La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

logo_musiczine

Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26653 Items)

Styrofoam

Nothing´s Lost

Écrit par
Venu célébrer le 25ème anniversaire de l'Ancienne Belgique, Arne Van Petegem, l'âme de Styrofoam, a réuni une prodigieuse palette d'invités, le temps d'un concert accordé dans cette salle mythique de la capitale européenne. Les applaudissements aidant, ces collaborations initialement éphémères ont donné naissance à un rêve éveillé, un disque façonné de participations diverses. "Nothing's Lost" est cet album fortuit, le hasard discographique de l'histoire de Styrofoam en somme. Arne Van Petegem s'est ainsi entouré de Markus Acher (The Notwist), de Ben Gibbard (Death Cab For Cutie), de Valerie Trebeljarh (Lali Puna), de Bent Van Looy (Das Pop), d'Andrew Kenny (American Analog Set) ou encore d'Alias. A la première écoute, le disque distille un voile sonore soporifique. Pourtant, sous ces cotonneuses traverses expérimentales, "Nothing's Lost" laisse apparaître de formidables prouesses mélodiques dont "Misguided", "Anything" et "Couches In Alleys" demeurent les meilleurs témoignages. Styrofoam trouve un habile compromis entre le son des machines et celui des guitares acoustiques. "Make It Mine" achève l'album et prouve que le Royaume de Belgique abrite effectivement un orfèvre de l'électro-pop raffinée, miraculeuse. A l'image de Styrofoam, ‘l'union fait la force’…

Sun Kil Moon

Ghosts of the great highway

Écrit par
Alors qu’on attendait impatiemment un nouvel album de Red House Painters, Mark Kozelek nous revient, non pas en solo, mais avec un nouveau projet: Sun Kil Moon. Un projet pour lequel il a reçu le concours du drummer de RHP, Anthony Koutsos, celui d’American Music Club, Tim Mooney, ainsi que l’ex bassiste de Black Lab, Geoff Stanfield. Sans oublier le trio à cordes issu du Conservatoire de San Francisco.
 
Nonobstant sa fidélité au style introspectif, mélancolique, « Ghosts of the great highway » explore de nouveaux horizons sonores. Une œuvre impressionniste qui évoque tantôt la littérature de John Steinbeck, tantôt l’imagerie capturée par les aquarelles d’Edward Hopper. Mark s’essaie même au cubisme (NDR : la période bleue ?), à travers « Pancho Villa » et « Duk Koo Kim ». Deux titres déjà paru précédemment, mais sous des formes différentes. Epopée psyché rock de plus de 14’, « Duk Koo Kim » est sculptée dans un subtil mélange d’acoustique (guitares sèches et mandolines) et d’électricité. Elle constitue d’ailleurs l’âme de cet opus. Quant à « Pancho villa », il achève l’opus sur un ton plus optimiste. A l’instar de l’instrumental « Si, Paloma ». Fermez les yeux et vous vous imaginez déjà sur le littoral hellène, que darde le soleil de ses rayons brûlants… Un seul fragment hausse le tempo : « Lily and parrots », une plage imprimée sur un rythme post punk ; une formule inhabituelle dans le chef de Kozelek. Si l’intensité blanche, ‘crazyhorsienne’ se consume avec la langueur vivifiante, tout au long de l’excellent « Salvador Sanchez », j’ai surtout flashé sur le beau et douloureux « Carry me Ohio », une composition dont la mélodie bercée de guitares bringuebalantes, me rappelle House Of Love. Et le reste est loin de manquer d’allure. Aussi bien « Last tide », un track sculpté dans le heavy folk, enrobé d’arrangements de cordes, réminiscent du 3ème et indispensable elpee de Led Zeppelin. Et puis le tendre et paisible « Gentle moon », caractérisé par ses notes de xylophone scintillantes, ses percussions feutrées et le ténor fragile de Mark. Un must ! A déconseiller, cependant, à ceux qui souffrent du spleen…

