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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Du bon son belge gratuit...

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Le single "Atom Juggler" de Wallace Vanborn est en téléchargement gratuit sur le site de Studio Brussels. Le premier album du groupe gantois, 'Free Blank Shots', sera disponible en février 2010. Leur rock dansant devrait faire des ravages...

http://www.stubru.be
http://www.wallacevanborn.be

 

 

Gamma Ray signe chez ear Music

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Le nouvel album de Gamma Ray sortira chez ear Music, le 1er février 2010. Fondé en 1989, par l’ex-Helloween « Kai Hansen », Gamma Ray est, avec Blind Guardian, Helloween, Running Wild, Grave Digger et Primal Fear, l’un des piliers du power métal traditionnel à la teutonne.

« To The Metal » sera leur dixième album studio. Pour célébrer l’occasion, Hansen promet un album de pur heavy métal traditionnel combiné avec quelque chose d’un peu plus novateur. Notamment des influences gothiques sur les titres « Mother angel » ou « All you need to know » et industrielles sur « Empathy ». Le titre « To The Metal » qui donne son nom à l’album est présenté comme un hommage au métal tel que le jouent Judas Priest et Iron Maiden et comme l’une des meilleures chansons écrites par le guitariste/chanteur hambourgeois. Vivement 2010 !

Pour plus d’infos : http://www.gammaray.org/

 

Emily Jane White

Le jardin très secret d’Emily…

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Ce 2 décembre, Emily White Jane se produisait à l’Orangerie du Botanique. Deux heures avant son set, elle nous a accordé un dizaine de minutes d’entretien. Juste le temps de parler de son magnifique second album, de ses influences et de la France, pays au sein duquel elle a vécu presque une année pour y apprendre la langue de Molière (NDR : dont elle a pratiquement tout oublié, faute de pratique) et tutti quanti. Plutôt timide elle manifeste une gentillesse naturelle, mais son discours semble quelque peu bridé par la présence du ‘tour manager’…

Emily, tu as composé la musique du long métrage ‘Wild Tiger I Have Known’. C’est ce qui m’a permis de découvrir ton univers. Mais par quel hasard as-tu été choisie pour décrocher la confection de cette bande sonore ?  

Le réalisateur, Cam Archer, est un ami proche. Lorsqu’il a dû poser son choix afin de composer la bande sonore de son film, il s’est naturellement tourné vers moi. J’ai vécu une expérience simple et agréable que j’aimerai recommencer.

Tu as déclaré aimer répéter dans ta chambre. Y composes-tu également ta musique ? En arrivant en studio est-ce que tout est déjà prêt à être enregistré ?

Ma chambre est mon jardin secret. Et je suis une personne très ‘privée’. Je m’y sens bien et en confiance. Mais de là à dire que j’y compose toutes mes chansons, il y a une marge que je ne franchirai pas ! Je ne m’impose pas de règles préétablies, car je n’ai pas encore finalement tellement enregistré dans ma vie (rires)… Effectivement, quasiment tout est prêt avant d’entrer en studio. Quelques détails sont ajoutés suivant les circonstances ; mais tout est écrit. Je ne suis pas loin du ‘control freak’, en studio…

Malgré ce côté ‘control freak’, y a-t-il certaines personnes particulières à qui tu demandes conseil quand tu composes ?

Je ne demande jamais conseil ! Même si en studio je sollicite parfois l’avis de personnes en compagnie desquelles je travaille. Mais j’accomplis surtout ce que j’estime le plus judicieux. Je n’en fais un peu qu’à ma tête.

Crois-tu au paranormal ? Aux esprits, aux spectres, bref tout ce qui tourne autour du surnaturel ?

Pas vraiment, même si je ne contesterai jamais leur existence. Je suis très intéressée par le sujet, mais ce n’est pas une obsession au quotidien…

Tu parles également beaucoup de la mort dans tes chansons. Ce qui explique sans doute pourquoi la presse te considère comme une chanteuse de ‘Dark Folk’. Est-ce justifié ?

Je me sens proche de la mort, en effet pour certaines raisons d’ordre personnel. Ce sujet transparaît évidemment dans mes chansons, même si ce n’est pas nécessairement voulu. C’est inconscient ! Mais en parlant, on évoque également beaucoup la vie, finalement ! Elle ne m’effraie pas, en tout cas…

Tu sembles influencée par la littérature. Gothique, en particulier. Un auteur comme Flannery O’Connor constitue-t-il une source d’inspiration pour tes lyrics ?

La littérature gothique ne m’attire pas particulièrement mais j’aime bien certains auteurs américains tels que Cormac McCarthy, Edward Allan Poe ou d’autres poètes issus de mon pays, moins connus. Mes lectures influencent inévitablement ma propre écriture.

Tu as milité pour une association destinée à combattre la violence contre les femmes. Tu as déclaré être féministe. Que signifie cet engagement pour toi ?

Je suis féministe et défend les droits des femmes mais j’ai ma propre définition du féminisme. C’est compliqué car il y a tellement de définitions de ce que doit être le féminisme. Je crois à l’égalité des sexes, à la justice sociale et j’ai des opinions bien arrêtées par rapport à la violence conjugale ! J’ai d’ailleurs été conseillère pour couples en crise au sein de cette association. Mais je ne suis pas une porte-parole des féministes, je suis une artiste dont l’avis est très tranché sur le sujet.

Pour revenir à des questions plus légères, en compagnie de quel artiste aimerais-tu partager un duo ?

Je ne sais pas trop. Un ami probablement ! Je préférerai cette formule plutôt que de le réaliser avec quelqu’un que je connais à peine ou pas du tout. Mais les propositions n’ont pas été nombreuses à ce jour, même si j’ai participé, en tant que collaboratrice, à pas mal d’enregistrements.

Es-tu fatiguée d’être comparée à Alela Diane et Cat Power ?

Pas réellement car j’ai confiance en moi et puis j’avoue que ces comparaisons sont flatteuses ! Alela est plus jeune que moi. Elle est aussi californienne et joue de la guitare acoustique en utilisant les cordes mineures. Un peu à ma manière. D’où ces raccourcis faciles, probablement.

