La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Olivia Ruiz chez nous en Bel’Zik !!!

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« Miss Météore » est de retour…chez nous au Bel’Zik festival.

La femme chocolat sera une des têtes de série du festival de Herve le week-end des 18, 19, 20 et 21 mars prochains.

C’est pour le moment la seule certitude quant à l’affiche des festivités.

Les places sont d’ores et déjà en vente au prix de 29 € en prévente (33 € à l’entrée) sur le site de la FNAC ou au 0900/00600 (0,45€/min) ou encore dans les points de vente suivants :

            - Librairie Et Cetera à Herve, rue Neuve, 22 : 087/67 56 50

            - La bouquinerie du Centre à Battice, Centre, 26 : 087/78 41 38

            - Office du Tourisme de Spa, Place Royale, 41 : 087/79 53 53

            - Grand Théâtre de Verviers, rue Xhavée, 61 : 087/39 30 30

            - Caroline Music à Liège, rue de l’Université, 28 : 04/223 68 89

            - Billetterie de Belle-Ile à Liège : 04/341 34 13

Pour en savoir plus dans les prochaines semaines : http://www.belzik.be/fr/home.html

Olivia Ruiz au Bel’Zik festival le vendredi 19 mars 2010 à Herve.

 

Vaya Con Dios … au 7ème ciel…

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Sorti il y a quatre semaines à peine, « Comme on est venu » dernier opus de Dany Klein, mieux connue sous le pseudo de Vaya Con Dios est déjà disque d’or en Belgique.

Cela démontre à quel point le public reste fidèle à ses « vieilles gloires »…

Partie faire la promo de son CD en Suisse où son album sort avant sa commercialisation en France, au Portugal, aux Pays-Bas, en Pologne en Allemagne et en Autriche, Vaya Con Dios se produira sur les scènes belges à partir du 19 janvier prochain.

Sa tournée débutera au Théâtre Varia de Bruxelles, avant de faire quelques haltes à travers toute la Belgique.  Toutes les informations à propos de la tournée se trouvent sur http://www.vayacondios.info

 

 

 

I’m From Barcelona

Tout en crescendo…

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Présent sur la quatrième compilation du collectif liégeois Startin’Pop, I’m Big In Japan porte la griffe du projet solo de Didier Van Wambeke (ex-chanteur de Keaton). Ce pseudonyme, volontairement emprunté au célèbre « Big In Japan » de Tom Waits, affiche résolument les couleurs musicales du quatuor liégeois. Un projet ambitieux qui fait face, sans rougir et avec beaucoup de maturité artistique, à la vaste et talentueuse scène rock/folk étasunienne. L’écoute des chaleureuses harmonies de « Revolution » suffit amplement pour conforter cette intuition. C’est entouré d’un brillant staff artistique et technique que le chanteur/guitariste liégeois pose les premières pierres fondatrices du groupe lors de plusieurs concerts livrés durant cette année 2009 à travers la Belgique. Etape incontournable avant la sortie de son premier Ep qui bénéficie de la précieuse collaboration de Julien Paschal (ex-batteur de Sharko) et devrait voir le jour dans le courant de l’année 2010. Ecrin rock composé de son éternel complice Jacques Pironet (lead guitar) et du drummer Renaud Dethioux. Trio rapidement rejoint par le clavier Korg d’Ingrid Van Wambeke.        

Ce sont précisément les notes de velours du Korg qui, en ouverture, grise rapidement l’ambiance cosy et feutrée du salon concert du 210. Atmosphère idéale pour accueillir l’univers musical de I’m Big In Japan. Lieu où les quatre de bord de Meuse nous offrent un rock dégraissé qui explore des mélodies chagrinées avec une lumineuse simplicité. Un soft rock faisant place à la légèreté des guitares, la finesse et la limpidité des mélodies sans  saturation excessive de riffs agressifs. Univers mélancolique et doux-amer dessiné délicieusement à travers les événements tragiques d’« Altmont We Are Love ». Architecture musicale qui embrase l’âme sans jamais l’écorcher. On se laisse naturellement emporter par l’aisance mélodique qui coule sur de lentes et lugubres mélopées habitées par des morceaux comme « Captain Fandango ». Ou encore par des sons électriques et des inflexions vocales où l’ombre de Jeff Buckley s’imprimerait en filigrane sur « Revolution ». Un ensemble se mouvant adroitement sur des ballades subtiles qui habilleraient l’âme de Tom Waits de la voix chaleureuse de Ray LaMontagne.

Ce set en retenue monte crescendo, s’énerve en guitares et, par moments, secoue brutalement les drums de Renaud Dethioux (« American Hardcore »). Une setlist en équilibre qui ne s’ennuie jamais et se referme nerveusement sur un « Not Kirk ». Un final orageux qui témoigne à nouveau de l’étendue sonore du quatuor liégeois. A (re)découvrir d’urgence !

 

The Victorian English Gentlemens Club

Love on an oil rig

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Malgré leur nom à rallonge, cette formation n’implique pas un line up pléthorique. Elle ne compte que quatre membres. Qui ne sont pas davantage anglais, mais bien gallois. Issus de Cardiff, pour être précis. Et ne réunissant pas exclusivement des mecs, mais deux filles et deux garçons. Suffisant pour semer le trouble. 

