L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Reverend Raven

Live at Blues on Grand

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Le Reverend Raven est un des musiciens locaux les plus talentueux dans l’univers du blues de Milwaukee. Je luis avais déjà consacré une chronique lors de la sortie de son premier elpee, "Slow burn", en 1998 ; un disque commis en compagnie de ses Chain Smokin' Altar Boys. Cet enregistrement ‘live’ a été immortalisé le 22 mars 2002 à Des Moines, en Iowa, au Blues on Grand Club.
 
Le groupe ouvre le show par "I'm your honeyboy", une plage assez jump au cours de laquelle nous ressentons immédiatement une grande complicité entre la guitare du Révérend et l'harmonica de Madison Slim. Raven est un musicien complet. Il est parvenu à se forger un style en empruntant à Freddie King, Albert Collins et Magic Sam. Une écoute attentive de "Loving you" permet de discerner l’addiction du leader au Chicago Westside et de Madison Slim au Southside. Ce denier est un vieux routier du blues. Il a sévi chez le Jimmy Rogers Band, le groupe de Sam Lay ainsi que le Legendary Blues Band. Tout au long du concert, il nous démontre que son influence majeure est bien Shakey "Big Walter" Horton. Au sommet de son art, il parvient à nous arracher des larmes, tant le sentiment de tristesse vous envahit. "Got love if you want it", "I've got to be with you tonight" de Slim Harpo, et "Bee hive baby" (NDR : une espèce de medley entre "Tee na nee na nu" et "Scratch my back" écrit par Rev Raven en hommage à Slim Harpo), sont un véritable régal. Ce type de répertoire est bien dans les cordes du quartet. L'ambiance monte d'un cran et le tempo accélère pour attaquer le traditionnel "Bye bye baby", un fragment littéralement enflammé par la guitare. André Maritato à la basse et Kid Panosh aux drums poussent les deux solistes vers les sommets. Le reste de la soirée ne quittera plus Chicago. Rev Raven adapte "In the open" de Freddie King. Puis "Louise" de Howlin' Wolf, avec beaucoup d'intensité et d'expression. Il joue dans le style indentifiable de Magic Sam. Il poursuit d'ailleurs dans le même répertoire par "Who's been talkin". Il y introduit la guitare d'Otis Rush et les changements de rythmes familiers. Un frisson nous parcourt l'échine lors de l'introduction opérée à l'harmonica de "Sweet man", un slow blues signé Muddy Waters. Le set tire à sa fin. Mais on a encore droit au "Please let me explain" de Sonny Boy Williamson, à "The back scratcher" de Leroy Carr, une plage dont l’atmosphère me rappelle encore et toujours Slim Harpo, et enfin à "I can't get you off my mind" de Willie Mabon.

Richmond Fontaine

Post to Wire

Richmond Fontaine, des types de Portland qui joue de la country comme Grandaddy, les casquettes vissées sur la tête, qu’on imagine bien remplie et prolongée d’une barbe. Dans les années 80 ils avaient 15 ans, écoutaient REM, les Replacements et Camper Van Beethoven, puis ont découvert Palace et se sont mis à déprimer sévère. D’où cette sensation, à l’écoute de cet album, d’entendre de vieux garçons qui aimeraient faire du bruit mais veulent passer pour des adultes. Finies les guitares en V, revendues à la brocante : à la place des slides bon chic bon genre, comme un film des frères Coen. Heureusement, ça pète à la fin (« Willamette »), parce que ça plaît toujours à madame, qui s’ennuie vite quand papa s’échine sur ses cordes en suant comme un bouc. Dans Richmond Fontaine il y a Fontaine, mais même Manneken Pis les bat au concours du pipi le plus long (rires).

Thierry 'Titi' Robin

Alezane

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Cette copieuse compilation (35 titres) met à l’honneur les travaux de ce Français passionné par les musiques gitanes. Depuis 1984, la spécialité de « Titi » réside dans les rencontres musicales entre Orient et Occident. A ce titre, il considère que la musique des gitans est un terrain propice à ces combinaisons. « Alezane » recèle quelques unes de ces collaborations commises en compagnie de Gulabi Sapera, une chanteuse/danseuse du Rajasthan, le chanteur flamenco Paco El Lobo et les nombreux musiciens d’origines diverses qu’il a rencontré au cours de ces pérégrinations. Les morceaux de flamenco sont ici majoritaires ; de bonne facture mais sans surprise. Quelques pièces incluent aussi le répertoire des musiques traditionnelles de l’ouest de la France… Ce sont les collaborations avec Gulabi Sapera qui sauvent cette plaque de l’intérêt poli qu’elle suscite. La voix particulière de cette dernière et l’énergie émanant de son chant transcendent les arrangements de Robin qui semble plus inspiré que lorsqu’il se contente d’exécuter, brillamment certes, mais sans imagination, les nombreux flamencos présents sur « Alezane ». En conclusion, cet opus est réservé aux fans de flamenco et à ceux qui ont envie de découvrir Gulabi Sapera.