Tu as vécu à Bordeaux pendant un an. Est-ce la raison pour laquelle tu as signé chez le label bordelais Talitres ?

Non ! C’est Bernard Lenoir (NDR : le John Peel français sur France Inter) qui m’a révélée à Talitres. Je connaissais cette maison de disques via certains artistes que j’aime comme Swell, Scary Mansion ou The Walkmen ! J’ai vécu à Bordeaux, pour y étudier le français à l’école et j’ai ensuite participé à un programme d’échange dans le Nord de la France. A mon retour en Californie, j’ai rencontré des Français qui m’ont proposé de venir jouer à Bordeaux. En compagnie de Kim par exemple. Un artiste injustement méconnu ! Au cours de ce séjour, je me suis énormément consacré à la musique et j’ai passé beaucoup de temps auprès des artistes sur place. De très bons souvenirs !

Pour finir en douceur. Quel est ton plat français favori ?

Pas facile à poser un choix ! Je dirai le fromage de raclette !!! Et puis les aubergines ; car j’adore la façon dont ce mot sonne en français…

 

Brightblack Morning Light

Speed Of Light

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Depuis la sortie de « Motion To Rejoin », leur troisième opus publié en septembre 2008, Nathan Shineywater et Rachael Hughes, alias Brightblack Morning Light, sillonnent sans relâche les routes du monde entier. Le duo de néo-hippies faisait d’ailleurs étape à la Rotonde du Botanique, ce 2 décembre. Une escale des plus brèves…

Figure montante de la scène ‘Freak Folk’, qui compte en ses rangs des artistes comme Joanna Newsom et Devendra Banhart, Brightblack Morning Light (anciennement Brightblack tout court) est déjà responsable de trois hypnotiques recueils de psyché contemplatif. « Motion To Rejoin », le cadet de la discographie du duo, a été entièrement enregistré à l’aide de deux panneaux solaires en plein désert de New Mexico. On ne peut plus proche de la nature, Nathan Shineywater monte sur les planches. Il est 21 heures précises, et il se plante derrière son micro orné de deux espèces de fourrure de castor. Pour le soutenir, Rachael Hughes aux percussions et trois autres musiciens, dont Danielle Stech-Homsy, la voix de Rio En Medio (NDR : formation qui assurait la première partie). L’accueil réservé au combo est plutôt timide. Faut dire que seuls les gradins de la Rotonde sont occupés.

Tandis que le son languissant des compositions de la formation s’échappent doucement des baffles, Shineywater, dissimulé derrière ses cheveux, invoque les esprits devant un public au sein duquel on remarque quelques visages subjugués. La majorité des morceaux se suivent et se ressemblent. Mais ils parviennent à nous faire avaler la pilule sans broncher ; car la particularité de Brightblack Morning Light procède de ces petites subtilités qui font toute la différence d’une compo de l’autre. Au bout de 35 minutes, après une interprétation transcendante d’« Everybody Daylight », extrait de l’opus éponyme, Shineywater se lève, tape dans les mains de ses collègues et se retire sans révérence. Et dans la foulée, ces derniers suivent leur mentor. Une demi-douzaine de minutes d’applaudissements plus tard, les lumières se rallument. Et non, les gars, ils ne reviendront pas… Bilan de l’opération : un concert sympathique mais court. Trèèèès court…

(Organisation : Botanique)

 

Eiffel

Energie brute

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Vu l’engouement suscité par le phénomène Eiffel, La Cave aux Poètes avait donc déplacé ce concert au Grand Mix de Tourcoing. Et la salle était pleine à craquer. Plus de 1000 personnes s’étaient donné rendez-vous, dans ce petit coin du Nord de la France, pour se ‘chauffer’ au son de trois artistes et/ou formations issues de l’Hexagone.

Le public est principalement composé d’une tranche d’âge située entre 25 et 40 ans ; et il attend de pied ferme le nouveau ‘Tour’ d’Eiffel... (NDR : facile, je sais), absent des scènes depuis 2007. C'est-à-dire une consécration ‘olympienne’ à Paris. Faut dire que Romain Humeau s’était alors quelque peu dispersé au sein de différents projets pendant deux bonnes années. Que ce soit chez les Têtes Raides ou Noir Désir.

Il est plus de 20 heures 30 quand Julien Pras prend possession de la scène. Il est seul et autorise pour toute compagnie sa guitare acoustique. Mais aussi petit soit-il (sa gratte est presque aussi grande que lui), son talent est inversement proportionnel à sa taille. Interprétant ses propres compositions dans la langue de Shakespeare et reprenant très joliment « Starman » de Bowie, le Bordelais nous gratifie durant 30 bonnes minutes de superbes ballades, soutenues par une voix qui ne l’est pas moins (NDR : Julien est également le chanteur de Calc). Quelque peu bavarde et dissipée, l’assemblée demeure cependant assez calme et respectueuse tout au long du set de l’ami Julien. ‘C’est un peu Simon sans Garfunkel’, ‘ Superbe voix’ entend-on ci et là. Et le ‘petit bonhomme tout timide’ de quitter le podium après une petite dizaine de morceaux ponctué par un ‘merci’ à peine soufflé, pour ne pas déranger les clients du bar, agglutinés au fond de la salle…

Quelques minutes suffisent pour préparer l’arène en vue du second groupe. Peu de matériel à débarrasser. Quelques petits réglages à finaliser tout au plus. Donc peu de remue-ménage. Les Lillois d’Ace Out font leur apparition vers 21h15 et tentent immédiatement de faire monter la température de plusieurs degrés dans la salle. Le band réunit quatre énergumènes aussi déchaînés les uns que les autres. Locha au chant, coiffé d’un petit chapeau tout à fait de circonstance (!) se ‘fabrique’ une voix électronique à l’aide de son synthé. Une technique correspondant parfaitement à un style musical qui est en quelque sorte un ‘Grand Mix’ (NDR : oui je sais…) entre pop-électro-funk et hard. Tout un programme ! La réaction de l’audience est toujours aussi timorée, même si certains fans s’agitent occasionnellement. Les paroles sont interprétées en anglais, mais un anglais ‘franchouillardisé’. En outre, pour toute communication, le vocaliste se limite à répéter la question : ‘Vous êtes là ?’. Si en plus il a besoin de lunettes… Un peu pauvre à ce niveau. Néanmoins, Ace Out déménage et n’est pas sans intérêt. A noter cependant, en fin de parcours, un excellent sample d’un mélange Queen/Nirvana de la meilleure veine et une remarquable interprétation de « She looks for something new ». Fin de la seconde partie vers 22h15.

