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Le parfum de vie de Goudi

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Richy Pitch

Ye Fre Mi Richy Pitch

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Le Ghana se porte bien et s’exporte tout aussi bien. Les Black Stars ont réussi un super mondial en Afrique du Sud et sont passés à deux doigts d’entrer dans la légende, en devenant la première équipe africaine à atteindre le stade des demi-finales. Bref, ça mousse grave pour le Ghana. Coté musique, la nation africaine semble entretenir un certain climat de mystère. Mais les événements sont occupés de se précipiter, depuis que le DJ et producteur londonien Richy Pitch a séjourné pendant deux ans sur les terres ghanéennes. Ancien résident notoire du mythique club hip-hop ‘Scratch’, Pitch a accumulé un tas d’expériences depuis 1996. Il est aujourd’hui devenu un des producteurs hip-hop les plus notoires. Son dernier projet a de quoi susciter l’enthousiasme. Et pour cause, à l’issue de son périple, dès qu’il a retrouvé son studio, il a décidé de revisiter la musique ghanéenne, en lui administrant de bonnes doses de hip hop et de beats électros. Un concept accueilli les bras ouverts, par l’écurie BBE. « Ye Fre Mi Richy Pitch » constitue donc le fruit de ses expérimentations accomplies en compagnie de la crème des artistes ghanéens. Parmi lesquels on épinglera, quand même, MOBO, Samini (vainqueur du MTV Africa Awards) ou encore Reggie Rockstone (plus connu sous le nom de Godfather of Hiplife).

Et le résultat est tout à fait convainquant. Le producteur peut d’ailleurs être fier de son œuvre. Et pour cause, non seulement, les compos sont riches en références hip hop, afrobeats et percussions traditionnelles, mais elles nous plongent au cœur d’un univers sonore coloré et remuant. Les emcees balancent des flows qui en jettent ! Les chants typiques épousent les beats électro de Pitch et la galette s’enflamme à  la moindre étincelle. On se souvient que l’Afrique du Sud, et en particulièrement Soweto, nous avait valu de chouettes découvertes ; c’est ici au tour du Ghana d’être mis en exergue. 2010 est bien l’année du Continent africain !

 

The Spermbirds

A Colombus Feeling

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Un glaviot préhistorique, craché pour la première en 1982, et une première plaque vinylique, pressée en 1985, font probablement des Spermbirds l’un des plus antiques combos keupons germaniques en activité. Formé à Kaiserslautern par Lee Hobson Hollis, un G.I. américain stationné en Allemagne, le groupe s’est forgé, dans les années quatre-vingt, une solide réputation scénique au pays de la choucroute garnie. Malgré une carrière plutôt conséquente, ces cousins germains des Sex Pistols et des Dead Kennedys ne livrent ici que leur huitième méfait discographique.

Tout comme le plat traditionnel mentionné ci-dessus, le punk rock des Spermbirds est mitonné à l’ancienne. Rien que des ingrédients naturels dans la recette du combo. Du rock’n’roll virulent, cultivé dans la rue, sur un lit de crachat, de haine et de vomi. Que les accros à facebook et à la punk pop aseptisée aux OGM exportée en masse par les yankees s’empressent de passer leur chemin. Les Spemrbirds ne sont pas des ados en goguette. Ici, tout respire l’expérience, la sueur et l’authenticité. Le punk des Allemands répond aux normes les plus strictes : les lyrics sont sarcastiques et ponctués d’hymnes à reprendre en chœur. Le son des guitares est cradingue à souhait et la basse carrément explosive. Seul écart de conduite (vite pardonné car hautement jubilatoire) l’intro au banjo du titre éponyme « Colombus Feeling ».

Bienvenue  à l’école du rock’n’roll, c’est la rentrée des crasses. Ouvrez votre livre de punk à la page Spermbirds !

Timber Timbre

Timber Timbre

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Si le nom de Timber Timbre ne vous dit rien (du moins pour l’instant), cette méconnaissance ne fera pas long feu. Projet du Canadien Taylor Kirk, il risque fort de constituer l’une des sensations de l’année, à l’instar de Bon Iver, deux ans plus tôt. Autoproduits, ses deux premiers elpees, « Cedar Shakes » et « Medicinals » sont parus respectivement en 2006 et 2007. De quoi permettre au Torontois de se produire sur les scènes de la métropole canadienne, et même extra-muros. Il est repéré par le label Arts & Crafts (Broken Social Club, Ra Ra Riot, Phoenix, Feist, Los Campesinos, …), qui n’hésite pas une seconde à le signer. Eponyme, son dernier opus, est sorti l’an dernier, au Canada. Ce qui lui a permis de se forger une certaine notoriété sur l’ensemble du territoire nord américain et d’assurer le supporting act de la tournée d’Owen Pallet. Faut dire que la presse spécialisée lui a réservé une multitude de bonnes critiques. Il avait d’ailleurs été nominé lors du ‘Polaris Prize’ (meilleur album canadien). Le Vieux Continent aurait encore pu longtemps ignorer l’existence de cet artiste, si le label anglais Full Time Hobby (Tunng, Malcolm Middleton, Micah.P.Hinson) n’était pas entré dans la danse. L’écurie est attentive aux talents en devenir et a donc engagé le chanteur/compositeur/guitariste. Puis a décidé de publier ce dernier elpee. Et on lui en est mille fois reconnaissant !!!

