La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Ms. John Soda

Notes and the Like

L’indietronica doit beaucoup au label allemand Morr Music (Notwist, Lali Puna, Isan, Styrofoam,…) : grâce à lui laptop rime avec pop, électro avec dodo, BPM avec R.E.M. (« Rapid Eyed Movement »), et l’on s’endort dans les bras de Morphée en cligant des yeux. Quatre ans après « No P. or D. », Micha Acher (des Notwist) et Stefanie Böhm espèrent encore hanter nos nuits de leurs mélodies bleutées, où se trament d’étranges ballets numériques. Par ailleurs, les cordes (« A Million Times ») et les guitares (« Scan The Ways », « No. One ») se fraient un chemin sinueux au milieu de la flore synthétique : le paysage ressemble malheureusement à une carte postale, tant le sentiment de déjà-vu imprègne chaque titre de ce disque remplaçable. Déjà entendu, chez les copains du label, voire chez Broadcast et The Postal Service. Là où le bât blesse encore, c’est qu’aucune mélodie ne sort vraiment du lot. La formule tourne à vide, dans un excès de mélancolie… Un joli beat, des violons et une femme qui murmure ? Ce n’est pas suffisant pour se sentir ému.

The Knights of The New Crusade

Knight Beat (A Challenge To The Cowards Of Christendom)

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Jesus Christ Was A Motherfuckin’ Rock’n’Roll Star ! Oups, désolé les gars, je me suis laissé emporter. Parce que, oui, ‘Thou Shalt Not Take The Christ Name In Vain’ !… Et les Chevaliers de la Nouvelle Croisade (tout un programme), je n’aimerais pas les avoir au cul. A priori, on pourrait croire à une bonne blague second degré. Mais non, même pas… Certainement enregistré dans une cave d’église et produit par Dieu lui-même, ce disque de propagande chrétienne se veut être un raid contre les ‘maux’ de la planète : le porno, le divorce, l’adultère, l’homosexualité, etc. Tout y passe, même la mode. Ce qui fait doucement rire à l'écoute du son bien hype 70’s de la formation. Juste pour rire, quelques titres : « Got Some Gospel For You », « The Son Of God Goes Forth To War », « Why Do You Want To Go To Hell ? »… En concert, ça doit être quelque chose : on imagine facilement l’assistance, déguisée en fantôme à bonnet pointu, se torchant la gueule à l’eau bénite tout en grignotant du Chaussé aux Moines entre deux psaumes. En guise de décor, un beau crucifix en feu et quelques pendus colorés. Le disque satisfera indubitablement les bigots de tous bords. Mais le manque de tolérance et d’ouverture de ces crétins (un jeu de mots, ici, serait trop facile) rebutera aisément l'être humain normalement constitué. Voilà donc de quoi se réconcilier avec P.O.D.! Difficile de croire qu’un disque aussi pathétique puisse aujourd'hui se retrouver dans les bacs. Allez hop, ‘praise the lord for the garbage can’ ! Amen.

The Jigsaw Seen

Zenith

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Ce groupe américain est né en 1989. Il nous propose son deuxième opus avant d’avoir commis son troisième… en 2002 ! Non non, ne vous inquiétez pas, votre humble serviteur n’est pas devenu fou à l’idée du travail titanesque qui l’attend encore ! Cette aberration temporelle, ce vortex devrions-nous dire, s’explique bien plus facilement que vous ne le pensez. En fait, lors de la gestation de « Zenith », The Jigsaw Seen ne dénicha pas de maison de disques pour lancer son bébé sur le dur marché de la musique. Résultat des courses, le groupe fut forcé d’attendre cinq ans et de finir par publier cet album sur son propre label. Une démarche courageuse que l’on ne peut d’ailleurs qu’applaudir… Malheureusement, à l’écoute de ce « Zénith », on commence à comprendre pourquoi cette plaque ne trouva pas, à l’époque, de boîte assez courageuse pour la soutenir. Composée de titres pop-rock assez classiques et teintés d’influences early 90’s, elle peine en effet à trouver la mélodie qui marque, l’arrangement qui tue, l’étincelle destinée à mettre le feu au bûcher. Il serait bien sûr injuste d’affirmer que des titres comme « Fiddlesticks » ou encore « Letter to the editor » se résument à de sombres daubes ; mais de là à recommander l’achat de cette œuvre, il y a une marge rendue encore plus infranchissable par un morceau comme « Big Hand », insupportable à cause de la voix limitée du chanteur.

Islands

Return To The Sea

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On ne les avait pas vus partir... Mais cette fois on les voyait venir ! Depuis l’implosion surprise des désopilants Unicorns, on s’interrogeait. Pourrions-nous encore sourire en nous dandinant sur une énième pop-song ? Qui nous coupera les cheveux quand nous serons partis ? (référence absolue à l’unique album publié par les défunts Unicorns : « Who Will Cut Our Hair When We’re Gone ? ») Toutes ces questions nous minaient sérieusement le moral. Bienveillants, J’Aime Tambeur et Nick Diamonds, deux tiers du trio originel, se retrouvent sous le soleil de Islands. En duo, les Canadiens signent un syllogisme discographique : «Return To The Sea » (NDR: très cohérent lorsqu’on s’appelle Islands). Enregistré dans l’appartement de J’Aime à Montréal, l’album convie tous leurs amis : Regine Chassagne, Sarah Neufeld, Richard Parry (alias le roux fou) et tous les électrons libres d’Arcade Fire, sans oublier le rappeur national Subtitle. Le résultat est confondant d’ingéniosité. Comme si Tim DeLaughter (Polyphonic Spree) s’était accaparé les rennes d’Arcade Fire. Dès l’introductif « Swans (Life After Death) », on retrouve un sourire perdu lors de notre dernière coupe de cheveux. Pour danser jusqu’au bout de la nuit en consommant des myriades de substances psychotropes, rien de tel qu’un bon tube de la trempe de « Don’t Call Me Whitney, Bobby ». Pour délirer aux sons des violons, flûtes, orgues, clarinettes et autres sonnettes (de vélo ?), une bonne dose psychédélique de « Rough Gem » devrait convenir. La tête dans les étoiles, le bulbe rachidien sur une autre planète, on balance notre squelette au soleil sur la musique des Islands. Que l’été commence ! Il durera toute l’année...

Immune

Sound Inside

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Les Lyonnais d’Immune nous tombent dans les bras tel un don du ciel. Un cadeau de la cigogne en quelque sorte. Certainement influencé par quelques autistes merveilleux comme Mark Hollis (le côté dépouillé), Sigur Ros (l’intensité) ou The For Carnation (la sombre fragilité), le quatuor inspire par la grâce d’une rare maîtrise, une sensation éthérée de plaisir terminal. Le groupe propose des mélopées organiques et élégiaques, une electronica minimaliste égrenée de gouttes de piano, bercée de brises de violoncelles et soutenue par une voix élégante. Leur musique dépeint des paysages inexplorés, des atmosphères allégoriques où toute certitude est balayée d’un souffle serein. L’exploration d’un monde où le cerveau de l’homme n’a jamais posé ses synapses. Un univers à perpétuellement réinventer, à défaut de pouvoir s’accrocher à quelque chose de familier. Immune suspend les notes comme on suspend le temps, entre deux bouffées d’air, deux battements de paupières et cultive au creux de nos reins comme un frisson divin, une angoisse tranquille. « Sound Inside ». Ouvrez la boîte. Une révélation !

