L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

logo_musiczine

La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26654 Items)

Rebellion

La rébellion silencieuse.

Écrit par

Sans être la découverte de l’année, “Arise: From Ginnungagap To Ragnarok - History of the Vikings, Vol. III”, le nouvel album des Allemands de Rebellion, est intrigant. Aussi, on ne s’est pas fait prier lorsque leur label (Massacre Records) nous a proposé une interview. C’est Tomi Göttlich le bassiste qui s’y est collé. Entre les choses qu’il ne préférait pas dire, les choses qu’il ne voulait pas dire et celles qu’il ne pouvait pas dire, on ne peut pas dire que cette rébellion-là soit des plus bruyantes. Interview sympathique d’un rebelle, qui manifestement ne veut se fâcher avec personne.

Musiczine.net est un magazine musical d’intérêt général. Nos lecteurs ne sont pas forcément des fans de Heavy Metal. Pourrais-tu leur présenter Rebellion ?

Tomi Göttlich : Rebellion est un groupe qui pratique un certain type de Heavy Metal. Il est même difficile à décrire. D’ailleurs, j’estime que cette analyse est davantage du ressort des journalistes. Nous venons définitivement des eighties, car nous ne sommes plus des teenagers ; mais nous avons essayé d’incorporer quelques influences plus modernes pour créer notre propre style et notre propre identité. A l’auditeur de juger si nous y sommes parvenus.

“Arise: From Ginnungagap To Ragnarok - History of the Vikings, Vol. III” constitue votre cinquième album, et le troisième d’une trilogie consacrée aux Vikings. Pourquoi avoir porté votre dévolu sur les célèbres guerriers scandinaves. N’était-il pas beaucoup plus intéressant, en tant qu’Allemands, de parler de l’histoire de votre propre pays ? Un album concept sur les chevaliers teutoniques, par exemple ?

T.G. : D’une manière générale, nous pensions que les Vikings étaient un sujet passionnant quand nous avons décidé de démarrer cette trilogie. A présent, il semble qu’énormément d’autres groupes ont aussi choisi d’écrire sur ce sujet. Nous avons cependant décidé de l’achever, au risque de se voir taxer de suiveurs. Bien sûr, on pourrait penser qu’un groupe allemand est mieux placé pour parler de sujets autochtones ; mais, en tant que professeur d’histoire, j’aime bien creuser profondément des matières que je ne connais pas encore. Ce qui ajoute un peu de piment à ma vie professionnelle.

« Thor » est vraiment une chanson épique extraordinaire. Un pur moment de magie. Avez-vous un jour rêvé d’interpréter ce genre de titre, soutenu par un orchestre symphonique, comme certains groupes contemporains de métal l’ont réalisé ?

T.G. : Effectivement. Ce serait un rêve. Mais c’est surtout une question d’argent, car il faut payer tous ces musiciens.

A l’écoute d’“Arise: From Ginnungagap To Ragnarok - History of the Vikings, Vol. III”, on peut sans conteste entendre l’influence de deux groupes principaux dans votre musique: Grave Digger et Iced Earth. Y en a-t-il d’autres ?

T.G. : Il est assez difficile de se juger soi-même. Je préfère ne pas émettre de commentaires sur ce sujet et laisser à d’autres le soin de le faire.

Je n’ai pas trouvé de dates de concerts sur votre site web  (http://www.rebellion.st) ou sur votre page MySpace (http://www.myspace.com/rebellionfromhell). Vous vous produisez en ‘live’ ?

T.G. : Absolument ! Nous sommes occupés de mettre à jour notre agenda. Nous serons sur la route dès le début de l’année prochaine.

Tomi et Uwe, vous avez tous les deux milité chez le groupe métal culte Grave Digger. Pourquoi êtes vous partis ? Êtes vous toujours en bons termes avec Chris Boltendahl (NDR : Le leader de Grave Digger) ?

T.G. : Nous ne sommes en aucuns termes avec lui, et nous ne voulons pas l’être. Tu peux donc en conclure que le split n’a pas été amical et c’est pourquoi, une fois de plus, je ne désire rien ajouter en à ce sujet. Il n’y a pas de choses gentilles à dire et je n’aime pas dire du mal des gens qui ne sont pas là. (NDR : Suivant cette source pas toujours fiable à 100% qu’est internet, il semblerait qu’il y ait un litige entre Chris Boltendahl et Uwe Lulis parce que ce dernier aurait voulu garder le patronyme ‘Grave Digger’ quand il a quitté le groupe ; ce qui est à notre humble avis un peu ridicule, puisque Boltendahl est l’âme du ‘Creuseur de Tombes’, et que sans son timbre de voix unique, le combo ne pourrait probablement pas exister).

Est-ce qu’un groupe comme Rebellion peut vivre de sa musique ou bien exercez-vous une profession en parallèle, pour joindre les deux bouts ?

T.G. : Non, nous ne pouvons pas vivre de notre musique. Nous sommes déjà très contents quand les royalties couvrent nos dépenses.

Simone est une des deux guitaristes de Rebellion. N’est-ce pas trop difficile pour une fille d’exercer ce rôle dans le monde plutôt misogyne du Power Metal ? Lorsqu’elle est sur scène, les remarques irrévérencieuses ne doivent certainement pas manquer. Les considère-t-elles comme offensantes ou comme relevant du grand ‘Cirque du Heavy Metal’

T.G. : Simone n’est pas présente et je ne peux pas répondre à cette question à sa place. Nous sommes très heureux cependant de son implication dans le groupe et elle se débrouille vraiment bien.

En compagnie de quelle formation majeure aimeriez-vous tourner ? Vous êtes-vous déjà produits hors du Vieux Continent ?

T.G. : Rebellion n’a jamais joué hors de l’Europe. Nous n’aimons pas vraiment nous produire en première partie. Nous préférons la tête d’affiche.