Leur premier opus est paru en 2006. Eponyme, il proposait des morceaux énergiques sculptés dans la mélodie punk rock et contaminés par un certain esprit de folie, probablement puisé chez les Liars. Intitulé « Love on an oil rig », le second elpee respecte une semblable ligne de conduite. Un peu hors des sentiers battus, néanmoins. A la croisée des chemins des Pixies, des Breeders, de McClusky et d’Ikira Colt, elle est avant tout excitante. Les cordes de guitares sont stridulantes et les rythmes versatiles. Et puis il y a les voix. Des chœurs conjugués par les deux demoiselles (NDR : Delta 5 ?) soutenant à merveille le timbre nasillard d’Adam Taylor (NDR : en extrapolant, on pourrait imaginer un hybride entre celui de Luke Lalonde de Born Ruffians et de Gordon Gano des Violent Femmes). La production n’est pas trop léchée, de manière à préserver l’âme des douze titres de ce long playing. Des coups de cœur ? « Drivers Companion », « Bored in Belgium » ou encore le single « Parrot ». Mais VEGC ne sera jamais une usine à hits. Simplement un bon groupe, qui ne peut que progresser et se faire un nom sur la scène insulaire, au même titre que leurs compatriotes, Los Campesinos. Enfin, c’est tout le mal qu’on leur souhaite… 

 

Wye Oak

The Knot

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Wye Oak est un duo issu de Baltimore, dans le Maryland. Et « The Knot » constitue son second elpee. Il fait suite à « If children », gravé en 2007. J’avais eu l’occasion de découvrir cet ensemble, live, en première partie des Dodos, au Botanique ; et je dois avouer que leur set m’avait agréablement surpris. A sein du couple, Jenn Wasner se charge des parties vocales, de la composition et des guitares alors qu’Andy Slack se réserve les drums, les claviers et la production.

Mais venons-en à la musique de Wye Oak. Très électrique, sombre, imprimée sur un rythme plutôt lent, mais sans jamais tomber dans le slowcore, parfois quand même mid tempo, elle évolue dans un univers sis quelque part entre Mazzy Star, le Crazy Horse de Neil Young, les débuts de Wilco et Yo La Tengo. Le tout épicé d’un zeste de shoegazing et de britpop. Suffit pour les références, passons au contenu de cet elpee.

Les lyrics sont sombres, ténébreux, mélancoliques et à la limite sinistres. Probablement autobiographiques, ils reflètent une angoisse existentielle. Même les titres apparemment allègres, reflètent un mal-être. Quant à savoir si c’est celui de Jenn, il serait intéressant de lui poser la question. Elle possède une très belle voix. Atmosphérique, douce, vulnérable, confessionnelle, mais bien timbrée. Et puis entretient une intensité électrique savoureuse, frémissante, venimeuse, de sa six cordes, lorsqu’elle n’éclabousse pas les mélodies d’accès de pedal steel. En studio, les compos ont bénéficié d’une palette instrumentale plus large. Un zeste de piano, de l’orgue, un chouia de cuivres, une pincée de banjo, mais surtout du violon. Un violon languissant, parfois grinçant qui confère alors aux compos un climat épique. Les arrangements ont été ciselés par Andy, responsable, en même temps d’un drumming aussi délicat que souple. De cet opus, on reprochera la longueur excessive de « Mary is Mary » (NDR : encore qu’en live, ce morceau pète des flammes), mais on mettra en exergue le sublime « For prayer », dont l’intensité émotionnelle me rappelle la quintessence du Paisley Underground. 

 

Yuko

For Times When Ears Are Sure

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Encore du banjo ? L’explication procéderait-elle d’une accalmie dans les rediffusions télévisées de vieux westerns ? A moins peut-être que les fans de Bonanza auraient décidé de propager leur dépendance à d’autres secteurs. Et en particulier celui de la musique. Difficile d’y répondre. L’histoire ne nous dit pas non plus, si les Gantois de Yuko auraient préféré rejoindre la tribu des Apaches plutôt que celles des tuniques bleues. Si l’on rajoute à ce parfum de Cecil B. DeMille, une guitare sèche, quelques envolées spontanées dans les compos et une grosse dose de flammes crépitantes, on tombe vite dans l’hyper cliché folk, autour du brasero. Ce serait insultant pour nos compatriotes de s’arrêter à de telles images d’Epinal. Derrière les rumeurs de bisons qui s’abreuvent à la rivière, gronde une pop indie qui vient remuer le campement. On plie les couvertures, on remballe le pemmican, il y a de la route à faire.

Yuko ce sont Kristof, Karen, Tom, Lotte et Rolf, cinq Gantois qui entament leur carrière sur de très bonnes bases. Outre les sons ancestraux des cordes qu’ils semblent parfaitement maîtriser, le combo inocule surtout une electronica solennelle susceptible de transformer « For Times When Ears Are Sure » en petit bijou electro-pop croustillant. Aussi fragile qu’une craquelure sur un parchemin, l’elpee nous balade sur un sentier dépoussiéré quelque part entre Radiohead et Mogwai, selon la bonne grâce du cocher. Remarquable pour un début, les mots ‘prometteurs’, ‘enthousiastes’ ou ‘généreux’ prennent un petit accent belge qui nous fait bomber le torse. Vas-y, rallume le calumet et fais tourner.

 

Joseph Arthur

Temporary People

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Joseph Arthur court tellement vite, que son « Temporary People », concocté en 2008 à l’aide de ses Lonely Astronauts, est resté, pour nous, dans les starting-blocks. C’est que l’animal Arthur a de quoi troubler les esprits. Véritable ogre de la composition, il propulse tout ce qui sort de son studio, à grandes brassées. S’il comptabilise déjà 6 albums en 10 ans, on en oublie presque les multiples Eps, maxis et remixes que l’Américain collectionne dans sa discographie. S’il a fallu un petit coup de pouce de Lou Reed et Peter Gabriel en 1996 pour sortir son premier opus ; aujourd’hui, Joseph Arthur aide les autres, et cet altruisme pourrait finalement lui rapporter gros.

