New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Gitogito Hustler

Love & roll

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Dans le registre plus c’est kitch, plus c’est con, voici les Gitogito Hustler. Quatre Nippones qui chantent comme si leur vie en dépendait et qui, par la même occasion, mettent la nôtre en péril. D’une voix haut-perchée, elles scandent leurs hymnes à deux balles qui sonnent tous comme des génériques de cartoon pour arriéré du bulbe. Sans foi ni loi, elles piquent les intros et les riffs d’à peu près tout le monde sans aucune vergogne. Et pour ne rien arranger, massacrent le « Locomotion » de Jerry Goffin et Carole King qui ne leur avaient pourtant rien fait de mal. Petit aveu, complètement bourrés, on a bien ri quelques minutes mais la gueule de bois n’en fut que plus sévère. Dans les notes de pochettes, elles sont comparées aux Supremes, aux Ronettes et aux Shangri-Las. Odieuse insulte, elles n’arrivent pas à la moitié de leurs talons aiguilles. Autant s’user les yeux en matant les bas résilles de ces grandes dames que les oreilles par la faute de cet abject objet. Mon mal de crâne va mieux, merci.

Feeder

The Singles

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Déversant sur les ondes une brit-pop proprette et gracieuse depuis la sortie du EP « Swim » en 1996, Feeder fait partie de ces groupes pour lesquels on ne peut s’empêcher d’éprouver de la sympathie. Formé en ‘92 par Grant Nicholas (chant) et Jon Lee (batterie) avant d’être rejoints en ‘95 par Taka Hirose (basse), le trio réunit tous les ingrédients scénaristiques d’un bon gros mélo : des personnages attachants, une histoire bouleversante, un happy ending… Bien plus intéressante que le scénario lui-même, « The Singles » en serait la bande-son indissociable. De par cette rétrospective, dont le point de départ a été fixé à 1997, année de sortie de « Polythene », Feeder clôt un chapitre mouvementé de sa carrière. Cette dernière ne décolla véritablement que lors de la publication de « Yesterday Went Too Soon » (’99), disque qui contribua à faire de la formation une valeur sûre en Grande-Bretagne. Mais ce récapitulatif n’en serait pas un s’il manquait à l’appel les inévitables « Buck Rogers » et « Seven Days In The Sun », tous deux issus de « Echo Park » (2001), disque à l’origine de la gloire internationale du trio. C’est d’ailleurs peu après la tournée de promotion de ce dernier que Jon Lee met fin à ses jours. Accablés par cette perte, Grant Nicholas et Taka Hirose prennent la sage décision de continuer leur route en tant que duo. Ils sont cependant rejoints à la batterie par Mark Richardson, ex-Skunk Anansie pour l’enregistrement de « Comfort In Sound », disque pesant, hanté par le fantôme de Jon Lee. « Just The Way I’m Feeling » et « Come Back Around » restent d’ailleurs aujourd’hui les singles les plus poignants du groupe. La charge émotionnelle de l’écriture de Grant Nicholas s’assouplit tandis que « Pushing The Senses », dernier album en date, s’étend dans les bacs. Entre-temps, la collaboration de Mark Richardson, qui devait être temporaire, devient permanente. Enfin, retour au présent. Les inédits « Lost & Found », « Save Us » et « Burn The Bridges », qui sont indubitablement les titres les plus enjoués depuis la période « Echo Park », témoignent de la renaissance d’une formation restée trop longtemps en deuil. La page est apparemment tournée. Feeder continue sa route, le cœur moins lourd et l’esprit plus apaisé.

 

The Fiery Furnaces

Bitter Tea

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Après s’être drogué les tympans aux sons de « Rehearsing My Choir » (2005), album conceptuel (hommage psychotique à mamy Friedberger par ses petits-enfants adorés) et hautement expérimental, Matthew et Eleanor Friedberger nous reviennent pour un quatrième disque touchant - cette fois – la réalité du bout du petit orteil. Pourtant, l’entrée en matière de Bitter Tea à de quoi repousser les derniers courageux et finir de rassembler les adeptes de la secte du rock transcendental. Culminant au sommet de cette approche déglinguée, « Black-Hearted Boy » nous gratifie d’un moment d’anthologie : une bande inversée des vocalises d’Eleanor. C’est donc barré au possible ! En grand gourou de la folie psychédélique, Matthew prêche la démence musicale et c’est tout un pan de « Bitter Tea » qui verse dans une surprenante expérimentation (« I’m In No Mood », « Teach Me Sweetheart », etc). Et puis, au grand étonnement de nos oreilles, les Fiery Furnaces renouent avec la pop. C’est le bonheur. « I’m Waiting To Know You » réactive la controverse : sont-ils réellement fous ou jouent-ils la carte de la maladie mentale ? On les pensait perdus. Et revoilà les Fiery Furnaces serpentant dans des univers chancelants, communément identifiables sur « Blueberry Boat » (2004) et « The Fiery Furnaces EP » (2005). Assez éloignés du schéma type de la chanson, tel que défini par les musicologues contemporains, les Fiery Furnaces explorent d’autres dimensions. Seuls sur leur planète, ils signent « Benton Harbor Blues », mélodie sixties désuète plantée dans un décor de jeu vidéo. Et sur ce, aucun doute : les champignons magiques de Mario Bros colorent la verte prairie de nos Fiery Furnaces !

 

Elf Power

Back To The Web

Écrit par

Peu connus chez nous, les Américains de Elf Power ne sont pourtant pas les premiers venus. « Back To The Web » s’inscrit ainsi dans la discographie du groupe comme le huitième album de la généalogie. La formation, originaire d’Athens (NDR : en Géorgie, pas en Grèce), demeure effacée par l’ombre de REM, son illustre voisin de pallier. Moins obnubilés par la FM que la bande à Michael Stipe, Elf Power officie au cœur de l’indie rock américain. Mercenaires, planqués derrière le timbre d’Andrew Rieger, nos Américains revisitent les frasques psychédéliques des Flaming Lips, mais sans l’aplomb d’un Wayne Coyne. Plus introspective, ostensiblement tournée vers les décors de l’americana, la musique de Elf Power convie violons et contrebasses au grand mariage des guitares. La cérémonie compte quelques bons moments (« Somewhere Down The River », « King Of Earth ») et les invités du banquet affichent un sourire de circonstance. Mais une fois les réjouissances terminées, la vie reprend son cours. « Back To The Web » est là, quelque part dans nos mémoires. Mais il n’a guère marqué nos esprits.