Didier Super

Vaut Mieux en Rire que s´en Foutre

Un bar dans les corons. Près du zinc un type en T-shirt jaune échancré gueule, guitare pourrie en bandoulière, qu’il ‘en a marre des pauvres’. Ce type, c’est Didier Super. Il chante la pourriture, le verbe Prisunic. Il gueule, plutôt. Farandole : ‘On va tous crever mais on n’en a rien à foutre’. Didier, Pas de Calais, la Vie de Jésus en plus trash : parfois, y en a, ils veulent le taper. Parce qu’il parle, dans ses chansons ( ?), de trucs abominables, avec un dixième degré que le mec poli pourrait ne pas comprendre. Les vieux, les cons, les majorettes, les catholiques, les péteux, les blondes, les pédophiles, et certains jeunes ? Tous pareils : ‘y en a des bien, mais quand même y en a qui font chier’. C’est dit sans rimes, sans détours, sans déconner : c’est Didier Super, un drôle de zigue qui renvoie Sttellla, les Bérus et Jean-Luc Ténia à leurs textes de tapettes. Didier, super ? A condition d’aimer rire des cons et de la connerie ambiante (y en a plein) au lieu de s’en foutre. Et de ne pas prendre ça trop au sérieux : quand même, y a des limites. La musique ? Sic. Du synthé de supermarché, pour un peu faire passer la pilule. Ca nous fait marrer, mais Didier, lui, il est pas content. C’est un punk, un vrai. Il a même son fan-club… Normal : ça fait tellement du bien d’entendre un type qui crache sur tout le monde, sans prendre des pincettes. On n’ose pas se l’avouer, c’est sûr… Pourtant on ne l’écoute pas en cachette : c’est le genre de disques qui fait bien poiler les potes, en somme. Merci à toi Didier, pour ce disque super… Même si on l’a pas acheté : on l’a reçu de ta maison de disques… Faut pas déconner, hein, pas vrai Didier ? Tu sais, nous, les journaleux bénévoles, on est des pauvres. Ben ouais, vieux, y en a marre. Qu’est-ce qu’on est con, quand même.

Supergrass

Supergrass is 10. The best of 94-04

Écrit par
Pour fêter ses dix années d’existence, une compile vient d’être consacrée à la formation d’Oxford. 21 titres parmi lesquels figurent les inévitables « Caught by the fuzz », « Pumping on your stereo », « Alright », « Moving », « Richard III » ou encore « Sun hits the sky ». Bref, à première vue, rien qui devrait inciter les aficionados de Supergrass à se procurer absolument ce disque. Surtout s’ils possèdent déjà toute la discographie du groupe. Le seul hic procède de la présence de deux inédits : le funky « Kiss of life » et le bondissant « Bullet ». Deux fragments qu’on devrait retrouver sur le prochain maxi. Pour ces fameux aficionados, le choix sera vite fait. Maintenant, si vous connaissez mal la carrière musicale de ce fleuron de la britpop, et que vous avez toujours la nostalgie des Jam, Buzzcocks ou Undertones, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Superlux

Superlux (Ep)

Au premier abord, la musique de Superlux navigue dans les eaux troubles du trip-hop le plus conventionnel : celui du milieu des années 90, dont les meilleurs ambassadeurs furent Sneaker Pimps, Moloko (première cuvée) et… Hoover (avant la renaissance Hooverphonic). Ces nappes synthétiques, ces soupirs féminins lascifs, cette basse lancinante : « Miss Moon » semble dater d’hier, bref de cette époque où Massive Attack faisait encore de bons disques… Une époque qu’on regretterait presque, si le trip hop n’était pas devenu depuis de la muzak de bar à tapas, une soupe marquetée juste bonne à écouter en fond sonore (et encore…), sans tâches ni prises de risques (et de tête). Heureusement Superlux a bien appris la leçon, et tente avec bonne foi de ne pas tomber dans ce genre de travers : depuis lors il y a aussi eu l’elektroklash, d’où ce « Baby Boo » à la sauce eighties, entre Human League, Zoot Woman et New Order. Opportuniste, Superlux ? L’effet de mode, tout au plus. Et puis « Mister Fokker » vaut bien son lot de Marc Moulin, ce qui déjà vaut le détour... Alors quoi, Superlux ? Pas super, mais bien quand même. L’album sort le 15 mars (« Winchester Fanfare »). On y reviendra.

