La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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La rétrospective de Snow Patrol

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Les Anglais de Snow Patrol s’apprêtent à publier leur premier best of, intitulé « Up To Now ». Il s’agira d’une double compile comprenant aussi bien les singles que des raretés et des enregistrements publics. La rétrospective sera précédée du single inédit « Just Say Yes ».

Bye Bye LCD Soundsystem

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Pas d’inquiétude, la formation menée par James Murphy ne se sépare pas. Au contraire, celle-ci revient sur le devant de la scène. LCD Soundsystem publiera son nouveau single, « Bye Bye Bayou » le 24 novembre. Il s’agit d’une reprise complètement réinventée d’Alan Vega, leader de Suicide. Le troisième opus des Newyorkais devrait suivre. Pour les plus impatients, l’Ep « 45:33 : The Remixes » vient d’être publié. La galette contient des versions retravaillées de l’énorme « 45:33 » par, entre autres, Prins Thomas, Runaway et Pilooski. 

Small Boat, big ambition…

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En 2006, Ed Laurie avait enregistré un mini album autoproduit. Et le produit de la vente de cet opus lui avait permis d’acheter ses instruments. Il ne restait donc plus qu’à se lancer dans la grande aventure. Et c’est chez le label Tôt ou Tard (Patrick Watson, Sébastien Tellier, Mathieu Boogaerts, etc.) qu’il va trouver la famille pour le mettre sur les rails. Ed sortira son premier album le 2 novembre prochain. Il s’intitule « Small Boat Big Sea ». Si vous appréciez la voix de Peter Van Poel ou encore de Randy Newman, vous ne pourrez que succomber sous son charme. Né d’une mère d’origine russe et brésilienne et d’un père anglais, Laurie reconnaît parmi ses influences majeures des artistes aussi différents que Jacques Brel, Chet Baker ou encore Cesaria Evora. Tout un programme ! On attend la suite sur disque…

http://www.totoutard.com

Eels et la fin du monde

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Le nouvel album d’Eels paraîtra ce 18 janvier 2010. Il s’intitulera « End times ». Il s’agit déjà du huitième album studio. Peu d’infos, hormis que la plupart des compos ont été enregistrées dans la cave d’Oliver Everett alias E.

Track list:

01  The Beginning
02  Gone Man
03  In My Younger Days
04  Mansions of Los Feliz
05  A Line In The Dirt
06  End Times
07  Apple Trees
08  Paradise Blues
09  Nowadays
10  Unhinged
11  High and Lonesome
12  I Need a Mother

13  Little Bird
14  On My Feet

Pour plus d’infos : http://www.eelstheband.com

 

Quand les Cow-boys collaborent…

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Jason Molina et Will Johnson ont collaboré à l’enregistrement d’un nouvel elpee tout simplement intitulé « Molina and Johnson ». Dans la foulée, ils accompliront ensemble une tournée européenne. Enregistré en 10 jours, cet opus devrait sortir en Europe, au cours du mois de décembre, sur Secretly Canadian. On annonce les 10 morceaux de ce disque comme un chaînon manquant entre Songs : Ohia et South San Gabriel. Ben, c’était pas trop difficile à diagnostiquer. En outre les deux acolytes se produiront en concert dans le cadre du 15ème anniversaire de Toutpartout, qui se déroulera ce 28 novembre au Botanique. Immanquable pour tout amateur de folk qui se respecte.

Pour plus d’infos : http://www.secretlycanadian.com/artist.php?name=molinaandjohnson

 

Plus qu’une simple fantaisie.

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Déjà bien occupé par ses collaborations opérées auprès d’Arcade Fire, Beirut et The Last Shadow Puppets, ainsi que par la confection de ses œuvres solo, Owen Pallett est insatiable. Son projet Final Fantasy proposera un nouvel opus ce 11 janvier 2010. Il s’intitulera « Heartland ». Les sessions d’enregistrement on nécessité 9 mois de travail au violoniste canadien.