H-Trance

Musique pour chien

Etrange, comme une pochette de disque, un titre, peuvent s’avérer trompeurs… Mais si on devait s’arrêter à ce genre de constat, bien des chefs-d’œuvre n’auraient sans doute jamais été traités comme tels, tant l’artwork, par sa laideur, ne donne parfois aucune envie de creuser davantage. Rassurons-nous également quant au nom de ce groupe : il ne s’agit pas de trance, et c’est un soulagement… Plutôt de songwriting électro-acoustique, entre Syd Matters, Troy von Balthazar et l’écurie Record Makers : en gros du beau boulot, encore marqué de l’hésitation due à la jeunesse, mais d’une évidence mélodique qui fait plaisir à entendre. Une beatbox attendrie, parfois des nappes à la John Carpenter, une guitare acoustique et cette voix caressante, à la Elliott Smith/Salim Nourallah : Loïc D., l’homme derrière H-Trance, a composé ici 10 ritournelles sans prétention, et pourtant il parvient à faire mouche. S’il s’agit de « Musique pour chien », alors on est prêt à se lécher le derrière en remuant la queue. Une belle découverte !

Gregor Hilden

Golden voice blues

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Très prisé par la critique, ce jeune guitariste allemand (NDR : issu de Munster très exactement) n'est plus un inconnu puisqu'il compte déjà plus de vingt ans de métier. Particulièrement doué, ce gratteur présente de sérieux atouts et de solides références. Et pour cause, ce disciple de Peter Green et de Larry Carlton synthétise sa propre fusion de blues, de jazz et de soul. Son premier album, "Guitar deluxe", remonte à 1994. Depuis, il aligne régulièrement des albums sous son patronyme ou flanqué du Johnny Rogers Band. A l’instar de "Soul serenade", paru en 2001. Commis en 2004, "Blue hour", son précédent opus, relevait du Gregor Hilden Band. « Golden voice blues » est un disque instrumental. Il recèle onze plages issues de sa plume, pour lesquelles il est soutenu par son trio de base : Horst Bergmeyer aux claviers, Erkan Özdemir à la basse et Klaus Schnirring aux drums ; autrement dit, la très réputée section rythmique des Bluescasters de Memo Gonzales. Deux souffleurs ont collaboré à la confection de quatre plages : Tommy Schneller au saxophone et Keith Dunn à l'harmonica.

"Shuflfin" met directement le feu aux poudres. Gregor reproduit immédiatement la tonalité chère au Peter Green de la grande époque (NDR : celle de la fin des 60s). Il détient une Gibson Les Paul Goldtop de 68 et un ampli Fender Deluxe Reverb de 64. Pour ce Chicago shuffle, Horst est au piano et Tommy aux saxophones. Le niveau technique de Gregor est très élevé. Pourtant, il ne dispense que les notes nécessaires, des notes concédées à l'économie comme le faisait si bien le grand Green. Il embraie sur "Golden voice blues". Un morceau imprégné par le style de T-Bone Walker. Un blues fin de soirée particulièrement agréable au cours duquel sa complicité avec le pianiste est un plaisir pour les oreilles. Mr Hilden persévère dans le swing. La section rythmique se fait légère pour aborder "Off beatin". Un excellent jump imprimé sur un tempo modéré. Une compo qui marque une nouvelle fois le retour de Schneller au saxophone ténor. Décidément versatile, Gregor prend la direction de la Louisiane en empruntant des accents nonchalants. Le swamp blues devient le théâtre de son nouvel essai tout au long de "Smack Bertha's shuffle" ; une plage enrichie par l'harmonica de Dunn et le piano de Horst. "Late rent shuffle" nous plonge dans le monde du blues et du swing. La rivalité entre les cordes, le sax baryton et l'orgue Hammond est tonique. "Mature blues" est un slow blues fort classique. Tout est bien mis en place. La guitare se divertit face au piano et à l'harmo de Keith Dunn. Du bon travail ! Proches de Mike Bloomfield et de BB King, les cordes évoluent derechef dans un registre fort proche de l’univers de Peter Green, bien sûr ! Gregor saisit sa Danelectro Baritone pour s’enfoncer dans un Memphis R&B très séduisant. Intitulé "Baritone boogaloo", ce fragment est éclairé d'un solo de saxophone. Débordant de groove, "Jammin" constitue un exercice instrumental à la texane, proche de Freddie King. Les différents musiciens accomplissent impeccablement leur rôle. Gregor, Horst, Keith, Erkon et Klaus sont unis voire soudés pour le meilleur ! Autre blues lent, "Sweet 'n'sour" réverbère un son puissant, saturé d'écho. La Gibson de Gregor nous flanque des frissons partout, tant son toucher est à fleur de peau et sa sensibilité exacerbée. Slow blues classique, "Earth blues" est soutenu par la section rythmique. Cette compo aurait pu servir de bande sonore pour un Chicago Blues Band. Mississippi Heat, par exemple. Le champ est d’abord laissé libre au brillant pianiste Horst Bergmezyer, à Dunn et Hilden enfin. Cet excellent album s’achève par "Greg's boogie", un boogie au cours duquel chaque musicien met un point d’honneur à donner le meilleur de lui-même pour atteindre un excellent résultat d’ensemble. A écouter absolument !

 

 

Catherine Feeny

Hurricane Glass

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Nouvelle ambassadrice du folk américain, Catherine Feeny ne fait pas dans le chant citoyen. « Hurricane Glass » ne sera donc pas prétexte aux belles revendications politiques attachées aux grandes imageries folk. En substance, « Hurricane Glass » ne s’éloigne pas de son petit frère, l’éponyme « Catherine Feeny », publié chez nous en 2005. Une fois encore, les relations humaines, les liens inextricables de l’amour et la beauté d’une rencontre concentreront toutes les attentions des chansons de Catherine Feeny. Dans cette optique, « Hurricane Glass » ne dépoussière pas les cordes de sa guitare acoustique. Le grand nettoyage survient davantage au niveau de la production. Produit par Sebastian Rogers, l’album a été mixé par Dave Way (Sheryl Crow, Fiona Apple, Macy Gray, Paul Mc Cartney). Ce dernier confère une nouvelle dimension aux comptines dépouillées de Catherine Feeny. Plus orchestré, plus fouillé, ce disque célèbre la rencontre de la rusticité et de la modernité. Le son est chaud, les compositions sont enivrantes. Et on se laisse aisément emporter par ces airs familiers, aux carrefours des musiques d’Aimee Mann, Heather Nova et Suzanne Vega. « Hurricane Glass » éloigne Catherine Feeny des chaumières en bois rustiques et la rapproche des coutumes citadines. Cette fois, la voilà aux portes des radios.

