La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Various Artists

Kill Your Management : Volume Five

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Ce cinquième volume compilateur, proposé par le label anglais Psychophonic, met en exergue une petite vingtaine de combos metal anglais non signés par une boîte de disques. Dans le lot, quelques uns émergent assez facilement, comme Razorwire, qui allie joliment metal façon trash-core à la Downset et touches plus alternatives à la Fudge Tunnel. Tears Of Aske est assez sympa, également, dans un registre Nu Metal solide. Headhunglow se démarque, également, à travers une approche musicale délibérément axée sur le death cinglant façon Obituary and co. Rien de très original, mais l’efficacité y est ! Pointons encore Roachville, un combo metal sec et net aux riffs assez percutants. Pour le reste, on peut oublier aussi sec les autres groupes qui sont, donc, non signés et peuvent le rester

Clay Allison

Love On Depression Street

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Le titre de cet album nous a directement intrigué : « Love On Depression Street ». Il était là, gisant sur une table, entre une montagne de disques et quatre bières. La dernière gorgée éclusée, le temps est alors venu d’écouter ce premier disque des Suédois de Clay Allison. Paru sur ses terres en 2004, « Love On Depression Street » parvient enfin à nos oreilles. Du coup, l’émotion nous envahit. Comment expliquer qu’un tel album atteigne seulement nos contrées ? Les cinq membres de Clay Allison ne sont peut-être pas étrangers à cette déroutante situation. Aux choix : projectionniste, informaticien ou prof, ces musiciens entretiennent simplement une passion pour la pop dans ce qu’elle possède de plus fragile. « Love On Depression Street » pose un constat ingrat : les places sont comptées. La pop n’ouvre plus ses portes aux plus doués. Juste aux plus vendeurs. Aujourd’hui, même Badly Drawn Boy peut se faire du souci. Ahh mon pauvre Damon Gough, si tu savais ! Tous ces petits Keane sont en train de te rendre la vie impossible… A toi et ton bonnet, mais aussi à tes potes de Clay Allison et tous ces gens qui, de Sixteen Horsepower à Josh Rose en passant par Ron Sexmith, connaissent le véritable sens de la délicatesse.

Chez Clay Allison, on revendique davantage un héritage britannique, des allures de Mansun, Doves, voire des Smiths. L’évidence mélodique n’est pas la moindre qualité du quintet. Les onze titres de cet album ridiculisent nombre de productions contemporaines. « Good, Clean », « Aftermath », « Red Inside », « No Need » sont autant de tubes potentiels. Le reste du disque est à tomber. Sur la tête, à la renverse, sur le cul. Tomber dans toutes les positions. Les chutes répétées ne changeront rien à la donne : Clay Allison fait désormais partie intégrante de tous ces artistes de qualité, volontairement oubliés par une industrie obnubilée par son portefeuille et la publicité.

 

Bonnie Prince Billy

Summer in the Southeast

Will Oldham ne se reposerait-il jamais ? A peine quelques mois après la sortie de « Superwolf » (sa collaboration menée en compagnie du guitariste Matt Sweeny) et quasi en même temps que son disque de covers avec Tortoise (« The Brave and the Bold »), le barbu se fend ici d’un disque live, le premier de sa (déjà longue) carrière. Enregistré sur les routes poussiéreuses de la Caroline du Nord, du Texas, de Floride et de Géorgie, « Summer in the Southeast » met en scène un Will Oldham impétueux, qui n’hésite pas à faire péter les V.U. dans le rouge. Que ceux qui préfèrent les ambiances neurasthéniques de la discographie du songwriter ici se ravisent, car « Summer… » se révèle avant tout un disque de country-rock furieusement balancé. Autour de Bonnie ‘Prince’ Billy on retrouve ses vieux potes Matt Sweeny, David Bird, son frère Paul ou encore Pink Nasty, à la guitare et à la seconde voix. Du catalogue Palace, on retiendra surtout les versions électriques de « Pushkin » et de « I Send My Love To You », mais le meilleur est tiré de sa carrière solo : une version hénaurme de « Death to Everyone » (le public hulule, ça donne la chair de poule), et du psychédélisme rampant sur « A Sucker’s Evening », « O Let It Be » et « Madeleine Mary ». La preuve qu’en live Will Oldham se lâche (se fâche ?), et ses chansons d’acquérir une nouvelle dimension, plus tribale, plus rageuse. Un peu comme un mix entre « Superwolf » (un titre, « Beast for Thee ») et « Master and Everyone » : la déprime, quand elle se pare de riffs acerbes, s’avère toujours plus déboussolante… Un grand disque live, qui montre une autre facette du génie de Will Oldham. Ténèbres, ne vous dissipez pas.

Arctic Monkeys

Who The Fuck Are Arctic Monkeys ?

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Who The Fuck Are Arctic Monkeys ? Une question honteuse qui ne devrait céder la place à un « Who The Fuck Doesn’t Know Arctic Monkeys ?». La poule aux œufs d’or de Domino Records continue sa conquête du monde en lui balançant au visage « The View From The Afternoon », quatrième extrait de « Whatever You Say I Am That’s What I’m Not ». Incluant quatre morceaux inédits, probablement issus de chutes des sessions d’enregistrements de l’album, ce single/EP n’est que prétexte à confirmer le talent de ces jeunes Anglais et de justifier l’engouement qu’ils ont généré. Singeries dulcifiées, les inédits « No Buses » ou « Cigarette Smoker Fiona » ne font qu’asseoir la réputation d’un quatuor qui n’en a plus réellement besoin. Intéressant mais pas indispensable.

