Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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Alberta Cross

Broken Side Of Time

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Tout commence pour Alberta Cross quand les deux membres fondateurs du groupe émigrent d’Angleterre vers les States. A Brooklyn, très exactement. Une fois sur place sur place, le chanteur/guitariste Petter Ericson Stakee et le bassiste Terry Wolfers (basse) cherchent à élargir leur line up. Qui accueille ainsi trois nouveaux renforts : le guitariste Sean Kearney, le drummer Austin Beede et le claviériste Alec Higgins. En avril 2007, le combo sort un mini-elpee, « The Thief and the Heartbreaker », puis en octobre un Ep, “Leave Us Or Forgive Us”. Mais la formation se forge une certaine notoriété en multipliant les tournées. Et est notamment choisie par Noël Gallagher pour assurer leur dernière tournée américaine. Et après avoir écouté les pépites de ce « Broken Side Of Time », il faut admettre que le combo n’a pas volé cette reconnaissance.

Ce qui frappe d’emblée, c’est la voix de Stakee. Bouleversante, nasillarde, elle évolue dans un registre d’aigus particulièrement impressionnant. La section rythmique est puissante et précise. Les guitares sont incisives. Les mélodies implacables. Les arrangements d’une subtilité surprenante. L’album s’ouvre par l’excellent «  Song 3three blues », une compo qui donne le ton. La maîtrise des crescendos est impressionnante. A l’instar de l’introduction opérée sur « Broken Side Of Time » et de l’outro exécutée sur « Rise from de Shadows ». Mais l’apothéose de cet album est sans aucun doute atteinte lors du majestueux « Old Man Chicago ». Une chanson que Ryan Adams cherche désespérément à écrire depuis la confection de son opus magistral « Heartbreaker », en 2000. Une exception qui confirme la règle : « ATX ». Une chanson plus que dispensable. En fait, Alberta Cross essaie d’y hausser le tempo. Et franchement, ce n’est pas du tout nécessaire. Et pour cause, c’est lorsque le rythme est paisible, que les compos font la différence. Sans jamais rien perdre en agressivité et puissance. Particulièrement réussi, leur mélange de blues, rock, country et folk n’est pas sans rappeler un certain Neil Young.

Groupe en devenir, Alberta Cross s’était produit sur scène lors de la dernière édition du Pukkelpop. Vous les avez manqués ? Dès qu’ils reviennent près de chez vous précipitez-vous pour assister à leur set. Vous ne le regretterez pas. Et puis, vu leur potentiel, je crains fort que la prochaine fois qu’ils reviendront chez nous, ce sera dans l’enfer de Werchter. A bon entendeur…

 

Pere Ubu

Long live Père Ubu

Écrit par

Dix-huit mois de travail ont été nécessaires à David Thomas pour réaliser ce projet particulièrement ambitieux. En fait, on est en présence ici d’une transposition musicale du célèbre et controversé « Ubu Roi » d’Alfred Jarry, pour lequel David a adapté les paroles et composé la bande sonore (NDR : pour cette dernière partie, il a quand même reçu la collaboration de Gagarin, bidouilleur particulièrement notoire dans l’electronica et l’ambient). Et cette pièce a été interprétée pour la première fois à Londres en 2007. Mais qui joue le rôle de Père Ubu ? David Thomas en personne ! Ses musiciens sont également de la partie. Ils sont d’ailleurs également impliqués dans l’écriture de la musique. Mais ont aussi participé physiquement à la pièce. Sans oublier la vocaliste/actrice Sarah Jane Morris (NDR : ex-Communards, Happy End), invitée à incarner celui de Mère Ubu.

Le tableau planté, il ne reste plus qu’à se laisser entraîner dans cet univers expérimental, atmosphérique, parfois postindustriel, mêlant instrumentation conventionnelle, et bruitages les plus divers comme les gémissements de claviers ou encore les éructations. Le tout balisé par les échanges vocaux opérés entre David et Sarah. Chantés ou déclamés. Et franchement, si le contenu est particulièrement intello, il n’est pas du tout désagréable à écouter et me fait même penser, même si les racines musicales sont diamétralement opposées, à un concept album comme les seventies ont tant engendré…

 

Magnolia Electric Co.

Coup de vent…

Écrit par

La formation menée par Jason Molina se produisait mardi soir au cœur de l’ABBox dans le cadre du « Tribute To Alan Lomax », l’hommage au grand artiste folk organisé par la salle bruxelloise. L’ex leader de Songs:Ohia est venu défendre son œuvre la plus récente, « Josephine », écrite à la mémoire d’Evan Farrell, leur bassiste décédé il y a peu.

20h10. Les lumières s’éteignent. Tirés à quatre épingles, Molina et ses camarades s’avancent tranquillement sur scène. Le songwriter arbore une petite moustache à la Tom Selleck. Le concert débute par le titre-maître du dernier recueil de la formation. « Josephine », le labeur le plus axé ‘americana’ de Magnolia Electric Co. se traduit par un spectacle ‘live’ chargé d’effets. Jason Molina en fait un peu trop et sa prestation souvent ‘surjouée’ devient exponentiellement agaçante au fur et à mesure que les titres s’enchaînent. Les musiciens, eux, s’en sortent largement mieux et parviennent à allouer de la substance aux morceaux les moins passionnants de « Josephine ». « Whip-Poor-Will » et « The Rock Of Ages » prennent ainsi tout leur sens.