Larry ‘Wild Man’ Fischer

Derailroaded - Inside the Mind of Larry Fischer (dvd)

C’est l’histoire d’une légende du rock : Larry ‘Wild Man’ Fischer, 'the Godfather of Outsider Music', étrange figure tutélaire des punks et de Daniel Johnston, maniaco-dépressif, paranoïaque et schizophréne, le seul vrai 'freak' de L.A. et du 'Summer of Love'… Si aujourd’hui peu de gens se souviennent de cet énergumène, c’est parce qu’il a disparu pour de bon de la circulation : 'He lost the pep', bref la folie l’a rongé jusqu’à l’os, et sans doute pagaie-t-il ces jours-ci en plein torrent mystique, "Derailroaded" comme l’indique le titre de ce documentaire réalisé par Josh et Jeremy Rubin… 'I’ve had been derailroaded by everybody !!!', gueule-t-il toute gorge déployée, le rictus figé dans un excès de barbituriques. Il l’aura connue, pourtant, son heure de gloire, avec l’album « An Evening With Wild Man Fischer », sorti en 68 sur Bizarre Records, le label de Frank Zappa… Mais l’entente cordiale ne durera pas longtemps entre le musicien hirsute et le forcené de la gouape a capella : trop fou, trop instable, 'bigger than life'. Après quelques séjours en hôpital psychiatrique, un concert au Rose Bowl en 69, partageant l’affiche avec Janis Joplin, The Everly Brothers, The Byrds et Joan Baez, Larry Fischer (il doit son patronyme d’‘homme sauvage' à Solomon Burke) manque de tuer le bébé de Zappa lors d’une rixe à propos de ses royalties… 'Did you know that Frank Zappa stole all of my money ?', confie-t-il aux frères Rubin lors du tournage de ce documentaire. C’est pourtant grâce à lui qu’il se sera fait un nom auprès des amateurs de bizarreries vocales, avant que le mythique label Rhino lui demande d’écrire un jingle pour leur fameux magasin de disques. « Go to Rhino Records », gravé en 1975, sera le premier 45 tours édité par le label indie. John Peel, à l’époque, le citera dans son top 50 de l’année, et Wild Man Fischer de devenir un personnage culte, admiré par des gens comme Mark Mothersbaugh (Devo) et l’internationale punk.

Après deux albums produits par Barnes & Barnes dans les eighties (« Pronounced Normal » et « Nothing Scary »), Fischer est de plus en plus la victime de ses propres démons. Persuadé qu’il est au centre d’une conspiration visant à le tuer (« Je veux rendre les gens heureux mais 'Ils' veulent ma mort !!! »), notre homme sombre peu à peu dans une folie incontrôlable (il refusera jusqu’il y a deux-trois ans à soigner sa pathologie par la médication). Les séquences filmées à cette époque (fin 90s/début 00s) dévoilent un vieil obèse complètement à l’ouest, persuadé qu’il est « le plus grand chanteur de rock de tous les temps »… Alors, Wild Man Fischer, bouffon psychotique ou génie incompris ? Les deux, assurément, et l’histoire ne nous contredira pas : ce sont les plus tarés d’entre les hommes qui enfantent souvent les plus intéressants chefs-d’œuvre. Ou qui, du moins, marquent les esprits. Il faut donc voir « Derailroaded » pour le croire, comme « Dig! », « Some Kind of Monster » et « The Devil and Daniel Johnston ». Un truc de ouf !

 

 

Blackmail

Aerial View

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Si David Bowie avait participé à l’éponyme de Placebo, la collaboration aurait certainement débouché sur un résultat proche de cet « Aerial View ». Les Allemands de Blackmail imitent à la perfection leurs modèles en n’ajoutant à leurs compos qu’une infime dose d’originalité. Cette dernière, on la retrouve par exemple sur « Couldn’t Care Less », lorsqu’une trompette impromptue fait irruption lors des quelques secondes de clôture du morceau, ainsi que sur « Soulblind » et son intro quasi-stoner. Mais le potentiel d’originalité de Blackmail est systématiquement tronqué par les vocalises limitées et monotones d’Aydo Abay. Cette voix crispante, proche d’un Molko qui aurait enfin mué, se fond d’ailleurs dans le décor sonore de notes guitaristiques mille fois usitées. C’est sûr, le rock FM insipide a encore de beaux jours devant lui.

David Thomas Broughton

Guide to Insufficiency

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La chaleur nous caresse le visage. Au loin, le soleil disparaît, tout doucement, se tâtant, cherchant comme toujours consolation à l’autre bout du globe. Le pas léger, nous avançons vers ces reflets orangers. David Thomas Broughton vient de composer « The Complete Guide to Insufficiency », bande son idéale de cette fin de journée ensoleillée. Par la grâce de cinq chansons en lévitation, Broughton se rapproche de Nick Drake et John Fahey, deux génies d’un siècle passé. Comme si Anthony (& The Johnsons) abandonnait son piano pour fredonner au gré d’une guitare folk. Enregistré en une seule prise sous la nef d’une église de la banlieue de Leeds, ce disque convoque la quiétude en toutes circonstances. Les agressions, les échauffourées et les colères meurent dans l’univers esquissé par David Thomas Broughton. Ne subsistent ici que l’amour, la mélancolie et l’espoir de meilleurs lendemains. Coups de cœur aux édifiants « Ambiguity » et « Unmarked Grave », véritables bénédictions musicales. Broughton chante à la mémoire de John Peel. Là-haut, l’animateur de la BBC affiche certainement un large sourire : le soleil approche. Un nouveau jour se lève.

Alias & Tarsier

Brookland-Oaklyn

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Première collaboration entre l’hyperactif ‘Anticon superstar’ Alias et la jolie Rona ‘Tarsier’ Rapadas, « Brookland-Oakland » se révèle être un voyage cosmique. Collision entre l’univers impassible et mélancolique du ‘producteur-Dj-MC-etc.’ et celui plus éthéré et scintillant de la jeune femme, le disque nous plonge donc dès l’ouverture de « Cub » dans un tourbillon de savoureuses contradictions. Les beats obscurs coutumiers d’Alias se voient maquillés d’une voix angélique, très proche d’une Björk - parfois trop. Sur certains titres (« Picking The Same Lock », « Anon »), on en arrive à se demander s’il ne s’agit là que d’une collaboration de substitution pour le jeune homme, qui aurait peut-être préféré que la petite Islandaise pose sa voix sur ses compositions. Hormis ce petit accroc et, même le fait que le duo ne se soit jamais rencontré avant la fin de l’enregistrement du disque, la symbiose entre ces deux mondes dissemblables atteint la perfection. Emportés par les envolées indietroniques de « 5 Years », « Plane That Draws A White Line » ou encore de l’excellent « Luck & Fear » en compagnie de DoseOne (membre de Subtle, 13&God et Themselves), l’auditeur décolle et souhaiterait que le voyage soit éternel. Arrivé en bout de course au son d’un envoûtant « Ligaya », le retour à la réalité n’est que des plus amers. Ne reste donc plus que le plaisir du live : Alias, sans Tarsier, sera sur la scène Nameless à Dour le 16 juillet prochain.