The Fall

Fall heads roll

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Près de trente années que Mark E. Smith a fondé son Fall (en référence à ‘La chute’ d’Albert Camus) ; et nonobstant les multiples (NDR : et le mot est faible !) changements de line up intervenus au cours de toute cette période, ce groupe est demeuré un des seuls de la période punk à avoir survécu tout en demeurant fidèle à ses principes. Cependant, établir la discographie exacte de cette formation est un exercice périlleux auquel je ne me risquerai pas. Elle doit compter à son actif entre 40 et 50 albums et une soixantaine de singles et/ou Eps, dont certains ne sont pas tout à fait officiels, d’autres sont parus sous un nombre limité lorsqu’ils n’ont pas été réédités, parfois sous un tracklist ou un emballage différent. Sans oublier les Peel Sessions ! Et si vous souhaitez en savoir davantage, je vous invite à visiter le site non officiel du groupe qui me paraît plus ou moins tenir la route…

Mais venons-en à ce « Fall heads rock » que certains médias ont déjà taxé d’album le plus accessible du Fall. Une conclusion toute relative, car si les 14 morceaux de ce « Fall heads roll » captent plus aisément l’attention, la plupart d’entre eux n’en sont pas moins toujours aussi sauvages, féroces et viscéraux ; la parodie reggae « Ride away », le méditatif « Midnight in aspen », le mélancolique et bouleversant « Early days of channel führer » et la cover du « I can hear the grass grow », du Move, un hit que la bande à Roy Wood et à Carl Wayne avait décroché en 1967, constituant les exceptions qui confirment la règle. Bref, depuis l’hypnotique « Pacifying joint », abordé dans l’esprit de Devo, à l’allègre « Breaking the rules », en passant par l’hymnique et irrésistible « What about us ? (MC5 rencontre les B52’s), le frénétique « Assume » (Stranglers ?), nonobstant ses cordes de guitare bringuebalantes, les 7 minutes de l’obsessionnel, presque post-industriel « Blindness », les rockabilly « Bo Demmick » (NDR : dont la section rythmique semble avoir été pompée sur la bande sonore de ‘Visa pour le monde’, un jeu ‘ertébéen’ programmé il y a un bon quart de siècle) et « Clasp hands » (NDR : survolté celui-ci) ainsi que le stoogien « Youwanner », le groove fallien est omniprésent. Le tout infiltré régulièrement par le synthé kitch de sa nouvelle épouse, Eleonor. Et bien sûr parcouru par le marmonnement menaçant, nasillard de Mark, dont les lyrics sont toujours aussi satiriques et sardoniques. En final, le leader laisse pourtant les rênes à son groupe. Il y cède même les vocaux ! Comme s’il voulait contempler son œuvre…

 

The Streets

The Hardest Way To Make An Easy Living

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Mike Skinner nous avait habitués à des productions originales, drôles. Cette fois, l’originalité est restée à l’arrêt. Où sont donc passées les paraphrases gloussantes ? Les observations acerbes posées sur les rites sociaux de nos amis Britanniques ? Décidemment, Skinner a rangé son « Original Pirate Material » au placard. Là où « Fit But You Know It » balançait encore un grand coup de pied aux culs de ses détracteurs, « When You Wasn’t Famous », le nouveau single, est une porte ouverte aux critiques. D’ailleurs, elles risquent de pleuvoir. Ecouter « Never Went To Church » c’est admettre la défaite. Mike Skinner, le lad à l’accent cockney, a désormais le nez tourné vers les States. C’est ancré dans la réalité que les rappeurs sont les meilleurs. Le temps de deux albums, The Streets a chamboulé le hip hop anglais. Principale source d’inspiration d’alors, son quartier souillé de Birmingham : un lieu génial pour glander, boire et fumer. Mais les choses ont changé. C’est une certitude. A l’écoute des merdes en boîte que sont « Two Nations » et « Never Went To Church », le charme se dissout, laissant les Anglais à leurs stéréotypes et The Streets aux Américains. « The Hardest Way To Make An Easy Living » : c’est entendu, la cause est perdue. Ce nouvel album sent la frime. Affirmation à justifier ? En route pour un petit cours de sémiologie de l’image représentée. En 2002, Mike Skinner ornait son premier album d’une vision sociale personnelle. Les bâtiments bétonnés du haut desquels il observait les faits et gestes de ses congénères illustraient la pochette d’« Original Pirate Material ». En 2002, « A Grand Don't Come For Free » le montrait sur le départ. Mike attendait son heure dans une aubette désertée. En 2006, les paysages industriels sont loin derrière. Les fesses posées sur sa Rolls-Royce, Mike jette un dernier regard en direction du passé. Est-il trop tard pour faire marche arrière ?