Liz Durrett

The Mezzanine

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Bienvenue dans les limbes. Durant ce voyage vers l’au-delà, vous serez accompagnés par Liz Durrett, votre passeuse attitrée (ou ‘Grim Reaper’, c’est selon…). La promenade ne durera pas plus de 37 minutes. Cet endroit étant sombre et nébuleux, nous vous conseillons de ne pas traîner à l’arrière. S’il vous arrivait malencontreusement de vous perdre, tentez de vous situer et de suivre la voix éthérée de votre guide. Nous tenons également à vous signaler que, malgré l’ambiance mélancolique et pesante de ce lieu, il est probable que vous ne ressentiez aucune tristesse. Certains d’entre vous s’en sentiront même si apaisés qu’ils refuseront de quitter ces terres. Malheureusement, vous êtes à l’endroit précis où toute chose prend fin, aussi difficile que soit le fait de s’en séparer. Sachez également que, contrairement aux croyances, vous ne verrez pas de lumière au bout du chemin. Au mieux, une infime lueur vous indiquera la fin de ce dernier. Ici, tout a été étudié pour permettre le repentir et le recueillement des âmes. Veillez à remercier votre guide avant de traverser la mezzanine qui vous mènera là où tout est éternel.

Corinne Bailey Rae

Corinne Bailey Rae

Écrit par

Corinne Bailey Rae est la nouvelle sensation promue outre-Manche. A 26 ans, notre Anglaise s’ouvre les portes d’un large auditoire, déjà bien acclimaté aux vocalises jazzy de Katie Melua et autres Norah Jones. Quelques relents gospel glanés le dimanche matin dans la maison de Dieu la rapprochent également du saint esprit de Macy Gray. Ces références sacrées devraient suffire à conduire la belle sur la première marche des chiffres de vente. Mais pour combien de temps ? La seule interrogation est ici. L’album éponyme de Corinne Bailey Rae demeure irréprochable. Dans le style, l’auditeur retrouve tout ce qu’il aime : la douceur, le romantisme, les hits (« Put your records on », « Like a star »), les parades (« Trouble Sleeping »), une tessiture aimable, l’emmerde profonde inhérente à ce genre de productions (oups !), un dramatisme à fleur de peau, etc. Toutes ces caractéristiques lui ont permis d’être élue « Sound of 2006 » par la BBC. Un titre honorifique fort prétentieux à l’écoute de toutes les bonnes choses qui balayent nos oreilles depuis plus de six mois. Chez Corinne Bailey, tout est beau et sympa (un peu comme « I’d like to », son nouveau tube). Mais si cette chanteuse est ‘le son de 2006’, alors aucun doute : « Da Vinci Code » est le film de l’année !

Archive

Lights

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Du trip-hop de « Londonium » (1996) à la tentative plus pop de « Take my head » (1999), de l’exercice réussi de la BO de « Michel Vaillant » (2003) à la nervosité rock de « Noise » (2004), Archive expérimente, avec plus ou moins de brio, divers univers musicaux. La pochette du nouvel album, « Lights », annonce une certaine évolution, mais n’allons pas trop vite en besogne. Si le chanteur Craig Walker, l’irremplaçable remplacé, n’est plus de la partie, c’est désormais Pollard Berrier qui prête une voix plus maîtrisée aux compositions de Darius Keeler et Danny Griffiths. Le groupe originaire de South London semble avoir trouvé la formule : un accord répété poussant l’entêtement, dans les meilleurs cas, à un certain psychédélisme (« Sane », « System »). Plus souvent, dans le pire des cas, l’absence d’évolution provoque chez l’auditeur une certaine frustration, pour ne pas dire une lassitude. C’est d’autant plus regrettable que des morceaux tels que « Programmed » ou « Sit back down » pourraient décoller et atteindre des sommets que seul « Headlights » frôle ici. Il est fort à parier que le titre éponyme à l’album, du haut de ses dix-huit minutes bien tapées, sera vite comparé au coup de maître de « Again ». Mais malgré la voix envoûtante de Pollard, la magie n’opère pas. Restent alors quelques ballades agréables pour oublier la déception : « I will fade » interprété par une Maria Q empreinte de mélancolie et « Taste of blood » qui apparaît comme la lumière au bout d’un coma qui s’achèvera brutalement.

Natacha Atlas

Mish Maoul

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Après avoir sorti un « best of » l’an passé, l’hyperactive Natacha Atlas revient avec une nouvelle plaque enregistrée sous la houlette de Count Dubulah, vieux complice de l’époque du Transglobal Underground. Il prend en charge une bonne partie de la musique contenue dans ce « Mish Maoul ». Comme d’habitude chez Natacha Atlas, la rencontre entre les Continents est la règle : des éléments nord-africains se mélangent à l’Orient, le tout passé par le filtre de l’électronique. La première bonne décision de l’album est d’avoir centré son propos sur ce qu’elle fait de mieux. Pas de reprises vaseuses ici (du style « Mon amie la rose » ou « I Put A Spell On You »), ni de grandes tentatives grand public, si on excepte les très radiophoniques mais respectables « Feen » ou « Bathaddak » qui font le grand écart (sans claquage) entre ragga, r’n’b, cordes égyptiennes et percus marocaines. Parmi les franches réussites du disque, on signalera l’excellent « Hayati Inta » mélopée hypnotique glissant sur un tapis de percus, des instruments à souffle stridulants, une contrebasse et un chouette solo de guitare digne de Brian Jones dans sa période psychédélique. Dans un autre genre, la bossa arabisante de « Ghanwa Bossanova », avec ses sons de synthés d’orchestre cocktail des années 70, recèle une atmosphère totalement désuète mais charmante. « Bab El Janna » profite des sons luxuriants de l’Orchestre du Golden Sounds Studio du Caire. Bref, si on excepte un « La Lil Khowf » qui lorgne plus du côté de la variété, ce « Mish Maoul » constitue un parcours quasi sans faute qui devrait réconcilier les fans de la première heure.

Psapp

The Only Thing I Ever Wanted

Écrit par

Révélé par « Cosy In A Rocket », générique de l'excellente série médicale « Grey’s Anatomy », Psapp pratique de l'indie arty des plus atypiques. Engendrées à partir d’instruments peu conventionnels, les compositions de « The Only Thing I Ever Wanted » sont à la musique ce qu’Andy Warhol était à l’art : du pur génie créatif. Guitares et autres batteries au placard, c’est à l’aide de jouets pour mioches et autres machines aux sonorités bizarroïdes que le duo s’attache à bouleverser notre conception de la mélodie. En effet, vous pouvez oublier tout ce que vous avez toujours cru savoir sur la musique ! Psapp la réinvente et en repousse les limites. De « Hi » à « Upstairs » en passant par le premier single « Tricycle », on reste littéralement sur le cul. La platine sur repeat, plus moyen de faire quoi que ce soit hormis se concentrer sur cette petite merveille. C’est comme si les petits chats extraterrestres de la pochette avaient contribués à l’enregistrement du disque, y ajoutant une substance addictive inconnue des pauvres mortels que nous sommes. Ce second essai, entremêlant légèreté d’écriture et complexité symphonique, recèle tellement de subtilités et d’inventivité que chaque écoute devient une découverte. Peuplé d’une myriade de créatures à la fois étranges et accueillantes, l’univers parallèle de Galia Durant et Carim Clasmann est parcouru de paysages à la beauté ensorcelante dans lesquels on se perd sans même se soucier de retrouver son chemin. En quelques mots, « The Only Thing I Ever Wanted » doit, incontestablement, être le disque le plus créatif de ce début de siècle. Je ne sais pas ce que vous faites, mais moi j’y retourne.

