers, 68 Comeback, Deadly Snakes et Detroit Cobras) compte alors encore en son sein le drummer Lance Willie ainsi que le bassiste David Wayne Gay. Ils quitteront le groupe juste après la sortie de ce disque et seront remplacés par Mikey Post et Benny Trokan.

Il a donc fallu huit ans et l’opportunité d’être aujourd’hui signé chez Merge pour voir réapparaître “Abdication… For Your Love”, un essai au sein duquel on retrouve tous les éléments qui ont forgé la renommée de Reigning Sound. A l’instar de « Lyin’Girl », plage qui ouvre l’Ep, tout au long de laquelle on retrouve bien toute l’énergie punk du band. Et puis des ballades mélancoliques qu’affectionne tout particulièrement Cartwright (« Not Far Away »). Les guitares aux sonorités 60’s ainsi que l’orgue alimentent généreusement l’expression sonore pour réaliser un cocktail de rock, country et soul à l’accent particulièrement vintage.  On ne peut qu’adhérer et espérer un prochain long playing rapidement…

Jake Xerxes Fussell

Out of Sight

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Le précédent album de Jake Xerxes Fussell, « What in a Natural World », avait totalement conquis votre serviteur, lors de sa sortie en 2017. Son interprétation fidèle mais contemporaine de classiques de l’‘americana’ (NDR : il ne reprend que des morceaux traditionnels tombés dans le domaine public) transcende les époques. En outre, il souligne ses compos de sa voix plutôt irrésistible. Son 3ème essai, « Out of Sight », est de la même trempe. Et dès le titre inaugural, « The River St. Johns », une adaptation digne des plus grands interprètes du genre, on tombe à nouveau sous le charme. Jake Xerxes Fussell dynamise son folk estampillé d’époque par des guitares électriques et des rythmes actuels. Les chants irlandais (« Michael Was Hearty ») deviennent des hymnes rock tandis que des rengaines blues se parfument d’effluves psyché (« Oh Captain »). Nostalgique sans être plongé dans la naphtaline… Du bien beau travail d’artisan !

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