Robotobibok

Instytut Las

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Comme évadée du soundtrack d'un film sf américain des années 50, l'intro est plutôt lugubre. Puis la première plage épouse un rythme jazz rapidement balisé par un duo saxo/trompette très 'free'. Après un bref retour à la case départ, une guitare exaspérée se joint aux cuivres, soulignée de bruitages électroniques allègres, en background. Le décor est planté : on a affaire à un CD joyeusement déjanté, à la rythmique sophistiquée et dont les 'lignes mélodiques' sont tracées au couteau essentiellement par les riffs et soli de saxophone. Et si cette description évoque Van der Graaf Generator, c'est plutôt chez les groupes RIO ( Rock in Opposition) chers au label Cuneiform qu'il faut chercher une filiation à Robotobibok. L'album est presque entièrement instrumental, le seul morceau chanté est relativement court et aurait pu provenir d'une vieille radio à la réception précaire. La guitare, fort discrète, ne réserve que quelques interventions basiques. L'ensemble souffre de son côté répétitif, les thèmes s'avérant peu développés. Le CD ne s'écarte que très peu du schéma exposé, les plages s'en révélant donc vite prévisibles. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la présentation est avare de renseignements. Si Univers 0, Djam Karet ou le plus récent Miriodor vous enchante, accordez une oreille à Robotobibok.

Dominique Pascaud

Les yeux mécaniques

Écrit par
« - Commandant Winkel ? »
« - Oui ? »
« - OVNI sur le radar n°3… »
« - Mazette, le voilà enfin ! »
« - Croyez-vous qu’il va atterrir, commandant ? »
« - Je n’en sais rien lieutenant, mais s’il le fait, j’espère que ce sera dans mon lecteur CD… »…
Bon allez, trêve de dialogue de série Z, arrêtons de déconner et parlons plutôt de cet album fort étrange et, pour tout dire, assez séduisant. Engendré par Dominique Pascaud, « Les yeux mécaniques » est une petite soucoupe volante dans le monde de la chanson française. Divisé en deux parties bien distinctes, l’album offre tout d’abord quelques gentilles perles pop comme « Le mal attendra », « Les yeux mécaniques » ou encore « Dans mes bras ». Foutrement bien troussées, ces fragiles ritournelles, servies par une production ‘mimi tout plein’, ont fait chavirer le cœur du commandant en chef qui vous parle. Pourtant, au début, la voix de l’alien aux commandes du vaisseau céleste a de quoi énerver. Plaintive, à la limite du chuchotement, elle égrène des textes qui, eux, ne sont jamais très loin d’une prise de tête ‘à la française’. On se dit alors qu’on est parti pour un moment difficile quand, comme par magie, tout s’éclaire. Soutenue par les délicates mélodies sur lesquelles elle se calque, la voix qu’on s’apprêtait à détester fini par faire mouche. Plus fort encore, l’embellie se voit confirmée par la deuxième partie de l’album, composée presque entièrement d’instrumentaux biscornus. C’est à l’écoute, entre autres, de « Jonction 18 :33 » (sorte de construction pop aphone), que l’on se rend compte combien le chant nous manque. Le plus dingue, c’est que cette absence, loin de tuer le morceau, le rend encore plus fort…Drôle de relation amour/haine qui fait que le manque de quelque chose que l’on a failli haïr mais que l’on aime se révèle plus jouissif que sa présence… Clôturé par « Les yeux mécaniques (2) », cet album a le petit goût de trop peu et d’inachevé qui engendre les classiques…

Dominique Pascaud

Vide et séduction

Écrit par
Tiens, un deuxième disque de Dominique Pascaud… Si vous êtes des lecteurs attentifs et assidus de « Musiczine », vous vous êtes sûrement déjà rendu compte qu’un autre album (intitulé « Les yeux mécaniques ») du même artiste vient d’être chroniqué. Il y a quelques jours à peine, par votre serviteur. Aussi, si vous n’avez pas encore lu la splendide prose écrite à ce sujet, vous feriez peut-être bien d’abord d’aller y jeter un œil avant de revenir à cette critique. Le texte qui va suivre ne peut en effet être bien compris que si vous avez déjà lu son grand frère… Par contre, si vous vous êtes déjà délecté de ce dernier, on peut commencer… Autre elpee de Dominique Pascaud (il serait bien impossible ici de pouvoir dire lequel est le premier et lequel est le deuxième), « Vide et séduction » se révèle moins réussi que « Les yeux mécaniques ». Plus court (il dure à peine 20 minutes pour 15 morceaux), plus « conceptuel », il est aussi un peu plus prise de tête. Là où Pascaud évitait la dégringolade intellectualiste dans « Les yeux mécaniques », il a tendance ici à en faire un peu trop et manque d’ailleurs plusieurs fois de se casser la figure dans les escaliers. Si la musique se révèle encore enchanteresse en quelques occasions, la voix et les textes franchissent quant à eux régulièrement la frontière du « prise de chou land » qu’ils se contentaient de longer dans « Les yeux mécaniques ». Finies les petites vocalises pop, on se la joue ici « Spoken Words » à la « Gainsbourg fin seventies ». Malheureusement, n’engendre pas « Melody Nelson » qui veut et il faut bien reconnaître que la réussite n’est pas vraiment au rendez-vous…Allez plutôt poser une oreille attentive sur « Les yeux mécaniques »…