Les membres de Magnolia Electric Co. privilégient les compositions les plus allègres de leur discographie. La force de l’écriture de Molina résidant principalement au cœur des compositions les plus affectées, on ne peut s’empêcher de ressentir une légère déception. Malgré la performance impeccable des musiciens, la formation a délivré un set tristement banal…

Organisation : Ancienne Belgique

(voir aussi notre section photos) 

Sugarock 2009 : samedi 19 septembre

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La cinquième édition du Sugarock festival a vécu… Cette année, pour fêter sa demi-décennie d’existence, le Centre Culturel du Pays des Collines (en collaboration avec la Maison des Jeunes Vaniche et le service de l’administration communale) avait axé sa programmation sur des artistes plus ‘professionnels’. Et l’affiche était des plus alléchantes. En effet, elle proposait des formations déjà bien rôdées, délaissant quelque peu le côté ‘amateur’ du festival tout en lui ôtant son caractère légèrement naïf. Mais un public clairsemé (NDR : à peine plus de 730 entrées à 23h30) dans une structure susceptible d’en contenir facilement le double, cela fait un peu vide. Une situation qui avait cependant également ses avantages : être à l’aise, avoir la vue dégagée et ne pas se faire écraser les pieds…

Les conditions sont idéales pour un festival. Une météo clémente a rendu les accès aisés (malgré d’importants travaux routiers à 200m) et le site est sec. Les bottes ne sont pas nécessaires. Le soleil est bien présent et les tenues vestimentaires sont encore estivales. Pas besoin de vestiaire, non plus. Il est 19 h. C’est le calme. Le public débarque progressivement. Sans se bousculer. C’est encore l’été. Tout le monde est heureux.

Les Templeuvois de Sioban ouvrent le feu. Vainqueurs du Tremplin Rock, le band tournaisien tente d’accrocher le public en dispensant un rock épuré dont les refrains sont calqués sur quelques succès des formations des nineties. Il n’est jamais facile d’entamer un festival. Défi difficile. Mais c’est le propre de ce type d’événement. La foule circule. Les spectateurs écoutent un morceau, puis sortent pour boire un coup. Il faut s’accrocher quand on est programmé en tout début d’affiche. Attention toutefois. A vouloir jouer fort, on joue peut-être trop fort et on arrive parfois à saturer les feuilles choux des mélomanes…

Vers 21h, les Bikinians embraient. Et concèdent déjà (NDR : une situation qui ne s’arrangera guère toute la soirée) un fameux retard sur l’horaire. Fort influencé par Supergrass, le groupe tente tant bien que mal d’assurer ! Bien imprégnés de leur musique, les musiciens et le chanteur (NDR : qui force un peu trop sa –pourtant jolie– voix) entraînent le public sous un jeu de lumières bien adapté. Hélas, la mauvaise qualité du son et quelques ‘longueurs’ nuisent à l’ambiance. Et c’est vraiment dommage car les Bruxellois méritent bien mieux au vu de la qualité de leurs compositions. Malgré la demande, aucun rappel ne sera accordé, le retard cumulé dépassant déjà l’heure !

Quarante minutes de préparatifs pour le set suivant nous permettent de nous balader dans les environs et de constater que le public est partagé entre deux générations : les ados d’une quinzaine d’année et les quadras. Peu ou pas de trentenaires et quasi pas de ‘papys du rock’…

Enfin, vers 22.20, An Pierlé, ronde comme son ballon (NDR : l’accouchement ne devrait plus tarder), entre à son tour sous les projecteurs. Tout en douceur, son show débute par une superbe mélodie interprétée par une non moins jolie voix. Le son est cette fois de très bonne facture. Il était grand temps. An enchaîne par une reprise de Deep Purple et son ballon en prend un coup !!! Elle alterne piano et accordéon, se caresse le ventre et fait rire toute l’assemble en déclarant (NDR : à un public fort bavard, manquant parfois de respect et d’attention) : ‘Demain, dans la gazette, on parlera de baleine chantante’. C’est vrai qu’elle ne manque pas d’autodérision. Mais la belle Anversoise assure, installe une ambiance du tonnerre et entraîne le public (NDR venu en masse pour elle) dans sa ‘folie’. On craint même parfois un accouchement prématuré sur le podium tellement elle se démène, n’hésitant pas à martyriser son piano et reprenant en fin de concert « C’est comme ça » des Rita Mitsuko. Un seul rappel –non prévu par l’organisateur– clôture sa prestation : une excellente reprise de Nirvana accordée en compagnie de son complice des claviers. Au piano à quatre mains. Un seul mot pour qualifier le show dont nous a gratifié An Pierle : (d)étonnant !!!

Il est plus de minuit lorsque les déménageurs entrent à leur tour dans l’arène : Pornorama pour ne pas les citer. Dès l’entame des hostilités, ils imposent un rythme plus hard malgré un son (NDR : une nouvelle fois) très limite. Néanmoins, les plus jeunes se déchaînent au pied de l’estrade. Mais hélas, après 40 minutes, le public commence à déserter le chapiteau. Quelques fans s’attardent : des habitués sans doute ou des gens qui en veulent pour leur argent. La musique, quoique répétitive, reste agréable à l’oreille. Il est près d’une heure du matin, Pornorama s’arrête sans avoir réussi à conserver l’ambiance qu’ils avaient créée au début de leur show. Les passions s’estompent…

Lorsque Soldout amorce son set, de clairsemé, le public devient quasiment anecdotique ; ce qui n’empêche pas le duo bruxellois d’essayer de ‘rallumer’ le feu une dernière fois. Auteur d’une prestation encourageante, malgré les désagréments de devoir terminer un festival, le groupe électro-funk convaincra les plus courageux. Ou si vous préférez, les derniers résistants ! Le temps et l’alcool ayant exercé leur effet, les assidus terminent leur festival en dansant au rythme bien balancé des synthés de Charlotte et David.

