Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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The Pedro Delgados

Sing high sing low

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Non, il ne s’agit pas d’une formation hispanique, mais néerlandaise. Issue d'Amsterdam, très exactement. Un sextuor responsable d’une musique roots, proche du bluegrass, pour laquelle les musicos ne se servent que d’instruments acoustiques, de rigueur dans le style. Le groupe s’est formé en février 2006 et a très rapidement immortalisé un concert live : "Silveredsteel nickelwound". C’était en septembre de la même année. En février 2007, il publie un Ep intitulé "Tremendous rambling". Et en 2008, grave son premier album officiel "Do it like that", chez Munich. Tous les musiciens ont adopté des pseudonymes. En voulant se faire passer pour d'authentiques Espagnols (NDR : Calvito, Alejandro, Conejo, Barba, Huesa et Arnoldo se partagent le chant, la guitare, le banjo, la mandoline, la basse, le washboard, l’harmonica et le tambourin, suivant leurs prédispositions et portent tous le même prénom : Pedro !)

Lors des sessions d’enregistrement de “Sing high sing low”, le collectif a reçu le concours de quelques invités obscurs. Une seule plage n’est pas issue de leur répertoire. Les morceaux sont courts et mettent une chouette ambiance. Et le combo sait s’y prendre pour mettre le feu. Leur énergie est débordante. Ils chantent à l'unisson "Nothing to lose", en s’accompagnant d’un festival de cordes. Ils adaptent le "Muleskinner blues" de Jimmy Rodgers, dans un climat festif rustre. Les cordes du banjo virent déjà au rouge, alors que l'harmonica vient en rajouter une couche. Démentiel ! Caractérisé par un tempo le plus souvent vivifiant, ce style musical est manifestement destiné à prendre du bon temps, se trémousser, se détendre. A l’instar de "Unleash the hound", une compo au cours de laquelle accordéon et mandoline sont bien mis en avant. Le train est lancé à toute vapeur sur les rails : "Can't stop this train" ! Les frères Dalton sont à la poursuite du convoi et Lucky Luke est à leurs trousses. Les chevaux sont au galop. "Girl o'mine" est une ballade savoureuse. Le son des instruments est parfaitement rendu. Hormis "Smile", une autre ballade plaisante, dominée par l’accordéon, le banjo, la mandoline et l’harmo, les Delgados retrouvent cependant très rapidement leur second souffle. "Sweet Mama" en est une belle illustration ; et puis "Sink to the bottom", dont l’histoire conte l'aventure désopilante du canard assis ("Sittung duck"). Dans le style, cet opus est remarquable ; mais perso, je préférerai assister à un de leurs sets en public. C’est sans doute l’endroit le plus adapté pour les apprécier pleinement ; et sûr, qu’en ces circonstances, ils sont capables de nous faire oublier les tracas et la morosité de l'existence.

 

Pharaohs

We’ve Tried Nothing And We’re All Out Of Ideas (Ep)

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Mille fois non. Pharaohs est un quatuor oxfordien qui a eu la brillante idée d’intituler son premier album « We’ve Tried Nothing and We’re All Out Of Ideas ». Titre pseudo-ironique, mais qui traduit fidèlement le contenu des sept morceaux de la plaque. Sept morceaux à peine supportables. Motif ? Des vocaux teen-punk qui les maltraitent. Musicalement, la formation aurait pu s’en sortir haut la main, à cause de ses influences math-rock, parmi lesquelles celle de 31Knots est la plus évidente. Mais ces vocalises, cumulées à des textes crispant de naïveté, deviennent rapidement insupportables. Pas navrant, mais presque.

 

The Plastic People Of The Universe

Magical Nights

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‘Pfff’ : J’avoue que c’est ce la première réaction que j’ai eue, après avoir jeté une oreille distraite sur ce disque et un œil inquiet sur la bio qui l’accompagne. Il faut dire que la musique de ce collectif underground avant-gardiste tchèque formé en 1968 –ouvertement inspiré par Frank Zappa et le Velvet Underground– a de quoi surprendre et rebuter le plus ouvert de tous les rockers. Pourtant, force m’est d’avouer, qu’à force d’essayer de comprendre, j’y ai un peu pris goût.

L’histoire de ce groupe méconnu en nos contrées est tout bonnement passionnante. Formé à Prague en 1968, peu après l’invasion des armées du ‘Pacte de Varsovie’, The Plastic People Of The Universe (comme tous les artistes influencés par la culture occidentale) subit la surveillance constante de la police secrète communiste. En 1974, le combo underground enregistre clandestinement son premier disque sur du matériel archaïque, installé dans les caves du Château de Houska. En 1976, le collectif au complet est arrêté. Ses membres sont condamnés à dix-huit mois de prison pour avoir osé jouer du rock devant un public aux cheveux longs. Cette arrestation arbitraire provoque le tollé chez les intellectuels dissidents opposés au processus de ‘Normalisation’ de la société tchécoslovaque. Elle est à l’origine de la fameuse ‘Charte 77’. Cette pétition signée par des personnalités tchèques, issu du monde des arts, de la culture et des universités exige du gouvernement communiste le respect de la convention des droits de l’homme, signée à Helsinki en 1975. Cependant, les persécutions continuent. Elles obligent le saxophoniste Vratislav Brabenec à s’exiler, en 1982. Le groupe continue cependant à enregistrer clandestinement ses albums. Il lui est toutefois impossible de rejouer en public. The Plastic People Of The Universe splitte en 1988. En 1997, sous l’impulsion du président tchèque Vàchlav Havel, le groupe se reforme pour commémorer le vingtième anniversaire de la Charte 77. Il continue à tourner depuis lors.

« Magical Nights » est une compilation qui réunit sur deux Cds (ou trois vinyles) les meilleurs titres enregistrés entre 1968 et 1988. Présenté sous la forme d’un double digipack, la version Cd recèle un livret racontant l’histoire du groupe. Elle est illustrée par des photos d’époque. On peut y voir les membres de PPU aussi maquillés que Kiss.

