L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Palace Music

Arise therefore

Palace Brothers, Palace Songs, Palace Music et Palace, c'est du pareil au même. Enfin presque. Puisque derrière ces différents patronymes, ce cache un certain Will Oldham, compositeur, guitariste, chanteur et surtout leader de cet ensemble yankee. Du Kentucky. De Louisville, très exactement. Une formation qui pratique, nonobstant le recours aux claviers, à la basse, aux guitares acoustiques ou électrifiées, aux drums et aux percussions, un country rock blues minimaliste. Un style desséché par la mélancolie languissante, désolée, morbide, des lyrics autobiographiques de Will et tourmentés par le falsetto troublant, spectral, dont les inflexions vocales rappellent parfois un certain Robert Wyatt...

 

Pal Shazar

There's a wild thing in the house

Jules Shear et surtout l'ex-leader des Waterboys, Mike Scott, ont collaboré très activement à l'enregistrement de l'album de cette jeune et jolie californienne. Jules assure la plupart des backing vocaux, alors que Mike cumule piano et guitare, ne partageant le chant que pour le seul "Penny for your thought". Pal a composé toutes les chansons de cet opus. Elle joue également de la guitare. Mais surtout se réserve le lead vocal. Une voix très yankee dont le timbre campe un hybride entre celui de Tanya Donnely (Belly) et de Suzanne Vega. Certaines compositions affichent par ailleurs certaines affinités avec le style de la folkeuse new-yorkaise. Notamment les superbes "Ain't nobody's mistress but my own" et "Wade went wild", ouatées de claviers fluides. Pour le reste, hormis la texture presque garage du final "Sentimental breakdown", "There's a wild thing in the house" essaime country rock ou country folk avec tendresse et mélodicité...

 

Pain Teens

Beast of dreams

Sachant que Pain Teens relève de ‘Trance Syndicate’, label de l'ex-Butthole Surfers King Coffey, vous vous doutez certainement que ce "Beast of dreams" s'adresse à un public averti. Disciple de l'underground, le duo se manifeste à travers une musique opulente, étrange, hypnotique. Une musique composée et jouée exclusivement par Scott Ayers. Depuis la guitare aux samplers en passant par les drums, la basse, le violon, le sitar, les percussions et les bruitages. Bliss Blood se réservant les lyrics et le chant. Contant des histoires cauchemardesques peuplées de meurtres, d'épouvante, de troubles psychiques, etc. Des chansons qu'elle chuchote d'une voix à peine audible, insouciante, un peu comme si nous ne pouvions pas savoir. Il règne, en outre, tout au long de cet opus une intensité conflictuelle perverse, presque maladive; un peu comme si Bel Canto et Tuxedomoon voulait filer un hypothétique et impossible amour...

 

Quest For Rescue

Asparagus

On ne peut pas dire que le style de ce Quest For Rescue soit particulièrement original. Une sorte de choucroute garnie de grunge (Soundgarden), de grebo (Ned's Atomic Dustbin), de punk pop (Therapy ?), de noisecore (Sugar, Hüsker Dü, Green Day) de punkcore (Offspring) et même de heavy metal (Alice in Chains). Faut dire que le quatuor est allemand. Issu d'Erkrath, près de Leverkusen très exactement. "Asparagus" constitue son premier album. Un disque qui reste, nonobstant ces réserves, de bonne facture. Rythmique puissante, mécanique, ligne de basse glacée, énigmatique, riffs de guitares acérés, grinçants, sursaturés, distordus, procurent aux mélodies douces-amères une intensité constante et une énergie juvénile. On vous a quand même décelé une pointe de personnalité chez ce QFR, l'absence de morceau caché, formule qui, il est vrai, commence franchement à nous agacer...