Pour cette septième galette il a de nouveau fait appel aux Lonely Astronauts, groupe qui avait participé à la confection de « Let’s Just Be », en 2007. Et une fois de plus, le travail est remarquable. On serait tenté de dire, plus précis. Même si l’ambiance générale reste toujours très folk-blues, Arthur et ses potes délaissent quelque peu leur terrain de jeu préféré pour nous balancer un son un peu plus rock, un peu plus revivaliste, très 70’s si vous préférez, mais surtout d’assez bonne facture. Reconnaissable entre mille, la voix de Joseph Arthur vient, comme à son accoutumée, déposer sur l’échine, cette petite brise vivifiante. « Temporary People » n’est pas vraiment novateur au sein du courant musical contemporain, mais il a le mérite de préserver ce cachet spontané et sincère qui manque à beaucoup dans le milieu. Nous n’aurions que des louanges à formuler sur ce disque s’il n’y avait cette irrésistible envie de ne plus en entendre parler quelque temps. Certes tout est toujours aussi bien millimétré. Certes tout à l’air parfaitement en place comme dans le mécanisme d’une horloge suisse ; mais à force de voir tous les 6 mois une nouvelle galette débarquer, on finit par se lasser. J’essaierai de sauter un album sur deux pour les prochains, j’y retrouverai peut-être du plaisir.

Barzin

Notes to an Absent Lover

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En 2006, Barzin Hosseini nous expliquait comment pleurer le sourire aux lèvres. Comment mélanger les éléments pour en tirer un maximum de profit ? C’était l’époque où la société kleenex n’en finissait plus de le remercier d’avoir commis « My Life in Rooms ».

Trois ans plus tard, nous sommes toujours sur le même pied, mais plus dans les mêmes chaussures. Barzin nous balance aujourd’hui « Notes to an Absent Lover », une ode aussi présomptueuse que réussie. J’entends d’ici les râleurs s’esclaffer du manque de cœur qui m’afflige, de cet organe de pierre qui fait office de moteur ; et j’en ris sous cape. Oindre la mélancolie d’effets country via le banjo ou d’aspect magique à la harpe c’est facile, voire même ‘petit esprit’. Prendre l’auditeur par les sentiments avec autant de conviction qu’un Yves Duteil prenant un enfant par la main, est d’une mesquinerie crasse. Oui mais… là ou certains se seraient ‘gamellés’ par excès de niaiseries ou d’effets mollassons, le Canadien pose un édifice étonnant de simplicité et pourtant truffé d’organes vitaux. « Notes to an Absent Lover » est blindé de petits trucs, de ces choses que l’on ne voit plus ou qu’on ne prend plus le temps de faire : sourire, soupirer, s’étirer dans l’herbe… Barzin développe la simplicité et l’évasion de manière fort réussie, en laissant perler des gouttes d’eau de pluie parfumées sur ses textes. En associant l’improbable au calculé. Il ne faudra cependant pas trop abuser de la galette, mais plutôt se faire un petit shoot concis de temps à autre. Histoire non plus, de ne pas finir neurasthénique.

De Rosa

Prevention

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L’Ecosse est le berceau de beaucoup d’horreurs musicales, mais pas que. Oui, la Saint Andrew's Cross doit malheureusement prendre sous sa responsabilité des patronymes comme Simple Minds, Cocteau Twins ou Travis. Mais il faut lui rendre ses lettres de noblesse, quand on sait que The Beta Band, The Exploited ou Belle and Sebastian, entre autres, en sont originaires également.

En ce qui concerne De Rosa, représenter l’Ecosse semble être leur priorité. Même si leur nom sonne plus méditerranéen que ‘scotisch’, la formation est fière de ses racines et dédie ses compositions à leur douce et chère terre d’origine. Et pour lui rendre hommage, elle a décidé de produire une excellente galette, épicée d’‘ethno-roots-folk-electro’ (NDR : c’est nouveau, ça vient de sortir), agréable au fumet comme au palais ?

Après avoir assisté au clash de son groupe en 2003, Martin John Henry rassemble à nouveau sa troupe en 2006 ; et c’est ensemble qu’ils reprennent le chemin du studio pour concocter « Mend », album précurseur mais laissé un peu sur la touche à l’époque, par la critique. Trois ans plus tard, après avoir assuré les premières parties de Mogwai et Snow Patrol, le combo nous revient flanqué d’un nouvel elpee de toute bonne facture. Les gaillards de De Rosa sont des petits malins susceptibles de vous entraîner sur un chemin bien tracé, afin de mieux bifurquer de leur trajectoire en dernière minute. Sur des envolées progressives, viennent se greffer des élans qui semblent embraser les compos, mais qui sont uniquement destinées à détourner l’attention, afin de plonger dans le moelleux. On peut donc confirmer que ce sont les surprises ou les effets de manche qui sont la clef de voûte de « Prevention ». A peine avez-vous trouvé votre voie que vous vous rendez compte avoir de nouveau emprunté la mauvaise piste. Heureusement, sans jamais provoquer de panique. Délicieusement tendre, mais pas dénué d’énergie, sauvage mais partiellement dressé, encourageant mais au bord du dépressif, « Prevention » mélange allègrement tous ces sentiments ; mais cloîtré au sein d’un tel univers, on tournerait facilement en bourrique.

 

DJ /Rupture + Matt Shadetek

Solar Life Raft

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Après être resté quelques temps à Barcelone, DJ /Rupture aka Jace Clayton fait son retour à Brooklyn. Véritable touche à tout, ce Dj et producteur s’est notamment illustré auprès du public en militant au sein de Wax Poetic, un combo impliquant Norah Jones. Réputé également pour ses monstrueux sets à trois platines, /Rupture à conquis le public en se servant de ses nombreuses influences oscillant de la drum n’bass à l’electronica, en passant par le dubstep. Flanqué de son acolyte Matt Shadetek (NDR : ce producteur newyorkais a partagé le studio aux côtéx de Modeselektor, pour lequel il a produit deux titres lors de la session de « Hello Mom ! »), /Rupture revient nous en mettre plein les oreilles, en nous balançant cette compile intitulée « Solar Life Raft » ; soit une sélection (parfois retravaillée) de 25 titres, mixés sur trois platines.