Pour le reste, côté musique, il faut tout de même s’accrocher. Votre serviteur avoue sans honte ne pas avoir tout compris. Le tempo est lent et répétitif. Les mélodies font souvent place à une cacophonie instrumentale maîtrisée. A la fois avant-gardistes, jazz rock, folkloriques et progressives, les compositions sont ponctuées d’interventions surprenantes d’instruments aussi divers et bigarrés que la guitare, la basse, la batterie, les claviers, le saxophone, la clarinette, le basson, le violon, la viole et le xylophone. Les vocaux, constitués de poèmes tchèques, sont déclamés ou chantés sur un ton monocorde.

Bien que surprenant à la première écoute, « Magical Nights » s’avère être un album intéressant. Deux heures et vingt minutes de musique expérimentale, une expérience unique. A essayer, si vous osez !

 

The Rabble

The Battle’s Almost Over…

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Les punks rockers néo-zélandais sont plutôt précoces. Chazz (chant/guitare) et Rupe (chant/batterie) on à peine quinze ans, en 2001, lorsqu’ils forment la première mouture de The Rabble (Les Fripouilles). Les deux frères galèrent quelques années avant de trouver en Jamie, le bassiste idéal. Adeptes du ‘Do-it-yourself’, le trio keupon d’Auckland produit lui-même son premier album « No Clue, No Future » ainsi qu’un Ep intitulé « This Is Our Lives ». 

« The Battle’s Almost Over », le second LP sort en Nouvelle Zélande, en 2007. Les bandes, enregistrées par Chazz lui-même dans son home studio d’Auckland, ont été mixées à Boston par Jim Siegel (Dropkick Murphys, Brain Failure). Dans son pays d’origine, la galette corrosive fait un carton. Quatre ‘hit-singles’ en sont extraits. Les passages en radio et à la TV ainsi que les tournées se succèdent. Ces dernières mènent le trio de l’Australie à l’Angleterre. Du haut de leur vingt-cinq ans, les trois punk rockers se targuent d’avoir déjà dix années d’expérience. Un exploit !

The Rabble est la preuve vivante que l’on peut jouer du punk mélodique aux refrains accrocheurs sans pour autant sombrer dans la daube pathétique pour ados en mal de sensations fortes.  Les Néo-zélandais jouent du punk rock au sens large du terme. Aussi inspirés par les héros anglais de la fin des seventies que par les combos yankees les plus récents, le trio décline un punk aux saveurs multiples : punk mélodique à la limite de la pop sur « Seeking », hardcore pour « Sick and Tired » ou lors du décapant « This World Is Dead », presque psychobilly tout au long de « The Devil’s Highway », celtique à la Dropkick Murphys sur « The Battle », Sex-Pistolien chez Start Again », voire même Ska lors de « Step Back ». Dans cette diversité punkoïde, il y a tout de même quelques constantes : les voix infectieuses, les refrains fédérateurs, la guitare incisive et surtout le son de basse décoiffant de Jamie qui détruit tout sur son passage.

Chose rare pour un groupe punk, l’artwork du digipak qui emballe « The Battle’s Almost Over » est réellement superbe. Enrichi d’un livret, d’un poster et de photos qui mettent en valeur les superbes coupes ‘iroquois’ des musiciens. Trois ans après sa sortie nationale, « The Battle’s Almost Over » est enfin distribué dans le monde entier. A ne rater sous aucun prétexte !

 

Reckless Kelly

Somewhere in time

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Originaire de l'Oregon, dans le nord-ouest américain, cette formation s'est fixée à Austin. En 1997. Son line up réunit le chanteur/guitariste Willy Braun, son frère Cody, le violoniste/mandoliniste/harmoniciste, le guitariste et préposé à la lap steel David Abeyta, le drummer Jay Nazz et le bassiste Chris Schelske.  Leur premier elpee, "Millican" est paru en 98. Deux ans plus tard, elle publie deux opus : "Acoustic : Live at Stubbs" et "The day". En 2003, elle signe chez Sugar Hill, écurie pour laquelle elle va graver plusieurs elpees. Joe Ely, légendaire chanteur de Honky Tonk, tombe sous le charme du groupe, et commence à vanter leur talent auprès de la presse. Le band passe ensuite chez Yeproc, pour lequel il édite "Bullett proof", en 2008.

"Somewhere in time" constitue un hommage au chanteur Pinto Bennett, leader des Famous Motel Cowboys, pionniers du style dans le Nord Ouest. Le combo reprend ici ses chansons. Lorsque l'on jette un œil sur la pochette, on découvre les cinq musiciens à cheval, sur fond de soleil couchant. De l’image à la musique, il n’y a qu’un pas. Nous sommes bien dans l’univers de la country… Mas pas seulement, car sur ce long playing, le rock a également sont mot à dire…

"Little Blossom" ouvre le long playing. Une ballade très séduisante. La guitare rythmique est largement amplifiée et entraîne les autres instruments. La voix de Willy est très caractéristique du style. La guitare prend un premier envol. Elle se situe bien en avant. Le quintet jouit d’un potentiel certain. Leurs mélodies accrochent instantanément ; et j’avoue un petit faible pour l’intense "The ballad of Elano Delson". Parfaitement construite, cette compo est marqué par la forte présence de Joe Ely ; mais également de ce mur de cordes, manifestement une marque de fabrique chez RK, sans pour autant dépasser certaines limites. L'orgue Hammond est bien planté dans le décor. Les nappes d’orgue adoucissent d’ailleurs les sonorités des grattes. "Bird on a wire" est lancé au galop. On imagine des cowboys soulevant un nuage de poussière, au fond de l’horizon. Cordes acoustiques et électriques se conjuguent sur cette ballade uptempo, pendant que le violon, bien saignant, vient dialoguer avec les autres instruments. Un autre sommet de ce "Somewhere in time". Illuminés par la présence divine de la lap steel guitare, "Ive done everything I could do wrong" et "Idaho cowboy" baignent dans la country la plus pure. Un style également embrassé par "I hold the bottle, you hold the wheel" et "You cared enough to lie". Lorsqu’il passe au country rock, Reckless Kelly est tout aussi convaincant. A l’instar de "Some people's kids" ou du magnifique "Pure quill". Leur expression sonore lorgne alors manifestement vers des combos alternatifs issus des 80’s comme les Long Ryders voire Green On Red. Dans le genre (NDLR : le Paisley Underground !), ils sont même devenus légendaires. En fin de parcours, l'ami Pinto Bennett est venu chanter son "Thelma", une ballade paisible et dépouillée. Avant que le superbe titre maître, une plage chargée d’intensité, ne referme l’œuvre. Excellent !