 

Refrigerator

Anchors of bleed

Apparemment, ce réfrigérateur est californien, et garantit un bien meilleur pouvoir de conservation à cet "Anchors of bleed" que celui qu'il avait accordé à son précédent opus. Un album qui nous avait d'ailleurs laissé de glace. Découpé en treize morceaux, cet "Anchors of bleed" alimente de chouettes mélodies tantôt trempées dans la lo-fi de Sebadoh ou de Swell, tantôt dans le garage épuré de Giant Sand. Une forme de minimalisme limitée à la guitare acoustique ou électrifiée, aux drums et aux harmonies vocales, parfois austères parfois luxuriantes accordées par les frangins Allen et Dennis Callaci. Le tout épisodiquement pulvérisé de bouffées de claviers. Le disque est en outre ponctué d'une superbe composition "Gold" (NDR: valant donc son pesant d'or!), qui ne dépareillerait pas le répertoire de Vic Chesnutt...

 

Lou Reed

Set the twilight reeling

Écrit par

Après sa trilogie morbide consacrée aux mégalopoles ("New York"), à l'artiste ("Songs for Drella") et à l'esprit ("Magic & loss"), Lou Reed revient à la réalité contemporaine. Celle de New York. Urbaine, encore et toujours ("NYC man"). Il en profite aussi pour dénoncer l'hypocrisie de la droite américaine ("Sex with your parents - Motherfucker- part II"). Et puis pour épancher ses sentiments profonds. Pour parler d'amour, quoi! De sa passion qu'il partage avec Laurie Anderson, à qui il dédie cet album. Enfin presque. Réservant "Finish line", en hommage à feu Sterling Morrison. Mais ce qui frappe surtout sur ce disque, c'est ce retour aux sonorités basiques de l'instrumentation. A la limite du minimalisme. Fernando Saunders à la basse, Tony ‘Thunder’ Smith aux drums et Lou au chant ainsi qu'à la guitare se partagent l'essentiel de l'espace sonore. Laurie Anderson aux backing vocaux, Roy Butter E Street et de très rares musiciens de studio complétant le décor. Lou a en outre utilisé une nouvelle technique de studio pour rendre le son plus "live", plus glauque. Un environnement qui convient parfaitement à ce spécialiste inégalable de l'énergie qu'il sous-entend de sa voix, metal-glace, faussement cynique, constamment à la recherche de ces phrases qui claquent, de ces mots qui cinglent. "Set the twilight reeling" implique en outre un titre qui figure sur la bande originale de "Brooklyn Boogie", dernier film de Paul Auster ("Egg Cream"); ainsi qu'en final un remarquable titre maître, réminiscent de "Rock 'n roll animal". Un must!

 

Red Red Meat

Bunny gets paid

Une chose est sûre, ce quintette de Chicago voue une grande admiration à l'œuvre des Stones. Et en particulier à "Exile on Main Street". Faut même croire que si la bande à Jagger avait un jour imaginé une suite à cet opus indispensable, elle aurait accouché d'un elpee dans le style de ce "Bunny gets paid". Pas côté vocal, bien sûr. Le chant de Tim Rutilli campant plutôt un timbre guttural proche de Kevin Weatherill, leader d'Immaculate Fools. Si Red Red Meat s'autorise d'ailleurs quelque incursions dans la lo-fi semi acoustique, accomplissant dans ce domaine des performances assez remarquables, il s'illustre surtout par une musique filandreuse, sordide, claustrophobe, aux pulsations nerveuses, âpres, qui prennent une véritable dimension au fil de l'écoute. Une sorte d'urban blues déstructuré, ravagé par l'émotion et la colère, destiné à soulever des thèmes aussi brûlants que la sexualité, la solitude, le nihilisme, la faim ou l'asphyxie des métropoles (New-York notamment).

 

