La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Jamie Foxx

Unpredictable

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D’abord, il faut le voir pour le croire. Le poster offert à l’achat du nouvel album de Jamie Foxx présente le torse nu d’un acteur-chanteur gonflé à bloc. Les petits dej’ à la créatine ont donc du bon… Passé ce détail corporel, Jamie Foxx fixe les bases d’un blockbuster discographique, véritable machine à vendre. Enregistré dans le studio de Timbaland sur le tournage de « Miami Vice », son prochain film (un remake de la série « 2 flics à Miami »), « Unpredictable » est autant l’album de Foxx que celui de ses potes. Ce disque est, en effet, celui de toutes les collaborations. Le single éponyme (« Unpredictable ») voit Foxx s’épauler de Ludacris. Twista vient ensuite paraphraser l’acteur américain sur « DJ Play A Love Song », une chanson à coincer entre les répertoires de R. Kelly et… Boyz II Men. Fidèle à son intitulé, cet album est imprévisible. Pour preuve, l’apport de Snoop Dogg et The Game sur « With You ». Il vient détourner « Unpredictable » de ses reposantes poses R’n’B. Mary J. Blige se fend aussi d’une participation (« Love Changes »). A l’écoute, on ne peut s’empêcher de penser que Mariah Carey aurait également fait l’affaire… Après quelques notes de piano, Kanye West double les vocalises de son copain sur « Extravaganza », un des meilleurs morceaux d’un disque trop parfait et poli pour redorer le blason du R’n’B. Mais l’essentiel n’est certainement pas là…

Luiz Eça Y La Familia Sagrada

La Nueva Onda

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Etrange disque que ce « Nueva Onda », tiré de l’oubli par l’excellent label espagnol Vampi Soul. Collectif de musiciens conduit par Luiz Eça, pianiste influent de la bossa nova, la Familia Sagrada tournait exclusivement pour la chaîne d’hôtel mexicaine Camino Real. La société avait son propre label (RVV), qui prit l’initiative de sortir ce disque en 1978, huit ans après son enregistrement. Une œuvre audacieuse qui puise dans la pop anglaise, la soul et le jazz ; le tout parcouru, bien entendu, de rythmes brésiliens. Une large palette musicale (cuivres, percus, formation rock et une multitude de voix) consacrée à des compos totalement bizarres et exaltées où les ruptures de ton sont légion. L’atmosphère de « Nueva Onda » rappelle les disques à tendance soul-funk concoctés par des furieux du free jazz comme Albert Ayler et Archie Shepp. Les moments phares de cette courte œuvre (moins de 40 minutes) épinglent une chouette reprise de Jorge Ben (« Pais Tropical »), le funk jazz de « Sequestro » et ce magnifique « Please Garçon » qui nous montre comment aurait sonné le Velvet Underground, si ses membres avait été brésiliens. Chaudement recommandé aux amateurs d’atmosphères psychédéliques.

The Decemberists

Picaresque

Colin Meloy fait partie de ces ‘storytellers’ à la Sam Beam (Iron & Wine)/Will Sheff (Okkervil River, Shearwater) qui n’en ratent jamais une pour conter leurs histoires d’amour impossible. Parce que l’amour, c’est bien connu, se révèle depuis des décennies le terreau des meilleures chansons pop. « Picaresque », c’est aussi un adjectif qu’on utilise pour décrire l’aventure, avec un grand A. D’où l’impression qu’il y a dans ces 11 titres suffisamment de rebondissements (sonores et textuels) pour s’y plonger tête baissée, encore et encore. « The Infanta », avec ses cordes vaillantes et son Rhodes mirifique, semble ainsi mettre en musique la prise de la Bastille, l’abordage d’un navire espagnol, Pocahontas, Isaac le Pirate et la Guerre des Roses… A la production on retrouve Chris Walla, l’orfèvre pop de Death Cab For Cutie, qui fait du sacré bon boulot. La Bastille, certes, mais aussi Notre-Dame, puisque ici on peut parler, à l’écoute de titres comme « The Bagman’s Gambit » et « The Mariner’s Revenge Song », de véritables cathédrales sonores. Cuivres, banjo, accordéon, bouzouki, orgue de Barbarie, … Encore mieux que la tapisserie de Bayeu ! Quant aux morceaux plus calmes (les élégiaques « Eli, The Barrow Boy », « From My Own True Love (Lost at Sea) » et « Of Angels and Angles »), ils sonnent comme du I Am Kloot (cette voix) en plus orchestral, et ça vaut toujours mieux que l’intégrale d’Athlete. Le meilleur disque des Decemberists, qui jusqu’ici nous avaient plutôt habitués à trop d’incontinence.