 

Yel

Electrophone

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Prenons quatre jeunes garçons. Invitons-les à écouter les classiques de la scène pop-rock anglo-saxonne des dix dernières années. Attendons qu’ils digèrent et demandons-leur de faire un album. Ca, c’était il y a quelques années. Depuis, le groupe a connu des changements personnels (le départ du guitariste Pascal Van der Wielen et l’arrivée du multi-instrumentiste Watch de Schutter) et aujourd’hui, Yel sort son troisième opus. ‘Electrophone’, c’est avant tout le disque d’un groupe qui s’interroge sur la vie, sur l’individu et sa place dans la société. Un groupe sincère qui croit encore aux idéaux.

« Est-ce que tu l’entends » ouvre le bal et confirme que Yel est bien un groupe qui réussit le difficile alliage du rock et du français. L’intro du morceau rappelle « Smell like teen spirit ». Joli clin d’œil. Toutes guitares dehors, le groupe prouve qu’il connaît bien ses classiques : on retrouve les envolées chères à Muse (« De l’autre côté ») et les riffs entêtants de Placebo (« Sans idéaux », « Nos raisons de passage »). Mais Yel, c’est aussi la recherche de l’instant d’émotion comme dans « Faut-il » ou « Au prix de contre-jours », une jolie ballade qui semble tout droit sortie d’un album de Jean-Louis Aubert. Quant aux morceaux « Mon âme » et « Rien d’autres que toi », ils sonnent plus FM (on n’est pas loin de Kyo). Dommage ! Mais arrêtons les comparaisons car, s’il est facile de rapprocher Yel à certains groupes français (Noir Désir, Pleymo, …) ou anglais (Placebo, Muse), à qui peut-on les comparer en Belgique ? C’est peut-être là leur originalité et leur force…

Paul Weller

Catch-Flame / Live at the Alexandra Palace

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En presque trente ans de carrière, Paul Weller n’avait jamais sorti de ‘live’ épinglant chaque étape de celle-ci. C’est désormais chose faite avec ce double « Catch-flame ! », enregistré au London’s Alexandra Palace, le 5 décembre 2005, à l’occasion de la dernière date d’une tournée sold out. D’après The Times, près de 50% du public présent avait moins de vingt-cinq ans. Un exploit pour un artiste dont la carrière a débuté en 1977, époque à laquelle il gravait son premier disque en compagnie de son groupe, The Jam. De ces années, il retiendra ici trois titres : « In the crowd », dans une version de plus de neuf minutes (dont deux soli de batterie), « That’s entertainment » et « A town called Malice », qui signe la fin du concert. De plus, Weller sélectionne deux hits de son deuxième groupe culte, The Style Council : « Shout to the top » et « Long hot summer » dans une version plus jazzy, qui a plutôt bien mûri avec l’âge. Weller fait également la part belle aux chansons de son dernier album « As is now ». Enfin, il va piocher dans le meilleur de sa carrière solo. « The weaver » et « Peackot suit » confirment le diagnostic : Weller est en pleine forme. Mais la bête peut aussi se montrer plus tendre, (« Wishing on the star » ou « Wild wood » que le public reprend en chœur), bouleversant même (« You do something to me »).

De l’autre côté de la Manche, Paul Weller est une véritable institution. Récemment, il s’est vu récompensé aux Brits d’une victoire pour son ‘exceptionnelle contribution à la musique’. Qu’on ne vienne plus demander pourquoi…

Boards Of Canada

Trans Canada Highway (EP)

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Premier single extrait de l’album « The Campfire Headphase » sorti en 2005, « Dayvan Cowboy » des Anglais de Boards Of Canada a connu une seconde vie en 2006 sous la forme d’un EP 6 titres recelant le titre original ainsi que son remix par Odd Nosdam. Ces deux versions sont enrichies pour l’occasion de cinq titres inédits. La patte electro-ambient atmosphérique du duo est magnifiquement soulignée sur cet EP, réédité en décembre dernier. Celui-ci s’adresse principalement aux heureux propriétaires du très bon « Campfire Headphase », dont il est quasiment indissociable. Les fans de Radiohead, qui aimeraient découvrir l’origine de l’inspiration de ces derniers pour leurs derniers travaux, ne seront certainement pas en reste.

The Vines

Vision valley

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Réduit aujourd’hui à un trio, The Vines nous propose son troisième opus. Un elpee qui fait suite à l’excellent « Highly evolved », paru en 2002 et au trop racoleur/accessible (biffez la mention inutile) « Winning Days », gravé deux ans plus tard. Craig Nicholls, le leader n’avait d’ailleurs pas tellement apprécié la critique négative qui s’était abattue sur sa seconde plaque. Faisant même le vide autour de lui. Finalement, il a accepté de se soumettre à différents examens médicaux. Et la faculté a diagnostiqué qu’il était atteint d’une forme assez rare d’autisme : le syndrome d’Aperger. Bref, on comprend mieux aujourd’hui ses réactions excessives. Et il faut lui reconnaître bien du courage pour avoir remis son métier sur son ouvrage. Malheureusement, ce « Vision valley » ne casse quand même pas la baraque. Et la présence de ballades inoffensives, pour ne pas dire inconsistantes, n’y est pas étrangère. On a même droit en final à un long slow de plus de six minutes, dont le Barclay James Harvest était si friand au cours des seventies. En outre, il faut se demander si Nicholls est atteint du syndrome d’Asperger ou de Kurt Cobain. Car le spectre du défunt leader de Nirvana hante la plupart des chansons de cette plaque. Il en a même chopé le timbre de voix. Et puis son néo grunge fait un peu daté. Même l’ouverture « Anysound », dont le riff de guitare semble avoir été pompé chez le « You really got me » des Kinks. Et pourtant, le disque recèle l’une ou l’autre petite perle. Et je pense tout particulièrement au hit potentiel « Don’t listen to the radio », compo power pop rampante, insidieuse, réminiscente des Cars. Du presque psychédélique « Candy Daze », tellement proche des Dandy Warhols. Et enfin de l’hymne insolite « Futuretarded ». Maintenant si vous êtes des nostalgiques des groupes qui ont marqué la scène de Seattle fin des eighties, début des nineties, vous pouvez acheter les yeux fermés…