Passi

Odyssée

Après la Ministère A.M.E.R., deux albums solos, l’aventure Bisso Na Bisso, revoilà Passi, sur CD et DVD (« 30 ans chrono » : clips, documentaire d’1h et making ofs). « Odyssée » représente l’album le plus éclectique du rappeur franco congolais, taillé pour la masse. R’n’b (« Soleil »), reggæ zouk (« L’ABCD’R »), tendances hispanisantes à la MC Solaar (« 5 Lettres », « Elle Attend »), retour aux racines africaines (« Combattants », en compagnie de son vieil ami Stomy Bugsy), et même un duo avec Roy Robbie des Platters (« Exercice »). Bien tout ça, mais le rap soi-disant revanchard de ce mec de Sarcelles ne devrait faire peur qu’aux fans de Goldman. De la variet’, sans plus… « Je zappe et je mate » : dans le mille, mon pote.

Pearl Jam

Rearviewmirror

Il fût un temps où Pearl Jam incarnait, pour les jeunes, le groupe de rock ultime, indépendant et droit dans ses bottes, alternatif mais pas trop, osant se dresser contre l’establishment musical en portant des chemises de bûcherons tout en refusant le jeu promotionnel. C’était l’époque du grunge… mais cette époque semble aujourd’hui bien loin. Si Pearl Jam continue son bout de chemin sans se soucier des modes, il s’est aussi grossièrement assagi, jusqu’à ressembler au backing band de Tom Petty. Finie la rage sonore de « Once » et « Spin The Black Circle » : en 2005 Pearl Jam ressemble davantage aux groupes qu’il répugnait il y a plus de 10 ans, en enchaînant les ballades à la Neil Young mais sans les tripes. C’est de l’histoire ancienne, pratiquement : un vieux souvenir sentant la naphtaline, quand en pleine puberté on croyait encore qu’Eddie Vedder remplacerait (non sans mal) Kurt Cobain dans nos cœurs. Par dépit on aura même continué à acheter tous les disques… pour se rendre compte assez vite que toute cette histoire, finalement, n’avait rien d’exceptionnel. Pearl Jam aujourd’hui, pratique du rock ennuyeux qui se mordille la queue. Un truc conventionnel et daté, alors qu’à 15 ans on était sûrs d’être les seuls à comprendre. Parce qu’à ce moment-là déjà Pearl Jam n’inventait pas la poudre, et ce ‘best of’ nous le rappelle avec une certaine véhémence. Il y a des bons titres, certes (ceux des trois premiers albums, en gros) ; mais en prenant du recul, on se dit que Pearl Jam n’était qu’un petit groupe de passage (à l’âge adulte, au rock indé, aux chemises quand même plus classes). Ce n’est ni critiquable ni honteux : c’est juste dans l’ordre des choses, et c’est très bien ainsi. On en a même la nostalgie ; et parfois (mais pas trop) c’est nécessaire. Maintenant : aller de l’avant.

Pedro The Lion

Achilles heel

Écrit par
Pedro The Lion, c’est avant tout David Bazan. Un chanteur/multi-instumentiste/compositeur qui accorde une énorme importance à la qualité de ses lyrics. Des lyrics idéalistes, parfois auto parodiques, le plus souvent sujets à controverse et à polémique, qu’il chante d’un timbre falsetto assez curieux, à la croisée des chemins de Dick Annegarn, d’Elvis Costello et de Chris Martin (Coldplay). Des lyrics qui servent de tableau sonore à de véritables concepts albums. « Achille heel » constitue son quatrième opus. Un disque pour lequel il a reçu le concours de TW Walsh, de Casey Foubert (Seldom), amis de longue date ; ainsi que de James McAlister (Ester Drang). Il peint rarement des toiles idylliques, n’hésitant pas à dénoncer les aspects les plus malsains des relations humaines ou de vilipender la politique sociale aux States. Sur ce nouvel opus, il confesse ses doutes et ses convictions sur sa foi catholique, à travers des chansons qui traitent ici de rupture, de frustration, de déception et de mécontentement. Musicalement, Pedro The Lion pratique une forme de pop/rock/folk contagieux, hymnique, torturé, qui doit autant à Sebadoh qu’à Billy Bragg. « Keep swinging » s’enfonce même dans l’intensité crazyhorsienne, brumeuse, du « Rust never sleeps » de Neil Young. Et si l’excellent « Bands with managers » est bercé de guitares tintinnabulantes, « Start without me » épouse une forme plus allègre, réminiscente de Centro-Matic. Malheureusement, le reste éprouve les pires difficultés à s’extraire d’une uniformité certaine, s’embourbant même dans une certaine torpeur sur le trop sombre « The poison »…