Zero 7

The Garden

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Le jardin de Zero 7 et ses merveilles continuent de s’étendre. Après avoir ratissé la lounge music de long en large sur les deux disques précédents, Henry Binns et Sam Hardaker s’éloignent à quelques lieues des sentiers qu’ils avaient déjà battus pour se planter dans les champs d’une pop sixties printanière. Quelques modifications se sont également opérées au niveau du staff. Les chaudes vocalises de Mozez qui avaient arrosé bon nombre des compositions de « Simple Things » et « When It Falls » ont cédé leur place à la légèreté du timbre de José Gonzales et aux chœurs chaleureux de Henry Binns lui-même. L’irremplaçable Sia Furler met à nouveau la main à la pâte mais, cette fois, sans l’aide de sa partenaire habituelle, Sophie Barker, qui a décidé de jeter l’éponge afin de se concentrer sur son effort solo (« Earthbound », sorti précisément une semaine après « The Garden »). Mais c’est incontestablement l’arrivée de José Gonzales qui étoffe le paysage sonore de Zero 7. En trois titres seulement, dont une version retravaillée de son single « Crosses », le Suédois parvient sans peine à s’approprier l’univers antalgique du duo afin de le réinventer. Univers qui, cependant, serait réduit à néant s’il se détachait des vocalises singulières de Sia Furler. De « Throw It All Away » à « Waiting To Die », la jeune femme apporte une nouvelle fois la saveur séraphique et jazzy qui a conduit Zero 7 au succès. Le travail fut de longue haleine mais le duo a, aujourd’hui, achevé de planter ses graines. Voir et entendre bourgeonner le fruit de ce labeur n’est que pur plaisir.

Soulfly

Comme un animal blessé...

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Lors de cette soirée placée sous le signe du diable ('Number of the beast 666'), le Zénith s'est converti à la philosophie du métal pour accueillir des groupes aussi solides et réputés que Soulfly et Korn. Les formations en présence partageaient d'ailleurs une devise commune : "Make some fxx noise". Et manifestement, ils ont respecté ce dessein. Ce qui a bien évidemment enchanté le public.

A ce jour, Flyleaf n'a commis qu'un seul Ep ; mais un disque sur lequel figure un hit : 'I'm so sick'. Ce quintet américain peut, en outre, compter sur une chanteuse charismatique : Lacey Mosley. Elle possède un timbre vocal perçant, proche d'une Courtney Love. Le combo pratique un rock dynamique, énergique, mélodique, mais surtout métallique. Et leur set s'est révélé, ma foi, fort agréable.

Soulfly ne disposait que de 40 minutes pour chauffer la salle. Son métal tendu et implacable concentre (speed)metal, hardcore, rock, dub et rythmes brésiliens. Tout au long du set, les guitaristes se sont acharnés à multiplier les envolées de cordes (NDR : surtout Tom Morello). Une prestation enfiévrée par les accès de basse et fouettée par les percussions impitoyables. Une section rythmique en béton, quoi ! Fin de l'an dernier, le band a commis son cinquième opus, 'Dark Ages' ; mais Soulfly n'a guère interprété de titres issus de cette plaque. 'Babylon' et 'Frontlines', quand même. On a eu droit à une cover du 'Roots bloody roots' de Sepultura, l'ex groupe de Cavalera. Les morceaux sont imprimés sur un tempo infernal. Le climat est lourd. Max Cavalera hurle tout ce qu'il a dans les tripes. Comme un animal blessé… De temps à autre, un second vocaliste se met également à rugir. Il en remet une couche. Effrayant ! Bref, un set très court mais puissant et surtout convainquant!

Après une traversée du désert, caractérisée par la confection d'albums sans grand intérêt et de prestations scéniques de piètre facture, Korn s'était enfin de nouveau montré à la hauteur de son sujet, l'an dernier, lors du festival Pukkelpop. On le croyait au bout du rouleau. Et il est ressuscité. 'See you on the other side', son nouvel elpee, aligne des compos lourdes mais mélodiques. Les spécificités de Korn ont retrouvé toutes leurs couleurs : les riffs de guitares tranchants, la ligne de basse ronflante, les drums stimulants et le chant torride de Jonathan Davis. Le line up est aujourd'hui élargi à huit musiciens, impliquant un percussionniste, un second guitariste et un 'backing vocalist'.

La formation a ouvert le set par 'It's on'. Derrière le rideau, on pouvait entrevoir la structure imposante de la batterie et des claviers. Un rideau qui s'est finalement ouvert pour laisser apparaître la gigantesque mise en scène, après trois morceaux. La double percussion a rendu le son plus riche et dynamique. Le band a privilégié les compos issues de son ancien répertoire ; et puis dès le début, a exécuté quelques classiques comme 'Falling away from me' ou 'Here to stay'. En milieu de parcours, le collectif a quelque peu ralenti le tempo. Ce qui ne l'a pas empêché de maintenir la concentration de la foule. Notamment à travers 'Shoots and ladders' et 'Lies'. Ils a, bien sûr, livré l'un ou l'autre fragment issu de son dernier elpee ; et en particulier 'Coming undone' et 'Throw me away'. Traditionnellement Davis interprète une chanson à la cornemuse. Pour 'ADIDAS', l'excitation du public était à son comble ; une manière de conduire le spectacle vers l'apothéose : 'Got the life'…

En rappel, Korn a dispensé trois titres imprimés sur un rythme particulièrement soutenu : 'Twisted radio', 'Freak on a leash' et 'Blind'. Le guitariste fêtait son anniversaire ce jour là (666). Un 'Happy Birthday' diabolique lui a été réservé. Après une heure et demie de prestation, les musiciens se sont retirés. Et il faut reconnaître que leur set s'est révélé à la fois captivant et intense, démontrant ainsi que le groupe s'est enfin reconnecté à la scène métal contemporaine…

Organisation: France Leduc Productions

Traduction: Hendrik Tant (Adaptation Bernard Dagnies)

My Chemical Romance

Three Cheers For Sweet Revenge

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Heu… "WTF ?", comme ils disent... N’y a-t-il pas un petit problème, là ? C’est quoi ce bordel ? Une erreur de la poste ? Pourtant, le sticker collé sur la pochette indique bien 'The New Album'. Un défaut d'usine peut-être ? Etrange : « The Black Parade », le nouvel album de My Chemical Romance, vient juste d’atterrir dans les bacs. Et, curieusement, c’est « Three Cheers For Sweet Revenge », le recueil précédent, qui nous parvient aujourd’hui. Cette bizarrerie mise à part, rien n’a changé dans l’univers du groupe.