Fin de ‘soirée’. Il est près de trois heures du matin. Pour les uns, il est temps, de rentrer (ben oui, je suis dans la tranche des plus âgés !) ; pour les plus jeunes, la fête ne fait que ‘commencer’, comme ils disent. Elle promet d’être chaude. Et comme la buvette reste ouverte…

« Sugarock festival 2009 » est mort. Vive « Sugarock festival 2010 » !

(voir aussi notre rubrique photos)

 

Le Théâtre de la Ruche fait peau neuve

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Le Théâtre de la Ruche à Marcinelle vient d’être restauré. Réputée autrefois pour ses invités de marque (Renaud à ses débuts, Maurane, etc.), cette salle essaie de renaître de ses cendres en organisant ‘une scène chanson d’expression’ organisée par l’ASBL Charleroi-Chansons.

Cette manifestation fera la part belle aux ‘petits belges’, mais pas uniquement.  Tous les styles seront explorés, du rap au slam en passant par le jazz, le rock, etc.

Premiers concerts : samedi 19 septembre : Camping Sauvach et Daniel Hélin à 20 heures.  Le lendemain, dimanche 20, Géraldine Cozier, Gaëlle Cotte et Allain Leprest seront à l’affiche.

Pour plus d’infos : http://www.charleroichansons.be

 

Jamie who ?

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Le nouvel album de Jamie T, « Kings And Queens » est en tête des charts anglais ! Unanimement accueilli par la presse, il devrait truster les classements de fin d’année.

Les singles « Sticks’N’Bones » et « Chaka Demus » passent déjà sans arrêt sur Studio Brussels. La musique engagée et éclectique du nouveau Mike Skinner fait des ravages… et c’est plus que mérité !

**** ( 4/5) Stars - The Times - Q - Mojo - Uncut
****  (4/5) Stars - The Guardian - "Kings & Queens is a crowning succes!"
***** (5/5) Stars - Time Out - "Jamie T has decided to just pull up his trousers and bang out a masterpiece"

Track Listing

1. 368
2. Hocus Pocus
3. Sticks 'n' Stones
4. The Man's Machine
5. Emily's Heart
6. Chaka Demus
7. Spider's Web
8. Castro Dies
9. Earth, Wind and Fire

10. British Intelligence
11. Jilly Armeen

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/jamietwimbledon

 

Yo La Tengo

Popular songs

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Fondé à Hoboken, dans le New Jersey, Yo La Tengo fête donc son quart de siècle d’existence en sortant son douzième elpee. Intitulé « Popular songs », il peut se découper en deux volets de plus ou moins 35 minutes. Une première partie plus pop. Même le morceau d’ouverture, réminiscent du psychédélisme orchestral de Love. Seule différence, la compo s’étale sur plus de 6 minutes, alors que les huit autres chansons durent plus ou moins 3 minutes. Quatre d’entre elles trempent dans un folk pastoral, fort proche de Belle and Sebastian. En y ajoutant des claviers. Souvent rognés. Normal, puisqu’il s’agit d’un Hammond B3. Des claviers toujours aussi vintage sur le garage « Nothing to hide », qui autorise un superbe solo de guitare que n’aurait pas renié un certain John Mascis ainsi que tout au long du funkysant « Periodically double or triple » (NDR : pensez à Booker T.) et du plus ‘motownesque’ « If it’s true ». Reste l’éthéré, presque slowcore « By two’s », nappé de claviers flottants.

La seconde partie se limite à trois plages. Tout d’abord les 9’ de shoegazing dévolues à « More stars than there are in heaven », dans l’esprit de Slowdive. Ensuite deux instrumentaux. Soit « The fireside ». Un morceau contemplatif, presque ambient, dominé par les cordes de guitare acoustiques et traversé de bruitages électro de plus de 11’. La plage la plus dispensable de l’elpee. Enfin, « And the glitter is gone ». Soit 15’51 de noisy rock tentaculaire, décapant, hypnotique, terriblement dense, sauvagement destructeur, digne de Sonic Youth. Et pour que votre info soit complète sachez que c’est leur collaborateur de longue date Roger Moutenot, qui s’est chargé de la mise en forme.

 

And Also The Trees

When The Rains Comes

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Responsable d’un superbe album en 2007, intitulé « Listen For The Rag and Bone Man », And Also The Trees nous propose aujourd’hui une œuvre entièrement acoustique. Guitare sèche, accordéon, contrebasse, violoncelle, dulcimer et melodica trament les 14 plages de cet opus. Le tout envoûté par la voix emphatique, déclamatoire, majestueuse de Simon Huw Jones, responsable de textes sculptés dans la poésie romantique. Un seul inédit, « When the rains come ». Soit le titre éponyme. Les autres chansons sont puisées dans l’ensemble du répertoire de la formation insulaire. Il y manque sans doute la cover du « My Lady d’Arbanville » de Cat Stevens ; mais figurent bien dans le tracklisting « Virus meadow », « Vincent Craine » et « A room lives in Lucy », parmi les plus notoires. C’est-à-dire la quintessence de leur œuvre. Dans des versions dépouillées, intimistes, bouleversantes, hantées ; bref de toute beauté. La contrebasse de Ian Jenkins sert de fil conducteur aux compos. Les accords tout en délicatesse posés par Simon Huw Jones sur sa six cordes acoustique suintent de sensibilité. Parfois ses arpèges empruntent une forme classique, parfois son fingerpicking réverbère des accents hispaniques, parfois encore ses accords épousent une sensibilité très proche de la face acoustique du célèbre « Albatross » de Fleetwood Mac. La classe ! La formation insulaire se produira sous cette configuration le 28 octobre à Caen et le 30 à Paris, le 1er novembre à Colmar, le 2 à Lyon, le 3 à Marseille, le 4 à Toulouse, le 5 à Nantes, le 6 à Bordeaux, le 7 à Limoges et le 14 à Dison (NDR : c’est près de Liège). Rien pour l’instant de prévu pour le Nord de la France et de la Belgique.