Dubesque et hypnotique (NDR : quelquefois à la limite de l’obsessionnel), ce disque est parfaitement destiné aux dancefloors. En fin de nuit… ou en début de matinée… Ici, DJ /Rupture et Matt Shadetek font turbiner leurs machines pour nous enflammer de leurs sonorités destinées à transcender et à revigorer les foules. A l’instar du mix de l’excellent Jahdan Blakkamoore, emcee de la Grande Pomme. Evoluant entre Roots, Dubstep et Cumbia, ce « For The Souls » n’est pourtant qu’une mise en bouche. Car la suite est véritablement percutante. Et je pense tout d’abord à « Bebey », titre de l’excellent combo Gang Gang Dance qui figurait sur leur dernier opus, « Saint Dymphna ». A l’origine noisy, ce morceau a été transformé en pépite dubstep ; une pépite au cours de laquelle la profondeur des kicks vient se fondre dans la mélodie expérimentale. Fascinant ! L’ébauche d’« Archives Génétiquement Modifiées Part 2 » signée par feu Luc Ferrari, compositeur français avant-gardiste, est étonnante. Durant quelques secondes, on découvre ce concept imaginé en 2000, par ce pianiste visionnaire. Autre combo newyorkais mis à l’honneur : Telepathe. Achevant l’elpee, son « In Your Line » a été retravaillé tout en douceur et subtilité par les deux Ricains. Et leur electronica minimaliste est tout à fait envoûtante.

Non seulement /Rupture est aussi rusé que fin connaisseur, mais il parvient à s’amuser en concoctant une compilation qui ne devrait pas déplaire aux amateurs de dubstep ! Et je leur conseille vivement cet opus !

Lita Ford

Wicked Wonderland

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Magie du photoshop : à 51 ans, Lita Ford à l’air d’en avoir 30 sur la pochette de « Wicked Wonderland ». Supposé être celui de son grand retour, l’album est à l’image du livret : un peu trop artificiel pour être vraiment réussi.

Pour rappel, la guitariste blonde à un Cv long comme le bras d’un orang-outang. Elle entame sa carrière musicale à 17 ans, en rejoignant l’excellent combo glam rock féminin The Runaways (NDR : au sein duquel militait également une certaine Joan Jett). En 1979, lorsque le groupe splitte, elle se lance dans une carrière solo. Ses premiers albums « Out for Blood » (1983) et « Dancing On The Edge » (1984) ont un succès immédiat. Il faut dire qu’à l’époque, son look sexy ne laisse ni les fans, ni les musiciens indifférents. Elle se fiance à Tony Iommi (Black Sabbath), se marie avec Chris Holmes (WASP) avant de prendre pour second époux le chanteur de Nitro, Jim Gilette (NDR : actuellement, c’est toujours son mari !) En 1995, elle décide de se retirer du monde du rock’n’roll pour élever ses enfants. Cependant, la retraite lui pèse ; et en 2009, elle remet le couvert en compagnie de son conjoint…

Le film « La Momie » nous l’avait déjà démontré, il y a des vestiges enfouis qu’il vaut mieux ne jamais déterrer. Lita n’est pas parvenue à tirer profit de cette leçon cinématographique et son retour raté risque fort d’entacher sa légende. Plutôt que de réaliser ce qu’elle fait de mieux, c'est-à-dire du bon Hard Rock Mélodique, Mamie Lita a décidé de se renouveler. De sonner ‘moderne’. Ses dernières compositions sont lourdingues, à la limite du stoner et bourrées d’électronique. Comme si Rob Zombie et Zakk Wylde avaient décidé d’entrer en studio ensemble. Pour constater que le produit de leur rencontre s’était soldé sur un échec cuisant. Les textes, eux aussi, sont pénibles et tellement affligeants qu’on a un peu honte pour l’idole de notre adolescence. Attention, Lita chante toujours très bien et son jeu de guitare est impeccable. C’est seulement au niveau des compositions que le bât blesse. Impossible d’isoler une bonne chanson de ce « Wicked Wonderland » qui en compte pourtant quinze ! Un retour raté. A oublier, malheureusement.

Michael Jackson

This Is It

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On croyait le Roi de la Pop fauché comme les blés, prêt à devoir hypothéquer Neverland ou encore céder sa collection des Beatles ; mais il semblerait que depuis sa disparition, sa richesse personnelle ne fait que croître. Et pour cause, en plus de toute sa discographie remasterisée, « This Is It », le film qui relate les dernières répétitions de MJ avant ses nombreux concerts programmés à Londres, a fait sauter le box office en quelques jours. Certes, les organisateurs annonçaient la diffusion du film pour une période de deux semaines, et curieusement, quelques jours avant la fin de cette échéance, la prolongation du film était annoncée. Belle technique commerciale, c’est une évidence !

Place maintenant à une autre technique tout aussi intéressante : pourquoi ne pas accompagner ce film d’une bande originale sonore ? C’est désormais chose faite, et très franchement, hormis le booklet au sein duquel figure de nombreuses photos issues des répétitions, « This Is It : The music that inspired the movie » est ennuyeux ! Qui n’a encore jamais entendu « Wanna Be Startin’ Somethin’ » ou encore « Jam » ?  Qui n’a jamais dansé sur « Black Or White » ou encore fredonné « Billie Jean » ? Outre ces titres maintes fois écoutés, on ne sera pas plus avancé sur la seconde galette qui accompagne cet album. En effet, on y retrouve trois titres en version démo (dont « Beat It » a cappella) et enfin « Planet Earth », proposé sous la forme d’un poème… (NDR : puisque je vous le dis !)

C’est ce à quoi vous devez vous attendre si vous vous procurez ce « This Is It ». En bref, un ramasse-poussière pour fan désespéré ou une relique destinée à se recueillir, lorsque le vide commencera à se faire sentir. Rest in peace MJ !