Les titres emo-pop à tendance punk sont toujours destinés au même public : les ados. Mais des adolescents légèrement plus adultes que l’auditoire de Fall Out Boy et de Panic! At The Disco. Pour le reste, on à beau retourner l’album dans tous les sens, rien n’y fait. A moins d’être victime d’une hallucination ultra violente, il s’agit bel et bien du même disque que celui qui traîne en magasin depuis deux ans. Et même pas dans le bac import... Bon d’accord, on avoue : ça fait toujours plaisir de s’écouter (en cachette) un sympathique petit « The Ghost Of You ». Mais, à part ça…

Yel

Yel, c'est Yel...

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Le départ de Pascal (guitariste) et son remplacement par Watch (multi-instrumentiste) ont poussé Yel à évoluer vers de nouveaux horizons sonores. Le nouvel opus, « Electrophone », conserve l'univers rock des albums précédents mais s'en voit agrémenté de quelques touches électro efficaces et de claviers émouvants. Les mélodies, toujours empreintes d'influences anglo-saxonnes (Muse, Placebo), viennent servir les textes d'un Jean-X qui prône avant tout l'émotion. 

Jean-X : Il faut être sincère. Je pense que c'est la seule chose qui peut payer sur le long terme. Etre vrai dans ce qu'on propose comme musique et dans ce qu'on propose comme textes. Sinon, on se perd dans des chemins obscurs. Et le fait d'être sincère et d'être touché par ce que le public peut apporter, ça se voit. C'est cet échange entre le public et le groupe qui peut faire que le groupe marche ou pas.

Vous sortez aujourd'hui votre troisième disque. En édition limitée, il est accompagné d'un cd bonus. Pourquoi ne pas avoir réuni tous les morceaux sur un seul disque ?

Jean-X : Initialement, on voulait faire un album qui soit plus vintage, dans le sens de l'écoute. Un peu le style qu'on pouvait avoir dans les années septante. Il n'y avait que ça d'ailleurs : des vinyles avec trente minutes de musique d'un côté, trente minutes de l'autre (NDLR : c'était pas deux fois vingt minutes ?) On voulait revenir à ce format-là. C'est un format sympa d'écoute : avoir vingt-cinq, trente minutes à écouter et après changer. Puis on est parti sur le concept de réaliser un double album au niveau du packaging, de l'objet. On voulait un bel objet et le projet a évolué : on a gardé le double album, ce côté tactile, mais on a un peu changé le concept dans le sens où on a fait un cd onze titres et un cd bonus. Finalement, on n'est pas si loin du projet initial puisqu'on a d'un côté 40 minutes et de l'autre 20-25 minutes.

Le groupe a changé de composition : Pascal (le deuxième guitariste) est parti et a été remplacé par Watch que l'on retrouve aux claviers, à la basse et aux programmations. Cela témoigne-t-il d'une volonté du groupe d'évoluer vers de nouvelles sonorités ?

Jean-X : Oui. Quand il y a eu un changement de line-up, on cherchait une personne avec qui le courant passait et qui pourrait faire évoluer le son. On avait déjà fait un concert avec Watch et le courant passait très bien humainement et musicalement. On s'est dit qu'on allait essayer et ça a bien marché dès le début. On a vu que le son évoluait naturellement. Il n'y avait pas vraiment une prise de position par rapport à ça. Le fait que Watch arrive, le son a évolué. C'est très positif. C'est un peu les circonstances de la vie qui ont fait que le son a évolué.

Sur cet album, on retrouve l'influence de Noir Désir, mais également de Muse ou Placebo. Toutefois, on retrouve aussi quelques touches électro. Qu'écoutiez-vous durant l'enregistrement de ce disque ?

Watch : C'est assez étonnant parce que, de mon côté, j'écoute vraiment peu d'électro. Par contre, j'écoute pas mal de groupes rock qui ont une touche électro, style Placebo. Mais au niveau électro pure, peu. Au niveau des influences, j'écoute beaucoup plus de rock qu'autre chose. Ca reste classique, pas mal de groupes anglophones : Muse, Placebo, … des choses comme ça.

J-X : Moi je n'écoute absolument rien. Je suis dans le trip studio.

La première chanson du cd, « Est-ce que tu l'entends », donne le ton d'entrée de jeu : Yel est un groupe de rock qui chante en français. Est-ce important, pour vous, de rester fidèle à votre langue ?

Jean-X : Le français reste pour nous une évidence. C'est un challenge aussi de faire du français avec du rock'n'roll. Mais ça marche.

Le texte compte autant que la mélodie?

Jean-X : C'est complémentaire. Il y a une émotion qui est dégagée par la musique et le texte prend le relais pour poursuivre l'émotion. Ca va de pair. On pourrait mettre un texte en anglais dessus, ça pourrait fonctionner.

Vous n'avez jamais souhaité sortir un disque en anglais ?

Jean-X : On ne dit jamais ‘jamais’. Mais pour l'instant non. Les textes qu'on propose ne sont pas des prétextes. Je me rappelle d'un chanteur qui disait : 'ben voilà, moi je m'amuse à recopier les sous-titres de certains films pour les mettre dans mes chansons'. Je trouve ce choix pauvre d'un point de vue artistique. Il existe des lyricistes en Belgique qui manient la langue de Shakespeare, bien mieux que moi et qui ont des choses à exprimer. Je parle l'anglais, mais je suis incapable d'écrire de la poésie ou d'exprimer clairement une idée dans cette langue. 

Dans « La nuit, le jour », vous parlez de dépendance. Est-ce de la cigarette dont vous parlez ? 

Jean-X : Tout à fait ! Comment tu as trouvé ?

Londrès, Manille, Danita… Mais à première vue on pourrait croire à une dépendance amoureuse…

Jean-X : Une dépendance, c'est une dépendance. Ce qui est intéressant, c'est de voir qu'en disposant d'une trame assez large, au niveau du thème, au niveau des mots, on arrive avec son vécu à pouvoir penser et à pouvoir voir des choses que d'autres verraient différemment. Mais effectivement, le morceau a été écrit par rapport à une dépendance à la cigarette. 

« Nos raisons de passages » est le morceau le plus agressif de l'album. C'est également le seul texte qui raconte une histoire qui ne semble pas personnelle…

Jean-X : C'est le seul morceau qui est au premier degré. C'est plus facile parce qu'on prend un endroit et on le décrit. J'ai l'impression que c'est plus facile mais c'était un peu un exercice de style. C'était s'essayer à autre chose et comme le morceau était très carré, je voulais un texte très brut. Quand je parle de mes billes et mon chien, c'est très brut aussi, c'est terre-à-terre et ça colle bien à la musique. 

Sur ce disque, vous posez beaucoup de questions (« Faut-il », « Pour le meilleur »). Vous vous interrogez sur la vie, la mort, les relations humaines, la société… Quelle est la question que vous vous posez le plus souvent ?

Watch : Quand est-ce que je bois une bière ? (rires)

Jean-X : Personnellement, je me pose plein de questions sur la vie, la mort. Où sera-t-on dans vingt ans au rythme où on vit maintenant ? Il n'y a pas une question en particulier mais des questions qu'on se pose tous à mon avis. J'ai la chance de pouvoir les mettre en chanson.