People On Holiday

Canary wharf gherkins

Écrit par
Imaginez un peu ce qu’il serait advenu de Talking Heads, si au lieu d’être conseillé par Brian Eno, David Byrne avait reçu le concours de Captain Beefheart. Alors, vous aurez une petite idée du style pratiqué par ce trio issu de la région de Bordeaux. D’Eysines, très exactement. Même la voix d’Eric possède le timbre et les inflexions de David. Découpé en 6 fragments, « Canary wharf gherkins » constitue le deuxième Ep de P.O.H. Après un « Stupid flash » dont le funk aride doit autant aux Têtes Parlantes qu’à Orange Juice et un « No vodka upon the tower », plus Velvet que nature, on entre dans un univers sonore complètement déstructuré, parfois passéiste, décalé, dont l’aspect mélodique n’est pourtant jamais négligé. Hormis le bref interlude instrumental qui achève la plaque, ces trois autres plages sont incontestablement hantées par l’esprit torturé de Don Van Vliet, mais surtout rivalisent de créativité. Néo underground !

Pinetop Perkins

Ladies man

Écrit par
Nonobstant ses 91 balais, Joe Willie "Pinetop" Perkins a toujours bon pied bon œil (NDR : et bonne oreille !). Né en juillet 1913, à Belzoni (NDR : dans le Mississippi), ce vétéran est probablement un des bluesmen les plus âgés qui soit encore capable de se défendre sur la scène musicale. Pas pour rien qu’il continue d’enregistrer des disques et de se produire sur les planches. Guitariste à ses débuts, il a dû se résoudre à s’asseoir derrière le piano, suite à une mauvaise blessure. A cette époque, il vivait à Helena. En 1943, il travaille en compagnie du guitariste Robert Nighthawk et de Sonny Boy Williamson. Dans les années 50, il côtoie Earl Hooker. Il faudra cependant attendre 1969 pour connaître son heure de gloire. En fait, il succède alors au regretté Otis Spann au sein du Muddy Waters Band. Plus tard encore, il sévira chez le Legendary Blues Band. Depuis, il s’est multiplié pour collaborer à la confection d’une multitude d’elpees. Surtout comme musicien de studio. Après avoir signé pour le label MC en 2003, il participe aux "Memphis Barbecue sessions" en compagnie de Big Jack Johnson et de Kim Wilson.
 
"Ladies man" constitue donc son premier opus solo commis pour l’écurie MC. « Ladies man » est un hommage aux dames. Et en particulier aux blueswomen qui apprécient le vieux pianiste ou le reconnaissent pour influence. Le "Meanest women" de Muddy Waters ouvre le disque. Une compo féline qui met en exergue le talent de la chanteuse guitariste Deborah Coleman. Face à sa section rythmique de prédilection, au sein de laquelle on retrouve des vieux loups tels que le bassiste Bob Stroger et le drummer Willie "Big Eyes" Smith, Pinetop s'y montre souverain. Susan Tedeshi chante de sa douce voix au timbre fausset le "Since I lost my baby" d'Ivory Joe Hunter. Une interprétation bien sentie, au parfum cabaret, soulignée par le sax feutré de Jerry Vivino. "He's got me goin" libère énormément de swing. Madeleine Peyroux y chante d'une voix délicate, proche de Billie Holiday en s’accompagnant d’une guitare jouée avec finesse et doigté. Une excellente surprise ! Long Chicago slow blues, "Chains of love" est chanté par la remarquable Ruth Brown. Une plage empreinte de force et de passion, qu’elle shoute avec une facilité déconcertante. Deborah Coleman et Jimmy Vivino s’y partagent les cordes. Interprété par Miss Odetta, une autre vocaliste noire douée d’un timbre grave et puissant, le "Trouble in mind" de Big Bill Broonzy est un autre blues lent digne d’intérêt. Au cours des sessions d’enregistrement, Pinetop a été victime d’un accident de circulation. En fait, sa voiture a percuté un train. Sérieusement blessé et incapable de jouer du piano, il est quand même revenu terminer son travail. Il chante ainsi "Big Fat Mama" et "Kansas City", deux fragments qu'il assurait si souvent jadis, lorsqu’il épaulait Muddy Waters. Pour la circonstance, il a reçu le concours de deux charmantes musiciennes blanches : la pianiste Lisa Otey (NDR : particulièrement douée, elle vit en Arizona) et la guitariste Carmen Getit (NDR : sa six cordes sévit aujourd’hui chez Steve Lucky and the Rhumba Bums). Leurs exercices de style jump accordés à "Big Fat Mama" sont tout bonnement remarquables. Pinetop chante "How long" de Leroy Carr. Un blues lent auquel Lisa et Carmen participent encore ; mais également Elvin Bishop aux guitares. Il n’existe pas d’album de Mr Perkins sans boogie woogie. Le "Pinetop's new boogie woogie" confirme donc la règle. Pour la circonstance, on à droit à un duel entre Pinetop et la longiligne louisianaise Marcia Ball. Instrumental allègre, "Careless love" propose un duo de pianistes, échangé entre Pinetop et Ann Rabson. Et en finale, on retrouve les mêmes musiciens pour l’interprétation de "Chicken Shack". L’œuvre recèle, en outre, un hommage au vieux maître : "Hey Mr Pinetop Perkins". Il n’y participe pas. Un morceau écrit par la texane Angela Strehli qu'elle chante en compagnie de Lisa et de Carmen. Agréable, mais loin d’être renversant, cet elpee recèle heureusement quelques bonnes surprises.