RotoR

4

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RotoR joue de la musique instrumentale depuis 1998, scande une bannière sur le site du groupe berlinois. Comme si, franchement, c’était quelque chose de vraiment bien. Chacun ses goûts, mais personnellement, le stoner, sans chanteur et, pour ainsi-dire, dépourvu de soli de guitares, c’est hautement soporifique.

Qualifiez moi d’obtus si vous le désirez, mais j’ai franchement beaucoup de mal à entrer dans le concept d’une musique, certes rythmique, mais dépourvue d’attraction vocale et de démonstrations techniques intéressantes. Alors d’accord, tout est dans l’ambiance et le paysage sonore. Sauf que question ambiance, RotoR se la joue spatiale et enfumée, à grand renfort de pédale wah wah. Vide spatial et brouillard hallucinogène, pour le paysage, on a vu plus joli.

Si excitation il y a, elle n’arrive, comme le chant, que sur la dernière piste, lors de la reprise du titre « Neatz Brigade » des doom métalleux américains The Obsessed (NDR : extrait de l’album « The Chuch Within », paru en 1994). Encore que, sans la voix de Scott ‘Wino’ Weinrich, ce n’est pas vraiment la même chose. Vous l’aurez compris, RotoR 4 ne m’a pas convaincu. Mais vous avez raison, je suis difficile.

The School

Loveless Unbeliever

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« Loveless Unbeliever » suit un premier Ep qui avait déjà fait sensation par sa couverture rose flash –et sa stratégie promotionnelle d’édition limitée– une couleur chewing gum qui annonce le style indiepop renvoyé à ses pures racines pré-électroniques. La bande à Liz Hunt, originaire de Cardiff et aussi principale compositrice, ne conçoit rien de bien nouveau en matière de girl pop des années 60 : le groupe cite ses influences ostensibles allant des Beach Boys aux Ronettes en passant par les Shangri-Las, Phil Spector et Camera Obscura. L’octuor (!) ravive cependant le genre et nous donne envie de renfiler jupes bouffantes et blouses à pois, de danser insouciamment couettes tirées et Lollipop aux lèvres.

Formé en 2007, le combi gallois signe, après seulement quatre concerts, sur le label espagnol Elefant Records, qui publie certains titres sur leurs compilations. Les premiers singles (« All I wanna do/Valentine ») illustrent des ballades poético-romantiques enjouées où le chagrin est fredonné avec sourire et scintillements.

Une pop sixties féminine et blonde suggère évidemment l’album « Life » des Cardigans et, au goût du jour, les Pipettes, mais The School reste moins expérimental, pour ne pas dire moins moderne. Leurs mélodies sucrées sur du doo-wop immaculé sont d’une innocente allégresse qui contraste avec notre époque. La voix de Liz est aussi moins pénétrante et retentit d’une neutralité à la Au Revoir Simone. Cette musique marshmallow promet une douce impression de déjà-vu, en tous les cas pour ses refrains qu’on retiendra tout de go. On notera en outre quelques attributs de la formation : une corniste et des chœurs mixtes (Fran, Steph et Kay) qui intègrent à merveille les instruments chatoyants.

En gros, « Loveless Unbeliever » n’offre pas une seconde de répit au pays des bisounours, parcouru par sa bonne humeur contagieuse. The School ne prétend aucunement réinventer la pop mais a produit son premier album en mode totalement ‘old school’ et ne cache pas son intention de créer des hits à profusion.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes (de temps en temps).

Vincent Ségal & Ballaké Sissoko

Chamber Music

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Composer une macédoine à base d'instruments issus de traditions différentes, c’est tendance, mais le résultat n’est pas toujours garanti, surtout lorsqu’elle se limite à accumuler les influences et les ingrédients (imaginez un couscous incorporé à un hachis Parmentier, agrémenté de morceaux d’ananas). Le parti pris par Vincent Ségal et Ballaké Sissoko est plus prudent, car il se limite à agréger deux instruments : un violoncelle et une kora (cet instrument d'origine mandingue qui s'apparente à une harpe). Mais plus audacieux aussi, car, dans un tel dépouillement, aucune sauce d’artifices ne se charge d'associer les deux univers.

Ce disque est né de la collaboration entre deux amis qui se sont patiemment apprivoisés, tels le renard et le Petit Prince. Ballaké Sissoko, tout d’abord. Né pour ainsi dire d'une kora (puisque son père et son grand père étaient eux-mêmes des joueurs de kora), ce grand nom de la musique malienne a apporté sa collaboration à moult griots et chanteurs. Vincent Ségal, ensuite. Ce violoncelliste notoire a forgé son expérience auprès d'artistes comme M, Cesaria Evora et Malik Mezzadri de Magic Malik, pour ne citer que les plus célèbres ; il est également membre fondamental du groupe Bumcello.

Reposant, le son créé par Ségal et Sissoko a été enregistré de nuit, et s’y prête particulièrement bien. On s’imagine sous les étoiles, dans un village d’Afrique. Deux amis discutent à voix basse, assis dans des fauteuils, les yeux rivés dans le ciel. Nul bruit alentour, pas de lumières. Le temps est une chimère. Et les deux compères, à l’aide de leurs instruments en guise de mots, refont le monde. Les deux cultures millénaires parviennent à s’entendre, à trouver une langue commune, et parfois la limite entre kora et violoncelle s’estompe, lorsque Ségal pince les cordes comme Sissoko. C’est une harpe de plusieurs octaves, jouée simultanément aux doigts et à l’archet, par quatre mains sages.

Les deux musiciens discutent avec l’aisance de ceux qui se connaissent depuis toujours. Musique nocturne, elle est aussi désertique. Ses silences sont des respirations, ses mélodies parlent et apaisent l’âme. Aucun soubresaut ne pointe à l'horizon.

Contrairement à l’expression sonore de Bumcello, dont le beat vitaminé est bien de notre époque, « Chamber Music » propose une musique expérimentale certes, mais séculaire. Ce disque est plus intimiste, comme produit en retrait du monde. C'est peu dire que le métissage entre la musique classique occidentale et la musique traditionnelle africaine est ici réussi. Il faudrait plutôt parler d'une harmonie mystérieuse, qui, si l'on se laisse bercer, nous fera passer une nuit à la belle étoile.