Bernard Allison

Energised

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Cadet des neuf enfants de Luther Allison, Bernard est aujourd’hui âgé de 40 ans. Il est également le seul fils qui soit parvenu à trouver sa propre voie dans le sillon tracé par le paternel. En 1989, il rejoint son père dans son repère de Saint-Cloud, près de Paris. Il n’aura alors de cesse d'allumer les scènes européennes et américaines jusqu’en 1999, année au cours de laquelle il choisit de retourner se fixer outre-Atlantique. Son premier album, "The next generation", remonte à 1990. A l’instar de "Higher power", son précédent elpee, "Energized" est paru chez Ruf. Bernard a bien entendu hérité du savoir-faire et du talent de son père. Pourtant, on ne peut pas dire que Bernard se soit contenté de copier son style. Faut dire qu’au cours de ses jeunes années, il a tout d’abord été marqué par un certain Jimi Hendrix. Et que dans les années 70 et 80, ses influences majeures sont devenues Winter et Stevie Ray Vaughan. En injectant une solide dose de funk dans son blues, Bernard est parvenu à créer un style très singulier.

"Energized" a été enregistré ‘live’, en Europe. Et très exactement au MUSA de Göttingen, en Allemagne. Le 20 octobre 2005. Pour la circonstance, il est soutenu par Mike Vlahakis aux claviers, Jassen Wilber à la basse et Andrew Thomas à la batterie. Ce double album aligne seize plages dont cinq instrumentaux. Allison chante deux de ses compos et reprend cinq titres de son père.

Signé Bernard et Boney Fields, "Another ride in the city" ouvre l’elpee. Une synthèse parfaite de son style qui agrège blues, rock, jazz et funk. Il attaque ensuite un solide shuffle issu de son dernier album, "It's a man down here". L'homme possède une voix chaleureuse et puissante. Vlahakis est passé judicieusement au piano électrique, avant que le boss ne décide de sortir de sa réserve. Mike termine sa besogne sur l'orgue pendant que Bernard balance ses premiers décibels. Durant près d'un quart d'heure, Bernard s'attaque à une des meilleures plages écrites par son père : "Bad love". Un blues lent, très électrique, bourré de feeling. La version est de bonne facture, mais le jeune artiste véhicule moins d'émotion que le regretté Luther. Il épingle ensuite deux autres titres issus de l'album "Higher power" : "A woman named trouble". Et une jolie ballade signée Luther : "Into my life". Notre quartet s'aventure ensuite au cœur d’un solide et long (NDR : 10’ !) exercice de style funky : "Too many women". Une autre compo signée Luther qui figurait sur l’elpee "Here I come". Un morceau caractérisé par une remarquable envolée opérée par le bassiste Wilber. Cette première plaque s’achève par "The way love was meant to be", une jolie ballade bluesy marquée par une splendide envolée sur les cordes. Le meilleur moment de ce disque. Le second CD s’ouvre par trois instrumentaux. Tout d’abord "The walk", un long périple conduit par la slide. Un délire absolument génial se développe sur le Bo Diddley beat. Bernard ne parvient plus à faire taire cette slide qui finit par aboutir au thème traditionnel "Step down" (NDR : qui sonne très "Amazing grace"). Et enfin "Talking guitar" au cours duquel l'artiste prend un malin plaisir à faire bavarder sa guitare tout en se divertissant sur le thème de "When the saints go marching in". Ballade rock, "Snake bit again" sied parfaitement au jeu et au chant de Bernard. Tramée sur fond d'orgue Hammond, cette compo lui permet une nouvelle fois de se libérer sur les cordes. Et le résultat est surprenant ! Il reprend ensuite et pour la dernière fois une compo de son père : "A change must come". Une lente et douce ballade au cours de laquelle Bernard parvient à faire passer son message empreint d’émotion… La suite vaut également le détour. Et je pense tout d’abord à "Tone cool". Tout en empruntant des accents exotiques, ce morceau observe une excellente ligne mélodique. Bernard se sent inspiré par le grand Carlos Santana. Il dispense de nombreuses notes sur fond d'orgue. Superbe ! En fin de set, "Don't be condused" offre une grande liberté d’action aux différents instrumentistes, toujours aussi soudés, nonobstant près de deux heures de concert. "I just came back to say goodbye" clôt la prestation. Bernard se rappelle qu'il écoutait, dans sa jeunesse, une plage très rock, sur laquelle il pouvait crier son chant à la manière d'un Johnny Winter au sommet de sa forme…

 

 

The Veronicas

The secret life of...

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Question : quel est le pluriel d’Avril Lavigne ? Réponse : The Veronicas. Jess et Lisa Origliasso ont vingt-deux ans, un 'look qui tue' et sont jumelles. N’échappant pas aux règles de la génétique, lorsque l’une des deux commence une phrase, c’est son double qui l’achève, avant de reprendre en chœur le refrain. Résultat direct d’un tel duo, l’énergie est bien présente. Chacune des chansons (qu’elles ont par ailleurs composées) suit la structure classique que doit suivre une chanson pop ultra formatée : des couplets plutôt calmes et des refrains plus corsés. A la manière de TaTu, les Australiennes livrent ici une cargaison de tubes potentiels. : « When it all falls apart » en tête, mais aussi le single « 4ever », « Everything I’m not » ou encore, parce qu’il en fallait une, la ballade « Speechless ». N’excédant que rarement les 3 minutes 30, les morceaux parlent d’amour et d’amitié, comme d’habitude (mais peut-être moins naïvement). « The secret life of The Veronicas » est un album ultra sophistiqué qui ravira certainement les fans du genre, ceux qui, quand ils ne sont pas en train d’en parler au collège, regardent MTV jusqu’à ce que leur mère gueule et qu’ils soient obligés de répondre : 'Mais c’est bon, M’man, lâche-moi !' Bref, c’est frais, c’est jeune, c’est à la mode et c’est pénible.

Kaiser Chiefs

Etre comparés, c'est être reconnus...

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Kaiser Chiefs est à l'affiche du prochain festival Rock Werchter. Une fameuse reconnaissance pour une formation qui, à ses débuts, a éprouvé toutes les peines du monde pour décrocher un contrat auprès d'un label.  Depuis, le quintet de Leeds cumule les distinctions. Et pas seulement à cause de leur tube « I predict a riot » ; mais surtout, parce qu'en février dernier, il a été primé en recevant 3 récompenses aux Brit Awards. Mais revenons à leurs débuts. Qui remontent à 2003 (NDR : le groupe existait déjà depuis 1997, mais sous le patronyme de Parva). Il leur a fallu une bonne année avant qu'ils ne signent chez le label indépendant B-Unique en Angleterre, puis décrochent un contrat chez Universal pour le reste du monde. Lors de son dernier passage à l'Aéronef de Lille, Nick 'Peanut' Baines, le claviériste, nous a parlé de ces moments difficiles au cours desquels le groupe n'a jamais baissé les bras…

« Malgré cette épreuve, nous avons toujours eu confiance en nous. Nous n'avons jamais eu l'idée de tout arrêter. Nous étions déterminés. D'autant plus que notre entente a toujours été idéale. Parce que cela prend déjà du temps de monter un groupe. Il est vrai, qu'il est très dur de se sentir ignoré par les maisons de disques et de ne pas bénéficier d'un contrat. Mais finalement, cette épreuve a renforcé notre caractère. Tu sais notre parcours a connu des hauts et des bas ; on apprécie d'autant plus aujourd'hui, là où on est arrivé. »