 

 

The Ducky Boys

The War Back Home

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Le titre annonce la couleur. « The War Back Home », quatrième essai des Ducky Boys, constitue un énième pamphlet politique se dressant contre les dérives de l’administration de l’oncle Bush. Certes, l’intention est tout à fait honorable mais la redondance des thèmes utilisés par le trio fait de ce « War Back Home » un objet insipide et sans grand intérêt. D’autant plus que des cordes vocales de Mark Lind conjuguées aux riffs de guitares faussement punk de Douglas Sullivan ne parviennent pas à s’extraire d’une douloureuse monotonie. Même les titres n’ont rien d’excitant : « Outlaw », « Corporate America », « Tortured Soul », « Bombs Away »… A se flinguer. Bien entendu, le but des Bostoniens n’est pas tant d’amuser la galerie que d’éveiller les consciences. Mais le fait est que d’autres, plus talentueux et convaincants, s’en chargent déjà.

Various Artists

Fresh Breath of Mint

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Dans un premier temps, ce sont les déhanchements de Feist qui ont aguiché notre attention. Le Canada se tenait là, tapi dans l’ombre de lointains cousins américains. Ensuite, Arcade Fire a allumé la mèche, mettant définitivement le feu à toutes les excitations. Depuis, les vagues canadiennes se succèdent sans faiblir. Apparu dans le paysage musical en 1991, le label Mint est une des têtes chercheuses du pays à la feuille d’érable. Pour célébrer dignement sa quinzième année d’existence, Mint nous offre un tour d’horizon de ses signatures les plus récentes. En ouverture, la country organique de Neko Case vient nous rappeler toute l’étendue de son talent. Une country-rock sous Valium, entonnée par un timbre mélancolique à souhait. A faire pleurer les anges. Pour les pervertir, on peut compter sur les riffs acérés des New Pornographers. Quelque part entre les Foo Fighters (période Pat Smear) et les Pixies, ces Nouveaux Pornographes savent comment séduire les obsédés... Un peu comme The Organ a la capacité d’amadouer les irréductibles fanatiques des Smiths. Ces cinq filles reprennent l’héritage de Morrissey à leur compte et le font fructifier à grosses doses de Throwing Muses. Plus loin, c’est au tour de Carolyn Mark et de NQ Arbuckle qui, sur «Fireworks », honorent une rencontre fabuleuse, une romance enchantée qui défie le duo d’Isobel Campbell et Mark Lanegan. Nouvelle bénédiction indie-rock : Novillero séduit d’emblée. C’est une grosse claque. Les harmonies ensoleillées envahissent l’espace, embellissant les visages déprimés d’un large sourire. « Fresh Breath of Mint » constitue une indéniable source de découvertes. Disponible en import et à petits prix, ce courant d’air musical rafraîchit nos tympans. Une aubaine par cette chaleur estivale !

Radio 4

Enemies Like This

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Après la débâcle de « Stealing Of A Nation », on aurait pu craindre que l’aventure Radio 4 était arrivée en bout de course. Pourtant, le disque était plutôt de bonne facture. Mais d’une part, il a été très tièdement accueilli par les critiques. Et puis le groupe a fini par le détester. Enfin, la formation a dû enregistrer la désertion précipitée du guitariste Tommy Williams. Heureusement, la formation a enregistré l’arrivée d’un nouveau guitariste (Dave Milone), signé sur un nouveau label (Astralwerks) et engagé un nouveau producteur (Jagz Kooner). Des changements qui auguraient un nouveau départ. Bien plus qu’un redémarrage, « Enemies Like This » est, avant tout, un retour aux sources. Les bleeps électro du disque précédent ont désormais déserté les compositions des New-yorkais au profit des riffs ‘discoïsants’ et des percussions magnétiques qui avaient fait la richesse de « Gotham ! ». Radio 4 déballe à nouveau ses armes les plus éclectiques et efficaces à l’instar de l’entêtant « Packing Things Up On The Scene », d’« Ascension Street » au beat lascif ou encore de « This Is A Test », un titre puissant au potentiel aussi tubesque qu’un « Dance To The Underground ». Même s’il ne parvient toutefois pas à insuffler le zeste de fraîcheur et de passion des vieux jours sur l'intégralité des titres (le lancinant « Grass Is Greener »), le quintet prouve sur « Enemies Like This » qu’il est sur la voie de la guérison et fin prêt à remettre le feu dans les sous-sols !