Depeche Mode

Playing The Angel

Difficile pour un groupe de la trempe de DM de se réinventer à chaque disque : le fan vous dira qu’il s’agit du ‘meilleur depuis’… Violator ? Songs of Faith & Devotion ? Peu importe : Martin Gore chante toujours comme un angelot SM ses histoires de rédemption, de ‘foi et de dévotion’, et Dave Gahan suit le mouvement, son timbre s’éclaircissant à chaque nouvelle incursion du côté obscur de la force. Rien de bien neuf, donc, mais le fan s’en fout. Quant aux autres, ils n’écoutent pas DM, et ce nouvel album ne changera sans doute rien à la donne. Si « Precious », le premier single, sonne comme du Superpitcher FM, c’est pour rappeler le legs électro du trio : sans eux, rien ne dit que nos hits-parades seraient aujourd’hui parsemés de ritournelles synthétiques, de Fischerspooner à Ladytron. Qu’il s’agisse d’un retour aux sources du bourdon analogique n’importe pas davantage : l’essentiel, c’est que DM continue à composer de bons tubes, et ce disque en est plein. La grande nouveauté réside dans le fait que Dave Gahan ait exigé de Gore qu’il le laisse participer à l’écriture, le menaçant dans le cas contraire de quitter le groupe… On imagine l’ire des fans, même si « Paper Monsters », l’album solo de Gahan, s’avérait plutôt pèle-couilles. Gahan signe ainsi trois titres, « Suffer Well », « I Want It All » et « Nothing’s Impossible »… Et comme prévu ça manque un peu de pêche. On parle de blues électronique, le nez dans les chaussettes et les bras qui ballottent. Ailleurs, l’indus rappelle qu’il y a 20 ans DM portait des chaînes (« A Pain That I’m Used To », « John The Revelator »), et qu’à l’appel du foutre ils répondaient présents en jouant les « Master & Servant ». « Pain and suffering in various tempos » ? La routine, quoi… Martin a droit à ses deux complaintes souffreteuses (« Macro » et « Damages People »), l’introspection prend des allures de messe new wave, et tout le monde se demande encore une fois quel est le rôle exact de Fletcher au sein du groupe. Comme d’habitude, voici donc un excellent album de DM. C’est un fan qui l’écrit. Veuillez lui pardonner.

 

 

The Drips

The Drips

Sur « Broken », le premier titre de ce disque furibard, Matt Caughthran gueule « Rock’n’roll !!! », et c’est normal quand on sait que cet hurluberlu chante aussi dans The Bronx. A la première écoute, la différence entre les deux groupes semble difficile à déceler : mêmes guitares cradingues, même tempo punkysant, et des « Oh oh » rappelant Radio Birdman et la scène hardcore californienne. Du bon boulot, qui donne envie de repeindre les murs de sa chambre en rouge sang, à force de se cogner la tête dessus. The Drips/The Bronx : quasi le même combat, si ce n’est qu’ici l’on croirait parfois entendre Tim Armstrong dans un remake rock’n’roll de ses fameux Rancid (« 16, 16, Six »). Il y a de la basse chaloupée aux détours de ces refrains vengeurs, comme quoi les types de The Bronx aiment aussi se dandiner entre deux flots de pinte. The Drips, c’est donc un peu le side-project à la Transplants de Matt Caughthran et de Joby J. Ford. Sortez les tongs et déchirez votre marcel : les Drips sont dans la place, même les filles osent le pogo.

Various Artists

Commercially Unfriendly

Écrit par

9 juin 1983. Le Parti Conservateur de Grande-Bretagne gagne les élections pour un deuxième mandat. On ne se rendra jamais assez compte de l’influence du Thatcherisme et de sa doctrine nauséabonde sur le mouvement musical underground. Une vague de groupes morts-nés déferle sur le royaume et se dresse contre la suffisance, l’inertie et le compromis. Véritable descente dans les tréfonds des poubelles de l’histoire, cette compilation déterre de bien beaux cadavres encore fumants. Refusant l’oubli par la grâce d’un doigt tendu bien haut. Surgissent The Membranes qui n’avaient rien à envier aux premiers Bauhaus, The Noseflutes, enfants illégitimes de Wire et des Buzzcocks. Punk, post-punk rachitique, guitares rongées jusqu’à l’os, tous ces groupes gardaient la flamme pendant que le monde entier se touchait en écoutant religieusement Spandau Ballet, Kajagoogoo ou Duran Duran. Qui a déjà entendu parler des Nightingales, des Shrubs, de Pigbros ou de Big Flame ? Une armée de zombies entourée et chapeautée par The Fall et les ahurissants The Ex ( notes de pochette : ‘Oui, nous savons qu’ils ne sont pas Anglais, mais aucune compilation underground ne peut se permettre de faire l’impasse sur The Ex. Des objections ?’). Mention spéciale à Dog Faced Hermans et sa chanteuse possédée et aux Inca Babies, les Cramps insulaires, dont le rédacteur désormais hanté recherche désespérément toutes traces. En guise d’orgasme, un Fuck America (Jackdaw With Crowbar) qui, nul besoin de trop y réfléchir, semble toujours d’actualité.