Reconnaissant, car l’album du Canadien est tout simplement fabuleux ! Œuvre intemporelle rappelant autant Tom Waits et Léonard Cohen que Bon Iver et M.Ward. Taylor Kirk y propose un folk sombre, intimiste, mystérieux, qu’il mêle habilement et tour à tour au blues, à la soul (« Trouble Comes Knocking ») ou à la country. La plupart du temps, il accompagne sa voix de sa gratte, d’un clavier et de beats pour imprimer la rythmique. Les arrangements sont parfaitement dosés, bien équilibrés. D’une extrême douceur, son timbre vocal évoque tantôt Justin Vernon (Bon Iver) ou Antony Hegarty (Antony and The Johnsons). Une voix uniquement soutenue par sa guitare, sur « Demon Host ». « We’ll Find Out » est un autre moment fort de l’opus. Enrobé de chœurs et parcouru d’interventions au violon, cette compo lorgne manifestement vers son compatriote, Léonard Cohen. On pourrait décortiquer tous les morceaux de cette œuvre, mais je ne voudrais pas vous gâcher la surprise.

Il faut le reconnaître, Timber Timbre joue déjà dans la cour des grands. Et son dernier long playing constituera certainement un des sommets de cette année 2010. Cependant, si vous souhaitez vous forger votre propre opinion, je vous invite à aller l’applaudir en concert, puisqu’il se produira en première partie de Phoshorescent, le 15/09, au Botanique, et le 17/09, au festival Leffingeleuren. 

 

Toog

Goto

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Gilles Weinzaepflen AKA Toog nous vient de Mulhouse. Si Jacques Tati l’avait un jour rencontré, il l’aurait certainement invité à rejoindre son équipe d’ingénieurs du son, lors de l’un ou l’autre tournage. Et « Goto », son nouvel opus, en est une parfaite démonstration. Car si le Français déborde d’imagination, il ne se soucie pas de faire aboutir ses compos. Pour lui, l’essentiel est de créer des ambiances en y incorporant de nombreux bruitages et quelques notes d’instruments. Mais en brouillant constamment les pistes tout en expérimentant, sans tenir compte de l’auditeur, on a l’impression que Toog cherche parfois par agacer. Et ca marche ! C’est même parfois (pas toujours) efficace.

« Traffic Jam » ouvre le bal. Une mélodie simpliste est perturbée par des bruitages de voitures et de klaxons. On se croirait en plein « Traffic » de Tatischeff. ‘Où va la vie’ chante-t-il. ‘Partout, n’importe où !’, répond Gilles. Et c’est ce que côté un peu niais et mielleux qui énerve… Bref, si l’univers cinématographique constitue l’inspiration première de Toog, on a quand même droit à une excellente conclusion lors du très mélodique et visionnaire « L’Esprit De l’Inventeur », où le cinéaste Michel Gondry (« Be Kind Rewind », « Eternal Sunshine of The Spotless Mind », etc.) pose sa voix sur de superbes nappes de pianos et des sonorités électro minimalistes.

Toog partage volontiers ses idées qui foisonnent dans sa tête. Parfois farfelues parfois géniales, elles sont le fruit des élucubrations d’un personnage haut en couleur ; mais elles ne ciblent qu’un public bien spécifique. Ne cherchez pas de trame ni de structure. On a parfois l’impression d’être en présence d’un véritable foutoir ! Un peu à l’image de l’artiste. Intéressant, ce disque n’est cependant pas pour autant vraiment brillant.

 

The Hundred in the Hands

Jeunes, beaux, et bientôt célèbres.

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Jason Friedman, c’est la demi-tête pensante des Hundred In The Hands. Par un bel après-midi, cet homme affable sirote un Cola et bouquine entre deux interviews. Au fil d'une conversation charmante et non dénuée d'humour, j'apprends que cet ancien étudiant des Beaux Arts et membre fondateur de The Boggs a aussi été guide touristique à Berlin. Entre culture cinématographique et escapade historique, notre conversation navigue au gré des mots. Rencontre avec ce qui pourrait bien être l'attraction de demain.

Jason, première visite sur nos terres, après l'annulation de votre date en avril dernier au Domino Festival?

Exact. Nous avions été contraints d'annuler à cause des émanations du volcan islandais. Ce n'est que partie remise. Nous espérons être bientôt de retour.

The Hundred In The Hands revendique un son qui lui est propre. Ni chaude, ni glaciale, ni sombre, ni aveuglante, votre musique est une synthèse de ces descriptions. Un mix d'émotions et un brassage d'influences diverses. Comment avez vous élaboré ce son spécifique?

Chacun de nous deux possède un vécu historique et musical différent. Nos influences sont également différentes. Et ce que nous créons ensemble, est donc le fruit de ces influences. Dans la mesure où nous ne sommes que deux, il est impossible pour nous de composer comme n'importe quel autre groupe, du genre: on se voit au local, on répète et on crée des morceaux dans cette veine. Non, nous travaillons chacun de notre côté des ébauches de chansons que nous refilons à l'autre, qui à son tour les retravaille. Et nous finissons d'écrire les chansons pendant le processus d'enregistrement. Ce qui engendre une interaction entre Eleanore et moi-même et apporte une certaine homogénéité à l'ensemble. Procéder de la sorte nous procure d’ailleurs beaucoup de plaisir. C'est assez amusant. Et nous permet d'emprunter différentes voies et évite l'évidence de nos influences qui sont alors noyées dans le processus.