The Big HatBand

Plus d une corde à sa guitare...

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Performeurs wallons, animateurs écossais, les nouveaux éphèbes du rock belge se situent très mal sur les cartographies sonores du pays. Alors, ils prônent la réforme. Sans remettre en cause les institutions, The Big HatBand fait sa révolution. Persuadé que le rock'n'roll peut changer les vies, ces quatre ' Boys In The Band' accélèrent la cadence et se lancent sur un chemin électrique, orageux. Un itinéraire dangereux, parcouru de quelques spectres tutélaires (The Libertines, The Ramones, The Jam) et d'insatiables revenants (Buzzcocks, Wire). Alors, ce nouveau Gang Of Four changera-t-il la donne ? Rien n'est moins sûr. Mais la guitare est dans leur camp...

Si vous nous racontiez votre rencontre ainsi que l'histoire internationale du groupe ? 

A l'origine, Diego (guitare) et moi (Arnaud : chant, guitare) fréquentions la même école secondaire. A Nivelles. Fatalement nous sommes rencontrés ? Nous étions alors âgés de 16 ans. Nous avons commencé à jouer en duo, sans aucune prétention. Puis, un ami nous a rejoint pour se charger de batterie. (NDR : aujourd'hui, c'est Andrew Bolton qui se réserve les fûts) ; et, enfin, Edgar (chant, guitare) est venu compléter le line up. En février 2003, on nous a proposé un premier concert. L'idée ne nous avait pas encore effleuré l'esprit... néanmoins, cette proposition nous a motivés. Les concerts se sont alors enchaînés et nous nous sommes inscrits à des concours. En général, nous avions de bons échos de nos prestations. Après avoir remporté le prix de la Province de Namur lors du 'Fields Rock Festival', nous avons eu la chance d'enregistrer notre première démo. Voilà où nous en sommes aujourd'hui.

Quelle sera la prochaine étape ?

La suite logique de nos aventures nous mènera sans doute à enregistrer un album. Mais pour l'instant, l'heure est au maxi. C'est déjà une certitude : il sera enregistré cet été. En principe, les choses devraient bouger puisque, aujourd'hui, certaines personnalités influentes du paysage musical nous accordent un peu d'attention.

Avez-vous l'impression que le groupe vient de s'ouvrir les portes d'une autre dimension, accédant ainsi à une nouvelle étape dans sa jeune histoire ? 

De toute façon, ce n'est pas ce qui était prévu au départ. Et vous savez pourquoi ? Parce que rien n'était planifié ! Parfois, nous organisions des répétitions, mais nous ne pensions jamais jouer en concert face à un public. Les choses se sont précipitées et, de concerts en concours, nous avons progressé. Pourtant, The Big HatBand n'a pas été programmé. Arnaud (chant, guitare) et Edgar (chant, basse) ne se connaissaient même pas avant la première répétition ! 

Il est relativement difficile de rapprocher The Big HatBand d'un autre groupe de la scène belge. Vous êtes obnubilés par les guitares punk estampillées 1977-1979. Pensez-vous changer votre guitare d'épaule?

Certainement pas ! Nous voulons être le premier groupe en Belgique à percer avec cette musique. Maintenant, on espère qu'une évolution pourra s'opérer et que The Big HatBand sera à la base de ce changement. Showstar, Girls In Hawaï, Flexa Lyndo... on en a marre de cette vague ! The Big HatBand propose autre chose, une alternative. Nous aimerions aussi profiter du peu de moyens mis en place en Communauté française pour nous mettre en évidence. A ce titre, des expériences comme la Fête de la Musique ou le Concours Circuit représentent énormément : nous avons tout à prouver ! 

Vous êtes francophones. Mais lorsque vous vous exprimez en anglais, vous ne rencontrez aucun problème d'accent. Quel est votre secret ? 

Notre secret, il s'appelle Edgar ! Il est Ecossais mais vit à Bruxelles depuis sept ans. Ce qui est drôle, c'est qu'Andrew, notre batteur, est aussi Ecossais. Nous sommes donc le premier groupe belgo-écossais de Belgique. Nous ne rencontrons pas les problèmes d'accent que peuvent éprouver d'autres groupes. Et pour tout dire, nous sommes davantage ancrés dans la culture anglo-saxonne. 

Pour vous, le rock'n'roll est-il un mode de vie ? 

On ne joue pas avec les clichés... Même si, d'un point de vue vestimentaire, on rejette les shorts ! Pour nous, les fringues participent indéniablement à l'imagerie rock. On revendique une certaine classe... ce qui ne veut pas dire qu'on s'habille mieux que les autres ! Pour être rock'n'roll, il suffit d'en jouer, de s'amuser. 

Qui se charge des compositions dans le groupe ? 

C'est Edgar qui gère cet aspect là des choses. Il compose toutes les parties instrumentales. Son frère – qui ne fait pas partie du groupe – se charge d'écrire les textes des chansons... 

Que pensez-vous d'Internet comme vecteur de diffusion musicale ? 