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/ffinalffantasy

 

La Nueva Banda de Santisteban

Sabor a Fresa

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Le stock de l’écurie Vampisoul n’en finit pus d’encombrer nos tiroirs. Tantôt superbes, tantôt pitoyables, les différents artistes que le label à décidé de ressusciter, baignent, en général, au sein d’univers plutôt cocasses. Alfonso Santisteban appartient à cette catégorie de joyeux lurons. Insatiable et généreux, il déclame sa passion du soul-jazz, sans retenue. Mais pour le coup il n’est pas seul ; et c’est sous le doux patronyme de La Nueva Banda de Santisteban qu’il décide d’inviter à remuer les hanches. Enregistré en 1971, « Sabor a Fresa » déborde de ‘padapadapada’ dignes d’une bande sonore destinée à un film consacré aux mythiques Gendarmes de Saint-Tropez. En écoutant ces plages ( ?!?!?) les yeux fermés, on s’imagine facilement au volant d’une Citroën Méhari, sillonnant les corniches du sud-est de la France. Le sourire radieux aux lèvres et les lunettes de soleil bien vissées sur la tête, on laisse le vent fouetter nos visages et rafraîchir nos corps. Cette réédition marque un véritable retour à l’innocence et une ode à la chill attitude. Ces rythmes, ces cuivres, ces accents yéyés, il ne reste plus qu’à laisser opérer la magie. Que demander de plus ?  

 

 

Leopold Skin

The Blue House Dandelions

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Après Delano Orchestra et St Augustine, le label français Kütü Folk continue à nous réserver de bonnes surprises. Et Winter & Bonfire, le nouveau projet monté par Leopold Winter, St Augustine et A-Delano, en est un autre exemple. Bref, Clermont-Ferrand est apparemment occupé de devenir la capitale du folk hexagonal. Vous pensez déjà à Zak Laughed, ce fameux songwriter de 14 ans ? On y reviendra. En attendant, penchons-nous sur le cas de Leopold Skin.

Le chanteur français nous propose donc son premier elpee. Un disque qui synthétise un demi-siècle d’histoire de la musique folk. « The Blue House Dandelions » aurait cependant pu se muer en exercice de style académique. Il n’en est rien. Bien sûr, l’opus souffre de quelques faiblesses ; et puis son intemporalité grève son originalité ; mais en général il reste agréable à écouter. Les compos oscillent entre folk, rock et country. Les vocaux sont doux et mélancoliques. Cithare, guitare, banjo, mandoline et harmonica constituent la base instrumentale. Mais au sein du tracklisting, j’épinglerai quand même deux plages. Tout d’abord « Wild Flowers ». S’ouvrant dans un style emprunté à Johnny Cash et épanchant une sensibilité digne d’Elliott Smith, elle se transforme, en fin de parcours, en chorale réminiscente de Polyphonic Spree. 5 minutes de bonheur ! « Flowers & Trees » ensuite. Une compo à la mélodie contagieuse, au cours de laquelle les deux voix se conjuguent à la perfection. Après avoir écouté ce titre, vous vous rendrez compte du grand vide laissé par St Thomas, à sa mort.

Leopold Skin possède un talent indéniable. Nonobstant l’une ou l’autre lacune, compréhensible lors de la confection d’un premier elpee, « The Blue House Dandelions » affiche un potentiel qui devrait lui ouvrir la voie du succès. J’utilise le conditionnel, car je crains fort qu’il ne le récolte jamais…

Lionel Solveigh

Home

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L’ami Solveigh est un chic type. Derrière sa moustache se cache un sourire discret, celui qu’il vous adresse dès que vous lui adressez la parole. Ce sourire vous accueille lorsqu’il vous invite chez lui, dans son « Home ». Comment refuser l’invitation ? La porte de sa demeure reste constamment ouverte, et lui rendre visite est une manière d’accepter cette invite. Dans son antre, à la lumière de bougies parfumées, il vous montre son métier à tisser. Celui où il compose toutes ses mélodies. Fil après fil, il construit son œuvre, n’oubliant jamais un nœud ou un millimètre de coton. Balançant la navette d’un coté à l’autre du métier, Lionel s’emballe et s’enroule dans un bien-être circonstancié. En y ajoutant une douce fragrance de cannelle et de sucre, les éléments se collent les uns aux autres. Par magie. En douceur. Comme si on les avait chauffés avec le cœur. Du bien bel ouvrage découpé, in fine, en dix morceaux. Et si l’esprit de Sam Beam voir de Dylan n’est pas loin, ils ont également l’ambition de cristalliser tout ce qu’ils touchent. Et y parviennent sans effort. « Home » rend beau à l’intérieur de tout être qui l’entend et qui l’accepte. « Home » est un petit cadeau, un album qu’on redécouvre à chaque écoute et qui, à la fin de son périple, nous procure quelques instants de bonheur. Quand je vous disais que c’était un chic type Lionel…

http://www.youtube.com/watch?v=C1oJkpgqXpY&feature=PlayList&p=4857AB428E3BB1A7&index=0
 