Je suppose que la “Trilogie Viking” est terminée. Quel sera le sujet du prochain album ?

T.G. : Certaines idées trottent déjà dans nos têtes ; mais il n’est pas encore possible d’en parler pour l’instant.

De nos jours, beaucoup de musiciens jouent dans plusieurs groupes ou projets en même temps. Qu’en est-il des membres de Rebellion ?

T.G. : Nous participons à l’aventure d’autres groupes et projets, mais Rebellion est notre groupe principal.

En Allemagne, le Power Metal est une institution. Il existe des centaines de bons groupes issus de votre pays. Qu’est-ce qui, à ton avis, fait la différence entre vous et eux ? Que dirais-tu à nos lecteurs pour les décider à acheter ton disque plutôt que celui d’un autre groupe allemand ?

T.G. : Beaucoup de groupes jouent de la bonne musique, mais en général, ils préfèrent ce qu’ils créent. Chaque musicien estime sa musique meilleure que celle des autres. Je ne désire pas vraiment déprécier les autres artistes et préfère donc laisser le choix aux auditeurs.

Un dernier mot pour vos fans belges ?

T.G. : Keep it heavy, Metal is Rebellion.

Phantom featuring Lio

Écrit par

Il y a une vie à côté de la Nouvelle Star pour Lio ! Elle a en effet rejoint le mystérieux backing-band Phantom pour enregistrer un nouvel album. Y figurent des titres aussi évocateurs que « Ma cervelle est en grève » ou « Mon Jules marche sur l’eau », de quoi renforcer l’aspect énigmatique du projet, même si l’on sait que Miam Monster Miam se réserve la guitare et la mise en forme, Jacques Duvall les textes et Gilles Martin les manettes. La curiosité n’en est que plus aiguisée… L’album sera disponible le 12 octobre prochain. Et si c’était Lio qui se présentait à M6 cette année ?

En concert le 26 septembre au NAB festival à Paris et le 13 novembre au Botanique.

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/phantomfeatlio

 

Du Bowl ?

Écrit par

Figure mythique de la scène underground new-yorkaise (NDR : c’est le fondateur de King Missile), Dogbowl a également enregistré plusieurs albums en compagnie de Kramer (MC5). Et bien, cet artiste incontournable (NDR : il est également peintre) se produira en concert très bientôt en Belgique. Il n’y était plus venu depuis 1998. Stephen Tunney (alias Dogbowl) est en effet à l’affiche de l'Inside à Liège, ce 12 octobre. Le prix d’entrée est fixé à seulement 7 euros. A ne pas rater ?

Various Artists

Dans Ta Rue 3

Écrit par

Comme son titre l’indique, « Dans Ta Rue 3 » constitue le troisième volume des compiles éditées par l’association SameSame, dédiée aux arts urbains. Du hip hop donc, bruxellois de surcroît. Le deuxième volet de la série recelait d’indéniables qualités et puis surtout réservait de belles surprises. On déchante un peu sur ce dernier recueil (NDR : si ce n’est « Rien à t’offrir » de Wankey). En effet, il risque de ne s’adresser qu’aux ados susceptibles de s’identifier aux paroles, en prenant le bus pour aller à l’école. Ceux qui dans le hip hop apprécient l’humour, l’art de la rime (NDR : très souvent simpliste ici), le commentaire social avisé ou la créativité des beats (NDR : trop fatigués pour secouer) peuvent d’ores et déjà passer leur chemin. Le contenu de cette compile n’est cependant pas totalement à oublier ; simplement le chemin à accomplir pour atteindre l’excellence est encore long. Bon travail (et courage) aux forces en présence.

 

Perry Weber

The Riot Act

Écrit par

Pendant plus de dix ans, Perry Weber a épaulé le talentueux harmoniciste Jim Liban. A Milwaukee, dans le Wisconsin. Mais depuis 2007, Perry a monté son propre groupe, les Devilles. Toujours dans le même patelin. Il a recruté d'anciens musiciens de Liban ; en l’occurrence le bassiste Tony Menzer, le drummer Victor Span et l'harmoniciste Benny Rickun. Et le redoutable pianiste Barrelhouse Chuck a décidé de rejoindre officiellement le line up de la formation, tout prochainement. Leur premier album, "Savage beauty", est paru en avril 2007, « The Riot Act » constituant, inévitablement, leur second elpee.

Les Devilles démarrent sur les chapeaux de roues par "Got my room". Une belle rampe de lancement au cours de laquelle ils adoptent une attitude proche d'un thème musical de John Lee Hooker. Instrumental, ce titre est profilé sur un motif de cordes imaginé par Perry. L'harmonica de Rickun est omniprésent alors que Barrelhouse Chuck est insatiable derrière son piano. Rickun tire une nouvelle fois son épingle du jeu sur "The riot act". Jimmy Voegeli, invité pour la circonstance, se réserve l'orgue Hammond sur cette plage largement inspirée par le Memphis Blues d'Albert King. Signé Johnny Guitar Watson, "Hot little mama" est dispensé dans un style bien proche de  BB King. La compétence de Weber à la gratte est incontestable. Et il ne cherche jamais à en rajouter une couche. Benny Rickun est très convainquant sur "Bernie's bounce". Il dirige même la manœuvre tout au long de cet instrumental fort agréable à écouter. Weber apprécie beaucoup Johnny Guitar Watson. Il reprend son notoire "Cuttin' in" (NDR : adapté en « Excuse-moi partenaire », par Halyday, il y a 46 ans). Soutenu par un orgue Hammond, Perry chante dans un style très fifties. La cover du "Don't take advantage" (NDR : popularisé par Johnny Winter sur son album "Guitar slinger") est bien ficelée. Discrètement funky, elle est caractérisée par une attaque de Rickun (passé à la guitare) aux cordes, toute en retenue, parcimonieuse, face à l'orgue de Voegeli (NDR : également issu de Milwaukee, ce musicien a longtemps milité au sein du Westside Andy/Mel Ford Band). "My cake " permet à Barrelhouse Chuck d’étaler toute sa classe sur le piano électrique Wurlitzer. Perry disserte sur sa râpe à la manière de Freddie King. "Big Jim" emprunte le tempo cher à Jimmy Reed. La guitare évolue dans un registre proche d'Eddie Taylor, pendant que l’harmonica se libère. Chuck se déchaîne aux ivoires sur "The boy", un excellent blues imprimé sur un tempo élevé. Dernier instrumental, le "Slam hammer" de Johnny Young nous réserve un bon envol à l’harmo, soutenu par l’orgue Farfisa de Chuck. L’opus recèle un bonus track : "10 long years". Décontracté, Perry est aux vocaux et ne bénéficie que du seul Chuck au piano boogie. Pas d’ambition démesurée pour cet elpee, mais un disque néanmoins de bonne facture… 