Red House Painters

Songs for a blue guitar

En écrivant les chansons de ce "Songs for a blue guitar", Mark Kozelek avait l'intention d'enregistrer un nouvel opus solo. Mais après avoir battu le rappel de ses potes, il s'est rendu compte que ce serait sans doute une erreur. Aussi, Mark a finalement opté pour un nouvel épisode de Red House Painters. Le cinquième, pour lequel il a également reçu le concours de Ric Ocasek, leader du mythique et défunt Cars. Pas à la production, mais au mixing. Un disque dont le titre maître est un véritable morceau d'anthologie. Plus de douze minutes de garage crazyhorsien hanté par le spectre de Mark Eitzel d'American Music Club. Tout un programme! D'autant plus que Kozelek y partage le chant avec une voix féminine, tout en ayant recours à la steel guitar, un peu à la manière de Cowboy Junkies. Pour le reste de cette œuvre, Mark s'éclaire à la lueur de la nostalgie; et de sa voix résignée, chargée de tristesse et de mélancolie il tente de préserver ce qui lui reste comme étincelle de vie. Un opus beau et triste à la fois, impliquant deux covers. Une des Wings de McCartney, "Silly love songs ". L'autre de Yes, " Long distance runaround ". Mais nous vous souhaitons bonne chance pour les reconnaître! Un must!

 

Eddi Reader

Candyfloss and medecine

Eddi Reader était la chanteuse de la formation insulaire Fairground Attraction, ensemble qui, souvenez-vous, avait décroché un hit single en 1988 avec " Perfect ". Depuis, elle a embrassé une carrière solo. Tournée essentiellement vers une forme de pop folk qui s'adresse paradoxalement davantage à la sensibilité américaine qu'à celle des Britanniques. Bien que bénéficiant du concours de Calum McColl, multi-instrumentiste dans le sens le plus celtique du terme, " Candyfloss and medecine " ne s'écarte guère de la ligne de conduite empruntée sur les morceaux de plastique précédents. Il y a bien quelques traces de psychédélisme, d'ambient ou de music-hall, mais en général, les compositions mettent surtout en exergue la limpidité angélique du timbre vocal d'Eddi...

 

Rainbirds

Making memory

L'originalité de ce trio berlinois procède essentiellement de la présence d'une chanteuse exceptionnelle : Katharina Franck ; son timbre éthéré, pur, cristallin butinant tout à tour ceux de Lisa Gerrard (Dead Can Dance), de Mary Hopkins et de Beth Gibbons (Portishead). Excusez du peu ! Pour le reste, on reste (c'est le cas de le dire !) sur notre faim, les Rainbirds se contentant de dispenser une pop mièvre, sans grand relief, légèrement teintée de jazz ou de rythm'n blues, née d'une rencontre fortuite entre arrangements symphoniques et instrumentation électronique. Sur ce morceau de plastique, seuls " Give me a kiss ", subtilement texturé dans le piano électrique et injecté de cordes de guitare imperceptiblement reverb, à la manière de " Do it again " du Steely Dan, une " Education of soul " par les percussions et une nouvelle adaptation de " Memories ", composition de Hugh Hopper du Soft machine, immortalisée il y a un peu plus d'un quart de siècle par Robert Wyatt, tentent de sauver la mise. Mais sur treize fragments, c'est un peu maigre pour mériter de rester graver dans une quelconque mémoire…

 

Rage Against The Machine

Evil Empire

Voici le nouvel album des Rage Against the Machine: "Evil Empire". Un album dont l'intérieur du booklet témoigne de la vision très caractéristique qu'ils portent sur le monde. Une photographie d'une dizaine de bouquins éparpillés, et dont le contenu ne cache certainement pas leur couleur politique. Des noms? Jean-Paul Sartre, Henry Miller et même Che Guevara! Faut dire que le groupe a plutôt le cœur à gauche et ne se prive pas de le faire savoir. Il se dit d'ailleurs influencé par les doctrines de Marx. Quant à ses chansons, elles parlent de sujets aussi brûlants que les problèmes multiraciaux vécus aux States ou encore des inégalités sociales rencontrées à Los Angeles, leur ville natale. Pour eux, le rock doit non seulement dénoncer la société comme elle est, mais également la changer. Côté musical, "Evil Empire" semble sorti du même moule que le premier elpee. Seul changement, le producteur; Brendan O' Brien succédant à Garth Richardson. Un style hérité à la fois de Run DMC, Led Zep, Red Hot et Public Enemy; et décrit à la croisée des chemins du funk, du heavy metal, du hardcore, du punk et du hip hop. Avec à la pointe du combat, Zack De La Rocha, vocaliste qui imperturbablement, impitoyablement vocifère ses slogans...