 

 

Various Artists

Sensacional Soul Volume 2

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Oh yeah ! Cette réédition signée par le label Vampisoul va vous mettre une grande claque. Une qui pique et qui réveille. Vous voyez le genre ? Réunissant une ribambelle de groupes dont le patronyme commence par Los (NDR : Los Gatos, Negros, Albas, Gogo, Roller, Pops, etc.), le disque concède d’inévitables connotations ‘spanish’. Enregistrés entre 1965 à 1972, les 32 morceaux de la compile sont essentiellement puisés dans le vivier de la Groovy Spanish Soul & Funk Stompers de cette époque. Evidement, tout n’est pas si ‘sensacional’ que mentionné dans le titre ; et certains morceaux sont à la limite grotesques. Mais chaque plage est un petit condensé d’énergie qui a surtout l’ambition de divertir et de nous faire bouger le popotin. C’est donc, de bonne guerre que l’on mouille le maillot et fait cliqueter les rotules. 32 morceaux, c’est long mais l’atmosphère psychédélique autant que sympathique qui règne tout au long de l’opus, parvient rapidement à nous faire oublier le temps.

 

Bachi Da Pietra

Tarlo Terzo

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C’est en 2004 que Bruno Dorella (ex-Wolfango) et Giovanni Jucci (ex-Madrigoli Magri) décident de monter un nouveau projet baptisé Bachi Da Pietra (NDR : traduisez les vers de pierre). Ce duo guitare-batterie n’en est pas à son premier essai. En effet « Tarlo Terzo » constitue déjà le troisième opus des Italiens.

La musique pratiquée par ce tandem baigne au sein d’un blues perturbant, languissant, ténébreux, minimaliste voire même parfois sinistre. Les percussions et la guitare sont souvent en retrait, laissant à la voix de Giovanni Succi, le rôle principal. Une voix dont le timbre nicotiné évoque tour à tour à Tom Waits, Mark Lanegan ou encore Kurt Wagner (Lambchop). Il lui arrive même de chuchoter des mots à peine perceptibles au creux de votre oreille. Des mots qui ne respirent pas la joie de vivre. Vous ne pratiquez pas la langue de Verdi ? Pas de problème, les lyrics sont traduits en anglais, à l’intérieur du booklet. Et d’une grande profondeur, ils méritent une attention toute particulière. Malheureusement, au fil de l’elpee, une certaine forme de spleen commence à vous envahir… et à vous rendre morose…

 

Felix Da Housecat

He Was King

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Felix Da Housecat (NDR : Felix Stallings, de son véritable nom) est de retour aux affaires ! Responsable de la confection d’une double compilation pour Global Underground en 2008, le roi de la seconde vague house de Chicago nous revient pour une dixième plaque perso qu’il annonce comme un album pop. De la pop ? Le chat fou aurait-il perdu la tête ? Ou alors aurait-il décidé de rendre un hommage au King of Pop aka Michael Jackson ? Le titre de l’opus le laisse supposer. Pourtant, la musique pop, n’est pas vraiment dans les cordes du DJ et producteur ; mais après tout pourquoi pas ? Après presque 20 ans de carrière, pourquoi ne pas s’autoriser une petite fantaisie ; même si on a le droit d’être dubitatif face à sa démarche.

Et de fait, le résultat est mitigé. Les titres très naïfs et au ras des pâquerettes (« Plastik Fantastik », « He Was King ») côtoient l’une ou l’autre plage à la mélodie mélodie efficace dont il a le secret (« Do Not Try This At Home » et l’hommage à Prince, « We All Wanna Be Prince »). Nesh, sa nouvelle muse, s’est chargée des lyrics ; mais ils ne couronnent pas les plages de ce disque tout bonnement ‘bling bling’. Sincèrement, j’aurais préféré retrouver notre chat dans un autre registre. Plus proche de sa forme olympique, atteinte en 2003. Et je pense tout particulièrement à « Elvi$ », « Kickdrum » ou encore sa pépite « Kittenz And The Gleetz » (NDR : album qui a lancé sa carrière). Bref, un constat s’impose, après avoir écouté « He was King », le dixième elpee de Felix Da Housecat, j’ai la nette impression qu’il est tout bonnement, en panne d’inspiration !