Vous accordez-vous avant de commencer sur l'ambiance d'un morceau et la façon dont vous aimeriez qu'il sonne?

Non, en fait, de par cette liberté que nous nous accordons pour la composition de nos chansons, celles-ci peuvent à tout moment prendre une direction ou une autre. Les versions démos sont tout à fait différentes du résultat final, et parfois assez méconnaissables. Par exemple, la première mouture de « Young aren't young », la chanson qui ouvre notre album, était une sorte de version afro-beat des Young Marble Giants : une ligne de guitare posée sur des percussions africaines et un martèlement de batterie. Au final, même si nous avons gardé la mélodie et pas mal de choses, le résultat est sensiblement différent. Ce qui illustre la liberté de direction de nos chansons ; et c'est ce côté imprévisible qui nous excite.

Vous prenez donc votre pied dans l'expérimentation?

Effectivement. Je me souviens, quand nous avons commencé à élaborer le projet, que notre ambition était de travailler en compagnie de différents producteurs aux visions personnelles des choses, d'essayer de tirer un maximum parti de leur savoir et nous en servir en retour.

Ce qui vous éloigne drastiquement du processus de création opéré au sein de The Boggs, votre premier groupe?

Absolument. A l'époque, j'étais le maître à penser, je composais seul les chansons et les autres membres me suivaient à la trace. Même si mes acolytes, en compagnie desquels je partageais cette aventure depuis plusieurs années, épousaient une même conception de la musique, c’est souvent ma vision des choses qui prévalait. En quelque sorte, nous étions esclaves de mes limites. Certaines chansons auraient pu être mieux, plus abouties. Tandis que maintenant, il s'agit d'un projet à deux cerveaux complémentaires ; et c'est ce que j'aime. J'apprends de mes erreurs. Et je me suis amélioré en tant que chanteur ; ce qui me permet d'appréhender les choses de manière différente. Ensuite, il y a l'apport des collaborateurs. Je pense au producteur Chris Zane qui bosse sur nos compos depuis notre premier single « Dressed in Dresden » et dont le travail est fantastique. Toutes ces contributions nous ont permis de forger notre propre identité.

Etre signé sur Warp change-t-il les règles ?

Certainement. Par le passé, nous avons eu notre part de frustrations. On a galéré, ce ne fût pas toujours évident. Le label Warp était LE label en compagnie duquel nous rêvions de travailler. Et que les choses se soient passées exactement comme nous n'osions pas l'imaginer, mais que nous espérions de tout cœur, est totalement surréaliste. Ce sont eux qui sont venus à nous, et quand ils nous ont proposé de signer, nous n'avons pas hésité l'ombre d'une seconde. L'image qu'on s'en fait n'est pas usurpée. Il s'agit réellement d'un label de qualité, artistiquement très engagé, dont la vision est ouverte et intelligente. Je suis certain qu'après le mini-succès de « Dressed in Dresden », n'importe quel label aurait été tenté de nous demander de répéter la même recette, encore et encore. Mais pas les gens de Warp. Ils nous laissent carte blanche de A à Z, et cette liberté est vraiment précieuse. Nous ne sommes pas obligés de pondre des chansons en batterie, pas obligés de tourner. Non, ils nous disent ‘prenez votre temps, créez à votre rythme, on s'occupe de tout le reste’. C'est une chance inestimable.

Comment s’est déroulé l'enregistrement de l'album?

Le plus simplement du monde. De juin à septembre 2009, Eleanore et moi nous sommes concentrés sur l'écriture, à l'écart, dans notre coin. A partir de là, nous avons prévu quelles chansons figureraient sur l’Ep, et celles que nous envisagions de mettre sur l'album. Et puis nous nous sommes mis au travail sous la houlette des producteurs que nous souhaitions et finalisé le tout.

Tout en gardant votre mot à dire sur le résultat?

Tout à fait. C'était une réelle coopération entre les différents producteurs et nous-mêmes. Chacun apportant sa touche personnelle, ses idées. De plus, nous avons gardé pas mal du matériel enregistré 'à la maison'. Pour les guitares par exemple, nous n'avons pas eu à les réenregistrer. Mais nous avons profité du matériel haut de gamme du studio pour refaire les voix et certaines programmations.

N'est-ce pas un procédé délicat en prévision de la performance scénique?

Oui et non. En sauvegardant la plupart des prises démo, nous conservions cette perspective à l'esprit ; mais le fait de les jouer en concert me donne à réaliser comment je souhaite que telle guitare sonne ou telle ligne de basse soit. Nous utilisons beaucoup de bandes et nous essayons de trouver l'équilibre afin de restituer chaque chanson dans un contexte ‘live’. Ce qui nous oblige à envisager nos morceaux sous un autre angle, en prenant par exemple en considération le volume du son. Plus puissant sur scène. Et modifie quelque peu l'approche du morceau ; mais ceci rend aussi excitante cette méthode de travail.

Envisagez-vous intégrer d'autres musiciens en concert?

Peut-être bien un percussionniste pour la prochaine tournée. Mais pour les jeux de guitares et autres séquences sur bandes, nous avons trouvé nos marques en duo, alors pour l'instant nous ne pensons pas engager d'autres musiciens.