Java

Maudits Français

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Il y a neuf ans, Java s’illustrait en commettant un premier elpee intitulé « Hawai ». Java est un projet issu de la scène parisienne, né de la rencontre entre le compositeur Fixi et l’auteur R.Wan. Leur objectif ? Remettre au goût du jour le folklore français en se servant de la culture musicale contemporaine. Projet, ma foi aussi palpitant qu’intéressant. Et le résultat est alors à couper le souffle. Imaginez la rencontre entre hip hop et musette, et vous aurez une petite idée du style proposé par Java. L’accordéon ne se contente cependant pas de s’abandonner dans des airs de valse, tango ou autre java, mais souligne aussi les lyrics à la fois bien ficelés et percutants (NDR : une véritable bouffée d’air frais au milieu de la scène française) de R.Wan. Rien que le titre du morceau d’ouverture de leur premier elpee, « Sex, accordéon et alcool », annonçait la couleur… 

Après avoir concocté ce disque, Java est parti en tournée mondiale, se forgeant en même temps une excellente réputation de groupe ‘live’. D’ailleurs, en 2001, le combo grave « Java sur scène », de manière à montrer un bel aperçu de leurs performances en public. Le deuxième opus, « Safari Croisière », est édité en 2003. Mais il passe relativement inaperçu, tant sur la scène hexagonale que belge. En 2006, les partenaires décident de s’accorder une pause, afin de se consacrer à leurs projets respectifs. Et il faudra attendre avril 2009 pour voir débarquer le troisième opus de Java, « Maudits Français ».

Ce nouvel essai perpétue ce qui a fait son succès depuis les débuts du groupe : le ‘hip hop’ musette. Malheureusement, l’effet de surprise est passé, et on a parfois la sensation d’entendre une solution sonore réchauffée. Manquant de fougue, même. Des chansons comme « Moi je Moi je », « Bling Bling » ou encore «  Paris Musée » sont peut-être un peu trop surannées. Parfois, on a même l’impression de retrouver un Renaud de ses débuts. Mais un Renaud qui aurait négligé ses textes. Heureusement, quelques compos sauvent la mise. Et je pense tout particulièrement à « J’me Marre », « Folklore » et surtout « Mona » (NDR : cette description d’une banlieue parisienne, est sans doute le meilleur titre de l’elpee), qui semblent avoir retrouvé la recette de leurs premiers plats. Néanmoins, vu le potentiel du combo, cet album est une petite déception…

 

Madness

Total Madness – All the greatest hits & more! (Cd + Dvd)

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On peut certainement regretter le ska décapant du Madness pré 1983 (NDR : avant que le groupe ne s’étiole et n’essaie de se raccommoder), mais on ne regrettera pas cette compile des ‘meilleurs morceaux’ enrichie du Dvd réunissant les clips de l’époque.

Ces réjouissantes vidéos nous balancent de la sauce Madness en plein sur nos chemises propres : poivrée, sucrée, aigre-douce et explosive! De l’humour digne des Monty Python, des chorégraphies comparables à celles de « Grease » ou « Singing in the rain », dans des décors urbains filmés tels quels : crados, gris, l’Angleterre des années 80! Les musiciens ne sont pas plus édulcorés : la bouche du chanteur est pleine de plombages, les faces sont blanches et cernées... C’est que bien souvent le clip est un montage des scènes prises sur le vif, badauds et spectateurs compris. Mais il reste l’énergie, la spontanéité d’une bande de potes, un groupe qui dépote, ne se prend pas au sérieux, joue (au premier sens du terme) des rythmes endiablés à faire guincher les morts.

Il fallait du cran pour jouer de la musique jamaïcaine sans le soleil et sans les cocotiers ; c’est aussi ce qui fait la particularité du groupe : ils font du ska, oui, mais teinté d’un humour grinçant et d’atmosphères parfois psychédéliques voire gentiment machiavéliques, que l’on verrait bien accompagner « L’étrange Noël de Mr Jack ». Les sept kakous (ou Zazous) aux allures de punks mélangent les genres pour nous embarquer dans un avion fou ou nous raconter leur cauchemar collectif. Synthé, trompette, saxophone et autres cuivres, violons et guitare façonnent des mélodies brutes, c’est frais et bien vivant, roboratif, ça fait un bien vraiment fou !

 

Marjolaine Babysidecar

Medecine Foraine

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Il existe des lieux, des situations, des échanges ; bref tout ce qu’il y a de plus banal, qui peuvent se transformer en moteur à libido. « Medecine Foraine » incarne bien cette situation. Ou plus exactement Marjolaine Babysidecar. A cause de son air minouche, ses yeux dévoreurs et ses textes –ma foi– difficiles à cataloguer. La sauce prend assez simplement et les effluves érotiques, sans que l’on comprenne pourquoi, viennent flatter nos sens. Le parfum faussement jazzy, les râles muets que l’on devine dans la voix, les ongles collés à la peau, Marjolaine nous défroque en 5 sec’ ; et c’est le caleçon baissé que l’on rougit de s’être dévoilé de la sorte.

Derrière le combo se cache un duo : Marjolaine et Remy. Propriétaires déjà des deux Eps (« Logo Trip » paru en 2003 et « Tentative de Love », en 2005), les Français gardent la foi tout en distribuant des damnations à qui mieux-mieux. D’airs chaloupés en textes érectiles, la belle déroule la langue qui vient se tortiller dans le conduit auditif, tandis que le dandy se trémousse sur les cordes, telle une muse de John B. Root. Le duo marche implacablement. On peut souvent percevoir l’alchimie parfaite entre les deux protagonistes de manière évidente tant l’un soulève l’autre sans jamais l’étouffer. Fort agréablement, on se surprend à réécouter l’album une fois les ‘12 tracks’ dispersés dans la pièce. Histoire d’être certain de n’avoir rien loupé, ou de s’en remettre une petite couche voire de mettre sur pause lors des cadrages les plus… mmmmmh grisants.