La scène à peine libérée, Eiffel investit les planches. Sans aucune réaction du public qui imagine être en présence de techniciens. Pas tout à fait faux, puisque cette équipe débarrasse, installe et teste le soundcheck. Bref, tout ce qui est exigé lors de la préparation. Et pourtant, ce sont bel et bien Romain et sa bande qui font le boulot. Etonnant !

Les roadies ( ?!?!?) quittent l’estrade. L’obscurité s’invite ; et après avoir changé de ‘casquettes’, les ‘techniciens’ réapparaissent… sous les acclamations du public cette fois. Marrant !!! Il est 22h30 quand « Minouche » met le feu aux poudres. Titre d’ouverture du dernier opus de la formation, il entame également les festivités. Pendant que Romain cherche à poser sa voix au plus juste, j’essaie de discerner (NDR : superbes, au demeurant !) les textes ; mais hélas, ils ne sont plus que crachotements étouffés par un son trop ‘lourd’ et des guitares parfois trop agressives (NDR : surtout celle de Nicolas). Les tracklisting défile sans presque aucune intervention de Romain. Manifestement, il ne communique pas beaucoup avec ses fans. Le rythme est soutenu (et c’est un euphémisme). Le second Nicolas, à la batterie, a visiblement les accus bien chargés et ne concède aucun temps mort à ses compagnons de scène. Le public répond présent et quelques pogos sont l’apanage d’un petit groupe d’excités un peu perdus parmi les amateurs de bons mots… qui préfèrent chanter, voire crier ; bref, se mettre au diapason du quatuor toulousain. Privés d’échanges, nous nous contentons de quelques bons mots mais surtout de l’interprétation très ‘visuelle’ de Romain qui pourrait fort bien troquer sa tenue de chanteur contre celle d’acteur tant sa prestation est convaincante. « A tout moment la rue », actuellement diffusé en boucle sur les ondes, n’est curieusement pas ce qui ‘passe’ le mieux auprès du millier d’inconditionnels. Les aficionados lui préfèrent, en effet, des compos plus anciennes, musicalement plus ‘dures’ et plus agressives. Quelques morceaux d’anthologie pimentent la prestation d’Eiffel : « Saoul », « Je m’obstine », « Disperses », « Inverse-moi », « Hype »… En tout, une vingtaine de titres se succèdent à une cadence infernale, entrecoupés de trop rares moments de ‘papotes’ entre l’artiste et son public.

Après un premier rappel et une petite attaque visant les Inrocks, qui leur reprochent trop de guitares, Eiffel nous interprète « Search & Destroy » des Stooges et « Hype ». A cette heure du concert et de la soirée, il faut reconnaître que ces interprétations manifestent une pêche d’enfer. Avant le retrait définitif des troupes, Romain revient une dernière fois flanqué ses acolytes pour nous ‘dire’ un superbe texte de Boris Vian : « Je voudrais pas crever » qui nous démontre une nouvelle fois que le mec a ‘des lettres’. Humblement, Eiffel applaudit son public et le remercie avant de se retirer dans ses appartements à la recherche plus que probable de rafraîchissements amplement mérités…

Il est minuit vingt. Je récupère Ann qui a fait des tonnes de photos ; et, en route… Dans une bonne heure, j’aurai le bourdon dans les pavillons et beaucoup de mal à trouver le sommeil !

Eiffel + Ace Out + Julien Pras

Organisation La Cave aux Poètes

(voir aussi notre section photos) 

The Decemberists

The Hazards Of Love

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Silence dans la salle. Le rideau se lève. Colin Meloy s’avance sur le devant de la scène, entouré de ses Decemberists. Derrière eux sont plantés de sublimes décors. Le prélude s’échappe des baffles. Des acteurs fantomatiques, invoqués par le narrateur, entrent en scène. Acte 1. « The Hazards Of Love » ou les dangers de l’amour. William et Margaret, les héros du conte, entrent en scène. Deux âmes sœurs que rien ne peut séparer. Acte 2. Une reine vengeresse approche. Finie la quiétude des deux tourtereaux. Fallait pas se promener dans la forêt. S’ensuit la quête tourmentée de William pour retrouver son amour. Une quête qui trouve son aboutissement au coeur d’un quatrième et dernier acte qui balaie toute conception du ‘Happy Ending’.

Pour leur cinquième ouvrage, The Decemberists nous fait à nouveau le coup de l’album-concept. D’ailleurs, au sein de « The Hazards Of Love », ce ne sont pas tant les compositions de la formation qui enthousiasment véritablement. En fait, l’intérêt de la galette repose essentiellement sur l’écriture de Meloy qui, de disque en disque, ne cesse de parfaire sa plume. Il parvient ici à nous entraîner dans un conte très imagé et passionnant de bout en bout. « The Hazards Of Love » est une œuvre ne comportant aucune pause entre les morceaux et qui s’écoute donc d’une traite, de la même manière qu’on se plonge dans un (bon) film.

The Decemberists publie d’ailleurs ce 8 décembre 2009 une version vidéo de la galette. Intitulé « Here Come The Waves : The Hazards Of Love Visualized », le film sera disponible via iTunes.