 

Ruth Ruth

The little death (Ep)

Six titres sur le nouvel Ep ou mini-album si vous préférez, de ce trio new-yorkais. Et pas de grands changements par rapport à son premier elpee " Laughing gallery ", puisqu'on y retrouve le même power pop injecté de punk et d'électricité. Parfois on pense à l'énergie de Green Day, de Rancid ou d'Offspring, mais qui aurait été raffinée par une sensibilité mélodique à fleur de peau...

 

Run On

Start packing

Album extrêmement intéressant, mais difficile à analyser pour ce quatuor new-yorkais. En fait, la formation donne l'impression de vouloir goûter une multitude de saveurs underground. Et en particulier celles qui ont inspiré PJ Harvey, Fall, Sonic Youth et Lone Justice. Un album qui peut se révéler tantôt sauvagement électrique, soumis aux percussions tribales ou imprimé sur un tempo hypnotique. Mais qui accorde une place importante à la sensibilité mélodique. Faut dire que Run On possède en la personne de Sue une remarquable vocaliste. Capable d'élever sa voix au registre de Maria McKee ou d'adopter un timbre proche de Polly Harvey. Une oeuvre qui peut également épouser un ton minimaliste. Comme sur "A to Z". Mais un minimalisme dans l'esprit de Cure. C'est à dire réduit au xylophone, à la guitare sèche et à la voix. Mais Run On atteint le sommet de son art sur les deux chansons qui ont le mieux dirigé leurs influences. D'abord le contagieux "Doesn't anybody love the dark" et ensuite le cuivré "Xmas trip". Un disque qui recèle en outre une composition qui aurait tout aussi bien pu figurer sur le dernier opus de Boss Hog, "Tried", et une autre sur celui de Stereolab, "Surprise". Une bonne surprise, c'est le cas de le dire!

 

Ricky Ross

What you are

En 1993, Deacon Blue splittait Un quintette écossais qui jusque là avait pourtant acquis une notoriété phénoménale aux Iles Britanniques. Il est certain que peu de groupes anglais peuvent se vanter d'avoir réussi à rester plus de six ans sur le haut du pavé de la pop britannique, décrochant ainsi plus de dix-sept hit singles et vendant chacun de ses quatre albums à plus de 500.000 exemplaires. Mais Ricky Ross, le chanteur et véritable leader du groupe n'arrivait plus à s'épanouir complètement au niveau musical. C'est pourquoi, il a aujourd'hui décidé de faire cavalier seul. Et ce " What you are " en est la première réalisation. Enregistré aux States sous la houlette des Frères Robr (Lemonheads, Buffalo Tom), la musique s'est totalement américanisée. Et ce n'est pas un hasard si Ricky a décidé de placer " Good evening Philadelphia " en ouverture du CD. Un ironique et très intelligent pied de nez à la presse anglaise ultra protectionniste et de moins en moins crédible. Seule la voix rauque, fragile, un peu cassée n'a pas changé. Une voix qui s'est moulée dans un mélange de guitares crépitantes, torturées voire crazyhorsiennes, d'accès de basse sinueux et de rythmes déchaînés. La température a manifestement grimpé. Plus rien à voir à voir avec l'époque glaciaire d'antan. Mais ce changement climatique nous a séduits. Reste à savoir si tout cela ne cache pas quelques perturbations atmosphériques… ou médiatiques.

 

Rosa Mota

Bionic

Si à l'origine, Rosa Mota et Moonshake partageaient de nombreux points communs, sur ce nouvel album, le quintette londonien semble vouloir se démarquer du psychédélisme aventureux prôné par la formation new-yorkaise. Bien sûr, on y retrouve régulièrement des délires instrumentaux; mais dispensés d'une manière plus calculée. D'autre part, les envolées champêtres ont totalement disparues pour laisser place à une structure pop/rock beaucoup plus conventionnelle, aride, métallique, à la limite post punk. Sur "Bionic", on y rencontre cependant un quatuor à cordes, comme sur le superbe "Victoria falls", où on a l'impression d'assister à la rencontre entre Therapy? et This Mortal Coil. Produit par Steve Albini, cet opus met en outre, les capacités vocales de Ian Bishop davantage en évidence. Si dans le passé, il se contentait de grognements sinistres, ici, il fait étalage d'un registre beaucoup plus étendu, se laissant même aller à pousser le falsetto. Reste la voix de Julie Rimsey, insaisissable, cristalline, qui continue de flirter aussi bien avec l'angélique que le démoniaque...