Ben Sollee & Daniel Martin Moore

Dear Companion

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Lorsqu’on est chroniqueur, rien de tel d’apprendre qu’une prévision se concrétise. Surtout quand elle est favorable. Suivant ce que j’avais présagé, il y a quelques mois, tout particulièrement en consacrant quelques lignes à son dernier elpee solo, (« Learning to Bend »), le violoncelliste folk Ben Sollee jouit enfin d’une certaine reconnaissance…

Quel plaisir donc de le retrouver sur un nouvel opus, édité pour la circonstance chez Sub Pop, dont il assure la paternité en compagnie de Daniel Martin Moore, un guitariste folk tout aussi doué.  

« Dear Companion » propose des compos trempées dans l’americana et le bluegrass. Des morceaux dont l’authenticité et la profondeur transpirent le Kentucky sudiste. Pourtant, les deux acolytes prennent bien soin de ne pas s’enfermer dans la tradition. Si les mélodies sont agréablement surannées, elles ne virent jamais au revivalisme. Ce qui explique sans doute pourquoi leur musique est considérée comme néo folk. Dan et Ben se partagent l’écriture des chansons de ce « Dear Companion ». Leurs voix souvent alternées sont pourtant très complémentaires. Le climat ambiant est doux, raffiné, parfois jazzyfiant. Cher à Andrew Bird, le picking se taille la part du ‘bison’ ; mais les banjos ont également leur mot à dire. Les arrangements sont sophistiqués. Faut dire que la production a été confiée à Jim James, un autre natif de Kentucky, et surtout le célèbre leader de My Morning Jacket ; à mon humble avis, la mise en forme est néanmoins parfois un peu trop lisse. Au sein du tracklisting, j’épinglerai cependant le bouleversant et intimiste « Only a Song », caractérisé par de superbes lyrics, « This is only a song, it can’t change the world » également, ainsi que les plus allègres « Dear Companion » et « Something, Somewhere, Sometimes », qui lorgnent vers le Ben Harper des débuts.

Tout en manifestant une pointe de conscience politique bienvenue, Ben Sollee et Daniel Martin Moore sont des artistes dignes de leur maître, Andrew Bird. A cause de leur musique, tout d’abord. Et puis de leur engagement écologique. La vente de cet opus est destinée à récolter des fonds pour aider les associations qui s’opposent à l’implantation des compagnies charbonnières, dont le seul but est d’exploiter –honteusement– les montagnes des Appalaches… Digne de Guthrie ! Cet album ne changera pas le monde, mais il est très susceptible d’apporter sa pierre (NDLR : de houille ?) à l’histoire de la musique américaine. Et ce n’est déjà pas si mal…

Esperanzah! 2010 : dimanche 8 août

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Nul besoin de prodiguer les louanges du festival Esperanzah ! Car rien ne confère si sûrement la réputation que le mérite. Et cette renommée, les organisateurs l’ont habilement acquise lors de ces neuf dernières années.

Planté au cœur de l’Abbaye de Floreffe, le plus grand des petits festivals émerveille sans cesse le visiteur par son organisation irréprochable. Un événement qui enchante tant par sa qualité de programmation que par son site astucieusement pensé : un cadre prestigieux réinventé d’arbres décorés de vieux lampadaires, des façades ornées de tentes de camping qui se métamorphosent, la nuit tombée, en lampions géants, des barrières tapissées de dessins et de peintures, une grange revisitée en espace visuel accueillant des projections de films et des animations pour enfants… Chaque lieu abrite un petit secret, une idée subtile ! Une organisation impeccable manœuvrée par de réels mélomanes passionnés de musique du monde pour un public averti et chaleureux. Sans oublier évidemment le nombre incalculable de produits originaux et de mets exotiques (NDR : n’hésitez pas à goûter, sans états d’âme, au McDo local. Mac Donalgue vous propose, en effet, de malicieuses et délicieuses préparations à base d’algues marines !)

Par ailleurs, le festival parvient parfaitement à préserver son âme et sa philosophie originelle : tolérance, respect, égalité et découverte. Cette ‘volonté de privilégier des partenaires qui respectent des critères éthiques : Silly pour la bière, Oxfam pour les cocktails et le café, Sherpa pour le ticketting, Credal pour la finance…’ et la présence de nombreuses ONG en témoignent d’ailleurs amplement. Bref, Esperanzah! demeure une jolie invitation à la fête, au rêve, au voyage et au rapprochement des peuples dans un esprit d'ouverture et de métissage.

Cependant, ce festival ne se présente certainement pas comme un paradis terrestre réservé exclusivement aux fanatiques de world music et aux esprits militants. Il s’ouvre prioritairement aux amateurs de festival profilé à taille et à visage humain. Un lieu où il fait bon vivre et danser, limité à dix mille visiteurs par jour, privilégiant le confort du festivalier, fût-ce au détriment des enjeux financiers. Dès lors, sur les 28.000 têtes annoncées, on comptera 1.700 enfants de moins de dix ans venus sereinement fouler le pavé de l’abbaye.   

Trois jours, trois scènes et vingt-quatre artistes venus colorer une affiche 2010 plus cosmopolite que jamais : Ethiopie/Hollande (Getachew Mekuria), Espagne (Ojos de Brujo), Côte d’Ivoire (Dobet Gnahoré), Colombie (La-33), Serbie (Goran Bregovic), Le Peuple de l’Herbe (France), Russie (OgneOpasnOrkestr), Sénégal (Daara J Family), Chili (Chico Trujillo)… Une édition 2010 qui mue et se colore de sonorités toujours plus insolites. Toute âme gardée, Esperanzah ! fusionne de plus en plus les genres et sa farde étonnement de sons inhabituels. Le rock et l’électro (Ojos de Brujo, Bauchklang, Le Peuple De L’Herbe…) investissent crescendo le line up et semblent toucher un public plus éclectique que par le passé. Epiphénomène positif ou négatif ? Le festival ne déroge pas pour autant à ses principes d’ouverture et de découverte.  

Focus sur le 8 août ! Un doux dimanche d’août dont les faibles battements de pluie n’auront que très légèrement ébouriffé les dix mille têtes présentes sur le site pour assister à la l’événement incontournable de la soirée : The Great Goran Bregović.