 

 

Farm

Écrit par

Fondé en 1984, Dinosaur Jr. est considéré comme une inspiration majeure pour le mouvement ‘grunge’. Une formation légendaire fondée par John Mascis et impliquant à l’origine le bassiste Lou Barlow et le drummer Murph. L’histoire de Dinosaur Junior n’est pas un long fleuve tranquille, puisque les tensions au sein du groupe (NDR : Barlow va rebondir à travers différents projets, et en particulier Sebadoh, Sentridoh ou encore Folk Implosion) vont inciter ces deux derniers à se lancer dans de nouvelles aventures, laissant John seul à la barre de son combo (NDR : on peut même dire que ses nouveaux acolytes vont passer, même repasser, sans trop souvent s’attarder). Le line up originel commettra quand même trois elpees. Et les 5 albums suivants, dont le très réussi ‘Green Mind’, sont à mettre à l’actif de la discographie solo de Sir Mascis. Et pourtant, en 2004, le groupe décide de se reformer sous son format originel. Il accorde même toute une série de concerts. Avant de publier, en 2007, un long playing intitulé « Beyond ». « Farm » constitue donc leur second essai, depuis sa reformation.

Je dois avouer ne pas m’être trop intéressé à « Beyond ». Et pour cause, comme je l’ai déjà confessé, le come-back des vieilles gloires me laisse plutôt perplexe. Aussi, on ne peut pas dire qu’avant de m’imposer l’écoute de la nouvelle livraison de Dinosaur Jr, j’étais particulièrement enthousiaste. Grave erreur ! Car j’ai pris immédiatement une bonne claque rock n’ roll ! Et de conclure que cette reformation était une excellente idée. De quoi m’insuffler une bonne dose de tonus pour poursuivre quelque temps encore mon inlassable recherche musicale...

Comme le bon vin, Dinosaur Jr. s’améliore avec l’âge. « Farm » constitue manifestement un de ses meilleurs albums. Mascis impressionne sur sa six cordes. Il n’a jamais aussi bien chanté. L’émotion est palpable. Les ballades rock sont touchantes et inspirées. A l’instar d’« I Want You To Know ». Très Peal Jam. Toutes guitares dehors. Et le très réussi « Said The People » est de la même trempe. En outre, les compos les plus laidback passent bien la rampe. « See You » en est le plus bel exemple. J. Mascis est probablement un des meilleurs guitaristes de sa génération. Mais ses solos sont toujours mis au service des compositions du trio. Sans trop en faire mais en en faisant tout de même des tonnes, sa guitare renverse tout sur son passage. Le fantôme de Neil Young (NDR : oui oui) parrain naturel du grunge, n’est jamais loin. « Your Weather » le confirme. Mais le sommet de l’opus est atteint sur « Pan », une remarquable ballade qui mériterait de figurer au panthéon des plus belles chansons rock. Ni plus ni moins !

Un célèbre dessin-animé prétendait que ‘Denver’ était le dernier des dinosaures. Faux ! Tant que Dinosaur Jr. enfantera de semblables opus, la race sera préservée. Eddie Vedder pleurerait pour composer un seul de leurs morceaux. Et si Dinosaur Jr. est une légende, « Farm » démontre qu’elle est encore bien vivante…

The Dodos

Time to die

Écrit par

Pour enregistrer leur troisième opus, The Dodos a reçu le concours d’Ek à la production, un personnage dont la carte de visite mentionne la mise en forme de disques de Fleet Foxes, de Band Horses et des Shins. Mais de là à comparer la formation californienne à cette dernière, il y a un pas que je ne franchirai pas. C’est pourtant ce qu’une certaine presse spécialisée essaie de nous faire croire. Anglo-saxonne en particulier. A mon humble avis, elle ferait bien de retourner au lit…