Ne craignez-vous pas d'être tôt ou tard limité au niveau du son?

Dès le début, nous avons conçu notre musique en duo avec en point de mire la tradition du Sound System, que ce soit en Jamaïque ou dans les débuts du Hip-Hop et cette faculté de transposer un enregistrement à différents volumes, dans différents contextes. C'est donc pourquoi nous possédons notre propre Sound System sur scène. Et il est intéressant de découvrir comment une chanson peut sonner différemment selon l'environnement. Que ce soit en studio, à la maison ou en ‘live’. Je pense qu'en ce qui concerne nos prestations scéniques, notre son est suffisamment puissant, suffisamment étoffé, sans nécessiter d'autres personnes. Donc, d'un côté, ce choix exige beaucoup d'abnégation, pour restituer les chansons dans toute leur ampleur quadriphonique, mais nous apporte une certaine liberté, puisque d'un show à un autre, nous pouvons apporter certaines modifications. En constante évolution. Et la formule du duo me convient parfaitement. A la fin, au sein de mon groupe précédent, je me lassais de devoir changer de musiciens tous les trois mois, leur apprendre les accords, les structures, et adapter mes propres chansons. Je me sens en fait plus libre. Eleanore et moi apprenons et progressons ensemble. C'est un processus qui nous sied parfaitement.

Pour en revenir à l'écriture même de vos chansons, qu'est-ce qui vous inspire?

Et bien, l'Art en général. J'ai accompli des études dans le domaine de la peinture, avant d'être totalement absorbé par mon groupe, The Boggs. Mais de toute façon, je n'y trouvais pas mon épanouissement. Je veux dire, je ne savais pas comment vivre en tant qu'artiste. Je réalisais mes trucs, mais j'ignorais comment diffuser mes œuvres, comment attirer l'attention sur elles. Je ne traînais pas dans les galeries toutes la journée ; par contre, j'adorais passer mes nuits dans les clubs et écumer les salles de concert. C’est ainsi que la musique a pris le pas sur mes prétentions graphiques. Et puis, je n'étais pas assez doué. Je me suis essayé un peu à la vidéo aussi. Finalement, The Boggs était la synthèse de mes aspirations, une sorte d'intellectualisation de mes envies artistiques au travers de la musique. Mais ce qui m'influence profondément dans la conception d'un morceau reste le cinéma et l'art vidéo. Notamment au niveau de la structure temporelle d'une chanson. Un titre comme « Last City » est directement inspiré par les œuvres de cinéastes tels Chris Marker, par exemple. Les textes étant eux plus influencés par la littérature ; même si je n'use pas de ces codes, j'aime l'idée de raconter une histoire. Bien sûr, je n'ai pas la prétention d'être un Alistair Grey ou un Samuel Becket! Il n'en demeure pas moins qu'ils font partie de mes références majeures. Et l'Histoire est un autre moteur d'inspiration. D'où le nom du groupe (NDR : faisant référence à une célèbre bataille américaine, menée par Crazy Horse, fier indien qui allait mener, une fois n'est pas coutume, les indigènes à la victoire sur l'armée US) ou d'un titre comme « Dressed in Dresden » qui parle des premiers essais bombardiers.

En parlant de vidéo, participez-vous activement à la création de vos clips?

Pour « Pigeon », j'avais imaginé un personnage central, dont je parle dans la chanson, cette jeune fille qui vit dans une grande ville et rencontre des problèmes à l'école ; même si au demeurant elle est assez intelligente, elle fréquente des idiots. Elle ne sait pas où elle va, ce qu'elle veut faire, et comme beaucoup, elle sort, boit, couche pour le fun et essaie de s'oublier. Et elle en a conscience. Les pigeons, dans la chanson, constituent son point d'ancrage avec la réalité. Tous les jours, elle se rend au square et regarde ces oiseaux qui inlassablement tournent en rond, stupides et sales. Et elle se dit qu'elle vaut mieux qu'eux. J’en ai donc parlé à la production, et ensemble, nous avons élaboré les traits de ce personnage. Au final, elle est moins misérable que dans mon esprit. Elle possède plus de recul Peut-être est-elle plus arrogante? Quoiqu'il en soit, le résultat est tout simplement incroyable. Et les effets spéciaux vraiment épatants. Le tout dessert bien le propos de la chanson.

Revenons un instant sur votre étiquette? Quelle est la part de gothique qui sommeille en vous?

Le formule ‘summertime Goth’, je dois bien confesser qu'elle vient de moi. En fait, un ami, à l'époque, organisait chaque semaine des soirées qu’il avait baptisée ainsi. Et immédiatement, j'ai pensé qu’elle collerait bien à notre type de musique. Loin des clichés du genre. Je veux dire, je n'ai jamais aimé la façon dont les Cure s'accoutraient, je ne vois pas de rapport entre leurs vêtements et leur musique. A New York, chaque semaine, se déroule au moins une soirée branchée, et les soirées gothiques sont nombreuses. Mais vous n'y croiserez pas de personnages dont les accoutrements sont propres à cet imagier de grenier. De ce fait, nous estimions amusant de dépeindre notre musique comme influencée par l'aspect gothique, mais sans le côté ridicule du concept. Une version plus ensoleillée en quelque sorte. Pour le prochain album, je pense déjà renouveler notre étiquette.