 

Rollerskate Skinny

Horse drawn wishes

Depuis le départ de Jimmy Shields, frangin de Kevin ‘My Bloody Valentine’, Rollerskate Skinny est réduit à un trio. Enfin presque. Puisque pour enregistrer son deuxième album, la formation a fait appel à des musiciens de studio. Notamment un drummer et un guitariste. Et puis surtout a bénéficié du concours de l'ingénieur du son d'Oasis, Anjali Dutt. Pourtant, on ne peut pas dire que cet "Horse drawn whishes" soit fondamentalement différent de "Shoulder voices". Toujours aussi tourmenté par le psychédélisme de Mercury Rev et de Medicine, il nous entraîne dans un monde multicolore, imaginaire, peuplé de personnages empruntés à la bande dessinée, au sein duquel le professeur Ken Griffin libère son lyrisme schizophrène, halluciné, hallucinant. Au sein d'un univers sonore luxuriant, truffé d'effets spéciaux, déchiré entre euphorie et épouvante. Ce qui n'empêche pas les chansons de cet opus de cultiver le sens de la mélodie. A la manière de Syd Barrett. En serpentant entre les textures imprévisibles, flottantes, capricieuses, tout en libérant un rush d'adrénaline impressionnant...

 

Ride

Tarantula

Après huit années d'existence, Ride a splitté. Influencé à l'origine par My Bloody Valentine, House of Love et Jesus & Mary Chain, le quatuor d'Oxford était arrivé au sommet de la pop indie, au moment où elle était devenue une véritable alternative à la scène musicale. Bénéficiant dès 1990 d'articles dithyrambiques, dans la presse insulaire, la formation allait en quelque sorte symboliser le renouveau de la britpop. Et puis les musiciens étaient damnablement jeunes, beaux et middle-class. "Tarantula" constitue donc le chant du cygne du combo. En fait, Andy Bell avait pris de plus en plus d'importance au niveau de la composition. A un tel point que pour cet opus, le rôle de Mark Gardener était réduit à la portion congrue. Deux titres issus de sa plume sur douze fragments! Mark s'est donc senti frustré et a préféré mettre la clef sous le paillasson, provoquant dans la foulée l'éclatement de la formation... On avait déjà pu le constater lors de la sortie de "Carnival of light", mais Ride s'éloignait progressivement de son style ‘noisy’ prodigué par les célèbres elpees "Nowhere" et "Going blank again". Et pour ce "Tarantula" il est même à des années lumières de la magnificence sculpturale des accords de guitares diffusés sur "Leave them all behind"... En fait, tout en continuant à tracer des méandres dans le catalogue des Byrds, Ride s'est ouvert davantage d'accents rythm'n blues, house même. Un peu à la manière de Primal Scream, de Chapterhouse et de Telescopes. Nappé de claviers fluides, "Deep inside my pocket" aurait ainsi tout aussi pu relever du répertoire des Charlatans, alors que "The dawn patrol" privilégie les breaks vertigineux à la manière des Godfathers. Mais la véritable métamorphose se situe au niveau de la sensibilité mélodique. Beaucoup plus américaine. Et même radicalement sur la composition acoustique, pigmentée par la steel guitar, "Castle on the hill", ou ce morceau de garage électrique typiquement californien, "Gonna be alright"...