Pour mettre en forme leur premier album, 'Employment', le groupe a fait appel à deux producteurs. Ce qui méritait une explication. « Ce disque a été enregistré en 2004. Au mois d'octobre et de novembre. Nous avions travaillé en compagnie de Steve Harris pour la confection de quelques B-sides, dans le passé. Et nous avions l'intention de retravailler avec lui. Mais son emploi du temps était beaucoup trop chargé et il lui était matériellement impossible de bosser pour tout un album. Il a quand même accepté de se charger de 6 chansons. Il a sa façon bien à lui de traiter le son ; et on peut immédiatement le déceler à première écoute. Stephen Street embrasse une approche différente. Il s'est occupé des autres titres. Mais l'essentiel est que l'ensemble soit en harmonie. Et finalement le résultat est à la hauteur de nos espérances… »

Sur ce disque on retrouve l'inévitable hit ‘I predict a riot’, une compo dont les lyrics sont assez inhabituels dans le chef ( !?!?) de Kaiser Chiefs, puisqu'elle recèle un commentaire à caractère social. Nick s'explique : « Effectivement. Le texte parle des sorties du vendredi et du samedi soir. En fait les gens travaillent du lundi au vendredi. Tu vois le topo : métro-boulot-dodo. Et le week-end, ils boivent démesurément. C'est Nick, le drummer, qui a écrit ce texte. Autrefois, il bossait comme DJ dans un club indé. Et lorsqu'il rentrait chez lui, il croisait des tas de gens bourrés au milieu de la route. Des filles qui marchaient sur la route en tenant leurs chaussures à la main. Pas un très beau tableau ! Et il voyait le même cinéma chaque semaine. Il a donc eu l'idée d'en écrire une chanson en parlant de cette population portée sur la boisson et qui se comporte de manière irresponsable et puérile. Ce n'est pas vraiment un commentaire social, mais le fruit d'une observation quotidienne. Nous abordons d'autres thèmes dans nos chansons. Celui de la télévision, par exemple… » Nick est en effet le principal compositeur. Mais aussi le drummer. Concilier ces deux fonctions semble quand même difficile. Ce qui méritait une explication. « Ce n'est pas un problème. Car en plus de la batterie, il joue de la guitare et du piano. En outre, il chante très bien. Lorsque nous avons travaillé sur les compos de l'album, il débarquait quotidiennement avec une idée, un refrain ou des lyrics. On ne concrétisait pas systématiquement ses idées, mais elles servaient le plus souvent de base à la confection d'une chanson. De son côté, le bassiste amenait également ses idées. Et puis on en discutait tous ensemble pour les ramener à un projet de groupe, pas individuel. Mais le plus souvent, Nick esquissait le squelette de la chanson ; et nous on y mettait la peau… » Deux compos de cet opus, ‘Born to be a dancer’ et ‘Everyday I love you less and less’ parlent de leurs ex girlfriends. A croire que les musiciens écrivent une chanson chaque fois qu'une de leurs relations amoureuses s'achève… « Je pense qu'alors nous pourrions sortir au moins dix albums en deux temps trois mouvements (rires). Plus sérieusement ce sont des histoires que nous racontons. Seules ces deux plages traitent de rupture. Maintenant, il est possible que nous écrivions d'autres chansons sur le sujet. Finalement, il est assez sympa que certaines personnes puissent deviner qu'elles concernent nos ex-copines. Tout le monde rencontre, un jour ou l'autre, des  difficultés avec son ou sa partenaire. Et il est assez facile d'écrire quelque chose à partir de son vécu… »

Certains médias on taxé la musique pratiquée par Kaiser Chiefs de britpop. Nick s'en défend : « La britpop, c'était il y a dix ans. Et aujourd'hui cette réflexion a une définition péjorative. Celle de donner l'impression d'imiter quelqu'un ou quelque chose. En fait, notre musique est britannique. Nuance ! Bien sûr il existe quelque chose de commun  à cette musique ; et en particulier cet esprit de narration et puis le fait que l'on ne se prenne pas trop au sérieux. Des groupes ou des artistes tels que les Kinks, les Beatles, Dexy's Midnight Runnners, Bowie, Blur ou Pulp symbolisent parfaitement cet état d'esprit. Mais aujourd'hui, la musique a évolué… » Blur est d'ailleurs un groupe que les musiciens de Kaiser Chiefs apprécient tout particulièrement. Leur ex-guitariste, Graham Coxon, a même participé à  l'enregistrement de leur album. Pas à la gratte, mais sur une moto. Pour y donner quelques coups de gaz. « Nous sommes effectivement de grands admirateurs de Blur. En fait, lors de sessions d'enregistrement, nous n'avions pas rencontré grand monde. Et surtout pas de grosses pointures. Stephen Street qui a produit un elpee solo de Graham – nous a confessé que Coxon était alors en studio. On a donc pensé lui demander de jouer de la guitare ou de chanter sur une de nos chansons. Puis, on a opté pour le son produit par le démarreur d'une voiture. Mais le résultat n'était guère concluant. Enfin, on s'est décidé de mettre sur bande le bruit d'une moto qui se met en marche. Pas trop difficile puisque c'est le mode de déplacement de Coxon dans Londres. Nous avons d'abord essayé de recueillir le son à travers un GSM. Sans davantage de résultat probant. Puis, nous sommes finalement sortis du studio avec un long câble d'enregistrement. C'est l'aspect amusant des sessions d'enregistrement. Mais cette rencontre nous a permis d'opérer une tournée au Royaume-Uni en première partie de Coxon. En avril 2005. »

Les membres de Kaiser Chiefs apprécient tout particulièrement les Specials et Madness. Pourtant, on ne peut pas dire que leur musique soit fondamentalement marquée par le ska. « C'est parce qu'il y a de l'énergie dans leur musique. Lorsqu'on écoute leurs chansons, on ne peut s'empêcher de battre le rythme, de danser. Et puis, nous apprécions leur manière de s'habiller. Sur scène, ils sont toujours en costard/cravate. J'aime également être bien habillé quand je monte sur les planches. Leur son est très british. Je ne connais aucun autre groupe en Europe ou aux States capable de sonner comme eux. Leurs lyrics son très narratifs. Un peu comme nous. Ils traitent de filles ou de sujets aussi futiles que la perte d'une chaussure. Des sujets simples mis au service d'une musique entraînante. Sur scène, ils prennent leur pied. Et comme eux, nous sommes heureux lorsque le public bouge. C'est ce qui nous rapproche de Madness… » Les refrains des chansons de Kaiser Chiefs peuvent parfois évoquer les Bay City Rollers. C'est en tout cas ce qu'une bonne partie de la presse insulaire rapporte… « Possible, mais ce n'est pas intentionnel. C'est le fruit du hasard. Même si beaucoup de monde nous le rappelle. A une certaine époque, on  nous comparait à XTC. Tous les avis sont dans la nature. En fait, nous pratiquons notre propre musique, mais ces parallèles ne nous dérangent pas. En fait, c'est même une forme de reconnaissance. C'est la seule chose qu'on pourrait retirer de cette situation. Pas pour le reste. Si on considère que la reconnaissance doit passer par la comparaison, c'est qu'on a de l'estime pour nous… »

Merci à Vincent Devos

 

Scritti Politti

Le Robin des Bois de la pop...