 

Fuck Buttons

Tarot Sport

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Il y a moins d’un an, le duo anglais Fuck Buttons flinguait tout son monde en commettant l’excellent « Street Horrrsing », un premier opus qui allait lancer la paire sur la voie du succès. Le second elpee constitue souvent une épreuve périlleuse. Et elle se solde souvent par une grosse déception. Comment diable Andrew Hung et Benjamin John Power allaient-ils se débrouiller nous surmonter cet obstacle ? Tout simplement en s’appuyant sur leur propre talent. Et puis en bénéficiant des conseils précieux d’Andrew Weatherall (NDR : figure majeure de l’électro anglaise, sa carte de visite mentionne notamment la mise en forme de disques de Primal Scream, Beth Orton et le mixing de ceux de My Bloody Valentine, Björk ou encore New Order).

Les deux trublions originaires de Worcester viennent donc d’accoucher d’une nouvelle merveille. A contrario de leur premier essai, « Tarot Sport » propose un cours d’éducation physique intensif. Et gare aux mollusques qui tenteraient de faire ralentir la moyenne de BPM ; car les beats dispensés par les deux Britons sont nettement plus dansants et virevoltants. D’ailleurs « Surf Solar », le titre d’ouverture, en est un très bel exemple. S’étalant sur 10 bonnes minutes, il va bien au-delà de la mise en jambes. Et les interventions du séquencer ainsi que du clavier au bord de l’hystérie finissent, en bout de course, par vous mettre littéralement sur les rotules. La suite s’apparente à un tourbillon de sonorités en folie. Elles gravitent, se croisent, s’entrechoquent, se fracassent, le tout à la vitesse VV’, avant d’achever leur ballet hallucinant lors d’un morceau magistral intitulé « Flight Of The Feathered Serpent », une compo exaltante, vibrante, cosmique, dont le final explosif évoque inévitablement le célèbre Big Bang ! A vous couper le souffle !

Fuck Buttons a donc passé haut la main le test du second opus. Epoustouflant, « Tarot Sport » figure déjà parmi mes albums de l’année. Et secrètement, j’aspire déjà à la sortie de leur troisième opus. Quand on aime, on ne compte pas…

 

God Help The Girl

God Help The Girl

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« God Help The Girl » n’est rien de moins que la comédie musicale de Belle & Sebastian, un concept ambitieux et passionnant porté à bout de bras par Stuart Murdoch depuis 5 ans. Ce n’est  cependant pas la première fois que le groupe écossais se frotte à de tels projets narratifs. Il était déjà responsable de la bande originale du film de Todd Solonsz, « Storytelling ». Ici, Stuart Murdoch voit plus loin. L’album déguise une bande originale qui serait la substance initiale d’un futur scenario et d’un film. Le talentueux conteur et créateur de personnages pourrait passer, dès 2010, à la réalisation de son premier long métrage : « Story In Song ».

A la recherche de nouvelles voix féminines qui donneraient corps aux histoires tourmentées qui hantent son esprit depuis quelques années, l’artiste glaswégien lance une audition ouverte via internet en invitant le public à envoyer des vidéos ou des clips audio. C’est après cette importante audition, où plus de 400 filles venues de tout horizon avaient proposé de prêter leur voix, que « God Help The Girl » prend sa forme définitive.

Au final, Mike Cooke est chargé d’orchestrer un combo formé de neuf chanteurs et d’un orchestre de 45 musiciens composé essentiellement de cordes et de cuivres. Parmi ces neuf voix, on remarque la collaboration prestigieuse du très théâtral Neil Hannon de The Divine Comedy et celle d’Asya de Smoosh. Parmi les élus issus de l’impressionnant casting, on retiendra essentiellement trois nouveaux noms venus habiter la comédie humaine et musicale de Murdoch : Catherine Ireton, Brittany Stalling et Dina Bankole.

Cependant, l’ossature narrative s’érige principalement autour de Catherine Ireton qui incarne la mélancolique Eve, héroïne de la narration musicale. Ce visage prend vie sur la pochette de l’album et sa voix malicieuse et séduisante couvre dix des quatorze pistes. « God Help The Girl » prend alors les formes d’une charmante comédie musicale désuète qui raconte Eve. Jeune fille solitaire et paumée prise dans les tourments de l’amour au tournant de l’âge adulte. Aride et impuissante dans le désert qu’elle crée, incapable de faire confiance à l’autre, cet amour la plonge cependant dans une interminable attente du prince charmant.