 

Yarn : moor

So I’ll Take Your Hand And…

Écrit par

Le duo Moss et Neuma a donc recruté la chanteuse japonaise Tao pour former Yarn : moor. Un curieux patronyme pour ce trio dont la solution sonore navigue dans les eaux limpides de l’electronica/ambiant. Et la métaphore n’est guère usurpée, lorsqu’on sait que les trois comparses semblent très sensibles à tout ce qui touche aux éléments naturels. C’est d’ailleurs ce qui fait la force de « So I’ll Take Your Hand And… », premier opus signé sur Noble (NDR : un label nippon !), écurie au sein de laquelle militent également Nakaban et Tenniscoats. C’est plongé dans un environnement bucolique où verdure et eau se conjuguent en harmonie que le trio dessine ses programmations fluides. Après quelques triturations sonores en guise d’introduction (« Warm, Sweet and Freeze »), quelques beats saccadés se fondent dans les arrangements délicats des claviers et autres bruitages, atmosphère propice à la méditation (« It’s Blooming »). Minimaliste, expérimental et hypnotique (NDR : ou répétitif pour les mauvaises langues), ce voyage sonore est empreint d’une grande tendresse, impression accentuée par les vocaux et bien sûr la mélodie. De quoi rester pantois face un tel travail d’esthète. Et pas de risque de lassitude, car les titres sont généralement de brève durée. Une belle réussite et une œuvre vivement conseillée à celles et ceux qui sont en recherche de musique pour apaiser l’esprit, autrement dit de l’ambient…

 

Axwell, Ingrosso, Angello, Laidback Luke feat Deborah Cox

Leave The World Behind

Écrit par

Est-il vraiment utile de s’attarder sur un tel single ? Qui ne vaut pas tripette. Même s’il s’agit d’un tube qui cartonne sur les dance-floors. Ce « Leave The World Behind » mériterait bien qu’on lui colle une étiquette de ‘looser’. Une étiquette que les responsables de cette grosse daube méritent assurément, même s’il s’agit d’une équipe de producteurs. Pas étonnant quand on sait qu’elle réunit Axwell, Ingrosso, Angello et Laidback Luke, c'est-à-dire des suiveurs mal inspirés qui ne jurent que par David Guetta ou encore Bob Sinclar. Comment ne pas avoir les pieds de plomb après avoir écouté ce hit imprimé sur des beats déplorables et altéré par des claviers infects? Un morceau destiné aux soirées ringardes où minettes et pseudo playboys s’agitent prétentieusement. Et ce n’est pas le timbre de voix catastrophique de la Canadienne Deborah Cox qui risque de limiter les dégâts. Bref, on est ici en présence d’un exemple de la pire électro qui puisse exister !

Chrome Hoof

Pre-emtive False Capture

Écrit par

Chez les métalleux, on connaît très bien Leo Smee, puisqu’il est le bassiste de Cathedral, le  groupe Doom Métal anglais le plus célèbre après Black Sabbath. Par contre, son frère Milo jouit d’une moins grande notoriété. Drummer, il est davantage porté sur le Hip Hop, l’Acid House et le Disco que sur la lourdeur pachydermique de la musique de son frangin. C’est en 2000, probablement lors d’une fête de famille un peu trop arrosée, que les deux rejetons du père Smee décident d’associer leurs styles de prédilection (le doom et le disco) pour essayer de créer un mix sortant des sentiers battus. Oui, je sais, moi aussi, le résultat m’a un peu retourné l’estomac au départ. L’idée d’associer Black Sabbath et Boney M. peut donner la nausée aux plus endurcis. Pourtant, force est d’admettre, à l’écoute de « Pre-emptive False Capture », que la mixture n’est pas aussi nauséabonde qu’il y paraît. Le duo de départ s’est un peu étoffé durant les 7 premières années d’existence de Chrome Hoof et ce n’est pas moins de huit musiciens qui sont venus ajouter leur talent à l’incroyable aventure musicale des frères Smee. Brassez basse, batterie, trompette, saxophone, claviers, basson, violon, violoncelle, percussions, guitares, vocaux féminins et masculins variés, samples et une bonne dose de folie et vous obtiendrez cet album hautement indescriptible mais tout à fait recommandable.

Dès « Nordic Curse », le titre d’introduction, on sait que l’on ne va pas s’ennuyer. Des guitares lourdes et des chœurs barbares se fondent ensuite dans une ligne de basse disco et des claviers spatiaux. On ne sait plus s’il faut danser, headbanger ou rigoler. Le chant est principalement féminin, mais ne fait pas pour autant dans la dentelle. Sur « Circus 9000 » les vocaux déjantés et les cuivres barrés ‘ambiance musique de cirque’ font immanquablement penser au premier album de Mr Bungle. Le style outrageant de Mike Patton plane d’ailleurs beaucoup sur « Pre-emptive False Capture ». « Moss Covered Obelisk » s’ouvre par de la musique de chambre (NDR : un quatuor à cordes), vire au jazz rock truffé de cuivres dissonants, passe par la violence d’une guitare presque punk avant de revenir au jazz, le tout en à peine 4 minutes. Décoiffant ! Sur « Death is Certain » nous sommes carrément en présence de doom death metal. Chrome Hoof mélange ‘à sa sauce’ tous les styles musicaux et arrive pourtant à garder une étonnante homogénéité. Pour coller une image à leur musique, les Londoniens apparaissent sur la pochette dans un accoutrement mélangeant les styles du chanteur de Boney M à celui des « Cochons dans l’espace » du Muppet Show.