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On ne peut pas dire que Green Gartside soit un artiste prolifique. En près de trente ans de carrière, il n'a commis qu'un petite vingtaine de singles, quelques Eps et 5 albums  Soit un elpee tous les cinq ou six ans. Son précédent opus, "Anomie & Bonhomie", remonte d'ailleurs à 1999. Il y a bien  eu la sortie d'"Early" l'an dernier, mais il s'agissait d'un compile consacrée aux premiers singles de Scritti Politti. Faut dire que Green connaît des petits problèmes de santé depuis 1980. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles il ne se produisait plus sur scène. Mais apparemment, il a retrouvé la forme, puisqu'il a enregistré un nouvel album (« White bread Black beer), vient de jouer six concerts en Angleterre et a pratiquement bouclé toutes les dates de sa prochaine tournée. En outre, après 24 ans d'infidélité, il a décidé de retourner chez Rough Trade. Une multitude de sujets qui alimenteront cette longue conversation…

Tout d'abord le come-back chez Rough Trade, qu'on pourrait assimiler à un retour aux sources. Green confirme : « Oui, c'est comme rentrer à la maison. J'ai quitté le Pays de Galles. Je suis parti aux States en 1983. Et j'ai signé pour une major qui m'a demandé de faire des talk shows. Le label payait pour passer mes disques à la radio. Mais dans mon contrat, il m'était interdit de jouer en 'live'. C'était une situation bizarre, mais surtout frustrante. Et elle finit par détruire ton âme. Tu comprends mieux pourquoi aujourd'hui je hais toute cette industrie du disque. C'est de la merde… surtout aux Etats-Unis. Et je suis donc revenu chez Rough Trade, un label dont j'ai retrouvé le même esprit qu'en 1978. Ils ont un tout petit bureau et comptent une quarantaine d'artistes dans leur catalogue. C'est fabuleux de travailler pour une telle équipe ! » Pour partir en tournée, Green a décidé d'engager des musiciens qui n'avaient jamais joué de manière professionnelle dans le passé. Ce qui méritait une explication. « C'est un choix. Je ne souhaitais pas me produire en compagnie de musiciens professionnels. J'ai enregistré mon disque seul. Je suis la seule personne à jouer dessus. Je ne suis pas un bon musicien. Pourtant, il aurait été plus facile pour moi de faire appel à des virtuoses issus de Los Angeles. Mais si j'avais embrassé cette optique, je n'aurais pas été en phase avec le choix de vie pour lequel j'ai opté aujourd'hui. Je vis à l'Est de Londres. Dans une communauté. En fait tous les gens que j'ai recrutés pour mon groupe sont issus du même pub que je fréquente. Le drummer vient d'avoir 21 ans. La bassiste est la tenancière du bar. Dans le passé elle avait un peu joué sur la guitare de son frère, mais elle n'avait jamais sévi au sein d'un véritable groupe. J'ai un jour invité toute cette équipe chez moi, et je leur ai proposé le challenge. Ils ont accepté. Le musicien le plus expérimenté est le claviériste. Il a 30 ans. Et il se débrouille plutôt bien. Il est aussi le plus efficace. C'est en quelque sorte un retour à cette mentalité entretenue par Rough Trade où les musiciens sont copains. Et s'ils ne sont pas des instrumentistes extraordinaires, leur esprit est fantastique. C'est ce que je voulais… » Mais est-il possible de prôner le DIY, lorsqu'on est perfectionniste comme Gartside ? « Tu touches là aux deux aspects de ma personnalité. D'un côté le perfectionniste et de l'autre l'autocritique. En fait, je n'ai pas beaucoup d'estime de moi-même. Je ne suis pas à l'aise dans ce que j'entreprends. J'essaie toujours d'améliorer ce que je réalise. Et je ne suis jamais totalement satisfait. Lorsque j'étais aux States, je voulais en imposer parce que j'avais un complexe d'infériorité par rapport à ces musiciens que je côtoyais. Et je n'ai pas du tout envie de mettre la pression sur les gens, aujourd'hui. Tu peux avoir l'impression que le son de mon disque soit rudimentaire, DIY. Et ce n'est pas étonnant que ces traces soient encore présentes. Il n'existe pas de problème interne pour décider de faire telle ou telle chose. Donc oui, c'est très DIY… »

'White bread Brown beer' est donc le titre du nouvel album de Scritti Politti. Traduisez du pain blanc et de la bière brune. Le message est-il symbolique ? Green confesse : « En fait, ce titre est inspiré de mon régime. Je suis devenu accro au pain blanc et à la bière brune. Là où j'habite, dans l'East End de Londres, je me rends tous les jours à la même boulangerie pour acheter mon pain blanc. Et tous les jours je me dis que je vais manger des fruits au petit déjeuner et me mettre à boire de l'eau. Mais au bout du compte, je commence toujours par manger du pain blanc le matin et finit ma journée au pub à boire de la Guinness. Et entre le pain blanc et la bière brune, j'ai enregistré ce disque. D'un autre côté, le pain blanc est également une réflexion péjorative utilisée par les musiciens noirs. Aux States, quand je proposais une idée, ils la repoussaient ; parce qu'ils ne voulaient pas de ce pain blanc qui les ramenaient à la culture anglo-saxonne. A la white pop music ! » Les chansons du dernier album sont plus lentes, plus climatiques que dans le passé. Pourquoi une telle approche atmosphérique de sa musique? "En fait, j'ai enregistré deux fois plus de chansons qu'il n'y a sur l'album. Et dans le lot, il y avait également des compos uptempo. Jeff, le boss de Rough Trade est une des rares personnes dont je respecte les conseils. J'adore les soli de guitare. Il y en avait. Mais Jeff a orienté les choix du tracklisting. Chaque fois qu'il entendait la guitare, il faisait la moue. Et les compos les plus dynamiques impliquaient de la guitare. Par conséquent… Mais cette sélection ne m'a pas dérangé… »