Malgré des morceaux comme « Musician, Please Take Heed » qui préservent l’esprit des premiers albums de « Belle & Sebastian », l’ensemble emprunte d’autres chemins davantage ouverts à une pop sixties précieuse, une pop dont les tonalités soul et pop s’inscrivent dans la lignée de girl-groups comme « The Ronettes », « The Seekers »… Influences que l’on retrouve également sur le dernier elpee (« My Maudlin Career ») de leurs amis et compatriotes de Camera Obscura. La nostalgie des girl-groups serait-elle un phénomène de mutation sur la scène glaswégienne ?

En imaginant ce projet original, Stuart Murdoch semble avoir voulu retrouver un âge d’or : celui des filles à franges aux regards tristes qui sifflotaient un pop-milkshake (« I’ll Have To Dance With Cassie »), celui des cercles de minijupes qui se balancent sur du West Coast Jazz (« A Unified Theory »)… Décor saupoudré d’histoires d’amours brisés et lointains, de sexe et de bains mousseux. Des mélodies insouciantes et innocentes qu’on aimerait entendre chuchoter au creux de l’oreille. Une musique parfois dérobée aux derniers jours de la musique ‘lounge » des années 60 qui conserve le goût doux et sirupeux du Easy listening et symbolise le style de vie kitsch des 60’s.

D’autres airs, par contre, semblent surgir des comédies musicales britanniques traditionnelles. Ceux qui sortiraient de la boutique du diabolique barbier de Fleet Street à Londres où Stuart Murdoch emprunterait la voix de Sweeney Todd pour nous fredonner « Pretty Eve In The Tub » ou « Hiding Neath My Umbrella ».

L’opus tout entier est parsemé de douces surprises. A l’instar de la splendide voix white funk de Brittany Stalling sur la reprise du « Funny Little Frog » de Belle & Sebastian ou encore celle, adolescente, d’Asya lorsqu’elle nous étourdit de douceur sur le très pop « I Just Want Your Jeans ». Aussi, Neil Hannon se prête admirablement au jeu lors d’un séduisant duo avec Catherine Ireton sur « Perfection as a Hisper ». Une tracklist caméléonne qui surprend par sa pluralité phonique. 

Un album jalonné de fleurs bleues pop aux parfums irrésistibles. Lieu où s’animent des airs qu’on aimerait cesser de fredonner mais qui sifflotent inlassablement dans nos têtes.

L’album prendra cependant tout son sens lorsque le leader de Belle & Sebastian atteindra le but de son aventure originale. Il faudra cependant et malheureusement encore attendre avant la sortie de l’adaptation cinématographique de « God Help The Girl ». 

 

The Herbaliser

Session 2

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On ne peut pas dire que The Herbaliser (Band) soit un ensemble prolifique. En effet, la sortie de « Session 1 » remonte à plus ou moins 10 ans. Fondé en 1984, le duo partagé habituellement entre Jake Wherry et DJ Ollie Teeba, a forgé sa notoriété en concoctant une musique electro-jazz-funk de toute bonne facture. Et « Session 2 » ne déroge pas à la règle. Si les deux Anglais ont l’habitude de composer en tandem, leurs sessions d’enregistrement impliquent des collaborateurs. Aux consoles et platines, viennent ainsi se greffer, entre autres,  cuivres voluptueux, accès de basse effilés, drums puissants et maracas subtils. En outre, samples et scratches font bon ménage avec instrumentation conventionnelle. Essentiellement instrumental, ce nouvel opus bénéficie d’excellents arrangements. Rien de neuf cependant à l’horizon chez The Herbaliser, mais une solution sonore qui s’avère néanmoins plaisante à écouter.

 

Kid Loco

Party Animals & Disco Biscuits

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Jean-Yves Prieur alias Kid Loco est un des pionniers de la musique alternative hexagonale. Pseudonyme délibérément inspiré d’un documentaire de Jean Rouch, « Les Maîtres Fous » au cours duquel l’ethnologue français observe scrupuleusement les rituels de transe des populations Haouka au Ghana. C’est à partir de ce rite de la possession que le Kid compose une musique où  ‘les opprimés deviennent, l’espace d’un instant, les possédés et les puissants’, une musique hypnotique et transcendante.

Chef d’œuvre de trip-hop ambient sensuel et album de référence de la musique électronique chic et frenchie, « A grand Love Story » propulse rapidement Kid Loco en 1998 sur le devant de la nouvelle scène électro française, alors en pleine effervescence (Air, Daft Punk, Dimitri From Paris…) A la suite de ce succès critique et public, Jean-Yves Prieur se lance dans une série d’expériences dj (‘DJ-Kicks’) et enregistre de nombreux remix pour des groupes tels que Mogwai, Pulp ou encore Stereolab. Paru en 2001, « Kill Your Darlings » ne rencontre malheureusement pas le même succès populaire. Hormis la bande originale du film « The Graffiti Artist » réalisé par James Bolton en 2004, sept ans de mutisme précédent la sortie du troisième opus « Party Animals & Disco Biscuits ».