Ps : Ce disque est respectueusement dédié à la mémoire de John Peel, sans qui évidemment…

 

 

Various Artists

Explosivos / Deep - soul from the latin heart

Écrit par

Cette compilation démontre de belle façon ce qui s’est passé lorsque la jeunesse hispanique de Harlem se prit les glorieuses années soixante en pleine poire. Un choc dont les étincelles crachèrent de fantastiques couleurs vives. En effet, pour cette jeune et fougueuse génération, le mambo et cha-cha-cha des parents sonnaient carrément ringards. Leur truc, c’était plutôt les fringues psychédéliques, les fêtes dégénérées, la culture branchée et le rythm and blues farouche de leurs frangins blacks. Le résultat fut sidérant. Sur une brève période, de 1966 à 1970, une multitude de francs tireurs firent joyeusement copuler leurs racines ‘latin soul’ avec les influences afro-américaines de leurs voisins de palier pour une descendance explosive. Jimmy Sabater, Charlie Palmieri, Tito Puente et consorts balancent la purée et déchaînent les éléments. Pluie de percussions, bourrasques de cuivres pour un ouragan de fièvre et de ferveur. Piochée dans les labels de l’écurie Fania (Tico, Cotique, Allegre et Fania), cette armada de tubes tout aussi vibrants les uns que les autres évoque une époque où le tout New York transpirait sur les pistes au son du Boogaloo !

Calexico

Garden Ruin

Écrit par

A quoi peut s’attendre le fan de Calexico ? Des débuts lo-fi de Smog à la sombre puissance dramatique de The Black Light, de la folie mariachi de Hot Rail à Feast of Wire empreint de l’ombre de Gil Evans, le groupe de Tucson n’a cessé de se réinventer. Certes, tous provenaient du même bassin, mélange de Fado portugais, de jazz fifties, de surf et twang rock, de musique tzigane et des B.O. homériques d’Ennio Morricone mais il semble qu’ils aient cette fois vidé l’eau du bain. Tourner avec des groupes comme Wilco ou Iron & Wine a probablement été décisif dans le processus d’écriture. Mais sans crier au scandale, il faut avouer d’emblée que ce petit dernier peine à séduire. Ce qui frappe aussitôt, ce sont ces accents pop-rock auxquels le groupe ne nous avait pas habitués. « Cruel », « Bisbee Blue » ou « Lucky Dime » sont de jolies petites bluettes bien propres sur elles qui auraient gagné à être un peu plus poussiéreuses. Honorablement contrebalancées par la profondeur ténébreuse de « Yours and Mine » et surtout la bouleversante « Smash » qui se fond en valse épique, chair de poule assurée. Burns et Convertino n’ont rien perdu de leur patine lorsqu’il s’agit de se cramer la peau et il serait audacieux de se frotter à « Roka (Danza de la muerte) » (rehaussée de la présence de Amparo Sanchez), sans un bon indice de protection. Par la grâce de « Deep down », ils avouent s’être inspirés d’Arcade Fire et opèrent une salutaire hausse de ton avant « Nom de Plume », texte en français mais complainte sans relief. C’est au moment où l’on s’attendait à quitter le disque sur la pointe des pieds que le duo vous empoigne et vous scotche au mur. « All System Red », incroyable crescendo toutes guitares dehors, permet de repartir le cœur au chaud et l’esprit confiant. Si le jardin est en ruines, la maison tient encore debout.