 

Sid Morris

Take me back

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Sid Morris a passé sa jeunesse au Texas. A Houston, très exactement. Mais il réside depuis fort longtemps en Californie, du côté de San José. Au cours des sixties, ce pianiste avait déjà milité au sein d’un blues band, en compagnie de l'harmoniciste local Gary Smith. Il s'est produit sur la scène du tout premier San Francisco Blues Festival. En 1973. Trois ans plus tard, il participe à l'enregistrement de "Bay area blues", une compile à laquelle collaborent des artistes aussi notoires que Luther Tucker, Charlie Musselwhite, Sonny Rhodes, Ron Thompson et Gary Smith. Musicien demeuré très actif dans cette région de la Californie, il a fondé son groupe, il y a quelques années : Roadhouse Rockers. Au sein du line up militent le guitariste Gary Weller, le bassiste Frank DeRose et le saxophoniste Jack Sanford. La rencontre de Kid Andersen, le talentueux guitariste d'origine norvégienne, lui a permis d’entrer au sein de ses studios pour enregistrer ce nouvel opus : le Greaseland à San José. Ce dernier se charge du rôle d’ingénieur du son et de guitariste sur la majorité des plages. Pour rappel, Kid est le gratteur actuel des Nightcats de Rick Estrin.

Le "House party tonight" d'Amos Milburn nous plonge immédiatement au cœur de la musique de Morris. Frank DeRose et June Core libèrent un maximum de swing. Dans son répertoire, Sid s'avère un fort bon chanteur. Son toucher de piano est magique. On le sent très à l'aise. Dans ce style west coast jump, Gary Weller l’est tout autant à la six cordes. Au cours de l’elpee, Sid est soutenu par un même trio, à plusieurs reprises. En l’occurrence Andersen, DeRose et le drummer Butch Cousins (NDR : ce dernier a sévi au sein du band de l’excellent saxophoniste local, Terry Hanck). Le titre maître est imprimé sur un mid tempo. Un superbe blues qui met en exergue la cohésion entre les différents musicos. Sid aime varier les styles. Il est dans son élément à New Orleans. Il tire parfaitement son épingle du jeu sur le "Longhair's blues rhumba" de Professor Longhair, un "All by myself" au cours duquel il se révèle très proche de James Booker, et le "One for the highway" de Fats Domino. Il s'approche aussi de Chicago pour reprendre un de ses artistes favoris : Big Maceo Merriweather. Tout d’abord, le slow blues bien notoire "Worried life blues" ; et ensuite l'instrumental "Texas stomp". Il est hanté par l’esprit du grand Otis Spann tout au long du "CC Rider" de Ma Rainey. Sid Morris est avant tout un excellent pianiste de boogie woogie. Et il le démontre sur "Union Avenue boogie" ainsi que lors du "Bass key boogie" de Little Brother Montgomery. Il adapte encore le "Let's rock awhile" d’Amos Milburn. Un des meilleurs moments de cette œuvre, caractérisé par une intervention très propre de Kid Andersen. Sa v(er)(i)sion du "A virus called the blues" de Charles Brown est un autre sommet de l’elpee. On épinglera encore quelques autres instrus, dont le très jump "Down Ensalmo way" et "Tee Na Na", une finale empreinte de douceur et de quiétude. Un excellent disque de piano blues!

 

Poison Pen

The Money Shot

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Poison Pen est un grand garçon. Si déjà son gabarit physique a de quoi impressionner les quelques téméraires qui viendraient traiter sa maman de traînée, les micros tremblent et s’affolent également dès qu’il vient y poser son flow. Issu du milieu ‘battle’ new-yorkais (NDR : sorte de joute verbale où les MCs se vannent en impro et en direct devant un public survolté), Poison s’en démarque de manière surprenante et forge petit à petit le respect autour de lui. Remarqué suite à ses victoires sur le ‘ring du verbe’, l’Américain rejoint assez vite le collectif Stronghold où sévissent déjà, entre autres, C-Rayz Walz, Breeze Evahflowin’ ou encore Immortal Technique. Sur cet étage underground du rap, il prend possession de son style définitif et vient balancer du méchant à tire-larigot. On le retrouve sur toutes sortes de compiles ou d’albums, en ‘guest’ (« Cunninlynguists Strange Journey », « Apathy Eastern Philosophy », « Vast Aire Look Mom… No Hands », etc.)

Pour motiver un peu plus son ascension, Rockstar vient tout simplement lui proposer de poser un titre sur la bande son de leur jeu fétiche Grand Theft Auto (GTA : Vice City). Tout roule donc pour l’Américain, qui devient assez facilement une star dans son quartier de Brooklyn. Pour « The Money Shot », le petit Poison a décidé de la jouer en solo, mais en s’offrant quand même les services de quelques acolytes triés sur le volet (Silkk The Shocker, Gillie Da Kid, Block McCloud, …) Construit sur une base west-coast, son rap est chaloupé, à la limite de l’érotique.

C’est donc sur les cendres du Wu-Tang que l’Américain vient déhancher l’auditeur. Il y déballe ses frasques entre potes, ses coups de gueule et de bibines ainsi que quelques sujets chers aux rappeurs, en général. Assez percutant dans l’ensemble, « The Money Shot » est succulent. Les beats se fracassent sur les cuisses des ‘bombass’ qui l’écoutent, les chemises s’éjectent des pantalons qui les enserraient, le poing se lève sur le rythme, tout naturellement. Vu le nounours (NDR : tant sa voix que le gabarit !), on aurait presque envie d’aller chercher quelques shots de rhum pour les partager en compagnie de ce grand gaillard. Hyper généreux, Poison Pen nous balance là encore, une vilaine droite dont lui seul a le secret ; et le pire c’est qu’on y retourne.