Chrome Hoof est un groupe unique. Une expérience à part. La preuve que la musique est universelle et qu’avec du talent, tous les brassages sont possibles. « Pre-emptive False Capture » est un disque à écouter l’esprit ouvert et dans la bonne humeur.

 

The Church

Untitled #23

Écrit par

Lorsqu’on évoque The Church, on pense immédiatement au hit single, paru en 1988, « Under the milky way ». Et pourtant, cette formation issue de Canberra, en Australie, possède une toute autre carte de visite. Elle fêtera d’ailleurs son trentième anniversaire l’an prochain et compte à ce jour… 23 elpees studio à son actif. Ce qui explique le titre de leur nouvel opus. En outre, trois des membres fondateurs sont toujours au poste, c’est-à-dire Steve Kilbey, Marty Willson-Piper et Peter Koppes. New wave à l’origine, leur style a glissé peu à peu vers le psychédélisme avant de se fixer dans une forme de prog atmosphérique. Un écart de conduite : « Parallel Universes », une double compilation consacrée à des remixes et destinée à la piste de danse…

Mais venons-en au dernier long playing. Très riche, luxuriant même. Pour vous faire une petite idée, mettez dans un shaker des doses identiques de Barclay James Harvest (NDR : des débuts), de Beatles circa « Magical Mystery Tour », de Luna, de Mercury Rev, de Sophia, de Coldplay, de Bowie originel (NDR : pensez à « Space Oddity ») et de Pink Floyd post « Dark side of the Moon ». Secouez bien fort, puis vérifiez le résultat. Il reste encore des grumeaux. Passez le tout à la moulinette jusqu’au moment où la solution sonore deviendra parfaitement onctueuse. Parfumez le tout de mélancolie douce et vous obtiendrez une solution sonore proche de cet « Untitled #23 ». Un disque partagé en 10 morceaux dont la durée oscille entre 4 et 5 minutes.

Les chansons sont mélodieuses, mais aussi majestueuses. Une texture tramée par une foultitude d’instruments dont le mellotron, les pianos, les harpes, les violoncelles et tutti quanti. Les échanges opérés entre Marty et Peter aux six cordes (aussi bien électriques qu’acoustiques) sont toujours aussi magiques. Chatoyantes, scintillantes et bringuebalantes, ces sonorités de guitares sont cependant fluidifiées de claviers éthérés (NDR : plus présents sur cet album). Steve continue de chanter d’un timbre velouté, envoûtant, ses lyrics empreints de poésie, presque spirituels, souvent obscurs. Enfin, lorsque les vocaux se conjuguent en harmonie, ils sont absolument superbes. Un titre s’écarte cependant de cette règle, « Space saviour » ; pour ma part le sommet de l’elpee. Imprimé sur un mid tempo vivace, il est construit sur un crescendo épique, à la manière de « Heroin » du Velvet Underground, et baigne dans des claviers vintage. Bref, un superbe album, mais pas du tout dans l’air du temps…

 

Eve-r

Organique

Écrit par

« Organique » est le titre du premier album d’un trio strasbourgeois pour l’instant inconnu au bataillon… Mais cette situation ne saurait durer. 

Figure principale d’Eve-r, Céline Clerget, la voix du groupe est également auteur, compositeur et pianiste dans le quatuor. Ses acolytes, Nicolas Klinghammer à la basse et Bastiaan Sluis aux percussions sont issus de la scène rock (NDR : très active) qui sévit à l’est de la France. Pour enregistrer cet elpee, le combo a reçu la collaboration de Marie Longenfeld et Laurent Signolet qui soulignent élégamment le rock d’Eve-r d’une présence discrète mais néanmoins remarquée au violon et violoncelle.

Rock ? Oui, résolument. Mais un rock élégant et tout en finesse. Ce qui n’empêche pas une approche dynamique et bien ‘carrée’. S’appuyant sur une percussion puissante mais jamais envahissante, le tempo est soutenu. Les guitares, toutes les cordes –violon et violoncelle compris– sont bien présentes et apportent une touche très personnelle à l’album.

Le disque s’ouvre par « Ça te passera », une excellente mise en bouche au refrain accrocheur et facilement mémorisable.

Le titre maître est de la même veine. Un texte qui de façon très posée, très accessible nous renvoie aux problèmes des grandes cités.

« Belle de nuit » et ses carillons calment un peu les ardeurs tout en restant dans la lignée des morceaux qui le précèdent.

La suite de l’album qui en comporte dix au total est du même acabit. Une alternance de titres bien balancés (NDR : outre les précités, « Boucle d’or », « Dans mes gènes », « A l’envers »), et quelques ballades plus raffinées dont « Belle de nuit », « Descendre », « Instant Love » (NDR : vraiment excellent) et « Je me manque ».

Cependant, un titre s’impose : « Les remparts ». Texte ‘puissant’, qui nous parle sans concession de la violence dans le couple mais de jamais de façon vulgaire. Le tout sur un rythme qui nous rappelle un peu les chansons engagées des Cranberries.

En conclusion, un album frais aux musiques soignées pour une formation à découvrir ou si vous préférez, une révélation. A écouter d’urgence !