 

Isobel Campbell & Mark Lanegan

Ballad of the Broken Seas

Avec sa blondeur si troublante, ses yeux ronds qui demandent l’aumône romantique, son sourire à tomber et ses formes accueillantes, Isobel Campbell incarnait l’élément séducteur de Belle & Sebastian. Partie du groupe en 2002, on attendait d’elle qu’elle nous surprenne, en solo (« Amorino », en 2003) ou pas. La voici de retour en compagnie de Mark Lanegan, le countryman à la gueule de truand, le rescapé post-grunge qui chasse les étoiles la nuit, tel un Robert Mitchum de l’americana. Ils se sont rencontrés à Glasgow, lors d’un concert des QOTSA. Et l’alchimie n’aura pas attendu que les bières s’éclusent pour pétiller dans leur regard fiévreux : après quelques œillades le couple s’enlace autour de ses cordes vocales, batifolant comme un couple à la Sinatra-Hazlewood. Elle chanterait les chœurs, lui le reste, de sa voix caverneuse. Ou vice-versa, et c’est ça qui est beau. On pourrait réduire cette collaboration aux duos carte postale admis par la critique (Nancy & Lee, Johnny & June, Nick & Kylie, mais aussi Bonnie & Clyde et la Belle et la Bête, etc.), mais ce serait oublier les chansons, et il n’y a que ça qui compte. Evidemment, c’est joli et parfois angoissant : on dirait la BO exemplaire d’un western crépusculaire. Au final on retiendra surtout quelques titres parfaits (« Black Mountain », « The False Husband ») pour convoler en justes noces, à Las Vegas ou dans la Death Valley. On ignore si à la fin il l’étrangle et la jette dans le canal, mais en tout cas ça donne la chair de poule. Savourez cet amour dangereux, car qui dit souf(f)re dit stupre, dans le meilleur des cas.

Cat Power

The Greatest

Écrit par

Non, il ne s’agit pas d’un best of comme le titre le laisse supposer, mais d’un nouvel album de Chan Marshall. Son septième. En fait, « The greatest » est le morceau maître de cet opus, une chanson qui rend hommage à Mohammed Ali. Ce qui explique la présence de gants de boxe sur la pochette. Pour enregistrer cet elpee, Chan s’est rendue à Memphis. Soit dans le berceau de la soul sudiste. Elle a ainsi pu bénéficier du concours de collaborateurs particulièrement huppés ; et notamment des musiciens d’Al Green et de Booker T & The MG’s. Etonnant pour l’égérie ultime du mouvement lo-fi yankee. Bref, si ce disque n’est pas encore de la trempe d’un « You are free », paru en 2003, il s’avère de bonne facture et recèle d’excellentes plages. Bien sûr, vu le contexte au sein duquel les sessions d’enregistrement se sont déroulées, le blues, le jazz et surtout le rythm’n blues sont beaucoup plus présents. Ce qui n’empêche pas Chan de se réserver l’une ou l’autre compo plus minimaliste. Le plus souvent en s’accompagnant d’un piano honky tonk ; nous donnant même parfois l’impression qu’elle se produit dans un bar enfumé (« Willie », « After it all » et ses sifflotements guillerets). Mais aussi à la guitare électrique. A l’instar du sombre et minimaliste « Hate ». Cependant, l’essentiel des morceaux de cette plaque surprend par sa richesse instrumentale. Arrangements de cordes soyeux, claviers poussiéreux, piano électrique et drums syncopés, cuivres gominés ainsi que guitare électrique ronflante (« Love & Communication »), tissent la trame sonore pendant que Chan y pose sa voix sensuelle et voilée, dans un registre qui me fait tantôt penser à Janis Joplin, tantôt à Melanie, mais sans jamais monter dans les aigus. Sur « Islands », une des deux compos fondamentalement country, le spectre de Hope Sandoval (Mazzy Star) se met même à planer.

 

 