Etes-vous la partie sombre du projet, et Eleanore la touche ensoleillée?

Non, en fait, c’est seulement un juste équilibre entre elle et moi. Parfois, nos chansons prennent une direction trop noire ou trop guillerette, et nous tentons de trouver le juste milieu. Nous peinons quelquefois à égayer nos compositions, mais nous nous efforçons toujours d'appliquer ces deux aspects en une belle harmonie. Si nos chansons ne sonnent pas profondément dépressives, c’est parce que notre palette musicale, au niveau de nos goûts, est large. Il y a un soupçon de R&B dans notre façon de procéder ; et OK, j'admets que ce n'est pas directement audible, mais il nous permet justement d'avoir une approche radicalement différente par rapport à notre côté gothique. Le juste équilibre, c'est notre quête.

Pour conclure, vous semblez promis à un bel avenir. Craignez-vous les lendemains difficiles?

Je suis assez paranoïaque ; alors oui, définitivement, j'ai peur de ce que l'avenir me réserve. Je me focalise donc sur les améliorations à apporter. Par exemple, je souhaite qu'on évolue sur scène, qu'on devienne meilleur. Nous allons beaucoup tourner dans un proche avenir, pour justement aller dans ce sens. Ce qui ne nous empêchera pas de concevoir de nouveaux titres. Mais pour l'instant, nous devons nous concentrer sur cet album. Ce n'est pas évident par exemple de jouer des titres comme « The Beach » devant un public n'ayant jamais entendu la plupart de nos morceaux. J'espère et j'imagine que les choses seront différentes quand l'album sera sorti. Il ne faut pas trop que je pense à demain.

Ne dit-on point que l'avenir sourit aux audacieux?

(Voir également la chronique de l'album dans la rubrique ad-hoc)

 

The Hundred in the Hands

The Hundred in The Hands

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Si les chances de connaître la douceur d’un été indien s’estompent jour après jour, réjouissons nous de connaître notre premier summertime goth. En effet, autoproclamée sous cette forme, la musique de ce duo issu de Brooklyn débarque en cette rentrée de septembre et promet de laisser traces de son passage.

Si l’on peut faire fi des clichés du genre, ambiances sépulcrales et voix d’outre-tombe en tête, il reste néanmoins un certain romantisme new wave mis en lumière ici par une palette sonore riche et pléthore d’influences allant du disco au funk blanc. Fragile équilibre entre spleen et hédonisme, ce premier album, signé chez Warp, distille subtilement, voire insidieusement son potentiel pop au creux de nos oreilles. Sorte d’hybride à deux têtes pensantes et quatre jambes pour danser (nonchalamment et non frénétiquement, tout de même !), The Hundred In The Hands est une combinaison de charme, réunissant Jason Friedman, ex Boggs et Eleanore Everdell, dont la voix céleste s’était déjà illustrée chez TV On The Radio. Osmose parfaite créant un juste équilibre d’ombre et de lumière, ce qu’ils présentent, à défaut d’être foncièrement révolutionnaire, a du moins l’intelligence de renouveler les genres dans un mix généreux et fort agréable. Jamais vulgaires, souvent entraînants, les mélodies, les riffs de guitares et les touches d’électro apportent judicieusement leur contribution à l’élaboration d’un son propre, desservant le propos avec justesse.

Leurs prestations live devraient quand à elles leur assurer prochainement une notoriété, peut-être relative, mais tout à fait justifiée. Et si comme votre serviteur, une première écoute ne vous relève pas la richesse de leur travail, n’hésitez pas à gratter la fine pellicule de vernis pour  découvrir les pépites dont cet album regorge. Dans le fond, le concept est le même que chez certains malins qui tirent leur épingle du jeu le temps d’un succès. Certes, le talent en plus ici. Mais le succès, il faut l’assumer. Car tomber dans un hype devient un danger… Alors on danse… 

Johnny Clegg : nouvel album et concert à Roubaix en octobre

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Johnny Clegg sortira ce 4 octobre un nouvel opus intitulé "Human". En attendant, son best of "Celebrating 30 years of Johnny Clegg" est disponible dans les bacs. En outre, Clegg se produira près de la frontière belge, à Roubaix très exactement, salle Wattremez, ce 20 octobre. Et ce dans le cadre de la traditionnelle fête de l’accordéon, qui en est déjà à sa 14ème édition.

Plus d’infos sur :
http://www.roubaixtourisme.com/index.php?fichier=detail-articles_com&lang=fr&rub=51&srub=181&artid=1153
et sur :
http://www.caramba.fr/caramba-artiste-9-johnny-clegg.html

 

Pas de répit pour PVT !