Superspy

The day the oldman met the sea

Écrit par
Pour son premier ep, il faut reconnaître que cette formation wallonne (NDR: issus de Marche en Famenne, Mouscron, Namur, etc., la plupart des membres se sont rencontrés à Bruxelles, dans le cadre de leurs études) a mis le paquet pour soigner la qualité technique de ses enregistrements. Et puis les harmonies vocales. Qu’on croirait presque empruntées aux Beach Boys ; quoique les inflexions du chanteur, Matt, lorgnent davantage vers Neil Tennant des Pet Shop Boys. Hyper sophistiqués, les 5 titres de ce disque ne manquent cependant pas de sens mélodique. Légèrement cuivrés, ils évoquent même parfois Beulah, alors que sous une forme plus soul, ils épousent un profil davantage inspiré par Beck, voire Scritti Politti (« Girls are great people to have sex with »). J’ai moins accroché à « Sunday ». Le piano et le vocal en reverb sont ici un peu trop pompés chez Elton John. Et comme je n’apprécie guère Reginald Dwight… Bref, lorsque Superspy aura digéré toutes ses influences, le rock wallon pourra à nouveau compter un nouveau fleuron…

Swamptones

Swamp Fiesta!

Écrit par
Originaires de Cologne, en Allemagne, les Swamptones se sont formés en 1998. Une formation qui pratique de la "Louisiana Party Music" ; c'est-à-dire un mélange de zydeco, de New Orleans R&B, de swamp pop et de rock'n'roll. Ils avouent d’ailleurs pour influences majeures, Chubby Carrier, Buckwheat Zydeco, Dr John, Professor Longhair et même Hank Williams. Ce combo possède la particularité de compter quatre chanteurs, mais surtout cinq musiciens capables de se partager la bagatelle de onze instruments : Heiner Koop au lead vocal, à l’accordéon et au piano, Guido Lehmann au chant, à la guitare et au rubboard, Thomas Feldman aux saxophones et à l’harmonica, Chris Keul au rubboard, Jürgen Orzelski à la basse et Stefan Lammert aux drums.
 
L'album nous entraîne immédiatement au coeur de la Louisiane. Au pays des swamps marécageux. A l’instar du zydeco "58 pink Cadillac", une compo signée Lynn August qui nous entraîne immédiatement sur une route balisée par l'accordéon de Heiner et le sax ténor de Feldman crachant ses premières notes. Tout en s’attardant dans l’univers du zydeco, le tempo s'élève pour "She's fine", une plage au cours de laquelle les deux mêmes instruments sont à la fête! Guido, le guitariste, vient chanter son "Feeling fine" ; un blues qui galope sur le rythme du chemin de fer. Thomas a troqué son sax pour un harmonica. Jouée en pickin’, la guitare lorgne du côté de la country. Boogie de classe, "Who stole the hot sauce?" (NDR : question essentielle au pays du zydeco et du tabasco) bénéficie du concours de Jumpin' Johnny Sansone à l’harmonica. Il ponctue son intervention de courtes phrases avant de s’autoriser un excellent solo dans les aigus, face à l'accordéon. Quel plaisir de retrouver la voix de Johnny sur le savoureux "One thing". Une voix faite pour chanter le blues. Elle brille sur ce slow blues des marais. Heiner interprète le doux rocker "Save the last dance for me", un fragment issu de la plume de Doc Pomus et de Mort Shuman. Le refrain est repris en cœur par les 4 chanteurs face à l'accordéon qui manifeste sa bonne humeur. Tout en adressant un clin d’œil à Dr John, "Back in New Orleans" épouse le rythme et l'ambiance de fête inhérente à la Nouvelle Orléans. Jumpin' Johnny y est chez lui. Il ne tient plus en place et chante deux de ses compositions : "She said, you said, I said" et "Lost in the bayou". Sa voix est remarquable. Son jeu à l'harmonica est à la hauteur. La section rythmique est excellente ; et en particulier Stefan Lammert aux percussions. Les Swamptones adaptent une autre composition de Lynn August, l’enlevé "Why you wanna hurt a good man". Lehmann revient chanter de son timbre de fausset, proche de Dr John, "I saw Marie Laveaux". Un morceau au cours duquel Heiner Koop joue du piano très New Orleans. Et cet excellent opus s’achève par une nouvelle plage très rythmée, intitulée "Whiskey and wild women".

Bettye Swann

Bettye Swann

Après avoir exhumé les enregistrements de Candi Staton, le label de Damon Albarn s’attaque à la discographie d’une autre diva soul injustement tombée dans l’oubli, l’immense Bettye Swann, qui entre 1968 et 1970 enregistra deux albums à vous déchirer le cœur (" The Soul View Now " et " Don’t You Ever Get Tired Of Hurting Me "). Qu’elle reprenne, dans une veine country soul, les standards de Merle Haggard (" Just Because You Can’t Be Mine ", " Today I Started Loving You Again ") et de Tammy Wynette (" Stand By Your Man "), ou bien Aaron Neville, Tony Joe White et Cochran, la Black Bettye parvient sans peine à nous tirer des larmes. Ces 22 titres ici compilés, incarnent la classe absolue, du stupre façon Motown, un appel aux papouilles. Pour comprendre comment parler aux femmes, il est urgent d’écouter Bettye Swann, son naturel confondant, sa voix sensuelle, d’une pureté hallucinante. Et quand elle chante " Tell me I’m nice, even when I’m not " (première leçon : " Little Things Mean A Lot "), on a envie de lui susurrer à l’oreille qu’elle n’a pas de souci à se faire : à nos yeux (et nos tympans) elle restera toujours la plus belle.