 

Julian Casablancas

Phrazes For The Young

Écrit par

Après avoir goûté les essais en solitaire, plus ou moins convaincants, de Nicolai Fraiture (Nickel Eye), Fabricio Moretti (Little Joy) et d’Albert Hammond Jr., on se demandait ce que le leader et compositeur principal des Strokes, Monsieur Casablancas, allait nous concocter, sans ses acolytes. Un certain scepticisme entourait la blogosphère et je dois avouer que la première écoute de cet elpee n’a pas été couronnée de succès. Heureusement, dès la deuxième, sa voix hypnotique a recommencé à m’envoûter. Même ton languissant, filtré et désinvolte. Sans oublier cette évidence mélodique (NDR : ces refrains !) terriblement contagieuse. Les plus blasés se résigneront à l’admettre, « Phrazes For The Young » est une véritable réussite.

Tout en conservant ses aptitudes vocales, reflet d’une identité propre, Julian Casablancas est parvenu à se construire un univers distinct de celui de son célèbre groupe au succès planétaire. Ses compositions solos s’avèrent en effet bien plus contemporaines. Novatrices et expérimentales, même parfois. Au risque parfois de surprendre, à l’instar du pourtant très réussi « River Of Brakelights », chanson dérangée à tonalité futuriste que l’on n’attendait pas forcement d’un chanteur souvent qualifié de vintage. L’album s’ouvre par « Out Of The Blue », le morceau parfaitement le plus ‘strokien’ du lot. D’ailleurs son refrain aurait pu figurer sans problème sur une compo de l’elpee « Is This It » (NDR : opus récemment proclamé album de la décennie par le vénérable NME). Dès le second morceau, « Left & Right In The Park », les claviers et boîtes à rythmes font leur apparition. Le refrain est à nouveau fédérateur et suscite même mon enthousiasme. Et caractérisé par son clavier 80’s addicitif, le single « 11th Dimension » est de la même trempe. La suite de l’œuvre concède quelques plages moins irrésistibles, quoique de bonne facture. Et notamment la ballade « 4 Chords Of The Apocalypse » et le presque country « Ludlow St. ». Julian Casablancas a en outre, pris l’excellente initiative de limiter « Phrazes For The Young » à 8 chansons. Pas de temps mort ou de morceaux réellement inutiles. La production rétro-futuriste de Jason Lader (Jay-Z, Gwen Stefani, Coldplay) colle de plus merveilleusement à l’ensemble.

Cet album constitue une très bonne surprise. Surtout de la part du nouveau ‘golden boy’ du rock américain, dont on n’attendait –reconnaissons-le– plus grand-chose. Je me demande d’ailleurs, si les aventures individuelles des différents musiciens ne sont pas plus excitantes que l’attente d’un retour hypothétique des Strokes…

 

Brett Anderson

Slow attack

Écrit par

Pour enregistrer son troisième opus solo, l’ex-Suede (NDR: accessoirement ex-Tears) a reçu le concours de Leo Abrahams à la production, un personnage devenu notoire pour avoir mis en forme des œuvres –notamment– de Brian Eno, Brian Ferry, Marianne Faithfull ou encore Starsailor. Et ce disque, Leo le marque de son empreinte. Un peu comme si « Wilderness », le précédent elpee de Brett (NDR : remarquable, par ailleurs), avait bénéficié d’arrangements un peu plus aventureux et sophistiqués. Et pour cause, outre la guitare acoustique, le piano, le violoncelle et les percus rencontrés sur le cd précédent, les compos sont régulièrement soutenues par un quatuor à cordes, quelques chœurs, un zeste de basse, un soupçon de clarinette et un chouia de drums. Pas de quoi la jouer maximaliste, mais un univers sonore manifestement moins dépouillé. Ce qui n’empêche pas les 11 compos de cette œuvre de se révéler aussi mélancoliques et bouleversantes que légères et délicates, la voix falsetto d’Anderson se chargeant de communiquer la charge émotionnelle nécessaire et suffisante pour vous communiquer le spleen, le reste de la journée…

Cold Cave

Love Comes Close

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Si certains creusent encore et toujours à la recherche d’un nouveau son, d’autres préfèrent enclencher la marche arrière pour sonder ce qui n’a pas encore été exploité, à ce jour, dans le passé. Même si le climat de ce mouvement n’était pas particulièrement joyeux, la new-wave a indéniablement marqué une génération, dont votre serviteur.

Tout au long de « Love Comes Close », Cold Cave redessine les becs de corbeaux et invite quelques fantômes qui ont eu leur heure de gloire durant les années 80. Dès les premiers accords de « Cebe and Me » on se sent en terrain connu. Caractérisé par son synthé lourd, le ton dark-wave et la voix mécanique de Caralee McElroy (Xiu Xiu), le morceau ouvre les festivités et plante le décor. Assez surprenant ! Si Trish Keenan des Broadcast avait tenté une approche similaire en 2005, sur l’album « Tender Buttons », elle n’avait pas pénétré les ténèbres aussi profondément. Cold Cave enchaîne ensuite, des compos plus synthé-pop réminiscentes des 80’s. Ces sonorités ‘vintage’ (NDR : ce Casio !) entretenues par la machinerie évoquent tour à tour Joy Division, The Neon Judgement, The Cure circa « Three Imaginary Boys » voire même Human League. Mais la formation américaine a le bon goût de ne pas sombrer dans le revivalisme (NDR : malgré ces vieilleries que l’on semblait avoir stockées au fond de nos mémoires, le combo évite le piège du has-been), en se servant de toute une armada d’éléments contemporains. Réussissant ainsi, avec une facilité désarmante,  à établir un lien entre deux générations ; aujourd’hui quand même distantes d’un bon quart de siècle. Réconciliant ainsi celles et ceux qui s’enfilent de l’electro depuis le biberon et les autres qui ont crêpé leur cheveux et ont baladé leur carcasses sur les semelles de leur creepers. Et pour cette raison, j’estime que « Love Comes Close » constitue indéniablement un album incontournable de cette fin d’année 2009.