Écrit par

Décidemment les membres de PVT sont hyper actifs. Ils préparent la sortie d’un nouvel Ep (« Light Up Bright Fires »), ont réalisé une vidéo sous la houlette d’Alex Smith et préparent une tournée européenne imminente ! Une tournée qui passera par le Botanique de Bruxelles, ce 14 septembre et le Stuk de Louvain, ce 7 octobre au Stuk à Leuven. Manifestement leur changement de patronyme n’a pas altéré leur créativité…

http://vimeo.com/14582891
http://www.youtube.com/watch?v=cbW0qRPYeqY

Tracklisting:

1. Light Up Bright Fires
2. Light Up Bright Fires (Nathan Fake Remix)  
3. Light Up Bright Fires (Seekae Remix)
4. Window (Dorian Concept Remix)
5. Window (Danimals Remix)

 

Daniel Lanois produit Neil Young

Écrit par

Le nouvel album solo de Neil Young paraîtra ce 24 septembre. Intitulé « Le Noise », il a bénéficié du concours de Daniel Lanois à la production et de la participation de Brian Eno, U2, Bob Dylan, Peter Gabriel et Emmylou Harris. Bien que Neil Young et Daniel Lanois se soient déjà croisés, c’est bien la première fois qu’ils travaillent ensemble. Très touché par la catastrophe qui s’est produite dans le golfe du Mexique, il a décidé d’en faire le thème principal de son opus.

Tracklisting:

1.Walk With Me
2.Sign of Love
3.Rescue Me
4.Love And War
5.Angry World
6.Hitchhiker
7.Peaceful Valley Blvd.
8.Rumblin’

http://www.neilyoung.com
http://www.myspace.com/neilyoung

 

Un elpee éponyme pour Clapton

Écrit par

Eric Clapton, le dieu de la guitare, publiera son 19ème album studio ce 24 septembre. Coproduit par le guitariste Doyle Bramhall II, il sera éponyme. Un album riche en collaborations, puisqu’on y relève la présence de son ami, le légendaire JJ Cale, ainsi que du batteur Jim Keltner, du bassiste Willie Weeks et du claviériste Walt Richmond… Sans oublier les inévitables invités notoires. Soit pour la circonstance, Steve Winwood, Wynton Marsalis, Sheryl Crow, Allen Toussaint & Derek Trucks.

Tracklisting:

1 Travelin’ Alone
2 Rocking Chair
3 River Runs Deep
4 Judgement Day
5 How Deep Is The Ocean
6 My Very Good Friend The Milkman
7 Can’t Hold Out Much Longer
8 That’s No Way To Get Along
9 Everything Will Be Alright
10 Diamonds Made From Rain*
11 When Somebody Thinks You’re Wonderful
12 Hard Times Blues
13 Run Back To Your Side
14 Autumn Leaves

http://www.ericclapton.com

 

Revival Grunge ?

Écrit par

Le 27 septembre, Soundgarden publiera « Telephantasm », son nouvel album. Ce sera le premier elpee de la bande à Chris Cornell, depuis leur reformation. Il s’agit cependant d’un ‘best of’, mais qui recèlera cependant des inédits. L’année 2010 sonnerait elle le début du grunge revival ? D’un seul coup, votre serviteur, se sent vieillir…

L’album sera offert au 1er million d’exemplaires du jeu ‘Guitar Hero : Warriors of Rock’.

Pas sur que Kurt Cobain aurait apprécié l’initiative…

http://www.soundgardenworld.com

Tracklisting "Telephantasm"

1. Hunted Down
2. Hands All Over
3. Outshined
4. Rusty Cage
5. Birth Ritual
6. Black Hole Sun
7. Spoonman
8. My Wave
9. Fell On Black Days
10. Burden In My Hand
11. Blow Up The Outside World

12. Black Rain (Previously Unreleased)

 

Seal. Clap, 6ème.

Écrit par

Seal nous revient avec un tout nouvel opus intitulé « VI Commitment ». Ce 6ème  album studio sortira ce 17 septembre 2010. Il a été produit par le légendaire David Foster (Michael Bublé, Josh Groban, Céline Dion), son complice, avec qui il a collaboré en 2008 sur l’album « Soul ». Le premier single « Secret » est une ballade qui s’inscrit dans la lignée de ses chansons d’amour…

Track listing:

1) If I’m Any Closer
2) Weight Of My Mistakes
3) Silence
4) Best Of Me
5) All For Love
6) I Know What You Did
7) The Way I Lie
8) Secret
9) You Get Me
10) Letting Go
11) Big Time

http://www.seal.com
http://www.myspace.com/seal

Attention, trésor caché…

Écrit par

The Delano Orchestra est un remarquable groupe clermontois réunissant six musiciens (guitare électrique, basse, batterie, trompette, violoncelle, guitare/chant). Leurs compos baignent au sein d’un climat cinématographique très riche en arrangements. Ténébreuse, leur musique projette des images tour à tour paisibles ou tempétueuses… Leur nouvel album, « Now That You Are Free My Beloved Love », sera disponible dès le 4 octobre. A ne pas manquer !

 

Du Mièle pour les oreilles.

Écrit par

Quatre ans après publié son 1er disque éponyme, Mièle signe son retour. Son second opus s’intitule « Le Jour et la Nuit », et est dans les bacs depuis ce 26 août. Enregistré entre Halle et Paris, par Lucas Chauvière (Salif Keita, Helena, De la Soul, Tony Allen), et mixé à Bruxelles par Marc François (Ozark Henry, Wim Mertens), ce nouvel effort des Bruxellois sera plus pop que rock.

http://www.myspace.com/legroupemiele

 

 

Goose change de cap.