Bref, venons-en à ce « Time to die ». Pas un titre rigolo, mais manifestement adapté aux lyrics. Peut-être un des seuls reproches que l’on puisse faire au groupe. Des textes trop occultes traitant notamment de mort, de suicide et autres thèmes morbides. A contrario, la musique pète des flammes. Le line up est donc officiellement élargi à un trio. Keaton Snyder se chargeant du xylophone (surtout, même en tirant des sonorités à l’aide d’un archet) et des percus (parfois). Si sur les planches, ses interventions sont plutôt discrètes, sur disque elles apportent une dimension supplémentaire aux compos. Pas sur tout l’elpee, mais sur une bonne moitié. A l’instar du morceau d’ouverture, « Small death », titre découpé en trois mouvements, au cours duquel ses interventions épousent littéralement les lignes de guitares distordues de Meric Long. Du carillonnant « Two medecines », du sinueux « Troll nacht » et enfin du titre maître, caractérisé par ses fréquents changements de tempo, un morceau qui me rappelle étrangement le climat entretenu tout au long du le 3ème album de Led Zeppelin (NDR : oui, oui, le plus acoustique). Mais sous un format plus pop que rock. Une impression qui fait d’ailleurs régulièrement surface, en écoutant cet elpee. Parce que cordes acoustiques voire semi-acoustiques (NDR : il y a un zeste d’électricité quand même) ainsi que percus tribales, pulsantes, propulsives, percutantes, syncopées, complexes, vivifiantes mais tellement subtiles alimentent les 9 morceaux de cet opus. A la gratte Meric Long alterne fingerpicking et arpèges enfiévrés. Aux drums, Logan Kroeber établit les différents tempi. Qui peuvent varier plusieurs fois a sein d’un même morceau. Et lorsque la frénésie contamine une compo, on est comme emporté par un tourbillon dévastateur. Mais le combo prend soin de préserver un sens mélodique particulièrement contagieux que lustre le timbre vocal ondulatoire, sucré, de Meric (NDR : circonstanciellement rejoint en harmonie par la voix de Logan), à la manière d’un Paul McCartney. Un des albums de l’année !

 

Fat Freddy’s Drop

Dr Boondigga & The Big BW

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Essentiellement notoire pour ses longues ‘jam sessions’ et ses nombreux concerts, Fat Freddy’s Drop est un ensemble néo-zélandais. Issu de Wellington, très exactement. Son premier elpee studio, « Based On A True Story », est paru en 2005. Le style ? Un mélange de roots, de jazz, de reggae, de soul et de blues. Le line up ? Un septuor dont la technique est aussi redoutable qu’impressionnante. Impliquant de nombreux cuivres, un claviériste un guitariste et un Dj. Sans oublier Joe Dukie, chanteur au timbre délicat. L’année de leur formation, le combo a trusté les récompenses aux ‘New Zealand Music Awards’ (NDR : meilleur groupe, meilleur album, etc.) Ce qui lui a permis de partir en tournée à travers le monde.

Deuxième opus, « Dr Boondigga & The Big BW » évolue toujours dans le même style. Fat Freddy’s Drop s’abandonne très souvent dans de longues compositions qui pourraient se révéler lassantes au fil de l’écoute. Heureusement, les variations constantes et percutantes permettent d’accrocher l’esprit. Du tracklisting j’épinglerai cependant l’électro-jazzyfiant « Big BW », l’électro-dub « The Raft » et les reggae blues « The Camel » ainsi que « The Nod ». Bref, ce « Dr Boondigga & The Big BW » entretient une ambiance idéale pour celles et ceux qui rêvent de prolonger leurs vacances…

-M-

Mister Mystère

Écrit par

Six ans après « Qui de nous deux ? » et après avoir collaboré de très près à la confection de l’excellent album de Vanessa Paradis « Divinydille », en 2007, -M- nous revient enfin ‘seul’. Pour un quatrième opus intitulé « Mister Mystère ». Afin de nous faire patienter, « Le roi des ombres », arrivé sur les ondes le 21 juillet, nous avait immédiatement mis l’eau à la bouche. 

Enfin, le sept septembre, il est là ! Le voilà. Généreux, -M- nous a concocté un emballage original : dans un boîtier cartonné non pas rose mais entièrement noir et blanc sont réunis (comme dans un coffre contenant un trésor) un Cd de 13 titres et un Dvd. Sorte de mini-clips vidéo, ce dernier reprend les chansons ‘imagées’. Y figurent également quatre titres ou plus exactement quatre textes signés Brigitte Fontaine mis en musique et interprétés par Mathieu. Oserais-je dire moins intéressant ‘musicalement’ parlant… ?

Et le reste ? Ah, l’album, les chansons… Treize morceaux, treize nouvelles perles qui transforment cette succession de titres en superbe petit collier dans notre coffret à bijoux.

Sa voix haut-perchée, ses guitares, ses mélodies, sa poésie, ses sentiments nous rassurent. Le changement de maison de production n’a en rien affecté ses qualités d’auteur-compositeur. Egal à lui-même, -M- nous gratifie de titres plus emballants, plus dansants les uns que les autres.

Sur des textes (NDR : parfois osés) de Brigitte Fontaine, George Ketrek, Hocine Merabet, de son papa Louis ou de lui-même, -M- nous emporte dans des rythmes chaque fois renouvelés, différents, dans un style indéfinissable qui lui est propre, ce qui fait toute son originalité, sa personnalité, son charme. -M- n’appartient à aucun courant, il est ‘le courant’ et il nous emmène dans ses rapides, ses tumultes, hors desquels il est plus que difficile de sortir, une fois le voyage entamé.

Et pourtant, fini le look ‘rose bonbon’, finies les chansonnettes d’un artiste asexué, -M- n’est plus un ‘enfant’, il passe un cap, devient ‘homme’. Il explore les méandres de l’âge adulte, il décline ses thèmes en noir et blanc. Ses chansons sont engagées, osent, choquent parfois…

Mais sa voix (son plus bel organe ???) nous emmène. Voix inégalable, inégalée qui nous conduit dans un éventail de directions parfois diamétralement opposées : la poésie, l’humanitaire, le réel, l’irréel, le fait divers, le sexe, la décadence...