Artiste imprévisible rejetant toute étiquette qui limiterait sa liberté d’expression, Jean-Yves Prieur souhaite s’extraire de cette  french-touch qui le caractérise désormais et dans laquelle il s’était totalement investi à la fin des années 90. Parfaitement serein, il abandonne le côté ‘Kid Loco’ hype pour se tourner vers un concept plus personnel : ‘Je ne cherche pas à coller à la mode’.

« Party Animals & Disco Biscuits » est le premier album entièrement chanté par Kid Loco. Un concept album qui conte les tribulations nocturnes d’un jeune homme plongé dans les tourments de la drogue, du sexe et de l’amour. Onze pistes à la trame narrative linéaire qui errent dans les sinueux méandres d’un underground aux odeurs d’opium et de backrooms. Un voyage au bout de la nuit illustré en filigrane sur la  pochette du CD (pipe à opium, orgie…). Ensemble où chacun des titres présente une vision sombre et glauque d’un monde en perdition, qui n’est pas sans rappeler l’affection particulière que porte le chanteur au Velvet Underground. Détresse existentielle parfaitement palpable sur le « Oh Lord ! » d’ouverture ou sur « Confessions ». 

L’enfant fou des Hauts-de-Seine revient alors à ses premières amours et plonge l’auditeur dans l’espace amphibie, entre musique psychédélique et beat électro, pour lui faire goûter à sa singulière psychelectro. Ici, les instruments guident le climat. Rien de comparable aux précédents albums. Ici, la présence des guitares s’efface et entrouvre aux claviers l’espace le plus vaste. La musique électronique s’habille alors d’un océan de pianos et d’orgues Hammond (« Motocycle Angels »). Orgues et beats électroniques traversent parfois les atmosphères d’Arizona Dreams et froissent, se heurtent à celles de Lost in Translation sur « The Specialist ». Morceau qui se transforme subitement en une douce pop au piano légèrement bercée de la voix de Jean-Yves Prieur. Autre curiosité : une reprise d’« Ann » des Stooges qui brille par son originalité. Inattendue et déroutante elle s’écoute sur un fond d’électronique, de guitare, de clavecin et de scratch (NDR : ne la cherchez pas sur le verso de la pochette, elle n’y est pas inscrite !) Les exercices de style scratch figurent d’ailleurs en nombre sur la galette (« Pretty Boy Floyd », « Oh Lord ! »...).

Tout en laissant l’électro au centre du sujet, Kid Loco use de sa longue expérience pour mêler habilement et étrangement les genres musicaux et ouvre les portes à un public qui serait encore allergique à la musique électronique.

 

La DK Danse

La DK Danse (Ep)

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Une précision importante : La DK Danse est avant tout un groupe de scène. C’est en live que la formation tournaisienne démontre toute l’étendue de son talent. Cette réputation leur a permis de partager l’affiche auprès de groupes issus de la scène électro belge comme X-Makeena ou encore High Tone. Leur mélange singulier entre drum’n bass, rock, dub et électro est susceptible de mettre le feu à n’importe quelle audience. En prise directe, la musique de DK-Danse vous secoue et vous précipite dans une forme de transe incontrôlable. Faut dire que leur light show conjugué à la projection d’images a de quoi vous mettre la tête à l’envers…

Un climat bien difficile à recréer sur disque. Ce qui explique ma relative déception. L’ouverture de cet Ep –un sample proclamant l’apocalypse– a pourtant de quoi nous donner l’eau à la bouche. Malheureusement le cataclysme sonore n’aura jamais lieu. De cet essai, j’épinglerai cependant « Heavy Step », morceau au cours duquel rock et drum’n bass entrent parfaitement en fusion. Et puis le sobre « Thai Break », morceau électro teinté de subtiles saveurs orientales. La plaque s’achève par un titre immortalisé ‘live’, auquel il manque manifestement l’image pour créer l’événement.