Nous essayons d'être le plus présent possible sur la toile. Aujourd'hui, Internet participe activement à l'évolution du bouche à oreille. Nous allons donc tout mettre en œuvre pour être davantage visible sur Internet. La mise à disposition de notre musique ne nous dérange pas. En règle générale, nous sommes même plutôt favorables au téléchargement. Il nous arrive souvent d'acheter des disques après avoir entendu un artiste via Internet. A partir de ce moment-là, on ne voit pas en quoi cette pratique peut nuire aux artistes téléchargés. Au contraire : on écoute leur chanson sur le web, on va voir les concerts et, généralement, on achète le disque ! De notre point de vue, Internet constitue un incroyable moyen de diffusion. Nous allons développer notre page sur www.myspace.com/thebighatband. Pour construire notre site officiel, nous envisageons l'engagement d'un webmaster. 

Que pensez-vous de l'implication de la presse belge dans la carrière des jeunes groupes issus de la Communauté française ? 

Nous avons joué au Botanique en première partie des Kooks. Et, lors des dernières Nuits du Botanique, nous étions à la même affiche que les Babyshambles de Pete Doherty. Lors de ces deux concerts, l'accueil du public était génial et ce, sans aucune médiatisation. On trouve regrettable qu'un journaliste du Soir se lance sur les traces de Pete Doherty pendant toute une journée sans nous accorder la moindre ligne dans son article. Nous étions une des découvertes belges de ce festival ? Nous sommes issus de la Communauté française. Alors, pourquoi ne pas parler du concert ? Pour notre part, on a vraiment l'impression que la presse belge délaisse complètement son rock national. Elle préfère aller voir ailleurs, ce qu'elle possède déjà à portée d'oreille. Et à mon avis, c'est une erreur. 

 

 

Radio 4

Retour aux sources

Écrit par

Dehors, le temps est des plus maussades. A l'abri sous les serres du Botanique, Anthony Roman, leader de Radio 4, a l'air en phase avec la météo. Sympathique mais peu bavard, il  présente  "Enemies Like This", le quatrième ouvrage des New-yorkais, qui marque un retour aux sonorités groovy originelles du quintet. 

Nouveau label, nouveau guitariste, nouveau producteur… C'est un nouveau départ pour le groupe ? 

D'une certaine façon, oui. Ca fait toujours du bien de recommencer avec l'esprit frais. 

On retrouve Jagz Kooner à la production cette fois-ci ; qu'est-ce qu'il a apporté de neuf au son de Radio 4 ? 

Il a abordé le disque également avec un esprit frais. Son approche l'était tout autant. Il aimait la façon dont le groupe jouait et dégageait une énergie plutôt positive. Le déclic a été immédiat. 

Sa démarche était-elle fort différente du fameux duo DFA (NDR : qui a produit « Gotham ! ») ?  

Assez. Les membres de DFA sont beaucoup moins conventionnels, ils ont une approche différente pour chacune de leurs productions. Jagz est un de leurs amis ; et, à vrai dire, il a un peu le même état d'esprit qu'eux mais pas la même façon de travailler… 

Comment s'est passée la rencontre avec Dave Milone, le nouveau guitariste ? 

Je le connais depuis des années. Il faisait partie de Computer Cougar, un groupe new-yorkais que j'aimais beaucoup, surtout pour sa manière de jouer de la guitare. C'était très pop-punk. 

Qu'est ce qui s'est passé avec le précédent, Tommy Williams ? 

On allait juste dans des directions opposées, rien de plus… 

Le succès de « Dance To The Underground » a-t-il eu un impact positif sur le groupe ou est-ce que, du coup, vous avez ressenti plus de pression de la part des critiques ? 

Les deux. La réaction du public a été très positive mais il y a toujours un moment où tu aimerais que le public réagisse positivement à d'autres de tes chansons. Au bout du compte, de toute manière, on tente d'écrire des chansons aussi bonnes que possible. L'important c'est qu'elles soient naturelles. 

On lit dans la bio du groupe que « Stealing Of A Nation » avait souffert de trop de calculs et d'ambition. Tu penses vraiment que c'était le cas ? 

Ouais ! Je n'ai pas du tout aimé le produit final, à part quelques chansons que je trouve mieux que d'autres. Le groupe a assez mal assuré sur l'enregistrement des chansons et la production ne correspondait pas vraiment à ce qu'on fait. 

D'où un retour vers le son de « Gotham ! »… 

Ouais ! Ca ressemble beaucoup plus à ce qu'on fait d'habitude. Le résultat est beaucoup plus naturel que sur « Stealing Of A Nation ».

Qui sonnait beaucoup plus éléctro… 

Effectivement. On voulait essayer quelque chose de différent mais ça n'a pas débouché sur le résultat que l'on espérait. « Enemies Like This » est beaucoup plus vrai et fidèle au son du groupe. 

L'album s'appelle donc « Enemies Like This ». Qui sont ces ennemis ? 

Ces ennemis peuvent être n'importe qui. Ils peuvent être des gens proches de toi, du genre famille et amis ou même le gouvernement. En gros, la plage-titre parle de gens qui sont supposés être de ton côté mais qui finissent par te trahir, d'une manière ou d'une autre. 

C'est un événement que tu as vécu ?

Non, c'est vraiment général. La chanson ne parle pas d'une personne en particulier. 