The Raveonettes

In And Out Of Control

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‘The Raveonettes’ ! Mot-valise qui exprime indirectement les références fondatrices du duo-couple de Copenhague. D’une part, celle des ‘Ronettes’ –et plus particulièrement du ‘Wall of Sound’ de Phil Spector– et, d’autre part, celle du célèbre « Rave On » de Buddy Holly. Influences à l’origine de la simplicité structurelle et harmonique fifties et seventies qui habite les quatre albums du groupe. Ajoutons-y le regard passionné porté par Sharin Foo (chant/basse/guitare) sur le lyrisme sombre du Velvet Underground et l’amour inconditionnel de Sune Rose Wagner (chant/guitare) pour la noisy pop de Jesus & Mary Chain, et les The Raveonettes naissent un beau jour d’hiver 2000.

Presque dix ans d’existence et quatre elpees plus tard, « In And Out Of Control » décide de visiter d’autres horizons et de s’éloigner des rivages musicaux de Jesus and Mary Chain pour marcher sur les traces de mélodies plus classiquement pop. Le groupe exprime alors une métamorphose et refuse habilement de se conforter dans le cotonneux succès rencontré lors de l’excellentissime « Lust Lust Lust », sorti en 2007. La quintessence et l’âme Raveonettes restent cependant omniprésentes et continuent inlassablement de passer le son sixties à la moulinette indie. Mais, désormais, le rock garage souillé s’évanouit en pop. Le premier album « Whip It On », paru en 2001, nous avait déjà démontré que le son punk rock industriel et les mélodies pop pouvaient coexister harmonieusement. Pour « In Out Of Control », « The Raveonettes » quitte provisoirement les ombres abyssales de la ‘factory’ de Warhol et s’engage davantage dans les voies lumineuses de la pop éthérée et aérienne de Camera Obscura (« Last Dance »). Les guitares fuzzy saturées de reverb (« Bang ! ») viennent se poser sur des voix cristallines, infiniment moins sombres que par le passé, et éclaircissent sporadiquement le microsillon en vinylite qui bénéficie d’une production dégraissée. Catharsis sonore qui n’enchantera vraisemblablement pas les amoureux de la première heure. Malgré une douceâtre nostalgie, le groupe, souvent taxé de voyageur sur trois accords en si bémol mineur exclusivement, semble néanmoins mener sa propre révolution sonore avec talent et aborde ce virage avec une lucidité qui tient minutieusement la route.            

Unique ombre au tableau : l’amour inconsidéré de ces artistes pour la Beat génération et l’écriture spontanée. La plume danoise ne possède décidément pas le talent littéraire de Jack Kerouac. Malgré un album mélodiquement moins sombre, les dark lyrics imprégnées de l’essence Velvet Underground demeurent et s’écoulent parfois, comme on le dit de(s) source(s). Mais d’innocence et de simplisme. Préméditées ou non, les paroles sombrent quelquefois et échouent lamentablement sur le rivage du ridicule.

Quelques exemples ? Le clin d’œil adressé au groupe newyorkais Suicide. Les lyrics n’y traitent nullement d’un apartheid réformiste dans une ère post-dépressive mais nous annoncent que le suicide est mauvais pour la santé. « In and Out of Control » revisite les fondements de la démocratie en nous rappelant que le viol ‘is bad’ et que les violeurs devraient être punis sévèrement. Quant à « D.R.U.G.S », il nous aide à épeler le mot drogue sans oublier de préciser les effets de dépendance. Le grisant « Wine » nous signale prudemment que le vin peut conduire à l’ivresse… Bref, ce que chacun d’entre nous sait depuis une éternité ! Reste à espérer que les textes du prochain elpee des deux Danois ne nous remémoreront pas que la guerre nuit gravement à la santé et que la paix c’est cool !

Mais revenons à l’essentiel : la musique ! Cet album divisera certainement les inconditionnels nostalgiques et ceux qui se laisseront porter par les forts aquilons de « In Out Of Control ». Néanmoins, le quatrième opus des Raveonettes s’affiche comme une œuvre indispensable dans le paysage musical de 2009.            

 

Revolver

Music for a While

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Revolver : ‘Nous sommes un groupe pop, avec un passé classique.’ 

Musiciens hors du temps, Ambroise Willaume (chant), Christophe Musset (guitares) et Jérémie Arcache (violoncelle) s’attaquent à un nouveau genre musical sur la scène française et expriment clairement leur formation classique à travers une musique pop britannique traditionnelle. Une pop de chambre soufflant des chants lyriques qui oscillent entre Henry Purcell et les Beattles.    

Certains traits communs unissent ces artistes. Hormis une formation classique, c’est encore au sein de la prestigieuse association ‘Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris’ que deux des trois titis parisiens feront leurs premiers pas musicaux. Peu de répit pour eux. A peine le temps de respirer après le premier Ep griffé « Pop de Chambre », sorti en 2008, que les enfants de chœur de Notre-Dame de Paris sortent déjà leur premier opus sous la bannière de « Music for a While ». Album qui brille par la subtilité des chœurs et des harmonies. Chœurs chaleureux enlacés de guitares, d’un violoncelle, d’un piano et d’un timbre de voix atypique sur une production irréprochable de Julien Delfaud (Phoenix, Herman Dune…) Nulle folie sur cette galette sucrée au goût de miel et de guimauve qui donne l’impression de revisiter et de réinventer le répertoire des Beatles. Plutôt un exercice scolaire joliment exécuté. La spontanéité et la sincérité des morceaux touchent indéniablement mais manquent cruellement de profondeur et de désordre. « Music for a While » se love, pour l’essentiel, dans un cocon pop empesé d’influences classiques et amidonné d’ambiances ouatées aux effets Dafalgan codéine. 12 titres analgésiques à prescrire absolument pour combattre toute forme de migraine.