CocoRosie

Noah´s Ark

En l’espace de deux ans les sœurs Casady sont devenues les divas acid folk d’un revival qui sent bon le patchouli, et dont les ambassadeurs les plus médiatisés s’appellent Devendra Banhart, Vetiver, Joanna Newsom ou encore Espers. Lors de la sortie de leur premier album gentiment bucolique, « La Maison de Mon Rêve », on découvrait ainsi l’univers paradisiaque de CocoRosie, ces bruits champêtres, ces beats colombophiles, ces couleurs intimistes. Comme thèmes l’enfance et son jardin d’Eden, une certaine idée de l’animisme, des textes cryptiques évoquant la fin de l’innocence et un possible retour aux sources. Pour ce second album, les sœurs Sourire du folk à la Karen Dalton creusent évidemment le même sillon, puisqu’il plaît tant aux amateurs de ritournelles de chambre. On y entend donc le même bric-à-brac de cocoricos et de beatbox lunaire (Spleen au mic), de la harpe, du xylophone, du piano, enregistrés à la lueur rassurante d’une bougie, comme dans une peinture de Vermeer. S’il s’agit bel et bien de folk hippie (cfr Vashti Bunyan, Sandy Denny, Ann Briggs), on y décèle également, en filigrane, l’influence plus urbaine du hip hop à la Tribe Called Quest (le fameux « Daisy Age », tiens, d’où le rapport entre bitume et pâquerettes). Du hippie-hop ? En concert, les deux sœurs n’hésitent d’ailleurs pas à montrer leur passion pour le rap, toutes entourées qu’elles sont de breakdancers et de ‘human beatbox’… Il est certain que ce deuxième album plaira à tous ceux qui étaient tombés sous le charme de « La Maison de Mon Rêve. » Les autres resteront sans doute agacés par ces deux ‘soul sisters’ accoutrées comme des bergères sous amphés, qui miaulent et hululent sans se soucier des canons pop/rap/folk en vigueur… A noter la présence d’Antony (sans ses Johnsons) sur deux titres joliment troussés (« Beautiful Boyz » et « Bisounours »), et l’intervention téléphonique de Devendra Banhart (l’ami, l’amant) sur l’éthéré « Brazlian Sun ». Adorable, à condition d’aimer les animaux, la Castafiore, et de croire en un monde plus beau, enfantin, utopique. Ce serait donc ça, le fameux « Rêve » ?

 

Basement Jaxx

The Singles

‘Mais qui sont donc ces types qui balancent du gros beat sur une guitare salsa ?’, s’ébahissait tout type lamb(a)da sur un dancefloor de 99. Avec des tubes comme « Red Alert », « Rendez-Vu » et « Jump N’ Shout », les Basement Jaxx faisaient alors péter les clichés du poumtchak, à coup de funk et de flamenco. Torrides, ces assauts festifs devinrent en quelques mois l’étalon (brésilien ?) de toute soirée qui se respecte. Deux ans plus tard, Simon Ratcliffe et Felix Buxton enfonceront le clou (qui a dit « bouton » ?) avec « Romeo » et « Where’s Your Head At », deux nouveaux tubes sudatoires pour amateurs de fiesta bourrine ou « caliente ». C’est sans doute là d’ailleurs que résident à la fois leur force et leur faiblesse : dans cet abîme flou qui sépare la sympathie couillonne de la vraie beaufitude. En 2003, les deux Anglais sortaient un « Kish Kash » un peu brouillon et suffisant. Tandis que les jeunes clubbers se prenaient en pleine poire une remontée d’acide (revival), les Basement Jaxx s’enlisaient dans leurs formules de carnaval. « Si tu vas à Rioooo !!! », n’oublie pas cette compile : elle est vraiment trop top. Et les tops c’est trop cool. Surtout sur une fille (brésilienne ?)

Acoustic Ladyland

Last Chance Disco

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Cette formation anglaise s’était déjà fait remarquer lors de la sortie d’un premier album concocté en hommage à Jimi Hendrix (d’où le nom). Issu du collectif artistique « D-Fire », ce quatuor impétueux vient de pondre une œuvre pour le moins bruitiste, en injectant une attitude jazz dans un propos qui doit beaucoup au rock’n’roll. Basse, batterie, clavier souvent saturé et le saxophone de Peter Wareham (le compositeur principal) mènent donc la danse. L’opus s’ouvre par le court « Iggy », une cavalcade punk survoltée sur fond d’impro au sax. Le disco « Om Konz », hommage croisé à Olivier Messiaien et les Yeah Yeah Yeahs, rappelle le sax dissonant de James Chance, les paroles comiques en moins. Il y a bien quelques moments plus calmes et mélancoliques (« Deckchair », « Remember ») ; mais cette impression s’avère toute relative, vu la présence de déflagrations électriques qui traversent les mêmes morceaux. Après le punky « Perfect Bitch », la seule plage chantée du set, la routine finit par s’installer, la faute à une certaine uniformité, due au minimalisme de la démarche et des compos pas toujours à la hauteur (à l’instar du mielleux « Trial and error »). Reste une parfaite maîtrise instrumentale, de l’originalité et ces quelques morceaux ultra rapides (« Thing », « High Heel Blues ») à la Blak Flag où il ne manque plus qu’Henry Rollins pour compléter le tableau. Inégal mais attachant.