-M- ose prendre certains risques, il réussit à mettre tout cela en musique, et quelle musique ! Préparons-nous à une déferlante d’extraits sur les ondes. « Est-ce que c’est ça », « Phébus », « L’élixir », « Semaine », « Amsétou », « Tout sauf toi » vont rendre à -M- ce qui lui appartient et qu’il mérite : notre reconnaissance. Et puis, notre plaisir… 

Vite, vite, le concert !

Magnolia Electric Co.

Josephine

Écrit par

Les travaux de Magnolica Electric Co. n’ont jamais été particulièrement joyeux. Et le cinquième ouvrage de la bande à Jason Molina est loin de constituer une exception à la règle. D’autant que « Josephine » est hanté par le fantôme d’Evan Farrell, bassiste de la troupe qui s’est éteint l’an dernier. Résolument tourné vers les sonorités country, « Josephine » est une œuvre touchante (« Heartbreak At Ten Pace »), affectée (« Map Of The Falling Sky »), mais également pleine d’espoir (« Hope Dies Last »). Elle ne manque d’ailleurs pas de souligner le talent d’écriture indéniable du prolifique Molina.

Bien qu’il n’arrive pas à la cheville du très bon et sous-estimé « Fading Trails », publié en 2006, ce nouvel ouvrage recèle quelques merveilles du genre (« Song For Willie », « Knoxville Girl ») et des morceaux un peu moins indispensables (« Shenandoah », « Shiloh », « The Rock Of Ages », « An Arrow In The Gale »). « Josephine » trace une nouvelle route pour Magnolia Electric Co. L’œuvre est certes honorable mais il aurait peut-être été préférable que Molina et ses camarades continuent à tracer celle sur laquelle ils s’étaient engagés…

 

Eros Ramazzotti

Ali e radici

Écrit par

Aaaah, le retour du beau Romain ! Il nous revient pour un quinzième album, compilations et ‘live’ compris. Pas de surprise, pas de déception, pas de découverte. Juste une jolie galette réunissant onze titres sonnant comme des petites perles pleines de Chianti, de soleil et de jolies femmes… Mmmm ça sent bon les vacances, l’Italie, la plage et les petits plats sardes ou siciliens.

A bientôt quarante-six ans (il les fêtera le 28 octobre), Eros continue à charmer un large public qui éprouve toujours autant de plaisir à retrouver ses albums, année après année. Entamée en 1984 lors du festival de San Remo, sa carrière rencontre, depuis lors, un succès jamais démenti. Son premier hit « Una storia importante » s’est vendu dans les pays francophones, à plus d’un million d’exemplaires. C’est dire ! Les plus grands se bousculent au portillon pour enregistrer en compagnie du bel Eros : Andrea Bocelli, Joe Cocker, Cher, Tina Turner, Luciano Pavarotti, Laura Pausini, Anastacia, Patsy Kensit, Ricky Martin...

Pas de duo et même pas un invité sur le dernier né. Retour aux sources pour ce onzième disque studio. Le single « Parla con me », sorti quelques semaines avant la sortie de l’elpee, s’écoute et se réécoute avec le même plaisir. Tous les ingrédients sont réunis : musique pop savoureuse, refrain accrocheur, voix éraillée. Instinctivement, les doigts se mettent à claquer ; et si on conduit son véhicule, on tapote le volant. Manifestement la meilleure plage du Cd.

Pas d’inquiétude à avoir, les dix autres restantes sont également de très belles réussites. A retirer du lot quand-même : « Appunti e note » en ouverture, « Affetti personali », « Controvento » et « Non possiamo chiudere gli occhi » au rythme plus ‘dansant’.

Pas d’hésitation, vous aimez le pays, la langue, l’artiste ? Allez-y, achetez ! Vous êtes amoureux et voulez offrir un cadeau original ? Même conseil ! Elle tombera sous le charme (NDR : le sien, hélas…)

Attention, Eros Ramazzotti sera en concert chez nous les 30 et 31 octobre ainsi que le 1er novembre prochains à Forest National (Bruxelles). Pour avoir vu son concert au Stade Olympique de Rome en Dvd et si vous êtes amateur du genre ou simplement curieux, précipitez-vous afin de vous procurer les derniers sésames. A ne pas manquer !!!

 

Bowerbirds

Upper Air

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« Upper Air » constitue le second elpee de Bowerbirds, un combo issu de Raleigh (NDR : c’est en Caroline du Nord). Il fait suite à « Hymns For A Dark Horse », paru en 2007. Alors que leur précédent opus souffrait d’une longueur excessive ou s’égarait dans une certaine confusion, celui-ci se limite à 10 plages. Et c’est un véritable soulagement ; car la créativité a été bien mieux canalisée, rendant les compos plus limpides. En outre, les bonnes nouvelles s’accumulent, car ce disque est particulièrement réussi. Il pourrait même devenir un des sommets de l’année 2009, dans l’univers du néo-folk.

Beth Tacular et Phil Moore constituent la clef de voûte du trio. Ils se réservent respectivement l’accordéon et la guitare. Et se partagent quelques percus. Leurs voix sont douces et profondes et se conjuguent à merveille. Troisième larron, Matt Damron se charge des fûts. Excellent sixcordiste Moore égrène ses accords minimalistes et en apesanteur. Au piano à bretelles, Beth joue parcimonieusement. Une approche instrumentale particulièrement épurée qui accentue l’intensité émotionnelle des chansons. Les arrangements sont discrets, soignés et réussis. Ce qui n’empêche pas le combo de diversifier leur instrumentation. Un peu de basse quand même. Comme sur le magnifique « Beneath Your Tree ». De quoi souligner l’aspect sombre et grave de cette compo et renforcer la puissance de la mélodie. Et puis du piano. Très subtil sur le magnifique « Nothern Lights », un morceau caractérisé par les splendides harmonies vocales. La musique de Bowerbirds nous invite à redécouvrir les grands espaces américains. On imagine ces musiciens jouant dans une vieille cabane, perdue quelque part au plus profond de l’Amérique rurale. Quant aux cinéphiles, ils verraient facilement cette solution sonore comme B.O. pour accompagner les films de John Ford.