Un elpee articulé essentiellement autour du single « Get Around Town » qui nous propose néanmoins quelques aspérités. Pizzicati, grincements de cordes, riffs électriques et chœurs précieux en ouverture sur « Birds IN Dm » (NDR : certainement le plus beau morceau de l’album) décorent des bris de voix qui se cofondent par moments avec celle de Neil Hannon de The Divine Comedy. Influence vocale qui résonne également sur des morceaux comme « Leave Me Alone » ou « Back To You ». Ainsi, on entend parfois l’ombre sonore de Paul McCartney qui rôde sur « You Drove Me Home ». Quant aux doublements de voix inspirés d’Elliot Smith, ils se synchronisent parfaitement sur « Balulow » et s’épousent mélodieusement tout au long de « Get Around Town ». On notera finalement la fonction essentielle du ‘rockabilliesque’ « Untitled #1 » qui secoue et dérange prudemment la tendre pop de Revolver dont l’écoute ininterrompue (des 12 pistes de l’album) pourrait sembler longue à certaines oreilles.

« Music for a While », un titre qui, espérons-le, ne soit pas prémonitoire pour ce jeune groupe français.

 

Rupa & The April Fishes

Este Mundo

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Élevée aux États-Unis, en Inde et en France, Rupa Marya mène une double vie : à la fois médecin et musicienne, elle alterne avec brio stéthoscope et micro. Entourée de ses ‘poissons d’avril’, elle injecte des touches tziganes, latines, folk et indiennes aux histoires tantôt tristes, tantôt pleines d’humour qu'elle raconte en français, en espagnol et en anglais.

Second opus de ce combo très coloré, « Este Mundo » fait donc suite à Extraordinary Rendition ». Outre la guitariste/chanteuse Rupa, le line up implique six autres membres. Quant à leur musique, elle trahit des relents de Mano Negra mais en plus ‘light’. A cause de l’interprétation des textes qui avaient plus de punch lorsqu’ils sortaient de la ‘gueule’ de Manu Chao.

Le groupe réunit des musiciens issus de cultures musicales différentes. Violoncelliste, Ed Baskerville a reçu une formation approfondie dans la tradition classique. Trompettiste, Marcus Cohen a grandi à Saint Louis où il a été imprégné de jazz. Accordéoniste amoureuse de style ‘musette’ et ‘rom’, Isabel Douglass a fait son apprentissage en Roumanie. Drummer,  Aaron Kierbel joue aussi de la machine à écrire (oui oui) ! Tom Edler est le contrebassiste. Mais milite dans un style jazz à ‘l’ancienne’. Et enfin, accordéoniste/bandonéoniste et passionné de tango, Adrian Jost nous la joue sentimentale…

Les textes issus de la plume de Rupa évoquent les cas heureux et malheureux qu’elle a pu rencontrer lors de ses missions en tant que médecin du monde. Ils sont le reflet de ses expériences et des différentes cultures rencontrées. Elle raconte l’amour, la vie, la maladie, la misère, la mort…

Mettez toutes les références de ces musiciens dans un shaker. Ajoutez des textes en anglais, français, espagnols, indis, roms. Secouez vigoureusement et vous obtiendrez un cocktail sonore absolument original, ne manquant ni de goût ni de piquant.

Une heureuse surprise !

Times New Viking

Born Again Revisited

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Le Times New Viking nous vient du Midwest américain. De Columbus capitale de l’Ohio, en particulier. Réunissant le guitariste Jared Phillips, le batteur Adam Elliott et la claviériste Beth Murphy, ce trio pratique une forme de lo-fi. « Born Again Revisited » constitue leur quatrième elpee (NDR : et le second pour Matador). Il fait suite à l’acclamé « Rip It Off », édité l’an dernier. Marquées par l’esprit du DIY (‘Do It Yourself’) de la fin des années 70, du punk et du rock indépendant des 90s, leurs compositions s’inspireraient de Guided By Voices, Pavement et même des Beatles. C’est ce que les musiciens de T.N.V. racontent. Il est néanmoins difficile de déceler ces références dans leur expression sonore, tant elle est demeurée bruitiste. Très enthousiastes, les membres du combo avaient pourtant promis ‘un son jusqu’à 25% plus propre…’

Certains artistes ou groupes ne rencontreront jamais un succès de masse. Faut dire que parfois, ce n’est pas non plus leur objectif. Sans connaître les motivations réelles de Times New Viking, il est plus que probable que ce soit cet état d’esprit qui dicte leur ligne de conduite. Lo-fi dans le sens le plus strict du terme, leur musique ne s’offre pas d’entrée. L’auditeur doit se faire violence et gratter sous un vernis pas toujours très clair, pour découvrir ses trésors cachés. Pour atteindre la sensibilité profonde de leurs mélodies pop tellement ténues. Après s’être débarrassé du superflu (« I Smell Bubblegum » et « Little Word »), concentrons-nous sur des morceaux qui auraient pu se révéler magnifiques, s’ils avaient bénéficié d’une mise en forme correcte (« Marin Luther King Day », « Move To California » et « City On Drugs »), tout en faisant hurler les puristes. Je me demande d’ailleurs ce qu’une compo comme « No Time, No Hope » serait devenue si elle avait été bien produite, alors que dans son état actuel, elle accroche déjà instantanément. Difficile d’accès, « Born Again Revisited » procure une certaine satisfaction au fur et à mesure de ses écoutes. Mais je déconseille vivement cette aventure sonique aux amateurs de musique formatée. Le rock indie lo-fi gavé au fuzz, ça ne doit pas trop être leur truc. A contrario, les fans de musique défricheuse et sincère devraient apprécier. Et je pense tout particulièrement aux aficionados de Sonic Youth. En outre, je parie que ce groupe excelle sur les planches. Il les retrouve d’ailleurs souvent à la même affiche que Los Campesinos…

On imagine ces jeunes gens répéter dans un garage, dans une banlieue américaine lambda, essayant de conjurer l’ennui de leur petite ville en vomissant des sons parfois à limite de l’audible. Lorsque la musique véhicule une signification existentielle et lorsque les musiciens vivent littéralement cette musique, le mélomane ne peut que s’incliner… Si certains avançaient le concept de ‘Wall of Crap’, en opposition au ‘Wall Of Sound’ de Phil Spector, au sujet de Minus Story, qu’ils écoutent « Born Again Revisited » afin de saisir le sens véritable de la formule !