Dolly Parton

Live and Well (Dvd)

2004 aura été l’année de tous les revivals : après le garage, la no-wave, le post-punk, le folk psychédélique et l’électro acid… la country de vieilles rombières resculptées au Botox. Il y a eu Loretta Lynn et son excellent album « Van Lear Rose » (produit par Jack White), Nancy Sinatra et son excellent album éponyme (composé par Calexico, U2, Thurston Moore, Jarvis Cocker ou encore Morrissey), sans parler de la cover de « Jolene » par les White Stripes (encore eux), enfin disponible en maxi… « Jolene », justement, est une des pépites de ce DVD, un live enregistré par Dolly Parton il y a deux ans au Celebrity Theater de Dollywood. Oui, tout se tient, et grâce à des types comme Jack White les jeunes d’aujourd’hui peuvent enfin redécouvrir les joyaux country d’antan, et se rendre compte en visionnant ce DVD que la Parton n’est pas qu’une grosse paire de loches digne d’un film de Russ Meyer (NDR : paix à son âme). On retrouve ici tous les classiques de la belle, dont en final le slow qui tue, « I Will Always Love You », trucidé il y a quelques années par l’infâme baudruche Whitney Houston. Evidemment, devant un parterre de vieux réacs déguisés en cow-boys, la pilule s’avère parfois indigeste, d’autant que le groupe qui accompagne Dolly Parton (The Blueniques : ça ne s’invente pas) ne fait pas dans le dentelle question guimauve instrumentale. Il n’empêche que voir et entendre Miss Bibendum chanter « Stairway to Heaven » et « After the Gold Rush » dans une robe perlée couleur Vahiné (« C’est gonflé ! » ©), donne envie de bramer comme un cerf en pleine forêt des Appalaches. Trop forte, la Parton, dans tous les sens du terme.

Bill Perry

Raw deal

Écrit par
Bill Perry nous vient de l'état de New York. De Rochester très exactement. Son premier album, "Love scars", est paru en 96. Réédité par Pointblank (Virgin), ce disque a alors bénéficié d’une campagne de promotion. Dans la foulée il a commis "Greycourt lightning" en 1998 (NDR : toujours chez Pointblank), "High Octane" (NDR : pour Car Wash) en 99 (NDR : une prise ‘live’ immortalisée au célèbre club new-yorkais Manny's Car Wash), et puis plus récemment "Fire it up" en 2001 ainsi que "Crazy kind of life" en 2002. Deux elpees qui relèvent déjà de Blind Pig.
 