Pourtant, ‘côté jardin’, les spectateurs se régaleront véritablement d’une double tête d’affiche : l’autoproclamé ‘orchestre de mariage’ serbe de Bregović et los fenómenos colombianos de La-33.

Authentiques phénomènes salsa-jazz dans leur pays, les douze de La-33 useront adroitement de leur expérience acquise lors de nombreuses prestations sur les scènes new-yorkaises et internationales pour faire vibrer l’abbaye d’ondes latines. Rapidement, s’exhale le parfum d’une savante mixture de salsa, de boogaloo et de musique folklorique colombienne. L’air frais et humide s’imprègne alors d’une chaleur tropicale. Le parterre trépide comme le plancher d’un train. Le public s’électrise de vapeurs latinos. Crescendo, voix, cuivres, percussions s’élèvent et lancent d’irrésistibles invitations à la danse. Aucune âme n’est épargnée. Les corps suent et le public exulte irrépressiblement. 1h30’ de fusion latine saupoudrée de jazz, de rock, de reggae, de ska. Un vacarme ingénieusement orchestré qui ébranle l’auditoire et ne laisse aucun cœur indifférent. Un répertoire riche incluant quelques heureuses surprises dont les deux célèbres covers du combo colombien : le thème de « La Panthère Rose » composé par Henry Mancini et « Roxanne » du groupe Police. L’expérience ‘Calle 33’ : un remède absolu au Xanax.

A peine le temps de s’essuyer l’esprit d’une averse colombienne qu’une tempête serbe nous assène une gifle orageuse. Tempête qui se laissera gentiment désirer. Les cris fusent, le sol tremble. Dix interminables minutes de retard se meubleront d’un chahut collectif. Manifestement, le public était venu en masse pour découvrir le plus grand chevalier de la musique balkanique. Brouhaha instantanément interrompu par la présence d’une fanfare sillonnant le parterre et annonçant le début des hostilités. Puis, sereinement, auréolé d’une lumière blanche, The Great Goran Bregović foule les planches seul pour une intro à l’accordéon qui donnera délicatement le ton. Immaculé de blanc, son orchestre des mariages et enterrements le rejoint aussitôt pour déclencher la foudre. Une foudre crépitant d’explosions sonores extrêmement diverses. Un feu d’artifice coloré de musique traditionnelle des Balkans mais aussi de rock, de pop, de flamenco, de tango, de musique classique… Un mega combo composé de voix, de cuivres, de cordes, de percus, de vents qui transcende le spectateur et le plonge dans une expérience quasi chamanique. D’emblée, les corps frissonnent de puissantes mélodies hispano-arabo-tziganes (« Balkaneros vamos ») qui étoilent la nuit et subliment le décor des façades habillées de lampions géants. Une musique  tissant un visuel imaginaire stupéfiant qui ranime nos esprits d’images tirées des scènes de mariage d’‘Underground’. L’âme sonore d’Emir Kusturica s’expose et s’impose. Ici s’exprime tout le talent du compositeur de génie. Préambule parfait pour introduire une séquence musiques de films nées de sa longue collaboration avec le cinéaste Emir Kusturica : le mystique « Ederlezi » du Temps des gitans,  l’exceptionnel "In the death car" d’Arizona dream… Puis, brusquement, hurlant ‘México!’, le combo serbe nous balance un tube léger qui ferait pâlir de jalousie tous les morceaux kitschy du monde. Instant où le kitsch devient art !

Le temps des rappels s’annonce malheureusement trop tôt. Mais, lorsque Bregović, dans un français parfait, décide de prolonger la fête en compagnie du public et l’invite à participer au débat, celui-ci exulte et s’époumone d’un ‘Chargeeez!’ sur « Kalashnikov ». La générosité de The Great Goran Bregović refuse alors de laisser le spectateur sur sa faim et décide d’affoler tous les sismographes de la région pour lui livrer toute l’essence brute et compulsive du rock balkanique. Les murs de l’abbaye de Floreffe en tremblent encore de bonheur !           

Avant de rejoindre nos chaumières, un petit détour ‘côté cour’ s’imposait tout naturellement afin de découvrir le collectif autrichien de Bauchklang (NDR : Bauchklang signifie en allemand ‘son qui vient du ventre’) qui avait la lourde tâche de clôturer cette édition 2010. Quintette atypique dont l’originalité réside principalement dans la structure de la formation où seuls la voix et les micros importent. Nul instrument à l’horizon. Cinq micros crachant un beat box survitaminé construit de voix à vous couper le souffle. Une performance volcanique qui ne calmera pas les ardeurs des festivaliers résolument décidés à prolonger les festivités. Les gradins de la cour vibrent ; le public s’anime violemment et semble conquis par le set surprenant livré par les cinq Alpins.  

Bauchklang, une formation qui illustre à nouveau cette volonté d’ouverture affichée par les organisateurs. Une heureuse curiosité qui invite le spectateur à participer à l’édition 2011 d’Esperanzah. Que de découvertes et de voyages musicaux inédits en perspective !

 

Micro Festival 2010 : samedi 7 août

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Prévision météo pour ce samedi 7 août : malgré quelques passages nuageux, le temps restera généralement sec sur le nord de Liège… durant la première partie de la journée. Le soleil se lèvera aux environ de quatorze heures (heure locale). Euh… sur la baie de Vivegnis.

Horaire respecté : les Pirato Ketchup arrivent sur leur planche de surf et lancent les festivités. Les premiers pains-saucisses commencent à frétiller tout autour à l'écoute de ce fourre-tout musical décliné à la sauce Wallifornie. Oui, « La bonne du curé » et Sœur Sourire sont capables de remuer leurs fesses à la mode Tarantino. Wallifornication. C'est jouissif et entraînant. Et sacrément rentre-dedans. Une excellente entrée en matière.

Dans la foulée, un interlude musical est assuré par un DJ. A quelques pas. Dans le jardin. Premières bières. Ambiance décontractée. Tout le bonheur de n'avoir qu'une seule scène où se produisent les artistes. On a le temps de se ressourcer. Décidément, chez JauneOrange, quand on fait les choses, on les fait bien.