 

Fractional

Still Life ? (Ep)

Écrit par

Parfois, l’entraide au sein d’un magazine est nécessaire, surtout lorsque l’on doute sur l’identité sexuelle d’un artiste. C’est le cas chez Fractional qui se décline sous le patronyme d’Eugénie sur son site internet, alors qu’en réalité, il s’agit d’un Liégeois répondant au nom de Pierre Rémy. S’il s’agit d’une technique médiatique afin de susciter l’intérêt, il faut reconnaître que ça marche !

Penchons-nous maintenant sur le style musical que l’homme issu de la Cité Ardente qualifie de ‘gothic erotica’. Ne nous attardons cependant pas trop sur le graphisme de la pochette de son nouvel Ep, « Still Life ? ». Une image rebutante qui nous donnerait envie de passer son chemin. Or, après avoir écouté les quatre titres de ce disque, on se rend compte que Pierrot le Fou est un artiste fort créatif. Les sonorités synthétiques libérées sur ce disque sont très aventureuses, mais s’écoutent assez facilement. Et les beats à la fois ténébreux, énervés et astucieux évoluent au sein d’un univers sis quelque part entre drum’n bass et indus. Un univers bien personnel au sein duquel, il faut le reconnaître, Fractional excelle…

 

Kartasan

Faces In The Dark (single)

Écrit par

C’est en 2007 que Jan Vandecasteele décide de réaliser son rêve et se lance dans l’écriture de son premier album. Année également où le chanteur, pianiste, compositeur rencontre Frederik Segers (guitare), Simon Segers (batterie) et Mathias Debusschere (basse et contrebasse) pour former Kartasan.

Suite à une série de concerts rehaussée par le concours d’une impressionnante équipe de cuivres et de cordes, et marquée par la présence exceptionnelle de Jereon Baert (dEUS, Zita Swoon…), le quatuor  gantois décide de rentrer en studio en 2008 pour concocter son premier elpee « Another Profile ». Enregistré à Gand dans le studio ‘On the Moon’, l’album sera ultérieurement mixé par Werner Pensaert (Hooverphonic, Rammstein, K’s Choice…) chez Audioworkx au Pays-Bas et prendra la direction des bacs le 21 septembre 2009.

Le single « Faces in the Dark » présente un titre aux arrangements soignés mais un peu lisses. Malgré la jolie voix du leader, Kartasan nous offre un morceau pop rock classique. Une pop imprégnée d’influences jazz qui manque cruellement de caractère.

Grâce à un imposant casting de musiciens, l’enregistrement du premier elpee de la formation gantoise s’étoffe d’une section de cuivres (The Killer Horns, Marc De Maeseneer…) et de cordes (Paul Klinck, Jeroen Baert…) Ajoutons-y un nombre important d’instruments (contrebasses, orgue Hammond, banjo, percussions) et « Another Profile » devrait se revêtir de couleurs chatoyantes et faire oublier le bien trop pâle « Faces in The Dark ».        

 

Emmanuel Louis

Play some music about your garden

Écrit par

- Salut p’pa, t’écoutes quoi ?

- Un truc que je ne connais pas du tout, c’est belge.

- Spécial, non ?

- Oui, j’avoue que ça sort de l’ordinaire

- Mais ils chantent en français ou en anglais ?

- Les deux, quelques-unes dans chaque langue et même quelques morceaux instrumentaux.

- Mouais ! Mais leur style, c’est quoi exactement ?

- Folk, jazz, un peu de musique de chambre, un mélange de plusieurs courants. Ils la définissent eux-mêmes comme du ‘progressif acoustique’ ou de la ‘musique de jardin’

- Mmmm. Je pige pas trop. Mais tu sais à quoi ça me fait penser ?

- Non, dis pour voir.

- ‘Alice au Pays des merveilles’. Les textes sont vraiment ressemblants. On s’attend à voir arriver le Lapin blanc à tout moment ! C’est trop bizarre !

- C’est vrai que c’est assez original, j’avoue.

- Original ? C’est peu dire. Et ils sortent d’où ces gars ?

- De Liège. Emmanuel Louis, chanteur et guitariste, âme du groupe. L’accompagnent une flûtiste, un violoniste et un joueur de cello.

- Cello, kekséksa ?

- Un violoncelle. A quatre on obtient un quatuor. Ici en l’occurrence, à cordes, comme les petits orchestres de musique de chambre.

- Ok. En tout cas, on risque pas d’entendre ça à la radio hein !

- Vrai, c’est pas un style très ‘écoutable’ comme dirait l’autre.

- Tu m’étonnes… Ça fait 10 minutes que je suis là avec toi et je commence à fatiguer.

- T’es pas très patiente. Si ça ne bouge pas, tu trouves tout de suite ça nul.

- Tu m’diras quand-même pas que toi tu aimes !!!

- Heu… J’peux pas vraiment dire que j’aime. Mais ça a le mérite de surprendre.

- Bon ben j’te laisse à tes surprises, moi j’en ai assez entendu. Et pour ta critique, personnellement, j’irais pas plus haut que 1. Et c’est bien payé…

- Ah là, tu es dure. Et la créativité, tu en fais quoi, tu oublies ? Tu ne trouves pas qu’il y a de la recherche ? Chanter le jardin, la nature, les papillons, les poissons rouges et puis courir les pieds nus dans l’herbe, c’est pas joli tout ça ?

- Ok ok, l’intention est bonne, originale, tout ce que tu voudras. Mais tout ça ne fait pas un bon disque. La musique est lente, trop axée sur le classique, mièvre, manquant de rythme. Tu m’excuseras mais non, j’aime pas trop. Mais bon, chacun ses goûts comme on dit. Y’en aura toujours un pour aimer. Et puis quand on voit le logo de la Communauté française au verso de la pochette (très belle, elle ma foi), on se dit qu’il y a encore un illuminé au ministère qui a du fumer la moquette pour sponsoriser un truc pareil !