Bill est un musicien très électrique. Le son de ses compos est toujours largement amplifié. Il possède une voix grave, très chaude. Il ouvre l’opus par son "Bluesman". Le son est bien gras. Constituée de John Redden à la guitare rythmique, de Tim Tindall à la basse et de Rob Curtis aux drums, la section rythmique talonne son leader. Sa voix puissante mais ravagée me fait souvent penser à celle de Billy Gibbons du ZZ Top. Boogie plombé, "Big ass green man" évolue dans un registre proche du trio texan. Et en particulier le solo que Bill emprunte largement à Gibbons. Perry ne fait pas dans la dentelle. Toujours aussi pesant, "Harlem child" agresse par ses changements de rythme. Bill chante de son timbre proche et chaleureux "Live on", dans un style très Memphis Stax R&B. L'orgue Hammond de Dave Keyes (NDR : un claviériste notoire issu de New York) n’y est sans doute pas pour rien. Le solo sur les cordes est mesuré mais efficace. A la guitare, Perry est capable de se révéler bien plus aventureux ; mais alors il évolue dans un univers rock, bien loin des racines du blues. Et je pense tout particulièrement à "Another man" ou encore à l’excellente composition "Terrorists", théâtre d'une sortie sans faille. Cet adepte du jeu dur interprète sobrement "Going down to Memphis", un fragment inspiré par le blues du Delta. En cours de route, il est rejoint par un autre guitariste : Popa Chubby. Ce personnage qui jouit d’une énorme réputation à New York, s’est également chargé de la production de l’elpee. Dave Keyes revient siéger derrière l'orgue Hammond pour la cover du "Til the money runs out" de Tom Waits. Il apporte à cette reprise une légère touche empruntée à Santana. Probablement la meilleure plage de la plaque ! Popa revient pour attaquer son "Paper dragons", histoire d'affronter Bill dans un duel de cordes. Mais le résultat n’a guère de relief. Bonne composition, "Man on the side" est derechef taillée dans le rock. L'album s’achève par une version du "Gotta serve somebody" de Bob Dylan. Imprimée sur un tempo paresseux et soutenue par les choeurs de Popa Chubby et de son égérie Galea, cette chanson colle bien à la voix de Perry.

Britta Phillips & Dean Wareham

L´Avventura

Écrit par
Ex chanteur/guitariste du défunt et légendaire Galaxie 500, Dean Wareham drive Luna depuis 1992. Une formation en compagnie de laquelle il a déjà commis quelques elpees tout bonnement remarquables. Chanteuse et muli-instrumentiste, Britta Phillips a rejoint Luna en 2000, pour y jouer de la basse. Dans les années 80 elle assumait les parties vocales de Jem pour le dessin animé Jem et les Hologrammes. Par la suite, elle a sévi au sein de différents groupes aussi méconnus les uns que les autres, y compris Belltower, la formation de son ex époux Jody Porter, mieux connu aujourd’hui comme guitariste chez Fountains of Wayne. Britta possède une très belle voix, claire, douce, dont le timbre pourrait incarner un hybride entre Hope Sadonval et de Geike Arnaert (Hooverphonic). Et le duo qu’elle échange avec le baryton de Dean me rappelle quelque part Nancy Sinatra et Lee Hazlewood. Aussi bien pour les compositions originales que lors des quelques covers consacrées aux Doors (« Indian Summer »), à Madonna (« I deserve it »), à Opal (« Hear the wind blow »), à Buffy Ste Marie (Moonshot) ou encore à Angel Corpus Christi (« Threw it away »). Pour la circonstance, le duo a reçu le concours d’un quatuor à cordes, The Scorchio Quartet, ainsi que du célébrissime Tony Visconti (Bowie, T Rex), à la production. Toute une ‘Avventura’…

Phoenix

Alphabetical

« United », il y a quatre ans, contenait son lot de tubes certifiés ‘gold’ (« Too Young », « If I Ever Feel Better »), et prouvait que la pop made in France n’avait pas à rougir face à sa voisine outre-Manche. Tout au long de ce nouvel album moins percutant mais toujours aussi précieux, le quatuor de Versailles continue à piocher dans les seventies (10cc en tête), opérant, surprise, d’étonnants détours du côté du hip hop (« Victim of the Crime », dont l’intro semble avoir été copiée sur le « Still D.R.E. » de Dr. Dre) et de la soul tendance Prince (l’excellent « I’m an Actor » et ses chœurs aigus qui suintent la femelle en rut). Mais le plus surprenant procède de cette effarante facilité qu’ont les Français à mélanger toutes ces influences, sans diluer leurs forces dans d’éventuelles fanfaronnades démonstratives. Phoenix reste ce groupe qui parvient sans peine à aligner plusieurs chansons aux mélodies imparables (« Everything is Everything », « Run Run Run »,…), avec l’air détaché (snob ?) de ceux pour qui ça vient tout seul. Mais comment font-ils ? Impossible à dire, mais reste que cet album est une sacrée réussite. Certes on n’y retrouve plus cette candeur post-eighties qui faisait le charme juvénile de « United » (Phoenix a mûri), mais « Alphabetical » reste un disque qu’il est bon de chérir, et qu’on emportera avec nous en vacances pour draguer la gent locale.

The pi Project

After the Atom

Écrit par
Ancré à un concept fumeux (NDR : je vous invite à aller jeter un coup d’œil sur leur site www.thepiproject.com ) qui tourne autour du chiffre Pi, ce projet belge est mené par les mystérieux Arthus Mc Bride et Dave Stanford. Ils sortent ce 2-titres en éclaireur d’un album à paraître en octobre 2004. On a droit à deux morceaux de rock plombé, à la limite du « gothique » (Bauhaus), teinté de discrètes touches d’électronique. Un produit bien foutu, deux chansons solides à défaut d’être originales ; mais on attendra l’album pour pouvoir en dire un peu plus.