Vous écrivez la plupart des textes. Le reste du groupe les accepte toujours ? 

Watch : Il est très rare qu'un texte ne soit pas accepté, car on est toujours en admiration devant ses textes. Une seule fois, un texte a été remis en question ; et encore pas par tout le monde. Personnellement, j'ai toujours été en admiration devant cette faculté d'écriture et je n'ai jamais ni pensé ni osé émettre la moindre critique. 

« Rien d'autre que toi » parle de la recherche d'identité et de bonheur et « J'oublie » décrit un monde dominé par l'argent, où l'on se pervertit pour pas grand chose. Vous pensez que le bonheur ne peut être qu'individuel ?

Jean-X : On se retrouve aujourd'hui à vivre des bonheurs individuels. Pour l'instant, notre société vit une crise d'adolescence. On veut de la liberté mais en même temps on a besoin de sécurité. On ne sait pas trop comment se positionner. Je pense qu'il va y avoir un retour aux valeurs, où le bonheur ne sera plus individuel comme ce qu'on peut vivre maintenant parce qu'on est occupé à se chercher. Je pense qu'on va revenir à des choses beaucoup moins futiles que celles vécues aujourd'hui, beaucoup moins matérielles aussi. Demain, l'environnement ne va pas aller mieux mais je pense que les relations vont s'améliorer.

Pourtant vos textes sont en général pessimistes…

Jean-X : Oui, mais c'est aussi pour ouvrir les yeux du public et faire ressentir certaines choses aux gens en disant : 'regardez, n'y a-t-il pas moyen de faire quelque chose ?'

Certains vous comparent à Kyo. Et en particulier sur des morceaux tels que « Mon âme » ou « Rien d'autre que toi ». Qu'en pensez-vous ?

Jean-X : On nous compare à Kyo, à Pleymo et à Noir Désir. Les deux précédents albums c'était Noir Désir parce qu'ils commençaient à récolter du succès et on les entendait partout. Ici, Kyo a percé depuis 2-3 ans. Or, notre album était déjà sorti ; donc on ne pouvait pas nous le faire. Kyo c'est un groupe français qui fait du rock, comme Pleymo. On apprécie d'être comparé à des groupes de cette trempe. Ce sont quand même des groupes de grande envergure ; ce qui veut dire que la qualité musicale existe aussi. Je pense qu'on a tous en commun, eux comme nous, les mêmes influences anglaises. On les a digérées chacun de son côté et, aujourd'hui, on restitue ce qu'on a entendu, ce qu'on a vécu, ce qu'on a ressenti. A part ça, je pense que si à l'époque, on était un ersatz de Noir Désir, on n'existerait plus. Le public a vu qu'il y avait autre chose. Le troisième album va encore montrer que Yel, c'est Yel.  

Dans « Pour le meilleur », vous dites : 'pour le meilleur, je ferai le pire, pour notre meilleur avenir'. Quel serait votre meilleur avenir ? Quel serait le pire que vous puissiez faire pour y parvenir ?

Jean-X : Le meilleur avenir ? Pour l'instant c'est que l'album fonctionne en Belgique au moins aussi bien que les deux premiers voire mieux et puis d'avoir une diffusion plus internationale dans les pays francophones : en France, en Suisse, au Québec… On sera distribué en France et en Suisse. Maintenant faut voir à quelle échelle. Et puis nous espérons accomplir une tournée. Mais une vraie tournée, digne de ce nom. Le pire qu'on pourrait faire pour y arriver ? Je pense que, dans ce métier, il n'y a pas de trucs pires à faire…

Mais il y a des sacrifices…

Jean-X : Oui, en même temps les sacrifices sont le passage obligé pour exercer ce métier qu'on veut faire. Ici, les sacrifices sont difficiles à vivre parce que ce sont surtout des sacrifices familiaux, d'argent, etc.… mais ça vaut toujours la peine d'aller rencontrer le public ailleurs. Il y a toujours un retour équivalent aux sacrifices consentis.

Dans « Se manquer », vous chantez : 'Juste se manquer sans se perdre, je nous défends de nous défaire'.  Ce titre n'aurait-il pas pu s'appeler aussi « Intimes illusions » ?

Jean-X : En fait, ce morceau a été écrit en pensant au public, car il y avait très longtemps qu'on n'avait plus tourné en Belgique (un an et demi). C'est un morceau pour dire qu'on est là et qu'on voit que vous êtes toujours là. On peut se manquer mais pas se perdre. Parfois, c'est bien parce que les retrouvailles sont d'autant plus intéressantes. Ce n'est pas grave de quitter quelqu'un, de dire au revoir quand on sait qu'il y aura un retour. Pendant toute la période d'absence, on nourrit quelque chose et quand on se retrouve, c'est d'autant plus fort. C'est un peu le message qu'on voulait faire passer : le public est toujours là et ça nous fait chaud au cœur.

Stuart A. Staples

Repartir, comme à quarante

A force d'attendre la lune, les Tindersticks ont mis pour l'instant leur carrière en veilleuse… L'occasion pour leur chanteur Stuart A. Staples de se lancer à corps perdu dans de nouvelles aventures, cette fois en solitaire à la poursuite de ses propres démons. Alors qu'il fête cette année son quarantième anniversaire, le crooner à la voix si suave s'interroge quant à son existence. Que laissera-t-il derrière lui pour rebondir de plus belle, après quinze ans (déjà) de sursauts musicaux ? Si ces fans le savent (quelques disques superbes, une trace indélébile au pays des mélodies altières), Staples, lui, préfère encore douter. C'est ainsi qu'on avance, et notre Anglais l'a bien compris. 

Deux albums solos en un peu plus d'un an… Faut-il l'interpréter comme une parenthèse en attendant un nouveau Tindersticks ?

J'ai juste besoin d'air en ce moment, surtout depuis la tournée qui a suivi la sortie de « Waiting for the Moon »… Dès qu'on avait une petite pause j'en profitais d'ailleurs pour bosser dans mon propre studio, pour enregistrer les idées qui me trottaient dans la tête. C'était important pour moi d'expérimenter davantage, au niveau des textures… D'approcher la musique de manière différente, selon différents angles, tout en recentrant mon écriture sur le songwriting. Il y a deux ans, je savais déjà que je sortirai un album solo, voire deux.

Cette idée de te lancer dans une carrière solo, c'est un vieux rêve ?

J'ai toujours composé des chansons de mon côté, mais le groupe passait en premier. Aujourd'hui j'éprouve vraiment le besoin d'appréhender ce qui m'entoure de manière différente… J'espère qu'on retrouvera l'envie de composer ensemble, mais pour y parvenir il faut qu'on le désire de manière collective. Je pense que nous sommes arrivés à un point où la routine s'est installée, et c'est devenu de plus en plus… (il hésite). Ce n'est pas que je n'éprouve plus de satisfaction en compagnie des Tindersticks, mais je pense qu'on a peut-être perdu cette étincelle qui nous maintenait en vie…

Comment les autres membres du groupe considèrent-ils tes escapades en solo ? Les voient-ils d'un mauvais œil ou sont-ils contents pour toi ?