Les messages de Radio 4 sont assez politiques. Quels sont les événements ou sujets qui ont influencé l'écriture de l'album ? 

Il s'agit surtout de notre frustration vis-à-vis de la corruption qui gangrène le business en général aux Etats-Unis. Ce qui a pour conséquence que le fossé entre riches et pauvres ne fait que s'élargir. La classe moyenne s'en sort difficilement et là-bas, soit tu es riche, soit tu n'es rien. 

Le désastre de l'ouragan Katrina et ses conséquences ont-ils renforcé cette optique des choses ? 

C'est un bon exemple. La Nouvelle-Orléans n'est pas une ville riche et est habitée majoritairement par des afro-américains. C'était comme si le gouvernement n'en avait rien à foutre. Mais quand un événement négatif se déroule dans un haut lieu financier comme New York, là, ils sont vachement plus rapides. Par contre après Katrina, les jours ont défilé mais le peuple ne voyait rien arriver… 

Tu es de l'avis de Kanye West qui a prétendu lors d'une émission télé que le gouvernement n'a pas réagi assez vite parce les habitants de la Nouvelle-Orléans sont essentiellement afro-américains ? 

Dans un certain sens, oui... 

Avant de faire partie de Radio 4, quelles étaient tes influences musicales principales ? 

J'écoutais beaucoup de musique underground du genre Fugazi et The Replacements. J'aimais aussi les Clash, évidemment, et un peu de reggae et de punk. Du côté commercial, c'était plutôt les Rolling Stones et des trucs de ce genre… 

Ta chanson préférée de cet album ? 

« Everything's In Question » pour son groove assez Dance-hall. Il y a aussi « All In Control » et « Grass Is Greener ». Bref, j'ai tendance a aimer ce qui est un peu moins traditionnel dans le son de Radio 4. 

Et ton album préféré de Radio 4 ? 

Le dernier et « Gotham ! » pour diverses raisons. Je n'écoute pas souvent « Gotham ! » ; mais quand c'est le cas j'ai tendance à me dire que c'était plutôt bon. Quant à « Enemies Like This », je suis assez fier de son contenu.

Et le temps belge, comment trouves-tu ? 

Ca fait deux jours qu'on est ici et il est vrai que le temps est assez bizarre depuis notre arrivée !

 

Lionel Solveigh

Six Songs For A Sunday Afternoon

Écrit par

Echappé d’Austin Lace, Lionel Solveigh s’offre six chansons pour un dimanche après-midi réussi. Pluvieux de préférence, le repos dominical s’écoulera dans une atmosphère soyeuse et paisible, esquissée de mélopées bricolées. Esseulé, Lionel Solveigh livre ses plus tendres confessions. Jamais très loin d’Alfie, M. Ward et autres Kings Of Convenience, le chanteur multi-intrusmentiste bruxellois pose les jalons d’un avenir radieux.



Test Icicles

For Screening Purposes Only

C’est con : voilà une chronique d’un disque de Test Icicles, super trio punk-pop d’Angleterre, mais qui n’existe déjà plus. Les trois gaillards ont splitté cette année, alors qu’ils venaient de signer chez Domino… Résultat : on est triste, parce que ce disque est une petite tuerie, entre Pantera, The Rapture, les Blood Brothers et les Arctic Monkeys. ‘Attrape-moi si tu peux !’ : tel pourrait être le sous-titre de cette plaque qui part dans tous les sens, directement à du 120 à l’heure. C’est comme le Sirocco : à peine le temps d’accrocher sa ceinture qu’on se retrouve la tête à l’envers, le menton collé sur les genoux. En guise de structure rythmique, de gros beats machinesques, et ces voix de sales gosses qui crachent leurs poumons. Les Test Icicles ont à peine 20 ans d’âge, et ça s’entend : ils ont grandi avec Slipknot (on pogote sur Test Icicles), la techno (on danse sur Test Icicles) et le label Relapse (les Test Icicles font peur). Du grind pop ? Il est malheureusement trop tard pour s’amuser à leur coller des étiquettes… C’est un peu comme la comète de Haley : avant de la revoir on sera sans doute tous morts, mais au moins on se sera bien marré. Se saborder en plein vol vaut parfois donc mieux qu’attraper des cheveux blancs : une belle erreur de jeunesse, donc, car il faut ‘échouer, échouer encore, échouer mieux’, dixit Beckett. Dont acte.

The Spirit That Guides Us

We Are Under Reconstruction Part 1.

Les décharges d’électricité peuvent s’avérer amères ; car elles contiennent tout le sel de la vie, même s’il pique aux yeux et gratte l’épiderme. Quand il y en a trop dans l’eau, on flotte à la surface : plus c’est salé, moins on risque de couler… C’est là toute la contradiction, et on peut l’appliquer parfois aux sentiments humains. C’est souvent quand on souffre qu’on se rend compte de l’importance de l’existence. En musique c’est pareil, et on appelle ça de l’EMO : de l’émotion, des illusions perdues, passées au crible du rock le plus criard. Blood Brothers, Fugazi, Appleseed Cast, voire De Portables, et bien sûr les Hollandais de The Spirit That Guide Us, dont c’est ici la première compile. Il ne s’agit pas d’un best of, mais d’une compilation de remixes, d’inédits (trois nouveaux titres d’excellente facture), de live et de faces B. Aucun morceau de leurs deux albums (« The Sand, The Barrier », « North & South ») n’y figurent, au contraire de ceux de leurs divers EP’s… L’objet ravira donc les fans qui ne possèdent que leurs deux longs formats, et servira aux autres de parfaite mise en bouche. A condition d’aimer les guitares qui crissent, les chœurs qui éructent et les montées d’acné. Suivez le guide ! (celui à la casquette et aux Converse)