Rod Piazza

Keepin´ it real

Écrit par
Rod Piazza est un des musiciens blancs les plus actifs sur le circuit du blues. Comme harmoniciste, bien sûr. Un statut qu’il partage avec Charlie Musselwhite, puisque Paul Butterfield ainsi qu'Alan Wilson et Bob Hite de Canned Heat ne sont plus aujourd’hui de ce monde. Ses premières apparitions remontent au cœur des années 60. Il milite alors chez le Dirty Blues Band et Bacon Fat, en compagnie de son idole et maître, Mr Georges Smith. Fin des années 70, il sévit au sein du Chicago Flying Saucer Band, juste avant de diriger les Mighty Flyers, dont le premier elpee, "Radioactive material", paraît en 1981. Depuis, il a commis plus de dix albums sous l'étiquette des Mighty Flyers ou sous son propre nom, disques parus tour à tour sur les labels Right Hemisphere, Murray Brothers, Black Top, Big Mo et Tone Cool.
 
Les Mighty Flyers constituent une école de musiciens de très haut niveau. Notamment à cause des guitaristes qui se sont succédés : Junion Watson, Alex Schultz et Rick Holmstrom ! Excusez du peu ! Pourtant, la pierre angulaire des Flyers repose sur le couple Rod Piazza et son épouse Honey Alexander ; une version moderne de Little Walter et Otis Spann! Ils se sont rencontrés en 1973. Par affinités musicales. Puis se sont mariés. En 1977. Alors qu'ils avaient déjà monté les Mighty Flyers. Pour enregistrer ce nouvel opus, le duo a reçu le concours du bassiste Bill Stuve, un ami fidèle dont la présence remonte aux débuts du groupe, du guitariste Henry Carvajal et du batteur Paul Fasulo. Si Piazza est un compositeur assez prolixe, cet elpee épingle toute une série de reprises, dont certains canons du blues.
 
L'album s'ouvre par le funky "Big Blues party". Une plage peu excitante à mon goût, même si elle présente successivement les différents acteurs! La suite aligne les covers annoncées. Les versions très classiques du "Good morning little schoolgirl" de Sonny Boy Williamson I et "Baby please don't go" de Muddy Waters permettent à Rod et Honey de se libérer. "Baby please don't go" emprunte les formes d'un shuffle bien vigoureux. "Just like a woman" renoue avec le style jump californien. Pour la circonstance, Carjaval prend enfin son envol. Une intervention de qualité, il faut le préciser ! Les musiciens prennent leur pied en jouant ensemble, et cela s'entend : piano, cordes et harmonica sont d’ailleurs à l'unisson. Le Bo Diddley beat contamine "Pretty Thing", une compo signée Willie Dixon, mais bien issue du répertoire de Diddley. Toute la machine est au service du rythme. Rod et Honey chantent ensemble l'entraînant "Tick tock". Carvajal est à la parade. Le nouveau gratteur n'a pas à rougir face à ses illustres prédécesseurs. Intoxiqué jusqu’à la mœlle par sa musique, Rod entame son "Moving in a west coast way" comme un exercice de style. Honey en profite pour éclater dans un son très barrelhouse. Probablement le sommet de cet album ! Honey chante un "Ain't nothing happening" relax et tout en swing ! Instrumental classique, "West coast midnight blues" brille par son interprétation. Les trois dernières plages de cet opus ne sont pas neuves. Version caractérisée par une aventure de près de 10' imaginée par Miss Alexander, "Buzzin" figurait déjà sur "Blues in the dark". En 1991. Et "That's what she hollered" et "Devil's foot" sur "Greasy kid stuff", un opus signé Kid Ramos, en 2001. A l'instrument chromatique, Henry et Rod brillent de mille feux sur "Ain't nothing shakin". Du pur Flyers ! Et personne ne peut arrêter Piazza, lorsqu’il est lancé de cette manière. Midnight Flyers vient encore de commettre un album de toute bonne facture. Et la formation envisage de nous livrer un DVD ‘live’. Lors d’une prestation qu’ils accorderont le 22 mars prochain au Sierra Nevada Brewing Co de Chico, en Californie. Pour un concert qui accueillera également à l’affiche, le Tommy Castro Band.  