Écrit par

Goose dévoilera son nouvel opus ce 18 octobre. Il s’intitulera « Synrise ». La formation courtraisienne annonce un album très différent du très dansant, rock et proche de l’univers d’Ed Banger, « Bring It On ». Elle puiserait, pour la circonstance, ses influences du côté de la ‘Space disco’ des 70’s et des BO des années 80, composées par Philip Glass, Giorgio Moroder ou même Vangelis ! Des morceaux pop pour danser, mais dans la lignée des Klaxons. Les prodiges de l’électro belge se produiront dans le cadre d’I LOVE TECHNO, au Flanders Expo de Gand, le 13 novembre.

http://www.goosemusic.com/
http://www.k7.com/
http://www.stormthorgerson.com/

 

Pas de faute de frappe…

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Réunissant le claviériste/échantillonneur Thomas Hébert (alias Roboto), le drummer/DJ Julien Harbec (alias Kilojules) et la chanteuse/pianiste Fanny Grosjean (alias Fanny Bloom), La Patère Rose est un groupe électro-pop dont l’univers sonore est aussi coloré qu’empreint de sensibilité. Il publiera son 1er album le 13 septembre prochain. A suivre attentivement…

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Ecoutez la chorale de ce garçon !

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Boy & The Echo Choir a publié son 1er album ce 26 août. On en dit bien des choses sur ce mystère nanto-nazairien composant des morceaux obscurs empreints de mélancolie et d’une grande sensibilité. « And Night Arrives In One Gigantic Step » est le titre de son opus, fort attendu à découvrir…

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Kütü Folk made in US !

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Le fameux label aux disques cousus-mains, Kütu Folk, annonce la sortie de deux albums concoctés par ses deux nouvelles découvertes ! Et chez le label hexagonal, elles sont très souvent synonymes de qualité. Quand on n’est pas en présence, tout simplement, de véritables perles.

Evening Hymn est la première trouvaille. Un combo canadien dont le folk est chargé d’émotion. Son elpee, « Spirit Guides », sera disponible dès le 6 septembre

Jordan Geiger, en est la seconde. Impliqué chez Shearwater, il également le chanteur du remarquable combo Minus Story. Et bien il a décidé de se lancer en solo sous le patronyme d’Hospital Ships. Et son premier opus, « Oh, Ramona », est paru le même jour. Un disque dont le pop folk teinté de psyché est déjà qualifiée de Flaming Lips lo-fi…

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http://www.myspace.com/hospitalships

 

Netherbird

Monument Black Colossal

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En janvier de cette année, nous vous avions présenté, dans notre rubrique ‘découvertes’, l’Ep « Covered In Darkness », offert en téléchargement gratuit par le combo black métal suédois Netherbird. Si nous avions été convaincus par ce mini-album constitué de reprises cuisinées à la sauce black métal symphonique de Paradise Lost, Annihilator, Sentenced et Soundtrack of Our Lives, nous vous avions confié vouloir attendre la sortie d’un album réunissant des compositions plus personnelles, avant de nous faire une opinion définitive sur le groupe.

C’est chose faite grâce au terrifiant « Monument Black Colossal ». N’y allons pas par quatre chemins, notre impression initiale était la bonne. Netherbird tue ! Passons rapidement sur l’absence d’originalité, puisque chacun le sait, en matière de Black Métal Symphonique, tout (ou presque) a déjà été fait par Dimmu Borgir, Cradle Of Filth et les milliers de groupes qui ont suivi leurs traces gluantes sur le sentier menant au côté obscur de la force. OK, Netherbird n’invente rien. Mais bon sang, qu’est-ce qu’il le fait bien.

« Monument Black Colossal » regorge de tout ce qui glace le sang des majorités bien-pensantes et fait dresser les poils des membres supérieurs des amateurs de black symphonique : les claviers ‘ambiance cimetière transylvanien’, les riffs de guitares brutaux et incisifs, les interludes grandiloquents au piano, une alternance de vocaux râpeux black et de cris gutturaux death, des chœurs féminins parcimonieux, et une batterie volcanique tenue par la poigne d’acier de l’excellent Adrian Erlandsson (Paradise Lost, Nemhain, ex-At The Gates, The Haunted et Cradle Of Filth). Chez Netherbird, la violence côtoie l’émotion et l’angélique commerce avec l’obscur (NDR : et l’image de la pochette, signée par Kristian ‘Necrolord’ Wahlin, célèbre pour son travail chez Tiamat, Bathory, Emperor et At The Gates, corrobore ce point de vue) 

En attendant « Abrahadabra », le nouvel elpee de Dimmu Borgir que l’on nous promet pour fin septembre, les amateurs de mélodies sépulcrales et de riffs infernaux peuvent se ruer, les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes sur « Monument Black Colossal ».

Sahg

III

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On ne peut pas dire que Sahg fasse preuve de beaucoup d’imagination pour baptiser ses albums. Après « Sagh I » (2006) et « Sagh II » (2008), « Sahg III » pointe son nez poudré chez votre disquaire préféré. Pour celles et ceux qui ont loupé les deux premiers épisodes, Sahg est un ‘all-star’ band norvégien réunissant Thomas Tofthagen (Audrey Horne) à la guitare, Tom Cato Visnes (Gorgoroth, Audrey Horne, Jotunspor, I, God Seed, Ov Hell) à la basse, Olav Iversen (Manngard) au chant et à la guitare ainsi que Thomas Lønnheim (ce petit nouveau militait, jadis, au sein du groupe electro-rock Ralph Myerz and the Jack Herren Band) à la batterie.