Ancient Rites

Rubicon

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Y’a pas à dire : Ancient Rites a voulu frapper un grand coup ! Près de cinq années après avoir commis « Dim Carcosa », il nous livre un nouveau cd (« Rubicon ») sur un nouveau label tout en saluant le retour de quatre anciens membres du groupe. Le line up réunit donc pas moins de sept musiciens, dont trois guitaristes ! Pour expliquer ce renforcement des troupes, Gunther Theys, le leader et fondateur de la formation (NDR : née en 1988 !), explique que cette formule devrait permettre au band de faire face, sur scène surtout, à la complexité sans cesse croissante de leur black metal ; mais elle est aussi destinée à le libérer de la basse, qu’il se réservait jusqu’alors, pour pouvoir se consacrer uniquement au chant et au contact avec le public. Faut pas vous faire un dessin : quoi qu’il en soit : la résultante est taillée pour faire du bruit et « Rubicon » est donc tout sauf un cd insipide et transparent…

Pour son cinquième opus studio, en effet, Ancient Rites a placé la barre assez haute dans un registre black metal non dénué de qualités mélodiques. Le groupe n’a, en effet, pas hésité à sortir des sentiers battus du black saignant, speedé et au chant guttural pour se laisser aller, aussi, à quelques approches sensiblement plus nuancées. Ainsi, la plage d’entrée du cd, « Crusade », est imposante et agréable ; « Thermopylae » bénéficie d’une intro très symphonique, ‘wagnérienne’, et quelques plages, telles « Ypres » ou « Cheruscan » sont enrichies de décorations vocales féminines. Toutefois, le groupe flamand reste un chantre du black metal solide et véritable. « Rubicon » ne faillit donc pas à la tradition solide de ce combo dont l’inspiration a ici été guidée par la célèbre traversée de ce fleuve (le Rubicon, donc) par Jules César, le 11 janvier de l'an 49 avant JC, en signe de défiance vis-à-vis du sénat romain.

Les fans d’Ancient Rites vont donc puiser ici largement de quoi satisfaire leurs besoins en black metal de qualité. Et ils pourront, aussi, profiter du passage du groupe sur scène au prochain Graspop festival…

 

Art Brut

Bang Bang Rock and Roll

On ignore si Eddie Argos, le leader d’Art Brut, aime Dubuffet et Warhol, mais en tout cas il aime le rock’n’roll. Rien de plus simple, certes, que d’en jouer : la preuve par ce disque, qui mixe à l’arrache tous les plans foireux du rock, en deux temps trois accords, sans oublier l’humour, à la Jonathan Richman. L’Art Brut se voulait spontané, sans prétentions culturelles et sans démarche intellectuelle. Il faut pourtant voir derrière ces 12 titres en apparence simplets l’un des discours actuels les plus malins sur le rock, son business et ses tares, et ses plaisirs aussi. En ruminant d’une voix hachée (à peine chantée) ses historiettes sur l’amour, la musique, L.A., le Velvet Underground et le NME, Eddie Argos se pose en penseur postmoderne d’un genre musical qui bien souvent se mord la queue. Peut-on parler d’autocritique (le rock est mort, vive le rock !), de mise en abîme à la Debord (la « société du spectacle rock ») ? Moins bêtes qu’ils en ont l’air, les rockeurs d’Art Brut viennent de pondre un disque drôle, jubilatoire, parce qu’ils se moquent d’eux-mêmes et de leur « art » tout en pondant de sacrés tubes (« Formed A Band », « My Little Brother »). De l’art du quotidien, de l’analyse sociale et musicale, les bons refrains et l’attitude en plus. Ces types ont tout compris : s’ils font partie du cirque rock’n’roll, ce ne sont pas eux les clowns. Du rock’n’roll, certes, mais dont la mise en scène participe à sa propre critique. Pas cons, les mecs !

65daysofstatic

The Fall of Math

Ils s’appellent 65daysofstatic, et ‘personne ne les stoppera’ (cfr livret) dans leur conquête d’un territoire déjà bien balisé : le post-rock. Parce que ces quatre Anglais de Sheffield croient qu’ils ont sans doute inventé un nouveau (sous-)sous-genre : le post-rock drill’n’bass ou un truc qui y ressemble. Car au lieu de répéter à l’envi la formule consacrée du dit style (‘ça pète, ça pète plus, ça pète’ ou ‘ça pète pas, ça pète, ça pète plus’), les 65daysofstatic ont préféré y injecter une bonne dose de breakcore à la Venetian Snares. Autrement dit : ici les guitares demeurent épileptiques, mais elles sont chahutées par de gros beats acides en pleine rupture d’anévrisme, tendance Rephlex/Skam/Planet Mu. Le moins qu’on puisse écrire c’est qu’au début l’on reste coi, devant tant de puissance rythmique. Et puis on pense au monde qui nous entoure, surtout le matin, quand les oiseaux piaillent. On l’imagine alors sous une bulle de verre, à l’abri des nuisances. L’homme, lui, est ‘enfermé dehors’ : il contemple ce jouet qu’il aimerait secouer, et puis s’y frotte, comme s’il était un essuie-glace. Un peu défectueux parce qu’il n’est pas parfait, son mouvement d’aller-retour sur la paroi solide provoque de légers crissements, stridents, désagréables. Dans sa tête résonne « The Fall of Math », et il se dit qu’il l’a échappé belle. Parce que sous le bocal où frétille ce qu’on appelle l’humanité, on l’entend bien, cette musique de chez GB. Les ‘Linkin’ Park du post-rock !!!’, semble crier la pub. Puis l’homme, aigri face à cette mascarade, brise la glace et libère le monde. Happée par l’appel d’air, la musique disparaît. L’homme se réveille : c’était juste un cauchemar. Il s’était endormi en écoutant « The Fall of Math ». Un nouveau jour commence.