Bird

Girl and a Cello

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Cette jeune anglaise joue du violoncelle depuis l’âge de six ans. Un instrument qui ne va plus guère la quitter tout au long de son existence. Que ce soit au cours de son enfance, lorsqu’elle militait au sein d’un orchestre local ou lors de son exil au Danemark où elle réside à l’heure actuelle. Une exception qui confirme la règle : elle a siégé quelque temps derrière les fûts, au sein d’un groupe punk, dans sa jeunesse. Hormis cette parenthèse, elle a vécu et vit toujours une grande histoire d’amour avec son instrument à cordes.

Janie Price aka Bird est aujourd’hui âgé de 27 ans ; et elle nous propose son premier elpee solo. Son titre ? « Girl and a cello » (NDR : comme quoi !) Un disque découpé en onze fragments, au cours duquel, elle joue bien évidemment du violoncelle. Et il lui arrive d’en superposer plusieurs couches au cours d’une même chanson. Elle chante également ; et puis s’appuie sur une boîte à rythmes. Si la pop de la Danoise d’adoption est légère et bien ficelée, elle rappelle parfois celle de la Canadienne Feist ou encore Laura Veirs. Une musique sympathique, sans être transcendante, qui bénéficie quand même de lyrics fort intéressants. Des textes au cours desquels Janie Price conte les problèmes de cœur de jeunes adolescentes, dénonçant celles qui adoptent trop rapidement certains clichés ou versent dans le kitch. Le point fort de cet opus ; sans quoi, ce disque est agréable à écouter, sans plus…

 

Vivian Girls

Everything Goes Wrong

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Adulées des hipsters à travers la blogosphère, les Vivian Girls tirent leur nom de desseins artistiques imaginés par Henry Darger, un peintre excentrique du XXème siècle. Apparemment fou, il peignait des jeunes filles chicagolaises (NDR : les fameuses Vivian Girls), puis insérait ses esquisses dans de sanglantes épopées à travers d’étranges découpages. L’histoire de leur patronyme est probablement ce qu’il y a de plus intéressant à propos de nos chères Vivianes ; car à l’écoute de leur long playing, on est en droit de se demander pourquoi elles sont parvenues à décrocher un deal chez In The Red, alors que d’autres groupes inconnus, infiniment plus doués, auraient mérité de signer chez ce label !

« Everything Goes Wrong », le second elpee de ce trio féminin new-yorkais (NDR : Cassie Ramone, Kickball Katy et Frankie Rose), n’est pas foncièrement mauvais. Les vocaux sont même subtilement détachés dans l’esprit girly des 60s (Shangri-La’s). Mais simplement, leur expression sonore est banale. Pourtant leur inspiration est essentiellement puisée dans la noisy pop de My Bloody Valentine et Jesus and Mary Chain (NDR : des références de plus en plus souvent citées…) ; mais la carence en sens mélodique tarit leurs sources. Suffit pas de noyer l’ensemble sous un mur de fuzz pour concocter du shoegaze ! 

Depuis Karen O et Beth Ditto, le rock au féminin ne suscite plus guère d’emballement, surtout dans l’univers du Riot Grrrl. Et les 37 minutes de cet « Everything Goes Wrong » en sont le plus bel exemple. Il y a bien « The Desert » et « Tension » qui tentent de sauver la mise ; or, c’est bien cette tension qui manque à ce désert mélodique. Le titre de leur second opus est prophétique, car tout va plutôt mal pour les Vivian Girls. Et si d’aventure, vous êtes à la recherche d’un bon petit album de musique à tendance ‘noisy’, en cette fin d’année, je vous conseillerai plutôt celui des Times New Viking…

 

 

The Dodoz

The Dodoz

Écrit par

Siouxsie and the Banshees, ça vous dit quelque chose ? La réincarnation, vous y croyez ? The Dodoz, jeune groupe toulousain serait-il l’héritier illégitime du band britannique des eighties ? La ressemblance est troublante. Les riffs sont puissants. Le rythme est agressif. Et puis, il y a la voix de Géraldine… de quoi largement contribuer à confirmer cette impression.

Rien de bien original, donc, à se farcir sous le soleil de l’Hexagone ; mais une bonne petite musique à consommer immédiatement sans vouloir se prendre la tête. Pas de morceau faible parmi ces 11 titres. Pas de perles non plus. Néanmoins, « Do you like boys », « Stanislas » et « Bet » sortent un peu du moule utilisé pour la quasi-intégralité de l’opus. Un peu juste pour faire de ce groupe une révélation incontournable. Pas de quoi, non plus, mériter une (con) damnation à l’issue de sa première réalisation. Soyons quelque peu indulgents et accordons-leur un peu de temps pour faire leurs armes. Ils sont tellement jeunes… D’ailleurs, ils ont dû solliciter une autorisation parentale pour pouvoir se rendre en Ecosse, afin d’enregistrer cet elpee. A revoir !

 

Symphony Cult

Rewind To Fast Forward

Écrit par

Symphony Cult est un patronyme qui irait comme un gant à un groupe de Power Métal Symphonique. Pourtant, s’il émarge résolument au métal, cette jeune formation originaire de Londres n’a vraiment rien de symphonique. Plutôt que de puiser ses influences chez Rhapsody, Epica ou Nightwish, Symphony Cult va chercher l’inspiration dans la musique de combos comme Alice in Chains, Alter Bridge, Incubus ou Skunk Anansie. Des guitares saturées au groove métallique, des soli de guitare rares sans être absents, un chant féminin clair auquel répond parfois un chant masculin et des mélodies quasi pop : Symphony Cult joue un métal moderne, bien ancré dans son époque. Les compositions sont plutôt bien ficelées pour un groupe fondé il y a à peine un an. Charlotte Lubbock possède un très joli brin de voix qu’elle marie parfaitement aux passages les plus métalliques et magnifie sur les passages les plus calmes. Le son de la galette est plutôt bon. Produit par Willi Dammeier (NDR : il a bossé –entre autres– pour Dimmu Borgir), « Rewind To Fast Forward » sera probablement davantage apprécié par la jeune génération des fans de métal et de rock alternatif musclé que par les vieux briscards de mon genre. Sympa sans être transcendant !