Sweek

The Shooting Star´s Sigh

Sweek, combo post-rock ardennais dans la lignée d’un GY!BE ou d’un Migala, avait fait la différence au dernier festival de Dour (cfr « reviews ») : la puissance de frappe de ses montées de sève électriques, la douceur traître de ses moments d’accalmie salvateurs… Cette saine folie destructrice soufflait un vent frais dans la fournaise de la plaine hennuyère : un grand groupe était né, et l’espoir d’un post-rock à la belge enfin concrétisé. « The sun is in my head », murmure une voix paisible en début de « Summer Trip », le morceau d’ouverture de cet album tout feu tout flammes. Et jusqu’au bout de ce trip sensoriel, on brûle de plaisir à l’écoute de ces décharges épileptiques, qui convoquent la fureur du rock le plus âpre aux éclaircies d’un folk carbonisé par le soleil. A six, les musiciens de Sweek (guitares, violon, batterie) ravivent le brasier d’un post-rock rongé par le doute, qui s’autoparodie au lieu d’abattre la tour d’ivoire dans laquelle il s’est lui-même enfermé. Epique et cathartique, la musique de Sweek joue aux montagnes russes sans jamais provoquer la nausée. Qu’elle se fasse violence, qu’elle s’amuse des clichés qui collent au genre ou qu’elle piétine ses cendres encore chaudes, on reste béat devant tant de talent. Sweek, c’est du costaud, et c’est bien de chez nous. Face à ce vrai tour de force, difficile de ne pas succomber.

Jesse Sykes

Oh, My Girl

Oh, Jesse, tu es belle comme un cœur, et tu chantes comme une déesse. Tes cordes vocales caressent nos tympans comme une brise estivale, malgré la gravité de leurs douces vibrations. Les musiciens qui t’accompagnent osent à peine déranger ce souffle apaisant de leurs pedal steel ou de leur batterie feutrée. Un souffle qui nous anime, tout au plus, d’une reposante quiétude : on se love dans tes bras, Jesse, bercés par tes rythmes qui se languissent, par tes mots que nos oreilles absorbent. On aimerait te faire l’amour en écoutant « Harvest » de Neil Young… Mais non, tu n’es qu’un mirage, une étoile insaisissable, dans un firmament où brillent d’autres déesses scintillantes (Harris, Orton, Bunyan, Charles, Sandoval,…). Oh, Jesse, que fais-tu ? Où es-tu ? Ta musique nous atrophie, parce qu’on t’imagine si belle et délicate, mais intouchable. Tu n’es qu’un rêve. Une voix suspendue dans l’Ether. Un fantasme.

Robin Sylar

Tricked out

Écrit par
Robin Sylar est un guitariste texan. Naguère, il a joué en compagnie de Stevie Ray Vaughan (NDR : chez le groupe Krackerjack) et Doyle Bramhall. Il aurait même transité par Canned Heat durant une année, à la fin des 70’s. Je lui connaissais le précédent elpee, "Bust out". Robin touche un peu à tout et il est sans doute plus rocker que bluesman.
 