- Oui, finalement tu n’as peut-être pas tout à fait tort. C’est vrai que ce Cd s’adresse à un public un peu spécial, branché musique progressive. J’ai écouté trois fois et j’ai du mal à accrocher.

- A ne pas mettre entre toutes les oreilles donc.

- Exactement !

 

Lunabee

Prenez garde aux flots bleus

Écrit par

Ils sont cinq : Lunabee (NDR : ben oui, ce n’est pas que le nom du groupe), Pacale Vervloet, Pierre Vervloesem, Pierre Louis, Brigitte Thiriart et Thierry Mondelaers. Italiens, Anglais, Australiens ??? Non !!!… Des patronymes pareils, ça ne vous dit rien ? Et oui, évidemment, ils sont belges.

Seule au départ avec ses claviers et ses envies électroniques, Lunabee s’amuse en samplant et en produisant des sons bizarres comme elle les qualifie. Elle compose quelques chansons, s’essaie à les chanter mais très insatisfaite du résultat, décide de ne plus la jouer perso et s’entoure de quelques comparses.

Sur ses musiques, Pierre et Brigitte ajoutent leurs textes. Rarement belles, de temps en temps drôles mais très (trop) souvent glauques, les paroles sont tristes, noires, désespérantes. Un assemblage original… si l’on aime le genre ; mais un peu lugubre, caustique et parfois avec un goût ‘chargé’ !

La voix n’est plus celle de Lunabee, mais de Pascale. Une voix fluette, enfantine, pure, cristalline qui tente de porter à bout de bras les compositions de la formation. Découpé en quinze titres, l’album est assez inégal. Le meilleur (« Les rats », « Poupée de chair », « Un petit peu ») côtoie le pire (« Quand maman n’est pas là » et… les onze autres).

Les lyrics sont souvent à prendre au second degré, voire même davantage. Poelvoorde fait rire ou sourire dans « C’est arrivé près de chez vous ». Lunabee s’essaie dans un style très proche ; mais hélas, le glauque reste glauque et les musiques répétitives et ‘dépressives’ finissent par lasser. Et là, on ne rit plus du tout. On déprime, on se retrouve dans les pages de faits divers des journaux à sensation. Bref, en un mot, on s’ennuie. Alors je dis ‘Stop’ !!!

Trois morceaux sur quinze, c’est un peu maigre pour se satisfaire d’un premier essai. A revoir… sachant que ce premier Cd date déjà de 2005 et qu’il contient malgré tout trois titres de bonne facture.

Cependant, une lueur d’espoir pointe à l’horizon. ‘Coupable’ d’une reprise heureuse du « Nationale 7 » de Charles Trenet, le combo belge a eu sa minute de gloire dans la revue des Inrockuptibles de juillet 2008. Amplement méritée, cette récompense devrait donner des envies plus ‘dansantes’ à Lunabee. On attend la suite, et surtout des flots bleus...

 

Magic Arm

Make Lists Do Something

Écrit par

C’est sous le pseudonyme de Magic Arm que le troubadour électro-folk, Mark Rigelsford nous propose son premier elpee. Mark serait-il un débutant ? Difficile à croire, tant sa maîtrise est manifeste dès les premières notes de la plaque. Il est quasiment impossible qu’une musique aussi aboutie et indépendante d’évidentes influences soit l’œuvre d’un novice ! Notre alchimiste, à l’image de Beck ou du Beta Band, se balade aisément entre le rock, le folk ou l’électro foutraque tout au long des 12 morceaux de ce « Make Lists Do Something »

Magic Arm est né à Rustington dans le Sussex mais habite aujourd’hui à Manchester. Certains ports d’attache ne trompent pas ! L’artiste déclare avoir commencé à composer afin d’aider un ami à la recherche d’une bande son pour son film. Il cite Gwen Stefani, Dizzie Rascal, Peaches et Gnarls Barkley comme influences majeures ; mais sa musique évolue habilement entre celles de Richard Swift, Beck et Iron & Wine ! Un bémol ? Son timbre vocal un peu limite. Mais Mark compense cette lacune par une créativité constante.

Parmi les plages les plus créatives, j’épinglerai le très paisible « Outdoor Games » et l’instrumental « The Coach House ». Les pieds dans la bonne humeur… et la tête l’obscurité. Car si chaque compo nous transporte dans un petit univers personnel, elles reflètent également l’esprit un peu torturé de l’artiste. Surtout à cause des lyrics qui révèlent leur part d’ombre : ‘Inside everyone, I hear the end, and that’s ominous’ sur « Bootsy Bootsy », encore une excellente composition, très proche du Beck d’« Odelay », paradoxalement à la fois dansante et amusante. La comparaison avec Gnarls Barkley est peut-être à chercher de ce côté, d’ailleurs. Si la reprise du « Daft Punk Is Playing At My House » des LCD Soundsystem est un peu mollassonne, celle du « Six Cold Feet Of Ground » de Leroy Carr (NDR : un bluesman !) baigne dans un climat mélancolique, désespéré, mais surtout est très réussie.

Peu de déchets sur cet elpee. Publié sur Switchflicker, le label des Ting Tings, ce disque concocté par un artiste en devenir est à découvrir absolument. Un nouveau songwriter de talent vient probablement de naître ; mais rencontrera-t-il le même succès que ses compagnons d’écurie ? C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

 

Barbeque Bob Maglinte

Live at the Waterfront

Écrit par

Chanteur/harmoniciste, Bob Maglinte vit à Boston. Atteint d’une grave affection hépatique, il a subi une transplantation d'organe, il y a peu ; et apparemment cette opération a entièrement réussi, puisqu’il semble avoir retrouvé un dynamisme nouveau. Ce jeune vétéran a joué en compagnie de bluesmen aussi notoires que Jimmy Rogers, Sunnyland Slim, Luther ‘Guitar Junior’ Johnson ou encore Louisiana Red. Dans le passé, il a milité dans plusieurs groupes locaux comme le Bobby Watson Band, Blues Express et Two Bones & A Pick. Comme souffleur, il reconnaît pour influences majeures des mythes tels que Little Walter, Sonny Boy Williamson, James Cotton et Walter Horton. C’est également l'ami de Jerry Portnoy, un concitoyen impliqué naguère au sein du Muddy Waters Band. Boston est également célèbre pour ses harmonicistes. Une réputation assise par des souffleurs comme Jerry, Magic Dick, Annie Raines, Sugar Ray Norcia et… Bob. Qui se produit sur les planches depuis 1973 et drive depuis longtemps sa propre formation : les Rythm Aces. En 1992, il avait décroché le Boston Blues Challenge.