Je pense que nous sommes arrivés à un point où chacun se doit d'accepter le fait que tu puisses avoir envie de faire autre chose. Et c'est valable pour tout le monde : David (Boulter, claviériste du groupe) compose aussi de son côté, tout comme Dickon (Hinchliffe), qui écrit pas mal pour le cinéma. Nous avons tous besoin d'aller voir ailleurs.

Te sens-tu à l'étroit au sein des Tindersticks ?

Il ne s'agit pas de ça… C'est juste qu'au cours des dernières années je me suis souvent posé la question de savoir si je faisais de mon mieux chez les Tindersticks, et la réponse était non. Je n'avais donc pas le choix : il fallait que je reste sincère avec moi-même… Mais ce choix n'a rien à voir avec les personnalités de chacun : je continue à voir les autres, à discuter avec eux du futur de Tindersticks. Ce n'est pas fini, que tout le monde se rassure !

D'une certaine manière, ces deux albums solos représentent donc pour toi une période de transition ?

Oui, c'est clair, même s'ils incarnent déjà le passé, puisqu'ils ont été enregistrés il y a plus de six mois, et composés il y a plus de temps encore… Je ne sais pas très bien pour l'instant vers où je vais et ce que je vais faire, mais ça me convient.»

As-tu bossé sur cet album de manière différente que pour le premier ?

Oui, l'approche était différente. Pour cet album, tout est parti des mots. Il y a longtemps que je n'avais plus travaillé ainsi, mais tout ici est basé sur l'écriture, les textes. « Lucky Dog… », c'était davantage une affaire d'expérimentation, de tâtonnement : il fallait que je trouve une nouvelle manière d'exister, en dehors des Tindersticks…

Tu parles de mots… La littérature t'inspire-t-elle, par exemple ?

Non, et d'ailleurs je n'écris jamais rien sur papier. Tout est dans ma tête… Et il y a toujours une mélodie qui accompagne ces idées. L'inspiration, elle vient du fait que je pense être arrivé à une période de ma vie où j'ai besoin de changement. Quelque chose a changé, je le sens… C'est de ça dont parle l'album : de ce combat intérieur. J'ai envie de ce changement, mais en suis-je vraiment capable ? Tu sais que ce changement en vaut la peine, mais pour cela tu dois laisser plein de choses derrière toi, d'où le titre de l'album. C'est la raison pour laquelle quand j'ai commencé à écrire, je ne pouvais plus m'arrêter : il fallait que ça sorte. Ce sentiment, je ne l'avais plus ressenti depuis le deuxième Tindersticks !

Ne s'agirait-il pas de la fameuse crise de la quarantaine ?

Peut-être bien, oui… On peut l'interpréter comme une envie de se positionner différemment, par rapport à toute cette routine qui au fil des années s'installe dans ta vie, et qui t'empêche d'appréhender sereinement l'avenir… Et je n'aime pas ce sentiment ! J'ai besoin de trouver de nouvelles façons de penser, de réfléchir, de comprendre ce qui m'entoure. C'est de là que sont nées ces nouvelles chansons.

On sentait en effet, en écoutant les deux derniers Tindersticks, que tu éprouvais certaines difficultés à te réinventer en tant que songwriter…

Sans doute, et ces deux albums-ci ont été également difficiles à écrire… Mais pour celui-ci je suis arrivé à un point où je me sens vraiment exister musicalement. J'ai composé chaque chanson sur une guitare acoustique. Ce qui s'est révélé le plus dur, c'était de traduire en musique ce qui me trottait dans la tête, mais je pense y être arrivé, même s'il m'a fallu beaucoup de temps pour trouver les arrangements que je désirais leur coller.

As-tu reçu de l'aide pour traduire tes pensées en musique, au niveau de l'orchestration par exemple ?

Oui. Terry Edwards m'a donné un coup de main pour les cuivres, et Lucy Wilkins pour les cordes. Je les connais depuis longtemps (il s'agit en effet de deux fidèles collaborateurs des Tindersticks) : ils sont toujours très patients, et ils savent mieux que personne comment traduire mes désirs en musique. On bosse à trois en discutant beaucoup : c'est comme une conversation, en somme.

Tu parles de musique 'dans ta tête', d'existentialisme musical,… Y penses-tu sans cesse, 24h/24, comme si c'était ton oxygène ?

Elle se manifeste à moi par vagues obsessionnelles. Pour l'instant je n'ai pas trop envie d'y penser, parce que ça demande beaucoup d'investissement et de souffrance… Et en ce moment je suis content de laisser les choses se faire, de rêver. Parce que dès que je bosse sur un disque, j'y pense tout le temps, et ce n'est pas bon pour ma vie de famille.

Quand tu chantes 'I keep the path under my feet/Cos I know it's the only one' (« There is a path »), c'est dans ce sens-là : la famille, à savoir la seule chose qui finalement en vaille la peine ?

Oui, c'est une chanson très romantique, qui parle du fait qu'il faut préserver sa famille, ses proches. C'est le plus important.

L'amour… a toujours été ta principale source d'inspiration, non ?

(sourire) : Comme pour tout le monde, non ? Je ne pense pas que ce soit quelque chose d'étrange à ressentir… C'est ce qui nous donne envie de vivre ! (rires)  

Parce que tu chantes surtout les sentiments amoureux, et ce depuis tes débuts chez les Tindersticks… Pourrais-tu écrire des chansons sur autre chose ?

Je ne choisis pas les sujets qui m'inspirent, ce sont eux qui me choisissent. C'est ça l'inspiration, peu importe ce que cela signifie. Si l'amour est un sujet de « Leaving Songs », il y en d'autres, et surtout celui de laisser certaines choses derrière soi pour rester libre. Pareil concernant les albums des Tindersticks, même si en les réécoutant j'y trouve aussi beaucoup de regrets et de ressentiment… A l'époque je n'aurais sans doute pas été capable de le déceler, mais avec le recul je comprends mieux ce qui nous poussait à écrire.

En regardant dans le rétroviseur, y a-t-il quelque chose que tu voudrais changer à ta carrière ?

Non, parce que chaque événement correspond à un moment précis de ton existence, à des émotions que tu captures à un instant précis. Si le temps permet d'y poser un regard critique, tu ne peux rien y changer…

Est-ce facile pour toi de réécouter tes anciens disques ?

Non, mais c'est arrivé il n'y a pas longtemps : ma femme avait retrouvé des vieilles cassettes des deux premiers albums des Tindersticks, qu'elle a passées dans la voiture. Je les ai écoutées en entier, et je me suis dit : « Ok, maintenant je pige ce qui s'est passé.

As-tu éprouvé du plaisir en les réentendant ?