Passé 15 heures. Boston Tea Party ou la formule qui n'en finit pas de ne pas s'user (NDR : elle concerne les duos mixtes déclinés au format Rock) envahit le devant de la scène. Ça cogne sec, surtout sous les talons d'Eline Adam, la chanteuse, qui bat la mesure sur une estrade de bois transformée en grosse caisse de fortune. Un beat un rien éreintant sur la longueur. Mais les chansons tiennent la route. Rien de révolutionnaire (à l'inverse du mouvement homonyme emprunté par le groupe), mais c'est néanmoins suffisamment bien foutu pour capter l'attention du public parsemé. Et oui, c'est qu'on en est encore qu'à l'apéro...

Flash météo : en cette fin d'après-midi, le passage d'une tornade est annoncé sur les coteaux de la Principauté. Elle sera accompagnée d'un déluge de décibels et de forts orages.

Bon, maintenant, on rigole plus. Ou bien si ! On rigole. Enfin, je sais plus. Attention. Mesdames et Messieurs, voici venir le Colonel Bastard et son Bionic Commando. Loufoque, déjanté, irrévérencieux et survitaminé, ce combo emporte tout sur son passage. Le chapiteau se remplit, les clowns se déshabillent, le public applaudit et en veut encore. Oui, Colonel Bastard, c'est du spectacle. Mais en plus du côté visuel, dans le registre électro-dance-techno-foutraque, c'est vachement bien balancé. Un set explosé et un public conquis, amusé, ou médusé. Bref, personne ne reste indifférent. Une performance. Une grande expérience.

Les joyeux troublions quittent la scène, et on s'affaire déjà à y faire place. Car il en faut de la place pour les trois batteries et les cinq guitares d’Action Beat. Nul doute, ça va faire mal. Et quand ils commencent en chœur, ça fait effectivement mal aux tympans. Action Beat, c'est une machine diablement efficace, parfaitement huilée, solidement rythmée. Lourde comme un orage d'été, puissante comme la foudre. Un bloc de marbre qui éclate et se reforme instantanément. Parfois trop homogène, manquant d'aération, mais au final, une leçon de bruit aux faiseurs de bruit.

Quelques bières plus loin, nous attendent le duo (non mixte) des Black Diamond Heavies. Un orgue qui n'a rien à envier à une guitare, une batterie qui n'a rien à envier à l'enfer. Quand le blues se fait sale, sauvage, et habité. D'une puissance sexuelle phénoménale (dixit une amie en pâmoison). L'antre de l'Espace 251 Nord est en feu en l'espace de quelques titres. Ça sue et ça dégouline. On aime ça!

Météo des festivals, flash spécial : après les dernières intempéries, le calme devrait revenir dans les environs de Saint Léonard. Une embellie suivie de quelques ondées sont néanmoins à prévoir.

Kelpe déploie ensuite son intimisme/minimalisme électro sur les planches. Point de vue sono, c'est pas le genre d'endroit pour jouir pleinement de toutes les subtilités de ce type de musique. De fait, noyée dans un son brouillon et submergé de basses fréquences, les compositions du duo (tendance, je vous le dis !) s'évaporent quelque peu dans les brumes du soir tombant. Néanmoins, ce petit coup de fraîcheur fait du bien à ce moment de la journée.

Un ravier de frites dégusté aux rumeurs de switch dans le haut de l'affiche, et effectivement, Efterklang déboule un rien plus tôt que prévu. Et là, c'est la classe et l'élégance venant du grand Nord. Des chansons enrobées et ciselées par des orfèvres Pop. Grandioses mais pas pompeuses, elles affichent une grande maturité. Assurément, l'avenir se dessine en lettres d'or pour ce groupe Danois d'une humilité déconcertante. A découvrir, si ce n'est déjà fait.

Déjà la nuit a pris possession du ciel, et la pluie tombe à verse. Pas de quoi cependant refroidir les ardeurs des Chiliens de Panico, dont le set finit d'enflammer le public liégeois. Rawk-&-roll entêtant, toutes guitares devant, basse rebondissante, reverb dans la voix, et charisme à petit prix. Fair Trade, avez-vous dit ? Pas loin d'une leçon d'hypnose spirituelle, les morceaux claquent comme les coups de fouets de Zorro. L'album sortira fin septembre et je ne saurais que le conseiller vivement aux amateurs de Make Up et autres formations de la trempe. Excellent et judicieusement placé en tête d'affiche.

Enfin, sous le déluge du ciel, les spectateurs quittent l'enceinte du premier Micro Festival, qui a tous les points de vue, se sera avéré une franche réussite. Convivial, démocratique, parfaitement organisé, défricheur de talents et d'une qualité inversement proportionnelle au prix de la place. Perso, je dis : proclamons JauneOrange d'utilité publique!

Organisation JauneOrange

 

F.hiro

F.hiro (Ep)

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F.hiro est un trio originaire de Rennes. Il publie un premier Ep éponyme composé de quatre morceaux pop gorgés de soleil. Le premier labeur des Français est à situer quelque part entre Casiokids, The Notwist ou même Jónsi (pour la voix). « F.hiro » est un Ep printanier qui, par moments, tape dans le mille (« Private Road »), mais pèche également par excès de candeur (« You People Are Desperate »). Une introduction sympathique mais trop expéditive.

You Call It A Name

You Call It A Name (Ep)

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Les Parisiens de You Call It A Name pratiquent un Pop-Rock poinçonné par un côté punk assez bien maîtrisé. Les quatre titres de cet Ep (dispo en streaming sur leur MySpace) tendent vers un amalgame entre l’esprit rentre-dedans de Gang Of Four et l’articulation d’un Interpol. Cependant, « Stand Up (& Drive It To Your Darker Side) » est le seul titre qui se distingue vraiment du reste de l’Ep. Un disque dans l’esprit de ce titre pourrait attiser bien des curiosités. Wait & See.

Mickaël C. Alasèv

Has a Taste Of Blood Mixed With Dust

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Multi-instrumentiste originaire de France, Mickaël C. Alasèv délivre une première œuvre d’assez bonne facture. « Has A Taste Of Blood Mixed With Dust » ne laissera pas indifférent les fans de formations telles qu’AaRON ou encore d’un Ghinzu circa « Electronic Jacuzzi ». A la seule différence, ici, qu’Alasèv met les éléments électroniques en sourdine et façonne des mélodies naturelles à l’atmosphère à la fois sombre et (positivement) narcotique. « Has A Taste Of Blood Mixed With Dust » est de ces disques dont l’intérêt se développe de manière exponentielle, à chaque écoute. A tenir à l’œil (NDLR : et à l’oreille !)