Comme tout bon Texan, il débute par un hymne rock local. Une compo signée par le légendaire Rocky Erickson : le "You're gonna miss me" des 13th Floor Elevators. Une excellente version qui reproduit fort bien le son écorché et psyché de l'époque. Il continue sur sa lancée par "Shaking all over", une composition popularisée par Johnny Kidd. La guitare y est toujours aussi déjantée. Tapissée de percussions exotiques, son adaptation du célèbre "Iko Iko" est brillante. Et la prise de voix assez particulière réverbère une bonne dose d'écho. Roots rock très allumé, "Hollywood millionnaire" épouse une démarche assez folle, mais ce morceau tient la route ; et manifestement, il prend son pied en jouant de la guitare. En chantant le paisible "Heart of Stone" des Rolling Stones, il parvient encore à faire une fête aux cordes. Robin est aussi capable de jouer le blues avec beaucoup d'aisance. A l’instar du "Pretty girls" de Little Walter, dont il réalise une interprétation très personnelle et bien ficelée. Il excelle sur le "Back to Iuka" de Don Nix. Soutenue par les puissantes percussions de Kevin Schermerhorn, sa guitare ne se repose jamais ; elle menace, rugit, accroche... Son attaque du "Can't judge a book" de Willie Dixon est très personnelle. Le son est primaire et pourri. Une plage qui collerait parfaitement à la programmation de ‘Doctor Boogie » sur Classic 21. L'ami Johnny Mack chante "Sugar Bee", tandis que Robin souffle dans l'harmonica et James Hinkle (NDR : un autre pote) joue de la guitare. Et pourquoi rester en si bon chemin ? Alors que la fête continue ! Que ce soit à travers "Hand Jive" de Johnny Otis ou encore "Wine spo-dee-Odee". Robin Sylar n'est sans doute pas un bon chanteur, mais qu'est-ce qu'il peut arracher de sa guitare ! L’opus recèle, en outre, trois plages instrumentales, parmi lesquelles "Misiriou" et la finale "Pipeline" sont tout à fait dignes de la meilleure surf music. Sans prétention, cet elpee est avant tout agréable à écouter. Il est le fruit du travail d’un artiste qui aime ce qu'il fait et qui doit certainement dynamiter la scène.

Santa Cruz

Welcome to the Red Barn

Des slides aériens, un harmonica, une voix feutrée, et ce nom, Santa Cruz, en guise d’invitation au voyage : c’est l’Amérique de Dylan, de David Eugene Edwards et de Johnny Dowd qui semble être ici au programme… Et pourtant, les sept mercenaires de ce trip americana n’ont de yankee que leurs rêves mis en musique : Santa Cruz nous vient de… Bretagne. Une fois la surprise consommée, il faut donc se rendre à l’évidence : il n’y a pas qu’à Nashville qu’on sait jouer du bon country-rock. Après Murat et Herman Dune, Santa Cruz : la France a désormais sa place sur la cartographie country, dont les points cardinaux seraient Lambchop, Howe Gelb et Will Oldham. Le seul hic, c’est qu’il n’y a justement rien d’autre à dire : les sept musiciens de Santa Cruz connaissent bien leurs leçons, et les appliquent avec le talent de leurs maîtres. Le genre d’élèves modèles qu’on aime un peu chambrer en classe, parce qu’ils ont toujours de bonnes notes… Même si dans notre for intérieur, on aimerait bien être à leur place. Et eux loin d’ici, quelque part en Amérique, sur une route poussiéreuse d’Oklahoma City à faire de l’auto-stop la guitare en bandoulière. Bienvenue à Santa Cruz, ses paysages à la « Paris Texas » et ses saloons enfumés, son soleil qui tape et ses cow-boys d’un autre âge.

Mongo Santamaria

Mucho Mongo (Best of Fania)

Écrit par
Décédé en 2003, ce Cubain était une légende du jazz américain. Congas et bongos n’avaient pas de secret pour lui et il avait exercé ses talents chez les plus grands : Tito Puente, Perez Prado ou encore Cal Tjader. John Coltrane avait repris son « Afro-Blue » et Mongo a même obtenu un hit pop en 1963 avec « Watermelon Man ». Vampisoul prend la salutaire initiative de rééditer quelques chansons de Mongo enregistrées dans les seventies pour le compte du label Fania. Une époque où le jazz s’était acoquiné avec le funk et le psychédélisme. Des genres musicaux largement présents dans ces morceaux qui ne négligent jamais leurs racines latines. Quelques grands noms participent aux sessions : citons par exemple le batteur Bernard Purdie, archi samplé par les hip-hoppers et par Beck sur « Odelay ». Parmi les 19 morceaux présentés ici, on retrouve évidemment les pures démonstrations instrumentales qui ont tendance à négliger le groove et la mélodie, mais aussi et surtout quelques pépites de funk latin. « Dr. Gasca », « Coyulde », « Happy as a fat rat in a cheese factory », « Funk Up », « Lady Marmalade », « Jelly Belly », « Umbalayeo » valent d’ailleurs assurément le détour. En bref, les amateurs de vieux funk devraient y trouver leur bonheur.