Oui… Ces deux premiers albums reflètent une époque où tout allait parfaitement bien… Pendant deux/trois ans c'était comme si on flottait, comme si la musique jaillissait de nous sans heurts, en toute liberté, sans prise de tête ni batailles d'ego. C'était un sentiment merveilleux, et c'est pourquoi ils sonnent de façon si spéciale…

Peux-tu nous en dire plus sur tes duos avec Lhasa et Maria McKee ?

Pour « This road is long » j'ai cherché pendant des mois quelqu'un qui pouvait la chanter comme je le désirais, c'était vraiment problématique… Puis un jour, alors que je me promenais dans les rayons d'un disquaire, je suis tombé sur un album de Maria McKee, et d'un coup j'ai su que j'avais trouvé la personne qu'il me fallait. En réécoutant sa musique, sa voix, tout s'est mis en place immédiatement, et c'est alors que je lui ai envoyé une maquette de la chanson. Elle m'a répondu directement, m'écrivant qu'elle adorait ce titre et qu'elle acceptait de chanter dessus. C'était comme un cadeau tombé du ciel !

D'où te vient cet amour pour les duos ?

J'ai toujours aimé cette formule. Elle se prête bien à ma manière d'écrire… Parce que j'aime bien écrire en partant d'un autre point de vue que le mien, comme si d'une certaine manière j'étais en conversation avec moi-même.

Pourrais-tu envisager un jour un duo avec un autre chanteur ?

(du tac au tac) : Oui, bien sûr. J'y ai souvent pensé, mais je n'ai pas encore trouvé la personne qui pourrait s'y prêter…

Si tu pouvais en choisir un, là…

Probablement Louis Armstrong, mais ça va être difficile ! De toute façon c'est la chanson qui détermine mon choix, pas l'interprète. C'est comme si tu devais absolument trouver la voix qui va avec, et pas une autre.

Therapy?

Therapy ? en cure avantageuse : nouveau cd percutant !

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Quelle agréable sensation que de retrouver un groupe fétiche qui renoue, presque subitement, avec son meilleur niveau ! Au cours des dernières années, Andy Cairns et son Therapy ? étaient loin de proposer des albums proches, en qualité, du génial « Troublegum », sans aucun doute leur meilleur opus. A chaque fois, il manquait ce petit quelque chose, cet éclair de génie qui fait la différence. A moins d'être trop optimistes, nous pensons que ce niveau de qualité, celui de l'album phare de la discographie du groupe (750.000 exemplaires vendus, quand même, et ce sans démarche commerciale puante !), le trio irlandais vient de le retrouver par la voie d'un « One Cure Fits All » particulièrement percutant, lui aussi. Et, sincèrement, on s'en réjouit car, invariablement, Therapy ? est avant tout resté lui-même, même quand la 'magie' n'avait plus trop cours. Jamais le groupe n'a cherché à quitter sa voie, son parcours. A croire que celui-ci ne devait pas être linéaire. Sinon pourquoi après « Troublegum », fallait il pondre un successeur aussi différent que cet « Infernal Love » qui, probablement, marqua le déclin du trio ? Andy Cairns est, aujourd'hui, très optimiste. Pour son onzième album, Therapy ? a fait fort et, clairement, il le sait. Il manifeste pourtant sa confiance avec prudence et doigté. Récemment de passage à Bruxelles, il nous a expliqué…

Nous avons choisi de revenir à l'essentiel de notre musique : soigner les mélodies et l'impact de nos compositions ; c'est ce que nous avons eu envie de faire. « One Cure Fits All » est donc, prioritairement, habité de titres courts, nets et marquants. Nous n'avons pas compliqué la mécanique : juste livrer l'essentiel et aller droit au but ! Quand j'écoute le disque, je retrouve très bien notre état d'esprit !

Le cd est court aussi, il fait à peine une quarantaine de minutes…

Pour moi, cela n'est pas important. Pendant la phase d'enregistrement, qui n'a duré que deux semaines, nous avons mis en boîte dix-huit titres. Nous n'en avons finalement gardé que treize ; ceux qui nous paraissaient être véritablement indispensables. Notre credo était la qualité ; le nombre et la durée n'étaient pas des critères primordiaux.

Vous avez enregistré dans l'urgence où avez-vous œuvré l'esprit serein ?

Nous étions surtout très bien préparés. Avant d'entrer en studio, nous avions toutes ces compos très bien en main. On les avait déjà jouées à maintes reprises. Donc, les sessions d'enregistrement ont été très efficaces. On a capté chaque titre cinq ou six fois et on a gardé les meilleures prises. Mais on ne devait rien apprendre en enregistrant, c'est important.

Le choix du producteur de l'album est malgré tout assez étonnant. Pedro Ferriera a produit le « Permission To Land » de The Darkness. Ils n'évoluent pas vraiment dans le même registre que Therapy ?

C'est vrai mais, au décompte final, Pedro a fait ce qu'il fallait : il nous a laissé sortir de nous-mêmes ce qui y résidait au naturel. Nous avions cette hargne, cette dose d'énergie qui ne doit pas être canalisée. Et comme nous avions déjà très bien préparé nos compos, son travail s'en est trouvé simplifié. Toutefois, je tiens à préciser que c'est vraiment un bon producteur. La preuve : c'est lui qui nous a proposé de produire l'album. Il suit le groupe depuis longtemps déjà. On peut donc dire qu'il a du goût, c'est certain ! (il se marre).

Honnêtement, tu n'as jamais paniqué en voyant les ventes de disques du groupe dégringoler, au cours des dernières années?

On réalisait ce que nous pensions devoir concevoir. A partir de là, le reste est forcément aléatoire. Qui plus est, nos ventes d'albums sont croissantes depuis quelques temps. C'est vrai qu'on n'est plus au niveau de « Troublegum » mais, enfin, la courbe se dirige vers le haut. Tout ne va donc pas si mal.

Vous allez probablement reprendre la route très vite…

Dès à présent. Nous débutons dans quelques jours (comprenez le 6 mai), une série de concerts en Angleterre. Nous jouerons, dans la foulée, dans le reste de l'Europe. Nous sommes terriblement motivés et heureux de partir en tournée tant nous avons envie de jouer les compos de « One Cure » en live.

Le line up actuel du groupe (le même depuis trois ans) implique l'inévitable Michael (McKeegan, le bassiste) et le batteur Neil Cooper. Satisfait ?

Parfaitement. Pour moi, il peut rester inchangé le plus longtemps possible. C'est d'ailleurs la qualité, la cohésion actuelle du groupe qui a permis d'enregistrer un bon album. Nous nous trouvons les yeux fermés et nous nous comprenons très facilement. C'est essentiel.

Vous vous produisez dans quelques jours, à l'Ancienne Belgique de Bruxelles (le 17 mai). On vous retrouve par la suite pour l'un ou l'autre festival ?

Probablement, oui. Ce sera, en tout cas, le cas à l'Octopus festival. Et il n'est pas impossible qu'il y ait encore l'une ou l'autre date au programme. Le calendrier est occupé de s'élaborer.