 

The Antlers

Hospice

Écrit par

Ce disque n’aurait probablement jamais dû arriver sur ma platine. Le folk, pop, indie, atmosphérique, très peu pour moi. Pourtant la presse est plutôt dithyrambique au sujet de cette formation originaire de Brooklyn. Sa musique est comparée à celle d’Arcade Fire, de Sigur Ros, de Radiohead voire de Mogwai. Son vocaliste à Jeff Buckley et Antony Hegarty. Les lyrics de « Hospice » parlent de la mort, des derniers instants d’un patient en phase terminale et de la douleur face à la perte d’un être cher. C’est probablement beau et émouvant, mais c’est surtout déprimant. Si les artistes cités plus haut vous font vibrer, il vous est fortement conseillé de jeter une oreille sur « Hospice ». Si, comme votre serviteur, vous êtes amateurs de riffs musclés et de joie de vivre, passez votre chemin.

 

Richard Brett

Sleep 'til the end of the world

Écrit par

Richard Brett est un illustre inconnu qui risque fort de le rester…

C’est l’histoire d’un mec sorti de son Angleterre natale, il y a 15 ans pour venir s’établir en Belgique. Où ? Quelque part, dans un coin reculé des Fagnes. Pourquoi ? Pour ouvrir un resto végétarien. Il est né, il y a presque 60 ans, roulant sa bosse au sein de formations aussi inconnues les unes que les autres et s’essayant même à tous les genres : folk, pop, punk,… Bel éclectisme !

Repéré par Miam Monster Miam (NDR : on ne sait pas comment, peut être ont-ils cassé la croûte dans son auberge), ce ‘chef’ des fourneaux a donc décidé de reprendre sa guitare à 12 cordes pour enregistrer un album de huit titres (NDR : ouf y en a que 8), dans son resto, après la sortie des derniers clients (heureusement pour eux !)

Bon ben Richard, je ne connais pas ta cuisine, mais ton disque, je ne le digère pas, désolé. J’espère que tes plats sont un peu moins fades et plus originaux que la parodie de Dylan ou le (mauvais) ersatz de notre petit Fred Lani, servis tout au long de ton cd. Si tu n’as rien de mieux à proposer et tiens tellement à chanter, engage-toi dans une chorale. Et prends ta copine avec toi. Ça nous reposera les oreilles.

Désolé mon vieux. Sans rancune, j’espère.

 

Tip Of The Top

Depot street blues

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Akarshi ‘Aka’ Kumar est harmoniciste. Il est considéré comme un des meilleurs souffleurs de blues, dans le Nord de la Californie. Il a beaucoup appris auprès du vétéran Gary Smith et du très respecté David Barrett. Faut dire que ces derniers avaient tout compris de Little Walter, Sonny Boy Williamson II et Georges Smith. Akarshi a fondé Tip of the Top en compagnie du chanteur/guitariste Little Jonny Lawton, du bassiste Frank DeRose et du drummer Carlos Velazco. Et les deux premiers cités sont des vétérans notoires !

Lawton est originaire du Midwest. Après avoir émigré à Santa Barbara, en Californie, il recrute notamment l'harmoniciste Mitch Kashmar, pour former les Pontiax. Puis en 1990, il se lance dans l’aventure de Little Jonny & the Giants. Ce combo va se forger une excellente réputation en Californie du Sud. Il va aligner cinq albums de toute bonne facture en dix ans ; le dernier, "The King of clubs", avait bénéficié de la collaboration de RJ Mischo et de Bob Welsh. Frank DeRose s’est illustré à la basse, au cours ce ces 25 dernières années, derrière de nombreux grands de Californie ; et notamment Rusty Zinn, Junior Watson, Gary Smith, Marl Hummel, Nick Gravenites et Stevie Payne…

L'harmo d'Aki lance le "One of these mornings" de Little Walter. Son timbre vocal est frêle. Normal, vu son âge. Par contre, il n'a pas le souffle court. Son phrasé sur l'harmonica démontre qu’il a bien assimilé le style des légendes susvisées. Parcimonieux, Jon manifeste énormément d’assurance aux cordes, mais aussi de respect. Ce respect semble constituer une ligne de conduite pour ce nouveau quartet. Les musiciens apprécient jouer à quatre de front. Tous assis l'un près de l'autre. A gauche, Aki. Près de lui, comme pour le rassurer, Jon. Carlos derrière sa caisse claire et ses ballets. Et enfin, l'autre ancien, Frank et sa basse électrique. Le combo embraie par "Wait baby". Le son de la basse largement amplifié soutient l'ensemble. Imprégné de la tradition, Kumar s’immerge volontairement dans le delta. Lawton chante le "Stranger blues" d'Elmore James. Sa voix est plus franche. Il a glissé son doigt dans un bottleneck. Le son de sa slide est poisseux et primaire. Il correspond parfaitement à ce style rudimentaire. Chargée de swing, la cover du traditionnel "Juke" rend hommage à Little Walter. Aki chante "Love her with a feeling", un blues lent classique signé Lowell Fulsom. Jon Lawton reprend le micro pour attaquer ses propres compos. En l’occurrence un "Go ahead" imprimé sur un tempo enlevé, l’indolent "Got to move on" et l'instrumental "Depot street shuffle", une plage tramée sur le riff de slide cher à Elmore James. Aki Kumer reprend enfin deux titres de son idole, Little Walter. Tout d’abord "I got to go". Caractérisé par son arrangement détonant, il s’appuie une nouvelle fois sur la ligne de basse tracée par DeRose. Et puis l’excellent "Temperature". On n’est guère surpris de rencontrer sur cet elpee, une reprise du "Mellow down easy" de Willie Dixon (NDR : popularisée par Little Walter cette compo avait également été interprétée par Carey Bell et Paul Buttefield). Le cd s’achève par une relecture impressionnante du "Evan's shuffle" de Muddy Waters, un instrumental au cours duquel Kumar se révèle bouleversant. Pour votre info, sachez que c’était la flip side de "Louisiana blues". Elle remonte à 1950. Et Little Walter avait alors apporté son concours à l’harmonica.