Green Gartside possède des goûts très éclectiques, depuis la prog au punk, en passant par le hip, hop, le trip hop, le r&b, le jazz, le reggae, l'électronique, la soul, le folk, le disco, la pop, le funk  et j'en passe. Et il apprécie aussi bien Robert Wyatt, Gang Of Four, Public Enemy, Simon & Gardfunkel, Sly Stone, Miles Davies, Kraftwerk, Michael Jackson, The Beatles, Quincy Jones ou encore Elvis Costello. Il a d'ailleurs un jour déclaré que les frontières entre les différents types de musiques étaient totalement artificielles. Explications : « Oui, je confirme mon point de vue. Toutes ces catégories sont conventionnelles. Elles ne m'intéressent pas. La création est bien plus importante que la forme. Je ne nie pas les différences stylistiques ou mélodiques, mais tous ces genres évoluent dans un même espace pop/rock. J'adore le hip hop, même si on ne le ressent pas tellement dans ma musique. J'ai chanté sur toutes les chansons du premier album de RUN-D.M.C. N'est-ce pas la plus belle preuve, non ? Le jour où je mettrais un terme à mes activités musicales, j'irais m'installer dans mon cottage au Pays de Galles. Et il ne serait pas étonnant que je m'y fasse livrer des disques en import. Dont certains de hip hop… » Gartside apprécie l'improvisation dans la musique. Il faut croire qu'il s'agit d'un héritage issu d'une période au cours de laquelle il était encore fasciné par des artistes comme Wyatt, Hatfield & The North ou encore Henry Cow. « A une certaine époque, l'improvisation avait beaucoup d'importance dans mes prestations 'live'. C'était avant que je ne rencontre des problèmes de santé. Je tournais alors en compagnie de Gang of Four, Joy Division, Echo & The Bunnymen. J'ai eu une attaque sur scène et j'ai été hospitalisé. Depuis, c'est un exercice que j'ai quelque peu délaissé. En ce qui concerne la prog, c'est une veine que je dois encore explorer. J'espère y parvenir un jour. Même à l'âge de 80 ans. En pleine déferlante punk, j'étais aux études. Et je faisais de la promo pour Henry Cow. J'avais même hébergé le groupe. Le drummer m'avait alors déclaré que le punk, c'était de la merde. Et puis, j'ai enregistré mes premiers disques. Qui étaient plutôt punk. C'était une période fantastique. On lisait énormément. On prenait des trucs… On a alors investi une centaine de £ pour sortir notre premier album. Et on avait mentionné nos coordonnées sur la pochette afin que le public puisse nous communiquer ses impressions. Il y a des gens qui sont venus jusque chez nous. Certains venaient même de France ! » Green est également très sensible au jazz. Et son approche de cette musique est tout à fait déconcertante. « Pour ma part le jazz vient d'un autre monde. Je l'ai toujours ressenti comme une musique pleine d'âme et de profondeur. A contrario la musique pop est plus futile. Ce qui ne m'empêche pas de mettre les deux styles sur le même pied. Il n'existe aucune raison valable de dire que l'un ou l'autre soit meilleur que l'autre... »

Sur le nouvel opus de Scritti Politti, quelques titres demandent quelques éclaircissements. Tout d'abord 'Snow in the sun', dont les chœurs rappellent manifestement Queen. Serait-ce un clin d'œil à l'histoire de ce groupe britannique ? « A première vue j'ai pas trop remarqué… Ah oui, effectivement ! En fait j'adore construire des harmonies vocales à partir d'un multi-pistes. Tout gosse j'adorais les Beach Boys. Et quand tu disposes d'un studio à la maison, c'est un jeu d'enfant… » Ben oui, les Beach Boys constituent une référence majeure pour Green. Suffit d'écouter les harmonies a cappella de 'Mrs. Hugues' pour s'en convaincre. « La BBC m'a consacré un reportage et m'a demandé de me rendre où je voulais. On est donc parti à New York. Je leur ai montré les clubs hip hop de 78. On a rencontré les rappers en compagnie desquels j'avais travaillé. As-tu lu 'Heroes and Vilains' ? La véritable histoire des Beach Boys. Je te conseille vivement de le lire… Dans le premier chapitre, l'auteur nous parle de la mort de Dennis Wilson. La fin de sa vie fut pour lui un véritable calvaire. Il était rongé par l'alcool et la drogue. Il habitait dans un bar à Malibu. Le type qui l'hébergeait – un certain Jay – lui offrait à boire et à manger… J'ai donc amené l'équipe qui réalisait ce film dans ce bar… Maintenant, on a beau être fan des Beach Boys, ce n'est pas une raison pour tomber dans le pastiche… » La sonorité de la guitare rencontrée tout au long de la composition 'Dr Abernathy' évoque le 'Sgt Peppers' des Beatles. Un disque considéré par Green comme un album culte ! Pas difficile d'imaginer que cette chanson adresse délibérément un clin d'œil aux Fab Four. « De toute évidence. A 7 ou 8 ans, j'étais déjà abonné au magazine 'The Enemy'. J'ai grandi au sein d'un environnement pop. Et j'étais âgé de 16 ans lorsque j'ai entendu 'Sgt Pepper's' pour la première fois. A cette époque, je vivais dans une banlieue ouvrière. De ma fenêtre, le paysage se résumait aux charbonnages et aux usines. Et j'avais apposé la pochette de cet album à la fenêtre de ma chambre pour qu'on la remarque. Dans l'espoir que quelqu'un frappe à ma porte pour me dire que lui aussi était tombé sous le charme des quatre de Liverpool ; et en particulier de ce disque… » La dernière chanson qui figure sur l'album 'White bread black beer' est également la plus contagieuse. Une compo qui pourrait être traduite en single. Mais qu'en pense notre interlocuteur ? « C'est une bonne petite chanson ; mais je ne pense pas qu'elle pourrait sortir en single. En fait, cette compo recèle des lyrics assez utopiques. Je m'explique. J'ai grandi au sein d'un environnement de gauche. Et si la maxime est passée de mode, cette chanson fait allusion à Robin des Bois. Un personnage légendaire qui pourrait un jour remplacer le Roi dans un royaume où tout serait partagé. La compo évoque la recherche de la vérité et de la justice pour tous ; même si d'un point de vue intellectuel, les idées sont passées de mode. En fait je parle ici de relativisme. Ce qui est vrai ici ne l'est pas nécessairement ailleurs. La vérité est donc contextuelle. Et s'il n'existe pas de vérité, il n'y a pas de justice. C'est quelque chose qui m'interpelle. La société d'aujourd'hui ne prône plus que l'hyper individualisme. Le concept de Robin des Bois consiste à prendre les richesses à les redistribuer. Partager les richesses du monde. Il y a un concept héroïque, derrière cette vision utopique… » Green s'inspire beaucoup des bouquins qu'il lit et des idées philosophiques qu'il défend. Il a lu Marx et Gramsci. Pas pour rien que Robert Wyatt figure parmi ses amis. Maintenant, il faut imaginer que chaque fois qu'ils se rencontrent, leurs discussions vont au bout de la nuit. « Oh oui ; et même au-delà. C'est encore un pur. Sa vision du communisme n'a jamais été altérée. Dernièrement je lui ai encore prêté deux bouquins qui traitent des ambitions du marxisme. Et lors de notre prochaine rencontre, il y aura matière à discussion… »

Paradoxal, mais Green Gartside n'écoute jamais sa propre musique. Ou très rarement. « C'est exact. Dernièrement, j'ai accordé une interview à Amsterdam. J'ai joué quatre titres de mon album en studio. Et c'est la première fois que je les entendais. Et c'est aussi une première de devoir les réécouter, car je suis forcé de les enseigner aux musiciens du nouveau groupe que je viens de monter. Mais en général, je n'écoute pas mes propres chansons… » Green possède un falsetto très particulier, qui ne correspond pas à sa personnalité. Un peu comme s'il était hanté par un autre personnage. « Ma voix est éthérée, aérienne, un peu irréelle. On me répète souvent que je ne chante pas comme je parle. Qu'on dirait que ce n'est pas ma voix. C'est peut-être aussi parce que je n'aime pas qui je suis. J'ai une perception imaginaire de mon moi… »