 

IAMX

The Alternative

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En 2004, Chris Corner décidait d’abandonner l’épave Sneaker Pimps pour se consacrer à ses rêves de grandeur. Toujours obnubilé par une noirceur électronique, froide et artificielle, Corner se peinturlure le faciès pour une deuxième sortie discographique : « The Alternative ». Tout comme chez son prédécesseur, « Kiss + Swallow », les éclats ne sont pas à chercher dans l’habillage sonore. Chez IAMX, la seule saveur est textuelle. Les paroles de Chris Corner touchent, une fois encore, à ses hantises érotiques et ses frasques imaginaires. D’un point de vue musical, IAMX obtempère pour une caricature de son premier album. L’électro côtoie donc le glam pour une virée discographique identique. Les amateurs de « Kiss + Swalow » baiseront à nouveau les pieds de Chris Corner et avaleront à nouveau les petites exubérances de Chris Corner. Les autres vont commencer à devenir allergique à la peinture recouvrant ces albums redondants. IAMX pousse le maniérisme à bout et ce, malgré quelques tubes irréfutables (« President », « Spit It Out »). Parfois, mieux vaut donc rester dans le droit chemin. Les alternatives peuvent en effet cacher de bien mauvaises surprises.

Bruce Springsteen

We shall overcome / The Seeger sessions

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Je dois avouer qu’avant d’écouter le 21ème album du Boss, je craignais le pire. 13 compos traditionnelles, toutes associées à Pete Seeger, avaient de quoi laisser les aficionados les plus fervents de Springsteen, sceptiques. Né en 1919, Seeger fut un personnage clef du mouvement folk revendicatif. A l’instar de Woodie Guthrie, il est considéré comme un des guides spirituels de la musique folk américaine. Il constitue d’ailleurs une des influences majeures pour Bob Dylan. Mais rendre hommage à un tel monstre sacré, en évitant les chausses –trappe de la banalité, était un pari risqué. Ce que Bruce est parvenu à gagner en faisant preuve d’imagination, sans pour autant dénaturer les compositions. Comment ? En engageant toute une armada de musiciens. Dix-sept en tout ! Qui ont enregistré ces versions en trois jours. Au sein du salon du Boss ! Dans une ambiance festive, comme il se doit. Et le résultat va au-delà de toutes les espérances, la bande de joyeux drilles privilégiant la spontanéité sur tout schéma conventionnel. Violon, accordéon, banjo, cuivres et une multitude d’autres instruments participent activement à cette ambiance de fête, la voix graveleuse de Springsteen mettant un point d’honneur à la rendre la plus allègre possible. Le disque est accompagné, en outre, d’un DVD consacré à un reportage vidéo sur l’enregistrement de l’album. Une bonne surprise !

Tool

10,000 Days

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D’abord, il y a l’artwork somptueux du successeur de « Lateralus », attendu depuis près de cinq ans. Tool, qui n’est décidemment pas un groupe comme les autres, offre à ses fans un cadeau qui laissera pantois plus d’un nostalgique de l’époque bénie du vinyle. Car depuis « The Raven », le corbeau en 3D des Stranglers, le « This is a Brick » de Jethro Tull emballé dans son journal, ou le « Space Ritual » dépliable d’Hawkwind, on avait rarement vu ‘emballage’ aussi original. Imaginez un superbe digipack en carton très épais, solidarisé avec un rabat équipé d’une paire de lunette en verre, qui permet de feuilleter un livret de 15 pages illustré d’images en 3D. L’effet est absolument hallucinant, grandiose, énorme… Même mes collègues de bureau et de rédaction qui se gavent quotidiennement de Patricia Kaas et de Patrick Bruel ne peuvent s’empêcher de pousser un léger râle de jouissance, en contemplant les images subliminales et psychédéliques illustrant le livret de la nouvelle livraison du combo qui squatte la tête des charts métal, Outre Atlantique. Même s’ils ne sont pas sympathisants de la bande à Maynard Keenan, les amateurs de collectors vont se précipiter sur cet objet hors du commun.