Non seulement « Upper Air » pourrait être consacré album folk de l’année, mais il possède toutes les spécificités pour entrer dans l’intemporalité. La scène néo-folk indépendante multiplie les miracles depuis quelques années. Après Iron & Wine voici deux ans et Bon Iver en 2008, Bowerbirds se pose comme une nouvelle révélation du folk américain.

White Denim

Fits

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« Fits » constitue le troisième opus de White Denim. Pas facile de s’y retrouver dans leur discographie, puisque le tout premier, « Workout Holiday », était destiné au Vieux Continent, alors que le deuxième, « Exposion » était réservé aux States. Ces deux premiers opus sont d’ailleurs parus en 2008. Ces disques sont passés complètement inaperçus pour le mélomane lambda. Par contre, la presse spécialisée a vivement acclamé ces sorties. Douze mois plus tard, le trio texan (NDR : d’Austin, très exactement) nous propose donc son troisième elpee. 

A l’instar du précédent opus, la musique de White Denim agrège une multitude de styles. Depuis le jazz au punk, en passant par le funk, la country, la bossa nova, le garage, le folk, la country, le psychédélisme et le rock. Et la liste est loin d’être exhaustive. En fait, en douze plages, la formation parvient à revisiter quatre décennies de l’histoire du rock. Depuis Woodstock, pour être plus précis ! Hanté par le spectre de Jimi Hendrix, « Radio Milk How Can You Stand It » en est probablement la plus belle illustration. Et puis, les fantômes de Jim Morrison, Nick Drake, John Bonham, Syd Barrett, Fred ‘Sonic’ Smith ou encore Elliott Smith rôdent également tout au long de l’œuvre. Thom Yorke, également. Mais lui est encore vivant. Tout comme Rocky Erikson. Mais bon, là c’est pour lui renvoyer l’ascenseur…

Sur chaque plage, White Denim parvient à créer un univers spécifique, sans pour autant nuire à l’homogénéité de l’opus. Une performance sans doute due à la maîtrise technique et au talent des musiciens. Tant le bassiste Steve Terebecki (NDR : ex-Peach Train) dont la dextérité sur sa quatre cordes est absolument stupéfiante (NDR : « Start To Run » en est sans doute le plus bel exemple) que le batteur Joshua Block, dont la souplesse du drumming élargit considérablement le style du combo. Dynamisé par des percus latino vivifiantes, « El Hard Attack DCW YW » constitue un bel aperçu de sa virtuosité. Reste alors au chanteur/guitariste James Petralli à apporter la touche finale aux compos. Et ma foi, il y parvient sans rencontrer la moindre difficulté. En se posant même comme la pièce fédératrice du band.

A découvrir absolument ! Et surtout à ne pas laisser végéter dans la zone crépusculaire de l’underground.

 

Passion Pit

Manners

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Avant de constituer un quintet, Passion Pit était avant tout le projet très personnel de Michael Angelakos. Au départ, « Chuck Of Change », son premier Ep, n’était en effet destiné qu’aux oreilles de sa dulcinée. Celle-ci n’a évidemment pas manqué de partager l’original cadeau de Saint-Valentin avec tout son entourage. Le projet a ainsi fait son petit bonhomme de chemin et, très vite, Angelakos s’est entouré de quatre camarades de route avant d’être enrôlé par Sony et de créer le buzz sur la toile en concoctant « Manners », son premier elpee.

Emmené par l’inévitable single « Sleepyhead », déjà présent sur l’Ep « Chuck Of Change », « Manners » est entièrement construit autour de sons de synthés et de boîte à rythmes qui servent essentiellement à souligner la voix d’Angelakos. Celle-ci n’a pas grand chose de spécial en soi mais parvient à plonger l’auditeur dans son univers fantaisiste de la troupe et le garder en haleine tout au long de l’œuvre. Les chœurs enfantins du génial « The Reeling » ou « Let Your Love Grow Tall » ajoutent une petite touche de magie plus que bienvenue. Mais comme pour toutes les formations émergeant d’un buzz, on attendra la suite avant de crier au génie…

Discovery

LP

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Projet loufoque initié par Rostam Batmanglij, claviériste et producteur de Vampire Weekend, et Wes Miles, figure de proue de Ra Ra Riot, Discovery délivre un premier essai déconcertant. Le duo a manifestement décidé de prendre les fans de leurs formations respectives à contre-courant. Tandis que Jay-Z clame haut et fort à qui veut l’entendre que l’autotune est mort et enterré, Discovery balance une œuvre presque entièrement consacrée à la technique qui a renfloué les caisses de Daft Punk (« One More Time ») ou encore Kanye West (« Love Lockdown »). Batmanglij et Miles mettent également à l’honneur le synthé vintage qu’ils fusionnent sans gêne, aucune, à une dose limite de R’n’B et de Hip Hop.