 

G Minds

Wish Of Never EP

Écrit par

« G » pour « Genuine » peut, à priori, paraître ambitieux, voire prétentieux. Le fait est que les G Minds peuvent, sans aucun souci, se le permettre. Agréablement surprenant et mature, le premier essai studio du quartet allie à merveille un duo de voix symbiotiques à des mélodies lénifiantes. G Minds est, assurément, un groupe à suivre à la loupe.



The Tyde

Three’s Co.

Écrit par

Surfant sur une planche estampillée The Tyde depuis 2001, Darren Rademaker vient de donner une suite aux acrobaties de son groupe. Après « Once » (2001) et « Twice » (2003), le troisième album, « Three’s Co », respecte la logique numérique. Sur ce nouveau disque, Darren est accompagné d’Ann Do, son épouse. Mais aussi de Brent, son frangin, activiste au sein des regrettés Beachwood Sparks et champion des mélodies sombres chez The Frausdots. « Three’s Co. » plante l’auditeur où « Twice » l’avait laissé : sur la plage. Hésitant entre une leçon de natation et une virée en planche sur les vagues californiennes, l’album vogue au gré d’inspirations variables. La pluie anglaise pour les ambiances pop déconcertées ou le soleil californien pour illuminer les moments les plus sombres de l’album. Frimant sur la plage en compagnie de The Tyde, Conor Deasy, parolier en chef des Thrills, rejoint ses copains le temps d’un excellent « Brock Landers ». A tue-tête, ils affirment « Jealousy will get you nowhere ». Sans doute. En attendant, l’équipage de Darren Rademaker décline la mer sous toutes ses vaguelettes. De chansons idéales pour un coucher de soleil océanique (« Aloha Breeze », « Don’t Nead a Leash ») en sprint sur le sable chaud (« Do It Again Again »), toutes les excuses sont bonnes pour prendre le large en compagnie de The Tyde.

The Television Personalities

My Dark Places

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Fondé en 1977, TV Personalities est un peu considéré comme le parrain du D.I.Y.. A l’instar de The Fall et de Wire, il est en outre un des rares groupes a avoir réellement embrassé l’esthétisme punk. Et puis il a influencé des groupes comme Jesus & Mary Chain ou encore Pavement. Mais The Television Personalities, c’est avant tout Dan Treacy. Un personnage devenu au fil du temps accro à l’héroïne. Ce qui lui a valu de multiples cures de désintoxication, causé de graves désordres psychologiques, et au cours des dernières années, coûté un séjour à l’ombre. On comprend mieux ainsi sa disparition du circuit musical depuis 1998, date de l’enregistrement de son précédent opus. Maintenant, il faut reconnaître que plus grand monde ne lui prête intérêt depuis la sortie de « The painted word », un elpee qui remonte déjà à 1985. Evoluant quelque part entre la lo-fi, le psychédélisme ‘sydbarrettien’ et l’indie typiquement britannique, « My dark places » n’est pas un album facile. Et en particulier les quatre premiers morceaux du disque. Et il faut être très ouvert à l’expérimentation (pour ne pas dire l’improvisation pure), pour ne pas jeter précipitamment l’éponge. Heureusement, la suite est beaucoup moins impénétrable. Depuis le boogie woogie « Velvet Underground » au mélancolique « There’s no beautiful way to say goodbye », ballade partagée entre piano sonore, mélodica, violoncelle et la voix fragile de Treacy, tellement proche d’un Mark Oliver Everett (Eels), la plaque recèle toute une série de compositions de bonne facture. Et en particulier le candide « I’m not your typical boy », le noisy « She can stop traffic », le bouleversant « Tell me about it », la prière funéraire « Knock it all down », la nouvelle version du désenchanté « I hope he’s everything you wanted me to be », rebaptisée pour la circonstance « I hope you’re happy now » et le titre maître, dont les lyrics torturés sont administrés sur l’air de « Frères Jacques ». Des lyrics qui reflètent les épreuves que Dean a vécues au cours des dernières années : l’ennui, l’amertume, la dépression, la rupture, la colère, la paranoïa, le dégoût de soi-même et le délire. Maintenant, la plupart de ces titres sont abordés avec un esprit tellement torturé, qu’on ne sait pas trop s’il s’agit de folie, de génie ou d’excentricité. Peut-être les trois.

Solo

Solopeople

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Originaire des Pays-Bas, Solo ne risque pas de provoquer de vagues de notre côté de la frontière. Des clapotis tout au plus. L’unique subtilité de la formation tient en son nom puisqu’elle compte en réalité deux membres. Aussi mou qu’un caramel resté trop longtemps au fond d’une poche, le duo tente lamentablement de puiser son inspiration chez dEUS. Le fait est qu’un nombre incalculable de leurs pairs s’y sont déjà essayés. La plupart sans succès. Solo n’échappe pas à la règle et propose un premier essai d’une monotonie mortelle.

Soon

Under The Wire

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Après les gars de Mint, une nouvelle paire de frangins vient étoffer le paysage rock de notre pays. Cependant, les frères Vandewoude n’en sont pas à leur coup d’essai. Formé il y a cinq ans environ, le quintet de Soon aura dû attendre 2003 pour que son premier effort, « Please Accelerate », trouve un distributeur. 3 ans plus tard, il nous propose « Under The Wire », condensé de powerpop méticuleusement travaillé. Il y transparaît un souci évident du détail mais n’en résulte pourtant rien de transcendant. A quelques exception près (« Anchorage », « Serenade The City »), écouter les dix titres du disque d’une traite s’avère assez rapidement devenir une tâche rébarbative. Rien ne se passe ; pas une seule petite étincelle. Un peu comme dans un épisode de Derrick…

rinôçérôse

rinôçérose

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Il y a sept ans déjà, « Le Mobilier », premier single de rinôçérôse, était diffusé en boucle sur les ondes. Les contours du paysage électro de l’époque étant définis par la French Touch, le duo n’eut aucun mal à imposer sa ‘Guitaristic House’ singulière. Pas de chance, la French Touch est morte une ou deux années plus tard. Et, avec elle, tout ce qui faisait l’originalité des compositions de Jean-Philippe Freu et Patrice Carrié. Après « Installation Sonore », sorti en 1999, rinôçérôse s’est enfermé dans un carcan mélodique des plus itératifs. Les vocalises, harassantes et de plus en plus nombreuses, ont fini d’achever l’histoire d’une formation au potentiel manifeste mais mal exploité. Pour preuve, un « Schizophrenia » insignifiant, publié l’an dernier. A l’image d’une carrière en dents de scie, ce rétrospectif éponyme témoigne donc autant des réussites de la formation que de ses erreurs de parcours. Des quinze morceaux, on retiendra essentiellement les instrumentaux, constituant la véritable richesse et l’œuvre la plus réfléchie du duo. En bref, rinôçérôse c’est un peu comme le « Louxor » de Katerine : ‘Et je coupe le son… Et je remets le son…’