 

The Rhonda Harris

Rhonda Harris

Rhonda Harris est une formation danoise drivée par un certain Nikolaj Norlund, artiste considéré au pays des sirènes comme un des compositeurs les plus talentueux de sa génération. Dans le passé, il a même pratiqué un style musical fort proche de Robert Foster. De cette période, il a ainsi retenu la forme intimiste de ses compositions. Un intimisme qu'il colore, tout au long de cet opus éponyme, de tonalités minimalistes et d'arrangements moelleux, pour mieux capturer les émotions romantiques. Tour à tour, au fil du sillon, la lo fi de Rhonda Harris rencontre Eyeless In Gaza, Robert Wyatt, Satchel, Kevin Ayers, Orange Juice, Stereolab, Pavement, King Crimson, Lovin Spoonful et même Vic Chesnutt. Avec pour seule constante des lyrics aussi intenses et chargés d'érotisme glacé que ceux de Kurt Wayner (Lambchop)...

 

The Rentals

Return of the Rentals

Matt Sharp, chanteur de Weezer, a donc décidé de monter un projet parallèle: les Rentals. Pas question cependant de brûler ce qu'il a adoré, même si le quintette envisage de partir en tournée. D'ailleurs, à l'issue de ce périple, il compte retourner en studio en compagnie de ses trois compères. Matt a même accepté de sortir l'album sur le label de Madonna. Pourquoi pas! Une chose est sûre, ce morceau de plastique relèvera le niveau de Maverick... Revenons à nos Rentals, dont les mélodies, caractérisées par ce tempo très carré, ces guitares solides, grésillantes, ce moog primaire, intuitif, et ses backing vocaux féminins, savoureusement superficiels, flirtent allègrement avec la new wave américaine de la fin des seventies, début des eighties. Vous pensez aux Cars? Et vous avez tout à fait raison! Pourtant, Ric Ocasek ne produit pas ce morceau de plastique, a contrario de celui de Weezer. Vous aimiez les Cars? Alors aucune hésitation, procurez-vous ce CD...

 

Remy Zero

Remy Zero

Remy Zero, c'est avant tout le groupe des frères Tate. Cinjun et Shelby, deux perfectionnistes qui ont préféré monter leur propre studio avant de fonder un groupe. Ce n'est d'ailleurs qu'après avoir acquis une certaine expérience technologique qu'ils ont pensé à compléter le line-up. Une démarche originale et apparemment efficace puisque cet opus éponyme est absolument remarquable. Le quatuor yankee (Birmingham, Alabama) a quand même dû se rendre en Californie, à Santa Rosa très exactement, pour ciseler la matière première. Histoire de disposer, au moins, d'un 16 pistes. Et lorsqu'on écoute le résultat obtenu avec un matériel finalement modeste, on a de quoi être surpris. Pas étonnant que les frangins soient de grands admirateurs de Brian Eno. Maintenant, n'imaginez surtout pas que Remy Zero pratique de la muzak ou de l'ambient. Non. Ils prônent les vertus de l'électricité vivifiante. Héritées largement de Dig et de Smashing Pumpkins circa "Gish". Quoiqu’en analysant la texture de plus près, on y rencontre de multiples spécificités psychédéliques. Empruntées tantôt à Syd Barett, My Bloody Valentine, Mercury Rev, Rollerskate Skinny et la liste n'est pas exhaustive. Et comme l'aspect mélodique est particulièrement soigné, il ne faut pas longtemps pour succomber au charme des compositions. Un must!

 

R.E.M.

New adventures in hi-fi

Des groupes-phares qui ont marqué les eighties, rares sont ceux qui auront pu se renouveler d'une manière constante et surtout réussir cette métamorphose. C'est pourtant le cas d'REM dont le nouvel elpee, " New adventures in hi-fi ", vient encore de décrocher la timbale. La bande à Michaël Stipe est en effet parvenue à fusionner les meilleures caractéristiques musicales des trois derniers albums. Depuis l'agressivité de " Monster " à la fraîcheur d'" Out of time ", en passant par la fragilité d'" Automatic for the people ". Sans oublier ce zeste d'originalité qui fait d'REM un groupe unique en son genre. Sachez également que ce CD, recèle comme à chaque fois quelques perles hymniques qui auront, sans aucun doute, leur place sur la liste des musts des nineties. Nous pensons notamment au tourmenté " Leave ", ou encore à l'atmosphérique, presque ‘doorsien’ " How the west was won and where it got us ". En un mot: Indispensable!