Picastro

Red Your Blues

Déjà, la pochette est jolie : un morceau de papier crépon sur lequel est imprimé un carré doré, comme une feuille d’or. Une petite œuvre d’art, qui augure du meilleur : la musique de Picastro doit être belle et lumineuse, sophistiquée sans être tape-à-l’œil. Sans doute du post-rock délicat, du néo-classique plein de grâce, du folk rêveur. Play, et là, bonheur : c’est un peu tout cela à la fois. Une guitare acoustique, un violon, une batterie feutrée, puis cette voix féminine, douce, voilée, caressante. De cet entrelacs d’instruments joués au ralenti, on retient la douceur, l’apesanteur. Comme chez Rachel’s, Piano Magic, Silver Mount Zion, Boxhead Ensemble, Picastro cultive l’art du beau et de la lenteur. Cioran, Kundera, Picastro, même combat. Eloge de la torpeur. Magnificence de l’éther. Evaporés les soucis, le temps d’une écoute religieuse et sereine. Le monde de Picastro nous sauve. On s’évade, même si la vie, elle, continue.

Pineapple Thief

Variations on a Dream

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Troisième opus pour le groupe emmené par Bruce Soord et son frère. Et le constat est immédiat: il n'a rien perdu de son incroyable facilité à pondre de superbes mélodies immédiatement attachantes. 'We subside', plage d'ouverture, n'est que la première d'une longue série d'authentiques perles pop-prog. Tout en finesse, nuance et sensibilité, cette compo s’achève en beauté. Aucune surenchère, aucun artifice, juste des mélodies en béton et une production transparente et attentive aux plus petits détails. La guitare sèche domine toujours le propos, mais invite à sa suite mille et une sonorités, les unes synthétiques, les autres traditionnelles, à l’instar de ce subtil hautbois qui scande discrètement la rythmique de 'We subside'. Une foule de petits détails décorent ainsi le paysage sonore esquissé par les cordes classiques et les claviers, balisé par une rythmique souvent discrète mais efficace et s'ébrouant à bon escient, tandis que la guitare électrique, plutôt rare, se réserve quelques soli bien enlevés. Par rapport à '137', son prédécesseur, cet elpee est globalement plus grave et mélancolique. Par exemple le chant, perdant son beau naturel, se fait plus systématiquement plaintif ; et cette stéréotypie peut lasser à la longue. Mais c'est bien le seul reproche que l'on puisse formuler. On ne pense plus que rarement à Oasis ('Part Zero'). Par contre, tout en préservant son identité, Pineapple Thief évoque bien plus souvent Porcupine Tree. En conclusion, un très bel album, plein de délicatesse et au haut pouvoir de séduction. Espérons qu'il sortira le groupe de son quasi- anonymat.

Pink Martini

Hang On Little Tomato

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Après avoir touché le jackpot en vendant 650 000 exemplaires de leur premier elpee (« Je ne veux pas travailler »), le mini orchestre de Portland nous revient plus rétro que jamais. Il reste fidèle à sa formule multilingue (du français au japonais en passant par l’italien) qui brasse allègrement les styles classique, jazz, cubain et pop sixties ; le tout au sein d’une ambiance très ‘cocktail’ teintée parfois d’une certaine mélancolie. Certes, il n’y a pas ici de morceau qui se démarque particulièrement d’un autre ; et ceux qui y cherchent une nouvelle version de « Je ne veux pas.. » peuvent d’ores et déjà passer leur chemin. D’un autre côté, cet opus constitue une fort sympathique collection de chansons richement arrangées qui s’écoute avec un plaisir certain, même si aucune mélodie (NDR : à l’exception peut-être du latino « Lilly ») ne reste présente à l’esprit. Mais ne boudez votre plaisir, si vous avez envie de vous relaxer, cette plaque est bien plus efficace qu’une boîte de Xanax.

Pink Mountaintops

Pink Mountaintops

Si du haut de sa montagne, le Canadien Stephen McBean voit le monde en rose, c’est sans doute parce qu’il a consommé des substances illicites : celles que les hippies gobaient à la fin des années soixante, en écoutant le Velvet Underground, Electric Prunes et les Byrds. Et sans doute qu’en même temps ils s’envoyaient en l’air, de manière plus terre à terre (ce sexe plein la bouche de McBean, de « Sweet ’69 », année érotique, au bien nommé « I (Fuck) Mountains »). Pour garder cet équilibre précaire entre folk psychédélique près des nuages (« Bad Boogie Ballin’ », « Leslie ») et rock garage pied au plancher (« Can You Do That Dance ? », « Sweet ’69 »), McBean et ses sbires tendent les bras afin d’éviter la pelle. Le plus étonnant, c’est qu’ils y parviennent, sans passer pour des clowns : en trente minutes, The Pink Mountaintops convoque ainsi les fantômes de Lou Reed et de Ian Curtis (« Atmosphere », cover hantée comme si le V.U. était né en 1980), et l’on reste bouche bée. La chute est donc évitée, et nos tympans lévitent : avec ce disque Stephen McBean vient d’accoucher… d’une montagne. Rose, comme les lapins qu’on croise étonnés dans nos rêves.