Sasha Sokol

Por un amor

Écrit par
Actrice, auteur de chansons et interprète, Sasha Sokol jouit d’une belle popularité en Espagne, où elle a commencé sa carrière, dès son enfance. Pour ce nouvel album, elle a décidé de remettre à l’honneur ces racines mexicaines en reprenant une poignée de traditionnels (dont le célèbre « La cucaracha ») issus du pays d’Amérique Centrale. Une plaque entièrement acoustique mais qui fait appel à des instruments peu usités chez les mexicains : des guitares flamenco, des violons tsiganes, contrebasse et violoncelle. Les arrangements ont été ciselés par le guitariste Toya Arechevala, tandis que la belle Sasha se limite à poser sa voix très latine (c’est-à-dire rauque et grave) sur ce tapis velouté. Vu l’importance des paroles, il est clair que cet opus plaira surtout aux hispanophones. Ceux qui ne pratiquent pas la langue de Cervantès, mais apprécient les atmosphères lascives, devraient trouver leur compte dans cette collection de ballades à la sexualité marquée et aux arrangements soignés.

Satellite City

Map & Guide

Écrit par
Nouveaux venus dans le petit parc d’attractions du rock belge, Satellite City échappera pour sa part à quelques douteux et ‘sacrés’ rapprochements. La petite bande d’Allan Muller, chanteur et parolier du groupe, s’épanouit en effet du côté néerlandophone de notre irréconciliable frontière linguistique. Satellite City évite ainsi le ‘sacre’ réservé aux Wallons de Girls In Hawaïï, Ghinzu ou encore Austin Lace tout au long de l’année écoulée. Pourtant, d’une entité régionale à une autre, il n’y a qu’un pas… Toujours est-il qu’en matière de production musicale, la Belgique démontre aujourd’hui un savoir-faire royal et bigarré. Preuve supplémentaire de cette dextérité éclectique, ce "Map & Guide", enregistré en plein cœur bruxellois sous l’étouffante chaleur d’une fin d’été. La saison de l’insouciance, des tongs et des bermudas a donc sensiblement inspiré notre quatuor. Mais force est de constater qu’il devait faire bien chaud cet après-midi là. Ce jour où Allan Muller délogea l’intégrale des Counting Crows de sa discothèque. A cet égard, un détour par la discographie de nos lacrymaux amis "ricains" nous révèle l’existence d’un deuxième album intitulé "Recovering The Satellites". Satellite City et les voix de ses influences demeurent impénétrables. Néanmoins, dans ce genre de situation, nous ne pouvons nous empêcher de penser que la vie reste un grand hasard… Bref, revenons à nos moutons (de Panurge ?). Satellite City signe ici un gentil compromis entre R.E.M et Van Morrison, mélange hybride duquel les titres "Do It ! " et "Always Wrong" sortent laborieusement de cet échantillon de pop alternative. Doué musicalement mais mélodieusement influencé, Satellite City ne demande qu’à s’affranchir de ses maîtres.

Nitin Sawhney

All Mixed Up

Écrit par
A l’instar de Depeche Mode, Nithin Sawhney s’amuse à compiler les quelques remixes que divers artistes lui ont concoctés. Evidemment l’homme a moins de tubes que la bande à Dave mais jouit quand même d’une solide réputation dans le monde de la world-fusion. Au programme, une douzaine de relectures qui, sans surprise, ratissent large dans tous les domaines plus ou moins porteurs de l’électro actuelle : lounge, brazil-électro, 2step, garage ou encore house. Du bon gros son classieux qui n’aura aucun problème à se caler dans les compiles des prochains mois et qui s’écoute sans problème... Certes, ce reliftage de morceaux qui n’étaient déjà pas tous merveilleux à l’origine, manque un peu d’âme. Vous connaissez l’adage : on peut peindre une merde en rose, elle continuera à sentir mauvais… Pourtant, le « quantic mix » sur le morceau « Falling » est tout simplement une tuerie : un gros beat sale, des bonnes voix, des cordes renversantes. Une vraie réussite qui survole de loin cet ensemble pas vraiment indigne mais pas formidable non plus. Pour fans transis uniquement.