Smog

A River Ain´t Too Much To Love

La dernière fois (« Supper ») qu’on avait vu Bill Callahan, il pétait presque la forme. Quelqu’un l’aurait même pris en flagrant délit de sourire. Son cas allait bientôt être jugé au Tribunal International de la Félicité : il devait être relâché pour ‘bonne conduite’, après plus de dix ans de réclusion criminelle. Son crime ? Celui de n’avoir jamais chanté une chanson gaie, et de tourner le dos au public. « Supper » et son tempo allègre (une première) auraient donc dû sauver notre homme de l’incompréhension… Mais voilà qu’il sort ce disque, et ré-aggrave son cas. ‘Vous ne faites aucun effort’, lui aurait déclaré l’avocat de Domino à l’écoute de ces dix titres. Une guitare, une batterie (et encore !). Parfois un violon, un piano, peut-être un accordéon. Et rien de plus. Bill Callahan nous refait le coup de l’autiste à l’humour/l’amour laminé(s). ‘Black is all colours at once’, soupire-t-il de sa voix caverneuse sur « I Feel Like The Mother Of The World ». Un beau titre, une belle chanson. Le noir, c’est logique pour un type qui chante l’amour à l’imparfait et se nourrit de turpitudes. Se réjouir, ici, demande donc un effort surhumain.

Shearwater

Palo Santo

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On se réjouit de retrouver Jonathan Meiburg (Okkervill River) et Will Sheff (Kingfisher, Okkervill River), les deux maîtres d’œuvre du projet Shearwater. L’année dernière, l’E.P. « Thieves » était venu calmer les ardeurs d’une cohorte d’aficionados en manque de douceur. Quatrième album dans la discographie du groupe, « Palo Santo » dévoile une énergie nouvelle dans l’approche flegmatique du duo. La mise en bouche s’intitule « La Dame Et La Licorne ». Cette fable moderne se chante en anglais et captive d’emblée son auditoire. Personne ne s’en plaindra : le piano et la pédale steel s’entendent toujours aussi bien. Postée aux avants postes, « Red Sea, Black Sea » sème une véritable tempête sur ces territoires peu coutumiers des tourments sonores. La décharge de cette mer rouge et noire tient autant aux atmosphères chéries par Peter Gabriel qu’aux éclats vocaux d’un Patrick Wolf. La puissance dégagée par cette chanson trouve également un écho distordu dans « White Waves ». Plus loin, sur « Seventy-Four, Seventy-Five », les notes de piano chavirent dans un brouillard de guitares. Nos deux compères n’ont pourtant pas délaissé leur passion commue pour l’ornithologie. Une fois encore, ils chantent leur amour des oiseaux sur « Sing, Little Birdie ». L’orgue, le banjo, le vibraphone, le glockenspiel et tous les autres instruments s’unissent alors pour déposer les derniers morceaux de « Palo Alto » dans un havre de paix, antre d’un repos bien mérité en ces jours agités.

Ben Ricour

L´Aventure

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‘Comme tout ce qui est vrai. Au début ça n’plaît à personne. Une hérésie, une erreur. Un manque de calcium’, explique Ben(jamin) Ricour sur « Je me réveille », titre évocateur de cette première « Aventure ». La voix de Ben, justement, ressemble à s’y méprendre à celle de Gérald De Palmas. C’est tellement vrai, qu’au début ça n’plaît à personne ! Mais il serait regrettable de limiter l’univers de Ben Ricour à celui de De Palmas. Ce premier album du jeune Parisien est attachant. Les textes dévoilent une personnalité entière : celle d’un jeune garçon face à son destin. Conscient de ses inconsciences passées (le précité « Je me Réveille »), éternel amoureux (« Vivre à même l’amour ») et rêveur invétéré (« Plein soleil »), Ben Ricour se donne entièrement à travers les dix titres de son premier album. Ce disque doit beaucoup à la rencontre entre Ben et Pierre Grillet, talentueux parolier, mentor du « Madame Rêve » d’Alain Bashung et ange gardien notoire de Dani ou Alain Chamfort. Résultat de cette collaboration : « L’Aventure », un album folk aux contours radiophoniques. Suffisamment intelligent pour ne pas être repoussant, ce disque fait la part belle aux ballades émotives. Ben Ricour est charmant. Il exprime en musique des sentiments universels : la douleur ressentie par l’éloignement inexorable d’un ami d’enfance (« Ami d’enfance »), la bonne humeur éprouvée par un couple déshabillé (« Le risque »), la joyeuse insouciance engendrée par un quotidien affranchi de toute contrainte (« Pas stressé »). « L’Aventure » discographique de Ben Ricour commence donc bien. Et comme l’affirme le dicton : tout est bien qui finit bien !