Il fallait oser, mais le duo parvient à garder le cap et à produire une œuvre contemporaine et cohérente. Le projet est d’ailleurs appuyé par la présence d’Ezra Koening (Vampire Weekend) et Angel Deradoorian (Dirty Projectors) qui prêtent leurs cordes vocales aux divagations de leurs camarades. Divagations qui laissent par moment un peu trop perplexes (la reprise inutile des Jackson 5 rebaptisée « I Want You Back (In Discovery) ». « LP » constitue un délire bon enfant, à apprécier avec beaucoup de modération. Un bon conseil aux allergiques du R’n’B et de l’autotune : éloignez vous de cette plaque.  

 

Cardamome Trio

Calligraphie

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‘Trio’, donc trois ! Qui sont-ils, d’où viennent-ils, que font-ils ? Commençons par le commencement. Le line up réunit trois musiciens de formation classique. C’est-à-dire la violoniste Chikako Hosoda, le violoncelliste Sébastien Walnier et le pianiste Harold Noben qui signe également toutes les compositions. Liégeois d’origine, Harold et Sébastien font toutes leurs ‘gammes’ au conservatoire de Liège. La violoniste nipponne rejoint la principauté en 2000 et intègre à son tour l’établissement ‘royal’.

L’envie de composer d’Harold le pousse à s’entourer et c’est donc tout naturellement qu’il contacte ses deux futurs ‘complices’ afin de mettre sur disque ses créations originales. Ils forment ainsi le Cardamome Trio et sortent leur premier opus « Calligraphie »

Acoustique, cet elpee est découpé en sept plages, sept ballades instrumentales qui voyagent au sein d’un univers sonore partagé entre classique, jazz et world. Un concept bien personnel, très diversifié et apaisant. Les meilleurs moments pour écouter cette musique ? En travaillant au bureau, comme fond sonore lors d’un repas ou lors d’une envie d’évasion, de solitude ou tout simplement pour le plaisir d’écouter ‘autre chose’…

 

Natasha St Pier

L’esprit de famille

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Elle n’a toujours que 28 ans, mais vient déjà de sortir son sixième album. Un disque pour lequel elle a reçu le concours de Pascal Obispo. Non content d’avoir assuré la production et de signer quelques chansons, il a participé activement aux sessions d’enregistrement. On le retrouve ainsi tantôt aux guitares, aux chœurs ou au piano. Sa griffe est facilement reconnaissable et donne un cachet plus dynamique à la jolie voix de Natasha sur quelques trop rares morceaux.

Dans la lignée des Hélène Ségara, Lara Fabian et consorts, Natasha St Pier chante l’amour. Surtout ! Elle se risque quand même à quelques textes plus autobiographiques. Les plus aboutis. L’amour, omniprésent tout au long du disque, embrasse différents thèmes : le couple, l’amour déçu, la famille, la plénitude… Découpé en 11 plages, l’elpee va (NDR : hélas ?) à peine au-delà des 40 minutes. Pour un contenu qui ne m’a guère enthousiasmé. Car le ramage est bien inférieur au plumage !!! Evidemment, de ce constat, les fans de la jolie Canadienne n’en ont cure et il ne les empêchera certainement pas d’écouter la belle avec délectation…

 

The Disciplines

Smoking Kills

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The Disciplines, c’est l’escapade garage rock norvégienne de Ken Stringfellow, l’un des ex-leaders du groupe power pop américain The Posies. Bien que relativement discret de ce côté-ci de l’Atlantique, la formation yankee a rencontré un certain succès commercial aux Etats-Unis. Et notamment ses albums « Frosting on the beater » et « Dear 23 ». Le groupe en a édité 8, entre 1988 et 2005 ; il a même vu deux de ses chansons intégrées dans le système d’exploitation de Windows Vista. Depuis 2008, le chanteur/guitariste américain vit en Europe où il s’est associé à trois anciens membres du groupe pop norvégien Briskeby, pour former The Disciplines.

Heureusement, pour les rockers que nous sommes, Ken et ses amis nordiques ont eu la bonne idée d’enregistrer un Cd sis à mille lieues du rock indie mollasson des Posies ; et à une distance encore plus conséquente de la pop rock ultra commerciale commise par Briskeby. En effet, « Smoking Kills » est un excellent disque de garage rock (mélodique).

Titre d’ouverture, « Yours For The Taking » déboule à toute allure. La basse est agressive. La guitare réverbère un son vintage. Les vocaux de Stringfellow son tapageurs ; mais il les rend parfois hésitants à la manière de Roger Daltrey (NDR : pensez au « My Generation » du Who). Cette chanson est un tube rock en puissance et probablement un des meilleurs morceaux de l’album. « Wrong Lane » et « Get it right », les deux plages suivantes, sont du même acabit.

La musique des Disciplines lorgne tour à tour vers les Kinks, les Stooges et même les Rolling Stones (« I got Tired »). « There’s a law » s’inspire cependant davantage des Hives voire de Nirvana. Le garage rock du combo américano-norvégien s’avère cependant suffisamment mélodique pour ne pas uniquement s’adresser aux aficionados du rock le plus dur.

L’album a été très bien accueilli en Norvège, à sa sortie, durant l’été 2008. Le single « Oslo » (NDR : qui n’est pourtant pas le meilleur titre du Cd) a été diffusé toutes les heures (en heavy rotation) pendant 18 semaines, sur les ondes nationales norvégiennes.

« Smoking Kills » paraîtra chez nous début septembre. Il risque bien d’être la bonne surprise de la rentrée.