Si cet elpee s’avère de bonne facture, on a l’impression que la formation est capable de donner une toute autre dimension à sa musique sur les planches… dans un petit club, par exemple…

Big Papa and The TCB

12 Gauge insurance plan

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Le TCB est né en 2006, pour accompagner Chris ‘Big Papa’ Thayer. Chanteur/guitariste, ce dernier reconnaît pour influences majeures, Albert Collins, Robert Cray et Louis Jordan. Auparavant, il drivait son River City Blues Band. Son nouveau band est constitué du claviériste Quinton ‘Dr Q’ Hufferd, du bassiste Steve ‘Ice Cream Man’ Brown (NDR : un ex-Strong Persuader Band et surtout également un ex-River City Blues Band) et le drummer Ray ‘Mr Pittz’ Wilson. La formation pratique un cocktail de jump blues, rock et swing. Avant d’enregistrer « 12 Gauge insurance plan », elle avait édité un album ‘live’, "Nice & Greasy", enregistré au Fender Museum & Center for the Arts.

Cet elpee propose une compo signée par le TCB et quinze issues de la plume de leur leader, Big Papa. Mr Pittz ouvre le bal en empruntant le Bo Diddley beat. "Who's yo daddy?" est dynamisé par la rythmique sèche, nerveuse, pendant que l'orgue de Dr Q colore fort bien l'ensemble. Le tempo est très marqué sur "Another man's wife", un blues que chante correctement Big Papa. Ses interventions à la guitare occupent bien l’espace sonore avant qu’il ne décide de s'évader dans un style très personnel! "Money" nous immerge dans le Delta du Mississippi, un blues rock balayé par une slide bien réverbérée que relaie parfaitement le piano acoustique de Quinton. Blues lent, "The fool you left behind" baigne totalement dans les bayous louisianais. La voix se détache nettement de l'ensemble. Le saxophone ténor de Gabe Hartman se réserve une sortie remarquée. Le piano très jazzy du Dr Q et le sax de Hartman entretiennent un R&B bien swinguant tout au long de "Hey there Charlie". Dommage que la section rythmique ne soit pas dans son élément naturel. En traînant, "All I need" est un blues imprimé sur un tempo bien enlevé et traversé par les accès d'harmo concédés par Jumpin' Jack Benny Cortez, invité pour la circonstance. Un profil qu’on retrouve sur " Lovin' man" et "Another ride". "Slow down" s’ouvre dans le country blues acoustique, une forme de roots que Big Papa chante en s’accompagnant à la sèche, avant que le groupe au complet ne débarque pour y changer le rythme, et surtout électrifier largement l’ensemble. Et l’effet est très réussi ! "Saved by you" constitue une parenthèse dans le décor sonore. Une plage minimaliste caressée par la voix de Thayer qui susurre ses paroles face au piano et à de timides percussions, avant que Marianne Keith ne vienne le rejoindre pour poser son timbre éthéré. De bonne facture, "Easy does it" me fait penser au "Get back" des Beatles. Notamment à cause de la présence du piano électrique. Néanmoins le tempo est un peu moins enlevé ; et puis Hartman revient hurler dans son sax pour notre plus grand plaisir. Piano et orgue balisent le rythme de "Little Miss Mischief". Eraillée et chevrotante, la voix de Big Papa lorgne modestement vers celle Joe Cocker. Caractérisé par ses changements de rythme et son chant qui transpire le vécu, "It wasn't me" évoque le "Framed" de Leiber et Stoller. Lancé au galop, "Ain't no tank" campe un rock chargé d’une bonne dose de swing, autorisant une bonne sortie des cordes. Long slow blues, "Dirty bird blues" est empreint de beaucoup de sensibilité et de sens du drame. Guitare et piano tirent leur épingle du jeu ; mais c’est surtout la voix théâtrale de Big Papa qui est mise en exergue. « 12 Gauge insurance plan » évolue bien loin des rythmes habituels du West Coast blues ; et pourtant, ils se manifestent lors de la finale participative, "Go Big Papa!".

Gone Til Winter

Gone Til Winter (Ep)

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Gone Til Winter doit être le seul groupe originaire de Manchester à ne pas jouer de la BritPop. Rien que pour cette raison, il faudrait lui décerner un disque d’or. A mille lieues de la musique ‘people’ acidulée des Oasis, Stone Roses, Happy Mondays, Primal Scream et autres combos de sa ville natale, Gone Til Winter, lui, fait headbanger Manchester.

Drivé par la jolie Talena Smith, le quatuor s’est formé en 2007. Et sur son nouveau mini elpee éponyme, il propose un mélange intéressant de gothic métal et de heavy trash mélodique. On pense souvent à Evanescence (NDR : le timbre de Talena est vraiment proche de celui d’Amy Lee), mais aussi à Lacuna Coil et Paradise Lost. La musique de cette formation est cependant un peu plus métallique que celle des trois combos précités ; à cause de l’incorporation d’éléments heavy trash mélodiques (riff speedés et soli de guitares) semblables à ceux dispensés sur les disques d’un groupe comme Nevermore. Quoique guère révolutionnaire dans l’univers des groupes de ‘métal à chanteuse’, « Gone Til Winter » constitue un disque très agréable à écouter. On en redemande.

 

Jethro Tull

Live at Avo Session Basel (Dvd)

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L'Avo Session Basel est un festival qui se déroule d’octobre à novembre à Bâle. L’an prochain, il fêtera d’ailleurs son 25ème anniversaire. La particularité de ce rassemblement procède de l’organisation de concerts intimistes (NDR : tables, chaises, chandelles et proximité des artistes à la clef), ainsi que de nombreuses (re)diffusions en radio et télévision. Sans oublier la confection de Dvds immortalisant ces événements.