Merci à Vincent Devos

Marie-Jo Thério

Marie-Jo Thério

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Effet de mode ou non, le Québec envahit souvent nos ondes à coups de Natasha St-Pier ou autres Isabelle Boulay. Cette 'nouvelle découverte' ne joue pas dans cette cour. Au contraire, le registre de Marie-Jo Thério serait plutôt intimiste et discret. Sur cet album éponyme, elle conte en douceur des histoires pas toujours heureuses et parfois enfantines (« Brille brille petite tortue »). Son interprétation, bourrée de retenue (elle chuchote parfois) n’est pas sans rappeler une certaine Carla Bruni, également chez Naïve. On pense aussi parfois à Lynda Lemay ou à Jane Birkin comme dans « Café Robinson », où elle susurre et, en bonne acadienne, maîtrise le franglais. Ses chansons, principalement accompagnées d'un piano, content sa ville natale, Moncton (son accent est plus prononcé sur ce morceau), les jardins de « Matavenaro » et l’affligeante histoire d’« Evangéline ». En dehors de ces instants mélancoliques, « Song for Lydia Lee » (qu’on imagine aisément chanté par des sirènes joyeuses, version Walt Disney) vient heureusement casser la tristesse ambiante. « Bodily deltas » offre un sympathique moment à voix multiples avant de replonger dans la langueur des « matins habitables ». Mais Marie-Jo Thério n’est pas seulement tendre : avec « J’vais m’en aller », elle dévoile la face plus tendue de sa personnalité, plus rock. De même pour la 'ghost track', « Come on Marty », sur laquelle elle se révèle en fin de compte plus groove, plus cool… Au final, il s’agit d’un disque timide qui s’adresse principalement à 'ceux qui croient en l’amour et qui espèrent', comme elle le chante.

The Scrucialists

All the way

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Etablis en Suisse, les Scrucialists servent de ‘backing band’ aux artistes jamaïcains (Lady Saw, Ward 21) qui transitent par la Confédération Helvétique. Ils ne se contentent pourtant pas uniquement de ce rôle et proposent sur cette plaque leur propre production musicale, enrichie des voix de quelques pointures jamaïcaines et locales. 17 morceaux qui épousent avec bonheur tous les styles du reggae, du dancehall au ragga en passant par le roots. Un effort sans prétention mais d’une qualité musicale exceptionnelle qui a bien inspiré les invités du projet. L’opus s’ouvre par Luciano, plus Dennis Brown que jamais. Il se fend d’une chouette ballade romantique intitulée « So Glad I Found ». Sur « Cross the Board », Burro Banton et Pinchers rappellent Chaka Demus & Pliers, un mélange de douceur et d’énergie sur un riddim qui s’inspire des rythmiques digitales de la seconde moitié des années 80. Le légendaire Dj Lone Ranger excelle sur le groovy « One Drop Come Back », une évocation nostalgique d’une époque bénie du reggae. Orienté dancefloor, le futuriste « My Love is No Secondhand » surfe sur des rythmes rapides traversés de sons électro. Musicalement magistral, il souffre cependant de la prestation vocale mielleuse de Nateesha Stream. « Compliments » est une martiale rythmique dancehall sur laquelle la talentueuse Lisa Dainjah alterne phases rappées et chantées du plus bel effet. Le Suisse Lion Face pose son efficace voix rauque sur l’aérien « Rise Up » qui rappelle les productions tardives de Lee Perry à l’époque du studio Black Ark, en moins psychédélique. Sur une rythmique plus expérimentale, le grave « Things Come To Pass » bénéficie de la voix habitée de Robert Levy. Plus tubesque et en allemand dans le texte, le « Radio » des Helvètes Phenomden contient un refrain imparable. On termine par Half Pint, une autre légende qui se fend d’une belle ballade romantique en guise de titre maître. Excellent et vivement conseillé à tous les amoureux de musique jamaïcaine sous toutes ses formes.

Secret Machines

Ten Silver Drops

« Now Here is Nowhere » : tel est le titre du premier album de ces trois New-yorkais, sorti il y a deux ans. Un condensé plutôt fameux de prog/krautrock seventies, en version FM pour plaire aux fans des Strokes. Depuis lors, les Secret Machines ont joué en première partie de Muse. Et ça s’entend sur leur nouvel album. Si Josh Garza continue son irrémédiable saupoudrage tribal (la batterie minimale), les frères Curtis donnent quant à eux l’impression de beaucoup aimer The Edge. « Ten Silver Drops » sonne ainsi comme du proto-prog de stade pour fans de U2, et s’il y a des machines (un synthé ? des tubes ?) on se demande en quoi elles se révèlent secrètes. Au lieu d’affirmer leurs contradictions, nos trois gaillards ont donc préféré prendre la tangente commerciale : pas beau, et d’un ennui profond. Seul « Daddy’s in the Doldrums » ressemble un tant soit peu à de la Kosmische Muzik : le groove est sec, l’étirement salutaire, même si on reste fort loin d’un bon trip à la Neu ! Une amère déception, d’un groupe qu’on croyait plus subtil.

Paul Simon

Surprise

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A la vue de la pochette, on croit à un cd offert à l’achat d’un Flair dont la une s’adresserait aux pré-mamans. « Surprise », ce n’est pas spécialement pour elles. Ce disque-ci, c’est surtout aux fidèles fans qu’il plaira. 'Nothing is different but everything’s changed', chante-t-il (« Once upon a time there was an ocean »). Autrement dit, dans le cas de ce disque, le fond reste celui propre à Paul Simon : un type de songwriting à part et une voix qu’il n’est plus besoin de louer. Sans oublier ses textes beaux et intelligents sur les thèmes récurrents de la famille (la touchante déclaration de « Father and daughter », la question de l’adoption dans « Beautiful »), la foi (« Wartime prayers ») et l’Amour (« Everything about it is a love song »). Des textes pacifiques et (très) engagés aussi tels que sur « Outrageous » et « I don’t believe ». Les changements résident dans la forme. Paul Simon a fait appel à d’illustres invités : Herbie Hancock (piano), Bill Frisell (guitare électrique), Steve Gadd (batterie) et Tchad Blake au mix. On notera surtout la participation de Brian Eno, à la conception de l’habillage électronique. Cependant, il est loin d’être certain que cette présence, aussi bénéfique soit-elle, ne suffise à convaincre l’auditeur néophyte. Rien n’est différent, certes, car on retrouve bien le Paul Simon que l’on connaît; néanmoins tout a changé et, malgré les nombreuses écoutes nécessaires pour apprécier ce nouvel album, la surprise est plutôt décevante...

Pepe Wismeer

Ligloal !

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De bonne facture, cet album a de quoi laisser rêveur. On a la douce impression de se promener au milieu d'une forêt issue d'un conte fantastique. Son univers pop/rock est propice à la rencontre d’effets (NDR : d’elfes ?) folks et psychédéliques. Originaire du nord de la France, ce groupe parvient à se démarquer de tout ce qu'on trouve sur la planète rock en ce début de troisième millénaire. Bref, il est original ! Inondée de sonorités bigarrées, sa musique semble héritée en ligne droite de groupes comme Tortoise ou Use of Ashes. Les musiciens ont recours à une multitude d'instruments : des guitares électriques et acoustiques, des synthétiseurs, un saxo et bien d'autres encore... S’il est difficile de rester insensible à l’expression sonore de Pepe Wismeer, il faut reconnaître que son premier opus risque fort de ne pas plaire à Monsieur Tout le Monde. En d’autres termes il est assez complexe. Personnellement, j’apprécie tout particulièrement un morceau comme "The care sleeps" ; il me rappelle allègrement le style d'un certain David Gilmour...