William Schotte

Le Grand Biscornu

Écrit par
Cet habitant des Flandres Maritimes a du métier. Musicien actif depuis 25 ans, il a commencé par sévir au sein de quelques groupes (Moebius, Art Zoyd), avant de se lancer dans la composition théâtrale. C’est peut-être la raison pour laquelle il n’hésite pas à truffer ses chansons de bruitages et effets sonores étranges. Majoritairement acoustique, cet opus implique également des instruments qu’on entend rarement en chanson française : marimba, vibraphone, mandoline. Tout au long de cette collection de chansons aux mélodies inspirées, ils sont utilisés à bon escient. Hormis quelques chansons d’inspiration plus mélancolique (« La libellule et la cafard », « La valse à toto », « Désarroi »), le ton est plutôt à la bonne humeur. Ce « Grand Biscornu » tient en tout cas bien la route et vaut assurément le détour.

Alex Schultz

Think about it

Écrit par
Alex Schultz est un artiste jusqu’au bout des ongles. Un guitariste exceptionnel capable de s'attaquer à toute une panoplie de styles très divers, avec une facilité déconcertante. Alex a été le guitariste des Mighty Flyers pendant plusieurs années. Il a notamment participé à la confection de l'excellent album "Live at BB King's". Il a joué pour William Clarke, Tad Robinson, Lester Butler (NDR : chez Thirteen), Egidio Ingala et les Dirty Hands, et même en compagnie de Fred Lani... Il a pu réaliser son rêve : entrer en studio à deux reprises pour y enregistrer en compagnie de musiciens différents et surtout particulièrement talentueux. Des sessions qui ont donné naissance à cet elpee.
 
La première remonte à septembre 2001. Plage d’entrée, "Done got over it" donne le ton. Signée Guitar Slim, elle mêle blues, jazz et swing. Un véritable big band participe à la fête, dont une section rythmique de rêve constituée de Larry Taylor à basse et de Gio Rossi à la batterie. Alberto Marsico à l'orgue Hammond (NDR : autre Italien issu des Dirty Hands), le chanteur au timbre superbe Finis Tasby et l’excellent saxophoniste ténor Mando Dorame complètent le line up. Finis Tasby est noir. Il avait commis un tout bon album en 1998 : "Jump children!". Autre chanteur talentueux, Lynwood Slim prend le relais sur le "Be good, be gone" de Chuck Willis. Le tempo est assez vif. Du swing jazz tout à fait pur. Alex accorde une intervention impeccable, très vivifiante, devant l'énergique Marsico aux claviers. Lynwood Slim vient à peine de ranger son micro que la voix de Tad Robinson entre en scène. Son timbre tout en relief colore "Let's start again", un blues très swing, imprimé sur un rythme pondéré, caressé par quelques fines touches d'orgue Hammond. Alex y étale toute sa technique qui sort de l'ordinaire ; mais également son art et sa facilité à produire un solo que bien peu d'autres guitaristes seraient capables d’accorder. Lynwood Slim chante le très cool swing "I don't want your money, honey" ainsi que "No use knocking", dans un style proche de la Nouvelle Orléans. Parmi les grands moments de cet elpee, j’épinglerai Finis Tasby venu chanter le "Think" de Jimmy McCarcklin. Il interprète également "I love the woman", un grand slow blues au cours duquel sa voix se révèle curieusement aussi profonde que celle de BB King. C'est lors de ce blues que nous mesurons tout le talent de Schultz, proche lui aussi de BB King. Impressionnant! Tad Robinson se réserve encore "Act right". Son timbre s’y révèle tellement réminiscent du regretté Ray Charles, pendant que Marsico se montre impérial au B3. Et encore un de ces blues fin de soirée ! Son organe très vibrant est chargé d'émotion contenue, une impression de vague à l’âme persistant accentué par l'orgue Hammond. Alex Schultz a également conduit une session plus récente : en mai 2003. Elle a accouché de trois instrumentaux issus de sa plume. Trois fragments auxquels participent le bassiste Bill Stuve (NDR : son ex-acolyte des Mighty Flyers), le batteur Daniel Glass et le prodigieux pianiste, Carl Sonny Leyland. Blues particulièrement cool, "Big time" évolue sur un tempo très modéré. A contrario, "Lexington Express" opte pour un rythme bien plus enlevé. Alex dispense ses notes limpides et incroyablement légères, au coeur des cuivres du Royal Crown Revue. Et à l’écoute de "Rhumba & Orange" impossible de ne pas penser au style et au jeu Westside d'Otis Rush ainsi qu’à celui qui avait été un des ses élèves les plus doués, Peter Green. Cet elpee tout à fait intéressant s’achève par le sobre et dépouillé "Walkin' and talkin" de Finis Tasby. Une plage qui laisse, bien entendu, la part belle à la voix puissante de Finis.