Le Boss prépare un nouveau documentaire…

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Le légendaire songwriter américain, Bruce Springsteen, a confirmé la réalisation d'un nouveau documentaire inspiré de « Darkness At The Edge Of Town ».

Publiant « Born To Run » en 1975, le Boss devient très rapidement une icône du rock US. Son saisissant mélange d’influences rock classiques, combiné à des lyrics frappées de sagesse parlant à Monsieur tout-le-monde, frappera instantanément les charts et les critiques de ses foudres.

Confronté à de tenaces conflits juridiques, le chanteur étasunien restera cependant absent des scènes internationales pour une longue période. Un statut qui l’empêchera de rendre public tout nouveau matériel.

Après maintes péripéties juridiques, Springsteen s’enfermera dans ses studios pour accoucher de « Darkness On The Edge Of Town » en 1978. Cet album beaucoup plus sombre et plus mature consacrera Bruce Springsteen comme l'un des auteurs-compositeurs les plus importants du rock mondial.

La réédition somptueuse de « Darkness On The Edge Of The Town », dont la parution est prévue pour Noël, comportera un  ‘making of exclusif’ présentant les étapes essentielles de la réalisation de cet album. Documentaire qui sera d’ailleurs présenté en première du Festival du film de Toronto au mois de septembre. Celui-ci comportera notamment des images inédites du travail en studio du « E Street Band ».

Un incontournable pour les fans du Boss.

And Also The Trees

Récréation acoustique…

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Doucement le cercle solaire descend des cieux, et une multitude de corbeaux envahit les pelouses de la cour intérieure de l'abbaye. Taches noires éparses et clairsemées. Puis vient la nuit, et avec elle, l'invitation à l'abandon... Je lisse mes plumes de jais et m'engouffre à la suite de mes comparses dans le tunnel conduisant à un escalier étrangement moderne pour ce genre d'endroit. A l'étage, la salle s'offre à mon regard. Haute et sertie d'une magnifique charpente en poutres du plus beau bois. Je suis convié à prendre place dans un des confortables sièges de velours disposés en gradin. Puis la lumière décline. Recueil et silence de mise. Accueil et applaudissements timides.

Première partie : Seesayle. Seule sur scène. Tour à tour aux claviers, à la guitare, au violon, la demoiselle envoûte l'auditoire grâce à de subtils arrangements, sa voix, ses grands yeux qui vous happent, mais surtout grâce à de véritables chansons. Perles de rêves dans un écrin de velours. Tour à tour déclinées en anglais, français, hongrois ou dans une langue imaginaire aux accents slaves. Même confrontée à l'obscurité totale (orage ou mystérieux visiteurs ?) la belle garde son aplomb. Seesayle ou la clé d'un songe éveillé.

And Also The Trees quant à eux déploient leur majestueuse musique intemporelle depuis le début des eighties, mais jamais pourtant elle n'est parue datée. Classieux et loin des canevas des modes, les deux frères Jones traversent les années dans leur machine à remonter le temps sans se soucier de leur époque. Avec intégrité. Et pour se ressourcer, ils s'offrent depuis un moment une récréation acoustique. Qui s'arrête ici ce soir. Avant une date autrichienne et une autre Italienne. C'est dire si nous sommes chanceux. Bien sûr, le côté électrique et électrisant de la guitare de Justin se fait désirer sur la longueur du set. Mais offertes ainsi dans une version boisée, les chansons du répertoire de AATT se découvrent telles des naïades au sortir du bain. Belles et fragiles. Le dépouillement opère en tant que catalyseur des émotions. Mais tout en retenue. Subtilement. Et accentue le côté théâtral de leur musique. Je devrais dire dramaturge. Hanté par ses fantômes, Simon Huw Jones habite les compositions et les vit véritablement sur scène, tel un acteur qui soir après soir s'habille de la personnalité de ses différents personnages. Mentions spéciales aux morceaux issus de « Green is the sea », au classique « A room lives in Lucy » et à l'imparable « Virus meadow ».

Le manteau de la nuit a recouvert l'abbaye. Quelques oiseaux aux atours de ténèbres s'attardent encore ci et là. Mais moi, je regagne mon nid. Tomorrow the sun will shine...

(Organisation : Soirées Cerises)

Tropics and Meridians

Tropics and Meridians (Ep)

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Encore un disque de post rock ! Eponyme, il est l’œuvre d’une formation française : Tropics and Meridians. Mais dans le style, c’est l’embouteillage. Faut dire que les figures de proue du mouvement, telles Mogwaï, Explosion In The Sky, 65daysofstatic, Red Sparowes ou encore Mono ont mis la barre très haut.

Néanmoins, ces fans de la géographie ont décidé d’apporter une touche toute personnelle à leur expression sonore. En se servant de samples ; et puis en y ajoutant des accents métal et noise. Parfois, la formule est gagnante. Comme sur le très réussi « Patriotic Schizo ». Mais parfois aussi, le groupe passe complètement à travers. A l’instar de l’horrible « Crascole ».

Fondé à Blois (dans le Loir et Cher), en 2008, Tropics and Meridians avance quand même quelques bonnes idées, tout au long des 7 titres de son 1er Ep ; mais malheureusement l’ensemble trahit une impression de déjà entendu et de bien trop prévisible. Sans grand relief, cet album est en outre habillé d’une (ignoble) pochette moyenâgeuse. Dommage, car on a l’impression que la formation hexagonale possède suffisamment de maîtrise pour faire la différence. En fait, il lui manque simplement de l’audace. Afin de s’aventurer en terres inconnues et d’embrasser ainsi une certaine originalité. Et si le post-rock était-il simplement en train de se mordre la queue… des tropiques aux méridiens ?