Cet elpee a été enregistré ‘live’, en 1995. Au festival Waterfront de Providence, à Rhode Island. Il vient seulement de sortir. Bob est soutenu par un trio de musiciens dont l'excellent (et alors prometteur) Troy Goynea (futur Fabulous Thunderbirds) à la guitare, Gary Burgin à la contrebasse et Dan Bunge à la batterie.

Dès le morceau d’ouverture, "Chrono jump", Maglinte se révèle impressionnant sur l'instrument chromatique. Il me rappelle même le regretté William Clarke, au sommet de son art. Son jeu est à la fois fin, délicat, incisif et puissant. La prise de son est impeccable. Bob chante "Honey". Son timbre me rappelle le grand Kim Wilson. Un compliment, vous vous en doutez. L’équipe est homogène. Le jeune Gonyea y étale tout son talent. Et on se rend compte qu’il a bien assimilé le style des grands de la West Coast. Entièrement conquis, Maglinte le suit pour rejoindre les sommets. Et un pic est d'ailleurs atteint lors du "Same old blues" de Little Milton, une compo dont le traitement énergique est accentué par un tempo soutenu, réminiscent du Chicago westside sound de Magic Sam. Troy s’y révèle impérial. Son intervention est remarquable. Et c’est dans ce style qu’il va briller, quelques années plus tard, au sein des Fabulous Thunderbirds. Le set embraie par "Walk with my baby" sur un rythme très New Orleans, subtilement exotique, contaminé par la rumba. A cet instant du show, les musiciens sont chauds comme la braise. Leur version accélérée du "Goin' down slow" de St Louis Jimmy Oden décoiffe littéralement. Habituellement traitée sous la forme d’un blues lent, cette compo génère un swing omniprésent ; en outre, la lutte fraternelle livrée entre Troy et Bob est sidérante. Lorsque Maglinte a composé "Tramp groovin", il était hanté par le classique "Tramp". Il le mijote à sa sauce. Son intervention est inspirée de Georges ‘Harmonica’ Smith mais aussi du saxophoniste Junior Walker. Troy sature l’ensemble de groove ; un groove dispensé dans l’esprit de Magic Sam Maghett. Signé Sonny Boy Williamson II, "Sad to be alone" est un slow blues au cours duquel Bob souffle dans les aigus à la manière de son maître. Les Rhythm Aces embraient par "Love you baby" et "Loner". Cette dernière plage déménage littéralement. Et pour cause, pendant que la rythmique adopte un profil familier à Jimmy Reed, Troy se met dans la peau d'Eddie Taylor! Lors de la cover du "Beautician blues" de Roy Brown, c’est Gonyea qui cherche à réincarner Johnny Guitar Watson. Le titre final est particulièrement long. Intitulé "Shufflin", il s’étale sur près de 12', un morceau au cours duquel Bob nous réserve un long exploit instrumental sur sa musique à bouche, une performance susceptible de rappeler celle de son concitoyen Magic Dick, du J Geils Band, dans son "Whammer Jammer". Un excellent concert, impeccablement restitué sur ce cd…

 

Hugh Masekela

Phola

Écrit par

Pour célébrer son 70ème anniversaire, le trompettiste sud-africain s’est efforcé de composer de la musique pour ‘guérir et se sentir bien’. Un 35ème album concocté sous la houlette du producteur Erik Paliani et dont le titre est judicieux, puisque « Phola » signifie guérir. L’ambiance est au calme et à la simplicité alors que le swing oscille entre funk et jazz de salon. Hugh délaisse souvent son bugle pour pousser la chansonnette sur des titres doux-amers qui ne manquent pas de charme, comme « Ghana », « Sonnyboy » ou encore « Bring It Back Home ». Les fans de jazz sans concession risquent sûrement de faire la fine bouche devant ces titres qui lorgnent beaucoup vers la variété et les musiques africaines. Les autres apprécieront les quelques mélodies satinées qui ponctuent le disque (« Mwanayu Wakula », « Malungelo »). « Phola » n’est sûrement pas un chef d’œuvre mais ces neuf titres se révèlent être d’agréables moments musicaux, des petites oasis de calme. Une partie de la mission de départ (‘guérir et se sentir bien’) semble donc atteinte. Ce n’est déjà pas si mal !

 

My Latest Novel

Death and Entrances

Écrit par

My Latest Novel avait surpris en 2006, en concoctant un bel album indie, lyrique et déconstruit à souhait, que l’incroyable morceau « When we were wolves » élevait vers les cimes. La suite est moins heureuse pour « Death and Entrances ». Rien ne manque pourtant à l’appel ; le timbre profond qui rappelle Matt Berninger (The National), les nappes embrumées, un violon langoureux et ces chœurs en crescendo qui font les merveilles d’Arcade Fire. Malheureusement, ici la grandiloquence ne prend pas son envol. Beaucoup de bruit pour rien. C’est toujours quelque part trop ou trop peu. La voix trop émo, le son trop saturé, la ballade trop lente, les chœurs trop poussés. Ca sonne faussement romantique. On se délaye dans l’attente de quelque chose qui n’aboutit jamais. L’ennui prend le pas et c’est irrécupérable.