Schwarz

Arty party

Écrit par
Schwarz est une formation espagnole (NDR : issue de Murcie, pour être plus précis) drivée par un certain Alfonso Alfonso. « Arty party » constitue apparemment leur deuxième opus. Un disque habillé par une jolie pochette dont le graphisme est inspiré de Picasso. Pas de castagnettes, cependant chez ce trio, mais une musique très contemporaine qui se nourrit au psychédélisme (Spritualized, My Bloody Valentine), au kraut (Can, Faust) et au post rock (Mogwai, Explosions In the Sky), à la noisy pop (Wedding Present) et à l’électronique (Kraftwerk). Un mélange qui fonctionne plutôt bien, même si on reprochera au chanteur d’abuser parfois du vocoder. D’autant plus regrettable qu’il possède une voix éthérée, claire, qui convient très bien à leur solution sonore. Et il le démontre tout au long des rares fragments sur lesquels elle n’est pas trafiquée. Si les deux titres les plus atmosphériques (« Beauty must die » et « 100% fun free ») réverbèrent des accents de guitare réminiscents de Durutti Column, et l’intro de l’excellent et tempétueux « Droning forever » semble calqué sur le « High time » de Motorpsycho, le final mérite vraiment le qualificatif d’apothéose. Son titre ? « Psychotic hypnotic ». Et il en dit long ! Près de 12 minutes découpées en deux phases. Echevelée, la première nous replonge dans l’univers de Spacemen 3. Le temps de quelques accords orientaux, dispensés au xylophone, et on entre dans une symphonie bruitiste digne de MBV…

Jill Scott

Beautifully Human

Sur un beat moelleux qui donne envie de se frotter aux arbres en bramant comme un cerf, Jill Scott débute sa longue déclaration d’amour à l’homme – l’Homme, l’archétype masculin sur lequel chacune ira de ses fantasmes. Et elle le dit de façon très sexy, la coquine, sans jamais s’accorder aucune pause : 17 titres, tous adressés à l’amant, celui qui embrase l’incendie dans son ventre, flatte sa beauté, lui donne envie d’exister. « Beautifully Human » se limite donc à ce chapitre ; et c’est déjà beaucoup : un disque à écouter avec madame, en roucoulant tendrement entre deux descentes/montées en apnée sous la couette. Musicalement aussi c’est de la luxure, un véritable péché de gourmandise : entre les mains expertes de James Poyser et de Rafael Saadiq (entres autres), la nu-soul de Jill Scott se pare d’oripeaux sensuels et félins. Un écrin sulfureux pour cette voix magnifique, qui susurre, murmure, grogne, jouit. Jill Scott est l’une des plus belles voix de l’Amérique afro : la digne descendante d’Aretha Franklin, de Bettye Swann et de Diana Ross. Son organe vocal est sa force. Il vous envoûte et provoque le coït. Et même pas simulé ! Tout est chaud sur ce disque, de l’instrumentation (des cordes caressantes, des cuivres humides, une basse rondelette, un piano charmeur) aux textes (l’amour, décliné à tous les temps), de la texture aux beats. Question romance, il vaut donc mieux faire confiance à Jill Scott. « Une femme, un homme, et Jill Scott fait le reste »… Dès lors, comment lui résister ?

Seachange

Lay of the land

Écrit par
Seachange nous vient de Nottingham, en Angleterre. Un sextuor dont l’originalité procède des sonorités produites par la conjugaison des deux guitares (Dave Gray, Adam Cormack) et du violon (Johanna Woodnutt). Et puis du timbre vocal rudoyant, souvent déclamatoire, mais teinté de mélancolie, de Dan Eastop. A la croisée des chemins de Silencers, des Whipping Boys et d’Immaculate Fools, leur musique est cependant également susceptible d’embrasser une forme garage (« SF »), hymnique (« AvsCo10 »), new wave (« Do it all again ») ou même folk (« Fog »). Mais la plupart du temps, les mélodies reposent sur une structure complexe, ténébreuse, susceptible à tout instant de s’enflammer et de libérer une intensité frénétique, sauvage, volcanique, voire même punk/hardcore (« Forty nights »). Un bémol : la longueur des morceaux ; notamment les plus féroces. Et cet excès d’agressivité est parfois difficile à digérer. N’empêche, pour un premier opus, Seachange est parvenu à démontrer qu’il possédait un fameux potentiel. Suffit maintenant de l’utiliser à bon escient. Pour le prochain elpee ?