Puis, il y a la musique, mélange entrelacé de volupté, de rage, de métal hurlant, d’envolées progressives, de délires hypnotiques ; le tout ponctué par des rythmes saccadés et des ambiances transcendantes. Dire que l’œuvre de Tool est complexe est un doux euphémisme, car chaque titre regorge d’une multitude d’influences, de digressions, de théories alambiquées. Le monde créé par la formation ricaine sur ce « 10,000 Days » évoque de précédents opus, comme « Aenima » sans nul doute. Mais ici le côté heavy est davantage mis en avant. Les guitares sont lourdes, très lourdes, et les quatre musiciens excellent dans les parties les plus hargneuses. Il est clair que le disque est bien plus métal dans son ensemble, un durcissement imputable à la mise en forme de Joe Barresi, producteur des Melvins et autre Queens of the Stone Age.

Aucune chanson ne dépasse la barre des sept minutes, comme si le combo avait voulu densifier l’espace sonore tout en insufflant du dynamisme à ces douze compositions aux accents tribaux.

Tool semble former une unité parfaite sur cet opus ; l’alchimie est parfaite. Le résultat divin.

 

 

The Spinto Band

Nice And Nicely Done

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Ils sont jeunes, pas forcément beaux, mais diablement séduisants. Ces six Américains hantent nos oreilles depuis des mois. Précédés d’une flatteuse réputation électronique, ces enfants ont investi la toile, s’essayant brillamment aux nouvelles technologies de l’information. Que sait-on de Spinto Band avant la parution officielle de son premier album ? D’abord, les différentes sources concordent et rapportent que sept albums autoproduits circulent sur le marché. Ensuite, inutile de surfer des heures pour choper Mandy. « Oh Mandy », par devant ou par derrière, le bonheur éprouvé à l’écoute de cette chanson est immédiat. Trois minutes de jouissance, une partouze pop partagée par des milliers d’internautes branchés sur un réseau de pop moderne. A l’arrivée, « Nice And Nicely Done » porte bien son nom. Ces coquins nous renvoient à nos amours de toujours : Blur, Pavement, Pulp et Weezer. Depuis le « Wowee Zowee » de la bande à Malkmus, rien n’avait frappé nos oreilles d’une telle appétence mélodique. A peine le disque est-il achevé, qu’il faut y retourner. Le genre d’album à acheter en double exemplaire, histoire de sauver notre ferveur au moment où les griffes auront raison de ces belles chansons. Commençons par le début. Soit « Did I Tell You », titre aussi dansant qu’une virée au « Disco 2000 ». La suite de nos aventures sautille au gré du tintement des kazoo de « Brown Boxes », euphorie sonore à coincer entre les bleu et vert de Weezer. The Spinto Band dicte son manifeste sophistiqué, allégeance à l’adolescence éternelle. Pour preuve, la ligne de basse de « Crack The Whip » nous renvoie à une époque réjouissante où « Girls and Boys » inondait les ondes. Cet album ravive une période faste, un moment primesautier où mélodies et distorsions n’entraient guère en contradiction. Et, cette fois, le titre ne ment pas : c’est vraiment bien fait !

 

 

Schneider TM

Skoda Mluvit

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Troisième plaque de Dirk Dresselhaus, alias Schneider TM, « Skoda Mluvit » tient difficilement la longueur. Un peu plus ‘guitaristique’ que son prédécesseur, « Zoomer », le disque plonge l’auditeur dans un état d’hypnose dès les premières notes de « More Time ». On se laisse aller à savourer tranquillement les bidouillages éléctro éblouissants de Dirk et les guitares invitées d’Erlend Oye qui les accompagnent sur quelques titres. « Skoda Mluvit » passe si brutalement du minimal electro (« Peanut ») à l’indie-pop (« Caplets ») qu’on ne peut jamais prévoir ce qui nous attend à la plage suivante. Paradoxalement, le disque est aussi monotone que la vie d’un poisson rouge. Passé la plage-titre, l’effet hypnotique perd de son emprise et on commence légèrement à s’emmerder. « A Ride », avant-dernier titre, sauve les meubles de justesse. Mais bon, s’il fait beau dehors, autant aller se promener…