Recoil

Selected

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Recoil est né de l’initiative d’Alan Wilder en 1985, alors que celui-ci était encore actif au sein d’une ‘petite’ formation nommée Depeche Mode. Dix ans plus tard, Wilder décide de couper les ponts avec ses camarades et de se concentrer sur son projet personnel. Après avoir délivré une série d’Eps qui auront fondu dans le décor, le compositeur publie en 1997 « Unsound Method », le premier LP de Recoil. Depuis, la discographie du projet ne s’est que peu développée, ne comptant pas plus de trois éléments. Ce qui n’empêche aucunement Wilder et son comparse, Paul Kendall, de délivrer aujourd’hui ce qu’ils considèrent comme les meilleurs morceaux issus de leurs trois travaux. Et la formule fonctionne assez bien, « Selected » étant composé de 14 morceaux (remasterisés) formant une galette cohérente aux influences très Trip Hop.

Seul problème : le timing de Wilder. « Selected » apparaît à l’heure où la popularité de ce genre musical est en plein déclin et où seules quelques formations parviennent encore –relativement– à tirer leur épingle du jeu (Unkle, Massive Attack,…) Caractérisé par son atmosphère pesante, ses voix hantées et ses mélodies obscures, la séance de rattrapage de Recoil compte, néanmoins, quelques jolies réussites (« Prey », « Red River Cargo », « The Killing Ground », « Shunt », …) qui méritaient bien ce petit dépoussiérage. De par sa durée assez conséquente (plus de 70 minutes), « Selected » s’adresse essentiellement aux aficionados du genre. Les plus gourmands pourront même se procurer une version double de la plaque, dont le disque bonus réunit des remixes et des versions alternatives. Trip Hop’s not dead.

Tokyo Police Club

Champ

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Pas sûr que les forces de l’ordre apprécient les missiles pop assénés par les Canadiens de Tokyo Police Club ! En effet, ils risquent de mettre à mal la quiétude de n’importe quelle bourgade endormie par les chaleurs estivales… « Champ », le 2ème LP de cette jeune formation, est en effet un parfait condensé de rock mélodique, confirmant enfin leur très réussi 1er Ep, « Lesson in Crime », paru en 2006. Un groupe est à nouveau au top de sa forme après avoir publié un premier opus quelconque, en 2008 (« Elephant Shell »). La pression semblait d’ailleurs avoir desservi la formation, à l’issue du concert de louanges démesuré, accordé à « Lesson in Crime ».

Pour concocter ce long playing, les musiciens ont pris le temps (2 ans !) afin de composer des hits portés par des guitares acérées et raffinés par la voix tellement sexy de Dave Monks. Hormis les plus sourds d’entre nous, peu de monde devrait résister aux tubes de la trempe d’« End of a Spark », de « Gone », caractérisé par ses synthés sautillants, et surtout de l’imparable « Breakness Speed ». A peine âgés de 20 ans, les Canadiens ont pris de la bouteille tout en n’abandonnant pas leur art à torcher des refrains pop et entêtants dignes des Strokes ou autres Buzzcocks. Dommage qu’au deux-tiers de l’album, l’inspiration commence à s’essouffler. Mais pour le reste, à l’écoute des compos de ces ex-rois de la blogosphère, on est en droit de se demander : mais que fait la police ?

 

Toro Y Moi

Causers Of This

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L’heure de gloire de la chillwave a sonné. Vu le succès d’artistes comme Neon Indian, Small Black, Memoryhouse, Memory Tapes ou encore de l’excellent Washed Out, la ‘chillwave’ est devenu le genre émergent de l’année. Ce courant musical, qui tire sa substance de l’ambient et du shoegaze, privilégie les sons synthétiques downtempo aux couleurs estivales. Et le premier ouvrage de Chazwick Bundick alias Toro Y Moi se classe plus que joyeusement dans cette catégorie. Ici, c’est plutôt le transat que le dancefloor. « Causers Of This » envoie une courte mais bonne dose de beats antalgiques. Des beats qui ne cassent pas forcément la baraque. A contrario de ceux de son talentueux pote Ernest Greene, alias Washed Out, qui, lui, illustre à merveille le courant.

L’élément qui distingue Toro Y Moi de ses pairs, réside essentiellement en ses influences hip-hop que l’on retrouve disséminées de manière assez éparse mais cohérente sur l’ensemble de « Causers Of This ». Des morceaux comme « Low Shoulder », « Lissoms », « Causers Of This » ou « Fax Shadow » sont d’ailleurs les porte-drapeaux de ces influences. Pour son premier essai, Toro Y Moi s’en sort plutôt bien mais a encore du pain sur la planche s'il veut tirer son épingle d’un jeu dont la popularité ne cesse de s’étendre.

A découvrir en live au Pukkelpop le 21 août.

Various Artists

Eclipse (OST)

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La machine à sous et à fantasmes (pré)ado « Twilight » a délivré, aux prémisses de l’été 2010, le troisième et avant-dernier volet de sa saga vampirique. La trame, vide de substance, reste la même : Bella doit faire un choix cornélien. Doit-elle se taper le vampire ou le loup-garou ? Et pour illustrer musicalement les états d’âme de la jeune femme et de ses deux prétendants, Livia Tortella, productrice exécutive de la bande-son, a, encore une fois, rassemblé un casting 5 étoiles derrière le micro. A l’instar de celle qui accompagnait l’épisode précédent, la B.O. d’ « Eclipse » fait la cour aux artistes indie les plus hypes du moment. Band Of Horses y côtoie Florence + The Machine, Vampire Weekend, The Dead Weather, The Black Keys ou encore Fanfarlo. Battles et Bombay Bicycle Club, eux, s’offrent une incursion discrète au sein de la version ‘Deluxe’ de l’objet.

Tous y interprètent des titres inédits dont certains sont de véritables réussites. Pour ne citer qu’eux, le « My Love » de Sia, « Chop And Change » des Black Keys, « With You In My Head » de UNKLE, accompagnés des Black Angels ou encore l’excellent duo entre Beck Et Bat For Lashes, « Let’s Get Lost ». Impossible, par contre, d’échapper à quelques titres tout à fait inutiles comme « Eclipse (All Yours) » de Metric, « Ours » de The Bravery ». Ou encore le single porte-drapeau du long-métrage, « Neutron Star Collide (Love Is Forever) » des inévitables Muse, qui signent là l’un des morceaux les plus irritants de leur discographie.

« Eclipse » est, en général, une bande-son de très bonne facture, mais pose le même problème que celle qui la précédait. Une nouvelle fois, elle ne s’adresse pas nécessairement au même public que le long-métrage dont elle est tirée. Un mal pour un bien ?