Si la scène n’a plus guère de secret pour La DK Dance, le groupe aurait peut-être intérêt à revoir complètement son approche du studio, s’il souhaite devenir la coqueluche des nightfloors. C’est tout le mal qu’on lui souhaite, d’autant plus qu’il en a le potentiel…

 

Anne Clark

Live tour in Germany / 2008 - 2009 (Cd + Dvd)

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Anne Clark, ça vous dit quelque chose ? Si c’est le cas, il y a fort à parier qu’à l’instar de votre chroniqueur, vous avez la trentaine bien tapée. Et que vous aviez également signé un pacte avec le diable, en échange de votre âme, après avoir dansé sur « Our Darkness ». Aujourd’hui encore, rien qu’à réécouter ce morceau, j’en ai la chair de poule.

Il est loin le temps où la blonde incendiait encore les dancefloors. C’était au cours des 80’s. Et surprise, aujourd’hui, elle nous revient en proposant un Dvd immortalisé ‘live’. Mais franchement, sa prestation a de quoi laisser dubitatif. Soutenue par quelques acolytes, l’Anglaise propose 22 morceaux enregistrés lors de sa tournée accomplie en Allemagne, entre 2008 et 2009. 22 plages au cours desquelles, Clark, presque immobile, reste figée face à son micro. Elle a beau essayer de donner un peu de crédit à une new wave qu’elle défend depuis pratiquement 30 ans, ses efforts sont aussi vains qu’inutiles. Sa prestation est on ne peut plus terne. Bref, on s’emmerde assez vite. Il faut même croire que l’âme de la scène a préféré se barrer, plutôt que d’assister à la débâcle. Bien sûr, il reste ce petit goût eighties, auquel on reste accroché. Et paradoxalement, le bonus Cd passe mieux la rampe. Il reprend pourtant la quasi-intégralité des morceaux du Dvd ; mais sans l’image, le set semble beaucoup moins pathétique. Il faudra donc s’en faire une raison : continuer à écouter Anne Clark, mais éviter ses prestations en public. Et surtout celles reproduites sur un Dvd...

 

Mariachi El Bronx

Mariachi El Bronx

Écrit par

Surprenant ! Qui aurait pu imaginer qu’un jour, un groupe punk californien s’intéresserait à la musique mariachi ? Pas votre serviteur, en tout cas ! Bref, The Bronx est donc la formation qui a eu l’audace de tenter ce challenge. Sur cet elpee éponyme. Et puis en rebaptisant tout simplement ce projet Mariachi El Bronx.

Fondé à Los Angeles, il y a 6 ans, The Bronx s’est rapidement forgé une place de choix sur la scène punk californienne. Véritables écorchés vifs, ses musiciens sont reconnus pour leurs prestations sauvages, soutenues par un volume sonore puissant. Après avoir concocté trois albums particulièrement décapants, le groupe a décidé de s’accorder une petite bouffée d’air frais. Comment ? En fondant son alter-ego hispanophone : Mariachi El Bronx. En 2007. Mais le line up va cependant s’enrichir. Tout d’abord de Vincent Hidalgo, le fils de David Hidalgo des mythiques Los Lobos (« La Bamba »). Il rejoint le groupe fin de la même année et aide les membres du groupe à baliser leur changement de cap. Puis Alfredo Ortiz (Beasties Boys/Money Mark). Aux percussions. Et la mayonnaise prend. Mais finalement, ce n’est qu’une demi-surprise, car on oublie trop facilement que la musique californienne ne se limite pas au punk et au rock. Elle intègre également la tradition mexicaine. Le Mexique n’est pas loin. Et puis les Blancs non hispaniques représentent moins de 50 % de la population de cet Etat.

Mais venons-en à cet elpee. Qui a tout d’abord le bon goût d’éviter le pastiche. Ou de sombrer dans la world music. La voix de Matt Caughtran s’intègre impeccablement à l’expression sonore. Et les drums puissants mais toujours aussi complexes de Jorma Vik apportent ce petit plus qui fait la différence. Le titre maître et « Sleepwalking » en sont probablement les plus beaux exemples.