 

The New York Dolls

Coz I Sez So

Écrit par

Le retour des New York Dolls, initié par Morrissey en 2006, constituait un affront pour de nombreux fans des premières heures. Quelle idée pour un groupe de glam-punk de se reformer ! Les concerts accordés par la suite avaient néanmoins prouvé que la bande à David Johansen et Sylvain Sylvain méritait cet inattendu come-back. L’album qui avait suivi la tournée (« One Day It Will Please Us Remeber Even This ») était cependant à la hauteur des attentes sans être inoubliable. Mais difficile de passer outre des ‘défections’ successives de trois membre du groupe : Johnny Thunders (NDR : mort en 2001 dans de troubles circonstances), Athur ‘Killer’ Kane (NDR : décédé en 2004 suite à une leucémie foudroyante) et Jerry Nolan (NDR : disparu en 1992). 

Malgré la longévité du groupe, « Cause I Sez So » constitue seulement le 4ème elpee des New-York Dolls, depuis 1973. Il vrai que le combo s’est séparé pendant plus de 28 ans (NDR : de 1976 à 2004 !) Produit par Todd Rundgren qui avait également mis en forme leur premier long playing, « Cause I Sez So » contient d’ailleurs une nouvelle version de « Trash » (NDR : en reggae), titre qui figurait déjà sur ce disque. Et il s’agit d’un des meilleurs morceaux de l’album. Pas forcément un bon signe ! La première écoute ne laisse pas de souvenir impérissable, mais passe honnêtement la rampe ; même si parmi les 12 morceaux du tracklisting, certains ne semblent pas toujours très inspirés. A l’instar du titre maître qui ouvre l’opus. Du rock d’un autre âge maladroitement remis au goût du jour. Et si les influences sont respectables, oscillant souvent entre les Who et les Stones, les mélodies sont trop souvent cadavériques. Tout n’est cependant pas à jeter. Et je pense tout particulièrement à « Temptation To Exist », véritable (petit) sommet de l’album. Une chanson que n’auraient pas reniée Nick Cave et ses Bad Seeds. Et puis « Better Than You », une bal(l)ade qui mérite également le détour. Un maigre bilan pour des compositeurs de la trempe de Sylvain et Johansen. Une question me traverse d’ailleurs l’esprit : Johnny Thunders était-il le véritable génie du groupe ? 

Les fans seront probablement déçus. Le reste du public difficilement convaincu. Un retour en demi-teinte pour un groupe qui aurait gagné à se limiter à ses deux mythiques premiers albums ! D’ailleurs soyons réalistes, le groupe n’atteindra plus jamais la dimension de ses débuts. Notamment sur disque. Mais restons positifs ! C’est une bonne nouvelle en soit que des cinquantenaires comme les musiciens des New York Dolls puissent encore injecter une bonne dose d’esprit rock n’roll malsain dans un univers musical contemporain un peu trop formaté…

 

Obits

I Blame you

Écrit par

Chez Obits on retrouve plusieurs vétérans de la scène rock indépendante américaine ; et en particulier le chanteur/guitariste Rick Froberg (NDR: ex-Pitchfork, Drive Like Jehu et Hot Snakes) le guitariste Sohrab Habibion (NDR: ex-Edsel) et le drummer Scott Gursky (NDR: également impliqué au sein de Shortstack). Greg Simpson, le bassiste, complétant le line up.

Fondé en 2006 à Brooklyn, la formation vient donc d’enregistrer son premier elpee. Un disque découpé en 12 morceaux qui font la part belle aux guitares. Encore que régulièrement, la ligne de basse ondulatoire, pulsante (NDR : sur le morceau d’entrée, « Widow of my dreams », on a parfois l’impression d’entendre le doigté de Waters sculptant « Lucifer Sam ») confère une coloration plus souple aux compos. Duales, les six cordes réverbèrent des sonorités tour à tour caustiques, furieuses, vibrantes, effilées, urgentes sur un tempo solide, implacable, parfois tribal. Punk, rockabilly, surf, garage, power pop et blues alimentent cette solution sonore abrasée par les vocaux décapants de Froberg, dont les lyrics cyniques, malveillants accentuent cette sensation de sauvagerie et de menace. Deux exceptions confirment la règle. Tout d’abord « Run », une plage dont la frénésie est largement atténuée par le timbre diaphane quoique sinistre d’Habibion, alors préposé aux vocaux. Et puis en final « Back and Forth », une ballade mid tempo dont le refrain hymnique évoque les Stones de la mi-sixties. L’opus recèle, en outre, une cover de Kokomo Arnold. Intitulé « Milk cow blues », ce standard des années 30, avait été déjà été repris en son temps par Elvis Presley et Aerosmith. Mais cette version déchiquetée, reptilienne, est digne de Radio Birdman. Et puis si vous aimez les références, chez Obits, on retrouve l’une ou l’autre trace des Pixies, de Dick Dale, de Gun Club, de Sonic Youth, de Mission of Burma, des Sonics, et la liste est loin d’être exhaustive. Bref, cet opus devrait plaire à celles et ceux qui se branchent exclusivement sur l’intensité électrique alternative… mais mélodique…

Piwiz Trio

Piwiz Trio

Écrit par

Alors là, pour une surprise, c’est une surprise…

Un album tout à fait hors du commun, indéfinissable. Rien à voir avec la chanson française proprement dite, ce projet réunit le pianiste Pirly Zurstrassen, le guitariste Jacques Pirotton et la chanteuse Barbara Wiernik.

Un concept mi-classique, mi-jazz, traversé épisodiquement de paroles ou de ‘chabadabada’ et incluant quelques morceaux totalement instrumentaux.

On reste sans voix (comme Barbara dans quelques titres) face à une telle production. Propice à la méditation, ce ‘voyage musical’ est une invitation au calme, à la relaxation. Un opus destiné aux amateurs du genre… et aux curieux…