Dès la sortie de son premier opus, Sahg s’est imposé comme l’une des meilleures surprises de l’année en matière de doom métal scandinave. En 2010, « III » ne fait que confirmer tout le bien que nous pensions de ces bouillants Norvégiens. Si, sur le fond, Sahg est bel et bien un groupe ‘doom métal’, il commet cependant quelques infidélités bienvenues à ce style caractérisé principalement par ses guitares pachydermiques. En accélérant le tempo, Sagh se rapproche parfois plus souvent des standards du heavy métal classique que de ceux du doom pur et dur. Que les puristes se rassurent cependant ; si des titres comme « Baptism Of Fire » ou « Mortify » auraient très bien pu avoir été composés à la grande époque de la N.W.O.B.H.M., « III » recèle encore quelques petites perles heavy rock inspirées par le Sabbath des seventies. Sur les lourdingues « Hollow Mountain » et « Mother’s Revenge », par exemple, la voix d’Olav est terriblement proche de celle d’Ozzy (NDR : à s’y méprendre !) Quant aux compos, elles auraient pu figurer sur un elpee de Count Raven, Candlemass voire Trouble. A l’instar de ses collègues suédois de Spiritual Beggars, Sahg ajoute quelques touches très ‘classic rock’dans son metal lourd, à l’aide de sonorités tirées d’un orgue Hammond.

Fidèle à sa ligne de conduite, mais en mélangeant les genres, Sahg propose la quintessence du heavy rock des seventies et du début des eighties. Une petite bombe heavy-doom-métal-rock à consommer sans modération.

Petite info exclusive ‘Musiczine.net’ pour terminer : le prochain opus du groupe s’intitulera probablement « Sahg IV » !

 

Jackie Scott

How much woman can you stand

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Originaire de Virginie, cette chanteuse de couleur noire a chanté le gospel, durant plus de 20 ans, au sein de l’église baptiste. Ce qui lui a permis de se forger une expérience certaine. Elle s’intéresse au blues après avoir assisté aux concerts de Buddy Guy et BB King ; puis commence à se passionner pour les grandes dames du blues et du jazz, comme Bessie Smith, Sarah Vaughn ou Alberta Hunter. Elle se rend régulièrement à Chicago où elle finit par focaliser toutes les oreilles. On la compare alors même à Koko Taylor, Ruth Brown voire à Big Mama Thorton.

Pour enregistrer son premier opus, elle a reçu le concours d’une solide formation : les Homewreckers. C’est-à-dire Mark ‘Rip’ Hopkins à la guitare, Tommie ‘T-Bone’ Fisher aux claviers, David Holland à la basse et Brandon Frazier aux drums. Un disque pour lequel elle a bénéficié de la mise en forme de Lil' Ray Neal, l'un des fils du légendaire bluesman de Baton Rouge, Raful Neal.

Jackie nous entraîne dans son univers du blues, de manière assez classique, mais en manifestant beaucoup de conviction. Elle chante ce "Put your name on it" d'une voix fatalement noire, taillée pour blues, mais un blues très ‘Chicago’. Les musiciens sont très efficaces, mais jouent de manière plutôt orthodoxe, les guitaristes restant sur leur réserve. "Get up with you" est empreint d’une grande sensibilité. La ligne mélodique est assez proche du "Born under a bad sign" d'Albert King. Invité, Bob Albertgotti s’autorise une première sortie à l’harmo. Il est aussitôt relayé par la six cordes, mais dans un immense respect. Cette homogénéité et cette authenticité sont une constante tout au long de l’elpee. A l’instar d’"It ain't that easy" ou d’"I can tell", un blues lent légèrement funkysant, dont les accords de gratte sont dispensés parcimonieusement. Mais aussi de "Teddy's juke joint". Imprimé sur un tempo plus vif, ce blues imparable met en exergue le talent de Rip Hopkins, un sixcordiste qui a bien assimilé la technique de ses maîtres ; et notamment Luther ‘Guitar Junior’ Johson ou encore Jimmy Johnson, des artistes issus du Chicago southside ou westside, qui privilégiaient le blues et la soul. "How much woman can you stand" constitue la petite perle de l’opus. Un long slow blues au cours duquel Jackie donne tout ce qu'elle a dans le ventre. Puissante, généreuse, sa voix est empreinte d’un énorme feeling. Elle est suivie par l'harmo, du piano de Fischer et les cordes de Rip. Un moment d’une grande intensité. Jackie a désormais soufflé sur les braises incandescentes. Elle enchaîne "Keep your legs crossed", une compo rythmée au cours de laquelle, elle démontre toute son autorité. "Don't let the smooth taste fool you" est sculpté dans le funk soul. "Mr Devil" est un autre grand moment de l’œuvre. Un blues lent dépouillé, poignant, aux accents du Delta. Elle chante remarquablement face aux accords de guitare primaires et métalliques ainsi que l'harmonica. De brève durée, "Put on a new step (Devil's reprise)" nous replonge dans le Delta. Evoluant sur tempo allègre et bien électrique, il s’embrase au contact du bottleneck. Un bien bel album ! Et pout que votre info soit complète, sachez que Miss Scott bénéficie d’un énorme soutien de la part de la Baltimore Blues Society dont elle a remporté la Blues Competition, l’an dernier ; ce qui lui a valu de participer à la finale nationale, à Memphis, en 2010.