Comme celui auquel a participé Jethro Tull, automne de l’année dernière. Pour la circonstance le groupe a privilégié ses classiques, dont de nombreuses chansons, écrites à leurs débuts. Depuis « Serenade to a Cuckoo » à « Living in the past », en passant par « A new day yesterday », « Bourée » (NDR: la célèbre adaptation de Bach), “Nothing is easy” et “My Sunday feeling”. Sans oublier les inévitables “Thick as a brick” (NDR: un extrait), “Aqualung”, “Too old to rock & roll, too young too die” et le tubesque “Locomotive breath”. Bien sûr, l’audience qui assiste au set, n’est plus toute jeune ; et elle ne se lève que lors de ce dernier morceau. Pas très rock & roll tout ça. Mais bon, le public de la bande à Ian Anderson a probablement le même âge que lui. Soit entre 55 et 65 ans (NDR : Ian est né le 10 août 1948). N’empêche, l’Ecossais pète la forme ; et puis à la flûte, il est toujours aussi fantastique. Sa voix a perdu un peu de timbre (NDR : raison pour laquelle il a dû arrêter les clopes), mais heureusement pas ses inflexions si caractéristiques. Et son groupe, constitué de vétérans, étale toute son expérience. Y compris Martin Barre à la guitare. Après presque 40 années de bons et loyaux servies, ce serait un comble pour ce gratteur limité. Mais qui fait quand même partie de la légende. On a même droit à un solo de batterie aussi ridicule que ringard. Anderson souffle un peu dans un harmonica et nous rappelle qu’il excelle à la sèche ; d’ailleurs les sonorités alors libérées par ses cordes vous flanquent des frissons partout, nous rappelant que le Tull a aussi vécu une période folk fort intéressante (NDR : à contrario de son épisode métallique, complètement grotesque). Ce Dvd s’adresse bien évidemment aux sexagénaires et aux quinquas qui ont toujours la nostalgie d’une certaine époque. Personnellement, j’avoue toujours être séduit par le sens mélodique des chansons de cette formation mythique ; mais estime que si Jethro Tull a écrit une des plus belles pages de l’histoire du rock & roll ; en 2009, il est, à l’instar de Marc Ysaye et George Lang, « Living in the past »…

 

Red Mass

Red Mass (Ep)

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Davantage qu’un groupe, Red Mass est un collectif. Une troupe réunissant pas moins de 60 protagonistes, tous prêts à vociférer et s’agiter sur une transe mystique. Roy ‘Choyce’ Vulcano est le leader de cette bande d’allumés adeptes du déguisement. Choyce n’est pas un inconnu. Figure de proue des CPC Gangbangs, Del Gators et Sexareenos, il est sur tous les fronts quand on exige de la sueur et lorsque le cadeau de sa personne est une politique. A l’origine, son projet se limitait à rassembler quelques collaborateurs ; mais le Canadien a rapidement été débordé par les nombreux motivés, prêts à rejoindre le studio d’enregistrement. Et plutôt que de les renvoyer chez eux, Choyce (NDR : on reconnaît là son ouverture d’esprit !) a décidé de les convier à cette grand-messe, afin de constituer une chorale satanique.

Eponyme, cet Ep est sculpté dans un punk/rock/garage énergique, à faire pâlir Anton Newcombe. A la première écoute, on se sent projetés 30 ans en arrière. Cette époque où Circle Jerks et les Misfits portaient le punk hardcore à bout de bras. Des accords assez basiques, une batterie ronflante sur deux caisses, des gros coups de basse étouffés et une voix sortie des entrailles enclenchent instantanément la machine à remonter le temps. J’aurais pu m’arrêter à cette comparaison de genre, si c’était aussi simple. La complexité de Red Mass procède de sa capacité à rassembler une kyrielle de styles tout aussi basiques qu’étoffés. Depuis le psyché rock des 70’s au ska-core à la Mighty Mighty Bosstones, en passant par la oï de Sham 69, Cock Sparrer et Cockney Reject, la troupe traverse les époques et les genres avec une facilité déconcertante. Véritable soufflé qui ne cesse de gonfler, « Red Mass » s’écoute en boucle et à fond. Chaque morceau recèle sa propre énergie et son atout majeur. Petit à petit, on finit par fredonner puis à hurler les paroles tout en dandinant la tête. Un reproche à faire ce disque –et il est de taille– ce n’est pas un elpee, mais un Ep ! Résultat des courses : on reste méchamment sur sa faim. Parlons donc de Red Mass autour de nous mes frères, colportons leur bonne parole, afin que les galettes empoisonnées à l’eau bénite puissent venir incendier nos baladeurs Mp3 et nos oreilles. Amen !

 

Various Artists

Startin’ Pop Volume 4

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Depuis sa création, c’est-à-dire en 2002, le collectif liégeois Startin’Pop effectue un travail positivement obstiné qui renouvelle sans cesse l’espace sonore et révèle de nouveaux artistes. Projet qui nous invite régulièrement à visiter le panorama kaléidoscopique de la scène pop-rock du Sud de notre plat pays. Vitrine de cette quête minutieuse, quatre compilations distribuées par Bang ! L’édition 2009 surprend et confirme déjà certaines intuitions. Epinglons sommairement deux exemples parmi d’autres : après avoir été lauréat du Pure Démo organisé par Pure FM, Roscoe décroche un premier single électro-pop remarquable signé sur Aka Music (voir rubrique chroniques Cd). Quant au premier 8 titres de 14 Weeks, son pop-rock-électro ne laisse certainement pas l’auditeur indifférent.

Globalement, le baromètre à musique Startin’ Pop nous rassure sur la santé de la scène belge et nous indique clairement que notre pop-rock nationale se porte décidément très bien.

Mais « Startin’ Pop Volume 4 » c’est aussi 7even PM, Adequate, Engines of Love, Black Love Celebration, Die Adored, Hall Mars, Moladji, The Bellavista Suite, The Vogues, The Mash, Versus Club, Virgil, Fiasco… sans oublier I’m Big In Japan, dont le concert tout en crescendo, accordé ce 25 novembre à l’Atelier 210 de Bruxelles, a littéralement épaté la galerie (voir article dans la rubrique ‘reviews concerts’)

Les boulimiques musicaux et les amoureux de la scène indé belge se feront très certainement un plaisir de découvrir ce pot-pourri ‘à prix d’ami’. Plus d’infos sur  http://www.myspace.com/startinpop