Cet opus est une belle réussite. Un défi réussi par une équipe dont on n’aurait jamais soupçonné l’existence d’un tel esprit d’ouverture. D’ailleurs, qui aurait pu un jour imaginer que les plus dignes héritiers de Calexico soient des punks déjantés débarquant de Los Angeles ? ‘Felicitaciones Gringos’ ! Il paraît que The Bronx incorporera certaines chansons de cet opus dans son répertoire, lors de ses prestations live. Pour notre plus grand plaisir, assurément…

Alva Noto & Ryuichi Sakamoto

Ensemble Modern

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A l’heure des canonisations ultra-médiatisées, Benoît XVI n’a plus l’exclusivité des béatifications. Il faudra aussi compter sur Alva Noto 1er. Non content d’être auréolé de louanges à chaque sortie d’album, le graphiste allemand (NDR : toujours soutenu par Ryuichi Sakamoto) rend un hommage vibrant aux cordes. Les vraies, celles qui sifflent sous les chevalets, celles qu’on coince entre les doigts. Flanqué d’un orchestre philharmonique, Alva gomme quelque peu ses arrangements synthétiques pour rendre grâce au saint du saint de la musique : la symphonie. C’est lors du 400ème anniversaire de la ville de Mannheim que la béatitude s’est opérée. Alava Noto aux consoles, Ryuichi Sakamoto au piano et une armada de musiciens triés sur le volet ont célébré la messe face à un parterre muet de stupéfaction et frappé par la grâce. Même s’il n’y a pas eu de miracle biblique ce soir là, le moment s’est tout de même déroulé dans un climat sacré, proche de l’illumination. « Ensemble Modern » est une preuve sur polycarbonate (Cd + Dvd inclus, rien que ça) que Dieu existe, et qu’en plus il aime l’electro. Ite missa est

 

The Radio Kings

The Radio Kings

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Particulièrement notoires à Boston (NDR : c’est dans le Massachussetts), les Radio Kings sont nés au début des années 90. Ils constituaient, en quelque sorte, une réplique locale des Fabulous Thunderbirds texans. A l’époque, ils ont édité de très bons albums : "It ain't easy" en 94, "Live at BB King's" en 95 et "Money road" en 98.

Plus de dix ans après, la formation fait donc son retour. A la tête, on retrouve le tandem Brian Templeton/Michael Dinallo. Le premier est responsable du chant et de l’harmonica. Le second des guitares. Ils signent également la majorité des compos. Première constatation, la solution sonore semble bien plus personnelle. Ce qui peut s’expliquer, les Kings ne se limitant pas au blues. On les considère d’ailleurs davantage comme un roots band bien américain.

La voix de Templeton est chaleureuse et naturellement puissante. Il la met constamment au service de sa musique. Et le démontre déjà sur "Can't keep a good man down", le titre d’ouverture ; une compo très imprégnée par le climat sonore de Memphis. Faut dire que la sonorité métallique de la lap steel guitare de Steve Sadler y est pour quelque chose. Cette superbe voix se détache sur "Donna", une ballade pop contagieuse à la texture finement ciselée ; notamment par les chœurs masculins et les cordes acoustiques. La reprise du "She belongs to me" de Magic Sam est superbe. Originale, elle véhicule des accents soul. La lap steel de Sadler s’autorise une sortie parfaite. Elle est immédiatement suivie par celle du co-leader, Dinallo, aux cordes. Profond, riche et expressif, le timbre de Brian fait merveille sur le tendre et mélancolique "Watch the trains roll by". Dinallo en profite pour dispenser un solo minimaliste, mais d’une extrême subtilité. Impressionnant ! "The moanin' blues" replonge dans le pur blues. Rassuré, Templeton sort enfin son harmonica de sa poche. Soutenu par une texture parfaite, conjuguant cordes électriques et acoustiques, il souffle divinement dans sa musique à bouche. Blues funk limpide, "Everything's gonna be all light" met en exergue l’habileté et le talent de la section rythmique. En l’occurrence Dean Cassell à la basse et Andy Plaisted aux drums. Les Kings impriment un tempo particulièrement saignant à "Pallet on the floor", une cover d’un traditionnel du blues. La voix de Brian est puissante et autoritaire. Mais elle permet la sortie successive des solistes, Templeton, Sadler et Dinallo. "Evil love" est sans doute la plage qui ravira le plus les aficionados du blues. Un power delta blues largement amplifié. Très déterminé, Templeton communique une certaine agressivité à la plage dont la sonorité mêle paradoxalement traditionnel et contemporain. "I'm not trippin'" émarge à la country. Une complainte savoureuse, douce, au cours de laquelle la steel guitare semble agoniser. Autre traditionnel, "You got to die" revient au power blues. Détermination, souplesse et sens mélodique caractérisent cette plage. Le "You're gonna make me cry" de O.V Wright achève l’opus. Un autre sommet ! La version est dépouillée. Un traitement que l’on pourrait résumer en une leçon de chant face aux cordes volontairement réverbérées. Un superbe come-back pour les Radio Kings.